Hey Hey voilà le nouveau chapitre un peu en retard mais les prochains arriveront vite pour compenser tout cela ;) bonne lecture !
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Chapitre 15 : G.A.G.A.S: Gros Affrontements de Groupes Adolescents Sorciers
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Ndla : pour les professeurs, limiter l'organisation de gagas sous peine de le devenir soi même.
Harry n'avait donc pas pu profiter des trois heures de repos supplémentaires qui leur étaient gracieusement offertes par la maison, et s'était retrouvé à devoir récurer pléthore cachots et autres ergastules suintants et mal aérés. Il fut heureusement libéré pour l'après-midi où on leur demanda bien gentiment de se livrer à une joute sexuée, filles d'un côté, garçons de l'autre, sur différentes épreuves de magie. Pour l'heure, ils en étaient aux Potions et Draco bondissait en algarades fleuries, insultant copieusement Neville et Ron dont le chaudron virait au vert au lieu du rouge carmin.
— Bougre d'imbécile, mais pourquoi as-tu rajouté du piment d'Espelette ? Ça n'est même pas dans la liste que je vous ai donnée !
— Bah c'est rouge aussi, non ? ,remarqua Ron faisant trainer sa voix comme un attardé, dans le but précis d'énerver l'aristocrate.
— Vous êtes les deux plus incapables bouffons que je n'ai jamais rencontré !
Harry qui observait de loin, abandonna son chaudron rouge aux bons soins de Raphael qui semblait assez doué et s'approcha du blond, il n'était pas dit qu'il abandonnerait sa Maison pour son gland. Il lui murmura à l'oreille, un sourire pervers sur les lèvres :
— Tu sais Malefoy, ce sont tous deux tes cousins éloignés après tout, tu ne devrais pas être trop dur avec ta famille.
Le blond l'empoigna au collet et murmura soudain très froid :
— Ne redis jamais ça ! Tu m'entends ? Ces guignols ne partagent rien avec moi…
— Si ce n'est un peu de la pureté de ton sang… Diable ! Ta potion vire au mauve.
Draco, l'air affolé, se retourna vers son chaudron et Harry en profita pour rejoindre Raphael. La potion était toujours aussi joliment sanguinaire. Les insultes s'apaisèrent pourtant et Raphael leva un sourcil clair avec une mimique amusée.
— Tu as un don pour le calmer, dis donc…
— Ce n'est pas si difficile, il suffit de savoir s'y prendre.
— le prendre tu veux dire…
Harry fronça les sourcils, tout benêt, il n'était pas encore à l'apogée de sa puissance intellectuelle, et Raphael enchaina donc :
— Alors, je n'ai aucune chance ?
Harry tiqua un instant avant de jeter négligemment une pincée de Joncheruine moisi dans le chaudron. C'était une bonne question, était-il avec Draco ? Après tout non, absolument pas, ils n'avaient même pas vraiment couché ensemble ils étaient des ennemis qui avaient une fois tricoté de la langue sous l'emprise de l'alcool. Absolument, une nouvelle catégorie de relation était née, les sex-ennemy. Il observa le blond plus loin penché sur son chaudron à en humer le fumet avec un petit pli vertical entre les deux sourcils, il fermait les paupières pour mieux se concentrer, se retourna, lança un ordre précis à Crabbe, parfaitement maître de la situation, et touilla. Il était froid et sec comme le marbre, d'un professionnalisme concentré fort loin de ce qu'il avait laissé transmettre la nuit dernière, songea le Survivant. La veille, il n'avait été qu'un filtre de sensations, brûlant, à vif, il faisait jaillir la moindre de ses pulsions. Là, le préfet était rigoureux, il n'était qu'esprit. Il partit faire un tour d'inspection chez les garçons et Harry admira la façon dont en un reniflement, un tour de cuiller et un coup d'œil, il évaluait et rajoutait tel ou tel élément, murmurait certaines incantations du bout des lèvres. Et les chaudrons prenaient instantanément une teinte tomate mure.
— Harry, tu devrais arrêter de rajouter du Joncheruine, maintenant., prévint Raphael d'un ton neutre.
Il le regarda d'un petit sourire contrit puis s'exclama en abandonnant la louche et toute idée de participation culinaire.
