Voilà un tout nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira ! n'hésitez pas à laisser votre avis ;)

Bonne lecture !

Chapitre 6 : Où l'on s'adonne à de multiples activités

Beauxbâtons était un très joli château de pierre blanche, bâti par un illustre ancêtre d'Olympe, Philibert Delorme aux alentours de l'an 1510 et l'exacte réplique d'un château moldu construit par lui aussi vers la même époque. Il enjambait en petits arcs réguliers le cours large du Drac, couleur de jade opaque en cet hiver. La neige tapissait les environs et l'on voyait par moments des nymphes et autres créatures magiques pointer le bout de leur nez pour renifler les nouveaux arrivants. Un peu derrière, là où des jardins bien plus ordonnés que la forêt interdite se trouvaient, on observait une immense clôture. Draco avait été très impressionné et amusé aussi par les clichés jardins français/jardins anglais appliqués aussi scrupuleusement aux mœurs magiques. Ils étaient arrivés par les feuilles de nénuphar géantes enchantées en glissant sur l'eau et passé l'aile, on observait sur la droite, dans le sens du courant, un immense parc qui s'étendait sur apparemment un kilomètre carré bordé de clôtures magiques qui déformaient le paysage comme de l'air chaud. Elles faisaient environ 3 mètres de haut. Le professeur au petit bouc noir qui les accompagnait, et dont Harry n'avait pas entendu le nom, murmura deux mots et une porte s'ouvrit dans la palissade magique. Le groupe de quarante élèves se pressa à l'intérieur. Des touffes d'herbes géantes sortaient un peu étouffées par les blocs de neige à moitié fondus sous le soleil de l'après midi. L'air était frais et Luna remarqua une buse qui disparaissait vers l'ouest dans les gorges abruptes de l'Ebron.

— C'est ici que paissent les Abraxans quand nous ne les montons pas, précisa Célimène à l'oreille d'Harry.

— Les grands chevaux de quand vous êtes venus pour la Coupe de feu ? , fit-il en écarquillant les yeux. Hagrid m'avait dit qu'il en avait déjà monté un mais je pensais qu'il fallait être un… enfin très grand quoi !

— Non non, pas mal d'élèves en font, il existe des compétitions d'Abraxans tu sais, c'est quasiment la même chose que l'équitation moldue, à ceci près qu'ils volent.

On ne les voyait pas pour l'instant, sans doute devaient-ils se cacher derrière les bosquets de fruitiers. Drôlement grands, songea Harry. Il lui faudrait vérifier si il étaient magiques où non. Le professeur au bouc noir attendit qu'ils se fussent rassemblés avant de prendre la parole :

— Bien, vous voilà dans l'enclos des Abraxans, surtout n'ayez pas peur et ne faites pas de grands gestes ils sont très timides et pourraient s'agiter. Je vous le déconseille. Ceux qui voudront après pourront monter. Ce ne sont pas des Poneys je vous préviens !

Il s'éclaircit la gorge et modula un chant très mélodieux et comportant d'inhabituels échos. Lorsqu'il se fut arrêté, les élèves de Poudlard regardèrent de tous les côtés un peu perplexes. Puis un roulement commença à se faire sentir, la terre se mit à trembler si fort qu'Harry dut se rattraper aux épaules de Blaise et que Draco tomba dans les bras de Lavande qui elle même tomba sur Diggory qui écrasa Padma. Les immenses équidés s'approchèrent et Harry se demanda quand leur taille cesserait d'augmenter.

Il ne les avait pas bien vu, il y a trois ans mais là un troupeau d'une cinquantaine de bêtes de 5 tonnes chacune qui leur galopaient dessus ça leur faisait serrer les fesses. Synnedie donna un coup sur l'épaule des deux garçons

— Eh bien pas de bon mot ?

Le Serpentard et le Gryffondor se regardèrent vite fait, un peu penauds. Quand les chevaux se furent arrêtés en cercles parfaits autour des élèves on dut sortir Neville qui s'était évanoui.

— Ceux de Beauxbâtons prenez soin de vos chevaux et présentez les à vos binômes. Pour ceux qui n'en ont pas venez avec moi. Les Palominos sont à l'Ecole.

— J'en ai un, dit Célimène en attachant ses cheveux en arrière.

