Coucou à tous me revoilà avec un nouveau chapitre, je traine un peu en ce moment, veuillez m'en excuser, en tout cas j'espère que celui-ci vous plaira ;)

Chapitre 17 : Quand y'en a plus, y'en a encore.


— Ce qui est terrible c'est que j'aimerai tellement te faire plaisir et puis en même temps j'ai ce reflexe égoïste de… de… vouloir vivre encore le plus longtemps possible

— oui on parle bien de la même chose ton égoïsme

— Les fleurs, les oiseaux les tartes aux pommes c'est dur à quitter tout ça…


Précédamment : Lors de jeux d'affrontements entre les filles et les garçon, Harry et Draco, en binôme, sont tombés dans les pommes à cause d'un Imperium trop puissant lancés sur des petites créatures… Mais Rogue arrive et les sauve, les envoyant à l'infirmerie…

Quand Harry ouvrit les yeux, il resta quelques minutes dans ce no man's land temporel de la conscience, celui où seul la perception présente nous atteint. Il sentit son lit douillet et chaud autour de son corps qui avait formé un lourd creux à l'intérieur. La couette lui montait sous le menton, des rideaux beiges le maintenaient tranquillement dans une douce paix enveloppante. Il pressentait le froid derrière les vitraux qui filtraient une douce lumière rosée et orangée, en carreaux diffus sur le lit. Mais l'intérieur était doux. L'atmosphère était toute quiète, il entendait quelques chuchotements dont il ne parvenait à saisir le sens un peu plus loin.

Il n'était pas seul… Mais il était tranquille. Il faillit replonger dans le sommeil, la conscience encore assoupie, quand un sentiment de panique le réveilla aussi vivement que s'il avait reçu un seau d'eau dans la face. Il se redressa comme un ressort, le cœur soudain affreusement serré et bondit sur ses pieds. Il vacilla un peu et dut se retenir au lit. Il ne s'attarda pas devant la vision attendrissante d'Hermione sur les genoux de Ron, tous deux assoupis, et envoya valdinguer son rideau. Rageusement, en tentant de juguler l'angoisse qui lui nouait la gorge, le Survivant ouvrit les rideaux de toutes les chambres, un peu plus terrifié chaque fois qu'il ne reconnaissait pas celui qu'il cherchait.

Il grimaça devant un cas d'éclabouille particulièrement peu ragoutant et repartit. Soudain, une pensée inopportune se rappela à son bon souvenir, et il s'arrêta au milieu de l'allée des lits, torse nu, cheveux en bataille et bas de pyjama bleu clair très descendu. C'est vrai que comme ça, il pouvait passer pour psychologiquement instable mais qu'importe, il se repassa l'enchaînement des événements dans la tête.

Il avait failli lui même s'infliger un sortilège d'éclabouille pour ne pas aller au bal avec Draco Malefoy. Finalement au lieu de cela, il avait dansé comme une escort, et il avait fini dans un pieu avec ce même Draco Malefoy. Ils avaient continué comme si de rien n'était et puis… Là il s'inquiétait. Ce n'était pas normal de s'inquiéter comme ça pour son ennemi. Mais il était à la fois en rage après lui. Bon, il allait faire demi tour et marcher tranquillement jusqu'à son lit où il se recoucherait. Le Survivant fit un pas en arrière.

Non. Décidément cette solution ne lui convenait pas. Bon, de toute manière, Harry se dit qu'il n'était pas de ceux qui usaient de la masturbation intellectuelle à tout bout de champ, il voulait être rassuré sur l'état physique de Draco Malefoy. Point Barre. On ne le prendrait pas à se boucher les yeux. Il reprit ses recherches et au détour d'un voile de lin s'immobilisa. Le blond était bien là, en train de discuter avec quelqu'un d'une importance minimale aux yeux du Gryffondor. Il avait l'air assez bien et serein, le dos relevé par quelques coussins, et s'interrompit en découvrant celui qui entrait brutalement dans la chambre. Harry se précipita sur lui et lui colla une magistrale gifle en revers.

— Ça, c'est pour avoir failli me tuer !

Puis il le vit, les yeux ardents et la lèvre qui saignait un peu, se retourner vers lui avec une expression hautaine dans les yeux et porter un doigt lent à ses lèvres. C'était tellement lui. Alors il lui attrapa sauvagement la tête entre les mains et plaqua ses lèvres contre celles du préfet qui, après un instant de surprise, ouvrit la bouche et lui crocheta avec force la nuque. Il sentit une langue caresser la sienne avec une douceur et un empressement que les dehors brutaux masquaient.

