Titre : La pièce vide
Fandom : Fullmetal Alchemist
Disclaimer : l'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. L'idée initiale m'a été soufflée par Shirenai.
Mon petit blabla avant de commencer : hello, tout le monde, un nouveau chapitre ! Je peux pas m'empêcher de noter que le nombre de lectures et de review a diminué. Vous êtes bien sûr pas obligés de me laisser un commentaire à chaque chapitre mais en si vous trouvez que les chapitres sont moins bien (l'intrigue, l'écriture, les personnages, la longueur des chapitres etc.), hésitez pas à me le dire. Je trouverais ça très instructif ! Pour ceux qui continuent de lire, j'espère que vous aimerez ce chapitre-là, un peu plus long que prévu ^^;
L'étranger
"Pour vos mains", lui indiqua sèchement Hawkeye en lui lançant un kit de premiers secours qu'elle sortait d'il ne savait où.
Mustang attrapa la trousse avec un sourire de remerciement qu'elle ne lui retourna pas, et s'assit sur la table. A leur arrivée Cochrane avait mis un bureau à leur disposition et ils s'y étaient réfugiés après avoir été rejoints par Audra. Celle-ci leva un sourcil interrogateur face à l'expression fermée de Hawkeye mais Mustang ne répondit pas et reporta son attention sur ses mains : sa chute lui avait égratigné les paumes. Pas suffisamment pour être considérées comme de vraies blessures, mais suffisamment pour saigner légèrement et laisser des traces sur tous les documents qu'il aurait à manipuler.
"De quoi parle ce journal ? demanda-t-il en ouvrant la trousse de premier secours.
- De votre arrivée. Un signe de bienvenue", déclara la jeune femme d'un ton sarcastique avant de se mettre à lire le début de l'article.
Si le titre de l'article lui fit froncer les sourcils, Mustang en oublia instantanément ses égratignures en entendant les premiers paragraphes. Un point de vue on-ne-peut-plus clair, publié à dessein le jour de son arrivée. Le message était limpide : l'Ouest, ou en tout cas une partie, ne voulait pas de lui.
"C'était à prévoir, commenta-t-il d'une voix résignée."
Pour autant, ce n'était pas une bonne nouvelle : avec les troupes de l'Ouest qui ne jouaient pas franc jeu, avoir la population civile de son côté aurait été une bonne chose. Une façon pour lui de mettre la pression sur Cochrane.
"Quel est ce journal ?
- Voix de l'Ouest. Pas le journal le plus lu ni le plus pris au sérieux mais aujourd'hui si. Les exemplaires se sont arrachés aujourd'hui, surtout avec votre arrivée imminente à West City.
- Heureux d'avoir pu pousser leurs ventes. Mais qui sont-ils ?
- Est-ce que cela a réellement de l'importance ?" demanda Audra.
Mustang décela dans sa voix, une fatigue et un découragement qui ne lui ressemblait pas. Il lui lança un regard interrogateur qu'elle écarta en secouant la tête.
"Que pouvons-nous faire ? intervint Hawkeye.
- Nous ? rien du tout : ils ne vont à l'encontre d'aucune loi, ne mettent en danger personne. On ne peut rien faire, répondit l'ancienne journaliste d'un ton fataliste. A moins que ne vouliez remettre au goût du jour les lois Bradley."
Mustang grimaça. Les lois Bradley qui contraignaient les libertés civiles et en particulier celles de la presse. Celles qu'il s'était hâté d'abroger à son arrivée à la présidence. Remington l'avait prévenu qu'il s'agissait d'un jeu dangereux. Roy n'avait pas voulu entendre ses protestations mais il était forcé de constater qu'aujourd'hui, sa décision se retournait contre lui. Et interdire maintenant la parution de l'article ne pouvait que jouer contre lui.
"On ne peut absolument rien faire ? Leur répondre quelque chose ?"
La jeune femme secoua la tête : "Ce ne serait pas une bonne idée, selon moi : nous sommes venus en petit comité, sans organiser de grande conférence de presse, pour montrer aux troupes que vous les souteniez. Le but était de leur montrer que ce n'était pas une opération de communication, et que vous n'étiez pas uniquement des effets d'annonce. Si vous répondez maintenant à cet article, alors vous allez à l'encontre du message que nous essayons de faire passer. Que vous vous souciez énormément de l'opinion publique.