Une boucle rebondit contre sa joue et ses yeux bleus violets ourlés de longs cils tournèrent vers Harry. Ce dernier se demanda pourquoi il avait espéré qu'elle ne dise pas ça, puis prit son courage à deux mains et lui fit un sourire aussi léger que si il ne la haïssait pas. Harry et les animaux, à part les Hippogriffes et à la limite les Boursouflets ça n'était pas vraiment ça. Sans doute une conséquence malheureuse des gaffes pédagogiques d'Hagrid.

— Vas y balance, tu peux m'avouer que c'est un étalon en période de reproduction ! , fit-il un mimant un boxeur.

Elle rit un coup plus par politesse que par ce que c'était drôle et Harry comprenant qu'il était idiot arrêta de parler. Il se retourna pour chercher…

— Synnedie n'a pas de cheval mais elle le forcera à monter, ne t'inquiètes pas.

Rouge de honte il se retourna et baissa les yeux, confus de s'être si facilement laissé lire. Après un silence il osa lui demander

— Dis, est-ce que c'est une obsession, je veux dire, est ce que j'ai l'air obsédé par Draco ?

— Ah c'est Draco maintenant ? , questionna t-elle avec un sourire naïf mais qui eut encore plus le don de le mettre mal à l'aise.

— Euh enfin… Malefoy… hein ?

— je ne sais pas, vous vous regardez tout le temps c'est bizarre. Enfin plein de gens te regardent tout le temps

— Ah bon, qui ?

— Le jeune Serdaigle, le jeune Gryffondor avec son appareil photo, la rouquine, la chinoise, le mec pas terrible là bas (Seamus)

— Ah bon, dit Harry en passant sous les jambes d'un grand cheval pommelé.

En fait ils n'étaient pas tous dorés loin de là comprit-il, puis il revint à la conversation aussi vite qu'il en était parti.

— Et D… Malefoy, il y a beaucoup de gens qui le regardent ?

— Euh oui, pas mal aussi, toi, énuméra t'elle, la fille au groin, le grand assez beau gosse, Harry se retourna comme un flèche et vit Pucey. Il n'est pas si beau songea t'il. La mauvaise foi passait ici dire bonjour car Pucey était un charmant garçon. Tout du moins physiquement. Son ami le noir, mais juste comme ça et une Fspousflle blonde là…

— Ah Abbott, et c'est Poufsouffle hein !

— Je pense que tu as une obsession en effet.

Se sentant tel une mignonne taupe Harry souhaita rentrer sous terre mais Célimène s'arrêta et tendit le bras vers le haut avec un petit déhanché. Un cheval – surement le plus immense de tous – se dressait de ses quatre grandes pattes et pencha la tête vers sa maitresse. Je ne vais pas vous rejouer Grand Galop rassurez vous, mais Harry lui caressa le chanfrein avec tendresse et plongea avec effroi dans l'œil quasiment aussi gros que sa tête. La robe baie rouge brillait au soleil et il le trouva très beau. Plus loin, Ron et Hermione étaient déjà en selle, de même que Cho et Digorry. Le bellâtre n'en menait pas large et était aussi blanc qu'un linge. Plus inquiétant, Zabini sur un énorme étalon noir l'était aussi. D'une voix hâbleuse et définitivement content de lui, Ronald lança :

— Alors Zabini, on nous rejoue la Michael Jackson t'es blanc comme un cul ! Tu vas pas vomir quand même.

— Tais… toi… Weas…ley… haleta Blaise en étant ballotté comme un sac de patates. Avec…ta…fa…ce…de…craie… Aaaah !

Il se rattrapa de justesse aux crins d'ébène pour ne pas tomber et Ron partit d'un fou rire, tandis qu'Hermione flattait avec gentillesse l'encolure de sa jument.

— Bon Harry, tu te chies dessus un bon coup et tu y vas ? , questionna Célimène.

— Je fais comment pour monter ?

Il retint un glapissement très peu masculin quand d'un sort elle le propulsa sur le dos de l'énorme bête.

— Eeeeeh ! Mais t'es malade ! T'aurais pu prévenir ! , gesticula t'il en criant.

— Ne t'énerves pas tu vas lui faire peur.

Le Survivant qui ne survivait plus que partiellement lui jeta un regard orageux qui eut le don de la faire sourire.

— Et il a un nom ?

— Esmeralda.

— Il est gay ou comment ça se passe dans sa vie ? C'est assez open non ?

— Tais toi donc c'est une fille, et elle te comprend plus ou moins ce n'est pas un cheval moldu je te rappelle.

