Chapitre 11 : Des liens se nouent, d'autres se dénouent

Salut à toutes et à tous, ça va ? Moi ça va, désolé, j'ai encore pris un peu de retard, mais voilà le nouveau chapitre. C'est un chapitre un poil conclusif, puisque je vais terminer pas mal de sous-intrigues. Je ne sais pas trop combien il m'en reste, mais je pense qu'on s'approche à grands pas de la fin (ce qui montre bien que l'histoire s'allonge, vu que les deux derniers tomes faisaient 11 chapitres chacun :p).

En parlant d'allonger, FF trouvait mon titre trop long donc exceptionnellement, il a été transféré en tête de chapitre, plutôt que dans la case dédiée ^^

Allez bonne lecture ^^

Ce week-end là était organisée une sortie à Pré-au-Lard pour les élèves, mais parmi le trio de Poufsouffle, seule Susan s'y rendit. Eileen bien sûr avait été punie, et Neville ne pouvait plus quitter l'enceinte du château pour des raisons de sécurité.. Il voulut d'abord retrouver Eileen pour passer un peu de temps avec son amie, sachant qu'elle non plus ne pouvait pas aller au village, mais il ne la trouva nulle part dans la Salle Commune. Alors qu'il se dirigeait vers la Bibliothèque, pensant qu'elle faisait peut-être ses devoirs, il croisa Luna qui semblait chercher quelque chose.

« Salut Luna, lui-dit-il. Tu cherches quelque chose ?

-Oh salut Neville, dit Luna en souriant. Oui, les Nargoles ont encore caché mon écharpe, alors que je voulais sortir pour me promener autour du Lac. J'aimerais bien la retrouver...

-Ah oui, les Nargoles, fit Neville en serrant un peu les dents. Il avait bien vite compris que ces Nargoles n'étaient autre que des élèves de Serdaigle et ça l'énervait qu'on fasse ce genre de farces méchantes à son amie. Je vais t'aider à la chercher alors, finit-il par dire.

-Oh merci Neville, fit Luna avec un grand sourire. On trouve toujours beaucoup plus facilement à deux, n'est-ce pas ? Je pense qu'elle est en haut d'un lustre près de la tour de Serdaigle, c'est là que je la retrouve généralement.

-Dis-moi, demanda Neville. Les Nargoles ont volé ton écharpe vers quelle heure environ ? Avant le déjeuner ou après ?

-Après je crois, elle était encore sur mon lit quand je suis descendu manger.

-Pour savoir s'ils ont pu aller loin, répondit Neville en songeant que la plupart des élèves de Troisième Année et plus étaient à Pré-au-Lard à ce moment là. Tu sais, je crois que le Professeur Flitwick serait très intéressé par cette manie des Nargoles, tu lui en as déjà parlé ?

-Non, je parle rarement des créatures aux Professeurs. Ils ne comprennent pas, après tout.

-Sur ce coup-là, tu devrais, je t'accompagnerais si tu veux. Oh, ce n'est pas ton écharpe, en haut de cette statue ?

-Si, elle est là, merci Neville. Tu veux m'accompagner pour faire le tour du Lac ? Je crois que c'est un des derniers week-end qu'on aura avec de la neige et le lac gelé, je veux encore profiter un peu du paysage d'hiver avant le dégel.

-Oui, pourquoi pas ? De toute façon je n'avais pas envie d'aller à Pré-au-Lard et je n'arrive pas à trouver Eileen.

-Je crois qu'elle est avec Potter, elle traîne souvent avec lui depuis qu'elle ne parle plus à Susan.

-Vraiment ? demanda Neville, interloqué. Mais elle ne supporte pas Potter.

-Eh bien maintenant elle le supporte très bien apparemment. Je croyais qu'elle avait été infectée par des Joncheruines au départ, tu sais, ils peuvent faire tourner la tête à quelqu'un. Mais quand je lui en ai parlé, elle m'a dit que ça n'avait rien à voir et que Potter était juste sympa quand on le connaît mieux. Non, elle a pas dit Potter, elle a dit Harry, corrigea Luna de sa voix rêveuse. Je crois qu'ils sont amis maintenant. Tu crois que ça veut dire que Potter est mon ami ? ajouta-t-elle subitement. Je devrais peut-être l'appeler Harry aussi.

-Non, tu sais, les amis de tes amis ne sont pas forcément très proches. C'est des connaissances, mais à moins de devenir vraiment amis avec eux, c'est pas beaucoup plus. C'est un peu comme les élèves de ta classe, tu les vois souvent, tu les salues et leur parle un peu, mais ils ne deviennent pas automatiquement tes amis.

