Et voici un nouveau chapitre, bonne lecture à vous!
Flashback, p.o.v Sasori,
La guitare est un instrument magique qui permet a tout être humain de s'oublier et d'exprimer des émotions sensibles et fragiles. J'aime la sensation que me donne chaque notes qui résonne harmonieusement sous le touché de mes doigts. Chaque note s'envole et emporte avec elle une multitudes de messages secrets.
Je ne me rappelle toujours de rien, et le temps passe. Cela m'inquiète dans le sens ou j'ai peur de ne jamais me souvenir de qui je suis. Je suis perdu dans mes songes lorsque Deï entre dans la pièce qui me sert de chambre, avec un énorme sourire. Je sens qu'il me manigance encore quelque chose !
« Alors bien dormi, hun ? »
« Bien dormi ? Je fais que ça à longueur de journée, en alternant avec un peu de musique. »
Oui il ne faut pas se mentir, rester dans un lit 24 sur 24, c'est vraiment fatiguant ! Il se fait grand temps que je puisse me dégourdir un peu les jambes et me faire une balade en plein air. Je n'ai aucune idée de où je peux me trouver, mais je suis convaincu que cela me fera du bien de sortir. C'est comme un besoin vital ! Les derniers temps je ne pense qu'à cela, bouger, marcher, vivre, respirer quoi…
« Très bien, alors j'ai ce qu'il te faut hun ! »
« Je m'attends au pire, tu vas inventer quoi cette fois ci ? »
C'est vrai quoi ? Il viens à chaque fois avec une idée plus inquiétante que l'autre. La dernière fois il avait pas trouvé mieux que d'amener un tas de terre glaise, une table spéciale pour que je puisse pratiquer le modelage depuis mon lit… Juste de quoi me faire mourir de rire… Non en faite c'était génial, cela a fini en bataille de boule de glaises. Je pense que c'est la seule fois où j'ai été content d'être aliter, au moins le nettoyage n'était pas pour moi ! Le voir nettoyer les dégâts occasionné par cette bataille improvisée m'a fait mourir une deuxième fois, je n'en pouvais plus tellement c'était drôle.
Enfin bref, je m'attends au pire quoi.
« Oui oui moque toi, c'est air te vas bien héhé ! »
Il s'avance un peu plus vers moi, toujours son sourire démentiel sur les lèvres.
« Aujourd'hui mon chou, on va se faire les magasins ! »
Bon cette fois ci il est vraiment tombé sur la tête. Je n'ai pas d'autre explication, cela fait maintenant un mois et demi que je suis coincé dans cette putain de pièce et lui vient se moquer de moi comme ça ?
« Tu sais parfaitement que je ne peux toujours pas bouger… A force tu peux être lourd tu sais... »
Son sourire toujours en place, Deï fait marche arrière et fait pivoter la porte pour laisser la place à une chaise roulante… Il va sans dire que ce mec a l'art et la manière de faire d'un gamin. Avec son air fière de sa connerie en plus… Je n'en reviens pas…
C'est à peine si j'ai le temps de me remettre de ma surprise, que Deï me prend dans ses bras, me soulève du lit comme si je ne pesais rien du tout et me pose dans la chaise roulante. Je commence à rouspéter grandiosement jusqu'au moment où il claque sa langue contre son palais, croise les bras et me regarde d'un air moqueur. J'arrête mes jérémiades et observe son comportement.
« Tu m'as l'ai bien en forme aujourd'hui hun, cela tombe bien, je ne comptais pas pousser ta chaise tout le long du chemin ! »
« Quel chemin ? Tu comptes m'emmener où comme ça ? »
Il ricane en poussant la chaise en dehors de la chambre. J'entre dans le couloir, qui lui est rempli de posters et d'instruments de musiques pendants au murs. Mes yeux s'agrandissent en reconnaissant le grand blond sur la plus part des affiches. Au piano, à la guitare ou encore au micro, Deïdara semble être une super star ! Je me demande pourquoi il se cloître dans un magasin de goodies sexuels…
C'est une question pour plus tard, pour le moment mon attention est tirée vers la porte qui vient de s'ouvrir sur un soleil éclatant et aveuglant. J'angoisse, je ne me souviens pas à quoi ressemble le monde en dehors de ses quatre murs ou j'ai passé les dernières semaines…
Et si je ne me sentais plus à ma place dans c'est univers ? Que faire si quelqu'un me reconnaît… Mon souffle s'arrête net au moment de traverser la porte, j'ai l'impression de traverser un portail magique vers un autre monde. Ou plutôt vers le monde que j'ai oublié…
Je sens les roues sous moi frôler le trottoir inégal, une sensation nouvelle. Le soleil qui réchauffe mon visage, encore une autre sensation inconnue… Le vent et l'odeur du bitume, tout m'est nouveau. J'observe les voitures, les gens qui marchent, pressé pour quelconque raison. Personne ne semble remarquer le fait que je me trouve la, comme un handicapé. Car en fin de compte c'est ce que je suis pour le moment, juste un handicapé.
