Salut à toutes et à tous, pas grand chose à dire sur ce chapitre là, alors on se retrouve en bas, bonne lecture ^^
Le matin du match, Eileen se leva à six heures du matin, dans une chambre encore noire, elle se leva doucement de son lit et sortit sans bruit de la chambre, en ouvrant la porte elle dût retenir Pattenrond qui voulait entrer dans le dortoir, elle le ramena dans la Salle Commune où elle s'installa avec un livre en attendant le petit-déjeuner. Elle n'avait plus été aussi stressée pour un match de Quidditch depuis son premier match en première année aussi essayait-elle de se détendre comme elle le pouvait. Quelques instants plus tard, elle entendit quelqu'un descendre des dortoirs des filles et vit Elen se diriger vers le fauteuil à côté du sien.
« Salut, fit Eileen. Tu te lèves tôt d'habitude t'es presque en retard pour le match.
-Je sais, répondit la Poursuiveuse. Mais j'ai le trac, je suis incapable de dormir. Je sens qu'on va perdre aujourd'hui.
-Moi aussi, dit Eileen. On arrivera jamais à battre Potter aux points, mais bon, au moins ça mettra du plomb dans le crâne de Digorry. Il faut que tu aille voir Marge quand elle se lèvera, dis-lui de se tenir prête à remplacer Faucett pendant le match, s'il dure assez longtemps, je pense que Digorry voudra le remplacer.
-Pas bête, dit Elen en souriant. Tu lis quoi ?
-Oh rien d'intéressant, mon manuel de potions.
-Je savais que tu aimais les potions, mais de là à lire un manuel pour se détendre, s'esclaffa Elen. C'est vraiment ton manuel ?
-Oui bien sûr, simplement c'est aussi celui de mon père donc il y a pas mal de choses marquées en plus.
-C'est pas un peu de la triche ? s'amusa Elen.
-C'est mon père qui me l'a donné, il en tient compte dans ses notations.
-Je ne sais pas comment tu fais pour supporter d'avoir ton père en cours, moi j'aurais demandé à aller à Beauxbâtons.
-Vraiment ?
-Bah tu sais, au début je comptais faire carrière au Ministère, puis j'ai abandonné en me rendant compte que ça voudrait dire travailler dans le même bâtiment que ma mère. J'aime beaucoup mes parents, mais je n'ai aucune envie de les croiser en dehors de chez nous.
-Je ne sais pas, moi ça s'est imposé comme une évidence. Après tout, à cause de son poste à Poudlard, mon père était absent neuf mois sur douze, alors ça paraissait juste que je puisse le côtoyer toute l'année une fois à Poudlard.
-Enfin neuf mois sur douze, quand j'étais en Première Année on voyait beaucoup moins souvent Rogue au dîner, s'esclaffa Elen. »
Les deux filles continuèrent de discuter pendant plusieurs heures, elles s'étaient toujours appréciées mais elles parlaient rarement d'autre chose que de l'équipe, là elles avaient envie de penser à tout autre chose que le match et se racontèrent des anecdotes de leur enfance et des bêtises qu'elles avaient pu faire. Enfin vers huit heures, alors que les dortoirs commençaient à se vider, elles allèrent se doucher et s'habiller pour être dans les vestiaires avant neuf heures et demie.
Au petit-déjeuner, elles mangèrent avec Susan et Neville, parlant du mauvais temps et des cours de la semaine prochaine. Elles virent alors Luna se diriger vers eux de sa démarche sautillante, elle avait l'air encore plus dérangée que d'habitude parce qu'elle avait placé une forme étrange sur son chapeau. Quand elle fut à leur hauteur, Eileen s'aperçut que c'était un blaireau grossièrement sculpté dans du papier mâché.
« Je suis pour Poufsouffle, leur dit la jeune fille.
-C'est du papier mâché ? demanda Neville. Je ne savais pas que les sorciers savaient en faire.
