Coucou à tous ! Ah que me voilà contente de vous livrer ce chapitre sur le bal, je n'en dirais donc pas plus pour vous laisser le découvrir. J'ai inclus des musiques (car pour un bal c'est mieux) dont voici les titres si vous souhaitez l'ambiance ^^
Bonne lecture !
Aquarium de Camille Saint Saëns
Frühlingstimmen de Strauss
Dieu est un Fumeur de Havane par Serge Gainsbourg et Catherine Deneuve
Chapitre 12 : Où le bal se révèle surprenant et Harry est angoissé pour une histoire d'esthétique.
Harry avait eu une boule d'angoisse coincée en travers du bide pendant toute cette putain de journée. Qui savait qu'il était gay ? Malefoy, Célimène, Synnedie, Lyam, Finnigan, quelques amis du Serpentard et c'est tout ! Et Ron et Hermione ? Même eux n'étaient pas au courant, et même lui non plus malgré ce qu'affirmait le blond. Et là ça allait être le bal, il avait joué la putain de mijaurée toute la journée à tordre du cul en se défilant comme une zoulette dès qu'un de ses amis lui demandait avec qui il allait danser ce soir. Ron y allait avec Hermione, George avec Angelina, Fred avec Alicia, Ginny avec… non il ne savait pas, il n'en avait rien à foutre ! Il balança des oreillers en hurlant tout seul dans la chambre, cloîtré là avant que les trois autres complices et putains de fomenteurs de complots ne ramènent leurs sales culs. Il allait faire un coming out pire que public dans moins de deux heures. Il le savait, il s'y préparait et c'était là. La seule chose qui apaisait un peu son angoisse était d'être avec Malefoy, mais des rumeurs déjà bien fournies couraient sur la sexualité du blond, contrairement à la sienne. Et puis non… Pas la peine de se mentir, ça lui collait une frousse de tous les diables de devoir danser avec lui sous des milliers de paires d'yeux ! Il faillit commencer une crise de panique et s'assit, se releva, alla dans la salle de bain puis revint, se rassit sortit une clope, l'alluma tira comme un dingue, enleva sa chemise. Tout ça était la faute de Pucey, ce trou de balle en puissance en était la cause. S'il avait gagné, il serait en ce moment en train de tranquillement se préparer pour aller danser avec Célimène. Certainement tout heureux et réjoui d'observer la déconfiture du blond, forcé d'être avec Abbott. Là, il angoissait pire que jamais, et s'attendait d'une minute à l'autre à se retrouver avec des yeux pailletés aux cils de dix centimètres de long dans une tenue disco. Peut-être faudrait-il faire semblant d'être malade, tomber dans les pommes, vomir et comme ça il y échapperait. Il avisa un boursoufflet fuschia que lui avait offert une inconnue et se demanda s'il serait suffisamment malade en l'avalant tout rond.
Il eut peur de se réveiller le lendemain avec des poils roses dans le cul.
Son cerveau devenait décidément dingue, il voulut se branler mais pensa que les autres arriveraient vite. Harry eut la nausée, il maudit cette stupide idée de pari, Lyam, Pucey, la France. Lui déguisé en femme pataude à côté de Malefoy, la gravure de mode italienne à la classe aussi grande que l'Everest. Nooon ! Si au moins il avait pu choisir ses habits, il s'était acheté sur sa fortune familiale un costume trois pièces en soie noire brodée d'or, fait par Guipure en personne. Ceci sur l'instance de Sirius qu'il devait accompagner à chaque conseil d'Aurors au Ministère.
— Ah Harry ! Ne meurs pas encore s'il-te-plaît, fit Draco avec frivolité en entrant dans la chambre suivi des deux meilleures amies.
Ils étaient tous les trois magnifiques. Synnedie en grenat sombre et court, et Célimène en vapeurs parme qui lui grimpaient sur les cheveux. Harry faillit mourir, il se taperait la honte devant l'aristo.
Une chemise blanche, une veste grise satinée, un jean uni ajusté, des chaussures en cuir noir.
— Oh mon dieu Harry ! Mais tu vas nous faire une attaque ! , dit Synnedie en passant légèrement sa paume le long de la tempe luisante de sueur.
Elle fouilla dans ses seins et en sortit un joint, tout ce qu'il y a de plus moldu avant de le faire asseoir sur une chaise et de l'allumer d'un sort.
Harry rejeta la tête en arrière et laissa le cannabis le fumer comme un saumon. Célimène dans un nuage lilas se retourna et chassa Draco d'un petit mouvement de poignet,
— On a très bien compris comment tu voulais qu'il soit, mais tu nous le stresses ! En plus à lorgner sur sa peau comme si tu n'avais pas mangé depuis trois mois, on dirait que tu vas le violer dans notre chambre. Ouste ! Ousteuh !
Draco ne demanda pas son reste et s'en fut rejoindre Zabini et Pansy dans la pièce commune.
Malefoy descendit les escaliers de marbre beige, juste assez pesamment pour que ça donne de la prestance et une impression de tranquillité sans lourdeur. Il n'était pas tranquille pour autant, nom d'un chien comment aurait-il pu être tranquille ? Il allait à un bal avec Potter ! Ce chien fou qui pouvait paniquer et ruer comme un cabri en pleine danse. Draco n'en avait rien à faire des autres, des rumeurs qui couraient sur lui, il y en avait bien eu assez avec son père ex-mangemort, ses galipettes… Alors une de plus une de moins… Mais Potter avait le don d'être imprévisible.
Il but une petite gorgée de whisky pour se détendre sans trop se saouler puis, arriva au premier étage et jeta un coup d'œil à son reflet dans le miroir. Il était parfait. Il s'admira discrètement, ce qui eut le don de le remettre parfaitement sûr de lui. Une délicate musique envahissait le château de trilles dorés. Il passa sous une arche de gui enchanté et descendit vers le second étage. La salle commune de Beauxbâtons était décorée avec une élégance rare. Les élèves préparés y évoluaient dans un manteau de fausse neige si légère qu'elle volait au moindre pas, des guirlandes d'or ornaient les murs de pierre et des elfes de maison en toge blanche se promenaient avec des plateaux chargés de mets succulents. Draco admira un Zeus de marbre magique faire la cour à un Ganymède de bronze aux yeux effarouchés, il piocha une datte s'autorisant cette gourmandise rare chez eux, et mordit dedans avec circonspection. De la poussière argentée en sortit et il eut l'impression de respirer un jardin de fleurs exquises au printemps. Son nez en fut tout bouleversé et il ferma les yeux pour savourer la délicate sensation olfactive. Il observa la silhouette déformée de Lavande dans une colonne de givre et tapa sur l'épaule du Zeus en lui tendant une autre date.
— Vous devriez lui offrir ça, il ne résistera plus.
Le barbu nu le remercia avant de partir à la recherche de Ganymède, déjà noyé dans les yeux d'un Antinoüs portraituré. Avant de s'éloigner vers le centre de la salle, où une véritable Vélane jouait Aquarium de Saint Saëns à la harpe, il entendit Zeus bougonner comme quoi il était tout de même le roi des dieux tandis qu'Antinoüs n'était qu'un pauvre mortel et Ganymède lui répondre avec une moue de princesse qu'un dieu n'était tel que tant qu'il avait des fidèles. Le blond secoua la tête avec un sourire désabusé et arriva au centre de la pièce, des murmures parcoururent la salle : on louait son élégance. X
Normal, pensa-t-il. Même la Vélane lui fit un sourire charmeur et il ne dut qu'à son pénis de ne pas aller la rejoindre pour lui faire des enfants. Je suis trop gay pour mon propre bien sans doute. Il remarqua tout de même l'absence des chœurs de nymphes amèrement regrettés par Fleur et ses consœurs lors de leur venue en quatrième année.