- Mais nous nous soucions énormément de l'opinion publique, fit remarquer Hawkeye. Outre l'intérêt politique d'avoir la population civile avec nous, le risque que la situation ne dégénère avec les troupes de l'Ouest est beaucoup trop grand.
- Mais il n'y a actuellement rien que vous ne puissiez faire. Réagissez à cet article et vous perdrez le peu d'estime que les troupes de l'Ouest ont pour vous. Sans comptez que vous n'êtes pas certains de rallier la population civile à votre cause. Il en faudra davantage qu'un sourire charmeur pour réparer la situation actuelle."
Evans était impitoyable mais elle avait raison sur ce point-là. L'atmosphère depuis qu'ils étaient arrivés était tendue et le peu de mots que Mustang avait pu échanger avec la population locale était révélateur. "Ce n'est pas suffisant"
Ils ne pourraient pas tout arranger en une ou deux conférences de presse.
"Alors que faisons-nous ? Rien ?
- Rien, acquiesça Evans avec un signe de tête. Et attendre que les questions viennent à vous, si elles viennent un jour.
- Vous pensez réellement que cet article pourrait passer inaperçu ?
- D'après le vendeur, ce n'était pas un journal très connu dans la région avant, répondit Evans avec un haussement d'épaule. Si c'est le cas, il connaîtra sûrement un bond de ses ventes, les prochains jours, mais il retombera vite dans l'oubli. On ne sait même pas si cet article va être repris par d'autres journaux."
Mustang soupira et se frotta le front : "Et si en fin de compte cet article a plus d'effet que prévu ?
- Alors nous gérerons le problème en temps venu."
Encore une fois, son rôle consistait à attendre et ne rien faire alors que la chandelle brûlait par les deux bouts. Mais peu importe la façon dont il retournait les choses dans sa tête, Roy devait admettre qu'il n'y avait pas de solution. Il secoua la tête sans un mot et attrapa le spray désinfectant.
"Qu'est-ce que c'est que cette merde ?" fulmina Edward, en quittant la maison en trombe.
Alphonse suivait à grand peine, derrière lui, perdu dans ses interrogations. Ils étaient sortis par la grande porte, sans prendre la peine de se cacher. Edward fulminait et son état l'empêchait sûrement de prendre des décisions rationnelles mais il entendait à peine les protestations de son frère.
"Nii-san, attends.
- Attendre quoi ?
- Où est-ce que tu vas comme ça ?
- Demander des comptes à Mustang, grommela l'ancien alchimiste.
- On ne sait pas ce qui se passe, rappela Alphonse."
Son frère avait toujours été le plus calme et le plus posé d'eux, la voix de la raison qu'Edward aurait dû écouter. Mais pas cette fois.
"Tu as vu Mme Bradley sortir, Alphonse. Où est passé Selim ? Est-ce que tu penses vraiment qu'il est sorti de lui-même ? demanda Edward d'un ton qui indiquait le contraire. Un enfant de cinq ans ? Sans sa mère ?
- Non mais ça ne signifie pas pour autant que l'armée...
- Où est le garde ? continua Edward. Breda a une personne de son équipe dans cette maison vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept.
- Alors tu crois vraiment que l'armée...
- Mme Bradley n'est même pas là, coupa son frère. Pratique."
Alphonse l'attrapa par l'épaule, pour le forcer à s'arrêter. Un couple les contourna, furieux de cet arrêt soudain, mais Edward les ignora.
"L'armée n'aurait pas pu. Pas Mustang. Pas Breda.
- Mustang cramait des personnes à Ishbal, Al, lui rappela l'aîné d'une voix dure. Il nous a clairement dit qu'il ne considérerait jamais Selim comme un enfant. Je n'irais pas mettre ma main à couper sur ce qu'il pourrait lui faire ou pas."
La colère le faisait parler fort, plus fort que ne l'aurait recommandait la prudence. Elle l'empêchait de ralentir, de s'arrêter un instant pour considérer tous les éléments dans leur ensemble. Edward avait besoin de parler maintenant à Mustang et d'obtenir la vérité car tout ce qu'il imaginait était beaucoup trop horrifiant. Mais Alphonse secoua la tête.
"Tu délires, Ed. Il a fait des choses à Ishbal mais il est devenu généralissime pour changer tout ça.