Affamé et délivré de la peur, il ferma un instant les yeux, laissant trois secondes de tendresse marquer son soulagement de le voir, puis repoussa brutalement le torse.

— Et ça, pour avoir failli te tuer toi même.

L'aristo avait les pupilles un peu dilatées par l'excitation, il prit une voix narquoise sous laquelle on devinait très légèrement la sincérité :

— Si je suis récompensé comme ça à chaque fois, sois sûr que je recommencerai, Potter…

Harry posa un genou sur le lit et surplomba de tout son corps le Serpentard, vrillant ses yeux.

— Chiche, défia-t-il le plus sérieusement du monde.

Alors que sous lui Draco commençait à se redresser pour lui prouver son audace, ils entendirent un raclement de gorge. Le Sauveur se retourna et rougit un peu, Rogue se tenait droit l'air passablement énervé de la situation.

— Puisque vous êtes tous les deux ici, écoutez-moi… Et Potter, écartez-vous, allez au fond, le susnommé recula de quelques pas, ''Plus loin encore..'' Il grimaça et s'exécuta se retrouvant comme au piquet.

— Merci. J'expliquais à monsieur Malefoy la teneur des sanctions que vos idioties ont engendrées. À cause de vous, stupides élèves, le reste de mes honorables collègues enseignants sont partagés. Ils hésitent à vous considérer comme les plus gros crétins de la terre entière, ou bien seulement comme des irresponsables profonds ayant néanmoins fait preuve de remarquables qualités magiques pour un âge pareil. Vous avez bien de la chance qu'Hagrid ait presque correctement sécurisé le périmètre, sinon qui sait ce que vous auriez pu attirer. Des dragons, des trolls, des géants ! Et tout ça dans l'enceinte de l'école de Beauxbâtons !

— Nous n'avons pas de doute, quant au côté des enseignants duquel vous vous placez professeur, fit Harry rendu tout impertinent par la présence de Draco.

Rogue fit la grimace, comme si la présence d'Harry dans la pièce lui laissait un goût immonde de gnome cru au fond de la gorge.

— Fermez-la Potter. Contrairement à Malefoy, vous n'avez pas pour habitude d'observer une attitude exemplaire, et ce, même à Poudlard. Cependant, je dois dire qu'ici vous dépassez, mais alors, toutes nos espérances.

Le préfet se rengorgea et se reçut un doigt d'honneur de la part de l'invectivé.

— Pardonnez-moi professeur, j'ai seulement souhaité me donner à fond pour faire ressortir la gloire de notre école.

— C'est réussi. Pour le coup, jamais personne n'a fait aussi fort, et ça vaut aussi pour vous Malefoy. Que dirait votre père ! Et vous Harry, soyez certains que votre parrain en sera averti ! Lancer un Imperium sur QUARANTE bêtes magiques ! Vous auriez pu y rester ! Soyez sûrs que vous écoperez d'au moins dix heures de travaux d'intérêt généraux de retour à Poudlard.

— J'ai été obligé de suivre l'Imperium m'sieur, dit Potter. J'aurais voulu n'en ramener que cinq chacun, mais Draco a dit que si je ne partageais pas l'Imperium avec lui, alors il allait tous les ramener, tous ! Tout seul ! Du coup, j'ai dû le faire pour ne pas qu'il s'épuise et ne meure.

Harry avait ouvert de grands yeux. Et le Serpentard prit une mine vexée, Rogue se tourna vers lui :

— Est-ce vrai Malefoy ?

— Oui, mais je tiens à préciser que l'idée du halo magique venait de Potter, il ne m'a absolument pas laissé le choix.

— Menteur ! Tu étais d'accord pour le faire ! s'insurgea Harry.

— TAISEZ-VOUS ! Rogue semblait au bord de la crise de nerf. Vous êtes irrécupérables tous les deux. Cependant, et il sembla avoir avalé un Grapcorne joufflu, certains semblent vous considérer comme des génies et nous avons déjà dû faire fuir la presse alertée par je ne sais lequel de ces imbéciles que sont vos camarades. Malgré votre majorité, il n'y aura pas de sanctions pénales.

