Ren rentra chez lui comme un zombi. L'idée même de perdre Kyoko le terrifiait. Il téléphona à Yashiro-San pour être rassuré mais ce dernier était injoignable. Déçu il mit la télé, sur l'écran géant de son salon les images de l'émeute de l'après-midi étaient effrayantes. Qu'avait il fait ? Kyoko allait devoir se prendre un garde du corps... Comment rendre ses fans raisonnable ? Il regarda son blog... Une suite sans fin d'insultes sur Kyoko. Il eut envie de pleurer et de prendre Kyoko pour aller vivre sur une ile déserte loin de tout ça. Mu par un besoin d'honnêteté il écrivit son ressenti et sa profonde indignation face à la réaction de ses fans. Il posta le message et se coucha après un dernier texto à Kyoko qui ne répondit pas.
Il venait de sombrer dans le sommeil quand son téléphone sonna. Fou d'espoir il décrocha aussitôt.
- Tu as décidé de me gacher la vie ! C'est pas vrai ! Qu'est ce qui t'a pris ? Tu aurais du m'en parler. C'est complètement égoï...
- Laisse moi parler ! Je sais, Yukihito. Je sais !
- Tu réalises que tu viens de saboter ma demande en mariage ?
- Quoi ? Euh félicitations... Raccroche maintenant ta fiancée t'attend. Je suis vraiment désolé. A demain.
- Elle t'aime ne te torture pas inutilement, elle sait pardonner. Pas comme moi, demain je te tue !
- Bonne nuit Yukihito.
Ren se recoucha, heureux pour son ami. Il dormait à poing fermé quand on sonna à la porte. Un coup d'oeil rapide à son portable lui indiqua qu'il était 2:46 et qu'il n'avait pas de nouveaux messages. La sonnerie resonna une deuxième fois dans le silence de la nuit, en pyjama Ren alla ouvrir.
- Kyoko ! mon amour... Je suis vraiment désolé ma chérie. J'ai été égoïste je te demande pardon.
- Laisse moi entrer et ferme la porte, je ne pense pas avoir été suivie mais restons prudents.
- suivie ?
- Elles ont débarqué chez moi il y a une heure et ont jeté des cailloux sur les fenêtres du Daruma-ya.
- Elles ?
- Des filles du lycée. Elles connaissaient mon adresse. Le restaurant n'est plus sûr alors je suis venue ici.
A ce point du récit Kyoko se mit en colère.
- Elles sont complètement connes, si elles pensent que je vais te laisser tomber !
- Tu peux emménager avec moi, dit Ren timidement... On refera la déco pour que tu te sentes chez toi...
- Tu es sérieux ? Demanda kyoko.
- On ne peut plus sérieux !
Il avait l'air serieux, Kyoko hésita :
- C'est un grand pas à sauter...
Puis aprés un temps de reflexion, elle répondit :
- OK, d'accord, au moins je sais que tu mangeras bien !
- On ira manger au Daruma-ya toutes les semaines, promis. Demain matin on ira chercher tes affaires. Je suis trop heureux que tu viennes vivre avec moi ! Il faut que je trouve le moyen de calmer mes fans mais d'ici là je demanderai à Lory un des gardes du corps de la compagnie. Encore une fois je suis désolée Kyoko, je ne m'attendais pas à ça.
- Il faudra qu'elles s'y fassent, tu es à moi, rien qu'à moi, dit'elle en souriant malicieusement. Nana m'a contactée pour me présenter ses excuses. Elle m'a expliqué comme elle souffrait de devoir garder secrète sa relation avec sa copine. Je comprends. Je t'aime Ren.
Elle l'embrassa puis bailla
- Au lit maintenant il est tard dit Ren.
- Dans notre lit, murmura Kyoko.
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Elle préparait des bentos pour midi quand Ren émergea, les cheveux ebouriffés et les yeux gonflés de sommeil.
- Bonjour, tu as bien dormi ?
- Je dors toujours bien quand tu es là.
La sonnerie de la porte d'entrée retentit et Ren ouvrit sur un Yashiro-san aux traits tirés.
- Je vois que je n'ai pas tout gâché, marmonna Ren en rigolant.
Ce fut le déclic à l'engeulade de sa vie. Kyoko, qui n'avait jamais vu le manager en colère, fut trés impressionnée. Mais Ren le méritait ! Bien fait pour lui ! Quand Yashiro-san fut calmé, Ren s'excusa platement puis Kyoko les forca à manger le délicieux petit déjeuner qu'elle avait préparé.
- félicitations, dit Ren
- Pourquoi ? Demanda Kyoko
- Yuriko-san et moi somme fiancés. Yashiro-san bafouillait c'était chou. Nous nous marions le mois prochain. Ren, tu es un boulet mais veux tu bien être mon témoin ?
- Félicitations, s'écria Kyoko. Tous mes voeux de bonheur.
- Tu peux compter sur moi dit Ren, ému, encore une fois je suis désolé.
- Maintenant, allons réparer tes conneries. Yashiro-san jetta un coup d'oeil énervé à son ami.
