La Peine d'Humour


Un cri déchire la nuit. Un cri de peur et de terreur. Ma peur... Ma terreur...

Massacré par des mutations génétiques. Décapité par une brute du 2. Défiguré par Lalys. Mes cauchemars, qui paraissent prendre vie dans la pénombre de ma chambre, me torturent sans relâche. Mon visage est rempli de sueur, crispé par une expression horrifiée, en plus d'une fatigue extrême qui semble tirer tous mes traits avec douleur. Mes paupières sont lourdes. Je me recroqueville dans mon lit et enfouis ma tête entre mes jambes. Je sens ma poitrine se soulever à un rythme effréné. Il faut que je sorte... La chaleur est moite et insupportable. Je m'étouffe...

Je pousse le drap épais et coûteux du lit. Je pose mes jambes délicatement, me concentrant sur le contact de mes pieds nus avec le carrelage tiède de la chambre. Je n'ai à peine le temps de me lever qu'une lumière s'allume et qu'une voix métallique résonne dans la pièce.

"Bien le bonjour, cher tribut. Puissiez-vous avoir passé une bonne nuit. Il est sept heures, je vous souhaite une bonne journée et... Puisse le sort vous être favorable. »

Une bonne nuit... Si seulement j'avais pu avoir la chance d'en connaître une. Mais mon esprit, dans ses spéculations sur les causes de ma mort – peut-être prochaine – ne connaît pas de trêve. Je me dirige en titubant vers la porte. Au passage, je jette un coup d'œil involontaire dans le miroir de la salle de bain à ma gauche. Je continue mon chemin avant de piler net, de manière subite. Je me calme et tente de faire le tri dans ma tête avant de reculer de trois pas. Je viens me placer devant le miroir mural et parcours mon corps du regard. Quelque chose cloche... Je m'arrête au niveau de mon entre-jambes. Je suis totalement nu! Ça ne va pas le faire! Je sors de la salle de bain en hâte et me dirige vers une armoire d'un gris métallique. J'en ouvre les imposantes portes et regarde les habits. Il y a trop de choix... Je plonge ma main et sort au hasard un pantalon, un caleçon et un débardeur. J'enfile le tout, jette un dernier coup d'œil en direction de la glace qui reflète l'image d'un jeune homme dévasté par la fatigue, habillé d'un pantalon rouge et d'un débardeur blanc qui fait ressortir ses biceps brillants sous la sueur, et me dirige pour de bon vers la porte.

Je l'ouvre et un courant d'air frais vient me lécher le visage. Ça fait un bien fou... Je reste planté au milieu du couloir, savourant la douceur de l'air et sa fraîcheur, reprenant enfin une respiration calme. Ne sachant pas où aller, je me contente de partir sur la droite. Je passe devant de nombreuses portes ouvragées en or, embellissant le couloir et s'accordant parfaitement avec ses tableaux qui représentent des lieux symboliques du district Quatre. Je marche silencieusement, avec une telle facilité et une telle discrétion que je me remercie d'avoir gardé mes habitudes de rebelle. Le couloir débouche sur une porte en verre. Au travers, je peux voir une pièce composée uniquement de fenêtres. Un canapé s'étend le long de la forme arrondie de la pièce.

J'entre et contemple le spectacle qui défile à toute vitesse autour de moi. Je suis dans une véranda, une sorte de fenêtre sur le monde extérieur qui me plonge dans une nature sauvage. L'arrière du train, conclus-je mentalement. Je sens mon cœur se calmer, mes poumons se remplir. Je m'allonge sur le canapé et admire le paysage contrasté que le ciel me propose en ce tout début de matinée. La nuit et sa clarté stellaire règnent encore à la droite du train tandis qu'à gauche, le soleil se lève difficilement, teintant le ciel de couleurs mauves, jaunes et blanches. C'est magni...

"Fameux cauchemars, hein?" lance une voix calme qui me fait sursauter.

