Chapitre 28 : Où l'on va de soulagements en colères, surprises et terreurs vives
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Pendant ce temps là, au château de Beauxbâtons…
Granger venait de quitter la salle au bras de cet insupportable Weasley et il ne restait plus que quelques élèves qu'il ne connaissait pas trop. Draco essaya de se reconcentrer sur son livre de Métamorphoses mais il le relut pour la dixième fois sans en comprendre un traitre mot. Ses pensées réfractaires à l'étude tournaient en boucle sur son père, Harry, son père, Harry. Il se prit la tête entre les mains et apostropha Crabbe qui ne faisait rien, assis dans un coin.
— Hep Vince' va demander un café en cuisine pour moi, tu m'entends?
Le bœuf s'ébroua et sortit de la salle sous plusieurs regards de français outrés de ce comportement même envers cet idiot fini. Il leur adressa son haussement de sourcils le plus dédaigneux – vraiment très très dédaigneux – et croisa les jambes faisant mine de se replonger dans son livre, indifférent à son entourage. En réalité c'était bien l'inverse, il guettait avec angoisse l'annonce de son père en cheminettes et tout son être était tendu vers la porte de bois par laquelle venait de sortir Crabbe. Bon sang de bois mais qu'allait bien pouvoir dire le paternel Malefoy ?
Il allait le tuer sans aucun doute, mais la véritable question était : si son père l'exigeait, se laisserait-il marier de force à une femme choisie pour lui ? Et que serait la vie si il acceptait ça, ça faisait assez longtemps qu'il n'avait plus été avec des femmes d'ailleurs, la dernière était Katrina Milkov, il y a presque deux ans, deux ans ! Il faudrait qu'il songe à réevaluer sa prétendue bisexualité car pour ce qui tenait des mecs, il y en avait eu en tout cas plus qu'il ne pouvait les compter sur ses doigts. Pourrait-il trouver femme qui le transforme en brasier au plus petit effleurement, qui le fasse bander rien qu'en lui murmurant son prénom à l'oreille et surtout, surtout en trouverait il une qui ait ces yeux, ceux qui le noyaient en une demi-seconde de contact, ces yeux, ses yeux… Il se secoua la tête, s'absoudre dans les prunelles de son intouchable ennemi ne devait certainement pas devenir une habitude sans quoi…
— Draco Malefoy demandé aux cheminettes, lança Benedict suspendu d'une main au chambranle de la porte. Alors qu'il menaçait de perdre toute contenance et d'afficher une tête lamentablement terrorisée, Draco pinça les lèvres, prit ses quelques livres et son matériel d'écriture et se leva. Le Veela s'écarta un peu avec une simagrée de révérence.
— Après vous.
Ils s'engagèrent dans les couloirs et le blond sentit son poul accélerer si tant est que ce fut possible encore plus et ses jambes faillirent le trahir en devenant de plus en plus molles. Et dire qu'il n'avait pas encore pris de décision quant à la posture à adopter en cas d'ultimatum. Benedict se racla la gorge et commença d'une voix un peu hésitante
— Alors euh tu sors avec… Harry Potter ?
Draco agacé d'être sorti de ses réflexions répondit sèchement
— Non !
— Ah.
Le mot fut prononcé avec un ton subtil, mais dont la légère nuance d'allégresse n'échappa que quelques secondes à l'ouïe avisée du blond. Il fronça aussitôt les sourcils, désireux de ne pas ajouter un problème de plus à sa situation déjà bien empêtrée. Il s'arrèta en plein milieu du couloir et attrapa le bras du plus âgé sans gène aucune. Ses prunelles grises rencontrèrent les deux turquoises sans faiblir
— Hep, Attends un peu, pourquoi ça t'intéresse ?
— Non ça ne m'intéresse pas c'était pour quelqu'un, mentit l'autre en se dégageant et en se remettant à marcher.
— putain de merde c'est vraiment l'excuse la plus bidon du monde mon gars.
L'autre haussa les épaules mais une imperceptible rougeur s'était logée sur ses joues, Malefoy ne voulait pas laisser couler l'affaire et rembraya direct pour ne pas laisser au temps le loisir de disperser la conversation
— mais, t'es pas déjà maqué à une fille toi ?
— Si ! je t'ai dit c'est pas pour moi ! c'est ici. Draco poussa la porte en bois et intîma un avertissement très sérieux
— tu ne le touches plus, et tu ne le charmes pas avec tes ridicules pouvoirs de Barbie casse-burne ou tu auras affaire à moi.
Le Gros battant se referma et Draco faisant sa prière avança de trois pas mesurés pour se placer face à la cheminée. Toujours ce même unique fauteuil.
— Bonjour père.
— Ah Draco tu es là, tu as fait vite, assied-toi.