— Malefoy ! Tu n'aurais pas vu Harry par hasard ? On le cherche partout !
— Non, je n'en sais rien, mentit-il, pourquoi ?
Hermione s'approcha, il la trouva très belle dans sa robe blanche à perles, perchée sur de hauts talons argentés. Zabini la suivait de près dans un classique costume noir. Le préfet avait appris à apprécier l'intelligence rare de la brunette et lui fit un sourire.
Ce soir il sortait avec Potter, on était dans un beau château de la Renaissance, il trouvait donc sage d'atténuer les querelles inter-maison sous un voile de charme français. C'est agréablement surprise que Hermione vit sa main se faire gracieusement porter aux lèvres du blond.
— Si je n'avais déjà trouvé quelqu'un, j'aurais regardé votre cavalier avec jalousie. Mais Weasley n'est pas ici ?
Elle sourit
— Non, Blaise nous a proposé de descendre ici avec Pansy mais il a préféré rester avec Dean et Seamus dans la chambre.
Puis, après une œillade taquine à Blaise, elle se retourna,
« Au fait, saurais-tu avec qui Harry va au bal ?
Le noir glissa un œil sur le cou de cygne de la jeune femme mis en valeur par le chignon élaboré. Les perles qui le cerclaient étaient tout à fait remarquables.
— Mais comment le saurait-il ? , questionna Zabini poliment mais faussement intrigué.
— Eh bien, ils sont dans la même chambre, non ?
— Ah mille excuses, comment aurais-je pu l'oublier ? , fit Blaise avec une expression exquise mais hypocrite.
Draco sourit avec aisance mais ses yeux promettaient mille tourments au noir qui s'en amusa.
— Harry m'a fait promettre de ne rien dire et nos relations commencent à peine à s'améliorer, tu me pardonneras mais je ne tiens pas à tout ruiner.
Hermione eut l'air inquiète et elle porta à ses lèvres rosées le champagne clair.
— Mon dieu, mais si c'est Cho ! Prions pour qu'il ne fasse pas cette bêtise. Ou même Ginny, il en est bien capable, et sans froisser Ron, sa sœur est bien la dernière personne dont Harry a besoin.
— Ah, c'est ce que je pensais moi aussi !
Les yeux de Blaise et Granger se tournèrent vers lui, poliment étonnés que le blond narcissique s'emploie à évaluer les conquêtes amoureuses de son ennemi. Draco toussota pour donner le change et prit une gorgée dans sa coupe.
— Et toi Blaise, j'ai ouï dire par Daphné que tu avais convaincu la belle Astoria ?
— En effet…
— Draco ! , clama une voix insupportablement nasillarde tout près de son oreille.
Il se retourna et parvint de justesse à éviter le gros baiser mauve qui faillit s'écraser sur sa joue. Pansy le bouscula en le prenant dans ses bras et il ne s'en sortit qu'après une brève pression dans le dos de la jeune femme. Blaise et Hermione se regardèrent en pouffant et il s'écarta poliment.
— Alors, Nott est ton cavalier ?
— Exact !
Et elle se laissa tomber de l'autre côté, là où, s'aperçut Draco, se trouvait effectivement Théodore. Celui-ci devait être content depuis le temps qu'il rêvait de la jeune fille. Littéralement en plus. N'oublions pas qu'ils étaient dans le même dortoir à Poudlard. Les gémissements du grand gaillard endormi les avaient fait mourir de rire plus d'une fois Blaise et lui… Le noir alla discuter avec ses deux amis Serpentard et Draco déambula dans la salle avec Granger, devisant tranquillement des potions françaises et s'extasiant avec une politesse de rigueur sur la finesse des décorations de Noël.
Alors que la jeune fille lui expliquait en détail les secrets de l'élixir d'Ombre permettant d'éliminer sa propre projection, Pucey vint s'incruster dans la conversation, enfin… il attendit plutôt patiemment qu'Hermione ait fini son explication en regardant Draco avec de grands yeux fier. On aurait dit un vieux chien noble mais légèrement blessé dans son orgueil et Draco soupira mentalement. Avec courtoisie, la Gryffondor abrégea les explications pour laisser le poursuiveur habillé en bleu-marine s'expliquer. Ce dernier attrapa Draco par le coude :
— Pouvons-nous parler un peu à l'écart s'il-te-plaît ?
— Je suis sûr qu'il n'y a rien que miss Granger ne puisse entendre, répondit glacialement le blond en dégageant son coude avec un peu de sécheresse.
Pucey eut l'air énervé, et Hermione trop polie fit mine de s'intéresser à un tableau d'Olympe en hermine blanche pour mettre à l'aise Adrian. Un peu plus grand que Draco, le poursuiveur fronça les sourcils et dit d'une voix basse :
— Je ne trouve pas ton attitude très correcte, je pensais qu'on irait ensemble toi et moi, Draco…
Le blond pinça les lèvres et durcit le regard, il n'y avait là rien de la gouailleuse moquerie dont il faisait preuve avec Potter. Un agacement clair se lisait sur ses traits.
— Je ne t'ai jamais rien promis de tel Adrian, maintenant écarte-toi de moi, tu es grossier.
L'ancien Serpentard qui, semblait-il, avait déjà bu un ou deux verres de trop, se colla encore plus à Malefoy et glissa une main égrillarde sur son cul. Il susurra d'une voix sûre d'elle :
— Tu semblais plus enthousiaste quand on était dans la forêt toi et moi, hein ?
Draco descendit une main sur l'entrejambe du jeune homme, lui tirant un sourire, puis une grimace de douleur. Il se pencha ensuite jusqu'à son oreille et de loin, on eut pu croire à une parade amoureuse.
— Tu retires tes mains de moi immédiatement et tu ne m'adresses plus la parole, ou je fais en sorte que la lignée des Pucey s'arrête ici.
Sa voix mortelle et la résolution acérée qui s'y laissait percevoir eut presque autant d'effet que le geste. Il serra les couilles et les sentit au bord de l'explosion entre ses doigts. Lorsqu'il lâcha, l'autre partit, bafoué dans son honneur. Hermione revint innocemment près de lui et lâcha, laissant ses doigts dériver sur un rebord de cheminée en marbre.
— Un différend entre amis ?
— Ne parlons pas de ça… Tu me disais donc que selon Flamel, les ailes de chauve-souris doivent être fraîches du jour ?
— Exact, mais Arsenius Beaulitron affirme que deux ou trois jours passent encore, guère plus cependant, sinon il dit avoir remarqué un léger halo grisâtre apparaître.
— Célimène, tu es sûre de vouloir utiliser les paillettes, là ?
Harry n'était plus stressé, il était blasé. De toute façon, après être passé par une dizaine d'états d'esprit différent, il avait fini par décréter que de retour en Angleterre il irait vivre dans une cabane de liane avec Graup et une Acromentule pour garder la maison. Il n'adresserait plus la parole à…
— C'est bon, c'est fini. Tu aimes Syn ?
La brune l'observa sous toutes les coutures avant de décréter :
— Ce n'est certainement pas mon style d'homme, mais c'est une bombe.
Elle lui décoiffa une mèche que Célimène avait coiffée pendant une demi heure et il put se lever. La blonde le regardait tel l'enfant de la création. Elle l'avait modelé en parfaite esthéticienne sous les conseils, trop légers au goût d'Harry, de la brune qui fumait comme un pompier, assise sur le matelas.
