Les Grains Éternels de la Vengeance
J'ai... mal... à la tête... Je... n'arrive pas à bouger... Du blanc... Tout est blanc autour de moi... Des lumières au plafond... Ça me fait mal aux yeux... J'ai froid... Les draps qui me couvrent ne m'apportent aucune chaleur... Quand est-ce que ce fichu couloir se termine? On va où?! S'il vous plait! Je...
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Je me lève dans un violent sursaut. Un éclair aveugle parcourt mes yeux. Je suis à court de souffle. Je me sens tout patraque et le contact froid du lit métallique où je suis allongé n'arrange rien. Je finis par retrouver la vue au bout de quelques secondes. Je regarde tout autour de moi, examine en détail chaque mur de la pièce carrée sans qu'il n'y ait quoi que ce soit à examiner. Ce sont de simples murs blancs. La pièce est cruellement vide, on y trouve que mon lit métallique. Je repousse les légers draps blancs, me lève et m'étire afin de calmer la douleur de mes courbatures.
Il s'est passé quoi? Je suis arrivé au Capitole... Et plus rien. Et ce couloir, c'était quoi? Un cauchemar?
Je finis par remarquer une vitre noire opaque qui s'étend sur toute la longueur d'un des murs. Bizarre, il n'y avait rien quelques secondes avant. Je jette un dernier regard circulaire dans la salle. Il n'y a pas de porte, merde! On m'a enfermé! Je ne comprends pas... Mon regard finit par s'arrêter de nouveau sur cette étrange vitre. Je m'en approche machinalement, pose une main sur sa surface polie, incroyablement sombre, mais on y voit très clairement le reflet de la pièce.
Une créature étrange avec des yeux qui semblent dénués de vie vient d'apparaître dans la glace. Une masse de muscles qui s'élève au rythme de ses respirations rauques. Une masse de muscles étrange, vierge, complètement nue... Littéralement comme un ver, ce qui entre en contradiction avec sa peau de nourrisson qui paraît incroyablement douce, dénuée de toutes marques. Aucune cicatrice, aucun poil tout le long du corps. Ses sourcils sont fins, taillés, son visage est bien trop lisse, nullement plissé, ses ongles sont coupés. Je continue à regarder fixement la créature. Je pousse un hoquet de surprise. Mais... C'est moi! Je frappe la vitre avec mon poing. Je dois détruire cette image! Tu n'existes pas! La créature dans la vitre me répond par le même geste. Il vient s'écraser contre mon poing, contrant ma force. Je me regarde de nouveau. Que t'ont-ils fait, Pieter?...
Un pan de mur coulisse à ma droite dans un grand silence. Il n'y avait rien et voilà qu'une porte apparaît... J'ai des hallucinations ou quoi? Une personne se tient dans la lumière de cette porte. Deux tatouages rouge sang au niveau de ses poings perforent la luminosité de la pièce. Elle entre dans la pièce et s'arrête, se contentant de sourire en ma direction. Ce qui attire mon regard en premier, ce sont ses habits: des chaussures à talons d'un demi-mètre de hauteur affûtées de ridicules pompons, un pantalon et une chemise à carreaux qui se terminent en spirale. Tout n'est qu'une explosion de couleurs fluorescentes. Du jaune, du vert, du bleu, du rose... Chose étonnante, cette femme - ce n'est que maintenant que je m'en aperçois - n'a aucune teinte de peau, à l'inverse de tous ces Capitoliens ridicules. Ses cheveux d'un brun foncé paraissent eux aussi naturels.
Elle s'approche de moi et, avant que je puisse réagir, pose une main sur ma poitrine, à l'endroit où l'on peut sentir les battements de mon cœur affolé. Je me sens gêné, mon visage devient rouge et je finis par repousser sa main. Elle continue à me sourire, ne manifestant aucune réaction puis finit par me tendre sa main flasque. Je la serre machinalement mais celle-ci ne met aucune force, aucune vigueur dans notre échange de mains.
"Alors mon petit chou, je suis Dial, ta styliste."