— Je ne suis pas avec lui, qu'en dis-tu ?
Le châtain baissa un peu les yeux, embarrassé par la promptitude. Il corrigea les excès d'Harry et revint à lui,
— Je suis très… content.
— Allez les filles ! Merde, on va pas se faire avoir par cette bande de crétins pleins de testostérone, appliquez-vous ! On va leur montrer qui sont les meilleures !
— On s'agite le derrière ! Cel rajoute un peu de Tarentule. Toi l'Indienne, ta potion est quatre tons au dessus rajoute du Joncheruine. Pas trop… Parfait !
— C'est de la cohésion ça, parfaiit !
Astrid surexcitée faisait presque concurrence à Lee Jordan qui encourageait le clan masculin.
— Vous travaillez comme des pros, putain mais c'est trop bien les filles, s'extasia Pansy qui déambulait, lymphatique, sans, à vrai dire, avoir jusque là apporté beaucoup de compétences à l'équipe féminine.
Hermione laissa un petit sourire s'épanouir sur ses lèvres, dire que l'on accusait les garçons d'être grossiers était un comble, elle restait un peu en retrait n'ayant pas pour habitude de côtoyer la gente féminine. À part Luna que l'on ne pouvait pas vraiment considérer comme tout un chacun, elle préférait d'ordinaire la compagnie des garçons. En même temps, Lavande et Parvati n'étaient pas non plus des monstres de sapience et d'érudition. Les dix chaudrons réglementaires de potion bouillonnaient, laissant échapper des odeurs de myrrhes des bois et de millepertuis. Ginny surveillait le sien d'un œil expert. Hermione, qui aimait beaucoup la botanique, ferma les yeux en revoyant le sous-bois dense et humide dans lequel elle allait se promener souvent étant enfant, l'humus, le mille-feuilles de vert passant du sapin au tilleul, la moelleuse terre grasse qui lui noircissait les ongles et gardait la trace de ses doigts lorsqu'elle la compressait entre ses phalanges, les petites graines luisantes et noires du buis. La belle couleur Cranberry luisait sous elle, lui jaspant les joues de rose. Luna s'était évaporée au grès de ses pérégrinations absconses, sûrement en admiration devant des tentacules d'Oliphant qu'elle prendrait pour des Joncheruines. Une fois n'est pas coutume, on lui abandonnait toute discrétion sur la potion. La jeune préfète laissa échapper un léger soupir autour d'elle les autres filles étaient regroupées de manière plus ou moins définie et criaient à tors et à travers, elle s'accouda au bureau avec lassitude, la journée risquait d'être longue.
— Ta potion a l'air drôlement bien réussie.
Elle releva les yeux, Célimène la regardait avec une gentillesse sincère, la blonde engagea la conversation prudemment et Hermione fut soulagée qu'elle ne vienne pas la voir en riant comme une hystérique, elle se serait sentie assez mal à l'aise. De toute manière elle voulait juste participer pour ne pas s'ennuyer, c'était peut-être là un peu orgueilleux et méprisant, mais bon c'était vrai. Célimène et ses yeux cérulés attiraient les foules là où ils se trouvaient. C'était assez dingue, pourtant elle n'était pas si extraordinaire, jolie et pas bête, certes, mais de là à provoquer cet engouement... Un petit groupe se déplaça autour du chaudron, Astrid vint demander de l'aide sur le sien dont la consistance paraissait trop épaisse et mit la Gryffondor mal à l'aise en la fixant de ses yeux intenses. Hermione apporta son savoir-faire, elle expliqua à la jeune Lys quelques secrets d'arcade et apprécia son esprit vif. Cette dernière l'écoutait attentivement en hochant la tête, comme parfois devenant timide mais appliquée à apprendre le plus de choses possible. L'épreuve se passa somme toute assez bien. La préfète finit par rire de bon cœur aux pitreries de ses collègues et conclut finalement que la compagnie féminine pouvait être autre chose que prises de bec et griffures mesquines. Rogue tapa sur son chaudron personnel avec le revers d'une cuillère en cuivre et cela calma instantanément la salle sur-bruyante. Le coup annonçait que l'on était à dix minutes de la fin. Les groupes se firent plus silencieux, regroupés par groupes de quatre autour des chaudrons, et l'on n'entendit plus que quelques ordres précis lancés çà et là d'une voix feutrée et appliquée. Severus tout faraud, ne put masquer un sourire sadique en voyant la potion de Lavande virer inexorablement au bleu roi en dépit des efforts désespérés de Pansy qui rajoutait à tour de bras du substrat de Sauge-Grenue. Octance, une fille froide et laide mais très douée, essaya peine perdue de rattraper les dégâts, et la tête de Rogue prit une couleur pivoine tant il voulait contenir son rire.
