- Tu lis mon script ? Demanda Ren à Kyoko.
Elle était lovée dans son fauteuil préféré, Coco sur les genoux et le script de "Jusqu'à ce que la mort vous separe" ouvert devant les yeux.
- J'ai refusé le rôle... Trop violent... Ajouta-t'il.
- Ce n'est pas ton script c'est le mien, on m'a proposé le rôle de Naomi. Tu as refusé le rôle... C'est pourtant un bon rôle. Personnellement je suis intéressée, un film qui dénonce les violences conjugales, ça me plait.
- Je ne supporte pas l'idée de "frapper" une femme alors si en plus c'est toi...
- Kuon c'est un film, s'il te plait, tu ferais un parfait Takeo.
- Non ma chérie, je ne suis pas capable de jouer ce rôle.
- Je pense que si c'est avec toi je pourrais développer mon jeux et devenir une actrice de premier ordre... Je t'en pris ! Je ferais tout ce que tu voudras, dit elle d'un air coquin en se levant et se rapprochant de lui.
- Tout ? Vraiment ? Ok. Je ferai ce film, en échange tu me fais un bébé.
- Quoi ?
- Kyoko, j'ai 27 ans et on est marié depuis 2 ans, j'ai envie d'un enfant.
- ...
- Réfléchis mon amour, j'appelle Yashiro-san pour qu'il retarde sa réponse.
Il sortit de la salle, il avait amené sur le tapis le sujet tabou, le sujet interdit entre tous, celui qui engendrait à coup sûr une dispute... Son envie d'enfant.
Depuis la naissance de Satsuki-chan i ans puis de Tomo-chan, il avait sentit croitre la fibre paternel en lui. Il adorait passer du temps avec la fille de Yashiro-san. Le Fils de Murasame-san et Kanae était plus difficile et pleurait de peur quand il le voyait, ce qui attristait le jeune acteur.
Bref Ren était prêt depuis longtemps à fonder une famille. Malheureusement Kyoko était pour le moment fermée à l'idée. Pour elle, elle serait à coup sur une mauvaise mère, comme si c'était héréditaire.
Il n'aimait pas faire du chantage mais c'était maintenant ou jamais. Il sortit de l'appartement avant que Kyoko ne le rejoigne et appuya sur le bouton 45 de l'ascenseur. Il avait besoin de se detendre.
II se changea et enfilla ses lunettes. Lorsqu'il plongea dans l'eau fraiche il eu l'impression de se débarrasser de tous ses soucis. Cette fois ci il ne lacherait pas, il voulait un bébé. S'il le fallait ils feraient une thérapie de couple pour aider sa femme à accepter son coté maternelle.
Il fit quelques longueurs et s'arrêta quand il entendit son nom. Kyoko était sur le bord de la piscine. Elle avait l'air tendue. Il ota ses lunettes et sortit de l'eau.
- C'est d'accord, lui dit elle
- Vraiment ? Tu ne peux pas savoir comme ça me rend heureux ! Je pense qu'on pourrait se faire aider.
- Je pense être assez fertile pas besoin d'aide.
- Je veux dire, une aide psychologique, toi pour devenir une maman moi pour gérer la violence du film.
- Je ne suis pas folle !
- Bien sûr que non mais il faut que tu arrêtes de te comparer à ta mère...
- ... Tu as sans doute raison, murmura Kyoko. Je veux bien essayer.
- Je t'aime Kyoko.
- Je t'aime aussi. Rentrons.
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Kyoko hurlait. De terreur. De souffrance. Les deux sans doute. Elle montait ses bras pour se protéger des coups qui pleuvaient. Elle savait qu'il avait bu et que pleurer ne ferait que redoubler sa rage. Alors elle ravalait ses larmes. Tout à l'heure quand il aurait fait l'amour avec elle il s'endormirait. Elle pourrais alors se réfugier dans la salle de bain pour pleurer.
Kyoko parait au mieux les coups que Ren lui portait. Dire qu'elle acceptait ça, par amour ! Il était si beau et charmant quand il le voulait. Mais derrière son beau sourire se cachait un monstre cruel, un prédateur sans pitié. Et elle était devenu son jouet, sa victime... sa femme. Avant le mariage il n'était que douceur, les coups avaient commencé quelques mois après le mariage. La première fois elle avait mis ça sur le compte de l'alcool... Mais depuis il y avait eu trop de fois ! Puis il y avait eu les viols, cette salissure dont elle ne se débarrassait pas.
Ce soir c'était le scénario habituel, les insultes, les coups, le sexe forcé et puis viendraient les larmes, les siennes et celle de Ren. Puis il s'endormirait.