— merci je ne risquai pas d'oublier.

Les muscles d'Esmeralda roulaient sous ses fesses et entre ses cuisses. La jument était heureusement assez charnue et il n'eut pas trop mal au cul.

— Esmeralda peux tu aller au trot s'il te plait ? , demanda Célimène avec déférence.

La belle jument hocha sa lourde tête et cligna des paupières avant d'accélérer un peu.

— Esmeralda peux-tu revenir au pas s'il te plait ?

— Elle n'obéit qu'à moi donc cesse de lui parler. Tu as une voix agressive.

Harry eut la désagréable impression d'être une pomme de terre dans une poêle secouée de la main experte de Molly Weasley. Il tenta d'accompagner les mouvements du bassin mais peine perdue. Il préférait le balai. Autour de lui, les chevaux commençaient à s'agiter chacun avec un cavalier sur le dos. Malefoy était sur un Palomino de l'école et avait l'air tout à fait à son aise. Harry lâcha un juron. Ce crétin d'aristo avait bien entendu, prit des cours d'équitation dans sa jeunesse dorée de nobliau conservateur de merde. Les hanches souples, il ne semblait faire qu'un avec son destrier et le guidait par petits mots autoritaires mais calmes. Ben voyons !

— ça va Malefoy lança t'il énervé, tu ne salis pas trop tes chaussures ?

— Tu es prêt Harry, tiens toi bien aux crins ! Esmeralda galope s'il te plait.

Harry agrippa à pleine poignée les crins noirs et se laissa emporter, il était à son gout un peu trop secoué mais le galop était bien plus agréable que le trot. En plus de ça ils allaient bien vite tous les deux.

Draco se sentait excité, il adorait ça, sentir la puissance déferlante sous lui.

La séance finie, ils descendirent tous, les Français félicitèrent les Anglais, Blaise lorgna sur le pénis-baobab de son étalon noir et Harry lui demanda si il faisait un complexe d'infériorité.

Au dessus de l'eau, dans la grande aile, se trouvaient les chambres et les appartements des élèves, les longs corridors clairs et lumineux étaient pavés de mosaïques d'un marbre beige : on était loin des lourdes tentures qui recouvraient les murs noirs de Poudlard.

Les élèves étaient répartis en trois familles, non en quatre maisons, qui avaient pour noms, le Lys, la Rose et l'Œillet. Harry apprit qu'il n'y avait pas de Choixpeau, mais une ancienne fantôme Velane avec d'étranges pouvoirs qui procédait à la répartition après les deux premières années. Il s'agissait plus de différences au niveau des enseignements suivis qu'au niveau des caractères comme à Poudlard. Synnedie était en Rose et Célimène en Œillet. Mais la séparation était moindre, il n'y avait pas de quartiers. Pour preuve, leurs deux correspondantes partageaient la même chambre.

Les salles de potion étaient, identiquement à Poudlard, situées dans les profondeurs du château. Pourtant ici aussi, ils étaient bien plus lumineux et spacieux. Les cachots n'avaient pas de fenêtres ni de hublots, même si approximativement, Harry les estima être situés sous le Drac. Drac. Draco. Il se retint de justesse de faire une très mauvaise blague et la garda en réserve pour un moment où de l'alcool pourrait servir de justification.

— Bien, sur votre droite il y a la réserve vous pouvez aller visiter, déclara en grinçant Madame Dumoulin dans une grimace qui démentait tout à fait son invitation.

Si elle était comme Rogue pressentit Harry, rien ne devait plus lui faire horreur que des élèves fouinant dans ses quartiers. Un peu blasé, le Survivant resta immobile

— Potter, bougre d'âne, si vous êtes désœuvré au point de ne savoir quoi faire devant une telle opportunité, je fournirai à madame Dumoulin une aide ménagère !

Quand on parle du loup… Harry s'éloigna en trainant les pieds, Draco était absorbé dans une étude supra attentive des fournitures de la réserve et – chose rare – discutait en grande intelligence avec Hermione qui notait l'ensemble des ressources sur un parchemin. Ron avec Dean, Seamus et Neville essayait de dialoguer avec un groupe de françaises, il rejoignit donc Fred et Georges qui conspiraient comme à leur habitude dans un coin.

— Ah Harry tu es là, viens vite !

Fred tenait dans sa main gauche une minuscule dent bleue et George une deuxième tout à fait identique ci ce n'est qu'un peu plus allongée comme une incisive. Nous te proposons un nouveau concept tout à fait révolutionnaire qui va supplanter les oreilles à rallonge.