-D'accord, répondit Luna toujours imperturbable. Je ne suis pas habitué à avoir autant d'amis. Et je crois que je préfère n'avoir que quelques amis, quand on a trop d'amis, on peut pas vraiment en profiter, tu ne trouves pas ?

-Euh... si, peut-être. Je ne sais pas, je n'y ai jamais réfléchi. »

Luna hocha la tête et garda le silence pendant quelques instants. Neville se fit la réflexion qu'une des choses qu'il aimait le plus chez Luna, c'est qu'il n'était jamais gêné des silences qui régnaient entre eux, il n'avait pas l'impression de devoir les combler. Simplement, marcher en réfléchissant à ce qu'on venait de dire et ce qu'on allait dire suffisait. C'est donc en silence qu'ils passèrent les portes du château pour marcher le long du Lac, savourant l'air frais et le calme de l'hiver. Alors qu'ils approchaient du Lac noir gelé, Neville pensa qu'il ressemblait beaucoup à une patinoire comme ça et le fit remarquer à Luna.

« Qu'est-ce que c'est, une patinoire ? demanda la jeune fille.

-Une patinoire, c'est une invention moldue, c'est une grande étendue de glace, comme un lac gelé, ou simplement un carré de fausse glace, pour y faire du patin à glace. C'est des sortes de chaussures avec une lame en dessous pour glisser sur la glace. C'est très amusant, même s'il faut un peu d'entraînement avant de réussir à en faire sans tomber tout le temps. A une époque, j'en faisais tous les ans avec ma grand-mère. Enfin, ce n'était pas vraiment ma grand-mère, c'était la mère de mon Oncle Richard, mais comme c'était la seule personne qui se rapprochait d'une grand-mère que je connaissait je l'appelais Mamie quand même.

-Et tu n'en fais plus ?

-Non, ma grand-mère est tombée malade quand j'avais neuf ans, et elle est morte quand j'en avais dix. Un petit peu avant que je reçoive ma lettre à Poudlard. Elle n'a jamais su que j'étais un sorcier, on l'a découvert après qu'elle soit tombée malade, du coup personne ne lui a dit, pour ne pas la brusquer.

-Tu aimerais en refaire ?

-Oui, j'aimerais bien, mais ce n'est pas très amusant tout seul. Il faudrait que je trouve des patins ou que j'apprenne à en métamorphoser et l'année prochaine, on fera du patin à glace sur le Lac, si tu veux bien ?

-Oh oui, ça serait amusant, dit Luna des étoiles dans les yeux. Et je n'ai pas peur de tomber, comme je suis pas très grande, je tombe de moins haut. »

A ces mots, Neville éclata de rire, vite rejoint par Luna. Luna avait une façon très particulière de rire, pas que son rire soit disgracieux, il avait un son pur et cristallin qui était très joli, mais elle ne faisait preuve d'aucune retenue, quand quelque chose l'amusait, elle riait à gorge déployée sans s'arrêter, ce qui faisait que les gens pensaient souvent qu'elle se forçait à rire. Mais ses amis avaient appris qu'elle ne se forçait pas. En fait, Luna ne se forçait jamais à rien, ni ne se refrénait, elle avait été élevée sans barrières ni code de bonne conduite et faisait donc tout naturellement. C'était l'une des principales raisons pour laquelle elle s'intégrait si mal.

Quand elle eût retrouvé son calme, ils reprirent leur promenade autour du Lac, discutant de tout et de rien. Le paysage hivernal de Poudlard était magnifique, autour du Lac, la pelouse délicatement givrée crissait sous leurs pieds, de légers flocons tombaient du ciel, recouvrant peu à peu toutes traces de leur passage sur le givre frais de la nuit. Les arbres de la Forêt Interdite, au loin, étaient uniformément blancs, recouverts de monceaux de neige glacée, et brillaient dans la légère lumière du soleil.

Cependant, malgré la beauté du paysage, l'air restait très frais et les deux jeunes gens ne tardèrent pas à frissonner dans le Parc et à sentir leurs mains s'engourdir. Ils rentrèrent alors vers le Hall, où ils se réchauffèrent un moment à une immense cheminée, puis Neville proposa d'aller à la Bibliothèque pour poursuivre les recherches qu'ils avaient commencé sur les procès d'hippogriffes et autres animaux dangereux pour venir en aide à Hagrid. Bien qu'ils ne trouvent presque rien pour l'instant, Neville ne voulait pas laisser tomber Hagrid et continuait à éplucher les livres de la Bibliothèque avec ses amies dès qu'il avait un instant de libre.