Harry ouvrit de grands yeux. Mais heureusement qu'il n'y en avait pas ! Il s'apprêtait à faire une objection, mais referma la bouche quand Rogue furibard le pulvérisa d'un regard mortel.

— Ne dites rien, vous n'êtes que des dégénérés ! Et comptez sur moi pour vous faire payer de retour en Écosse. Votre conduite se devra d'être exemplaire, sans quoi vous serez renvoyé sur le champ. Et DURMSTRANG ne vous acceptera pas Malefoy, tout sang pur que vous êtes !

Rogue ressortit, et Harry le suivit.

— Sycophante !

— Menteur !

Il se dirigea ensuite vers sa chambre, où il réveilla Ron et Hermione, qui dormaient toujours et furent très étonnés de le voir réveillé, debout et, qui plus est, déjà en pétard contre Malefoy.

— Putain mon vieux, c'était géant comment t'as fait ton coup. On les a vu exploser après, mais toutes ensembles ça a du être terrible !

Harry se mit à raconter en détail la réunion d'animaux qui s'était tenue, tandis que Hermione écoutait, un petit sourire indulgent aux lèvres. Elle interrompit le récit enflammé de son ami pour lui demander comment ils avaient crée ce halo. Harry la prit sur son lit et bougeant dans tous les sens, de nouveau en pleine possession de sa vitalité, il lui raconta tout, s'enthousiasmant sur les Veaudelune, la folie furieuse et envoûtée de la danse.

Lorsqu'il eut fini, les joues rouges, essoufflé, ils se regardèrent un peu puis rigolèrent, content d'être de nouveau réunis tous les trois.

— Et Sirius, qu'est-ce qu'il va dire ? demanda Hermione.

— Oh, je ne sais pas, on verra bien.

— Il a du en faire de belles étant Maraudeur lui aussi. Il rigolera probablement.

— Mmh oui, pas si sûr. Il est devenu très rangé depuis qu'il travaille au Département Magique. Au fait, j'ai dormi combien d'heures ?

— D'heures ? s'esclaffèrent ses amis. Ça fait deux jours que tu dors, Harry !

— Quoi ? Ne me dites pas que c'est vrai ! J'ai raté la sortie à Sceaux-Cif-Lard ? Noon !

— Ne t'inquiètes pas, nous irons plus tard. McGonagall a décidé que nous vous attendrions pour faire toutes les activités. Je crois qu'elle se sent un peu coupable de ne pas vous avoir retrouvés la première. En tant que Principale, elle estime que c'était son devoir.

— Mais qu'avez-vous fait pendant deux jours ? Ron grimaça tandis qu'Hermione avait l'air tout à fait satisfaite.

— Nous avons suivi les cours et participé… Crois moi, c'est aussi chiant que chez nous, sinon pire. Il était temps que tu te réveilles Belle au Bois Dormant.

Harry regarda à côté de lui et enfila un jean rapidement, tirant une grimace à Ron et Hermione lorsqu'il se dénuda sans pudeur. Alors qu'il sortait de la chambre, gonflé à bloc et poursuivi par ses amis, il demanda :

— Quelle heure est-il ? Je meurs de faim.

— Le repas commence dans une demi-heure, annonça Hermione. Mais ne vas pas si vite, enfin Harry tu risques de…

— Mais non ! Je suis en pleine forme !

Il passa la porte de l'infirmerie et ressentit soudain un immense vide et une déchirure de douleur tels qu'ils le firent crier.

Il tomba comme frappé à terre. Hermione et Ron le ramenèrent précipitamment à l'intérieur appelant à grands renforts de cris l'infirmière qui arriva en leur sommant de se taire. Celle-ci avait l'air un peu plus acariâtre que madame Pomfresh. Madame Blandine était une grande gigue maigre, mais cependant avec des yeux plutôt rieurs et aussi bleus que ses cheveux. Elle donna sans ménagements une bourrade à Ron et l'envoya valser malgré sa frêle stature. D'une poigne de fer elle assit Harry sur le lit occupé d'un malade et passa de ses deux mains un sort de détection sur le front du pauvre garçon. Potter allait déjà mieux et voulut se relever, mais la sacré bonne femme lui mit un gnon sur la tête, et à moitié étourdi par le coup il se rassit.

— Restez tranquille sauveur du monde, ou je vous fais avaler de force un somnifère.

