Elle s'éveilla lorsque les rayons du soleil entrèrent dans la chambre au petit matin. Perdue, elle considéra Ren et se serra contre lui. Il y avait de pire endroit sur terre où se réveiller. Là dans la clarté de l'aube naissante, baignant dans sa chaleur elle observa son petit ami. Il était beau comme toujours, mais l'expression de son visage était soucieuse. Il murmura quelque chose qu'elle ne comprit pas. Elle le réveilla. Il avait l'air perdu. Ses beaux yeux se fixèrent sur elle.

- Je ne la laisserai pas te reprendre. Je t'aime Kyoko.

- Merci, Ren.

Un peu tendus ils appelèrent maitre Yamamoto. Elle leur résuma la situation. Saena avait fait venir un psychiatre pour étayer son mensonge mais le message de Kyoko qui avait fait le tour du Japon, faisait planer le doute sur la véracité de son accusation. De son côté maitre Yamamoto avait constitué un dossier avec tous les témoignages de son entourage. Mais elle aurait besoin d'une contre expertise médicale, Kyoko avait pour cela rendez ce matin chez un psychiatre renommé. Ren l'amènerait.

Kyoko remercia son avocate et raccrocha. Elle regardait Ren qui regardait les infos à la télévision.

- Toute cette histoire sera réglée ce soir, dit-elle doucement. J'espère que ce docteur est gentil.

- Et moi j'espère que tout va bien se passer.

Ils mangèrent leur petit déjeuner et Kyoko remit ses habits de la veille. Elle s'évertuait à en défroisser les plis quand elle sentit le regard de Ren sur elle. Elle leva la tête et il lui sourit, puis il prit sa main, la baisa et la conduisit jusqu'à sa voiture. Kyoko avait changé de perruque elle etait maintenant brune avec de long cheveux raides. Puis Ren se gara devant le cabinet du médecin, il la serra contre lui et l'embrassa. Elle était terrorisée. Ils marchèrent jusqu'au cabinet du docteur et frappèrent à la porte. Un vieux messieur au front dégarni vint leur ouvrir.

- Kyoko-San je présume, dit il d'une voix douce. Entrez.

Elle sourit à Ren, un sourire qui se voulait rassurant, et entra à la suite du docteur.

Le psychiatre hochait la tête pour ponctuer ses phrases, après 5 minutes de discussion il avait compris que Kyoko était on ne peut plus normale. Il commença à rédiger son rapport pour Maitre Yamamoto. Il en donna une copie à Kyoko.

Dans la salle d'attente un groupe de fan s'était constitué autour de Ren, prenant peur Kyoko passa devant lui sans l'attendre. Elle se dirigeait vers sa voiture quand une des groupies la reconnut.

- Mais c'est Kyoko-chan qui est recherchée partout.

Et elle brandit son téléphone pour prendre une photo. Ce fut le déclic pour Kyoko elle prit ses jambes à son cou et s'enfuit dans la rue. Là elle vit un vélo qu'elle "emprunta" et disparut dans la circulation de la rue. Ren était atterré il avait perdu Kyoko. Penaud, il téléphona à Maitre Yamamoto pour lui annoncer la catastrophe.

Elle ne savait pas où aller, elle s'arrêta dans un centre commercial. Elle s'acheta une paire de lunettes noires et un chapeau. Dans une boutique de bijoux pour portable elle s'arrêta devant un présentoir qui vendait des miniatures d'animaux. C'est le poulet qui lui souffla une idée. Boo. Elle allait se cacher dans la mascotte!

Après avoir manger elle "emprunta" un autre vélo et rejoignit les studios de TV. Elle se glissa furtivement jusqu'au studio de Bridge Rock et enfila son costume de la mascotte. Puis elle chercha les studio du journal télévisé, y entra et se posa dans un coin. Il faisait chaud et dans son costume elle était à l'abrit aussi elle s'endormit. Lorsqu'elle se réveilla tout le monde s'agitait autour d'elle, mais personne ne fit attention à elle. Puis le journal télévisé commença. Après quelques minutes, elle sortit de sa cachette et ota le costume du poulet. Elle respira profondement et monta sur le plateau.

- Je suis Mogami Kyoko, j'ai 18 ans et je ne suis pas folle, cette expertise médicale l'atteste. Je suis désolée d'interrompre ce programme mais je ne peux pas me cacher éternellement. Je suis élève au lycée des mimosa et je suis la major de ma promotion. Tous les gens que je côtoie sur les plateau de tournage peuvent attester que j'ai toute ma tête. Ma mère veut que j'abandonne ma carrière d'actrice pour faire de la médecine. Comme je suis majeure elle a inventé cette histoire de retard mental mais c'est un ignoble mensonge.

Ren fut le premier à réagir en regardant la télé, il s'écria :

- Kyoko là ! Au journal !

Il prit les clés de sa voiture et suivi de Maitre Yamamoto et de Yashiro-san il sortit du bureau de Lory.

- Elle est vraiment maline cette fille. Elle est hors d'atteinte maintenant, déclara l'avocate, dépêchons nous !

Une fois son discours fini Kyoko sauta dans le costume de Boo et disparut dans le couloir. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire elle se dirigeait vers le parking où elle avait laissé son vélo.

Elle tomba littéralement devant Ren et Maitre Yamamoto.

- Kyoko, ça va ? lui demanda Ren en l'aidant à se remettre debout.

Le costume de Boo était tout sale et Kyoko pleurait. Soudain l'ascenseur s'ouvrit vomissant une dizaine de personnes dans le parking. D'autres curieux arrivaient par les escaliers. Ils ne pouvaient plus fuir.

Alors Kyoko ota la tête de son costume. Ses grands yeux étaient plein de larmes. Quand elle vit arriver sa mère elle sauta hors de son costume et se rapprocha instinctivement de Ren.