— Allons ! Va donc te voir dans la salle de bains !
Il avança avec une lenteur mesurée et garda résolument les yeux baissés, si bien que la blonde le poussa un grand coup dans le dos et le força à se regarder dans le miroir. Il marqua la surprise.
Certes ses yeux étaient ourlés de noir, ses cils trop longs et le coin extérieur brillait de reflets vert canard, certes la chemise du même vert était un brin trop satinée et ajustée à son goût, mais il avait un jean noir et des chaussures noires italiennes !
Son soupir de soulagement dut s'entendre car Synnedie lâcha d'une voix rauque de fumée :
— Eh bien, notre Sauveur mondial ne s'est pas évanoui ? Première réussite !
Harry haussa les sourcils devant le ton sarcastique et grimaça en voyant de près l'eye-liner noir qui lui cerclait les paupières. Il avait de grands yeux de chaudasse comme ça. Les cheveux savamment ébouriffés et un peu rallongés dont quelques mèches lui encadraient le visage le faisaient ressembler à un créateur de mode un peu fou. Mais ça allait, il restait digne, suffisamment pour ne pas devoir s'infliger une éclabouille par sortilège.
Synnedie jeta un coup d'œil au sablier floral accroché au mur et se leva brusquement.
— Mon dieu, le discours a déjà commencé, on doit m'attendre en bas ! Je ne veux pas manquer l'allocution d'Olympe.
Elle tourna trois fois sur elle-même avant que Célimène ne lui indique son rouge à lèvre.
— Le bal ouvre dans moins de dix minutes, dépêche-toi Harry !
Ils se précipitèrent le long des escaliers et Harry pria pour ne pas tomber sur un Poudlardien, surtout Lyam ou Seamus. Ils arrivèrent dans la grande salle assez rapidement, celle-ci était plongée dans le noir, des sphères flottantes de cristal éclairaient la piste de danse vide plutôt faiblement. L'estrade du bout où tous les professeurs se tenaient debout autour de l'imposante madame Maxime, était entourée de guirlandes lumineuses. Tous les élèves formaient une masse compacte et anonyme autour de la piste. Harry ne distinguait que peu de visages et préféra rester en retrait près de l'entrée, d'où débouchait le couloir qu'ils avaient emprunté. Il prit seulement soin de se cacher un peu dans l'ombre afin que personne ne le remarque. Célimène tira sur la manche de sa chemise.
— Harry viens, nous allons au bord de la piste.
— Il n'en est pas question. Habillé comme ça, je n'irai nul part sans Malefoy.
— Bon, dit la blonde, nous allons te l'amener.
Et elle disparut comme une nymphe des bois dans ses vapeurs myosotis et lilas. Harry regarda autour de lui en se dandinant d'un pied sur l'autre, il aurait bien pris un peu d'alcool. Quelques élèves français le regardèrent mais ne le connaissant pas, ils ne s'étonnèrent pas de son style. Soudain il sentit une présence juste à côté de lui et étira un sourire.
— Bonsoir Potter…
— Malefoy… Excuse-moi pour le retard veux-tu… , murmura-t-il en gardant les yeux rivés sur l'estrade.
— Ce n'est rien… Suis-moi.
Intrigué, Harry se vit mener un peu en arrière dans le couloir, hors de la pénombre installée dans la salle de bal. Il re-détailla le blond et le retrouva très impressionnant
— Que voulais-tu ?
— Te voir dans la lumière.
Harry serra les dents et joua le morceau de viande au marché. Malefoy sourit presque honnêtement et eut la bonne grâce de ne pas trop faire durer l'épreuve.
« Ai-je été bon joueur ? »
— Tu n'as pas trop exagéré… , concéda le survivant, mais j'angoisse pour la réaction de Ron, moi comme ça, avec toi… Mon ennemi…
Il eut une grimace expressive.
Malefoy resta silencieux puis un air un peu gêné se peignit sur son visage et il s'éclaircit la gorge :
— À ce propos, comment est-ce que tu envisages notre… comportement pour ce soir ?
Harry sourit, le prit par le coude et le fit rentrer dans l'ombre où il était plus à l'aise pour parler. Sa voix se fit chaude et assurée, loin de ce à quoi s'attendait le préfet.
— Eh bien… Ça semble bien s'annoncer, nous sommes dans un beau château, j'ai fumé de la bonne weed… Soyons courtoisement serviables l'un envers l'autre. Cela te paraît-il honorable ?
Le blond se pencha vraiment tout près de lui et sourit.
— Tout à fait, seulement j'ajoute que… tu n'as pas le droit de danser avec quelqu'un d'autre sans mon assentiment…
Harry écarquilla les yeux.
— Et réciproquement alors…
Le Serpentard fit claquer légèrement sa langue contre son palais en secouant la tête.
— C'est une compensation pour avoir été drôlement gentil à propos de ce pari…
Harry haussa les épaules et sentit une main exercer une douce pression sur ses reins. Un peu plus grand, Draco prit le contrôle et le guida dans le noir à travers la foule des élèves. Ça n'était pas provoquant, peut-être un peu ambigu pour de la pure courtoisie, mais cette main n'était certainement pas censée le brûler au travers de la soie verte. Une question vint à l'esprit du Survivant tandis qu'ils se plaçaient côte à côte derrière deux petites françaises pour mieux suivre le discours. Prenant garde à ne pas trop hausser le ton il demanda :
— Le vert… C'est volontaire ?
— Oui…
— En rapport avec ta maison ?
— Non.
Puis après un souffle :
« Avec tes yeux. »
Le brun réalisa que effectivement.
— C'est pour ça que toi tu as une veste grise ?
Le blond fronça les sourcils tentant vaguement de se concentrer sur l'ouverture d'esprit ou… Enfin un truc à propos de sympathie que disait MacGo.
— Quoi ?
— Pour tes yeux c'est ça…
Malefoy le regarda comme s'il était la plus insignifiante déjection de Veracrasse sur terre, fronça un coin du nez et dit :
— Non, moi c'est parce que ça a la classe voilà tout… Oh et puis zut, bravo ! Je n'ai pas pu entendre ce qu'elle disait.
À droite, quelqu'un leur fit un « Chht » sonore, chose qui horripilait Harry. Il jeta un coup d'œil derrière son épaule et lança plus fort :
— Venant de la part d'une rousse à robe violette, je ne m'incrusterais pas dans une conversation sur le style !
— Mes aïeux Harry vas-tu te taire oui ! , s'énerva le préfet.
Mais il contrebalança sa critique par une pression un peu plus prononcée sur la hanche du Survivant et celui-ci resta coi. Le brun tapa sans ménagement sur l'épaule de quelqu'un devant.
— Eh dis ! Elle a dit quoi ?
— Qui ? La vieille ? Euh, que les délégués de Beauxbâtons ouvraient le bal.
— Non, l'autre vieille.
— Ah ! Que les préfets de Poudlard ouvraient aussi le bal.
« Misère ! »
Harry faillit se liquéfier,
— Oooh mon dieu, s'affola le Survivant en secouant les doigts comme s'il s'était brûlé et en enchaînant plusieurs tours sur lui même. Mais tu es préfet Malefoy, que va-t-on faire ? Les professeurs sont tous sur l'estrade !
— Calme toi Potter, ça ne m'enchante pas non plus de danser avec un garçon sous les yeux d'un des meilleurs amis de mon père.