Il lui dechira violement sa robe de nuit, et lui envoya un coup de poing sur le visage...
- Coupez ! Il y a trop d'amour entre vous. Ren tu veux la tuer ! Je sais que c'est dur mais je te veux plus sadique.
- Plus sadique ! Je vais essayer directeur Ogata, lança Ren. Puis il murmura à sa femme, je n'y arriverai jamais!
- Mais si mon amour. Oublies Ren, tu es Takeo ! Je sais que tu peux le faire, tu es le meilleur acteur que je connaisse.
- C'est la huitième prise, j'en ai marre de faire semblant de te tirer les cheveux et te coller des baffes. C'est horrible ce film.
Il était en train de paniquer, Kyoko l'embrassa tendrement.
- c'est un film, tu vas y arriver ! Dit elle pour l'encourager.
- hmmm fit Ren.
Ils reprirent la pause, au cri "action", il se jetta sur elle pour l'attaquer, ce coup ci il parvint à mimer la folie qui habitait Takeo et le directeur fut content de la scène.
Pfff, souffla Ren, dire que ce n'est que la deuxième journée de tournage, là je t'avouerai j'ai besoin d'une bière pour me détendre. Heureusement que nous revoyons le psychologue demain, ça va me faire du bien de lui refiler toute cette violence.
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Le psychologue était en fait une toute petite femme dans la cinquantaine. Elle fut surprise par leur démarche, en général les couples qui venaient la voir était à deux doigts de divorcer. Ces patients là s'aimaient cela crevait les yeux. Leur démarche était originale, il venait pour exorcisé la violence de leur dernier film et elle était là pour s'accepter en tant que mère. Dès le premiers phrases elle vit qu'ils étaient très soudés. Ils se soutenaient mutuellement. Son but serait juste de les encourager dans cette voix. Leur thérapie ne serait pas longue. Ils devraient juste réaliser qu'ils pouvaient compter l'un sur l'autre.
Elle les laissa parler, d'abord Ren qui avait peur de se livrer à son personnage de Takeo tant il avait peur de sa propre violence. Kyoko quand à elle avait peur de reproduire les erreurs de sa mère et hésitait à devenir mére à son tour.
Quand le medecin prit la parole elle leur expliqua que leur amour les protégerait de tout ça, qu'il fallait qu'ils soient honnêtes l'un envers l'autre et que tous irait bien si ils communiquaient. Elle expliqua à Kyoko que si son père était resté, sa mère aurait été normale. Et à Ren que chacun de nous avons une part violente cachée au fond de nous. Bref, pour elle, tout allait bien mais si ils le voulaient elle pouvait le donner deux ou trois séances pour qu'ils prennent l'habitude de se parler.
Ren et Kyoko sortirent de la séance ragaillardis, ils allèrent manger un burger avant de retourner sur le plateau de tournage. Ils parlèrent beaucoup, mais pas du film ni du bébé.
Cet après-midi là, Ren et Kyoko tournèrent leurs scènes en une seule prise. Le directeur était content de Ren qui se laissait enfin aller dans la violence et la haine.
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Elle était si sonnée qu'elle ne criait même plus. La peur la paralysait. Il se déshabilla entièrement, lentement mais elle ne percevait qu'à peine ses mouvements. Sa tête saignait, elle avait le gout métallique du sang dans la bouche. Il l'avait cognée si fort que son nez était cassé. Il était devant elle, nu, en érection. Elle était trop faible pour le repousser, après tout elle avait l'habitude. Il la retourna d'un coup de pied et sans autre forme de procès la pris par derrière. Elle hurla, il la déchirait violement, ses cris attisaient son excitation. C'était la première fois qu'il la violait ainsi. Elle vomit de douleur et de dégoût. Il jouit en poussant un râle de bête sauvage, s'essuya sur sa cuisse puis partit se boire une bière dans la cuisine.
- couper, vous avez étiez parfait
Ren s'appuya contre le mur et se laissa glisser par terre. Il etait encore nu, un assistant apporta une couverture pour le couvrir. Ils pleuraient. Chancun de leur côté. Kyoko était pleine de vomi, les assistants l'aidaient à se mettre debout. Elle se rapprocha de son mari et le serra fort dans ses bras.
- Je t'aime Kuon.
- Je t'aime ma chérie... J'espère qu'elle est bonne...
- Elle est bonne, cria le directeur.
Ren pleura de joie. Dans leur loge ils se douchèrent et firent l'amour sous la douche, lentement, doucement, amoureusement... Ils mirent tant de temps que Kenji-san et Yashiro-san frappèrent à la porte.
- On arrive cria Ren !
- J'arrête ma pilule ce soir murmura Kyoko.