— Eh, eh, les filles, dit très sérieusement Synnedie en arrivant dans le petit groupe tel un américain à Omaha Beach et roulant entre ses doigts une boulette de lime de Sorbier. Et si je jetais ça dans le chaudron de Malefoy, c'est le mieux réussi, non ?
Astrid se mit à rigoler et Hermione approuva très sérieusement, le sorbier était connu pour annihiler toutes propriétés magiques et ruinerait à coup sur la potion. Célimène s'amusait aussi mais empêcha son amie de commettre le geste fatidique.
— Mais quelle idée Sauge-Grenue...
— Zabini, tu refais encore une seule blague dans ce style et je te mets un coup de poing sur le nez.
Une fougasse s'écrasa sur la nuque de Ron et le roux, dans un drift parfait, renvoya une part de tarte au potiron à Theodore Nott qui la manqua de peu. Par solidarité, Lavande enchaîna d'un joli lancer de prune confite et c'en fut trop pour le pauvre garçon qui cette fois-ci la réceptionna en plein sur la figure.
— Hey Brown, ça ne te dirais rien d'intégrer l'équipe de Quidditch ? demanda Harry avant de se ramasser une part de ragoût en plein sur sa chemise de la part de Michel.
Seamus voulut essayer une passe groupée avec Angelina Johnson mais Goyle involontairement sur la trajectoire se ramassa la part de cake et tomba assis sur le con.
Harry accompagné du commando d'élite formé par Célimène, Jérome et Abbott, avait enfin réussi à élaborer une remarquable stratégie pour prendre d'assaut la forteresse du buffet renversé et tenu par Draco, Blaise, Luna et Sylvio. Il fit un signe avec ses doigts, un signe assez abscons qui fut interprété au petit bonheur la chance par ses coéquipiers. Lentement, les alliés depuis cinq minutes, s'approchèrent à pas de loup en encerclant l'autre clan tandis que Neville et Cho les distrayaient en agitant au dessus de leur tête des panières de fruit et en chantant un refrain bien connu de la compagnie Créole. Ginny devant la scène faillit s'étouffer de rire et Astrid qui la traquait depuis un moment l'entarta avant de se faire plaquer au sol par Pansy qui lui aplatit quelques fraises sur le haut du crâne.
Harry donc se préparait à bondir lestement au dessus du buffet pour atterrir les pieds dans le plat de muffin chocolat jalousement gardé par le clan de Luna. Sauf qu'au moment précis où il se redressait, Pucey, déboussolé par un hareng saur sur son front, lui tacla les pieds dans une glissade involontaire.
Abbott prit alors la direction des opérations et bondit, tombant lourdement sur Luna et Blaise dans une inextricable mêlée de pieds et de jambes.
Harry lui, se retourna avec fureur et empoigna le pauvre Serpentard en essayant de lui faire avaler le hareng. La joute perdit rapidement de son caractère bon enfant et les deux roulèrent contre le carrelage en lançant des coups au visage qui n'avaient plus rien de factices.
— Tu n'as rien perdu pour attendre, siffla Harry et il ne comprit pas pourquoi Adrian essayait tout à coup de s'enfuir alors qu'une seconde au paravent il mettait allègrement toute son énergie dans une tentative de crochet à la mâchoire.
Le brun en profita pour lui tordre le bras et l'étrangler, leur joute reprit mais c'était plus une traque qu'un combat car l'ancien poursuiveur roulait des yeux fous en essayant de s'enfuir tandis que le Sauveur le maintenait plaqué au sol.