Ils empruntèrent un des nombreux passages secrets de l'école pour se rendre plus vite à la Bibliothèque, après deux ans à fréquenter la détentrice de la Carte du Maraudeur, Neville connaissait la plupart des passages secrets de l'école par cœur. Alors qu'ils allaient sortir dans le couloir par la tapisserie représentant Merlin terrassant un énorme dragon, ils entendirent des voix dans le couloir qui parlaient fort.

« Comment veux-tu que je te pardonne ! hurlait le Professeur Vector. Tu n'aurais jamais dû me cacher ça, je te faisais confiance !

-Mais enfin, Septima, répondit la voix douce et calme de Remus Lupin. Je l'ai caché à tout le monde, même mes meilleurs amis ont dû le découvrir par eux-même. J'étais obligé...

-Tu m'as trompé, je te prenais pour quelqu'un de bien et, et... Et je découvre que tu fricotais avec des monstres !

-Comme si j'avais le choix ! Ca ne se contrôle pas, ce genre de choses.

-Voilà bien une réponse d'homme, rétorqua le Professeur Vector. »

Ils entendirent alors le bruit très reconnaissable d'une claque, puis celui de pas qui s'éloignaient. Un instant plus tard, d'autres pas s'entendirent de l'autre côté du couloir. Une fois que l'on entendit plus un bruit, Neville osa parler.

« Eh bien, fit-il en chuchotant. Je ne pensais pas que le Professeur Vector pouvait avoir de tels préjugés envers les loups-garous...

-Oh, la plupart des sorciers en ont, fit Luna en haussant les épaules. Si tous les élèves savaient ce qu'était vraiment Remus, il serait beaucoup moins apprécié dans l'école.

-Je me demande où est Eileen, dit alors Neville. Elle apprécierait beaucoup moins le Professeur Vector si elle avait entendu cette conversation. »

Pour comprendre où se trouvait Eileen à ce moment, il faut revenir un peu en arrière, au matin où Eileen, dépitée de ne pas aller à Pré-au-Lard, errait sans but réel dans les couloirs près de la Grande Salle, se demandant se qu'elle pourrait faire pour occuper son après-midi alors que tous ses amis étaient partis au village. C'est alors qu'elle croisa Harry qui semblait préparer un mauvais coup, en tout cas il avait l'air légèrement nerveux et l'attira dans une salle de classe vide à l'écart des rares regards qui auraient pu passer dans le coin.

« Eh, Eileen, tu as envie d'aller à Pré-au-Lard ?

-Oui, bien sur, répondit-elle. Mais j'ai l'interdiction d'aller au village...

-J'ai peut-être une solution, d'après Sirius, ta Carte indique quelques passages secrets pour aller au village.

-Mais il y a sûrement plein de Professeurs là-bas, comment tu veux que j'y aille sans me faire repérer ? Et même si on ne croise pas Hagrid ou Chourave, il suffit que Malefoy me voie pour qu'il me dénonce...

-C'est pour ça que je t'accompagnerais, fit-il avec un sourire complice. Sous la Cape d'Invisibilité, personne ne te verra !

-Oh, tu me la prêterais ? Vraiment ?

-Seulement si je suis là pour te surveiller bien sûr.

-Bien sûr, répondit Eileen. Merci beaucoup Harry !

-On y va alors ? Enfin, regarde la Carte, quel est le meilleur passage secret pour aller à Pré-au-Lard ?

-Attends, je regarde. »

Eileen sortit la Carte du Maraudeur, dont elle se séparait rarement, et prononça la formule sous l'œil avide de son ami. Il avait souvent entendu parler de cette Carte par son Parrain mais ne l'avait presque jamais vu en action. Ensemble, ils étudièrent les passages secrets vers Pré-au-Lard et en dénombrèrent sept. Après avoir longuement réfléchi, ils choisirent d'emprunter celui de la Sorcière Borgne, qui semblait le plus facile d'accès.

Soudainement, l'excursion à Pré-au-Lard, qui était après tout assez banale, prit une toute nouvelle dimension avec le léger parfum d'interdit qui l'entourait. Ils purent passer sans encombres par le passage et, bien qu'ils furent un peu stressés de se retrouver en plein dans le magasin de Honeydukes, ils purent le traverser sans encombres. Bien qu'ils ne purent pas profiter des boutiques, puisqu'ils étaient totalement invisibles, ils visitèrent le village et se promenèrent dans ses alentours, savourant la liberté totale dont ils jouissaient.

Alors qu'ils se dirigeaient vers la Cabane Hurlante, plus pour des raisons sentimentales que pour admirer la célèbre maison hantée, ils entendirent des éclats de voix et virent qu'ils n'étaient pas les premiers à s'y rendre. En s'approchant de plus près, ils reconnurent facilement les élèves qui se trouvaient devant la clôture empêchant de s'approcher de la Cabane, Malefoy, ses deux gorilles et Morag McDougal. De toute évidence, les trois Serpentard faisaient ce qu'ils aimaient le plus, tourmenter un élève isolé, ici la jeune Poufsouffle.