"Je suis où là?" l'interrogé-je avec impatience, ne supportant pas la lassitude dans sa voix.
"Du calme, du calme. Tu es au centre de Transformation, pour te préparer à la parade. C'est fou comme tu me rappelles ce cher petit Finnick. Comme lui, ton arrivée ici a été spéciale."
"Comment ça?"
"Quand tu es sorti du train, les Capitoliens se sont beaucoup trop emportés quand ils t'ont aperçu. Les pacificateurs n'ont pas réussi à contenir la foule et elle s'est jetée sur toi. Ils ont fini par jeter des gaz soporifiques pour endormir tout le monde. Aaaah... Les mystères de l'amour..."
Elle m'examine avec un regard un peu trop intéressé, un peu trop appuyé. Un regard intense qui ne fait qu'accroître ma gêne vis-à-vis du fait que je me tiens nu face à une inconnue. J'essaye de ne pas y penser, de continuer à la regarder avec un air détaché.
"J'ai besoin de t'examiner pour savoir si ton costume pour la parade te correspond bien."
"Euh... J'imagine que je n'ai pas trop le choix..."
Elle ne dit rien, se contentant de s'appliquer à sa tâche. Elle sort un mètre de sa poche comme si elle dégainait une épée et entreprend de mesurer toutes les parties de mon corps. Je dois lutter pour éviter de rougir de nouveau. Son contact me dégoûte... Sa concentration est infinie, son regard est intense. Elle observe chaque parcelle de ma peau, voire même chaque carré de parcelle. Voir si la tenue m'ira bien... Ça n'a pas l'air d'être son principal objectif en tout cas... Elle se rince l'œil là, ça ne va pas être possible. Je réprime un soupir exaspéré. Après avoir mesuré mes pieds, elle finit par approcher son menaçant mètre vers mes parties intimes. Elle prend mon pénis entre ses mains et s'apprête à le mesurer.
"C'est vraiment nécessaire, ça?!" crié-je, décontenancé, en envoyant valser son fichu mètre de malheur.
Elle se relève et se contente de me lancer un sourire béat, ce qui a le don de m'énerver encore plus. Je me contrôle et un silence gênant finit par se poser dans la pièce.
"Parfait. C'est exactement ce qu'il me fallait!" s'exclame-t-elle soudainement, brisant le silence.
Elle se dirige vers l'un des murs et exerce une simple pression de la main. Elle cherche quoi là? Il n'y a rien sur ce mur, que du blanc sans fin. Comme pour me contredire, un tiroir sort du mur. Des habits, dans un mélange de bleu, de blanc et de doré, sont classés en plusieurs couches et soigneusement pliés. Ma tenue de la parade, peut-être? Impossible de deviner l'état final... Dial les prend délicatement et les place sur son bras avant de me rejoindre. Elle les pose sur le lit métallique et se retourne vers moi avec un sourire beaucoup trop joyeux.
"C'est ta tenue. Avant de commencer, je vais éteindre la lumière. Mes lunettes de nuit me permettront de te voir dans l'obscurité. Je cherche à te réserver la plus grande des surprises, mon cœur."
Avant même que je puisse manifester mon refus, elle claque des doigts, ce qui a pour effet de plonger la salle dans la pénombre. L'instant d'après, je sens sa main effleurer mon corps, m'aspergeant avec une matière bizarre. Je tente d'en prendre un échantillon sur mon bras, pour la sentir et la deviner, mais une main invisible m'en empêche. Je ne cherche pas à résister. De toute façon, je ne vais pas pouvoir sortir de cette pièce, autant que ça finisse le plus rapidement possible. Je sens comme la présence d'un fantôme qui me tourne autour, au gré des vents qu'il soulève avec ses déplacements vifs. Ses gestes s'enchaînent, on y sent l'assurance et la lourde expérience de Dial, qui m'habille, comme on assemble des pièces de puzzle, avec ses doigts délicats et, contrairement à ce que je m'attendais, nullement intrusifs.
