Leur voyage commençait bien ! Il y avait un typhon dans le sud de l'archipel et leur avion était ballotté dans de grosses turbulences. Ren, qui n'aimait pas l'avion était mort de peur et s'accrochait au bras de Kyoko. Pour ne pas rajouter à son stress cette dernière cachait sa propre peur, heureusement qu'elle était une bonne actrice ! Ren était livide et gémissait doucement à chaque secousse. Puis l'avion sortit de la zone de turbulences et le reste du trajet fut plus calme. Ren regarda son amoureuse dormir, lui-même était toujours trop tendu pour se reposer, malgré le calmant qu'il avait pris avant de partir. Il regardait Kyoko, il aurait pu la regardait des heures entières. Dans son sommeil elle apparaissait si fragile, elle était si jolie aussi, Ren eu envie de l'embrasser.

Une fois arrivés à Paris, Ren eu la mauvaise surprise de ne pas trouver sa valise. Bougon il demanda à une employée de l'aéroport qu'elle lui soit livrée à son hôtel. Il donna l'adresse et son numéro de téléphone mais il n'était pas sûr qu'elle ait compris. Heureusement il avait quelques affaires de rechanges dans son sac à dos.

Fatigué il hella un taxi, ce dernier ne parlait pas anglais et se mit à râler quand il lui tendit un papier avec l'adresse de l'hôtel. C'était un petit hôtel de charme dans Montmartre. Le taxi démarra en jurant contre les autres automobilistes. Ren ne comprenait du français que les insultes... Sa mère etait très amie avec Jean Paul Gaultier et ce dernier lui avait appris à jurer en français, du coup quand elle disait un gros mot devant son petit garçon elle le faisait en français. Jusqu'à ce que Kuon les répète!

Quand il arrivèrent à l'hôtel, ils prirent une bonne douche et bien qu'il soit dix heures du matin Ren fit une sieste. Kyoko était déçue, elle avait dormi dans l'avion et se sentait en pleine forme pour visiter la capitale française. Ren dormit 3 heures et se réveilla difficilement en maudissant les décalages horaires. Cela fit rire Kyoko, il avait un air de chien battu assez irrésistible et sa barbe de deux jour lui donnait un petit coté sexy. Alors elle s'approcha de lui pour l'embrasser. Il en profita pour l'attirer jusqu'à lui et commença à la caresser en aventurant ses mains sous ses habits. Il lui fit l'amour passionnément en lui susurrant des "je t'aime" en français. Cela fit rire Kyoko. Elle le poussa sur le dos et le chevaucha, Ren peu habitué à ce qu'elle prenne les choses en main se laissa faire docilement. Dieu que c'était beau de la voir se déhancher au dessus de lui. Mais bientôt elle atteignit l'orgasme et il suivit quelques minutes plus tard. Ils s'aimaient, ils étaient dans la ville des amoureux, tout était parfait.

Puis ils sortirent pour se restaurer. Ils trouvèrent une brasserie encore ouverte en bas de la rue. Le menu était en français, sans photo. Ren reconnu le mot steack et commanda deux portions avec du vin, qu'il choisit au hasard parmis les vins de la carte, il ne savait même pas si il avait commandé du blanc ou du rouge, il avait juste reconnu "bourgogne" sur la bouteille. Quand les steacks arrivèrent ils étaient crus, Kyoko et Ren se regardèrent d'un air perplexe puis éclatèrent de rire. Ren était prêt à demander au serveur de les faire cuire mais Kyoko vit un couple manger la même chose qu'eux. Cru ! Elle gouta, c'était étrange mais pas mauvais, aprés tout elle aimait bien les sushi... Ren gouta aussi et pour une fois, lui qui était si chochotte avec la nourriture, il adora. Il nota mentalement le nom du plat : steack tartare. Les français mangeaient des choses trés bizarres!

Après leur repas ils se baladèrent dans Montmartre, Kyoko se fit faire un portrait au fusain. Ren était ravi il l'afficherai dans leur chambre. Il burent un café dans un bistrot. Tout était tellement comme dans les films, les femmes étaient si belles et élégantes mais tout le monde avait l'air très pressé.

Après manger Kyoko proposa d'aller au moulin rouge, Ren qui n'aimait pas ce genre de spectacle tiqua, mais Kyoko avait l'air décidé. Au final elle fut très déçue, elle avait trouvé le spectacle ennuyeux. En rentrant à leur hôtel ils passèrent par la rue des sexshops et des cinémas pornographiques. Ren pressa le pas, il trouvait l'endroit glauque. Mais Kyoko insista pour entrer dans une des boutiques du sexe.

- Tu te dévergondes mon amour, la taquina Ren.

- Je ne veux pas mourir idiote et Nana-san m'a donné quelques conseils pour pimenter nos nuits.

- Moi j'aime quand on fait l'amour, pas besoin de gadgets, dit Ren.

- Mon dieu c'est quoi ce truc ?

- Un gode, ma chérie...

- Je sais, mais t'as vu la taille ? Kyoko semblait incrédule.

- Ok, c'est bizarre comme conversation... Donc, pour pimenter notre vie de couple, que dirais tu de cette huile de massage comestible ? Proposa Ren, un sourire coquin aux lèvres.

- Oh... OK... Et je prends un déguisement de soubrette ? C'est tellement français...

- Perso je préfère l'infirmière. Prends les deux ! Dit son amoureux en riant.

Il rirent beaucoup et sortir avec un plein sac de marchandises qu'ils s'empressèrent d'aller essayer.