Je tourne ma tête en direction de la porte. La pénombre masque partiellement un homme légèrement plus âgé que moi, torse nu et musclé. Finnick sûrement, soupire avec exaspération une petite voix dans ma tête. J'étais bien tout seul... Je fronce les sourcils et détourne mon visage pour regarder de nouveau le paysage, s'échappant sous forme de traits colorés, projetés à une vitesse incroyable.

"Ah, désolé... J'ai entendu ton cri et j'ai vu que tu te dirigeais vers l'arrière. Je pensais qu'un petit peu de compagnie ne te ferait pas de mal" s'excuse Finnick d'une voix calme.

"Euh... Merci..."

Finnick agrippe la poignée de la porte et s'apprête à sortir. Roh, je suis nul! Je ne sais que dire ça? Un simple merci? C'est limite une insulte là...

"Attends! Ça... Ça me fait plaisir que tu sois là... Reste. S'il te plaît"

Finnick sourit chaleureusement et vient s'asseoir à coté de moi. Il sort un croissant qu'il cachait dans sa main et me le tend, un sourire béat aux lèvres. J'accepte le croissant et croque dedans. Il est croustillant et doré à l'extérieur et sa mie est encore chaude. Un délice.

"C'est difficile, hein?"

"Ouais..."

"Allez, ça va le faire. Je sais ce que ça fait. Tu sais, c'était Mags qui s'occupait de moi. Et tu sais ce qu'elle me disait?"

Il prend une voix éraillée, similaire en tout point à la voix de Mags que c'en est effrayant. Puis il imite son visage abîmé par les âges.

"Quand ça se passe mal aujourd'hui, on a toujours un fabuleux lendemain!"

Son imitation était parfaite, complètement délirante et hilarante. Je suis pris d'un fou rire et me tiens les côtes à cause de la douleur.

"Sérieux, t'es trop fort Finnick! C'était flippant, on aurait dit Mags!"

"Mission accomplie: faire rire le grincheux du district!"

"Eh! T'es pas sympa là!" lui lancé-je avec un sourire moqueur. "Franchement, à quatorze ans... C'est impressionnant..."

"Et tout le monde qui me colle aux fesses! Au secours!" crie-t-il avec une voix aiguë.

Je suis de nouveau secoué par un fou rire!

"Stop! Stop! J'ai un point de côté, là! Ahahahah"

Il est doué pour remonter le moral. On dirait qu'il est possédé par un certain dieu de l'humour. Impressionnant...

Nous parlons de tout et de rien. Derrière un vainqueur célèbre et charismatique se cache un simple garçon, avec une vie normale qui partage les mêmes centres d'intérêt que moi. Nous n'avons que trois ans d'écart et ce n'est que maintenant que je m'en rends compte. Son personnage de vainqueur le rendait adulte, plus grand, voire même supérieur, mais il est comme moi en fin de compte.

Le temps file à toute vitesse. Soudain, nous entendons des cris perçants. On aurait dit une femme horrifiée sur le point de mourir. Finnick et moi n'hésitons pas. Nous courons en direction des cris, ce qui nous amène au salon où nous attend un Cokra hystérique en train de se rouler par terre. À notre vue, il se relève subitement et prend Finnick dans ses bras.

"La rediffusion de la Moisson!" crie-t-il avec une joie explosive.

Voilà ce qui le met dans tous ses états... Et il va en connaître un autre d'état. Je lui assène un coup-de-poing dans l'œil.

"Merci" tente de dire Finnick en reprenant son souffle après l'étreinte qu'il a subi.

"Ne me remercie pas, ça me démangeait."

"Évite quand même à l'avenir, tu dois respecter le Capitole." me chuchote-t-il à l'oreille.