« Alors, McDougal, tu as peur des fantômes ? C'est vrai que pour une quasi Moldue comme toi, ils doivent être effrayants.

-Je...J'suis pas une Moldue, protesta faiblement Morag. Je suis une sorcière, j'ai reçu ma lettre comme vous !

-Me compare pas à toi, sale sang-de-bourbe, siffla Malefoy. Tu as moins de magie dans ta grosse carcasse bouff... »

A ce moment là, une grosse poignée de neige sale s'éclata contre sa tête, lui coupant la parole et le souffle. En effet, il y avait eu beaucoup de passage depuis ce matin à cet endroit, humain et animal, et la neige qui s'y trouvait n'était plus d'une blancheur immaculée, mais piétinée et souillée par les innombrables passages, elle était sale, à moitié fondue et même parfois carrément malodorante. Et, bien entendu, c'était les deux élèves sous la Cape qui avaient préparé une boule de neige et l'avait lancée sur Malefoy, profitant de leur camouflage pour l'assaillir sans risques.

En voyant ça, Morag éclata de rire puis, voyant Crabbe s'approcher d'elle l'air menaçant, choisit de prendre ses jambes à son cou, laissant les trois Serpentard se faire bombarder par un ennemi invisible. Cela aurait pu bien se passer si les deux farceurs n'avaient pas été aussi serrés sous la Cape. Après quelques boules de neige bien ajustées, ils voulurent changer de place, mais le pied d'Eileen se prit dans la Cape qui glissa, révélant son visage flottant dans l'air.

Aussitôt, les Serpentard hurlèrent de terreur et s'enfuirent à leur tour. Bien vite, Eileen remit la Cape sur son visage, mais c'était trop tard, le mal était déjà fait. Elle échangea un regard d'angoisse avec Harry.

-Tu crois... commença-t-il.

-Qu'ils vont tout raconter à mon Père ? Oui, je crois bien. Il faut qu'on rentre.

-Oui. Vite, il faut retourner à Honeydukes. »

Ils se dépêchèrent de faire le chemin inverse, sachant que Malefoy arriverait beaucoup plus vite, se faufilèrent le plus doucement possible dans la foule chez Honeydukes, mais Eileen était sûr qu'elle avait bousculé deux élèves de Gryffondor en passant entre eux. Finalement, ils arrivèrent devant le passage secret, retirèrent la cape et coururent le plus vite possible le long du tunnel avant d'examiner la Carte du Maraudeur pour vérifier que la voie était libre. Eileen remarqua Malefoy dans le bureau de son père et vit que celui-ci en sortait rapidement, aussi se dépêchèrent-ils de sortir du passage secret et de ranger leurs deux artefacts avant de se diriger vers la Bibliothèque. Malheureusement, avant même qu'ils n'aient pu quitter le couloir de la Sorcière Bossue, Severus et Remus les interceptèrent, l'air absolument furieux.

« Eileen, Potter, dans mon bureau, siffla Severus. »

Les deux fautifs suivirent donc les adultes jusqu'au bureau du Professeur de Potions, d'où heureusement Malefoy était parti. Là, Remus les fit asseoir avant de se placer dans un coin en les observant de ses yeux gris pâles bordés de cernes. Eileen s'aperçut que s'il était moins en colère que son père, il y avait une émotion qu'elle avait rarement vue dans ses yeux, de la déception.

« Est-ce que vous pourriez m'expliquer ce que vous faisiez à Pré-au-Lard ?! Eileen, tu sais que tu as été punie, n'est-ce pas ?!

-Je... Oui Pa... Oui Professeur.

-Et tu considères que c'est intelligent d'aller encore une fois violer le règlement de l'école ? Pour encore une fois harceler Malefoy ?!

-Il tourmentait une élève de Poufsouffle intervint Harry.

-Si j'ai besoin de votre avis, Potter, je vous le demanderais, le coupa Severus. Je me fiche éperdument de ce que faisait Malefoy, ce n'est pas à vous de l'en empêcher ! Vous êtes Préfet Potter ?

-N... non, Professeur.

-Dumbledore vous aurait engagé comme Professeur alors ? Vous a-t-il donné la moindre autorisation d'exercer votre autorité sur d'autres élèves ?

-Non, Professeur, murmura Harry en se recroquevillant sur sa chaise.