J'entends la porte se refermer derrière moi, et le son du verrou lorsque la clefs tourne trois fois de suite dans la serrure. Impossible de faire marche arrière maintenant, il ne me reste plus qu'à aller de l'avant et profiter de ce soleil majestueux. Il adviendra ce qu'il adviendra.
« Alors, tu te sens comment ? Il faisait trop beau pour rester ne serais-ce qu'une journée de plus à l'intérieur ! »
A vrai dire, je ne me sens pas si mal que ça, mis à part l'angoisse persistante de rencontrer du monde.
« Je pense que ça va… Tu es sur que c'est une bonne idée ? Je veux dire, tu connais pleins de monde et tu as l'air connu, tu ne devrais pas perdre ton temps avec un boulet comme moi... »
Il claque encore une fois sa langue sur le palais.
« Tu as pas bientôt fini de voir le négatif partout ? Tu es vivant, profite donc de ce soleil et du déroulement de cette journée ! J'ai justement du monde à te présenter ! »
Des sueurs froides me parcourent. Je ne me sens pas d'attaque pour rencontrer du monde, je ne sais même pas comment me présenter…
« Mais avant de te présenter, il te faut un look un peu plus attrayant que ses vieux vêtements trop grand pour toi. »
Et bien ma fois, je n'ai pas vraiment le choix que de me laisser guider.
En fin de compte une chaise roulante, ce n'est pas si mal. Les sacs top mode s'empilent sur les poignées et sur mes genoux. Deï ne connaît guerre de mesure quand il s'agit de vêtements et d'accessoires… Chaque pièce de tissus est choisie méticuleusement, je pense que je peux dire qu'il a du goût. Enfin, ce qu'il choisit pour moi, me plais neuf chances sur dix.
Le soleil commence à faire place à l'obscurité du soir tombant, au lampadaires qui teinte la ville d'une douce couleur dorée et au lumières des vitrines de magasins encore ouverts. Ces derniers s'éteigne peu à peu, donnant le feu vert à la vie nocturne. Les néons clignotants, au couleurs vives et criardes offre une vision psychédélique de cet environnement.
Deïdara a fini par me pousser toute la journée, et nous finissons notre balade devant un café perdu dans une allée peu populaire. Le pauvre lampadaire courbé sur le chemin où nous nous trouvons, tante d'éclairer la rue, mais il est claire qu'il a souffert au long de sa vie. Cela rend la scène d'autant plus lugubre, et une personne normale ( enfin de mon point de vue, ne sachant plus trop ce qui était normal ou pas) ne s'aventurerait pas dans une ruelle comme celle ci, en entrerait encore moins dans ce bar sombre et délaisser.
Je regarde Deïdara par dessus mon épaule, lui lançant un regard interrogateur. Si je ne le connaissais pas un peu, je me serais demandé si par hasard il ne s'est pas perdu. Mais le regard de Deïdara m'indique qu'il est bien sur de lui.
Je dégluti lorsqu'il ouvre la porte miteuse du bar, me laissant la place pour entrer avec ma chaise roulante. Un partie de moi avait envie de faire demi-tour, une autre avait confiance en Deï et était curieuse de savoir ce qui m'attendais.
Je fais rouler la chaise à l'intérieur, et me retrouve dans un hall étroit et peu éclairer. La porte derrière nous claque froidement, et me fais tressaillir. L'atmosphère est lourde, sombre et emplie de fumée, l'appréhension monte en moi au fur et à mesure que nous avançons. Je sens le rythme des basses résonner dans ma peau lorsque nous sortons du hall, et atterrissons au milieu d'une foule immense, dansante sous les lumières des projecteurs qui traversent le nuage de fumée. Je remarque le comptoir sur notre gauche, et quelques tables où les cadavres de verres vides s'entassaient. Je n'ai pas beaucoup de place pour me déplacer, mais Deï ouvre le passage devant moi comme si il avait l'habitude de traverser cet endroit, saluant ici et lu quelqu'un d'une simple poignée de main.