Mags et Lalys, alertées et en panique, entrent en courant dans la pièce. Je leur explique ce qui s'est passé et Mags réclame un pacificateur pour amener Cokra, assommé, dans sa chambre. Dans la seconde qui suit, un homme en armure blanc entre dans la pièce. J'évite de le regarder. Sûrement le père de Lalys...

Nous nous installons sur les deux canapés en cuir bleu. Mags appuie sur un bouton présent dans les coins de la table en acier poli. Un pan de mur coulisse, faisant apparaître un écran large. L'hymne du Capitole résonne dans la pièce tandis que son sceau apparaît à l'écran. Puis un Caesar Flickerman flamboyant apparaît à l'écran. Quand je dis flamboyant, c'est presque vrai. Cette année, il porte une perruque rougeoyante, qui semble enflammée avec ses couleurs jaune, orange et rouge. Son costume est lui aussi dans les mêmes tons, parsemé de figurés représentant des flammes et brillant de mille feux à la lumière des projecteurs.

"Bienvenue! Bienvenue aux 69èmes Hunger Games! Et oui, chers téléspectateurs, la Moisson est terminée! Nos vingt-quatre tributs ont été sélectionnés!"

Des cris hystériques et joyeux s'élèvent dans les gradins de l'émission.

"Ahah! Je vois que vous êtes tous impatients! Nous n'allons pas traîner dans ce cas, voici les rediffusions! Nous commençons toujours par le district Un, mes chers amis." achève-t-il dans un grand sourire.

L'hôtel de Ville du Un apparaît à l'écran, incrusté de pierres précieuses dans ses moindres recoins. Un hôtel de ville adapté au district du luxe, j'imagine... Les tributs du Un sont des colosses de 16 et 18 ans respectivement. Esmeralda Dyther et Shine Lost. Deux volontaires. Deux carrières. Un regard enflammé, un désir de tuer. Dangereux comme toujours...

Il en est de même pour le district Deux. La tribut femelle âgée de 17 ans, Teora Pills, se porte volontaire et crache au visage de l'hôtesse avant de lever le poing avec prétention. Anto Van Cruysen est appelé pour le district Deux chez les garçons. Du haut de ses 14 ans, il se dirige vers l'estrade avec un naturel étonnant, comme s'il faisait ça tous les jours, un sourire malicieux aux lèvres. Il croise les bras et jette un regard sérieux en direction de la caméra. Chose étonnante, personne ne se porte volontaire pour prendre sa place.

Les tributs du Trois sont de frêles enfants tout juste sortis de l'âge de l'insouciance. Un choc dévastateur se lit sur leur visage. Rien de dangereux.

Puis Lalys monte sur l'estrade d'un pas assuré. Elle est confiante, son regard est menaçant et déterminé. Ma gorge se noue lorsque mon nom est tiré alors que j'étais encore perdu dans mes pensées. Je vois un jeune homme qui se révèle dangereux, se débattant lorsque les pacificateurs l'emportent sur scène. Je finis par lever mon poing en sang en l'air, un air de défi et de puissance sur mon visage. Ça passe, je pense que j'ai réussi à me rattraper...

"Incroyable ce garçon, chers téléspectateurs, non?" s'enthousiasme Caesar.

Des cris beaucoup trop joyeux à mon goût, presque surnaturels, s'élèvent de nouveau pour apporter une réponse au présentateur.

"Moi aussi, je me suis tatoué au niveau du poing! Il va parfaitement avec mon costume, vous ne trouvez pas?".

Il lève son poing droit en direction de la caméra, du même côté que celui avec lequel j'ai frappé ce garçon à la Moisson... Il s'est fait tatouer une sorte de flamme rouge sang qui couvre toute sa main. La caméra se tourne ensuite vers les gradins où de nombreux Capitoliens et Capitoliennes lèvent leurs poings. On peut même y lire "Je t'aime Pieter" sur certains. Ça va trop loin, là... Je veux pas non plus être réduit à une nouvelle mode complètement débile... Je grince des dents.

