Coucou me revoilou pour ce troisième chapitre promis rapidement, bon on rentre dans le vif ( sans mauvais jeu de mots ) du sujet avec notre pauvre petit Harry tout déboussolé. Si il y en a que ça intéresse, je me suis basée (pour le ballet) principalement sur une rediffusion de Rudolf Noureev vue sur Arte un après midi d'hiver très désoeuvré.

bonne lecture à tous ;)


Aujourd'hui en musique ce sera Ricky Nelson avec :

Lonesome town ; Poor Little Fool et Teenage Idol


Où des réponses à certaines questions que se pose Harry sont découvertes inopinément par Draco qui est ensuite inopinément découvert par Blaise.

« Si on devait toujours tout simplifier on irait mourir dans les cimetières » Les Ripoux

Précédemment : Les Poudlardiens, de voyage en France, sont allés se promener dans Paris ce qui a donné lieu à une altercation polie entre Draco et Harry sur le sujet de la mode et Hermione se faisait du souci à propos des choix culturels de McGonagall

Harry n'en pouvait plus de ce putain de ballet de Tchaïkovsky qui n'en finissait pas, les donzelles batifolaient dans leurs robes écœurantes de romantisme, et les mecs — si tant est qu'on puisse appeler des êtres du sexe masculin moulés dans des collants pastels surmontés de plastrons brillants comme tels — ne l'attiraient pas plus que Rogue quand il passait ses mains dans sa chevelure ointe à la graisse végétale. La seule chose qui l'intriguait dans toute cette mièvrerie, c'était le mec au milieu, drapé de noir, avec ses bottes et son port de tête un peu coincé mais incontestablement altier, qui faisait des signes à tous les autres pour les placer çà et là. Il était impeccable et froid, et lui faisait désagréablement plaisir à regarder. D'un autre côté, sa similitude avec un serpent sournois et blond n'était pas à prouver.

Par son ennui, sa verve se trouvait étrangement stimulée et les remarques acerbes qu'il lâchait, accompagnées du rire de Dean et Ron, avaient fini par exaspérer Hermione (qui au fait avait été enchantée du choix du spectacle). Afin de reprendre sa main mise sur les garçons, elle avait donc décidé d'accaparer l'attention de Ron en échangeant des avis on ne peut plus réfléchis avec son voisin puits de culture et de savoir vivre, le redoutablement beau Zabini.

Harry, replongé pour l'heure dans la contemplation du personnage en noir, cessa de raconter de la merde et laissa libre cour aux tribulations de son esprit. Était-ce bien normal pour quelqu'un qui se prétendait hétéro d'avoir plus envie de baiser le mec en noir que la greluche bucolique en tutu rose bonbon ? Peut-être pas. Toutefois, depuis ses récentes excursions dans la Forêt Interdite et les agréables Acromentules et autres stupidités qu'Hagrid avait décidé d'y élever, (Harry hésitait à y inclure Graup son demi frère), il est vrai qu'il possédait une sorte d'allergie au monde rural, et que ladite greluche avait une fleur dans les cheveux. Mais, se dit il, trêve de mauvaise foi, le mec en noir était sorti et cet acte n'annonçait que les virils farfadets en collant. Il se leva donc en silence, direction les toilettes.

Ce qu'il ne savait pas, c'est que Draco, mis au bord de la nausée par les flatulences à répétition de Crabbe, et sans secours du côté de Zabini qui n'avait toujours pas abandonné l'idée de séduire le cerveau des Gryffondors, avait décidé de se lever, lui aussi, pour aller aux toilettes, et ce, trente seconde seulement avant lui. Le blond s'était avancé dans le couloir, libéré de l'odeur nauséabonde et se félicitant de ne pas s'être mis entre Crabbe et Goyle les deux seraient à coup sur venus à bout de son conduit nasal. Il s'était enfermé dans une des cabines toilettes, cela, juste avant que Potter n'entre.

Le Gryffondor n'avait pas pour habitude de parler seul, et en réalité il essayait de toutes ses force de ne pas s'adonner à cette pratique qui pouvait se révéler d'un point de vue extérieur vraiment étrange. Mais, lorsqu'il était perturbé comme maintenant, et qu'il croyait être seul (comme maintenant aussi), c'était trop fort. Et qu'il grommelle ou s'exclame, la soliloquée facilitait sa réflexion. Il poussa un grand coup la porte et entra, lançant machinalement un sort de verrouillage sur la porte.

— …de merde ce machin de danse. Quatre heure en plus, mais c'est à se tirer une balle !

(à cet instant précis Draco allait sortir, mais, ayant entendu la voix du brun allez savoir pourquoi, il n'osa point, peut être réfréné par le souvenir cuisant de l'odeur de Crabbe, et avec délicatesse monta sur les toilettes dont il avait au préalable refermé le couvercle pour pouvoir espionner le survivant. )

— Bon, mon pote, écoute là. Il va falloir te décider c'est pas possible, mec ? fille ? mec ? fille ?