À peine une seconde plus tard, elle le tirait par le bras pour l'emmener hors de l'infirmerie. Harry sentit le froid glacial revenir et la terreur sourde et irrépressible s'emparer de lui. Rapidement, il tomba sur le sol à bout de force. Sans s'émouvoir des convulsions du garçon à terre, elle le traîna jusqu'à diminuer la distance, l'assit sur le lit d'un autre malade et disparut après l'avoir vertement averti de ne pas bouger son croupion d'un demi pouce. Elle revint, traînant un Malefoy qui semblait avoir péniblement essayé d'enfiler un habit correct avant de sortir de sa tente de lin. Tout débraillé, le blond ne faisait pas le fier. Il avait l'air pâle et respirait par soubresaut. Exactement comme Harry en fait. Elle les planta l'un en face de l'autre. Et claqua des mains.

— J'ai cru comprendre que vous étiez ennemis ?

— Euh oui…

— C'est à peu près ça.

Draco semblait désarçonné et regardait les trois Gryffondors comme une bête, quelques vestiges de douleur passant dans ses yeux.

— Bon, vous vous retiendrez quelques heures de ne pas vous frapper dessus comme des sots. Vous ne pouvez pas vous éloigner l'un de l'autre pour l'instant, c'est une malheureuse conséquence de votre attitude de petits chimistes de sorcellerie. Ça ne devrait pas durer trop longtemps ne vous inquiétez pas. Mais il semble que vous ayez un peu trop lié vos esprits pour l'Imperium, ils vont rester attacher pour un petit moment.

— Eh là, pas de blague. Je vais pas me coltiner débilos Potter toute la sainte journée !

— C'est moi qui devrais me plaindre abruti. Grosso modo combien de temps, madame ? C'est de l'ordre de la journée, ou je dois planifier un mariage et une assurance retraite pour deux ?

— Ça vous fera les pieds. Mais pas plus de quelques heures, vous en serez débarrassés d'ici demain à tout casser.

— Oh troop mignon, se moqua Ron. Leurs petites volontés se sentent seules l'une sans l'autre, elles ne veulent plus rester séparées.

— Ron ferme-la ! grogna Harry qui n'avait pas franchement envie de se payer la tronche du blond toute la soirée, il lui en voulait quelque part un peu quand même.

— Leurs petits esprits crient et meurent quand on les éloigne l'un de l'autre si ce n'est pas une belle preuve d'amour. Je dépéris sans toi, oh my love ! fit Ron métamorphosé en Drama Queen pour l'heure.

— Granger, sors ton arriéré de copain Weasmoche d'ici, ou je fais un malheur.

Les deux amis sortirent en ne pouvant réprimer des éclats de rire. Harry et Draco restèrent à se regarder en chien de faïence, puis décidèrent de tenter une expérience. Harry se plaça au bout du couloir et le Serpentard recula, mesuré, pas après pas. Il n'avait pas atteint les quinze mètres, que les deux se plièrent en deux et coururent pour se rapprocher.

Ils se regardèrent, se sentant comme qui dirait, ''Gros Jean comme devant''.

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Leur entrée dans la salle se fit sous des tonnerres d'applaudissement mêlés à des éclats de rires, et des sifflements. Hermione et Ron avaient avertis quelques personnes de la cocasse situation.

— Je vais m'asseoir à côté de Ron, dit Harry en avisant le roux et Dean qui lui faisaient des grands signes de la main.

— Pas question Potter, je vais à côté de Blaise.

— Tu peux le lâcher deux minutes, oui !

— Je te retourne la remarque !

Ils ne tentèrent pas de tirer sur le lien invisible, ils s'y étaient essayés lors d'une précédente querelle où Draco voulait passer dans la chambre tandis que Harry avait faim, et s'étaient retrouvés comme des gros asticots à geindre par terre déchirés de faiblesse et de douleur.

— On se la fait à Chi-fou-mi ?

Malefoy grimaça, conscient de se donner en spectacle devant la salle hilare qui regardait le vieux couple régler un différend. Tous les yeux étaient braqués sur eux, les lèvres laissaient échapper des rires désagréablement espiègles et des remarques malicieuses. Le blond jura une fois de plus quand il perdit et c'est goguenard que Harry prit place à côté de ses amis. On se poussa pour laisser Malefoy s'asseoir à côté de lui. Quelques plaisanteries fusèrent, que le blond remballa rapidement et Blaise, bon prince et bon ami arriva à la table accompagné de Nott et Parkinson qui ne se lâchaient plus d'une semelle. On accueillit l'arrivée des Serpentards avec des des hourras bruyants et tous se compactèrent sur les bancs de verre pour leur faire une place.