Tout déconcerté le jeune héritier s'exécuta sans rechigner, se préparant à recevoir un coup qui n'en serait que plus dûr. Même dans ses bons jours, son père le trouvait toujours trop lent à répondre, il y avait une sacré couille dans le potage, et à n'en pas douter il pouvait même miser sur deux, l'une au nom d'Ezéquiel Carrasco et la seconde à celui cent fois béni d'Harry Potter. Pour prolonger la métaphore, mieux valait y mettre les pieds en plein dans ce potage, pour éclaircir la situation au risque de remettre par mégarde des sauces non prévues sur le tapis. Arrêtons nous là.
— Tout d'abord je dois vous prévenir père, j'ai détruit la Beuglarde. Avant de l'entendre. J'ai pensé que ce serait mieux, sâchant que vous préférez éviter les scandales, cette lettre en aurait causé un violent et l'humiliation de la famille. Cependant si vous le souhaitez, redîtes moi tout, j'assumerai cette fois sans faillir. Lucius dans la cheminée prit une grande inspiration, ce qu'il s'apprêtait à faire personne à lui ne le lui avait jamais fait. Il ne l'avait même jamais envisagé jusqu'à ce petit matin et la discussion avec son plus vieil ennemi.
Il allait passer l'éponge.
— Eh bien à vrai dire… je me suis peut être un peu emporté dans cette… lettre, je… je… enfait je voulais te dire combien j'étais mécontent pour Ézéquiel, oui par ce que tu aurais pu me donner les informations on en avait convenu de ça tout les deux Draco hein ?
Le pauvre ne savait plus que faire, où étaient les phrases cinglantes, les privations les rappels familiaux sur huit générations que devait-il faire là ?
— Bien sur père, je vous prie de m'excuser ça ne se reproduira plus.
— Relève les yeux Draco, je n'aime pas te voir regarder le sol. Lucius avait peur de ce qu'avait annoncé Black, souvent déjà son fils ne le regardait pas comme pour masquer une émotion trop vive qui débordait de ses prunelles. Et pour cause quand Draco releva les yeux et les fixa dans ceux du même gris de son père, ce dernier y fut comme giflé par la peur qu'il y avait dedans. Lui qui avait toujours cru son héritier invincible dur et inflexible exactement comme lui, mais non il avait peur, son fils avait une peur immense de lui, de ce qu'il pourrait dire et des conséquences qui en découleraient. Et avec le temps cette peur se muerait en amertume puis l'amertume en haine, et c'est lui qui ne voudrait plus croiser le regard de peur d'y recevoir de plein fouet l'obole âcre de sa rigueur.
— très bien, parle moi un peu de ce que tu as appris là-bas, tu as été correct au moins ?
— Tout à fait père, et Draco se mit à lui expliquer du mieux qu'il put et dans les moindres détails, tout ce qu'il avait retenu et déduit de sa courte entrevue avec le ministre. Son père l'écouta avec grande attention, mieux valait faire durer cette partie de la discussion, au moins cela retarderait l'échéance de parler de Potter. Lorsqu'ils eurent fait le tour du sujet au bout d'une courte demi heure, le plus jeune devina un elfe apporter le thé à son père puisqu'une tasse apparut dans le champ de vision de la cheminette. Le silence se fit et il faillit baisser les yeux, n'étant rappelé à l'ordre que par un raclement de gorge de son interlocuteur. C'était étrange, d'habitude Lucius exigeait de lui une soumission piaculaire face à ses éclats de colère, là, il n'y avait ni l'un, ni l'autre.
Lucius prit une gorgée et choisit ses mots avec soin, désirant ne pas s'embrouiller les pédales avec une histoire qu'il ne connaissait pas.
— Alors comme ça tu es avec… Harry Potter.
Draco piqua un fard monumental, mais ne baissa pas les yeux
— En quelque sorte…
— ça n'est pas une réponse claire ça Draco, je veux une réponse claire es-tu, oui ou non en couple avec Harry Potter ?
Le préfet réfléchit, il ne pouvait décemment pas dire non mais dire oui serait trop affirmer et il n'était pas utile de donner des raisons inexistantes à son père pour l'engueuler.
— Potter n'est pas quelqu'un de très clair, père mais dès que je le saurais vous en serez le premier averti. Lucius se pinça l'arrête du nez puis remonta ses doigts vers ses sourcils et ses tempes, Draco diagnostiqua une intense réflexion ainsi qu'une tentative de maitrise de soi, mais il ne pouvait pas donner à l'homme des informations qu'il ignorait lui même.
— Est-ce qu'il y en a eu d'autres avant lui ?
— Oui, père
— Lesquels, je veux des noms.
Concentration, il ne fallait pas tous les citer ou son père ferait un infarctus, il fallait surtout bien les choisir.
— Eh bien il y a Adrian Pucey, Nestor Dundree, Liam Caltridge, Ben Byrson, Sylvester Shacklebolt
— Nestor Dundree, vraiment ? mais il fut un temps où nous les recevions très fréquemment.
— Je…
Bon peut être qu'il n'aurait pas du parler de Dundree après tout.