Harry resta un instant silencieux face au miroir, scrutant ses traits comme s'il y cherchait par tous les moyens possibles et imaginables la manière de résoudre ce cruel dilemme. Au bout de quelques minutes, avec une rage incoercible, il lâcha un cri et tapant du poing sur le carrelage du mur entreprit fiévreusement de déboutonner sa braguette.

— Putain en plus avec ces conneries j'arrive plus à baiser moi, merde ! Ça me retourne le cerv… hmm ! Il étouffa un cri de plaisir en se mordant la lèvre inférieure, et se cala dos au mur, jambes écartées, déboutonnant si précipitamment sa chemise qu'il en arracha un bouton. Sa main gauche frôla son torse, tandis que la droite s'activait plus bas, le faisant se cambrer contre le mur, sous le regard ébahi et les joues rouges du voyeur qui n'en revenait pas.

— On va bien voir de quel côté tu es, haleta Harry avec fureur, se molestant lui même. Les yeux fermés de plaisir, il se baissa à grand peine pour farfouiller dans son sac, Mais où est ce putain de lubrif… oh putain. I

l lâcha un cri rauque, perdant la raison avec fièvre et Malefoy dut se mordre la main pour réfréner le gémissement de délectation devant la scène qui s'offrait à lui. Il fut à deux doigts de bénir les flatulences de Crabbe qui l'avaient conduit ici mais son esprit fut plus occupé.

— Oh tiens, j'en espérais pas tant, fit Harry toujours pour lui même, en sortant par hasard la brosse à cheveux galamment offerte le jour précédent, si j'avais pensé que tu serais tant utile.

Son regard lubrique en parcourut le manche oblong, arrondi et parfaitement lisse. Ayant ralenti les mouvements de sa main droite, il dévissa le lubrifiant, en enduit l'objet et baissant un peu plus son pantalon, l'approcha de lui, légèrement crispé.

— Si avec ça tu sais pas mon vieux…

Il se lécha les lèvres, les enduisant de salive, et sa main droite recommença à le caresser. Il fixait le plafond plein d'indécision, sa main gauche tenant la brosse sans oser aller plus loin. Terriblement excitant mais chaudement apeurant.

— Quand faut y aller, faut y aller, pas vrai ? Allez ça doit pas être si terrible, c'est au nom de la vérité que tu fais ça. Ferme les yeux, voilà… avoue… , il gémit, son cerveau faisant défiler des tas d'images toutes plus empreintes du pêché, Avoue que t'en as trop envie, il commença à onduler des hanches et à gémir, Oui oh… oui, j'avoue…

Il introduisit doucement le manche, en serrant les dents et attrapa violemment ses cheveux d'une main renversant sa tête en arrière. « Vibrato » murmura t-il.

Il gémit et ses muscles se contractèrent en sentant le va-et-vient, cette sensation étrange de ne plus pouvoir revenir en arrière. Il perdait la tête, rendu fou par les mouvements autonomes que faisait le manche en lui, ses jambes faillirent se dérober et des cris qui n'avaient plus rien d'étouffés jaillirent de sa gorge alors qu'il n'avait qu'une envie, se laisser tomber sur le sol en proie à la luxure, tout son être réduit en cette petite boule de plaisir qui l'incendiait. « Oh putain… oh putain… » jurait-il entre ses dents, montant et descendant contre le carrelage du mur, il se griffait la peau n'en pouvant plus, pinça un téton d'une main, puis la fit remonter jusqu'à ses lèvres, et aspira deux doigts, les mordants et soufflant à la fois.

Toujours dissimulé dans sa cabine, debout sur la cuvette, Draco, la tête calée contre le mur, faisait tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas craquer, ouvrir la porte et se joindre à son ennemi de toujours pour terminer la tâche à laquelle le survivant mettait tant de ferveur.

Enfin, après un cri plus fort que les autres, Harry se libéra et resta fébrile, pantelant contre le mur froid. Il fit cesser le sort, ôta la brosse, la nettoya trop consciencieusement, n'émettant aucun commentaire mais les mouvements un peu trop saccadés. Lorsqu'il en eut finit, il fit couler un peu d'eau froide sur ses mains, les posa sur le rebord du lavabo et se fixa droit dans les yeux, l'air plus du tout assuré ni furieux, mais plutôt déboussolé. Ses yeux brillaient mais aucune larme n'en coula.

— Bon bah… maintenant tu sais hein ? Faut pas te plaindre, c'est bien ce que tu voulais alors arrête de trembler et assume mon petit pote.

Il regarda ses doigts qui tremblaient, ferma les poings avec résolution, ses phalanges blanchirent et il sortit.


— Hey Draco, qu'est-ce que tu regardes comme ça ? Les choupettes en tutu sont devant, pas à gauche, lança Zabini gouailleur.

Le susnommé se replaça correctement, le front dans les mains, puis incapable de tenir plus longtemps claqua :

— Crabbe, tu vires d'ici ! Maintenant !

Il crut se noyer dans les yeux si inexpressifs qu'ils semblaient n'abriter qu'une âme d'huître faisandée, et Draco, à cette pensée, s'excusa pour toutes les huîtres faisandées passées, présentes et à venir.

— Beuh, Malf…

— VIRE !

Le bœuf se traîna à travers les rangées vers son compagnon de toujours, le tout aussi bovin Goyle.