McGonagall se pencha vers Rogue et Olympe un sourire aux lèvres.

— Ce jour sera à marquer d'une pierre blanche. Il n'est pas injuste que le français soit la langue de la diplomatie, chère Madame Maxime.

Les groupes se mélangèrent un peu plus. Astrid se faufila entre Harry et Draco au grand dam de ce dernier et planta un baiser en plein sur la bouche du Gryffondor.

— Tu es un Sigfried, un Faust, tu es mon héro grand Harry. Achille à Troie et Alexandre devant les Perses tout à la fois.

— Astrid ! Reviens par ici !

Syn accueillit sa copine entre ses genoux et se remit à discuter avec le préfet, demandant des précisions sur les sentiments à l'approche de la mort.

D'un air sérieux, Malefoy argua qu'un dieu omnipotent s'était présenté à lui pour lui demander de disséminer sa parole céleste sur la terre impie, et qu'en conséquent il était dorénavant investi d'un pouvoir certain sur l'ensemble des mortels. Harry fit semblant de tomber dans une purée de pois, foudroyé par le châtiment divin, et à la table on se signa en plaisantant.

Les plats arrivèrent, et encore une fois ils étaient succulents et dignes de la réputation culinaire de la France. Harry suçotait les manchons de poulet à la basquaise, les doigts graisseux et la bouche tout autant, se délectant de la nourriture, lui qui n'avait pas rempli véritablement son estomac depuis deux jours. Draco lui jeta un petit coup d'œil, et se sentit chauffer sous la délectation pure exprimée par le Survivant alors qu'il engloutissait avec plaisir la chair parfaitement cuite des galliformes.

Le Gryffondor saisit un pilon particulièrement juteux et recouvert d'une sauce aux champignons odorante, il mordit dedans à pleines dents et ne put retenir un petit gémissement de plaisir. Les sens se confondaient, c'était un véritable orgasme papillaire. Il attrapa son index entre les lèvres et le lécha consciencieusement. À sa droite, Draco menaça de s'étouffer. Harry tourna la tête avec un regard circonspect et comprit la situation en un clin d'œil, le Serpentard était rouge.

Loin de le gêner, la situation l'amusa et il leva un sourcil, fixant le préfet embarrassé d'un regard entendu.

— Tu fantasmes sur le poulet Malefoy, ou c'est moi qui te fait de l'effet ?

Il ne pouvait réprimer un léger sourire et se suça volontairement le pouce avant d'attraper un autre morceau. « Attends seulement le dessert » lâcha-t-il avant de se concentrer à nouveau sur son assiette.

Le Serpentard garda les yeux confusément baissés, ça y est, ça le reprenait cette obsession. Il brûlait au moindre contact de la cuisse de Potter contre lui et ne parvenait même pas à se concentrer sur ce que lui racontait Blaise. Et l'autre qui devait faire exprès de manger de la manière la plus pornographique qui soit !

Personne ne se léchait les lèvres comme après une fellation à table. Personne n'entourait sa fourchette de tant d'attention que le métal en semblait rougir. Harry s'amusait, sentant le trouble de son voisin et discutait avec toujours autant d'entrain, deux jours de sommeil l'avaient vraiment survolté. Il but une gorgée d'Hydromel et essuya ses lèvres de la goutte qui luisait à leur commissure . Les plats passaient et le jean de Draco trépassait à force que son propriétaire y enfonce ses ongles. Le dessert arriva et par là même, la promesse faite par Harry.

Le Gryffondor parcourut des yeux la table regorgeant de mets savoureusement sucrés. Il avait toujours eu un faible pour le sucré, c'était sensuel et il voulait du sensuel. Quelques sièges à côté, Célimène lui envoya un petit sandwich rond.

— Essaye-ça Harry !

— Qu'est-ce que c'est ?

— Des Bouffettes de Mens, une spécialité moldue de la région. C'est très goûteux tu verras, vas-y essaye.

Harry eut un rictus démoniaque, la petite friandise allait se retrouver dans une position compromettante.