Puis la lumière fut. On aurait pu dire ça s'il n'y avait pas la grosse déception qui suit quand je m'admire dans le miroir placé devant moi, apparu au milieu de nulle part. J'y vois un homme avec une veste bleu marine beaucoup trop lourde, trop épaisse. Elle est tachée de partout, accompagnée par un pantalon rayé tout de noir et de blanc. Un béret de la même couleur repose sur ma tête, dissimulant en grande partie mes cheveux qui ont l'air de ne pas avoir été coiffés. En revanche, je sens un vide au niveau de mes pieds. Ils sont nus, souffrant au contact du sol glacial de la salle. J'ai l'impression que c'est ma tenue de travail de marin au Quatre mais même elle, elle n'est pas aussi lourde. J'ai horreur de cette tenue, je me sens vieux, croulant. C'est mort pour les sponsors avec ça!
Au moment où je m'apprête à dire mes quatre vérités auprès de Dial, celle-ci me susurre des mots dans l'oreille. Je me calme, hochant la tête. Intéressant.
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L'ambiance est rythmée par des cris hystériques qui trahissent l'impatience des Capitoliens. Dial me donne les dernières indications. Je l'écoute à moitié, observant avec appréhension les autres tributs qui sont tous réunis ici, au Grand Cirque. Je ne remarque rien de spécial. Des adolescents, rien de plus.
Du coin de l'œil, j'aperçois Lalys et son styliste qui se dirigent à grands pas vers nous. Je pouffe de rire à la vue de sa tenue. Elle est aussi épaisse que la mienne et terriblement laide. Elle rappelle ces poissonnières du district Quatre qui nettoient et coupent le poisson rapporté par leurs maris, des marins qui puent la sueur et le poisson pas frais, des vieux loups de mer. Nous sommes parfaitement accouplés au niveau de nos tenues... Unis dans la laideur.
"T'es charmant, Pieter, ça te met en valeur!"
"Et toi, tu t'es vu, Lalys?"
Nous rigolons de manière forcée, comme deux bons vieux amis, pour faire croire à de l'humour. Les stylistes n'ont pas besoin de connaître les tensions qui existent entre nous, c'est personnel.
Une voix résonne dans le Grand Cirque, annonçant que la soi-disant tant attendue parade débutera dans cinq minutes. Les cris d'impatiences et les conversations passionnées, dont le seul sujet ne concerne que nous tous, tributs, montent d'un cran et se font entendre de plus en plus forts.
"Je suis d'accord avec Lalys! Ta tenue est magnifique" s'écrie une voix ironique.
Nous nous retournons et apercevons les carrières du Un et du Deux qui s'approchent dans notre direction.
"Flippante ta menace à la Moisson! J'en ai eu la chair de poule. C'était quand même une belle performance." se moque le plus jeune d'entre eux, Anto, le garçon du Deux.
"Merci. J'espère tout de même ne pas t'avoir trop intimidé!" rétorqué-je sous le ton de l'humour.
Pas le moment de se faire des ennemis. Les mentors nous ont demandé de s'allier avec eux.
"On va s'éclater! Regarde-moi ça... Tous ces autres tributs. Des gamins prêts à pleurer dans les jupons de leur mère. On va en faire de la viande hachée" rigole à haute voix Esmeralda du Un.
Je serre les dents, tentant de ne rien laisser transparaître et de rigoler avec eux. Leur arrogance leur donne beaucoup trop de confiance. Ils dépassent déjà les bornes! Comment être aussi cruel sans rien ressentir...
"Ne t'intéresse même pas à eux, ils n'en valent pas la peine." conclut Lalys. "Et si on en venait aux choses sérieuses".
Toi, je te ferai bouffer la terre.
"Quelles choses sérieuses? C'est déjà réglé! Un mec balèze comme Pieter et une fille aussi sexy que toi, Lalys, on les prend direct dans l'alliance."
" Méfie-toi Shine, évite de trop t'intéresser aux filles. C'est tellement plus facile de vous tuer comme ça! T'es vraiment naïf!" rétorque Teora, le tribut femelle du Deux, en lançant un clin d'œil solidaire et amusé à Lalys
"Eh ben, c'est noté mon coeur!"