-Oh j'en fais toujours avec les vieux journaux de Papa. Vous pensez que la peinture tiendra avec ce temps ?
-Non, dit Susan. Et la sculpture non plus d'ailleurs, attends je vais lancer un sort pour le protéger. C'est gentil de nous supporter.
-Bah vous êtes mes amis, c'est normal. J'ai envie que les Poufsouffles gagnent, sauf contre les Serdaigle. Merci Susan. »
Et elle retourna vers sa propre table complètement imperméable aux ricanements qui la suivaient. Eileen et Elen se levèrent alors pour rejoindre le terrain. Dans les vestiaires, elles retrouvèrent Brighid, Jenny et Dai et commencèrent à parler du match et de l'équipe de Gryffondor. C'est alors que Eileen vit la distance entre Diggory et Faucett et le reste de l'équipe et elle se sentit gênée, il n'y avait jamais eu une telle séparation dans l'équipe jusqu'à maintenant. Finalement, dix minutes avant le coup d'envoi, Digorry les rassembla, prononça un rapide discours d'encouragement et ils entrèrent dans le stade, sous les acclamations de la foule et la pluie battante.
« Bonjour Poudlaaard ! Voilà LA grande rencontre qui s'annonce, rugit Lee Jordan dans son micro. Gryffondor contre Poufsouffle, l'équipe favorite de ce championnat, une des meilleures équipes que l'école ait jamais rassemblé selon tous les Gryffondors que j'ai interrogé contre les champions en titre, Poufsouffle, ça va être un match d'anthologie. Rappelons tout de même que si l'équipe de Gryffondor est restée inchangée, Bones a été remplacée par Digorry au poste d'Attrapeur et surtout que Ollivander la Poursuiveuse vedette et capitaine de l'équipe a quitté l'école, et a été recrutée par les Harpies de Holyhead. Elle est remplacée par Gareth Faucett.
Et voilà les joueurs qui s'avancent, côté Gryffondor, Dubois, Bell, Johnson, Spinnet, Weasley, Weasley eeeeet Potter ! Et du côté Poufsouffle, O'Neil, Rogue, Davids, Faucett, Whistle, Davids eeeeet Digorry ! Les deux Capitaines se serrent la main, et c'est le coup de sifflet de départ, le Souaffle est récupéré par Poufsouffle, Davids a magnifiquement chipé la balle à Johnson, et s'élance vers les buts adverses, Spinnet vient la bloquer, elle passe à Rogue, qui passe à Davids, ces deux-là font merveille, elles semblent connectées l'une à l'autre, c'est du très beau Quidditch mesdames et messieurs ! Ah Davids est touchée par un Cognard de Weasley, celui que vous voulez je peux pas vous dire à cette distance, Rogue récupère le Souaffle à la barbe de Katie Bell, façon de parler bien sûr. Mais elle est bloquée par Johnson, elle passe à Faucett, il fonce vers les buts ! Ah Spinnet vient le bloquer, il va falloir passer, non, il fonce et Johnson s'écarte, il va marquer, mais les deux Poursuiveurs de Gryffondor s'élancent vers lui.