- Peut-être, mais il n'y a pas trente-six solutions : soit Selim se serait échappé de la maison mais qu'est-ce qu'un gamin de cinq ans irait foutre dehors sans sa mère ? Soit le type qui bosse pour Breda l'a emmené, en profitant du fait que Mme Bradley ne soit même pas là."
Sans attendre de réponse de son frère, Edward se remit en route. Alphonse n'y croyait pas. Bien sûr qu'il n'y croyait pas : la mission de l'équipe Breda était une mission de surveillance, uniquement. Pourquoi auraient-ils fait sortir Selim de chez lui ? Pourquoi l'auraient-ils emmené ? Et cette femme - Colt - avait semblé tellement sincère et de bonne foi. L'armée ne les aurait jamais laissés observer la maison des Bradley s'ils comptaient faire quoi que ce soit à l'enfant. Mais Edward n'accordait plus qu'une confiance limitée à l'armée et il avait en tête le visage de Mme Bradley aussi clairement que si elle se trouvait face à lui. "Personne ne peut savoir que Selim est vivant ou alors l'armée…". Cette terreur avait forcément une origine. Ce n'était une chose qui apparaissait subitement, comme par magie.
"Où est-ce que tu vas, Nii-san ?"
Ils étaient à présent dans les rues animées du centre-ville, se faufilant entre les passants qui ne leur prêtèrent aucune attention, mais ils ne prenaient pas la direction de leur hôtel.
"Parler à Mustang, grommela son frère aîné. Il a intérêt à nous dire toute la vérité, cette fois."
Sa colère parut tout à fait déplacée au moment où Edward poussa les portes du bâtiment principal du Quartier Général. L'ambiance y était calme, presque feutrée, et les soldats qui accueillaient les visiteurs parlaient à voix basse pour éviter de faire raisonner leurs voix sous la haute voûte du bâtiment. L'ancien alchimiste était déjà venu quelques fois, même s'il avait pu rentrer directement dans les bâtiments, avec la montre dans sa poche.
"Que puis-je faire pour vous ?
- Je viens voir le président Mustang."
Le soldat haussa les sourcils de surprise : "Avez-vous rendez-vous ?
- Non."
L'homme allait protester poliment - il devait voir passer son lot de lunatique également - mais Edward le coupa : "Je suis Edward Elric, l'ancien alchimiste d'acier. Informez le colonel Hawkeye. Elle s'arrangera pour nous voir.
- Malheureusement, le colonel Hawkeye et le président Mustang ne sont pas à Centrale, répondit le soldat avec une pointe de mépris. Vous avez dû le lire dans les journaux. Mais je peux toujours prendre un message si vous le souhaitez, monsieur... Elric ?"
"Boss, enfin de retour ?"
Un mélange de soulagement et d'impatience traversa Panaya lorsqu'elle aperçut son chef d'équipe dans l'encadrement de la porte.
Elle avait attendu le retour de Breda, en compagnie de Colt, plongée dans un sentiment de malaise, que sa coéquipière ne semblait pas voir. Panaya n'avait cessé de se repasser la scène en tête - elle arrivant, les frères Elric repartant et le regard de Colt - et elle n'arrivait toujours pas à comprendre ce qui s'était passé. S'il avait fallu garder le silence sur cet événement, Colt aurait simplement pu lui dire. Rien ne justifiait le mensonge de sa coéquipière.
"Panaya ? De nouveau parmi nous ?
- Enfin. Le périple a été long.
- On a pu voir. Que s'est-il passé ?
- Problèmes techniques sur la voie. Rien de très extraordinaire."
Breda leva un sourcil étonné mais Panaya haussa les épaules : les imprévus arrivaient. Tout n'était pas nécessairement suspect. Enfin, pas ce retard-là, du moins.
"Tout roule du côté des Bradley ?
- Rien à signaler, répondit Colt d'une voix détachée. Mme Bradley s'est absentée une petite heure, vraisemblablement pour faire des courses. C'est ce qu'elle a dit à Breguet, en tout cas."
Panaya retint à grand peine une grimace. Encore un mensonge, ou du moins une omission.
"ça marche. Peut-être que maintenant que Panaya est rentrée, on va pouvoir essayer de la filer, commenta Breda avant d'ajouter à l'intention de cette dernière : est-ce que Colt t'a briefée sur ce qui s'est passé pendant ton absence ?"