Lucius sembla comprendre et remettre les évènements dans l'ordre, quand son fils et Nestor préféraient rester dans la chambre du premier pour travailler durement pendant de longues soirées au lieu de venir au succulent buffet. Ce n'était donc pas de la conscience professionnelle mais… il se secoua la tête pour interrompre ses pensées.
— Non c'est bon, n'en dis pas plus surtout, et Shacklebolt alors ? Il se marie la semaine prochaine, avec une femme pourtant.
— hm, je le plains alors.
Comme le silence revenait et que Lucius semblait s'abimer dans ses pensées, il osa demander, abasourdi que l'orage ne soit pas encore venu, peut-être faudrait-il crever l'abcès.
— Mais, vous n'êtes pas fâché père ? L'autre parut surpris par la question
— Eh bien, je ne suis pas ravi… mais j'ai un peu de mal à trouver des raisons pour te gronder, à part le fait de s'afficher indécemment bien sûr mais cela n'a rien avoir avec… Potter.
— j'ai toujours cru que vous vouliez me marier avec Parkinson…
— Quoi ? mais certainement pas enfin tu as vu sa mère ! Les dieux me gardent d'une telle idée mon fils !
Le soulagement qu'éprouva Draco à ce moment là fut tel qu'il faillit se lever pour embrasser l'apparition de son père, il n'aurait pas à finir sa vie avec son amie, certes, mais rien plus que ça, non vraiment rien plus que ça.
Son père continua
— Non, mais on m'avait proposé une alliance…
Très grosse erreur Draco de se réjouir si vite, la vie réserve tant de surprises.
— Qui ça ? , demanda t'il abruptement en redevenant soudain très pâle
— Nikita Krum. Le blond sentit sa gorge se nouer, la sœur de Viktor était quelconque quoi que tout à fait passable de ce qu'il en avait vu il y a un an et en plus de ça elle était héritière de toute la fortune puisque le fils ne se préoccupait que de Quidditch. Mais…c'était Nikita Krum, ses oreilles bourdonnaient de la pulse du sang.
Lucius prit une voix très posée devant l'affolement de son fils, s'il avait été physiquement présent il aurait fait deux pas et lui aurait relevé le menton avec douceur, il en avait très envie subitement mais les circonstances étant ce qu'elles étaient, il dit :
— Draco, arrête de baisser le regard s'il te plait. Je ne te marierais pas de force.
C'était dit, irrémédiablement dit, car s'il y avait une chose qu'un Malefoy ne faisait jamais, c'était bien revenir sur ses promesses. Il avait hésité, il espérait ne pas avoir à le regretter.
Le préfet obéît tout en rageant que la panique ait fait monter des larmes dans ses yeux, il les ravala et prononça d'une voix étranglée,
— Merci père.
— Dis moi Draco, je comprends que tu ne me l'aies pas dit mais pourquoi Severus ne m'avertit-il que maintenant, il n'était pas au courant avant ?
Le plus jeune s'octroya quelques instants pour reprendre ses esprits et remit à plus tard l'explosion de joie qu'il ressentait.
— Oh si, bien sûr, eh bien c'est à cause d'Harry je pense, parrain le déteste.
— En parlant de lui, toi qui le côtoie plus que moi, sais tu quelle est la nature de ses relations avec Black ?
— Eh bien ils se détestent depuis Poudlard, c'est ce que tout le monde a toujours dit, non ?
— Justement, je le croyais aussi mais ils se voient assez souvent, il m'a même semblé qu'ils étaient allés chasser ensemble à Toussaint dernier, enfin bref j'entends ta mère qui m'appelle, les invités doivent être arrivés.
— Qui recevez-vous ce soir ? Lucius sortit un petit carnet dont chaque jour était griffoné du nom de quelque haute autorité, et annonça
— Eh bien, la délégation bulgare avec les Krum justement.
Et comme son fils laissait planer l'interrogation muette et pressante, il précisa
— Chose promise chose due, les arrangements seront simplement commerciaux.
Ils échangèrent un assentiment sourd et se levant firent chacun une petite révérence.
— Transmettez mon affection à mère s'il vous plait.
— Ce sera fait, à bientôt mon fils.
— À bientôt père.
Et aussitôt l'apparition disparue Draco s'écroula dans son siège un sourire béat sur tout le visage avant de se relever brusquement et de pousser un cri de joie fort peu digne, il ouvrit en grand la porte de bois et jaillit dans le couloir.
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Harry arriva juste devant le château, le soir était tombé sur le Trièves, amenant dans son sillage bise glacée et nuages tortueux.
Assez content de sa journée et de sa rencontre avec Dwight qui lui laissait une multitude de matière à penser, il grimpa les marches du grand perron quatre à quatre et traversa la grande porte en prononçant la devise de l'état français moldu, Liberté Égalité Fraternité qui était le mot de passe de la semaine. Le grand hall était animé de créatures diverses, œuvres d'arts Velanes, sorciers, et elfes qui s'affairaient tous où discutaient sur le large carrelage blanc, au son d'une harpe enchantée qui se jouait elle-même.