- Tu viens avec moi maintenant, dit cette dernière.

- Pas question, Rétorqua Ren.

- Laisse cette enfant tranquille, dit une belle voix grave dans la foule.

Le propriétaire de la belle voix grave s'avança vers eux. Saena blêmît. Il était grand et avait des cheveux châtains assez dépeignés. Il avait de beaux yeux d'ambre... Les même yeux que Kyoko.

- Je suis Misonoi Kazushi, chef de la police à Osaka. Je suis le père de Kyoko-chan.

Kyoko le regardait avec de grand yeux. Son père... Elle ne l'imaginait pas trop comme ça. Il était beau et avait l'air bienveillant, et surtout il prenait sa défense.

- Tu n'as aucun droit sur elle, cria Saena furieuse

- Toi non plus Kyoko-chan est majeure. Si tu dois en prendre à quelqu'un Saena, c'est à moi pas à elle. Laisse la vivre son rêve.

- Tu n'es qu'un traitre Misonoi, tu m'as séduite pour me soutirer des informations.

- Je l'avoue je dois mon poste à ces informations, elles m'ont aidé à démanteler un vaste réseau de trafic de drogue. Mais je t'aimais sincèrement et Je suis heureux de découvrir notre fille.

Ren était sous le choc, le président qui venait d'arriver prit alors la parole.

-Pouvons nous régler ce problème loin des cameras, demanda-t'il et comme personne ne répondit il enchaîna, Ren conduit Mogami-san au bureau. Vous suivez moi dit il aux parents de Kyoko et Yamamoto-san.

Au premier feu rouge Ren se tourna vers Kyoko.

- Bien joué d'aller au Journal Télévisé ! Tu es rusée comme le renard. Je suis fière de toi !

- J'ai jamais eu aussi peur de ma vie. Je veux juste rentrer et me coucher, dit-elle.

- Pas encore, il faut que ta mère retire sa plainte, dit Yashiro-san.

- Elle risque de perdre la face. Kyoko semblait triste à cette idée.

- Oui mais après ce qu'elle t'a fait on ne va pas pleurer pour elle, marmona Ren.

- Ca lui fera peut-être du bien de parler avec mon ... Père, ajouta Kyoko.

- Tu lui ressemble beaucoup, ça a dû être dur pour ta mère. La voix de Yashiro-san était grave et triste.

- oui, murmura Kyoko, je ne sais pas comment je réagirai si tu me trahissais. Rien que d'y penser me donne envie de pleurer !

- Ça n'arrivera pas je te le promet, promit Ren.

Arrivés au siège de la LME ils garèrent la voiture et prirent l'ascenseur jusqu'au bureau du Président. Ce dernier les avait devancé, tout le monde était là, même Kanae et Chiori étaient présentes, au grand soulagement de Kyoko.

Lory fit amené des chaises et tout le monde s'assit dans le calme. Le silence pesait comme une chappe de béton sur l'assistance. Ce fut Kyoko qui le rompit :

- Je veux continuer mon travail d'actrice, affirma-t'elle.

- C'est d'accord, dit Saena, vaincue, mais te voir réussir me rend malade, je te déteste et je ne veux plus te voir du reste de ma vie.

- Kyoko-chan, voulez vous poursuivre votre mère en justice pour diffamation? Demanda Maitre Yamamoto.

Kyoko regarda sa mère et réfléchit. Cette dernière avait pris 10 ans en une nuit. Kyoko eut pitié.

- Non. Je n'interviendrai plus dans ta vie s'adressa-t'elle à sa mère. Tu ne me verras plus. Je comprends que ma vue te soit insupportable.

- Voici ma carte Kyoko-chan, déclara son père, contrairement à ta mère je serai ravi de faire ta connaissance. Je suis un homme occupé mais tu peux me joindre quand tu veux.

- Merci monsieur répondit Kyoko.

- Appelle moi Misonoi, fit il dans un sourire charmeur.

- Euh... Merci, Misonoi-san, reprit elle. Président je sais que ma mère vous a causé du souci mais s'il vous plait ne déposez pas plainte.

-Si c'est toi qui le demande c'est d'accord, dit à regret le président.

Misonoi Kazushi-san attira Saena vers lui

- Viens, on y va. Excuse toi et dit adieu.

- Je vous présente mes excuses, murmura Saena. Sayonara.

Kazushi-san l'entraîna hors de la pièce. Une fois la porte refermée Kyoko tomba à genoux et se mit à pleurer. Ren s'agenouilla à côté d'elle et la prit dans ses bras.

- Sshutt tout va bien. On va rentrer nous aussi.

S'adressant au président il lui dit:

- Je ramène Kyoko chez elle. Bonne soirée.

- Prends bien soin d'elle Ren.

Il ne répondit pas mais fit un signe de tête, puis prit Kyoko dans ses bras la porta comme une princesse jusqu'à la porte.

- Il vaut mieux que je marche toute seule, dit Kyoko, les photographes doivent nous attendre.

Il passa le seuil fit quelques pas puis la posa délicatement sur le sol et marcha jusqu'à l'ascenseur. Elle hésita puis le suivit quelques pas derrière lui. Tout le long du chemin jusqu'à sa voiture elle ne leva pas les yeux. Dans le parking la place était libre les journalistes étaient partis. Elle soupira. Il deverouilla la voiture et ouvrit la portière pour Kyoko. Elle lui sourit et monta dans la voiture. Il se mit au volant et se fraya un chemin dans le traffic jusqu'au Daruma-ya.

Une fois là-bas il laissa à regret sa Kyoko aux mains de l'okami. Elle avait besoin d'être maternée, elle était entre de bonne main. Il l'embrassa tendrement et rentra chez lui, épuisé.