Panaya hocha la tête : "Smith, la veuve Bradley, les frères Elric. Arthur et son admirateur secret. A jour. Et j'ai mon rapport finalisé, si tu veux le relire maintenant. On pourra peut-être envoyer ça rapidement à Mustang.
- Il est en déplacement à West City donc ce n'est pas si urgent que ça mais autant s'en débarrasser maintenant.
- Dans la chambre ? proposa la jeune femme."
Elle se dirigea vers la chambre sans attendre la réponse de Breda qui la suivit en fronçant les sourcils.
"C'est si pressé que ça ?
- Non, je veux te parler d'autre chose. Ferme la porte, s'il-te-plaît.
- Tu commences à m'inquiéter, répondit-il en s'exécutant. Qu'est-ce qui se passe ?
- J'ai vu les frères Elric ressortir de la maison des Bradley il y a quoi ? Quarante-cinq minutes ?
- Les frères Elric ? Tu es sûre ?
- Sûre. Je suis revenue dans la planque, expliqua Panaya nerveusement. Colt était trop concentrée sur sa surveillance pour m'entendre alors je me suis approchée pour comprendre ce qui se passait et j'ai vu les deux frères sortir de la maison par la porte d'entrée. J'ai demandé à Colt depuis quand les frères Elric étaient ici et elle m'a menti"
Breda fronça les sourcils : "Comment ça, elle t'a menti?
- Elle m'a répondu qu'elle ne savait pas de quoi je parlais. La scène s'est produite sous nos yeux et elle m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit qu'elle n'avait rien vu. La même chose vient de se produire avec toi : Colt ne t'a rien dit à leur sujet.
- Tu es sûre et certaine qu'il s'agissait des frères Elric ?
- Sûre à cent pour cent. Ce n'est pas comme si Mustang ne nous avait pas filé leurs photos à mémoriser dès le début, rétorqua Panaya.
- Et Colt a nié les avoir vus ?"
D'habitude, Panaya appréciait le calme de Breda. Il ne s'énervait jamais, réfléchissait avant d'agir et n'était pas du genre à rejeter les erreurs sur les membres de son équipe. Mais cette fois, son manque de réaction hérissait la jeune femme. Sa coéquipière leur mentait à tous les deux en le regardant droit dans les yeux, sur un point qui pouvait être capital dans cette affaire, et lui ne répétait bêtement ce qu'elle disait.
"Nié en bloc. Ce qui n'a pas le moindre sens car j'étais à deux centimètres d'elle quand la scène s'est produite. Et Breguet est dans cette maison, non ? Comment les frères Elric ont pu y faire un tour sans qu'il ne renvoie un message radio ?
- Calme-toi, Panaya, répondit Breda en secouant la tête.
- Comment ça, me calmer ?
- La scène est étrange mais il y a une explication.
- Laquelle ?"
Breda soupira et se pinça l'arête du nez : "Tu sais que beaucoup de choses se sont passées pendant ton absence ? Colt t'en a parlé ? La visite déguisée des frères Elric, leur interrogatoire par Mustang et ensuite leur petite surveillance.
- Oui et ?" demanda Panaya avec impatience.
Elle ne voyait pas où son responsable voulait en venir et son calme lui mettait les nerfs à vifs.
"Nous savons qu'ils sont en ville depuis quelques temps et Colt a plus ou moins passé un marché avec eux : ils restent mais doivent nous avertir au moindre signe suspect.
- Et donc ?
- Donc j'imagine qu'ils ont dû vouloir faire un tour chez les Bradley."
La surprise laissa Panaya la bouche entrouverte et il lui fallut une bonne minute avant de réagir : "Tu te fous de moi, chef ? Je me fous de ce que les frères Elric ont bien pu faire dans cette maison. Je te demande pourquoi ma coéquipière m'a menti de manière évidente, pourquoi elle ne t'a pas reporté leur visite comme elle aurait dû et pourquoi Breguet, de la même manière, ne nous a envoyé aucun message radio pour nous le signaler."
La jeune femme avait envie d'hurler mais sa coéquipière était de l'autre côté de la cloison. Breda secoua la tête : "Calme-toi, Panaya.
- Je me calmerai lorsque tu m'auras donné une explication satisfaisante. Colt aurait pu me dire que...