— Effectivement, Forge et moi avons pensé que le concept commençait à s'épuiser et puis une oreille n'est absolument pas discrète, le fil chair n'est pas extensible à l'infini non plus. Bref, il nous fallait quelque chose de digne de ce nom.

— Gred te présente les prototypes des oreilles à rallonge sans fil !

— Ah c'est donc ça, dit Harry qui avait à maintes reprises entendu parler de cette fameuse innovation.

— tu en glisses une sur quelqu'un et tu peux tout entendre grâce à la seconde. Attention ! Cependant à ne pas confondre émetteur et récepteur ou tu te ferais malencontreusement espionner. On les a laissées assez similaires pour conserver cette petite part de risque que l'on trouve facétieuse.

— Après tout nous ne sommes pas une société d'outils de guerre mais de farces et attrapes. Harry les observait avec des yeux tout malicieux, bras croisés et attentif aux explications.

— Pas mal… admit il, il observa les réactions offusquées des jumeaux Weasley.

— Pas mal ! Mais c'est révolutionnaire tu veux dire ! Il n'y comprend cure Gred je te l'avais dit, aussi benet que notre frère. Le brun nota que Gred avait changé de personne puis les calma et les regarda droit dans les yeux en baissant la voix.

— Le nom ne va pas les gars, déjà que Oreilles à rallonge c'est moyennement commercial mais alors Oreilles à rallonge sans fil, personne ne va s'en souvenir. Si ils ne s'en souviennent pas c'est peine perdue pour pour le bouche à oreille et au moins 20% de vente en moins. Vous sous estimez l'importance du packaging. Les roux froncèrent les sourcils l'air sceptique et demandèrent exactement en même temps.

— Alors comment veux tu qu'on l'appelle ? Le Survivant ménagea son effet avant d'offrir,

— Bluetooth ! c'est simple, efficace, en adéquation avec la forme ! Ils réfléchirent un peu et des expressions contentes apparurent parmi les taches de rousseur. Chacun tapa d'une main dans le dos d'Harry et ce dernier se sentit un peu projeté vers l'avant.

— Putain ça claque !

— Ouai mec Bluetooth ça sonne carrément bien ! Tu voudrais devenir actionnaire ? on te cède 5% des parts de l'entreprise…

— Non merci les gars…

— Dis moi Harry, pour te remercier on va te confier une mission d'une grande importance, qui pourra t'entrainer pour plus tard quand tu seras enfin ce grand Auror dont on nous rebat les oreilles. Fred lui tendit la petite dent bleue et lui indiqua Rogue. Va la placer sur lui et on te raconteras en détail les conversations qu'il entretient.

— À vos ordres. Harry était tout excité, il réfléchit un instant à la meilleure façon de procéder avisa le groupe des intellectuels de la popote surnaturelle et alla y trouver au préalable Hermione…

Elle était en conférence animée…

— Ah toi aussi tu utilises des pattes broyées d'Acromentules, selon Tourdesac ? C'est quand même autrement plus efficace que les doigts de Botruc !

— Tourdesac n'était à mon avis pas qu'une grande botaniste…

— Excusez moi vous parlez de quelle potion exactement ? Les deux se retournèrent interloqués et Draco eut un sourire sarcastique

— La soupe au potiron Potter mais ne t'y essaye tu pourrais détruire le château

— Euh… la potion Oculus… pourquoi ?

— Merci Hermione. Il fit un doigt d'honneur au Serpentard et prenant un air soucieux alla trouver Rogue qui se trouvait en plein milieu de la pièce toujours avec la charmante Dumoulin

— Vous irez aux toilettes plus tard Potter ! Lança le sorcier austère sans même lui adresser un regard, le Survivant retint la remarque acerbe qui lui montait aux lèvres et se concentra avant de lâcher innocement

— Non professeur, ce n'était pas pour cela, excusez moi mais je me demandais pourquoi nous n'utilisions pas des pattes broyées d'Acromentule au lieu des doigts de Botruc dans la potion d'Oculus… Harry aurait voulu photographier la tête de Severus, c'était comme si il avait avalé un veracrasse entier mais il séquestra tout sourire et fronça attentivement les sourcils pour montrer combien cette question lui faisait souci. Penaud de son flagrant délit de faciès Severus tenta de faire bonne figure

— Euh mais euh, bonne remarque Potter, enfin… c'est plutôt inhabituel de votre part…

— Merci professeur, donc ? Il se rapprocha de Rogue et fit discrètement tomber la petite dent dans une poche de la robe noire.