Sa coéquipière lui hurle de passer, il évite Bell, mais Spinnet vient le bloquer, il tire et rate, c'est passé à trois bons mètres au dessus de l'anneau central, balle au Gardien. Dubois passe à Johnson, elle évite un Cognard, passe à Spinnet pour éviter Rogue, qui passe à Bell, Faucett vient la bloquer, Bell perd le Souaffle. Ah, mais Johnson est plus rapide que Faucett, elle récupère la balle et fonce vers les buts, David vient la bloquer, son frère balance un Cognard, mais elle esquive les deux et continue vers les buts, O'Neil est prête à bloquer, elle ti.. magnifique passe à Bell qui est de l'autre côté et marque dans le but de gauche découvert, Gryffondor ouvre le score, 10 à 0 ! »
Sur le terrain, Brighid frappa en l'air, furieuse, mais ce n'était rien en comparaison au regard noir d'Elen en direction de Faucett. Les deux équipes se replacèrent, et encore une fois Poufsouffle récupéra facilement le Souaffle, mais le perdit sur une action inconséquente de Faucett. Pendant trente minutes, les spectateurs de Poufsouffle furent consternés en voyant leur équipe si prometteuse se prendre but sur but, marquant très peu en retour. Elen marque deux fois d'affilée, mais c'était bien peu en comparaison des douze buts de Gryffondor. Dans les gradins, Neville songeait à se cacher les yeux pour faire cesser le massacre quand il se mit à frissonner de froid. Resserrant son écharpe, il n'en eut que plus froid, son souffle se changeant en buée. C'est en regardant vers le lointain qu'il crû apercevoir des formes sombres dans les nuages d'orage. Puis il entendit des cris au loin et compris que c'était des Détraqueurs qui s'approchaient.
Il essaya de rester conscient, et se leva d'un bond, tentant de fuir les gradins, mais il entendit des voix de plus en plus distinctes.
« Pas Neville, je vous en supplie pas Neville, dit une voix de femme.
-Pousse-toi idiote !
-Pas lui, s'il vous plaît, moi mais pas lui.
-Je ne voulais pas te tuer mais puisque tu insiste. »
Au moment où il entendait un rire glacé, le monde devint vert en un éclair, puis blanc et il se sentit basculer en avant, inconscient de ce qu'il se passait autour de lui. Sur le terrain, Harry subit le même sort, à deux doigts du Vif d'Or, il bascula de son balai et chuta vers le sol sous les cris d'effrois de la foule, il fût rattrapé au dernier moment par un sort de Dumbledore, et plusieurs formes blanches et brillantes s'élancèrent vers le terrain, dispersant les Détraqueurs qui s'approchaient du corps du garçon. Pendant ce temps, Digorry, complètement aveuglé par la pluie, descendit en brandissant le vif d'or pour s'apercevoir que son adversaire s'était évanoui.
Les deux équipes atterrirent aux côtés de l'arbitre et commencèrent à protester.
« Il faut rejouer le match, protesta Cédric. Potter s'est évanoui, les Détraqueurs ont tout faussé.
-Je suis d'accord avec Digorry, dit Elen pour la première fois de l'année. Le match ne peut pas être valide avec ces Détraqueurs !
-Je regrette, rien dans le règlement n'autorise à rejouer un match, leur dit Mme bibine. M Potter doit être amené à l'infirmerie le plus vite possible, maintenant, alors veuillez faire de la place.
-Eileen, hurla alors Susan dans les gradins. Viens vite ! »
La jeune fille enfourcha à nouveau son balai et se propulsa vers les gradins où les Poufsouffles étaient assemblés autour du corps de Neville, affalé dans les escaliers. C'est alors que Eileen remarqua la mare de sang qui se formait au niveau de sa tête et eût un sursaut d'horreur. Severus qui avait été le seul Professeur à se précipiter vers les gradins plutôt que vers le terrain vit Neville et l'emmena aussitôt vers l'Infirmerie à grandes enjambées.
Neville se réveilla difficilement, ressentant une intense migraine et une légère nausée. Il vit alors ses amis rassemblés autour de son lit et leur sourit faiblement, avant d'être à moitié étouffé par Eileen qui le serre dans ses bras.
« Oh Neville, tu nous a fait si peur !
-Pourquoi ? Je me suis évanoui comme dans le train rien de plus.
-Si, bien pire, dit Susan qui était très pâle. En tombant tu t'es cassé plusieurs dents et tu t'es cassé la mâchoire, alors quand on t'as trouvé, il y avait une mare de sang autour de ta tête. Je crois que j'ai jamais eu aussi peur de ma vie.
-Désolé, dit Neville. Je crois que j'ai changé tous vos Épouvantards parce que je suis incapable de rester éveillé face à un stupide Détraqueur !