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Ren souriait, il avait passé une trés bonne nuit... que dis-je une trés trés bonne nuit ! Il descendit pour commander le petit déjeuner, c'était plus simple de montrer ce qu'il voulait en personne plutôt qu'au téléphone. A sa grande surprise sa valise l'attendait près de la reception.

- Bonjour, le salua la receptionniste, vous l'avez reçu hier soir mais vous étiez... euh…comment dirais je... occupés !

Ren rougit violement et remercia Dieu que Kyoko ne sois pas là. Il chercha à détourner la conversation. Sur le comptoir du lobby il remarqua un journal plié, sur la une, l'image montrait une manifestation de personnes portant un gilet jaune dans une ambiance apocalyptique. Il demanda à la réceptionniste ce qui ce passait. Elle lui expliqua dans un anglais approximatif que les gens des classes moyennes étaient en train de se révolter un France et au départ c'était parti d'une taxe sur le carburant, d'où les gilets jaunes, obligatoires dans les voitures.

Ren était fasciné par le peuple français et son aptidue à se rebeller. Mais il était ennuyé car il avait prévu d'aller sur les champs Élysée avec Kyoko. Il remercia la réceptionniste et remonta réveiller Kyoko.

Après leur nuit de folie elle avait du mal à ne pas rougir devant son petit ami mais Ren fit comme si de rien n'était et déposa le petit déjeuner à côté d'elle. Elle retrouva son string en perle et fit une mou, puis divinement nue, elle partit à la recherche de sous vêtements présentables. Ren n'en perdit pas une miette et sourit dans son croissant.

- On fait quoi aujourd'hui ? Demanda t'elle.

- Je te propose d'aller voir la tour Eiffel, je voulais aller aux champs Élysées mais il y a eu des émeutes et c'est dangereux.

- Des émeutes ? La voix de Kyoko était alarmée.

Elle alluma la télé et fut saisi par la violences des échauffourées. Dire qu'elle était dans la même ville ! Elle éteint la télé et regarda Ren, il semblait plein d'admiration pour ce peuple rebel.

- On dirait que ça te fascine ? Dit'elle.

- C'est mon gène révolutionnaire... Je suis à moitié Russe !

- Allez Che Guevara, fini ton café, la tour Eiffel nous attend.

Sur le chemin il virent de nombreuses personnes portant des dossards jaunes. Il prirent un taxi, les rues étaient calmes. Kyoko déchanta devant la queue pour monter sur la tour. Commençant à un des piliers la queue serpentait jusqu'au milieu de la place. Observant l'édifice d'en bas Kyoko était déjà impressionnée. Cette masse de fer ! Dire qu'elle a été construite il y a plus d'un siècle. C'était incroyable!

Soudain un bruit de cri leurs parvient et il virent les premiers hommes en jaunes courrir vers eux. Bientôt il furent pris dans la masse compacte de la foule qui scandait en coeur des slogans auquels ils ne comprennaient rien. Ren s'agrippa à Kyoko. Il ne voyait plus rien et furent entraînés par la marée humaine. Au son des sifflets Ren sut que ça aller barder. Les CRS étaient droit devant eux. Comme la foule leur foncait dessus il tirèrent des gaz Lacrymogènes. Ren serra plus fort son amoureuse et joua des coude pour se sortir de là. Il se fraya un chemin pour s'eloigner du front de la manifestation. Kyoko toussait et lui même pleurait abondamment. Quand il réussit à sortir du cortège ils étaient tous les deux hors d'haleine et passablement débraillés. Ren attira Kyoko dans une petite rue, ils débouchèrent sur une artère plus importante et firent halte dans le seul café encore ouvert.

Les yeux rougis, les joues rouges d'avoir couru, les cheveux dépeignés Ren reprenait son souffle. Kyoko toussait beaucoup mais le verre d'eau qu'elle but lui fit du bien.

Après un moment Kyoko se mit à rire

- Nous n'avons pas beaucoup de chance, remarqua-t'elle.

- J'ai de la chance d'être avec toi, ca me suffit. D'ailleurs j'ai une question à te poser.

Il fouilla dans la poche de sa veste et en sortit une petite boite. Il se mit à genoux devant Kyoko et demanda :

- Kyoko veux tu faire de moi le plus chanceux des hommes et me faire l'honneur de devenir ma femme. Je suis désolé je voulais faire ma demande au restaurant de la tour Eiffel mais bon...

Kyoko resta sans voix, des larmes coulèrent sur ses joues mais elle les laissa couler.

- Tu es sur, tu n'as pas l'air à fond dans les mariages?

- Yashiro-san et Yuriko-san m'ont fait changer d'avis. Je t'en prie dis oui !

- Oui.

Et elle se mit à rire avant de l'embrasser. Ren était heureux, malgré le désastre de ce matin. Il mit la bague sur son doigt et embrassa sa main. Il commanda ensuite du champagne et ils célébrèrent dignement leurs fiançailles. Puis un peu ivres il firent un selfie de tous les deux montrant la bague qu'ils envoyèrent à toute leur famille et amis.

- C'est pas vrai qu'il lui a fait sa demande dans un bistrot, s'emporta Lory.

- Pourquoi ont-ils les yeux si rouge, se demanda Yashiro-san

- Chiori-san regarde tes messages ! s'écria Kanae.

Tous étaient étonnés mais heureux pour Ren et Kyoko. Ils avaient hâte qu'ils rentrent pour entendre toute l'histoire, cette demande en mariage avait l'air d'être originale.