- Panaya, coupa-t-il d'une voix ferme. Tu es fatiguée, tu viens de rentrer. Passe chez toi te reposer un peu. On en rediscute après.
- Breda ! s'exclama-t-elle scandalisée. Tu peux pas être sérieux ?
- Si, totalement. Tu es en train de faire une histoire de quelque chose qui n'en vaut pas la peine. Rentre chez toi te reposer et calme-toi. Des tas de choses se sont produites pendant ton absence."
Panaya resta sans réponse face à sa réaction : ce qui faisait de Breda un bon chef était sa capacité à tous les écouter et les prendre au sérieux, sans jamais douter d'eux. Balayer ses inquiétudes de la main, sous prétexte de la fatigue, ne lui ressemblait pas. Et Panaya se rendit compte qu'elle n'appréciait pas ce nouveau comportement. Face à son sérieux, elle secoua la tête sans un mot. Elle ne gagnerait rien à insister.
"Si nous avons fini, conclut Breda en sortant de la chambre."
Colt lui adressa un regard interrogateur lorsque Panaya attrapa sa veste d'un geste rageur, mais celle-ci ne lui répondit pas.
"Je vais relever Breguet de sa garde, annonça Breda. Panaya tu as six heures avant de relever Colt."
La jeune femme ne répondit pas, serrant les mâchoires, et se contenta de mettre les voiles. Elle avait six heures. Pour passer chez elle, déposer ses affaires, peut-être prendre une douche et manger un morceau mais elle ne pouvait s'y résoudre. La situation l'énervait trop, l'agitait trop pour qu'elle pense à rentrer sagement à son appartement. Sans réfléchir, ses pieds prirent le chemin du Quartier Général.
Panaya aurait tout donné pour pouvoir demander conseil à quelqu'un, en discuter avec une personne extérieure à son équipe, comme elle aurait pu le faire les années précédentes lorsqu'elle n'était qu'une simple soldate dans les rangs. Mais les éléments dont elle avait envie de débattre étaient confidentiels et ni Mustang ni Breda n'hésiteraient la moindre seconde si elle laissait filtrer des informations. Intérieurement elle jura. Elle était seule sur ce coup.
La foule du centre-ville s'agitait autour d'elle, la submergeant, jusqu'à ce que Panaya ne soit plus qu'un détail dans les rues, une petite figure énervée parmi l'énergie de la fin de journée. La soldate se dirigeait machinalement vers un terrain d'entraînement militaire lorsqu'elle identifia au milieu de la foule, deux silhouettes qui lui semblèrent familières.
"Que fout Mustang à l'autre bout du pays ?
- L'explosion de l'Ouest, nii-san.
- Et ce type qui me regarde de haut."
C'était trop beau pour être vrai. Pressant le pas, Panaya se glissa derrière eux. Si Colt et Breda refusaient de lui parler, peut-être que les frères Elric le feraient.
"Il ne te regardait pas de haut, il est simplement plus grand que toi.
- Cet abruti ne va jamais transmettre mon message, grommela Edward.
- Si c'est urgent, je peux peut-être m'en charger, proposa la soldate."
Les deux frères se retournèrent d'un même mouvement et Panaya s'arrêta à temps pour ne pas leur rentrer dedans.
"Vous êtes qui, vous ? demanda Edward d'un ton méfiant.
- Equipe de Breda.
- C'est une habitude, chez vous, de surgir derrière les gens ?"
Panaya haussa les épaules. Après tout, les deux adolescents n'avaient pas été particulièrement discrets. Ils ne pouvaient pas lui en vouloir de s'être invitée dans leur conversation.
"Le hasard fait bien les choses. Et si on allait discuter en lieu sûr ?
- Parce qu'on est censés vous croire sur parole et vous suivre ? rétorqua l'aîné. On vous connaît pas.
- Est-ce que je pourrais dire quoi que ce soit pour vous convaincre ? demanda Panaya, en haussant un sourcil.
- Pas vraiment.
- Alors nous sommes coincés."
Le cadet la jaugea du regard : "Supposons que vous êtes réellement qui vous prétendez être. Pourquoi voulez-vous nous parler ?
- Je suis inquiète concernant... notre petit ami, répondit Panaya en choisissant ses mots avec soin. Je me dis qu'il n'est pas impossible que vous ayez des réponses à mes questions.