Shine dépose un bisou sur la joue de Teora. Cette dernière le frappe à l'épaule tout en ricanant avec un air prétentieux. Tout le monde se met à rire de plus belle. Ils prennent les Hunger Games pour une partie de plaisir, ça m'énerve! J'enrage de plus en plus intérieurement. C'est une bombe pleine d'émotions que je contiens au fond de moi tandis que je simule un fou rire, accompagnant les carrières et les Capitoliens au milieu d'un chaos bercé par des ricanements, des cris hystériques et des conversations à haute voix.
Une voix accompagnée de vivats inhumains vient ébranler le sol, répandant leurs ondes à travers nos corps. C'est l'heure de la parade! Nous devons aller sur les chars. Mon cœur bat de plus en plus fort, mon appréhension est à son comble. Je vais défiler devant le pays entier... Devant des habitants qui... qui veulent nous voir nous entretuer...
"On y va!" ordonne presque Anto à l'ensemble des carrières, en réponse à l'annonce qui vient d'être faite. "A bientôt, Pieter et Lalys. Dommage que vos tenues soient aussi moches, vous n'allez pas faire fureur avec ça. Mais bon, ce sont les aptitudes qui comptent."
Je monte sur le char adressé à l'attention du district Quatre aux côtés de Lalys. C'est un char d'un métal brillant peint en bleu et orné de coquillages, de filets argentés et de paillettes dorées qui font penser à des grains de sable. Deux chevaux blancs majestueux se tiennent solidement sur leurs jambes, attachés côte-à-côte devant le char. Le char s'élance, les chevaux galopent avec grâce et prestance faisant flotter leurs crinières et leurs queues teintées en bleu marine. Les filets argentés du char viennent flotter en harmonie, donnant l'impression que le char est porté par les vents. Seule tâche de laideur dans toute cette beauté: Lalys et moi-même, ridiculement habillés comme des marins puant le poisson. Cette toute petite tâche qui est la partie importante de cette parade. Trop tard pour revenir en arrière, maintenant, assurons le show! Je me sens confiant et prêt à affronter la foule.
Nous surgissons devant des gradins noirs de monde, ou plutôt remplis de couleurs à ne plus savoir où donner de la tête à cause des styles tellement différents, et parfois tellement laids et ridicules, des Capitoliens. Nous sommes baignés dans une ambiance de fête, en tête d'affiche de tout un pays. À la seconde près où nous sommes exposés aux yeux des Capitoliens, des cris d'horreur et des soupirs énervés fusent de toutes parts. De nombreux visages s'affaissent sous l'effet de la déception. Certaines personnes sont même sur le point de s'évanouir. Puis des hurlements et des huées viennent nous fouetter le visage. Les spectateurs hurlent, l'air mauvais, en nous suivant avec un regard dur, qui ne pardonne rien. Je jette un coup d'œil à Lalys et repense à ma conversation avec Dial.
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Au moment où je m'apprête à dire mes quatre vérités auprès de Dial, celle-ci me susurre des mots dans l'oreille.
"Voyons, mon chou. Tu croyais que j'allais gâcher le fait que tu sois aussi sexy? Tu ne te sens pas lourd, mon beau gosse?"
"Euh... Si. Quel est le rapport?"
"Ne jamais se fier aux apparences, voilà le rapport. Fais moi confiance, tu as une tenue époustouflante qui se cache là-dessous." lance-t-elle avec une voix amusée et fière. "J'ai créé cette sorte de tissu. Il se déchire très facilement. Parfait pour créer une surprise, non? Écoute-moi bien. Quand ils seront au bord de la crise cardiaque, te haïssant comme si tu avais tué leur mère, arrache-moi cette tenue de marin dégueulasse!"
Et aussitôt dit, elle pose un baiser répugnant sur ma joue. Je me retiens de nettoyer toute cette salive. Je me calme, hochant la tête.
Intéressant.