-Ce n'est pas ta faute, Neville, dit Luna doucement. Potter aussi s'est évanoui, et je me suis sentie très faible. Tu n'es pas plus fragile tu sais, on a simplement vécu des expériences plus traumatisantes.
-Ton amie a raison, Neville, dit la voix rassurante de Remus. Les Détraqueurs ont un effet terrible, et des enfants aussi jeunes que vous, mais qui avez vécu des épreuves qui traumatiseraient un adulte... n'importe qui s'évanouirait. N'écoute pas les petites frappes comme Malefoy, il n'y a rien de honteux là-dedans.
-Comment va Potter, Parrain ? demanda Eileen.
-Il est réveillé depuis une heure, Dumbledore l'a rattrapé et Pomfresh a soigné sa commotion en un rien de temps. Le problème, c'est plus son balai, il a été emporté par le vent et a été fracassé par le Saule Cogneur.
-Oh non, dit Eileen. Il n'est pas réparable ?
-Non. C'était un cadeau de Sirius pour son onzième anniversaire, il s'en veut beaucoup.
-J'imagine, répondit la jeune fille. Je ne sais pas ce que je ferais si je perdais mon balai... »
Neville les laissa discuter, et se renversa en arrière pour essayer de calmer sa migraine. Ses amis durent s'apercevoir qu'il se sentait mal, car ils le laissèrent tranquille, s'éclipsant discrètement tandis qu'il se rendormait après avoir bu une gorgée de la potion de sommeil que Mme Pomfresh lui avait préparé. Quand il se réveilla, Eileen était assise à côté du lit en train de lire un livre.
« Ah, tu te réveilles, dit-elle gentiment.
-Tu attendais ?
-Oh rien de spécial, on se relaie juste toutes les trois, Luna, Susan et moi pour te veiller. Tu as dormi deux jours d'affilée.
-Si longtemps ? Pourtant je n'ai rien eu de spécial.
-Bah t'as fait une mauvaise chute, et les Détraqueurs n'ont rien arrangé. D'après Mme Pomfresh, tu n'as rien à craindre, il fallait juste te laisser te reposer.
-Alors pourquoi m'avoir veillé ? Je vous aurais rejoint quand je me serais rétabli.
-C'est comme ça les amis, on s'inquiète toujours plus qu'on ne le devrait.
-Je sais bien, je te taquine. Tu crois que je peux me laver et partir de l'Infirmerie ?
-Je vais demander à Mme Pomfresh. »
L'Infirmière le laissa sortir sans problèmes, Neville partit donc, ne s'arrêtant que pour échanger quelques mots avec Harry toujours au lit. Puis ils se dirigèrent vers la Salle Commune de Poufsouffle en parlant joyeusement.
« Alors, le match n'a pas été terrible, hein ?
-Ben en fait on gagné, Digorry a attrapé le vif d'or grâce à la chute de Potter. On a demandé à rejouer le match, mais Mme Bibine n'a rien voulu savoir, alors on mène de cinquante points face à Gryffondor. Ce qui ne veut rien dire, on a marqué deux buts et il n'y aura pas toujours des Détraqueurs pour faire chuter l'Attrapeur adverse.
-Tu penses que Digorry n'a aucune chance face à Malefoy et Chang ?
-Si bien sûr, c'est contre Potter qu'il n'avait aucune chance. Mais ça ne veut rien dire, personne n'attrape le vif à coup sûr à part Potter. Et même s'il y arrive, on aura toujours un retard, il faut marquer des buts aussi, ça se joue au score total, pas au nombre de victoires. Ce qui signifie qu'on ne peut pas se permettre un autre match comme ça.
-Donc vous avez viré Faucett ?