— Monsieur Malefoy, fit la petite voix de Flitwick, à quelques sièges de là, souhaitez-vous un retrait immédiat de 40 points pour Serpentard ?

Il ne prit pas la peine de répondre, et profita des deux dernières heures du spectacle pour réfléchir à toute berzingues. Il était bi, c'est ce qu'il savait. À l'inverse de Potter, lui en était sûr. Mais dieu ce que la scène à laquelle il avait assisté l'avait tourneboulé. Potter suant, Potter gémissant dans les limbes du plaisir, les hanches bien dessinées de Potter, ses pectoraux, ses yeux, Merde ! Tout lui revenait en tête avec une acuité folle. Il était lui, prince de Serpentard, et dorénavant Harry passait pour être… non, à ses yeux il était, l'un des mecs les plus… comment dire… désirables ? , non, trop féminin. Bandants ? , en gros oui. D'ailleurs il avait failli tomber de sa cuvette lorsque Harry parti il avait du soulager l'érection menaçant de déchirer son pantalon de soie. On n'avait pas idée de se faire de tels trucs dans des toilettes. Il frémit encore au souvenir des paroles murmurées puis criées dans l'extase du brun, se morigéna pour éviter de rebander, pensa à Goyle, ce qui était plus efficace et se demanda ce qu'allait faire Potter si déterminé à s'accepter.

« Oh mon dieu ! songea t-il, Pas de coming-out public, s'il vous plait ! »

Il haïssait ça. Oh mais ciel ! Peut être allait-il embrasser Finnigan, non ! Pas Finnigan ! Pour celui qui l'eut vu bondir de son siège telle une gamine shootée au sucre, l'image de Draco gravure de mode italienne eut vu sa courte vie stoppée ici mais par un inespéré coup de chance, seul Zabini s'en aperçut, et les amis ça ne compte pas. Draco s'énervait un peu, ne parvenant à trouver la tête brune. Il la vit enfin, et surtout vit Seamus allègrement endormi à l'opposé du Survivant peut-être même lui sembla t-il apercevoir un filet de bave coulant de la commissure de ses lèvres. Mais son esprit vagabondait alors trop allègrement.

Le grand Malefoy se pourlécha les lèvres, rasséréné, et un sourire étira ses lèvres fines en même temps qu'une indicible exaltation lui faisait papilloner le cœur. Tous les atouts étaient dans son camp, et la chasse s'annonçait terriblement ardue, le Survivant, sa Némesis, rien que ça ! Il bénit le destin, en lequel il avait une foi inébranlable, pour lui présenter ainsi des défis à sa mesure, puis calma son enthousiasme en réalisant que, si lui n'avait pas une trop mauvaise appréciation du Gryffondor, la réciproque n'était certainement pas vraie.


Draco partit au feeling, lorsqu'une fois sorti, il avait décidé de lancer la chasse, ou du moins d'engager la conversation, chose qu'il n'aurait peut être pas du faire aussi allègrement puisque…

— Dis moi Potter, pour toi et les Weasley, ça doit être quelque chose cette première rencontre avec l'art, la culture. Ne te sens-tu pas éclairé, révélé par la lumière ?

Harry, qui venait à peine de se découvrir gay et tout préoccupé par ce que ça impliquait, ne comprit évidemment pas l'allusion subtile, et fut gré à son ennemi de le sortir de ses pensées qui viraient au morose.

— Oui effectivement, très instructif. J'ai pu apprendre que la manière dont tu étais habillé correspondait plus aux années 1870 que 1840, j'avais sous estimé ta capacité à t'habiller dans l'air du temps, excuse-moi.

— J'imagine que dans ton ignorance, tu fais référence au personnage de Rothbar.

— Sans doute, oui.

— Admets quand même que j'ai échappé au pire, en disant cela Malefoy s'était rapproché, il continua bien plus fort, J'aurais pu finir comme certains de tes amis et leurs splendides hauts de chausses volés au Prince Sigfried.

Harry grimaça, sachant qu'avec les remarques qu'il se permettait allègrement sur Crabbe et Goyle, il n'avait guère le droit d'être outré par la critique du legging mauve de Neville.

— Je me serais attendu à pire de ta part Malefoy, ta verve est en chute libre. Je te laisse, je vais me chercher un adversaire à ma hauteur.

… effectivement ça n'allait pas être facile de le choper alors qu'ils ne faisaient que s'incendier toute la journée. Il inclina légèrement la tête en suivant le cul du survivant des yeux, et en se souvenant ce qu'il s'était passé en rapport avec lui.

— Mon dieu Draco, c'est incroyable, tu es incapable de me cacher une obsession plus de deux jours, mais là enfin, n'est-ce pas un peu du masochisme ?

Draco sourit, attrapa Blaise-puits-de-savoir amicalement par le cou et lui susurra,

— Tu sais oh combien j'apprécie ça, mon chou…


Toujours un grand merci à Jul's pour le beta ! et j'attends de vos nouvelles pour savoir si ça vous plait ;)

Le prochain est là bientôt, et je n'en dis pas plus… :p Bisoux à tous !