Il releva la tête et tomba nez à nez avec Hermione, coiffée d'une crêpe à la crème de marrons et victorieuse d'une attaque sur Octaviane et Padma, qui le dévisagea avec stupeur avant de se jeter sur lui avec une vigueur insoupçonnée pour l'entraîner à l'autre bout du grand réfectoire, non sans murmurer au passage un oubliette vers l'ancien Serpentard.
— Mais enfin Mione laisse moi corriger ce fils de pute !
— Regarde toi ! fit la jeune femme en esquivant un vol d'abricots farcis et en lui tendant un éclat de la grande glace murale.
— Meeeeerdeuuuh !
— Tais toi enfin, tu vas attirer les regards à siffler comme ça !
Harry avait prit une tête horrifiée qui faisait malgré tout très peur. Le pauvre éclat lui renvoyait sa tête avec deux yeux rouges aux pupilles ovoïdes et une bouche de laquelle sortaient quatre crochets pointus d'un ivoire éclatant. Il comprit à la remarque d'Hermione qu'il s'exprimait dans l'aimable langue des Serpents.
Renonçant à demander des conseils car elle ne comprendrait de toute manière rien, il lui fit des yeux implorants.
— Concentre toi Harry, essaye de te calmer inspire, expire, ferme les yeux, ça fait vraiment peur.
Il lui obéit et se focalisa sur quelques paroles d'une chanson de Leonard Cohen que Sirius écoutait sans cesse et qui l'apaisaient drôlement. Au bout d'une minute il demanda prudemment.
— Tu me comprends ?
La préfète lui fit un immense sourire avant de lui montrer à l'aide d'un autre éclat de miroir qu'effectivement, tout avait disparu.
— Tu sais si…
Mais ils n'eurent pas plus le temps d'approfondir la discussion qu'un Français inconnu au bataillon qui avait été désigné pour faire le guet, se mit à brailler dans la salle en jetant des étincelles rouges et aussitôt tous sortirent leur baguette pour replacer, réparer où faire disparaître ce qui était censé avoir été un goûter.
Ambroise Desturial la professeur de soins aux créatures magiques leur afficha un sourire tout heureux en débarquant dans la salle juste refaite et admira les buffets sur lesquels ne subsistaient plus trace de la moindre nourriture.
— Oh mais dites-moi, nous avons bien fait de proposer cet intermède gustatif avant la prochaine activité !
Et elle battit des mains très guillerette alors que Rogue à ses côtés semblait soupçonner la couille dans le potage, beaucoup moins dupe quant à l'appétit – ou la sagesse – de ses élèves.
Tandis que la jeune femme commençait à expliquer les épreuves d'une voix fluette et enjouée, il se mit à faire les cent pas autour de chaque élève en les inspectant sous toutes les coutures mine de rien. Dean se mit à paniquer car Susan Bones, devant lui n'avait pas eu le temps d'enlever l'aile de poulet, emberlificotée dans son opulente crinière brunâtre. C'est sûr que ça paraîtrait louche.
Alors, tandis que Lyam tentait négligemment de se gratter l'oreille pour masquer le chocolat qui, vestige d'une blitzkrieg d'un clan Lys, la maculait, l'amical Dean se mit à tirer sur l'aile pour la décrocher. L'expérience capillaire se trouvait tenir du défi puisque la jeune femme avait depuis quatre ans prit exemple sur Saint Harry en matière de peignage.
— Monsieur Thomas, fit Rogue qui venait insidieusement de transplaner de quelques mètres pour se retrouver juste à côté de lui. Sans être particulièrement certain de vos capacités de succès dans une quelconque voie magique, vous me ferez le plaisir de vous exercer à la coiffure ailleurs que dans cet établissement.
Quelques élèves étouffèrent un rire tandis que la joyeuse madame Desturial ne comprenait pas ce qui arrivait.
— Mais elle a une… tenta Dean.
À ce moment là, Susan se retourna avec une expression ahurie à faire pâlir de jalousie la plus lunaire des Lovegood et dit d'une voix chavirante de morphinique saturée :
— Ooh, mon aile de poulet ! Mais je l'avais perdue celle là.
Et elle la fit disparaître d'un geste flou du poignet. Rogue voulut s'énerver mais impressionné par le talent sans baguette de l'élève, n'osa trop rien dire et retourna seconder sa collègue française.
Voili voilou qu'en avez vous pensé ?