-Eh non ! Tu aurais vu Elen et Digorry ils se sont hurlé dessus devant toute la Salle Commune, juste après qu'on ait fêté la victoire, c'est Gabriel qui les a séparé, et il a enlevé des points à Poufsouffle. Mais au final, Digorry ne reviendra pas sur sa décision, Faucett reste le Poursuiveur et nous on a qu'à nous taire. »
Alors qu'ils se dirigeaient vers le couloir des cuisines, Neville sentit que quelqu'un agrippait sa main et il se retourna pour trouver Luna, qui avait un grand sourire sur la figure.
« Neville, je peux te parler ?
-Je pars devant, dit Eileen sans laisser son ami répondre. Rejoins-moi plus tard.
-Qu'est-ce qu'il y a Luna ? demanda Neville.
-Je voulais simplement te donner ça. » dit-elle en lui tendant un paquet mou et humide. En l'ouvrant, Neville découvrit une motte de terre pleine de pousses d'une plante blanchâtre.
« Ce sont des Attrape-Rêves, dit Luna doucement. Je... j'ai été très inquiète pour toi après ton accident pendant le match, et je voulais aussi te remercier pour m'avoir sauvé l'année dernière, je n'ai pas pu le faire.
-Et Eileen ? Elle en a fait plus que moi.
-Oh, je lui ai déjà offert quelque chose pendant les vacances. Mais on ne s'est pas vu, alors j'ai oublié, et je m'en veux. » Tout en disant cela, elle s'assit sur une marche du grand escalier de marbre et Neville s'assit à côté d'elle, posant son cadeau entre eux deux. Il vit alors qu'elle avait les larmes aux yeux.
« Il ne faut pas, Luna, je t'assure, dit-il en essuyant ses yeux avec un mouchoir. C'était normal pour moi et je ne m'attendais pas à ce que tu me remercies, sincèrement. Je veux pas jouer le héros, mais tu es mon amie, si tu as des problèmes, je viens t'aider, simplement parce que je sais que tu viendras m'aider quand j'en aurais.
-Merci. Amis... on est amis, ça fait bizarre.
-Pourquoi ?
-C'est... ça fait bizarre de le dire. Je n'ai pas toujours été amie avec les filles tu sais, je les ai connu à six ans, et pendant un long moment je ne connaissais personne. Alors ça me fait bizarre de dire que tu es mon ami. Et je n'ai jamais été ami avec un garçon.
-Tu sais, Luna, moi je n'ai jamais eu d'amis avant d'arriver à Poudlard. Trop bizarre pour les Moldus, je suppose.
-Parce que tu étais magique ?
-Non, ça je ne l'ai pas su avant l'âge de neuf ans. Parce que j'étais dans mon monde, je suppose. J'aidais beaucoup ma Tante avec ses plantes, elle est fleuriste, donc j'avais des habits tâchés tout le temps, les mains sales et je passais la plupart des récréations à chercher des fleurs dans la cour de l'école. Pas vraiment le genre d'élève dont les autres aiment se rapprocher. » Tout en parlant, il montra sa robe de sorcier tâchée de terre, et ses mains crasseuses dont les ongles étaient noirs en raison de la terre glissée dessous. Ses cheveux blonds étaient quand à eux en bataille, jonchés de brindilles et de terre.
« Je sais, dit Luna simplement. Je suis pareil ici, je n'ai pas beaucoup d'amis, la plupart me trouvent bizarre. Tu me trouve bizarre ?
-Pas du tout, Luna. Tu es très originale, c'est sûr. Mais c'est pour ça que je t'apprécie, personne n'est normal, il y a simplement ceux qui font semblant et ceux qui vivent comme ils sont et on est tous les deux comme ça.
-Oui. Mon père aussi. Il a un journal, le Chicaneur, la plupart des gens s'en moquent parce qu'ils trouvent bizarres ce qu'il y publie.
-Ah bon ?
-Oui. On lui dit souvent que les Ronflaks Cornus n'existent pas, par exemple.