— Mais comment se mange ce truc, lâcha-t-il d'une voix effrontément innocente et suffisamment basse pour que Draco soit le seul à l'entendre.

Il fit un petit trou dans la couche du haut avec ses doigts d'un air curieux et y enfonça sa langue, faisant mine de chercher la pâte sucrée qui se trouvait au milieu. C'était obscène et à côté, Draco avait des bouffées de chaleur. Il gronda à bout de nerfs :

— Arrête ça Potter, ça ne sert à rien.

Le Sauveur lubrique lâcha la bouffette d'une main et glissa la deuxième sous la table, la posant sur la cuisse du préfet qui faillit s'étouffer.

— Ça va Draco ? Tu as l'air un peu bizarre.

— Ça va, ça va Pansy, fit-il d'une voix agacée en serrant sa main sur celle de Potter pour l'empêcher de monter plus haut.

Cet abruti continuait sa sodomie linguale à la bouffette en lui jetant des regards perçants qui lui donnaient en vie de le prendre à sec sur la table. Oh ces regards, comme il les haïssait. Potter semblait si maître de la situation et si amusé, et lui pauvre esclave, se damnait à côté.

— Eh mais Harry, comment tu manges ta bouffette là ? s'étonna Dean.

Jamais pauvre gâteau n'eut autant de jalousie ni de promesses de meurtre, Thomas avait remarqué comment Lyam et Seamus et nombre d'autres lorgnaient la friandise.

— Je mange ma bouffette comme je veux.

— Non, tu ne manges pas ta bouffette comme ça.

Harry remonta sa main sur la cuisse du blond pour le punir de son commentaire et les doigts de Draco écrasèrent sa propre bouffette de nervosité. Toujours est-il que Harry finit le pauvre gâteau troué en son centre. Pas mal, songea-t-il seulement, il le trouva un peu étouffe-chrétien sur les bords. Mis en appétit, il attrapa de sa seule main libre un chou chantilly et l'approcha de ses lèvres. Le chou eut son heure de gloire et faillit se prendre pour Madonna, là dans la main du Survivant, lorgné avec désespoir par Draco et avec envie par d'autres.

— Repose ce chou immédiatement Potter. Ah… il hoqueta, les doigts de Potter glissant sur sa cuisse en douce pression, à l'abri des regards indiscrets.

— Bah, pourquoi tu as écrasé ta bouffette Draco ? Tu n'aimes pas ? demanda avec sollicitude Goyle, inconscient du supplice qu'endurait son ami.

— Non je n'aime pas !

Harry passa à l'acte final, il approcha le chou de ses lèvres et juste avant qu'il ne les touche, donna une brève pression, simultanément sur la cuisse du blond. La crème vaporeuse sortit et lui jaillit dessus dans une suave giclée, il en avala une partie tandis que le reste dégoulinait sur son menton, et il se retrouva obligé de se lécher tous les doigts avec moult bruits et soupirs de plaisirs lascifs. C'était quand même drôlement bon. Et il ferma les yeux en lâchant un seul éclat de rire doux sous le coup du délice.

Draco mordit avec rage dans un éclair, des gouttes de sueur perlaient à son front. Le brun monta encore sa main et appuya doucement juste sur l'aine.

— Oh putain !

Le Serpentard se mordit la main sous le coup du plaisir. Une dizaine de personne braquèrent leur regard sur lui.

— Tu es sûr que ça va ?

— Oui, dit perfidement Harry. Tu n'as pas l'air bien.

Et ce faisant, il continuait ses caresses, sentant la virilité du blond réagir rapidement à ce contact. Il eut envie de lui retourner la remarque faite quelques jours plus tôt sur « l'attendrissant garçon qui s'émoustille bien vite ». Harry avait vu à de nombreuses reprises le prince Serpentard se faire quasiment sucer par des groupies fanatisées sans même se départir de cette habituelle expression hautaine et blasée. Il ne lui avait suffi à lui que d'un manchon de poulet pour l'exciter. Oui, il en tirait de la fierté.

Le blond était déstabilisé, ne parvenait ni à s'énerver ni à l'ignorer, il était sous son emprise. La manière dont il fermait les yeux avec application en se pinçant les lèvres pour juguler un trop plein de désir, le délectait d'une façon qu'il n'eût jamais imaginé. La main aux doigts tremblants que le préfet voulait porter à son front pour crier jouissance et s'y abandonner se voyait forcée de rester incognito, posée sur la table trahissant le stupre de ses pensées par seuls spasmes musculaires incontrôlables.