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Lalys me répond par un hochement de tête. Alors que le char brasse de l'air à toute vitesse, faisant voleter les filets d'argent qui y sont accrochés, je déchire avec un plaisir non dissimulé ma tenue de vieux loup de mer. Le silence s'est fait dans le Grand Cirque. Les Capitoliens sont concentrés, nous accordant la plus grande attention.
Je fais craquer ma veste bleu marine pour révéler au grand jour mes abdominaux. Un bouclier bleu et doré dissimule ma poitrine droite, liée par une chaîne dorée qui s'enroule par-dessus mon épaule droite, passe dans mon dos et côtoie ma hanche gauche pour remonter vers le bouclier. Je retire mon pantalon rayé, faisant apparaître une draperie bleu marine qui ressemble à la partie inférieure d'une toge romaine. Le côté gauche s'étend jusqu'au genou et le côté droit jusqu'à la cheville. Par-dessus, je porte un habit en algues, alternant des nuances de blanc et de vert. Il ressemble au premier mais descend moins bas, s'arrêtant au niveau des jambes. Ils sont reliés par une ceinture dorée accrochée autour de mes hanches, décorée par des formes géométriques de toutes sortes qui s'imbriquent les unes dans les autres, jointes en harmonie. Le vent souffle avec fougue sur nous, faisant onduler les deux habits telles des vagues.
Mon corps resplendit sous les lumières du Grand Cirque, décoré avec des grains de sable dorés qui s'envolent, au contact de l'air, comme des étoiles scintillantes derrière moi, se levant dans une tempête brillante qui finit par se poser avec douceur, marquant pour l'éternité les traces de mon passage sur le sol sacré du Grand Cirque.
La touche finale! Je retire l'affreux béret qui repose sur ma tête et dévoile mes cheveux noirs, libres et animés par le vent, surmontés d'une couronne d'une valeur inestimable, incrustée de coquillages et de saphirs.
Je jette un coup d'œil sur l'un des écrans qui retransmettent la parade en direct. Le char du district Quatre fait sensation! Un dieu de la mer accompagné d'une magnifique jeune femme en robe nuptiale bleu nuit se tiennent fièrement sur leur char, qui semble être élevé au rang d'un trône. La robe de Lalys ondule en accord avec mes draperies et est parsemée de grains dorés qui se répandent en une traînée de poussière d'étoiles, tachant le sol avec leur beauté éternelle. Un diadème, incrusté des mêmes coquillages et saphirs, se tient fièrement sur la tête de Lalys.
Deux tributs liés dans une splendeur incroyable! Les cris hystériques sont désormais plus puissants, plus passionnés que jamais. Des bleuets brassent l'air et atterrissent sur le sol du Grand Cirque, suivant notre passage. Ma partenaire agite sa main pour saluer la foule. J'arbore mon fameux demi-sourire. Celui que je tiens de mon père.
Tout à coup, le silence s'impose dans le Grand Cirque. Je constate qu'on arrive au bout, devant une estrade majestueuse surmontée par un trône imposant en marbre blanc. Un homme nous regarde pendant que les douze chars des douze districts s'arrêtent en deux rangés de six. Je lève les yeux. Un homme en costume blanc, un rose rouge dans la poche de sa veste. Un éclair de haine emplit mon regard, mon cœur se brise en deux et me fait atrocement souffrir. Une boule se forme dans ma gorge. Une boule qui mélange tristesse, espoir, peur et haine. Le goût amer de vengeance explose dans ma bouche. Cet homme... Le Président Snow... Je veux... Sa tête! La haine efface tout autour de moi. Je n'écoute même pas son discours, encouragé par les vivats des habitants avides de sang et de violence. Ma sœur... Tu as tué ma sœur... Je te décapiterai le visage, Président Snow!
"Et puisse le sort vous être favorable" termine-t-il sur un ton simple mais terriblement sérieux, qui cache toutes les morts qu'il a laissé traîner dans son sillage.
Les chars se remettent en mouvement et quittent le Grand Cirque sous les interminables applaudissements du tout Panem, qu'ils soient spontanés, ici au Capitole, ou ordonnés sous peine de mort dans les districts.
Jylia... Donne-moi ta force... J'ai besoin de toi pour venger notre famille...