Harry ôta son manteau, et se fraya un chemin jusqu'à sa chambre quand il tomba nez à ventre avec Goyle qui ne bougeait pas planté en plein milieu du couloir, le regard fixe.
— Greg ça alors quelle bonne surprise, tu fais quoi là tu réfléchis ? mon dieu pas trop fort tu vas fumer des oreilles.
— Beuh Malefoy ?
— Non moi c'est Harry, tu sais tu essayes de me mettre des coups de poings d'habitude et ensuite je te jette un sort.
L'animal, auquel il ne fallait pas plus d'encouragements tenta un crochet du droit, qu'il rata et Harry s'en alla en jetant sa veste sur son épaule nonchalamment. Il happa Benedict qui surveillait, assis sur une chaise les allées et venue et lui demanda,
— Dis tu ne saurais pas où est Ron ?
— Euh, dans la salle bleue dis Harry…
— et Hermione ?
— Avec lui, mais tu sais depuis hier soir, euh en fait… Harry le regardait se dandinner sans savoir que dire et lui offrit un petit sourire encourageant, « en fait j'ai parlé avec Draco et…
— Oh Draco, c'est vrai ! Il est où ? il a parlé avec son père ? ça s'est passé comment ?
— Il est en train là mais ce que je voulais te dire…
Harry partit en courant en lançant des excuses à la volée, merde, merde, merde il voulait cueillir son ennemi avant qu'il n'ait eu le temps de se jeter du haut du premier balcon venu. Il essuya les remarques outrées et les réprimandes de plusieurs professeurs en les bousculant dans sa course et parvint non sans mal à retrouver la salle des cheminettes. Le couloir était vide, il regarda de chaque côté en soupirant puis s'appuya aux murs, essayant tant bien que mal de remettre un peu d'ordre dans sa coiffure. Peut être que Drake allait pointer sa tronche après tout, il avait couru suffisamment vite.
Un cliquetis retentit et aussitôt après Draco sortait en serrant le poing comme dans un signe de victoire, il se redressa et parut surprit de voir Harry ici, tout ébouriffé, son manteau dans les mains qui le regardait avec de grands yeux, des immenses yeux interrogateurs et soucieux, de lui.
Sans trop réfléchir, plus planant qu'un jamaïcain, Draco le serra dans ses bras, après tout c'était pour lui qu'il avait eu peur. Harry sentit le poids du blond s'accentuer sur ses épaules et il le retint juste avant que ce dernier ne s'écroule au sol.
— Tout doux, reste avec moi mon beau, il l'aida à s'adosser au mur et s'assit à côté de lui, tandis que le blond complètement sonné reprenait peu à peu ses esprits. Ce dernier posa la tête contre le mur et fixa le plafond en murmurant d'une voix d'extase
— Il s'en cogne, il en a rien à foutre. Le brun lui passa un bras autour du coup et l'amena contre lui, pour calmer un peu ses tremblements
— Oh fichtre mais c'est une diablement bonne nouvelle ça
— J'avais vraiment très très peur, je suis une lopette, je m'écroule de joie.
— C'est pas grave ça, c'est chic la joie tout le monde dit que c'est à la mode, tu ne peux pas passer à côté de ça, toi la fashionista.
Le préfet eut la force de lui coller une gentille bourrade, et essaya sans grand succès de calmer les tremblements de son souffle, lui qui croyait être un dur.
Harry se décolla de la paroi et vint doucement s'installer entre les jambes de son ennemi
— Laisse moi t'aider,
Il lui releva le menton et l'embrassa doucement, tout en faisant passer par ses lèvres un petit flux d'énergie, juste suffisant pour requinquer le Serpentard. Ce dernier cessa ses tremblements et le brun sentit avec surprise un sourire s'étirer contre ses lèvres.
Il s'écarta un peu puis murmura, en s'installant mieux entre ses jambes
— Qu'est ce qu'il y a ?
— Tu as couru où je te fais vraiment un effet indécent Potter ? comme harry rougissait sans répondre, il lui glissa les deux mains derrière la nuque et effleura ses lèvres, les paupières mi-closes, redevenu le dangereux prédateur en contrôle. Le survivant se demanda comment les rôles réussissaient à s'inverser aussi facilement. Une minute avant, il était en pole position et maintenant il perdait complètement les pédales, le blond resta le nez collé contre lui et bougea un peu, attendant sa réponse
— je suis… juste essoufflé.
— Ah bon ? Les mains de Draco descendirent sur les épaules du brun et l'écartèrent brusquement avant de se relever. « C'est bête sinon on aurait pu… mais tant pis.
Il haussa les épaules et commença à s'éloigner, un petit sourire supérieur au coin des lèvres alors que le brun le regardait, outré de s'être fait jeter comme ça. Malefoy attendait peut être qu'il le prie de rester eh bien il pouvait se le carrer profondément dans le cul, hors de question qu'il s'abaisse à ce genre de chose. Néanmoins il sentit le besoin de l'affirmer haut et fort, allez savoir pourquoi.