-Tu sais, je trouve que c'est eux qui sont bizarre. Il y a quelques années, je t'aurais ri au nez si tu m'avais dit que tu étais une sorcière et que tu avais un Hippogriffe. Depuis je suis un sorcier et j'ai volé sur un Hippogriffe, alors pourquoi pas des Ronflaks Cornus ? Tant qu'on ne les a pas trouvé, on en saura rien. »
Luna éclata de rire, un rire éclatant et sonore, qui résonnait dans le Hall, et Neville la rejoignit bientôt, offrant une réponse plus grave. Quand ils finirent de rire, ils se sourirent, et Luna lui expliqua comment s'occuper des Attrape-Rêves, c'étaient des plantes spéciales capables de capter les sentiments négatifs pendant le sommeil et éviter les cauchemars, et d'après elle, ceux qu'elle avait dans son dortoir l'aidait quand elle repensait aux Détraqueurs et aux souvenirs qu'ils réveillaient en elle. Finalement, ils rentrèrent chacun dans leurs Salles Communes.
Le lendemain, Neville se dirigea vers le bureau du Professeur Lupin pour lui rendre le devoir qu'il n'avait pas pu rendre la veille, étant à l'Infirmerie. Il frappa et entra pour trouver Lupin et Harry en grande conversation.
« Sil te plaît Remus, demanda Harry. Je ne peux pas m'entraîner avec Sirius avant les vacances et il faut que je le maîtrise avant le prochain match...
-Mais enfin, c'est un sort très difficile, Harry, je ne sais pas si... Oh, Neville, qu'est-ce que tu voulais ?
-Excusez-moi Professeur Lupin, dit Neville. Je voulais vous rendre mon devoir sur les Pitiponks. Vous parliez de quel sort ?
-Spero Patronum, répondit Harry. C'est un sort qui permet de se protéger des Détraqueurs.
-Vraiment ? Professeur, si vous l'apprenez à Harry, il faut que je l'apprenne aussi !
-Vous savez, je ne suis pas du tout un expert en Patronus.
-Mais tu sais en jeter, tu l'as fait dans le train ! Je ne vais pas aller voir Dumbledore, Remus.
-Je suis sûr que Severus serait bien plus qualifié que moi, il a un excellent Patronus.
-Mais Severus n'acceptera jamais d'apprendre quoi que ce soit à Harry, dit Neville en souriant. Et même s'il est très sympathique, il n'est pas un très bon Professeur, même Eileen vous le dira.
-Bon, bon, d'accord. Mais il faudra attendre un peu, je suis encore un peu faible, je ne suis pas très bien remis de ma maladie.
-Tu sais Remus, on est au courant de ton petit problème de fourrure. » dit Harry en riant d'un rire semblable à un aboiement.
Harry s'en alla ensuite, ravi d'avoir convaincu son oncle adoptif de lui apprendre le Patronus. Neville s'attarda pour parler de son devoir avec le Professeur et celui-ci sourit en le voyant.
« Neville, tu sais, j'ai bien connu tes parents, surtout ta mère.
-Vraiment professeur ? Je... presque personne ne me parle d'eux. Oh bien sûr Tante Anna connaît sa sœur, mais je sens quand elle me parle, elle n'est jamais très à l'aise...
-Alice était une femme merveilleuse, Neville, très bonne et généreuse. Elle a été longtemps la meilleure amie de ta Tante Anna, et c'est celle qui l'a le plus aidé à surmonter son statut de Cracmol. Quand elle était en première Année, elle a reçu un avertissement du Miistère pour avoir fait de la magie en dehors de l'école, elle avait essayé de donner des cours de magie à sa sœur aînée. Je pense que Anna n'a simplement toujours pas fini son deuil, et c'est compréhensible en te voyant.
-Moi ? Pourquoi ?
-Tu ressembles à ta mère, Neville, beaucoup. Oh bien sûr tu as le visage de ton père et ses yeux, mais tu as les cheveux de ta mère et tu as son caractère. J'ai bien connu Alice, elle a été très gentille avec moi, très compréhensive. J'étais seul en arrivant à Poudlard, et si j'ai trouvé des amis merveilleux à Gryffondor, Alice Fawley a aussi été très sympathique avec moi.