— l'Acromentule est en effet plus efficace, fit ce dernier reprenant ses esprits à la fois qu'un air pompeux sous le regard huitreux de madame Dumoulin. Cependant les dosages sont beaucoup plus dangereux un gramme de trop et un troisième œil peut vous pousser

— merci professeur je tâcherai de m'en souvenir. Et il retourna voir les jumeaux en faisant un détour par le coin Granger-Malefoy où il leur délivra l'explication sous des regards incrédules et éberlués.

Harry lâcha un soupir de bout du monde en venant s'affaler à côté de Hermione, sur l'épais tapis de mouton blanc. Ils étaient dans l'une des salles communes où l'ensemble des français et de leurs correspondants s'amusaient gentiment et bavardaient avec tranquillité en attendant d'être obligés de monter se coucher.

Le Survivant replia son coude derrière sa tête et jeta un coup d'œil à son amie, assise en tailleurs, qui révisait son livre de Sortilèges.

— Tu n'es pas avec les garçons ? , demanda t'elle sans détourner les yeux.

— Non, Ernie et Dean ont repéré des françaises et ils essayent tous de mettre un plan à exécution pour les attraper.

— connaissant Ron, il doit y mettre du cœur à l'ouvrage pour que Dean ne retourne pas avec Gin.

— Je ne vois vraiment pas ce qu'il lui trouve de mal, c'est vraiment un brave type : un peu coureur mais pas méchant.

— Tu sais, je crois qu'il n'a toujours pas abandonné l'idée de toi et elle ensemble…

Harry roula des yeux, son meilleur ami avait ce trait particulier du caractère de la mule, une obstination à toute épreuve en dépit de toutes les argumentations logiques.

Cette intransigeance bornée lui venait peut être de sa famille nombreuse, songea le sauveur, quand on était sept, et de surcroit l'avant dernier, cela ne devait pas être facile d'imposer son point de vue. Ses réflexions sur la famille de rouquins le menèrent à songer à Percy, l'homme aux dents longues de cette humble et modeste famille. Il avait été dépêché aux relations internationales, là où travaillait aussi Sirius depuis sa réhabilitation pleine et entière par le Ministère.

Il avait entendu cette volonté un peu curieuse de créer une sorte d'alliance mondiale pour la sorcellerie, chose pour laquelle il ne voyait pas franchement d'intérêt puisqu'elle ne servirait qu'à concrétiser les tensions déjà nombreuses entre les communautés moldues et magiques.

— tu sais si Percy est favorable à cette sorte d'union sorcière ?

La préfète qui n'avait pas suivi tout le raisonnement de son ami fut un peu décontenancée par ce passage du coq à l'âne mais se ressaisit.

— Le connaissant, je n'en serais pas trop étonnée, contrairement à son père il n'a jamais vraiment fait grand cas des moldus et sans vouloir faire de procès d'intention il doit s'estimer légèrement supérieur à eux. Après… en ce qui concerne l'union je ne suis pas fondamentalement contre, ça pourrait être une bonne idée si ça aide à faire progresser la magie en terme de recherche et de progrès, une sorte de collaboration internationale…

— C'est sûr, c'est sûr… mais sans être pessimiste je dois avouer que je vois plutôt ça se profiler comme une cristallisation des pensées anti-moldues.

Tiens, Sirius me faisait peu avant qu'on parte un tour du monde des sociétés sorcières et même si en Angleterre nous avons réussi à clarifier et détendre la situation ce n'est absolument pas le cas partout ailleurs… j'ai entendu qu'en Argentine, on observait pas mal de résurgences extrémistes qui faisaient massacre sur massacre, les autorités veillent mais ça n'est pas bien efficace.

La jeune femme le regarda d'un œil particulier et il sembla à Harry que pour elle, il venait d'être passé sous un jet d'eau claire. Elle ferma le livre – et faire fermer un livre à Hermione ce n'était pas à la portée du premier pecquenaud venu – et se tourna un peu avec un sourire mi-intrigué mi-impréssioné,

— Tu as changé Harry, je l'avais un peu remarqué mais ça devient plus… concret, c'est super que tu t'intéresses plus au monde qui t'entoure…

Le Sauveur fut un peu gêné et haussa des épaules tout en détournant le regard,

— Ah bah maintenant que mon rôle de Sauveur est terminé je dois me réorienter, je vais pas aller pointer à pôle emploi quand même…

Elle lui donna une gentille tape sur l'épaule puis rouvrit son livre et remodela sa voix sur le ton professoral qu'elle employait systématiquement lors des explications plus ou moins savantes.