- Je suis vraiment sincérement désolé. Kyoko-chan va venir vivre avec moi car son adresse au Daruma-ya est connue.
- Très bien, elle sera en sécurité. Je téléphone au président pour qu'il lui alloue un garde du corps pour quelques temps.
Ils sortirent de l'appartement et montèrent dans voiture du manager. Puis Yashiro-san mit le cap sur le building de la LME. Dans le bureau du président, déguisé en Dracula, l'ambiance était tendu. Ren serrait Kyoko dans ses bras, il venait de se faire engueuler pour la seconde fois de la journée et il n'était pas 9 heures... Il se sentait dépassé par les événements et aurait donné n'importe quoi pour revenir en arrière.
Kyoko était sereine, elle avait l'air fatigué mais elle était calme. Elle considérait avec étonnement l'homme qui venait d'entrer dans la crypte-bureau du président. Presque aussi grand que Ren et très massif, il était impressionnant, pas étonnant s'il soit garde du corps. Lory le présenta à l'assistance.
- Je vous présente Kenji Koira, je l'ai engagé pour être le manageur de Kyoko.
- Un manageur, s'écria Kyoko.
- Enchanté, Kyoko-san. Je suis un ancien judoka et j'ai managé toute une équipe sportive pendant 10 ans. Je serais ravi de bosser avec vous.
- Enchantée Koira-san. Je m'en remets à vous, dit poliement Kyoko.
- Appellez moi Kenji, répondit'il.
- Seulement si vous me tutoyez.
- Ok cette semaine. Je vais vous suivre toi et Yashiro-san pour me faire à ton emploi du temps. Et Lundi prochain je te prends sous mon aile. Si j'ai bien compris les fans de Ren te harcèlent, je te protègerai.
- Merci Ko... Kenji-san. Allons y, je débute le tournage du Lotus in the mire dans 45 minutes. Merci beaucoup président, je vous souhaite une bonne journée.
Yashiro-san, Kenji-san et Kyoko sortirent du bureau laissant Ren seul face au président.
- Tu as vraiment merdé sur ce coup là, Ren.
- Je sais, dit'il piteusement.
- Tu pars en Islande dans trois semaines, comment comptais tu la protéger.
- J'ai mal anticipé la réaction de mes fans, répondit Ren.
- Bon il fallait bien que ça se sache un jour. C'est fait c'est fait. Ne t'inquiète pas avec Kenji-san elle est en sécurité.
- Merci, murmura Ren penaud.
Il quitta le président pour un shooting photo mais il ne fit pas du bon travail, il s'inquitait trop pour Kyoko. Ses sourires étaient crispés et il n'arrivait pas à se détendre. Il demanda 5 min de pause pendant lesquelles il téléphona à Yashiro-san. Les nouvelles étaient bonnes, personne n'attendait Kyoko sur le plateau de tournage. Ren fut rassuré et son travail s'en ressentit.
Après une après midi de tournage pour une pub pour un parfum, il rentra chez lui. Dans le hall se trouvaient 6 cartons et une valise. Une bonne odeur parvenait à son nez depuis la cuisine.
- Kyoko ?
- Le diner est presque prêt, tu mets la table ?
Il passa derrière elle et vola un bisous. En s'etirant pour prendre les assiettes il lui demanda comment s'était passé sa journée.
- Calme, en fait. Même au lycée les filles s'étaient calmées. Faut dire que Kenji-san m'a accompagnée jusqu'à la porte... Il est super, je l'adore. Il a déjà pris en main mon emploi du temps et à fait des modifications pour que ce soit plus facile pour les déplacements.
- Tant mieux.
- Il m'a aidée à déménager mes cartons. Je t'envahis pour de bon ! Lui dit'elle.
- Tant mieux. Répéta Ren.
Ils mangèrent en regardant la télé puis entreprirent de faire de la place dans le dressing pour les habits de Kyoko.
- oh ! Mon coussin mouton ! dit Ren
- J'ai tellement hésité à t'offrir ça. Ce n'est pas du tout ton style. Mets le dans le carton.
- Pas question je l'adore ce coussin, il est tout doux.
Une fois leur travail achevé l'appartement croulait sous les cartons de "vieux" habits de ren.
- Tu vas faire des heureux déclara Kyoko.
- Des heureux d'1m90, répondit Ren en riant.
- On peut faire des ourlets...
Ren était heureux de voir les habits de Kyoko suspendus à côté des siens. Il était heureux de l'avoir à ses cotés. Bizarrement il se sentait enfin chez lui.
- Alors on change quelle déco? Tu veux qu'on aille faire les boutiques samedi ?
- J'aimerais mettre de la couleur dans la salle de bains. Pourquoi pas du turquoise ? Et aussi acheter un tapis pour la chambre. Sinon je me sens bien chez toi.
- Chez nous. C'est chez nous maintenant. J'ai demandé au concierge qu'il ajoute ton nom sur la boite au lettre.
- OK, chez nous...