La perspective que j'ai de cet environnement est assez oppressante, être en chaise roulante n'est définitivement pas idéal dans une situation pareil. J'ai vue sur tout les ventre, jeans et ceintures des gens. Très perturbant je dois dire… Je réalise que les gens bourrés ne ferment pas tous leurs braguette… Laissant loin de moi de juger ces gens…. Bref je divague. Il ne fait pas que je perde la trace du blond, sinon je suis dans de beaux draps…
Je m'empresse de le rejoindre à coté du bar. Une place s'est libérer et le blond s'installe sur le tabouret, veillant à ce que j'ai la place de mettre mon bolide à coté de lui.
« Tu veux boire quoi hun ? »
Bonne question, je ne me souviens même pas de ce que j'aime…
« Comme toi je suppose, je n'en sais trop rien... »
Il me sourit et demande au barman deux verres de wiskhey. Sans tarder, les verres glissent sur le comptoir, et Deï les réceptionnent en fin de course. Il s'agit d'une boisson au couleurs ambrée et une odeur plutôt agréable. Je ne m'attendais pas au goût par contre, le feu envahis le bout de ma langue au contacte du liquide, libérant une saveur boisé avec une légère note mielleuse. Je sens la chaleur descendre tout le long de ma gorge. Encore une découverte satisfaisante ! Je déguste mon verre, lorsque Deïdara pose sa main sur mon épaule.
« Bouge pas je reviens dans un instant, je dois régler un détail ! »
Un détail ? Il n'en fini jamais de panifié des choses lui ? Et tout cela à mes dépends. Au moins j'ai mon verre pour faire la conversation… C'est moi ou je sens mes joues rougir ? Étrange breuvage…
Je suis encore dans mes réflexions quand le blond revient en sautillant. Il a l'air d'avoir mijoter un nouveau plan diabolique, je le devine rien qu'à son sourire de dément.
« Bon fini ton verre tu monte sur scène dans cinq minutes ! »
Mes yeux s'arrondissent au moment même ou il m'annonce la blague, enfin Deï ne blague pas, il est on ne peut plus sérieux sur ce coup la.
« Tu te moques de moi la, j'espère…? »
« Non, au contraire, tu vas monter la haut, et tu vas chanter. Ne me fais pas le coup du ' Je monte pas sur cette scène' car cela ne marchera pas. Si il le faut je te porte jusque la, donc autant t'y rendre comme un grand ! »
Je bois le restant de mon verre cul sec, histoire d'essayer d'oublier la boule de stress qui est omniprésente. Le bar étant trop haut pour que je puisse reposer le verre dessus, je le tends à Deï avec une moue gênée. Très bien, il veut que je chante, alors je lui dois bien ça pour tout ce qu'il a fait pour moi.
J'acquiesce pour lui faire signe que je suis prêt à affronter les projecteurs !
En chemin vers la scène je réfléchis à la chanson que je vais chanter, les choix sont multiples, mais laquelle sera la plus adaptée à ce public ?
Nous arrivons juste en bas de la scène, à coté de la rampe. Je parcours la scène de long en large, et l'adrénaline commence à faire surface. Mes yeux s'arrête sur la guitare présente à coté du micro, visiblement Deï avait manigancer son coup depuis un certain temps… Je reconnais les courbes et les couleurs chatoyantes de l'instrument, ainsi que mon nom gravé sur le corps. A quel moment avait-il bien pu récupérer l'instrument et le porter au bar ? Il doit y avoir un complice, je ne me rappelle pas avoir quitté l'instrument ne serais-ce qu'un instant !
« C'est bon tu es prêt ? »
Je me racle la gorge et lui fait signe de la tête. Il se dirige alors vers la scène, et une fois dessus se saisit du micro.
« Bonsoir, Bonsoir bande d'incultes ! »
La foule se tourne en un bloc vers la scène et se mets à applaudir le blond, ne se heurtant pas au fait qu'il venait de les insulter.
« Cela faisait longtemps que vous m'aviez pas vu hun ?! Ne vous inquiétez pas, il faut du temps pour trouver des matériaux bruts et être sur de son coup avant de vous les présenter ! Vous vous souvenez tous que l'art est une EXPLOSIOOON ! »
Des sifflements et des hurlements font rage dans la salle. Le public était chaud, et trépignait d'impatience au mot du présentateur.
« Bien ! Ce soir encore une fois je vous surprends avec un talent inimaginable ! Ne vous arrêtez pas aux roulettes qui lui servent de support, ce gars vaut de l'or ! Alors je demande à Heart de bien vouloir me rejoindre sur scène ! »
Une nouvelle fois la foule branle ! Je me motive pour monter sur scène, la pente est raide, mais un assistant m'aide en poussant la chaise pour me hisser sur la plate forme. Mon sang bouillonne dans mes veines, et mon cœur bat à tout rompre.