— On trouve quelqu'un au pif, vous là-bas ! , cria-t-il en désignant une forme informe dans l'ombre, venez danser avec lui.
Mais c'était la rousse à la robe violette et il ne reçut qu'un vilain doigt d'honneur.
— Par les couilles de Merlin, Potter ! Cesse de faire l'enfant ! Il faut assumer maintenant. Par chance j'excelle en danse.
Malefoy avait une assurance bien plus grande d'aspect que de substance, mais cela suffit à calmer le brun. Les professeurs souhaitèrent tous une bonne soirée aux élèves, même Rogue à qui cela sembla coûter un bras, puis on lança Frühlingstimmen et Draco reconnut avec plaisir Strauss.
Ils attendirent qu'Ernie, Hermione, Padma, et leurs partenaires soient en piste avant de s'élancer. Potter crut sa dernière heure arrivée mais tint bon, parmi les exclamations et les murmures qui suivirent son entrée sur la piste. Ne voulant causer de grabuge supplémentaire, il ne batailla pas trop pour placer sa main et laissa Draco lui encercler la taille. Ils commencèrent à glisser sur les notes. Derrière eux, la rumeur enflait, MacGo était pâle.
— N'y prête pas attention, susurra le blond tout contre son oreille.
Harry fit refluer la gène qui l'étouffait et redressa la tête plantant ses yeux dans ceux du blond pour lui montrer que la critique glissait sur lui comme eau sur plume de canard. Il arbora un sourire crâne. Malefoy se réjouit de son choix, qui aurait-il pu trouver de mieux pour se pavaner ?
— Dis moi, Malefoy, comment se fait-il que ce soit moi qui joue la fille…
— Il n'y a pas de rôles dans la valse, idiot.
— Mais ma main est sur ton épaule…
— C'est une question de taille, éluda l'autre avec un sourire.
— J'allais te le dire…
Ils glissèrent quelques pas en silence et lorsqu'ils passèrent devant Hermione et Ron, ce dernier faillit s'étaler de tout son long et la jeune femme le retint avec un demi sourire d'indulgence. Adressé à on ne savait qui. Puis Harry avisa Rogue dont la face était passée de cire à plâtre et il captura le regard de son partenaire :
— Comment vont le prendre tes parents ?
— Oh tu sais… Ma mère est déjà à moitié au courant, elle ma chopé il y a quatre ans à m'éclipser avec le fils des invités, j'avais fermé la porte mais elle avait utilisé un Alohomora,et bim. Mais ça va… Elle m'a fait le même sermon que si j'avais séché les cours. ''Promets moi que tu ne le feras plus.'' ''Non maman c'est de sa faute etc. ''
— Et ton père ?
Il vit les mâchoires se serrer vivement.
— Eh bien je suis son seul fils, il n'a pas de neveu, je ne serai donc normalement pas déshérité…
— Je ne…
Draco continua, le coupant :
— Quant à savoir si je me prendrai un sermon où une tentative de séquestration, seul dieu peut le dire.
Le Survivant se rapprocha du blond, la tête un peu penchée comme s'il gravait chaque information dans un coin de sa tête.
— Tu ne sembles pas très inquiet…
— Il l'aurait su de toute manière. Autant que ça sorte maintenant avant qu'il ne m'arrange un mariage avec l'une des Greengrass ou pire, Parkinson.
Ils firent presque un tour de piste et osèrent croiser quelques regards dans la foule, peu de personnes s'étaient risquées à les suivre sur une valse. Mais ils étaient une petite quinzaine de couples maintenant. Draco exerça une petite pression pour ramener l'attention d'Harry à lui.
— Assez parlé de moi cependant. Où as-tu appris à danser comme ça ? Tu ne semblais pas aussi à l'aise lors de la Coupe de Feu, peut-être était-ce la faute de Patil ?
— Je vis dans un chateau maintenant, avec Sirius. Et depuis qu'il est passé au conseil restreint de sécurité au Ministère, il insiste pour faire de moi un véritable de la Haute. Je l'accompagne souvent… Je suis venu dans ton manoir une fois d'ailleurs… Mais tu n'étais pas là.
La musique était assez longue, ils arrivèrent dans un espace dégagé et Draco inclina son buste au dessus d'Harry sans prévenir mais avec assez de force pour que le brun ne puisse pas se dérober et soit forcé de s'incliner autour de la main dans le creux de ses hanches. Ce dernier fit une grimace devant le sourire insupportablement content de lui du blond et lorsqu'ils se redressèrent souplement, ses yeux lançaient des éclairs.
— Sérieusement Malefoy ? Je croyais qu'on devait être courtois !
— Ce n'était qu'un pas de danse, pourquoi diantre t'énerves-tu ?
— Je ne suis pas une fille !
— Tu dois vraiment avoir un complexe avec ça, est-ce que ton oncle te déguisait en femme quand tu étais petit ?
Harry pinça l'épaule qu'il tenait sous sa main, se grandit et alors qu'ils arrivaient à un bout de piste fit tourner le blond sous son bras. Il résista un peu mais cela aurait fait désordre qu'il ne s'exécute pas et pour l'instant, pour Draco, il était sans conteste que son couple remportait le concours des meilleurs danseurs.
Il eut un sourire compréhensif.
— C'est bon, j'ai compris.
À chaque fois qu'ils frôlaient la masse de spectateurs attroupés en bout de piste ils entendaient des fragments de chuchotis comme le vent dans les feuilles des arbres. « Ronald ne nous lâche pas des yeux depuis que nous sommes entrés sur la piste, je ne comprends pas comment il a réussi à ne pas trébucher. »
Harry se permit un léger rire.
— Hermione est bonne danseuse.
— Plus sérieusement Potter, Zabini était déjà au courant pour moi, tu penses que Weasley va digérer ? Je ne voudrais pas être à l'origine d'un schisme avec les poils de carotte…
— Que tu sois un homme passera sans doute beaucoup mieux que le fait que tu sois Draco Malefoy…
— Ah la jalousie, je comprends…
Les dernières notes s'étirèrent vers la fin et on distingua, mêlés aux cordes, les prémices d'une plainte électrique.
« Tu es prêt pour l'avalanche de remarques idiotes et de questions ? » demanda Draco en serrant le Survivant contre lui.
Ce dernier l'attrapa instinctivement par la main, il avait remarqué le bar-buffet engoncé dans un coin et devinait que la majorité de Beauxbâtons plus les gloutons de Poudlard s'y précipiteraient dès la fin de la chanson, tandis qu'une autre majorité viendrait s'attrouper autour d'eux pour avoir des explications et jouir des exclamations outrées que ne manquerait pas Ron de balancer à coup sûr. En habile stratège, il entraîna donc le blond vers le buffet. Résultat, le groupe qui les suivait et les gloutons se retrouvèrent tous à devoir passer entre le mur et l'estrade des professeurs. Ils se faufilèrent dans un bouquet de Lys et atteignirent l'alcool tandis que derrière, l'engorgement menaçait d'écraser les professeurs contre leur table. Rogue et Dumoulin se répandirent en imprécations sur « ces gros nigauds d'élèves, qui ne pensaient qu'à leur estomac ». On eut dit que l'intégralité de la pièce avait décidé de se restaurer, les cris fusèrent, les bousculades, puis comme toujours la situation se normalisa.
— Bien joué Potter, fit Draco en riant de la cacophonie.
Le survivant eut chaud au cœur, on ne voyait pas souvent le Serpentard exprimer un sentiment sincère et positif comme la joie. Le coin de ses yeux se plissait alors en une multitude de petites rigoles et le rire chaud qui sortait de la gorge vous donnait envie de le boire comme du miel… Où du moins de l'imiter.