— Je sais qu'en Amérique du Sud les communautés sont très éparses, ça ne facilite pas la tâche aux gouvernements pour superviser les dissidents sorciers… ils ont aussi très peu d'Aurors…

— Et puis ce n'est pas comme si les Aurors étaient d'une efficacité monstre…

Il avait prononcé ça sur un ton un peu aigre et elle en fut étonnée, tout en déposant le livre et en sortant sa baguette, elle demanda :

— Pourquoi dis-tu ça ? Ne voulais-tu pas être Auror ?

— si, je le veux toujours d'ailleurs mais ce n'est plus comme avant, je ne suis pas certain que cette profession soit la mieux adaptée pour répondre aux problèmes actuels… tu comprends ? Savoir se battre et jeter des sorts comme un petit soldat en élaborant des scenarios à la Hitchcock c'était valable quand il y avait une menace concrète et réelle mais maintenant, c'est plus des problèmes de société, ils auraient besoin d'une formation plus complète je crois… t'as vu Fol'œil ? Oh c'est un très bon prof, là n'est pas le problème mais avec un jugement incroyablement limité…

— Que vas tu faire alors ? Prendre la suite de Sirius ? Tu as des aptitudes en défense et en pratique Harry, je ne suis pas certaine que la bureaucratie te convienne…

Le Sauveur la regarda sortir sa baguette et, pensif, reporta les yeux au plafond, suivant les vrilles mouvantes s'entortillant autour des moulures de plâtre. Elles bougeaient là haut comme agitées par une très fine brise…

— Je pourrais être attrapeur… qu'est-ce que t'en dit ?

Elle se mit à rire franchement,

— Oh non ! Tu n'es pas assez doué mon petit riry, tu voles bien mais ton sens du jeu est exécrable, la vie d'équipe n'est pas franchement faite pour toi. Tiens prêtes moi tes lunettes s'il te plait j'ai besoin d'un focalisateur.

Harry grommela un peu dans sa barbe de trois jours,

— T'es quand même chiée ma vieille, la gazette m'a élue meilleur joueur de l'année !

— Après ou avant que tu sois passé sur Amanda Parkinson ?

Il passa sur la douce moquerie et ôta ses lunettes du col de sa chemise pour les lui tendre. Par chance sa vue s'était améliorée – et aussi grâce à quelques innovations d'Hermione qui n'avait plus tellement de scrupules à tester ses nouveaux sortilèges sur des humains lorsqu'il s'agissait de faire avancer la science. Dieu merci elle était douée, mais il se demandait quand même comment Mcgonagall réagirait si elle venait à apprendre ça. L'image de préfète modèle en serait à coup sûr un peu ternie.

Toujours est-il que maintenant, il n'en avait plus besoin qu'en cours et pour lire. La jeune fille les posa sur le sol devant elle avant de jeter à nouveau un coup d'œil au grimoire,

— Par contre c'est vrai que niveau organisation des coupes, les mecs sont une belle bande de glandus, Verpey tenais la route mais alors son successeur… il a pas inventé la poudre … Tu révises quel sortilège ?

— Le Cogens, non mais sérieusement Harry ce serait un gâchis de tes capacités de te lancer dans le Quidditch, et imagine qu'en plus tu atterrisses dans les Harpies de Hollyhead, tu savais qu'ils ont déjà réservé une place à Ginny ?

À cette évocation, Harry frissonna puis il attendit qu'elle s'exerce au sortilège.

— pas comme ça, pointe ta baguette vers ton cœur…

Le Cogens était un sort nécessaire à savoir pour les ASPICS et surtout, il constituait la base d'un grand pan de la magie nommé sorts couplés. En gros, le but était de concentrer la magie dans un objet intermédiaire pour donner ensuite plus de force au sort couplé par la suite. Jusqu'à ce niveau du programme, ils n'avaient vu que la base qui formait un halo blanc pouvant être destructeur et qui attirait toujours foule de créatures magiques. Il vérifia donc d'un œil qu'aucun élève n'avait son animal de compagnie dans la salle.