- Et quel intérêt avons-nous à vous répondre ? demanda Edward, d'une voix défiante. Vous n'avez aucun pouvoir officiel et si Breda veut nous parler, il sait où nous trouver."
Panaya grimaça : le problème avec les adolescents trop intelligents, c'est qu'ils repéraient rapidement les failles dans les raisonnements.
"Attendez, intervint Alphonse, on est pas opposés à l'idée de vous répondre
- Al ! protesta son frère.
- Mais seulement si vous répondez aussi à nos questions. C'est information contre information. On n'a fait que répondre à vos questions depuis le début et vous ne nous avez toujours rien dit. On en sait même pas votre nom."
Quels étaient les risques ? Au pire Mustang et Breda la mettraient au placard pendant un paquet d'années. Mais les deux frères avaient été les premiers à découvrir le poteau rose avec les homonculus. Et s'ils avaient déjà mis en place une surveillance chez les Bradley, ils étaient déjà impliqués.
"Panaya, indiqua-t-elle avec un hochement de tête. Prenez la prochaine à droite."
Après un dernier regard venimeux, l'aîné tourna dans la direction indiquée et le cadet lui emboîta le pas. Il ne s'agissait pas d'une planque à proprement parler mais uniquement d'un endroit un peu plus discret : un coin de parc à l'écart, peu fréquenté. Les arbres fournissaient un couvert et les cris des enfants leur conféraient un peu de confidentialité.
"Alors, pourquoi vous voulez voir Mustang ?
- Vous d'abord, insista Alphonse. En preuve de bonne foi."
Son frère appuya l'idée d'un hochement de tête qui arracha un soupir à Panaya. Elle écarta néanmoins les mains pour les inviter à se lancer : "Qu'est-ce que vous voulez savoir ?
- Qu'est-il arrivé à Selim ?"
La question la laissa perplexe : "Il va falloir élaborer et contextualiser, parce que là tout de suite, je ne vois pas de quoi vous parlez."
Edward lui adressa un regard furieux mais obtempéra : "On est allés voir Selim, cet après-midi. On a profité du fait que Mme Bradley soit sortie faire ses courses et on est rentrés dans la maison. Mais il n'y avait personne.
- Personne ? répéta Panaya sans comprendre.
- Personne : votre coéquipier, qui était censé être là, s'était volatilisé et Selim avec. Il n'y avait personne dans la maison."
Voilà donc la raison pour laquelle Breguet n'avait pas envoyé de signal radio pour signaler la présence des frères Elric : il n'avait simplement pas pu. Panaya fronça les sourcils. Il n'y avait a priori aucune raison pour que Breguet abandonne son poste et encore moins pour que Selim sorte de cette maison. Avaient-ils quitté les lieux ensemble ou séparément ? Qui était parti en premier et qui avait entraîné l'autre ? Perdue dans ses pensées, Panaya ignora le regard fixe d'Edward et fit craquer ses phalanges d'un geste machinal.
"Je ne sais pas ce qui s'est passé. Breguet aurait effectivement dû se trouver dans la maison et Selim n'est pas censé sortir. Je peux creuser la question mais...
- Pourquoi vouliez-vous voir Mustang ? enchaîna Alphonse.
- Précisément pour cette situation", expliqua Panaya avec un sourire amer.
Ces adolescents étaient vifs et avaient de l'intuition. Pas étonnant que le gouvernement les ai repérés aussi jeunes.
"Je suis rentrée à la planque, je vous ai vu en sortir, ma coéquipière aussi mais elle maintient que vous n'étiez pas là.
- Comment ça ? Qu'est-ce qu'elle a dit ?
- Qu'elle ne voyait de quoi je parlais."
Les deux frères froncèrent les sourcils dans une mimique semblable.
"Elle ne nous a pas vus ?
- Impossible, déclara Panaya d'un ton catégorique.
- Alors elle vous a menti.
- Je ne vois que ça. Et ensuite elle a menti à Breda. Et lorsque je lui ai réclamé des explications, celui-ci m'a dit que tout était normal et qu'il était au courant de votre présence.
- Ils sont au courant, acquiesça Alphonse d'une voix hésitante. Mais c'est quand même étrange que votre coéquipière ne reporte pas l'information à Breda, non ?