-Alors vous n'avez aucun droit de juger Malefoy ! Maintenant taisez vous et n'aggravez pas votre cas ! Eileen, tu me déçois beaucoup, je pensais que tu saurais assumer les conséquences de tes actes et donc ta punition. Je retire cinquante points à Poufsouffle et Gryffondor. Et vous serez en retenue tous les week-ends de cette année.

-Mais, le Quidditch ? osa demander Eileen.

-Je serais très tenté de vous en interdire pour l'année, siffla Rogue. Mais je vais être magnanime, vos retenues se feront tous les dimanche après-midi. Eileen avec moi, M Potter... avec le Professeur Lupin, si ça ne te dérange pas Remus ?

-Bien sûr que non, confirma Remus. Et je vais vous demander de me restituer la Carte du Maraudeur et la Cape d'Invisibilité dont vous vous êtes servis pour transgresser le Règlement. Puisque vous ne savez pas les utiliser de façon raisonnée, vous n'aurez plus le droit de les utiliser.

-Mais, protesta Harry.

-Il n'y a pas de mais, Harry, continua Remus. Je me fiche de ce que Sirius pourra en penser, je suis Professeur ici, c'est moi qui ai autorité sur toi tant que tu seras dans ce château. »

Le loup-garou récupéra les deux objets en question et les rangea dans sa robe de sorcier avant de les renvoyer dans leurs dortoirs respectifs. Une fois un peu éloignés dans le couloir, Eileen se tourna vers Harry.

« Je suis désolé, Harry, à cause de moi tu as perdu ta Cape.
-Mais non, c'est de ma faute, la rassura-t-il. Au moins autant que toi. C'est moi qui ai proposé ça et qui ai eut l'idée de la Cape, je n'aurais pas dû. Et puis Remus t'a confisqué la Carte, alors, on est quitte, d'accord ?

-D'accord, convint Eileen. Oh, j'aurais tellement préféré ne pas me lever aujourd'hui. Enfin, au moins Papa ne nous a pas collé les samedis...

-Oui, il a été plutôt sympa sur ce coup-là. Même si j'aurais jamais pensé dire ça de Rogue. »

Ils se séparèrent ensuite, chacun rentrant dans son dortoir respectif, plutôt démoralisé.

La semaine suivante eût lieu le match opposant Poufsouffle et Serpentard. Et malgré toutes les protestations de Elen, les trois Poursuiveurs sélectionnés furent Elen, Eileen et Gareth. C'était comme d'habitude Lee Jordan qui commentait le match.

« Bonjour à toutes et à tous, aujourd'hui s'affronteront les équipes de Poufsouffle et Serpentard. Honnêtement, si ça avait été le premier match de l'année, j'aurais donné les Poufsouffle comme largement favoris, mais après la démonstration assez minable qu'ils nous ont faites contre les Gryffondor, j'en suis beaucoup moins sûr maintenant. Toujours est-il que les équipes rentrent sur le terrain, côté Poufsouffle nous avons O'Neil, Davids, Rogue, Faucett, Davids, Whistle eeeeeeet Digorry ! Et pour les Serpentard, Bletchley, Flint, Montague, Warrington, Bole, Derrick eeeeeeet Malefoy ! Flint a remplacé Pucey par Warrington, un choix dans la continuité de son équipe, plus de muscles que de cervelle.

-Jordan ! protesta le Professeur McGonagall à côté de lui.

-Pardon Professeur. En tout cas, Mme Bibine donne le coup d'envoi, et c'est Davids qui s'élance et s'empare du Souaffle, est-ce que vous étonne vraiment ? Davids, passe à Rogue, qui effectue un magnifique looping pour éviter un Cognard, Warrington se précipite pour l'arrêter, mais le Cognard revient et manque de le désarçonner, il me semble que c'était un coup de Davids frère. Rogue a toujours la balle, elle évite Flint, passe à Davids, qui passe à nouveau à Rogue, Rogue devant les cages, elle tire ! Non, c'était une feinte, elle a toujours le Souaffle ! Et maintenant que Bletchley est totalement à droite, elle tire à gauche, but ! Les Poufsouffles ouvrent le score ! »

Malheureusement, cela ne dura pas, si les deux Poursuiveuses avaient pu jouer à deux cette première action, il s'avéra rapidement qu'un troisième joueur manquait cruellement. Elles tentèrent tout, jouer à deux, mais même si elles parvinrent à marquer deux buts de plus, elles finissaient le plus souvent acculées par les trois Poursuiveurs de Serpentard. Puis elles tentèrent de jouer avec Faucett, mais il ratait beaucoup de leurs passes acrobatiques, ou fonçait tout seul et essayait de passer en force, ce qui finissait tout aussi mal. Et pendant ce temps, les contre-attaques de Serpentard creusaient petit à petit l'écart, malgré le talent de Brighid.