Jamais Harry n'aurait cru qu'infliger un tel supplice le fascinerait autant.

— Je dois sortir, dit subitement Draco au paroxysme de ses limites.

Son esprit était fumeux, son corps un brasier à vif, et une seconde de plus l'aurait vu plaquer ce connard de Survivant à terre pour l'honorer mos majorum. Il bondit sur ses pieds avant de se diriger d'un pas pressé vers la sortie.

— Eh ! mais j'ai pas fini de… eh… merde…

Harry se leva aussi puisqu'ils ne devaient pas trop se séparer et courut derrière le blond. La porte de la salle se referma derrière lui et il vit Malefoy adossé contre un mur, tête renversée. Il fixait le plafond en essayant de reprendre sa respiration. Le blond tourna légèrement la tête pour le voir, et un rictus mi-compréhensif mi-amer se peignit sur ses lèvres.

— Ça va, hein ? Tu me le fais payer.

Harry, neutre, haussa les épaules et s'adossa au mur d'en face. Il regarda tranquillement son ennemi essayer de reprendre contenance, se passer une main sur le visage, poser son front contre la pierre froide. Ça l'amusait beaucoup.

Enfin, voyant qu'il ne pouvait rien faire pour se dépêtrer de son érection, le blond arrêta de s'agiter et se planta face à lui de l'autre côté du hall désert, une lueur agacée dans l'acier de ses yeux.

— Tu bandes drôlement quand même, fit le Sauveur d'une voix absolument atone.

Draco avança de quelques pas, diminuant la distance qui les séparait. Il se planta à moins d'un mètre de lui, sûr de son effet, et avec un sourire charmeur précisa :

— La dernière fois que tu as dit ça, je me souviens que tu avais rajouté quelque chose ensuite.

Harry prit un sourire de midinette et le regarda effrontément.

— Ah oui ? Je ne me souviens plus.

Comme un dragueur de bas étage, le préfet s'appuya d'une main entreprenante au dessus de l'épaule du brun, usant de sa taille supérieure comme il l'aurait fait avec une faible créature femelle. Harry se sentit profondément vexé, mais peut-être était-il seulement de mauvaise humeur.

Toujours est-il qu'il décida de lui faire payer cet air goguenard que le blond n'avait pas le droit d'arborer devant lui, surtout avec le signe évident de faiblesse qu'il promenait entre ses jambes.

— Harry, tu te souviens de ce qu'on avait prévu à la base si on n'avait pas tant dormi ?

Le brun se mordit les lèvres.

— Mmh non, plus bien.

Draco se pencha et lui souffla dans l'oreille.

— On devait aller dans la chambre se déshabiller, et ensuite je me devais de t'éduquer avec attention sur les joies et les arcanes de l'amour uranien…

Harry sourit gentiment, baissa sa main sur le pantalon noir, caressa la déformation d'un plat de paume puis… lui empoigna fermement l'intégralité de l'appareil génital se faisant un plaisir de le sentir instantanément ramollir sous le coup de la douleur.

Uranien… Qui disait ça de nos jours ?

— Mais… fit le blond interloqué.

— Tu as failli me tuer, puis tu m'humilies en me draguant comme on le ferait avec une garce quelconque. Prépare-toi mon vieux. Si tu me veux, il faudra faire quelques efforts de plus. Navré de te l'apprendre, mais tu n'es pas mon seul prétendant. Moi aussi j'ai le choix. Et pour l'instant - il raffermit violemment sa prise - tu n'arrives certainement pas en tête.

Il s'éloigna ensuite, sans même prendre garde si le Serpentard le suivait ou non.

Malefoy eut un rictus amer, comme toujours il paniquait et faisait tout foirer. La situation se complexifiant légèrement et prenant une importance supérieure à ses yeux, il s'affolait, la sentait glisser entre ses doigts et tous les mouvements qu'il faisait pour la rattraper ne servaient qu'à l'empirer un peu plus.

Damné Potter ! Damné lui ! Il serra les dents et se mit en marche avant que la douleur n'arrive, ironique rappel de leur condition.


Voilà j'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire pour dire ce que vous en avez pensé, en bien ou en mal ;)

Encore merci à Juls pour le bêta!, à la prochaine et portez vous bien !