— Qu'est ce que tu veux boire ?
Le Serpentard se retourna vivement et scruta Harry qui eut l'air perplexe et tourna ses yeux dans leurs orbites, puis il se rappela qu'effectivement ce comportement de la part du Survivant était normal puisqu'ils se devaient d'être serviables l'un envers l'autre en cette belle soirée. Potter leur servit à chacun une coupe de vodka coupée d'un doigt d'élixir d'ambre. Cette dernière composante avait l'étrange propriété de faire gicler de grandes gerbes de paillettes mordorées à chaque fois qu'elle restait trop longtemps sans être bue. Ils se dépêchèrent donc et se resservirent. Ils en auraient besoin. En plus de transformer les coupes en pisseuses de brillants, l'élixir faisait vite monter l'alcool à la tête et Harry commença à se détendre un peu. Malefoy replaça sa main dans le bas de son dos et ils laissèrent la place près du bar à d'autres assoiffés.
— Ça va vous deux ?
Ils se retournèrent brusquement et offrirent à leur interlocutrice un soupir binomial de soulagement. Célimène au bras d'un charmant français brun tenait une coupe qui ressemblait vaguement à une gerbe de fleur.
— Je vous présente Émilien.
Ils se serrèrent tous poliment la main et commencèrent à badiner, l'avantage avec les Français c'est qu'ils ne remarquaient rien de bizarre à ce que les deux soient ensemble. Rafael avait lâché le bras de Romilda Vane qui avait probablement décroché son invitation à l'aide d'un philtre d'amour et s'approcha du groupe.
— Ah Rafael…
Il ignora superbement une fille qui lui faisait les yeux doux et profita de ce que Draco discutait avec Emilien pour glisser à l'oreille d'Harry.
— Vous êtes terriblement sexy comme cela… Vous voudriez bien m'accorder la prochaine danse ?
Rafael avait un look de surfeur décontracté, même mis à part son sexe masculin, il paraissait beaucoup plus sympathique à Harry que sa sœur Fleur toute pincée. Les cheveux châtains tombaient en ondulations méridionales autour d'un visage mat aux yeux clairs, la stature solide, la musculature visible. Il était tout à fait au goût du Gryffondor. Draco avait relevé les yeux sur eux et répondit, très amusé, par la négative à la question muette que se sentit obligé de lui poser le Survivant. Ce dernier attrapa sensuellement Delacour par la nuque et susurra :
— Je reste un peu avec mon cavalier attitré, mais promis j'essaie de me libérer.
Il sentit une main frôler ses fesses et eut un regard plein de sous entendus pour le frère de Fleur.
— J'en serai ravi.
Malefoy eut tout à coup fini de discuter et prit le brun à part.
— Potter, on avait dit courtois.
— J'ai été courtois,
— Chez moi, les quelques notions de courtoisie inculquées incluent de ne ne pas se laisser draguer comme un vulgaire Escort Boy par le premier venu.
— Mais ce n'est pas le premier venu. Enfin, tu as vu comme il est beau ?
— Justement oui… Tu ne crois pas que je te surveille pour te protéger des mochetés non ?
Le blond fit un pas en avant avec un sourire carnassier et attrapa, entre le majeur et l'index, le col de la chemise verte.
— C'est parce que je sais exactement l'effet que tu produis…
Harry sentit les mains lui agripper les hanches et se recula avec une moue de midinette
— Serait-ce de la jalousie ?
— Ne dis pas de grossièretés, allons.
— La fouine, lâche Harry immédiatement.
— Ron, qu'est ce que tu fais ? Laisse-les tranquille enfin. Harry pourquoi tu ne nous as rien dit ?
— Sans vouloir t'offenser Granger, peut-être qu'il voulait éviter les réactions idiotes comme celles de ton crétin de petit ami.
— Harry, dis moi que c'est un pari stupide.
— Non, désolé Ron. Mais détends toi, on fait juste un coming out groupé.
— Mais c'était ton pire ennemi !
— Exactement, ça l'est toujours. Il faut passer à la couleur mon ami, et abandonner le noir et blanc. Nous sommes ennemis, nous allons au bal ensemble, j'apprécie énormément ta sœur, pourtant nous ne serons jamais ensemble.
— Potter, allons danser, j'aime cette chanson d'un amour profond, crâna une voix traînante.
Harry prit la main du blond qui semblait sur le point de s'évanouir d'ennui et le tira sur la piste où des dizaines de couples se trémoussaient maintenant. Il aperçut Ginny et Dean, Daphné et Ernie, et enfin il ne vit plus rien car devant lui, Draco avait déboutonné le haut de sa chemise et commençait à bouger en rythme.
— Tu as vraiment des amis horriblement lassants Potter.
— Ron se fait du souci pour moi, il doit penser que tu m'as drogué ou quelque chose dans le genre.
Ils arrêtèrent de danser, au bout d'une quinzaine de minutes passées à lorgner sur le buffet et les incroyables boissons qui s'y trouvaient. Harry se pâmait devant le Souffle du Dragon et ses délicats chatoiements rouge et bleu. La danse et les premiers verres les avaient déjà bien rapprochés, Draco garda sa main au bas du dos du brun et ils se dirigèrent vers la la fontaine de feu liquide. On les appela plus loin, nombre de leurs amis s'étaient rassemblés, et une bouteille géante de Whisky pur Feu trônait au milieu de leur table. Harry plissa les yeux, distingua Synnedie, Ron, Blaise, Pansy, Hermione…
— Tu te sens prêt à y aller ? , demanda Draco d'un air un peu soucieux.
Harry hocha la tête.
— Ne prends pas cet air de médecin avec moi, je ne suis pas psychologiquement traumatisé. Si tu veux y aller, allons-y.
Le blond planta des yeux dans lesquels brillaient une étrange fierté et ils se dirigèrent vers le groupe. Synnedie les appela à venir s'asseoir à côté d'elle. Elle parlait un peu trop fort et riait à des blagues pas toujours si drôles, mais faisait de charmants traits d'esprit, et conserva son habituelle politesse ironique. À côté d'elle se trouvait une jeune femme en noir, beaucoup moins bruyante.
— Je vous présente Astrid. Astrid, Draco et Harry, nouvellement gays.
Elle hocha la tête avec un intérêt poli. Draco la détailla. Elle faisait excessivement jeune, des yeux un peu tristes et tombants sur les côtés, avec des paupières très rondes qui lui donnaient l'air de s'ennuyer ferme, un visage incroyablement neutre et beau, des mâchoires harmonieuses un nez assez droit et peu prononcé, une bouche aux lèvres épaisses et bien dessinées qui s'étiraient aux quelques plaisanteries de Synnedie en un sourire goguenard. Elle ne semblait pas daigner ouvrir la bouche autrefois que lorsqu'elle avait quelque chose de fin et souvent drôle à dire. Draco, intrigué, songea que malgré cette atmosphère de débauche, elle avait été la seule à ne proférer que des choses intelligentes. La conversation roula tranquillement, chacun semblant s'appliquer à ne pas parler de la récente histoire d'Harry et Draco. Ils firent des mélanges et Harry ensorcela le verre de Pansy pour que celui-ci ne se vide pas. Draco s'en aperçut lorsque la jeune femme faillit tomber dans les pommes. Il le gronda et mit fin au sortilège.