« Cogens per Me » prononçait Hermione, à répétitions sans grand résultat. Harry lui précisa que le mouvement était un infini puis un huit et tandis qu'elle s'entrainait, il se mit à faire de même sur sa pantoufle à côté.

— dis moi Harry, que penses tu l'attitude de Draco ?

Le Survivant manqua de s'étrangler d'une manière assez peu discrète qu'il tenta en dernière chance de masquer derrière une toux fort peu crédible.

— Euh… à quel niveau ?

— Au niveau du chou rouge.

Il fronça les sourcils, un peu abruti :

— Comment tu veux dire ?

— Au niveau de… voilà quoi ! Tu sais aussi bien que moi les rumeurs qui courent sur lui ! à quel niveau veux tu que ce soit !

Harry faisant concurrence à une écrevisse bien cuite faillit faire cramer sa pantoufle par inadvertance. Il bafouilla lamentablement :

— Euh non je vois pas de quoi tu parles c'est normal il m'emmerde toujours autant, pourquoi t'as remarqué quelque chose par ce que moi bah pas du tout en plus…

— ALLER BANDE DE PIGNOUFS TOUT LE MONDE AU DODE !

Et le Survivant de se remettre à respirer, sauvé par le gong qui prenait pour l'occasion forme de Benedict, préfet en chef de tous les élèves et dieux grec vivant aux yeux ahurissants de clarté.

Il était secondé de près par la bien moins réjouissante présence de Rogue qui commença à s'en prendre personnellement à lui et Hermione qui trainaient à se mettre debout :

— Bien ! Mais vous croyez peut être que par ce que vous êtes plus intelligente que vos abrutis de collègues mademoiselle Granger cela vous donne le droit de désobéir à des ordres que J'AI donnés…

— Mais professeur…

— Taisez vous Potter ! Votre présence m'agace, vous me sortez par les yeux avec votre arrogance de petite célébrité. Cette attitude de peigne cul marche peut être sur d'autres mais pas sur moi, ALORS AU LIT MAINTENANT ET MAGNEZ VOUS LE TRAIN !

Tout déconfit, Harry baissa les yeux et s'éloigna tandis qu'Hermione fusillait le tyran de ses prunelles d'orage.

— Quel con !

Heureusement, Fred vint leur distiller quelques croustillantes nouvelles apprises grâce au Bluetooth. Si ils s'étaient retournés à ce moment là, peut être auraient-ils vu Severus réprimer un sourire avec une petite tête constipée et serrer le poing tout content de cet effet produit.

Tout en retournant dans sa chambre, le professeur fit défiler dans sa tête la liste de ses têtes de turc et s'arrêta sur deux autres têtes, McMillan et Brown. Les cibles du lendemain étaient verrouillées et il se mit à marcher d'un bon pas en peaufinant à l'avance les acerbes remarques qu'il ne manquerait pas de faire pleuvoir sur les deux victimes.

— Bonne nuit les garçons ! , dirent en cœur les deux sorcières avant de tirer leurs petits rideaux.

Elles actionnèrent le sortilège qui devait protéger chaque groupe du bruit de l'autre – sort spécial mis à disposition uniquement à cause de la cohabitation. C'était le seul sortilège qui eut marché car installé par Maxime et lié aux pierres mêmes du château. Tous les autres étaient voués à l'échec et Harry se dit qu'il aurait bien jeté un chauve furie sur le blond pendant son sommeil juste pour le voir se réveiller cheveux dépeignés.

Harry grommela pour la forme car le lit de Draco était juste à côté du sien. En ce moment déjà, il trouvait qu'il avait un peu trop à faire avec le blond alors passer toute la nuit à côté de lui… Eh puis merde non après tout pourquoi se mentir à lui, il en avait rien à foutre de la présence du blond. Ou plutôt si, sa présence était extrêmement stimulante, il s'excitait, à fleur de peau et répondait aux piques par des phrases ciselées. Harry s'agitait tout seul dans son lit et se retourna deux où trois fois avant de s'arrêter. De l'autre côté Malefoy était immobile. Puis il éleva la voix tout en restant en chuchotement par habitude.

— Potter ?

— Quoi ?

Tu n'es pas trop déçu que je sois à la place de Finnigan ?

— Je sais que tu m'en veux par ce que Pucey pourrait être à ma place… tenta Harry un peu à l'aveuglette se servant des renseignements visuels de Célimène.