— Tu sais, si tu crois que je vais te supplier, tu te fourres le doigt dans l'œil jusqu'au coude ! Et je ne mens pas !
— Seuls les menteurs soutiennent le contraire, déclara posément le blond en enfonçant les mains dans ses poches et en se retournant pour observer le regard teigneux de son ennemi toujours assis par terre.
Harry médita un instant cette phrase mais n'eut pas le temps de découvrir qu'elle était assez vraie car une voix aigre retentit derrière une colonne de marbre et trois silhouettes apparurent dans la lumière.
— Tiens, tiens Potter, peut être n'aurais-tu pas du être si sûr de toi hier soir… Adrian était flanqué de deux gorilles gaulois dont le bakchich versé déformait encore les poches. Il avait l'air très à l'aise et décidé à prendre sa revanche. Malefoy perdit son air goguenard et ses yeux se plissèrent intensément, on pouvait deviner son poing se refermer sur sa baguette, dans son veston.
Le Survivant, en infériorité massique et numérique n'était pourtant pas plus inquiété que ça, il se passa une main sur le front
— putain, Pucey tu veux un crache ver…
— Stupefix !
Harry se retrouva immobilisé et se vit bien vite détroussé de sa baguette – et de ses cinq mornilles pas fous quand même – il avait sous estimé la rapidité du Serpentard apparemment, les bœufs reprirent leur place.
Le Serpentard leva aussitôt le sort et Harry se dit qu'il n'avait par contre pas sur estimé sa débilité.
— Crache Veracrasse ! Tu n'as toujours pas compris que je n'avais pas besoin de ça pour lancer des sorts, pauvre minable j'ai honte pour toi. Les deux molosses, répliques françaises de Crabbe et Goyle fondirent sur lui un peu plus rapidement qu'il ne l'avait prévu et son frêle cou se retrouva coincé entre quatre mains grandes comme des battoirs. L'air peinait à emplir ses poumons et il commença à virer couleur tomate.
— Arrête ça maintenant, ordonna l'un des deux gros qui avait décidément plus d'initiatives que Crabbe ou Goyle.
— Non… ça… m'amuse… bien… parvint à formuler l'élu en clignant des paupières pour chasser les monceaux de papillons noirs qui s'y étaient agglutinés. Adrian se débattait avec un Véracrasse coincé par sa glotte.
Un éclair d'inquiétude passa dans les yeux de Draco mais il se tint coi. L'autre réitéra sa demande en serrant et le brun tenta un courageux coup de poing à l'entrejambe qu'il manqua et son visage commença à tourner au violacé, pourtant au lieu de se soumettre il réussit dans ses dernières forces à brandir deux doigts d'honneur sous le nez de ses agresseurs. Le préfet dégaina sa baguette et prit sa voix glaciale à laquelle personne n'opposait de résistance.
— ça suffit, lâchez-le immédiatement.
Ses yeux d'iceberg firent leur effet comme de coutume et les deux se reculèrent en lâchant celui qui avait su obtenir la protection d'un tel maitre avec une crainte teintée de respect. Harry reprit son souffle et desserra un peu sa cravate en tournant un regard noir vers son libérateur.
— Je n'avais pas besoin de ton aide Malefoy ! , cracha t'il.
Le blond se contenta de rempocher sa baguette avec le visage fermé et très snob et alla tirer une chaise plus loin dans le couloir pour s'y asseoir regardant ostensiblement du côté opposé à celui de la bataille. Le brun le vit croiser ses grandes jambes et allumer une cigarette en refaisant d'un mouvement de la paume sa coiffure déjà parfaite. Putain qu'il avait envie de le tuer quand il prenait cette moue méprisante qui déformait ses lèvres en deux petites vagues, il avait envie de briser cette arrogance de petit con et cette maitrise quand ses sourcils se haussaient hautainement et se détournaient de lui en lui montrant combien il était si loin de son royal intérêt. Lavande l'appelait le Prince des Glaces, elle n'avait peut être pas tout à fait tort. Il ramena pourtant son intérêt sur les trois gaillards qui avaient voulu l'attaquer et Stupefixa d'un geste les deux gros avant de lever charitablement le sortilège sur Pucey. Ce dernier vomit un coup puis ôta sa cravatte et s'essuya la bouche du revers de la main,
— Bien, rentre chez toi et ne t'avise plus de…
— d'homme à homme Potter, pas de magie, prononça le plus âgé d'une voix rendue rauque et presque inintelligible par le passage fréquent des grosses limaces. Le brun releva la tête et considéra le deal. Se battre comme un fou furieux avec Pucey qui ne semblait pas digérer de défaites n'était pas une très bonne idée. Il l'avait déjà dérouillé après la course, il n'y avait aucune raison de remettre ça.
— Je…
— N'y songe même pas Potter.
Le Gryffondor tourna la tête vers le Serpentard qui avait daigné lui adresser un regard des plus méprisants en recrachant de la fumée par un coin de sa bouche.