-Je vois ce que vous voulez dire Professeur. Professeur Lupin, si vous avez connu ma mère, vous connaissez ma Tante aussi, n'est-ce pas ? Agathe Fawley ?
-Oh, je... Bien sûr, elles étaient inséparables, on ne pouvait pas en connaître une sans connaître l'autre. Agathe était très différente d'Alice cependant, à l'intérieur, elle aimait le risque et les farces, sans la tradition des Fawley d'aller à Poufsouffle, je pense qu'elle aurait été une très bonne Gryffondor. Même s'il fallait bien les connaître pour voir leur différence de caractère.
-Oh, bien. Mais vous ne savez pas pourquoi elle aurait pu devenir une Mangemort ?
-Non, je ne sais pas, je me pose la question depuis douze ans, Neville.
-Merci. Au-revoir Professeur Lupin.
-Au-revoir Neville. »
En sortant du bureau, Neville vit Harry se diriger vers lui, celui-ci l'attendait de toute évidence, l'air agacé.
« Pourquoi est-ce que tu veux apprendre le Patronus Londubat ? J'aurais très bien pu me débrouiller tout seul.
-Mais je n'ai rien fait. » Dit Neville en reculant devant le regard accusateur de Harry. Celui-ci le prit par le bras et l'entraîna dans une salle de classe vide.
« Tu n'as aucune raison de te défendre contre les Détraqueurs, Londubat, siffla le Gryffondor. Tu ne risques pas de tomber de balai à quinze mètres du sol.
-Parce que tu crois qu'ils ne me font rien, Potter ? Je me suis évanoui comme toi dans le train, et le jour du match. Oh certes, je ne risque pas de ridiculiser mon équipe et ma maison en tombant du haut d'un balai, mais ce n'est pas plaisant pour autant !
-Retire ce que tu viens de dire.
-Écoute Harry, dit doucement Neville. Lorsque les Détraqueurs m'approchent, je... J'entends Voldemort tuer ma mère, d'accord ? J'entends ma mère supplier de la tuer plutôt que moi et Voldemort qui lui dit de se pousser puis qui la tue. Et c'est bien pire que de tomber d'un balai ou d'être la risée de l'école parce que je me suis évanoui dans le train. Si ce n'était que ça, j'attendrais juste qu'on retire les Détraqueurs de l'école.
-Ah, tu... Ben, moi aussi j'entends des voix à côté des Détraqueurs, dit Harry en passant la main dans ses cheveux. Sauf que moi j'entends Lestrange torturer mon père et ma mère.
-Tu sais Harry, dit Neville. Tu n'es pas obligé de te montrer arrogant pour exister.
-C'est facile pour toi, dit Harry en ricanant. Tu es le Survivant, le plus connu des sorciers et tu viens d'une famille de Moldus. Moi je suis le fils de James Potter et j'ai vécu avec Sirius Black, un des meilleurs Aurors du Ministère. J'adore mon Parrain, mais des fois j'ai envie d'exister en dehors de son ombre, d'être moi Harry Potter, pas le fils de mon père ou le filleul de mon Parrain.
-Je n'étais pas connu chez les Moldus, j'ai découvert ça avec les sorciers. Et tu sais quoi ? J'aime pas être connu. C'est pas pour rien que j'ai laissé pousser ma frange pendant la Première Année, j'ai pas envie d'être une cicatrice en forme d'éclair. La meilleure chose qui me soit arrivée à Poudlard, c'est pas d'être devenu le Survivant, c'est d'avoir découvert des amis, Eileen et Susan, Luna et les sœurs Patil. J'aurais mille fois préféré rester un garçon comme les autres si ça avait pu éviter à mes parents de mourir.