Le silence se fait, une cinquantaine d'yeux observent chacun de mes gestes, le public reste en halène. Deïdara toujours aussi sur de lui, met le micro à la bonne hauteur, et quand je me tiens à coté de lui, me tends ma guitare. A l'instant même ou je touche le bois de mon instrument, mon souffle se calme, et mon esprit se vide pour laisser place à la sensation de liberté que la musique seule est capable de m'offrir. J'étais né pour ça, je le sens au fond de moi.
Je fais sonner quelques accords, pour être sur que ma compagne soit toujours bien accordée. Les sons résonnent au fond de mon cœur. Je n'ai plus besoin de réfléchir, l'instinct prend le dessus, et je me penche en avant pour mieux prendre mon instrument en main alors que je commence à faire défiler mes doigt sur les cordes, libérant ainsi une mélodie douce, entraînante et enivrante.
Je m'approche du micro, et d'un souffle commence à chanter. Les paroles me viennent sans apparente raison, juste l'inspiration du moment.
Call all your friends
Tell them I'm never coming back
'Cause this is the end
Pretend that you want it, don't react
The damage is done
The police are coming too slow now
I would have died
I would have loved you all my life
You're losing your memory now
You're losing your memory now
Le public est muet, il m'écoute attentivement. Je laisse quelques accords passé en interlude, appréciant ce moment. Pendant mon interlude, j'entends un piano qui commence à m'accompagner, je n'ai pas à me retourner pour savoir qu'il s'agit de Deïdara. Je reprends ma chanson avec un doux sourir.
Where have you gone?
The beach is so cold in winter here
And where have I gone?
I wake in Montauk with you near
Remember the day
'Cause this is what dreams should always be
I just want to stay
I just want to keep this dream in me
You're losing your memory now
You're losing your memory now
Tout en chantant, le sentiment du déjà vu me traverse, quelque part au fond de moi un fragment vient de se réveiller. La sensation d'avoir aimé tellement fort… Je ne sais pas trop comment interpréter ce bouleversement. Je réalise à quel point le texte que je chante, doit être vrai pour quelqu'un que j'ai connu. Mais j'ai beau essayer de faire apparaître un souvenir qui m'aiderais à comprendre, chaque fois le néant me paraît de plus en plus grand… J'inspire une nouvelle fois avant de poursuivre.
Wake up, it's time, little girl, wake up
All the best of what we've done is yet to come
Wake up, it's time, little girl, wake up
Just remember who I am in the morning
You're losing your memory now
You're losing your memory now
Les accords s'estompent, et se perdent doucement dans la salle. Mes pensées s'y perdent tout autant, je reste comme figé, mais le bruit des applaudissements me ramène au présent. L'euphorie et les 'encore' que le public chante fait remonter l'adrénaline au fond de moi, une sorte de nouvelle drogue. Malgré la sensation que je suis fragmenté, je me force à oublier cette désagréable idée. J'ai Deïdara à présent, et j'ai ma musique. Pour le moment je n'ai pas besoin de plus. Me souvenir est douloureux.
Deïdara pose sa main sur mon épaule et reprend le micro dans son autre main.
« Merci, Merci ! Ce sera tout pour ce soir, histoire de vous donner l'eau à la bouche pour la prochaine fois, car oui il y aura une prochaine fois ! Faites-moi confiance ! »
Il m'aide ensuite à descendre de la scène, et on part s'installer à une des tables libres. Il a l'air excité comme un gamin qui vient d'ouvrir son cadeau tant attendu de Noël.
« Tu m'avais pas dis que tu savais improvisé de la sorte ! »
Oui, non, moi non plus à vrai dire je ne savais pas trop comment j'avais réussi cet exploit… Je ne lui répond que par un « Hmmm », toujours un peu perdu dans mes pensées.
« Je pense que les paroles que tu as choisies viennent de ton subconscient. Tu ne te souviens de personne, mais au fond de toi tu sens la présence de cet personne que tu as oublier… Si tu veux en parler, tu sais que tu peux compter sur moi hun ! »
« Non, je n'ai pas vraiment envie d'en parler maintenant, chaque fragment qui me revient renforce une douleur étrange, comme si je n'arrivais pas à la comprendre ni à l'accepter. Une partie de moi se sent bien comme cela, sans souvenirs, et en construisant mon présent avec ce que j'ai. »
« Hun, oui c'est toi qui vois ! Je disais cela au cas ou. »
« Merci Deï, sans toi je ne sais pas ce que je ferais ! »
Il est tout ce que j'ai besoin, mon seul point d'ancrage et la raison pour laquelle je respire encore.
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaît! Une petite review reste la meilleur des motivations!