Il commençait à se lasser et n'osait demander à Harry de retourner danser, ça ferait vraiment dalleux après. Mais cet idiot de Gryffondor devenait de plus en plus sensuel dans ses gestes au fur et à mesure que l'alcool le désinhibait. Il se levait se cambrait pour attraper du Souffle de Dragon, et osa même en mélanger avec de l'Elixir d'Ambre. Dans son calice de cristal à contenance un litre, on vit le précipité orange translucide se mettre à bouillonner, des volutes phosphorescentes mauves s'élevèrent ainsi que d'énormes bulles qui explosaient, libérant des petits nuages de paillettes. La grande salle étant noire, c'était un très beau spectacle.
— Mais tu es un artiste Potter…
La lumière des paillettes dorées mouchetait son visage extatique devant une si enfantine beauté. En face d'eux, Astrid soupira d'ennui, puis une lueur de résolution sauvage passa dans ses yeux bleus et elle allongea Synnedie sur la chaise avant de lui monter dessus pour lui sodomiser la gorge de sa langue. Draco eut très chaud, les paillettes faisaient la danse du soleil devant ses yeux. Syn avait attrapé les cheveux bruns et les tirait avec violence. Harry avala un demi litre du mélange. Ses yeux tournèrent au blanc, il grimpa à quatre pattes sur la table, s'écroula, fit gicler quelques assiettes sous le regard éberlué d'Hermione et de Ron. Il tomba sur les filles, elles rirent. Il plongea des deux yeux, noyés de tise et de drogue magique, l'esprit déchaîné. Ses mains trempées vinrent sur les pommettes d'Astrid, il tituba.
— Je… danse… Tu viens… danser… Je suis amoureux…
Elle se redressa, ses orbes fatigués laissant place à des prunelles rieuses. Ils se traînèrent comme des loques et dansèrent comme des épaves de Joncheruine dans un sauna aux vapeurs âcres et nauséeuses.
— Nous allons y aller, fit Neville à Ron et Hermione l'air tout à fait épuisé.
À côté de lui, Luna écarquillait toujours deux gros yeux bleus et un peu globuleux. Elle agita ses épaules sous la veste beige de Londubat dont elles étaient recouvertes.
— Oui, je vais lui prêter mes Lorgnospectres pour aller découvrir les Nargols joufflus et les Enormus à Babille.
Hermione pensa qu'elle avait un peu forcé sur le Souffle du Dragon ou bien que c'était son état normal.
— Ou plus simplement dormir ma chérie, dit Neville en la calant contre lui.
La tête blonde dodelina sur son épaule.
— Bonne nuit Luna, fit Ron.
— Bonne nuit Neville, fit Hermione, alors que les deux s'en allaient.
La jeune fille étouffa un bâillement prononcé, elle glissa un bras autour de la taille de Ron et celui-ci lui entoura les épaules. Les premières notes douces d'une nouvelle chanson s'élevèrent en ondulant dans l'air moite de la pièce.
Dieu est un fumeur de Havane
Je vois ses nuages gris
Il fume même la nuit
Comme moi ma chérie
Elle se laissa aller et il la guida de l'autre côté de la pièce vers les banquettes de velours.
Tu n'es qu'un fumeur de gitane
En passant autour de la piste, il aperçut Harry et Draco collés-serrés, qui étaient parmi les derniers danseurs encore debout.
Je vois tes volutes bleues
Faire parfois venir les larmes aux yeux
La plupart étaient rentrés seuls, plus souvent à deux, moins souvent à trois où quatre dans leurs chambres.
Tu es mon maître après Dieu
Il ne restait que quelques couples essoufflés et suants, glissant comme des chaloupes saoules sur la musique.
Dieu est un fumeur de Havanes
— 'Mione ?
La jeune femme nicha son visage dans le cou du roux.
— Oui ?
— Tu crois que Harry et Draco sont vraiment ensemble, peut-être est-il juste un peu fou ?
Il laissait ses yeux marron dériver sur le couple de danseurs.
— Je ne sais pas Ron. Tu sais, on a demandé beaucoup de choses à Harry depuis qu'il est né. Tout le monde le regarde tout le temps, même nous, Dumbledore, Sirius. C'est pareil pour Draco avec sa famille et tout… Ils ont peut-être eu envie de tout envoyer en l'air pour un temps…
C'est lui même qui m'a dit
Elle avait une petite voix fatiguée et ils s'assirent sur la banquette
Que la fumée envoie au para-dis
Ron appuya son coude contre une table et trempa sa chemise de jus de citrouille à côté de lui un crapaud de verre lâchait des jets de fumée à l'odeur de soufre, elle posa la tête sur son épaule.
Je le sais ma ché-rie
Tu n'es qu'un fumeur de gitanes
Sans elles tu es malheureux
Au clair de la lune, ouvre les yeux
Harry avait les jambes écartées et un genou de Draco s'y était intercalé.
Pour l'amour de Dieu
Il avait le visage incliné dans le creux du cou de l'autre et sentait son odeur, le parfum mêlé à la sueur de la danse.
Dieu n'est qu'un fumeur de Havane
Gainsbourg le transportait, il avait l'impression de nager sur le timbre grave, Draco lui encerclait les hanches et descendait sans cesse plus bas ses mains, le transformant en brasier.
Tout près de toi, loin de lui
Harry releva la tête pour prendre son souffle, un peu de transpiration lui donnait un visage brillant sous les bougies flottantes bleue et mauve. Le noir s'était un peu étalé autour de ses yeux.
J'aimerais te garder toute ma vie
Comprends moi ma chérie
Ils se trouvaient dans un aquarium de touffeur avec Catherine et Serge, poissons phares de leur transe. Le Survivant sentait la friction chaude du souffle contre son oreille, le tissu n'était plus qu'une barrière imaginaire entre ses doigts et la peau humide du blond.
Tu n'es qu'un fumeur de gitane
Le préfet lui creusa les hanches d'une pression et il se laissa aller en arrière, lascif contre le bassin ondulant. Draco dévora des yeux la gorge offerte et fit passer dessus un frisson du bout des lèvres.
Et la dernière je veux
Le Gryffondor n'avait plus de pudeur, il se laissait transporter à vif par les soufflés de Deneuve si légers qu'on croyait aspirer des halos bleutés de havane par les oreilles.
La voir briller au fond de mes yeux
Il crocheta la nuque courbant l'échine et se redressa, la main sur son cul, le remonta encore plus sur le genou, Aime moi nom de dieu il tourna la tête descendit remonta. Involontairement il amena le blond au bord de la jouissance puis s'écarta un peu, revint aussi vite rappelé par des bras avides.
Dieu est un fumeur de havane
Malefoy le voulait, il avait envie d'emprisonner ce corps qui l'écorchait de toute raison, laissant à vif une envie brute.
Tout près de toi loin de lui
Pénétrer la bouche haletante de sa langue et prendre son dû. Mais le conseil de Synnedie lui revint en tête « Potter ne gravite pas autour de toi, vous gravitez l'un autour de l'autre, dans des lois physiques bien précises »
J'aimerais te garder toute ma vie
Tremblant, il approcha sa bouche de l'oreille et donna un petit coup de langue.
Comprends moi ma chérie
Harry sentit contre son lobe une voix rauque d'envie qui parvenait à peine à produire un son.
Tu n'es qu'un fumeur de gitanes
— Potter, je… je sais que ça n'était pas compris dans le deal mais… Est-ce que… Est-ce que j'ai le droit de t'embrasser ?
Le brun sourit, touché de la demande.