— J'accepte.
Il allait fermer le caquet une bonne fois pour toute à ce blanc-bec, il allait lui enseigner l'école Dudley et lui ferait cracher toutes ses dents. Draco eut un soupir désespéré mais tourna sa chaise vers eux.
Harry déboutonna consciencieusement sa chemise Armani, la plia avec un soin qu'il n'y aurait jamais mis sans le regard gris posé sur lui et posa un petit rectangle de tissus bien net sur la tête de l'un des grands gaillards Stupéfixés. Adrian grimaça en voyant la musculature acérée de son adversaire et s'empressa de faire de même. Harry commença à tourner autour de son ennemi comme un boxer, ce damné Pucey avait l'air de bouger relativement vite. Les deux ennemis s'observaient en chien de faïence, très concentrés.
Soudain, il sentit une présence dans son dos, une main caressa légèrement la courbe de ses reins.
Harry jeta un coup d'œil : la chaise au bout du couloir était vide. Avec un soupir il se redressa et sans se retourner, demanda :
— Quoi encore ?
— si tu renonces, on monte maintenant dans la chambre et demain tu ne marcheras plus droit.
La promesse murmurée au creux de son oreille de cette voix de vicomte le fit frémir mais il tint bon et se retourna, le visage était toujours aussi inexpressif et hautain. Il imaginait sans peine que le blond eut put être un marquis de Sade dans différentes circonstances et à une époque plus ancienne. Adieu toute concentration et bonjour les images lubriques qui flashaient dans son esprit encore très adolescent. Il lui attrapa le menton du bout des doigts.
— Chéri ? Chaque chose en son temps, d'abord je lui casse la gueule, ensuite on baise. Maintenant va t'asseoir.
Il le caressa d'un baiser et lui vola sa cigarette puis Draco retourna sur sa chaise sans se départir de ce visage de marbre inexpressif.
Pucey était déboussolé. Clope au bec, Harry tenta un crochet que l'autre esquiva et il se prit une mandale dans la nuque. Les quelques minutes qui suivirent montrèrent que clairement, Pucey possédait certaines bases en boxe anglaise, qui faisaient lacune au Survivant. Ce dernier se retrouva coincé sous les jambes du grand attrapeur, totalement immobilisé à éssayer de se débattre sans grand succès. Par un heureux hasard, une paire de couille passait à portée de main qu'il attrapa avec violence, Pucey glapit comme une zoulette ce qui permit de rééquilibrer la balance et ils bondirent chacun sur leurs pieds. Harry étrangla l'autre et faillit lui broyer le plexus d'un coup de genoux remontant. Il se fit faucher l'autre jambe et tomba entrainant l'autre dans sa chute.
Ils roulèrent en se bourrant de coups plus ou moins placés et en se tortillant l'un sur l'autre. Le nez saignant, le brun se releva avec hargne et envoya bouler son adversaire en plaçant au passage une monumentale droite. Sortant des réserves inespérées, Pucey se redressa et chargea, le torse saignant des multiples morsures que lui avait déloyalement infligées Potter. Ils retombèrent brutalement sur le tapis luxueux du couloir et éprouvèrent leur force en essayant chacun de prendre l'ascendant l'un sur l'autre, l'un écrasait le nez tandis que l'autre tirait les oreilles. Harry commençait à vraiment s'échauffer et sentait son rythme cardiaque accélérer. Il se faisait écraser la tête et tentait de tordre à l'aveuglette le poignet qu'il sentait entre ses doigts. L'autre poussa un juron et lui mordit la base du coup, il sentit le sang commencer à ruisseler sur son épaule. C'est à ce moment qu'il entrevit la possibilité de gagner la bataille si ce n'était la guerre. Pucey exposait gentiment sa face et il avait une bonne amplitude du coude gauche.
Vlam de toutes ses forces il l'envoya valdinguer. Ah ah grossière erreur mon petit pote, Adrian atterrit avec un bruit mat contre le sol, complètement knock-out et laissa échapper un grognement sourd qu'Harry ne comprit pas très bien. Le sang pulsa dans ses oreilles et il avait le visage rouge du sang qui lui était monté à la tête.
— Potter !
Il se retourna juste à temps pour esquiver le circulaire du gauche de la part d'un des deux gros français. Ce crétin de Pucey venait de faire cesser les Stupefix. Si il y avait bien quelque chose que lui, de par sa qualité de Gryffondor détestait par dessus tout, c'était bien les tricheurs.
Et Pucey avait triché gravement.
Il vit rouge.
Littéralement.
Il sauta par dessus le corps inerte du Poursuiveur en lui balançant un coup de pieds dans les côtes au passage et se retourna un fureur nouvelle coulant dans ses veines et lui donnant un regain de force. Il parvint honorablement à leur tenir tête et infligea même quelques blessures mais lorsqu'Adrian se réveilla pour les aider, ce fut trop. Il se prit un neuvième coup, un dixième et tomba à terre alors que Draco rallumait une cigarette.