"Désormais, continuons avec le district Cinq" reprend Caesar.

Le sujet débouche sur les tributs du district Cinq, âgés de 15 et 16 ans. Leurs chances de survie paraissent nulles. Deux tributs d'âge moyen pour le Six, l'un des deux s'écroule en larmes.

Le Sept offre un cru intéressant si on en croit les mots de Caesar. Deux tributs de 17 ans en bonne santé physique, confiants et bien bâtis, montent sur l'estrade. Si ceux-là ne savent pas manier la hache, je mange mon chapeau.

Le Huit propose un petit garçon de 13 ans et une fille plus âgée, de 16 ans. Ils sont tous deux très pâles, presque cadavériques. Leurs joues sont creusées, les orbites enfoncées. Ils sont très tendus, marchant presque comme des robots une fois sur scène. Ils n'ont pas l'air de réaliser qu'ils ont été tirés au sort.

"Quelle histoire émouvante!" s'exclame Caesar en assistant à la Moisson du Neuf.

Le tribut mâle s'est porté volontaire après avoir vu sa sœur, qui a mon âge, tirée au sort. Quand il l'annonce, celle-ci fond en larmes et court se réfugier dans les bras de son frère, criant répétitivement et désespérément "Pourquoi? Pourquoi tu as fait ça? Pourquoi?!"

Deux tributs totalement opposés pour le Dix. L'un ayant dix-huit ans et étant pauvre vu ses guenilles. L'autre ayant douze ans et étant une gâtée de la vie. Les bijoux qu'elle porte sont inestimables, elle doit faire partie d'une des familles les plus riches du Dix, voire de l'ensemble des districts.

Des tributs âgés représentent le district Onze. Le tribut femelle a la peau blanche et se distingue des autres filles de son âge de par sa taille. Le garçon, quant à lui, se nomme Jock Chase. C'est une masse de muscles intimidante. Mais ce qui m'interpelle le plus, ce sont ses mains. Elles ne cessent de bouger, très légèrement, de manière imperceptible pour une personne non avertie, composant un code secret. Un code rebelle. Je vais gagner. Je pourrai lancer la révolte, annonce-t-il avec ses mains. Je me tourne vers Lalys, elle sourit calmement. Elle a parfaitement compris le message. Elle va le balancer aux Pacificateurs. Son plan de survie est fichu...

Je me concentre de nouveau sur la télévision. C'est enfin au tour du district Douze. Dix-huit ans, quinze ans, aucune réelle puissance. Ruse ou intelligence apparemment inexistantes... Rien de vraiment intéressant pour cette fin de rediffusion.

"Voilà, mesdames et messieurs, vous venez de voir les vingt-quatre tributs de cette année! C'est une année qui s'annonce riche en événements, le cru de cette année étant très intéressant. Voyons voir ce qu'en pense notre Haute Juge, la fabuleuse Vorena!"

Une femme de cinquante ans, vêtue d'une longue robe noire scintillante, monte sur scène et rejoint Caesar. Une pulsion meurtrière me caresse l'échine et me hérisse le poil. Mon regard est fixé sur cette femme, tout autour d'elle s'obscurcit. Je ne vois plus qu'elle. Puis tout disparaît dans un dernier flash, volatilisé derrière un écran noir.

"Bien" lance Mags en relâchant le bouton de la télévision. "C'est un cru sérieux. Les tributs du Sept, du Neuf et le garçon du Onze sont à garder à l'œil. Ils paraissent dangereux. On va vous allier avec les carrières, c'est votre meilleure chance, d'accord?"

Lalys hoche la tête avec un air satisfait. Je fais de même, un peu à contrecœur quand je pense à l'idée de m'allier avec elle. Je n'ai absolument pas confiance en cette fille.