« Rogue, Rogue passe à Davids, qui passe à Faucett, qui fonce, mais un Cognard vient le déstabiliser, et maintenant c'est Warrington qui a la balle, Warrington passe à Montague, Flint, Montague, Warrington qui évite un Cognard et il marque ! 110 à 30 pour Serpentard ! Ah, Diggory demande un temps mort, un peu dangereux, pendant qu'il briefe son équipe, Malefoy surveille sans doute le vif d'or. »

Sur le terrain, Diggory rassembla ses Poursuiveurs et les prit à part.

« Bon, il faut que vous changiez de tactique, on perd des points là !

-C'est, commença Elen, mais il l'interrompit.

-Oui, je sais, c'est Faucett qui a du mal à s'intégrer à votre jeu. Pour l'instant, adaptez vous au sien, soyez un peu plus physiques, s'il le faut ! Mais je veux voir des buts !

-T'as vu la gueule des Poursuiveurs en face ?! s'emporta Elen. Comment on peut être physique avec des mecs qui font deux fois notre poids ?!

-Allez, on s'y remet, fit Diggory en l'ignorant. »

En maugréant, les deux Poursuiveuses se remirent en place, Elen avec le ballon, qu'elle passa à Faucett. Pendant un instant cela parut fonctionner, Faucett passa en force deux Poursuiveurs, puis refit la passe à Eileen qui le suivait. Malheureusement, elle le suivait de beaucoup trop près pour manœuvrer entre les joueurs comme elle aimait le faire et en évitant un Cognard de Derrick, elle fonça dans Montague, le dernier Poursuiveur avant le but. Dans un réflexe instinctif, elle imita Faucett, rentrant la tête et protégeant le Souaffle, elle fonça dans le joueur vert et argent qui se contenta de tendre le bras. Mais, n'ayant pas la carrure du sixième année de Poufsouffle, elle eût le souffle coupé par l'impact et fut projeté en arrière, perdant sa prise sur son balai alors que celui-ci continuait à foncer vers les buts. Elle tenta de s'accrocher au balai de Montague, le manqua d'un cheveu et tomba alors en chute libre en hurlant. Elle se sentit ralentir un peu avant l'impact, puis une douleur horrible envahit sa tête et tout devint noir.

« Comment elle va ? Est-ce qu'on peut la voir ? Laissez-nous entrer, s'il vous plaît ? »

A l'Infirmerie, Mme Pomfresh devait repousser une horde d'élèves inquiets qui la harcelaient tandis qu'elle leur interdisait l'accès à la salle, voulant laisser reposer ses patients. Dans la foule, qui venait pour voir Eileen, il y avait la plupart des membres de l'équipe de Quidditch, hormis Gareth Faucett, et ses amis, Neville, Luna, Harry, les sœurs Patil, mais aussi Susan qui avait complètement oublié qu'elle était en colère contre son amie en la voyant plonger vers le sol. Mais aucun ne put la voir ce soir-là, seul Severus avait pu accéder à la Salle et il en sortit en les rassurant.

« Ça ira, elle n'est pas encore réveillé, mais elle n'est pas en danger. Elle a simplement besoin de repos et demain, tout ira bien.

-Elle a quelque chose de cassé ? demanda Neville.

-Non, elle s'est fêlée le crâne, précisa Severus. Mais ça va, Mme Pomfresh a tout arrangé, vous pouvez rentrer vous coucher. »

A contre cœur, les élèves repartirent vers leurs dortoirs. Là, ils discutèrent encore un peu du match, notamment dans le dortoir des Poufsouffle. Après la chute de Eileen, le match s'était continué, avec Callaghan en remplaçante, mais ça n'avait pas été beaucoup plus brillant, Malefoy ayant réussi à attraper le Vif à peine une minute après la reprise, il avait certainement profité de l'accident pour le localiser pendant que Diggory était occupé ailleurs. Les Poufsouffle venaient de subit l'une de leurs plus humiliantes défaites, 260 à 30 et si Diggory était parfaitement conscient que c'était sa faute, il ne se doutait pas que sa Poursuiveuse en chef repensait aussi à la défaite.

« Diggory, l'appela Elen avant que tout le monde aille se coucher.

-Davids, répondit-il. Je vais remplacer Faucett par Callaghan, ne t'en fais pas, on va essayer de sauver l'honneur sur le dernier mach, au moins.