—Tricheur de merde, cracha t'il avant que sa vision ne s'aiguise brusquement et qu'il ne perde toute raison pour une analyse froide et pure du combat.
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Des méandres obscurs de son esprit inhibé, parvint une voix qui doucement le ramena vers la surface.
Et lorsqu'il reprit totalement ses esprits, ce fut pour découvrir les trois assaillants allongés devant lui pissant le sang et Draco accroupi qui lui tenait le visage dans une main.
— Harry, Harry tu m'entends hoche la tête si tu es là…
Il hocha la tête, le blond avait une voix très douce et très basse et faisait des gestes calmes comme pour éviter d'effrayer un enfant… ou d'exciter une bête furieuse. Il essaya de reprendre ses esprits mais avait encore la tête toute embrumée de fumée rouge colère difficile à dissiper. Draco l'aida à se relever en lui passant un bras autour de la taille et l'entraina dans la salle des Cheminettes. Il se laissa faire sans trop de soucis renâclant juste au moment de passer devant les corps abimés, l'odeur du sang faisant frémir ses narines étroites.
— On va appeler Sirius, il doit savoir ce qu'il faut faire lui, non ?
Harry se sentit tout au fond de lui paniquer, il n'arrivait plus à parler, enfin pas humain, et il sentait sur le bout de sa langue des crocs pointus. Que lui arrivait il, il avait l'impression d'être enfermé à l'intérieur d'un corps étranger. Il aurait paniqué si Draco qui avait quitté son masque ne glace n'affichait pas cet air parfaitement serein et doux en l'entrainant vers le fauteuil. Il se rebella un peu sans trop savoir pourquoi, comme incapable d'ordonner à ce corps plein d'ardeur indomptable et le préfet le laissa déambuler dans la salle. Il jeta de la poudre dans cheminée et prononça, 8 Gloom Berry son buste disparut et Harry l'entendit très distinctement malgré la voix basse.
— écoutez monsieur Black, c'est Harry, il… il vaudrait mieux que vous voyez ça par vous même
— non non, rien de grave enfin, il me semble…
Il réapparut et Sirius apparut par la cheminée et aussitôt ses yeux s'arrondirent sous l'effet de la surprise.
— Sainte marie mère de dieu !
— Je vous laisse, fit précipitamment le Serpentard en jetant un regard inquiet à son ennemi, il y en a trois en piteux état dehors qu'il vaudrait mieux conduire à l'infirmerie, vous pensez y arriver seul ?
— Oui, merci beaucoup Draco. Le blond sortit et Harry vint s'asseoir dans le fauteuil, tout penaud.
— ça t'était déjà arrivé avant ?
Harry essaya de répondre mais à la tête que fit son oncle il conclut s'exprimer en Fourchelangue. Sirius n'était pas quelqu'un de très calme, ni de très relatif, et il offrait à son neuveu déjà pleinement térrifié par sa transformation un visage affolé et grave qui ne rassurait personne et surtout pas Harry qui était déjà au bord de la crise d'angoisse.
— Mais c'est pas vrai, t'es tu fait mordre par un aspic Harry ? Mais enfin pourquoi ne me l'as tu pas dit plus tôt c'est insensé, tu n'es même pas à Serpentard… Le pauvre homme ne disait rien plus de cohérent et s'emmêlait seul dans ses pensées abscondes sans prendre en compte les hochements frénétiques de soupière d'Harry qui éssayait de son mieux de répondre à l'avalanche de questions. Il n'était pas étonnant que Sirius ait fait un piètre Auror car dans l'adversité il se révélait particulièrement démuni. Et juste maintenant Harry le haïssait. Il était coincé dans cette carapace reptilienne et l'autre avait l'air encore plus alarmé que lui, à crier dans tous les sens alors que ça n'arrangeait rien à l'affaire puisqu'il ne pouvait dialoguer.
Il commençait à étouffer dans cette gangue inobeïssante qu'était devenue son corps et ses oreilles et son cœur résonnaient si fort, entre les cris de Sirius et lui même que s'en devenait assourdissant et bruissant il eut soudain un tournis terrible et une nausée d'enfer et tomba à la renverse sur le sol au moment où la porte s'ouvrait.
Enroulé en position fœtale sous le fauteuil, les mains sur ses oreilles inexistantes et hypersensibles, le survivant essayait de faire abstraction de tous les bruits qui résonnaient si fort mais n'y parvenait guère. Dans un ballet de voiles noirs, Rogue s'approcha de la cheminée et commença avec une voix très basse et calme.
— pars Sirius, je vais m'en occuper.
— Certainement pas, c'est mon filleul et ne me parle pas sur ce ton…
— Alors tais toi ! tu ne fais qu'empirer les choses maudit imbécile. Sirius se tût et Severus approcha, s'accroupissant près du fauteuil avec la même tête que s'il avait commis l'une de ses sempiternelles bêtises.