Le blond sembla se figer dans le lit juste à côté et Harry tourna la tête mais ne vit qu'une tâche un peu plus pâle correspondant au visage. Soudain, la voix de Draco un peu déstabilisée revint.

— Comment est ce que tu sais ça Potter ? Une confession sur l'oreiller de la part de Finnigan ?

Harry prit l'information en compte : Pucey et Draco ensemble dans un lit. Il faudrait s'y faire.

— Tu t'es fait Finnigan aussi ?

— Non, mais Finnigan s'est fait Pucey enfin… l'inverse.

Harry se souvint de ce que les jumeaux Weasley lui avaient appris il y a peu grâce à leurs nouvelles oreilles à rallonge indiscernables. Ils en avaient mis une sur McGonagall et l'avaient entendu parler en ces termes à Hagrid. « vous allez manger chez Albus et Gellert la semaine prochaine Rubeus ? » Malgré toute l'admiration qu'il avait à l'égard de Dumbledore, imaginer le vieux fou en couple avec le grand mage dans une maison traditionnelle écossaise le fit rire.

— Qu'est ce que t'as Potter ? , aboya Draco sur la défensive.

— Non… rien… , dit Harry… c'est juste que je me disais que ça faisait beaucoup de gay dans une école comme celle là… tu savais… que… hihi…

— Eh bien quoi !

— Dumbledore est gay aussi…

— Sérieux ?

Draco pouffa un peu devant la découverte et petit à petit ils se turent, le silence se fit dans la chambre douillette. Harry ferma doucement les paupières. Il entendit un froissement de draps et fit semblant de ne rien remarquer, quatre bruissements plus tard, il commençait à chauffer si fort que les draps auraient pu démarrer une combustion spontanée.

— Malefoy qu'est ce que tu fous !

— Je me branle Saint Potty, par ce que ça fait quatre jours et je ne connais pas ton activité sexuelle de moine ermite mais d'habitude la mienne est plus mouvementée que ça.

— T'aurais pas pu le faire dans la douche non ?

— Non je n'aime pas trop ça…

— Malefoy, on est à moins d'un mètre l'un de l'autre là… tu pourrais m'épargner tes gémissements de catin des bois !

— Tu t'énerves vraiment à chaque fois que tu es excité ?

— Mais ferme là donc.

Malefoy ne répondit pas et Harry ne put s'empêcher de tendre l'oreille, il ne percevait pour l'instant que les vas et viens de la main contre le sexe et commençait déjà à être chaud. Le bruit du dos qui s'arque contre le tissu, un léger halètement qui tenta de se faire étouffé. Il devait être écarlate. La respiration du Serpentard s'accrut et il entendit un souffle profond terminé quelques fois par un très léger cri à peine audible. Une image de la tête du préfet lèvres entrouvertes, yeux fermés, s'insinua dans son esprit pour ne plus le lâcher. Les phalanges d'Harry se crispèrent sur la couverture pour ne pas aller plus bas. Il était douloureusement pendu aux bruits que voulait bien lui laisser entendre le Serpentard. Un glissement mouillé et un cri beaucoup plus sonore cette fois ci… mais toujours à moitié étouffé comme ci… Oh bigre ! Malefoy était il entrain de se sucer les doigts, comme lui l'avait fait dans le cinéma ? Une langue chaude venait elle titiller la pulpe, ça devait être si bon… Harry ragea comme un porc et enfonça la tête dans son oreiller laissant échapper un grognement de frustration. La voix du blond lui parvint :

— Potty mon chou, tu as deviné ce que je vais faire de mes doigts ?

Harry se sentit sur le point d'exploser, la moindre friction des draps sur son membre devenait la plus délicieuse pipe. Il faillit hurler de rage :

— Concentre toi tu vas tacher les draps !

Et Malefoy dut faire quelque chose de très agréable puisqu'Harry l'entendit clairement cette fois ci :

— Hmmmh, oh putain… Ah… c'est vraiment… mmh,

Il lâchait des vrais cris et Harry saignait à force de se mordre les lèvres.

Après quelques gémissements de luxure à l'acmé du plaisir, Draco émit un rire léger et inconscient, juste un rire de délectation sur le nuage de ses sens engourdis. Harry grinça des dents et tout en rogne contre l'outrecuidance légitime du blond descendit sa main sous les draps.

De toute manière sinon il n'arriverait pas à dormir hein ?

— Gagné, murmura une voix quasi inaudible.