-Ouais, mais je voulais te dire. Je suis désolée, j'aurais dû mieux me comporter avec toi cette année. Tu es le Capitaine, et un sacré bon Capitaine, si tu veux savoir. C'est aussi ma faute cette défaite, je me suis comportée en vraie peste pendant tous les entraînements et j'ai catégoriquement refusé tous les compromis, et surtout les ordres du Capitaine. J'aurais mérité d'être virée.

-Tu plaisantes, sans toi on a aucune chance !

-Non, je plaisante pas, pas vraiment. Je sais que je suis très importante pour l'équipe, j'en suis même trop consciente. Mais ce que j'ai fait m'aurait mérité un renvoi dans une vraie équipe, Liva ne serait pas fière de moi.

-Bon, ben... Merci de tes excuses, ça me touche, vu que tu aurais pu juste me balancer « J'te l'avais dit » à la figure. En tout cas, dès que Rogue sort de l'Infirmerie, on s'y remet, et cette fois-ci, les Poursuiveuses, vous m'écoutez, ok ? Je vous laisse tranquilles pour les figures et tout ce que vous voulez, mais c'est quand même moi le Capitaine.

-Oui, chef ! »

En raison de l'ambiance morose qui régnait dans la Salle Commune après la défaite, la plupart des Poufsouffle allèrent se coucher tôt, et l'équipe en premier lieu. Bientôt, tout fut silencieux dans la Salle Commune et les dortoirs, le seul bruit que l'on pouvait entendre était la respiration calme des élèves endormis. Puis soudain, un grand cri déchira le silence, aussitôt suivi par des dizaines d'autres bruits, des pas précipités, les cris des élèves réveillés en sursaut, l'agitation gagna rapidement tout le dortoir. Si les cris avaient débuté dans les dortoirs des filles, très vite la quasi-totalité des élèves se retrouvèrent dans la Salle Commune, tandis que les Préfets tentaient de ramener l'ordre.

« Stop, stop, stop ! hurla Gabriel, le Préfet de Septième Année. Allez tous vous recoucher, le couvre-feu est passé depuis longtemps !

-C'est Susan Bones qui s'est réveillée en première, rapporta Musca Rodens, son homologue. Elle a fait un cauchemar où elle aurait vu Fawley.

-Ce n'était pas un cauchemar, intervint Susan, blanche comme un linge. Elle était là, vraiment.

-Qu'est-ce que c'est que tout ce raffut ? tempêta Mme Chourave en entrant dans la Salle Commune en chemise de nuit. Il est trois heures du matin, vous risquez tous une retenue !

-Une élève a fait un cauchemar, Madame, expliqua Gabriel. Elle a réveillé tout le dortoir, je suis désolé.

-Mais ce n'était pas un cauchemar elle était là ! Avec un couteau, elle a déchiré mes rideaux, vous pouvez venir voir !

-Qui était là ? Quel couteau ?

-Agathe Fawley ! Elle a failli me tuer !

-Mlle Bones, s'il vous plaît, commença Mme Chourave.

-Mme, s'il vous plaît, intervint Morag d'une petite voix. Je crois que vous devriez venir voir, il... les rideaux de Susan sont bien déchirés. »

Mme Chourave cligna deux-trois fois des yeux, puis monta rapidement au dortoir des Troisième Années où elle vit qu'un des lits avait en effet été sauvagement tailladé. En s'approchant, elle buta dans un objet qui fila en tourbillonnant sur le sol, un énorme couteau de cuisine frappé des armoiries de Poudlard. Elle le ramassa, regarda à nouveau les rideaux déchirés et se tourna vers les Préfets.

« Les Préfets, s'il vous plaît, dit-elle d'une voix blanche. Je vais vous demander de conduire tous les élèves calmement vers la Grande Salle. Je vais aller prévenir le Directeur que Agathe Fawley a à nouveau pénétré dans l'enceinte de l'école. »

Après avoir donné ses instructions, elle sortit, courant presque dans les couloirs. Les Poufsouffle obéirent alors, se rangeant plus ou moins calmement puis partirent vers la Grande Salle, encadrés par les Préfets. Si plus personne ne criait, tout le monde chuchotait, y compris les Préfets qui semblaient tout aussi inquiets que la plupart des élèves. Neville parvint à se rapprocher de Susan et lui demanda.

« Susan, ça va ? Tu n'as rien ?

-Non, c'est bon, répondit-elle en tremblant un peu. Elle... Je n'ai pas compris, je dormais, puis soudain, je me suis réveillée, et j'ai vu sa figure, sale et hirsute au dessus de moi, elle tenait cet énorme couteau, et elle m'a regardée. Puis j'ai hurlé, et elle s'est enfuie aussitôt. Je ne comprends pas, pourquoi elle ne m'as pas attaquée ?