— Allons Potter, sortez de sous ce fauteuil. Harry ferma les yeux et se mit debout au centre de la pièce sous les yeux noirs de son parrain et ceux tranquilles de Sev qui se mit à lui tourner autour, un petit calepin à la main.
— Mmh, fourchelangue et langue fourchue, crochets, abscence d'oreilles, diminution capillaire et nasale, rougeoiement des yeux, pupilles en fente et… hm légère présence d'écailles sur le haut du dos et les épaules. Harry n'aurait pu dire au fond de lui combien il était rassuré par la présence de l'homme en noir, celui-ci agissait comme si il croisait un cas similaire tous les quatre matins et gardait sur ses traits l'exacte expression d'agacement qu'il avait pendant ses cours. Comme si tout était normal et que lui, le survivant n'était pas en train de se transformer en hybride reptilien incontrôlable. Vous qui êtes fervent amateur Potter, jetez moi donc un Cogens sur ce fauteuil. Harry essaya de s'exécuter mais peine perdue.
— Concentrez-vous Potter, je croyais que vous étiez moins médiocre en sortilèges qu'en potion, et Black cesse enfin de remuer ! Au bout de quelques tentatives infructueuses, Rogue cessa de le pousser à s'escrimer et le fit asseoir en reprenant son calepin. Il grommela en écrivant du bout de sa baguette :
« Incapacité à produire la magie de second niveau, essayez un sors plus basique et que vous maitrisez bien… s'il s'en trouve un… Malgré ses yeux rouges Harry les leva au ciel devant la pique et balaya d'un revers d'esprit l'idée vicieuse d'un expelliarmus bien placé sur la baguette qu'il voyait danser devant lui.
— Lumos ! Articula t'il en Fourchelangue sans que cela ne semble affecter la qualité du sort. Au contraire, il rayonna dans la pièce une lumière si vive et blanche qu'ils peinaient à se voir entre eux, aveuglés par les rayons innés coruscants. Harry plaça ses mains, aux dos couverts d'écailles émeraude, sur ses yeux pour en protéger la sensible pupille fendue.
— Grands Dieux Potter arrêtes-ça immédiatement !
Il fit cesser le sortilège et attendit le verdict, dans sa cheminée, son parrain murmurait des « Oh bon sang, oh misère… » à répétitions et Severus nota en pattes de mouche, Produit une magie primaire décuplée. Ensuite sous ses yeux ébahis, le grand sorcier ôta s'un geste ample sa cape, par bonheur, il n'était pas nu dessous ni ne portait de babygros à pois – comme le racontait une rumeur ayant pour source Gred et Forge. – mais plus sobrement un jean et une chemise noire qui enlisaient beaucoup moins ses amples mouvements. Il sortit ensuite de sa bourse une table un réchaud, un chaudron et plein de petites fioles qu'il lisait puis sélectionnait ou rejetait dans les fins fonds ténébreux de la petite poche de cuir qui semblait abriter un univers d'ingrédients divers. Il commença à s'affairer et le bruit tranquille de la mixture ajouté aux roulements abyssaux des fioles rares et précieuses apaisèrent un peu Sirius qui appela Harry à venir s'asseoir près de lui devant la cheminée.
— je peux voir ta langue ? Harry haussa les épaules et s'exécuta en la faisant vibrer, son parrain sembla beaucoup s'en amuser et lui demanda si il arrivait à sentir les odeurs avec, ce à quoi Harry réfléchit avant de découvrir que oui et d'hocher la tête avec amusement
— Je suppose que tu dois aussi avoir une sorte de vision infrarouge non ? Harry ne sut répondre mais commença à entrevoir les sympathiques possibilités que lui offrait cette mutation. Si, bien sur, il parvenait toutefois à récupérer son apparence normale. Mais pour cela il avait une inébranlable foi en la maitrise magique de Rogue, après tout, n'était-il pas le Prince de Sang-mêlé ?
Tandis que Sirius s'extasiait sur son absence notoire d'ongles et de sourcils, et que Rogue leur jetait des regards peu amène en surveillant d'un œil sa potion qui glougloutait gentiment, Harry essaya de trouver un miroir pour connaître son apparence avec plus de détails. Il semblait impossible de se métamorphoser en Voldemort puisque ce dernier était mort ainsi que l'horocruxe qu'il lui avait fichu dedans. La probabilité que le mage noir enfoui en lui tente de ressortir était donc quasi nulle. Enfin, l'air très content de soi, Sev versa sa potion dans une fiole et la tendit au Survivant.
— ça marchera, normalement, je vérifierais dans mes grimoires mais tu es en train de subir une transformation en ton Animagus, apparment donc en serpent, ou basilic on verra ça une autre fois. Quand tu pourras parler tu me raconteras toutes les expériences bizarres qui t'ont conduites à cet état, d'accord ? Maintenant bois.
Harry s'exécuta, n'éprouvant pas de méfiance particulière à l'endroit de ce liquide d'un joli bleu grisé qui lui faisait penser aux yeux de Draco… aussitôt un grand froid l'envahit, si fort qu'il en perdit connaissance.