-...
Ren n'avait pas de mot assez fort pour la remercier alors il l'embrassa.
Ils rejoignirent leurs managers et le directeur Ogata.
- Je vise la palme d'or à Cannes avec ce film ! Dit ce dernier, il avait l'air tout excité. Il ne reste plus qu'à tourner les fins alternatives... Merci vous deux, dit il au couple qui s'approchait, c'était du beau boulot !
- Honnêtement je n'aurais pas pu la faire une seconde fois, se plaignit ren.
- Moi non plus, dit Kyoko, je n'avais pas prévu de vomir je suis désolée.
- Non c'était génial ! S'exlama Ogata-san. Demain on fait la fin version Kyoko
- Ok alors à demain, fit Ren pressé de rentrer chez lui.
Arrivés dans leur appartement, Ren serra très fort Kyoko dans ses bras en pleurant.
- Tout va bien Ren, ce n'est qu'un film, regarde.
Elle se détacha de lui et partit à la salle de bain, elle revint avec sa plaque de pilule et la jetta à la poubelle. Elle n'avait plus peur, elle aussi voulait un bébé. Un être moitié elle moitié Ren. Un être qui focalise tout leur amour.
Ren la regarda, il était encore assis dans l'entrée avec ses chaussures aux pieds. iI se déchaussa puis il vint dans la cuisine ouvrir la poubelle, puis ils sourit, de son sourire d'ange.
- Merci Kyoko, tu seras une maman fantastique ! Dit il avant de l'embrasser.
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Fin alternative Noami :
Elle avait du vomi dans les cheveux, le gout du sang dans la bouche et soudain une envie s'éleva au dessus de toutes les autres : que tout s'arrête. Elle se redressa, il était attablé dans la cuisine, toujours nu. Comble du comble, il chantonnait une chanson d'amour. Elle le haïssait. Il lui tournait le dos, elle se leva difficilement puis pris le couteau à pain. Elle ne pensait pas que son corps n'offrirait aucune résistance. Elle frappa une fois, deux fois, cinq fois...il eu un rictus imbecile puis s'effondra sur le sol propre de la cuisine. Bien vite une marre de sang l'entoura d'une auréole rouge. L'archange du mal était tombé. Prise de panique elle voulu se rendre présentable. Elle se lava, se maquilla du mieux qu'elle put et appella les secours. Elle rangea le salon où il l'avait violée mais ne mis plus un pied dans la cuisine.
Elle savait qu'elle allait finir en prison mais bizarrement elle se sentait libre. Le procès fit sensation dans l'archipel, la victime qui devient bourreau, cela dérange et interpelle. Noami Tsurimori fut condamnée à 12 ans ferme, le parquet n'ayant pas retenu la légitime défense.
Fin alternative Takeo :
Il venait de la violer et elle ne bougeait plus. Peu importe, il voulait une bière, il ouvrit le frigo, à poil en sifflotant une vieille chanson d'amour.
Après sa bière il revint dans le salon mais sa femme n'avait pas bougé. Elle était toujours à moitié dévêtue et une marre de sang coulait sur le canapé. Il lui avait frappé la tête sur le radiateur. Il s'approcha d'elle, elle ne respirait plus, son coeur ne battait plus. Elle était morte. Pour se calmer il prit une seconde bière... Il allait cacher son cadavre. Il entreprit de la rentrer dans plusieurs sacs plastiques. Puis il attendit la nuit pour la mettre dans sa voiture, Il la transporta dans la campagne où il l'enterra sous des arbres millénaires. Une fois son forfait accompli il rentra chez lui et nettoya méticuleusement l'intérieur. Même propre il ne pouvait garder le canapé il le fit donc changer. A ceux qui demandait où était sa femme il disait qu'elle était partie, ça n'etonna personne.
Six mois plus tard Kaori, une jeune secrétaire s'installait pour vivre avec lui...
En conclusion du film le réalisateur demandait plus de moyen et de clémence pour aider les victimes de violences conjugales. Le film allait être un immense succès ! Et fut selectionné au festival de Cannes
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- C'est notre dernière séance, déclara le docteur. Quel bilan en dressez vous?
- Je pense que nous avons bien avancés dit Kyoko, grace à vous docteur. Le film va être une réussite et j'ai arreté la pilule, ajouta-t'elle dans un sourire.
- Vous nous avez été d'une aide precieuse, continua Ren, Merci.
- Je vois, dit le docteur de sa voix douce, la thérapie s'arréte là pour le moment, bon courage pour la suite et n'oubliez pas de communiquer.
Aprés avoir remercier encore une fois le docteur, Kyoko et Ren sortirent du cabinet en se tenant par la main.