"Je suis d'accord avec toi, Mags." appuie Finnick. "Écoutez-moi vous deux, il va falloir attirer les sponsors, ils vous seront d'une grande aide dans l'arène. Pieter, tu as déjà fait un excellent travail, continue comme ça. Ton charme ne peut pas laisser les Capitoliens indifférents. Évite juste de me voler la vedette!" rigole Finnick avant de réprimer un petit cri quand Mags lui lance un coup de coude dans les côtes. "Lalys, toi aussi, tu es une belle fille. Continue à être confiante, sûre de tes capacités. Sois enjouée avec le public, n'hésite pas à le saluer."

Lalys pousse un soupir exaspéré avant de se résigner à hocher la tête une deuxième fois.

"Parfait." reprend Mags avec une voix sérieuse, qu'il ne faut pas interrompre sous peine de se faire foudroyer sur place. "Soyez naturels tous les deux et ça ira. Rappelez-vous. La méfiance est votre meilleure alliée dans ces jeux."

Méfiance. Ce simple mot, à l'apparence banale, se répercute dans ma tête, comme s'il voulait s'y inscrire à jamais.

"Allons manger maintenant, il est bientôt midi."

Nous nous installons à table. De nombreux mets, tellement divers que je n'ai pas assez de mots pour tous les décrire, nous attendent dans la salle a manger. Un délicieux fumet s'élève dans les airs. Je prends une cuisse de poulet à la crème de champignons et des pommes de terre rôties, magnifiquement dorées. Finnick se remet à blaguer, nous plongeant directement dans une ambiance chaleureuse et conviviale. J'en oublie le tracas causé par les jeux.

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Mon ventre est secoué par des fous rires. Je tente de reprendre mon souffle entre deux rigolades, en vain. Mon point de côté me fait atrocement souffrir, j'aimerais dire à Finnick d'arrêter mais je n'y arrive pas.

Mags est allongée sur le canapé, tentant de faire une sieste. Une plume lui chatouille le nez, se promène sur ses oreilles. Elle ne cesse de tirer des grimaces hilarantes, plus insolites les unes que les autres, imitées avec une fidélité parfaite par Finnick, ce qui ajoute encore plus d'humour à la scène. Le facteur délire est multiplié par dix. Lalys et moi sommes à terre, ayant des rires de plus en plus aigus, de plus en plus bizarres, de plus en plus surnaturels. Les rancœurs semblent oubliés.

Ou presque. Cokra se manifeste dans un coin de la pièce, un joli œil au beurre noir qui accentue sa peau de couleur orange criarde, en lançant des injures indignées en ce qui concerne notre comportement. Mais il y a un bon moment qu'on ne l'écoute plus.

Tout à coup, Finnick s'arrête. Il devient calme et fixe la fenêtre. Étant encore en plein délire, moi-même et Lalys continuons à rire aux éclats, au point de rouler sur le sol comme des malades. Je finis par me relever, reprendre mon souffle avant de me prendre un vent mêlant appréhension et admiration en pleine face. Le Capitole est apercevable de loin, un bref instant. Nous nous enfonçons dans un tunnel avant d'arriver rapidement dans une gare, où toute une troupe de personnes aux styles vraiment divers... Et étranges, c'est le cas de le dire, s'empresse pour nous apercevoir, voire pour nous contempler. On dirait qu'ils sont prêts à se grimper les uns sur les autres. Les Capitoliens les plus proches font grincer leurs ongles anormalement longs et aiguisés contre le métal du train. La foule est en délire, difficilement contrôlable. Je ne vois qu'une véritable marée de visages impatients, poussant des cris hystériques.

"Bienvenue au Capitole!" commence notre chère Mags, avec un sourire large.

" Joyeux Hunger Games et..." s'exclame Cokra, son cœur battant à mille à l'heure.

" ... Puisse notre débilissime hôte arrêter de parler une bonne fois pour toute !" complète le vainqueur aux cheveux blond platine et aux yeux bleus.

Une nouvelle fois, nous plongeons dans une crise de rire...