-Oh, je... Bien sûr, toi tu as tout perdu ce jour-là, n'est-ce pas ?
-Pas tout, dit Neville en souriant. J'ai été recueilli par une deuxième mère que j'aime énormément. Je ne quitterais ma Tante et mon Oncle pour rien au monde, ils sont ma famille, ma vraie. Mais si j'avais pu connaître mes parents, ça aurait été... Génial. A la place, j'ai des photos que ma Tante m'a offerte.
-Désolé Neville, je ne voulais pas te blesser. C'est simplement... tu sais, tu parais très... distant. Beaucoup de gens te trouvent arrogant chez les Gryffondor.
-Vraiment ? fit Neville en rigolant. Demande à n'importe quel Poufsouffle ce qu'ils en pensent, ils te détromperont rapidement. C'est simplement que les maisons ne se parlent pas entre elles. Est-ce que tu vas parler avec des Serdaigle ? Des Poufsouffle ? Je ne suis pas arrogant, je suis normal. Mais je sais qu'étant connu, les gens estiment que je ne devrais pas me conduire ainsi, c'est ça ?
-Oui.
-Eh bien je ne le ferais pas. Je compte décrocher mon diplôme, puis partir faire le tour du monde pour écrire une grande Encyclopédie des Plantes Magiques. Et quand je reviendrais, je pense que je deviendrais peut-être Professeur comme mon Oncle. J'ai vaincu Voldemort une fois, ça me suffit, maintenant je vais vivre normalement. Tu sais qu'une dangereuse Mangemort est en liberté et qu'elle est ma Tante ? Eh bien, c'est aux Aurors de la capturer, moi je n'y peux rien. Je ne suis qu'un petit garçon normal.
-Mais tu as vaincu Voldemort !
-Moi ? Non, pas vraiment. Ma mère s'est sacrifié pour moi et c'est son amour qui a détourné le sort. Moi je n'étais qu'un bébé marqué à vie.
-Et quand tu l'as vaincu en Première Année ? Et l'année dernière.
-Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Personne d'autre ne pouvait agir. En Première Année, Severus était parti, Dumbledore aussi, et je savais que si j'attendais dans ma Salle Commune, Voldemort viendrait me tuer. Et en Deuxième Année... sans cet abruti de Lockhart, j'aurais laissé Severus faire tout le travail. J'ai eu de la chance de m'en sortir et je ne compte pas recommencer de sitôt.
-Mouais. En tout cas, Neville, moi je dirais pas non à un peu de gloire acquise face au danger, pense à moi si jamais t'en as l'occasion.
-Ah, pourquoi pas ! Bon j'y vais, faut encore que je finisse mon devoir pour Severus, lui dire que j'ai passé le week-end à l'Infirmerie ne l'empêchera pas de me mettre une retenue. »
Alors qu'est-ce que vous en avez pensé ? Avant toute chose, je voudrais préciser une chose qui m'a frappé pendant que j'écrivais, lorsque Neville et Luna discutent et que Neville dit que tant qu'on a rien trouvé on est sûr de rien, ce n'est pas ce que je pense moi, je suis personnellement sceptique et partisan de la méthode scientifique, et j'aurais certainement une attitude proche de celle de Hermione vis à vis de Luna. Donc voilà, c'est juste Neville qui est... eh bien, il découvre la magie tout ça, donc il croit à tout en gros ^^
Voilà, sinon pour parler du chapitre plus en général... Oh mon Dieu, du développement de personnage ! Je sais pas si vous avez cette impression là, mais personnellement en le relisant, je me suis dit « eh mais.. je suis en train de développer des personnages sans que ce soit nécessaire à l'intrigue, c'est cool ». Donc voilà, je suis fier de cette partie là ^^
Sinon l'histoire n'avance pas vraiment, c'est juste un chapitre de transition qui amorce le cours sur les Patronus et continue l'intrigue du Quidditch, mais j'espère que vous avez aimé ^^