-Peut-être qu'elle ne voulait pas perdre de temps ? Mais pourquoi aller dans le Dortoir des Filles ? Je suis dans l'autre dortoir...

-Elle s'est peut-être trompée ? demanda Morag, qui se trouvait à coté d'eux. Elle n'est pas venue dans cette école depuis des années et elle est à moitié folle. Elle n'a pas dû s'y retrouver. Mais comment une élève de Troisième Année peut l'avoir fait fuir ? Je veux dire, il n'y avait rien de plus facile que de te faire taire, Susan, puis de changer de dortoir, c'est pas comme si on aurait pu se défendre.

-Elle a peut-être eu peur d'être capturée par les Professeurs, hasarda Neville. Après tout, comment on peut savoir comment elle entre ou sort de l'école ? Si elle a besoin de temps pour sortir, elle ne pouvait pas en perdre ici... »

Finalement, ils arrivèrent dans la Grande Salle, où ils furent rapidement rejoints par les trois autres Maisons, puis par Dumbledore, qui semblait à présent extrêmement inquiet. Il tenta de rassurer les élèves en expliquant que le château était fouillé de fond en comble et qu'il n'y avait plus de danger, mais tout le monde savait qu'ils ne retrouveraient pas plus Fawley que la dernière fois qu'elle s'était introduite chez les Poufsouffles. Et c'est donc dans un sommeil agité que sombrèrent un par un les élèves de Poudlard, tandis que leurs Professeurs fouillaient en vain le château.

Le lendemain matin, tous se précipitèrent à l'Infirmerie pour voir comment allait Eileen et, cette fois-ci, Mme Pomfresh les laissa entrer pour trouver la jeune fille sur son lit, le crâne enroulé dans un bandage mais apparemment parfaitement remise. Elle se leva aussitôt en les voyant approcher et se précipita vers Susan pour la serrer dans ses bras.

« Oh Susan, dit-elle en l'étreignant. Mon père m'a dit ce qu'il s'est passé hier, j'ai eu si peur ! Et si tu avais été blessée alors qu'on était encore en froid, je l'aurais pas supportée ! Je suis tellement désolée !

-C'est moi qui suis désolée, Eileen, répondit la brunette en étreignant aussi son amie. Je n'aurais pas dû t'accuser, tu as fait tout ce que tu pouvais pour empêcher Patterond de croquer Glouton, ce n'est pas ta faute.

-Non, je n'aurais pas dû m'énerver, c'est vrai que Pattenrond a été horrible et qu'il m'a peut-être échappé ce jour-là, je suis désolée pour Glouton.

-Mais non, fit Susan en relâchant son étreinte. C'était un vieux rat, il était au bout du rouleau, ça a peut-être même été plus rapide comme ça. Hagrid a raison, notre amitié vaut plus qu'un malheureux rat.

-Oui, désolée. Mais ça va ? Tu n'as pas été blessée par Fawley hier soir ?

-Et toi, ça va ? Mme Pomfresh a soigné ta tête ?

-Oui, oui, ça va » répondirent-elles en même temps avant d'éclater de rire.

Eileen alla ensuite se rasseoir dans son lit, tandis que tous ses amis se plaçaient en cercle autour d'elle. Cédric lui fit le même mea culpa qu'il avait fait à Elen la veille, et elle convint comme sa partenaire qu'elle était sans doute un peu en faute aussi. Puis ils bavardèrent ensemble jusqu'à l'heure du déjeuner où Mme Pomfresh fit sortir tout le monde de l'Infirmerie, y compris Eileen, une fois qu'elle eût retiré son pansement.

Et voilà, qu'est-ce que vous en avez pensé ? Personnellement, ma scène préférée, c'est la discussion entre Neville et Luna, qui n'était absolument pas dans le plan et est juste là pour le remplissage XD

Je plaisante à moitié, mais c'est vrai que c'est le genre de scène pas prévues que j'ajoute pour essayer d'étoffer un peu l'histoire et surtout de développer les personnages. Sinon voilà, Remus a confisqué la Carte et la Cape, ça lui sera utile pour la fin, et Eileen et Susan sont réconciliées. Bon, j'aurais pu faire ça d'une façon moins violente, honnêtement, mais une petite réconciliation après avoir frôlé la mort, ça fait pas de mal :p

Tiens, petite question, est-ce que certains ont deviné comment Agathe parvient à pénétrer le château ? Parce que en me relisant, je me suis aperçu qu'à ce stade, on a tous les indices qui pourraient permettre de le deviner, enfin, en lisant toute l'histoire d'une traite, j'imagine, j'avoue que mes délais de parution n'aident pas à mémoriser les petits détails ^^

Bref, j'espère que ça vous a plu et à la prochaine :D