Et la dernière je veux
Il glissa sa main dans les cheveux trempés à l'arrière de la nuque et amena son front contre celui du blond. Leurs yeux se plantèrent solidement les uns dans les autres.
La voir briller au fond de mes yeux
— T'as envie ? demanda Harry en se passant la langue sur les lèvres.
Draco répondit par un hochement rapide de la tête incapable de produire un son de plus. Ses mains remontèrent le long du torse en prirent en coupe le visage, il se sentit tiré en avant, une langue au goût d'Elixir d'Ambre caressa la sienne.
Aime moi nom de Dieu !
— Mione ?
— Mmm…
Elle comprit ce qu'il y avait dans la voix un peu triste, attrapa la main large entre ses doigts fins et la porta à ses lèvres. Le roux lui caressa les cheveux et appuya sa joue contre le sommet de son crâne.
Il y avait de la mélancolie dans ses grands yeux marron aux cils roux.
— Je crois que Harry et Draco sont vraiment ensemble.
Ils faillirent tomber de déséquilibre et se rattrapèrent de justesse tout en évitant même de reprendre leur souffle, ça devenait trop chaud, les mouvements étaient de plus en plus explicites, aussi proches de la danse que du mime de la fornication.
— On monte ? demanda Harry aussi imbibé d'alcool que de luxure.
Il était de dos à Draco qui lui passait et repassait une main sur l'avant du pantalon en mordant sa nuque, et il sentait contre son cul combien l'autre était en chien.
Il n'eut pas à le dire deux fois, et sans savoir comment, se retrouva dans la chambre, violemment tiré par un Serpentard alangui mais aux commandes, qui écrasa leurs bouches l'une contre l'autre. Le blond se mit à cheval sur lui et il sentit une main s'insinuer entre son jean et sa peau. Quelque chose le retint et il se releva brusquement en s'écartant un peu.
— Potter bon sang qu'est ce que tu fous ?
Il s'essuya la bouche, baissa les yeux, incapable de soutenir le regard et gêné bafouilla :
— Je… Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.
Draco retomba dans le lit, il avait les pommettes rouges et se passa une main sur le front.
— Potter, ça fait quatre heures que tu me chauffes comme un dingue, j'ai l'impression que je vais exploser tellement j'ai envie de toi et tu me dis « Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée » ? C'est quoi, une vengeance ?
Harry se sentit horriblement embarrassé par la situation, il était retenu par la peur.
— Je, écoute, j'adore ce qu'on fait là mais je ne suis pas sûr d'aimer aller plus loin, ça risque d'être un fiasco. Je… Je veux pas tout ruiner
— Mon dieu, ne trouve pas de fausses excuses Potter. En un seul jour tu t'es tapé Lyam et Finnigan, c'est…
— Oui, et ben ça a été la pire expérience de toute ma vie, surtout Finnigan ! C'est pour ça que si ça ce trouve je suis même pas gay ! J'ai pas envie que ça soit horrible et qu'on arrive même plus à se regarder dans les yeux, toi et moi !
Le Serpentard sembla comprendre la teneur de la situation et lui attrapa le poignet.
— Tu ne peux pas être à moitié gay Harry, ça n'existe pas ! Tu ne peux pas kiffer embrasser des mecs et détester le cul. Quand bien même ce serait possible, je suis le meilleur coup de tout Poudlard, tu ne voudrais pas passer à côté de ça quand même ?
— Non, écoute vraiment, je…
Le blond se redressa, arracha la chemise verte faisant sauter tous les boutons et d'un mouvement assuré le renversa face contre le lit et s'assit à califourchon sur lui. Le Gryffondor releva la tête, paniqué.
— Qu'est-ce que tu fous Malefoy ? Je t'ai dit non !
— Tu vas rester là quelques minutes pour te calmer.
Draco se pencha et lui mordilla doucement le haut de la colonne, Harry avait beau flipper comme un taré, il ronronna sous la caresse.
— Retourne-toi doucement…
Il lui parlait d'une voix sombre et paisible, mais assurée. Le Gryffondor obéit et se retrouva surplombé par le blond. Ce dernier enleva sa chemise – dieu sait où la veste avait bien pu passer. Et se retrouva torse nu, devant le brun qui ne put s'empêcher de lever la main pour frôler du bout des doigts les pectoraux parfaitement dessinés.
— Ne touche pas, Harry releva des yeux perplexes, Tu vas t'effrayer tout seul.
La phrase douce ne l'offensa pas.
— Maintenant, attrape les barreaux du lit, respire et ferme les yeux.
Comme le Survivant hésitait, Draco insista un peu toujours d'une voix à la limite du murmure pour ne pas l'effrayer.
— Allons, fais-moi confiance, je ne te toucherai pas.
Tandis qu'il surveillait d'un œil le Gryffondor, Draco attrapa la chemise verte en soie, fit un petit accroc avec ses dents et…
— Eh mais… !
Avant que le brun n'ait pu se dégager, Malefoy avait découpé une bande de tissu de soie et lui emprisonna les mains contre les barreaux de métal. Avec dextérité il noua les poignets de telle sorte que Potter soit accroché au lit.
— Malefoy, si tu ne me relâches pas, JE TE TUE !
— Tu me tueras quand on aura fait l'amour, Potter.
— Ça s'appelle un viol.
Le blond sourit et commença à onduler doucement des hanches sur le ventre du brun. Celui-ci ferma les yeux et se força à inspirer. Malefoy vint mordiller une pointe de chair brune, il lécha la trachée, voulut l'embrasser, mais ce connard de Potter le mordit jusqu'au sang. Alors il attrapa les bords du jean noir et les baissa violemment, laissant Harry nu sur le lit. La blond apprécia la musculature, mima l'acte avec sa langue dans le nombril frémissant, descendit encore.
— Draco, s'il-te-plaît, arrête !
— Ferme-la Potter !
— Draco, je t'en supplie. Regarde, je bande même pas !
C'était vrai, et plus encore, il avait un rythme cardiaque proche du 120 et respirait comme s'il allait faire une crise de panique. Draco maudit intérieurement Finnigan et se lança dans la périlleuse entreprise de rassurer Potter.
— Tu bandes pas parce que tu flippes comme un malade depuis qu'on est ici.
Le blond caressa l'intérieur des cuisses de ses paumes, si ça n'avait pas été Potter il y aurait belle lurette que leur propriétaire serait passé au grill. Mais cette fois-ci il devrait jouer un peu au psychomage. Il renonça à son envie de le sucer dans la seconde et se déshabilla pour être plus à l'aise, avant de se placer à quatre pattes au dessus du Gryffondor allongé. D'une main, il lui dégagea le front des mèches collées et constata combien il transpirait. Le souffle court, les cheveux en bataille, mouillé, les yeux si verts qu'ils paraissaient lumineux, nu, attaché sur un lit.
On n'avait pas idée d'être aussi sexy.
— Je vais mourir tellement j'ai envie de toi, gronda-t-il au dessus du brun.
Harry se tortilla sur le lit, mal à l'aise, puis voyant les yeux qui le suivaient, arrêta immédiatement se renfermant dans un mutisme buté. Draco n'abandonna pas, il se pencha tout contre l'oreille et susurra :
— Laisse moi juste te sucer Potter…
Le brun tourna la tête dans l'autre sens pour se soustraire à la requête.
— Arrête Malefoy !
— Tiens, je n'ai plus droit à du Draco maintenant ?
— Sale Serpentard ! Et t'as qu'à te branler tout seul !
— J'ai envie de te toucher, minauda le préfet qui se sentait prêt de gagner.
— NON-EUH ! va-t'en !
Malefoy songea qu'il ne s'était jamais tant abaissé pour quelqu'un, mais balaya l'idée dans un coin de sa tête, ce n'était ni le lieu ni l'heure de se prendre le chou.
— Laisse moi te sucer et je t'introduis sous Polynectar dans un cours spécialisé de Rogue en Potion. Tu en auras besoin pour tes ASPICS si tu veux être Auror…
Harry réfléchit et se dit qu'effectivement c'était là un excellent moyen de s'entraîner…
— Que ça. Et c'est trois cours pour moi et Ron.
Malefoy eut une grimace de dégoût,
— Au nom du ciel Potter ! Ne parle pas du roux quand nous sommes nus dans un lit ! Trois uniquement pour toi.
Harry réfléchit, croisa pendant un millième de seconde les prunelles grises rieuses et jura.
— Tu ne te plaindras pas si…
Il ne finit pas sa phrase et dut se mordre la langue pour ne pas gémir. Malefoy avait enroulé ses lèvres autour de son sexe et commençait à le titiller du bout de la langue, il le quitta aussitôt pour venir mordre gentiment la chair lisse et bronzée en haut des cuisses, un peu plus bas vers les fesses aussi. Le Serpentard releva le nez de son affaire pour contempler la réaction de Potter sur son visage et, le voyant en train de se concentrer pour ne rien laisser échapper, en fut très content. Il lécha doucement l'aine, passa le tendon, titilla cet endroit juste à coté des couilles qui faisait trembler le Sauveur et passa sur l'autre cuisse.
— Malefoy, haleta le brun dans une pathétique tentative de masquer son état, T'étais censé me sucer, pas me faire des papouilles.
Draco sourit contre la peau tendue, y frotta légèrement le bout de son nez et souffla un filet d'air. Si ça ce n'était pas bander… Le brun tirait convulsivement sur ses liens et mordait ses propres bras de frustration.
— Ah oui ? Excuse-moi…
Et il aspira la hampe de chair d'un seul coup tirant un cri à Harry, le faisant s'arquer contre le matelas. Il attrapa fermement les fesses brunes et les tira à lui pour s'enfoncer un peu plus profond, il pompait comme un affamé.
— Draco, putain de merde… gémit le brun s'abandonnant tout entier.
Le blond joua de sa langue et de ses lèvres et se retira juste avant le « Je… Je vais jouir » prononcé d'une voix hachée par le plaisir. Potter se répandit contre son ventre. Goguenard, Draco remonta mais son visage se figea quand il vit le brun reprendre son souffle paupières mi closes et lèvres toutes brillantes. Il se damnerait. Mille fois s'il le fallait.
— Libère moi Draco…
Aussitôt dit, aussitôt fait. Le brun l'attrapa par la nuque et lui dévora les lèvres. Le préfet se sentit près de mourir. Il vit Harry commencer à descendre pour lui rendre la pareille et l'en empêcha d'une main sous le menton.
— Tu veux me prendre ? Harry avait demandé ça en commençant à se retourner sur le ventre, et à écarter les cuisses.
Draco eut une très furieuse envie d'accepter.
— Non, pas ce soir.
— Pourquoi ? T'as plus envie, ça-y-est j'ai déjà tout fait foiré ?
Le Survivant avait des larmes au fond des yeux et sa voix se brisait en sanglots. Draco n'était pas un pleurnicheur, ça devait faire au moins dix ans qu'il n'avait pas vraiment pleuré de tristesse. Pour un vrai sentiment, il faut comprendre. Mais il avait ce curieux défaut de fabrication qui lui nouait la gorge quand en face de lui quelqu'un se mettait à fondre. Alors il lui attrapa le visage.
— Non ! Non ! Potter ça n'est pas ça ! Je te jure !
Il se promit de ne plus jamais laisser ingurgiter à qui que ce soit ce putain de mélange Dragon-Elixir. L'autre se retourna et l'entoura de de ses deux bras en reniflant pesamment. Draco lui embrassa le cou.
— Tu bandes drôlement quand même, tu veux pas que je fasse quelque chose pour toi ?
Malefoy tomba sur un oreiller et se passa une main sur la figure. Il se doutait que s'il laissait le brun le toucher, cette merde d'addiction qui se développait en lui depuis quelques temps comme le nénuphar dans la poitrine de Chloé, ne s'en irait pas de sitôt. Mais c'est vrai qu'il était plutôt dur, et l'autre se remit à lui gigoter dessus comme s'il avait pris une potion excitante. Peut-être cela était-il vraiment le cas d'ailleurs !
— Potter, tu ne t'es pas drogué j'espère ?
— Laisse moi te goûter Draco. Laisse moi te lécher partout, ça au moins c'est une chose que je sais très bien faire.
Le blond leva les yeux au ciel, allons bon ! Voilà qu'il se lançait dans l'auto dénigrement maintenant.
— J'ai déjà léché pas mal de choses, alors tu peux me faire confiance. Je ne te décevrais pas.
— Ce n'est pas ça… le deal, Potter.
Mon Dieu, qu'il arrête avec ces puppy eyes de merde qui allaient le faire céder.
— Si tu me touches j'ai peur que ça s'arrange pas entre nous. Tu voudrais pas que je te colle les basques comme un pitoyable amoureux, Potter ?
L'autre frotta son nez contre lui.
— Tu m'aimes ?
Draco se dit qu'il avait dû aussi boire du Souffle de Dragon, il s'embrouilla les pédales. Il eut peur, encore plus quand il prit conscience de son hésitation et pour tout arranger, il attrapa la tête hirsute et la descendit entre ses jambes.
— Tu dis vraiment de la merde quand t'es bourré Potter. Allez, t'as intérêt à pomper comme une putain de déesse.
Il n'avait pas froid aux yeux en tout cas, et pour une première fois, pas sa langue dans sa poche. Utilisait-on ainsi cette expression ? Un coussin fut glissé sous ses hanches et il sentit une langue titiller son entrée, les dents mordirent tendrement la peau de ses couilles, un obscène bruit de succion le fit fermer les yeux. Un sillon humide parcourut tout le long la verge tendue et un pouce en taquina la fente. Il hurla sans retenue. Potter l'engloutit en entier le rendant fou. C'était si doux et si chaud. Les doigts lui griffaient la peau. Et cette catin qui l'enfonçait toujours plus, il se força à respirer pour ne pas tomber dans les pommes à voir tout rouge, tout bleu, tout orange à la suite. Il sanglota de plaisir se jurant que jamais personne n'entendrait plus ça de lui, continua par un grondement de douleur tant il voulait venir. Ses doigts n'en purent plus et il tira les cheveux noirs pour le forcer à le lâcher.
— J'en… J'en… ah… Peux plus Potter… Mmh !
Le brun lui mit une claque sur le bras et replongea, glissant un doigt en lui. Draco attrapa un coussin et se l'enfonça sur le visage, honteux de jouir si vite dans la gorge de son ennemi. Harry le lécha sur le nombril, entre les pectoraux, la trachée, le menton envoya valser le coussin de plume et lui délivra quelques gouttes de semence acre dans la bouche.
Draco ne pensa même plus qu'il était profondément dans la merde. Pour l'instant, il installait Potter sur son ventre en emprisonnant ses lèvres. Il goûtait son odeur dans ses cheveux humides.
S'était-il déjà endormi avec quelqu'un ?
Et Voilà ! J'espère que ça vous a bien plu ;) n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
Et gros merci à Juls pour le betâ :)
Portez vous bien et à la prochaine !