- Précisément."
Edward soupira : "Donc si je résume, un de vos coéquipiers disparaît, Selim également, vous ne savez pas pourquoi et une de vos collègues débloque aussi ? Jolie situation, mais ça ne nous avance pas davantage.
- Est-il possible qu'une autre mission se déroule sans que vous soyez au courant ? demanda Alphonse en ignorant son frère."
Panaya haussa les épaules : c'était possible et la seule explication logique derrière tout cela, mais Colt ne lui aurait pas menti de cette façon-là et Breda n'aurait pas rejeté ses remarques sous un prétexte obscur. Ils l'auraient simplement informée qu'ils ne pouvaient pas en dire davantage.
"A mon tour maintenant. Pourquoi est-ce que vous vous êtes mis à surveiller les Bradley ?"
Alphonse jeta un regard hésitant vers son frère avant de répondre : "On est inquiets pour Mme Bradley. On voulait s'assurer qu'il ne se passait rien.
- Vous vous êtes dit que vous feriez mieux que l'équipe qui y est depuis un an ? demanda Panaya en haussant un sourcil.
- Vous avez un soldat disparu et un autre qui a fini dans les vapes. A votre place, je ne la ramènerais pas trop, rétorqua Edward.
- Ce n'est faux, marmonna la soldate. Pour quelle raison aviez-vous peur pour Mme Bradley ?"
Alphonse soupira : "Il faut reprendre depuis le début pour comprendre : Mme Bradley nous a contactés il y a un mois environ car elle avait besoin d'aide. On s'est rendus chez elle mais on a pas eu le temps de réellement discuter : Selim est tombé dans les escaliers et tout de suite après, Breda est arrivé. Mais elle nous a promis de nous expliquer.
- C'était votre première visite.
- Oui. A ce moment-là, Mme Bradley se comportait de façon étrange, répondit l'adolescent, essayant de se remémorer au mieux l'échange. Elle semblait réellement paniquée et effrayée le premier soir mais ensuite, quand on est revenus, il y a deux semaines, plus rien, plus de problème. Elle nous a juste demandé de rentrer chez nous comme si elle ne nous avait pas demandé de venir en premier lieu. On s'est dit que quelque chose avait dû se passer. Avec l'armée ou son fils.
- Que vous a-t-elle...
- Notre tour", coupa Edward avec un regard obstiné qui la fit lever les yeux au ciel. "Pourquoi est-ce que Selim inquiète autant l'armée ?
- Ce n'est pas tellement Selim mais sa mère, expliqua la soldate. On a retrouvé certains de nos hommes totalement hors service sur place et personne ne comprend ce qui s'est passé.
- Comme ce Smith ?"
La jeune femme hocha la tête.
"Et vous pensez que c'est la mère ? Vous êtes sûrs de ça ?
- Non. Je viens juste de rentrer donc je ne peux pas me prononcer mais c'est ce que les autres ont l'air de penser.
- Vous avez exclu Selim, insista Alphonse.
- Ce n'est qu'un mioche, fit remarquer Panaya.
- Un mioche qui a été un homonculus. C'est ce que Mustang et Breda n'arrêtent pas de rappeler.
- Pour l'instant, on n'a rien contre lui, pointa la jeune femme. La mère en revanche a l'air beaucoup trop nerveuse depuis plus d'un mois.
- Dans quel sens ? demanda Alphonse.
- Il y a un peu plus d'un mois, elle a commencé à se comporter de façon étrange. Elle sursautait à chaque bruit. Un peu comme si elle avait peur d'être chez elle.
- Peut-être qu'elle a peur de l'armée, rétorqua Edward avec défiance."
Panaya haussa les épaules : "On est là quasiment depuis l'élection de Mustang. Un peu tard pour se mettre à avoir peur.
- Elle avait l'air terrifiée pour son fils, la dernière fois, commenta pensivement Alphonse.
- Que vous a-t-elle dit exactement ?
- Qu'elle avait peur que l'armée n'emmène son fils, qu'elle ne serve de lui comme cobaye ou pire, énuméra lentement l'adolescent."
Panaya continua à faire craquer ses phalanges - l'autre main, cette fois. Ce n'étaient pas des peurs irrationnelles ni totalement dénuées de sens mais quelque chose avait bien du déclenché cette peur. Celle-ci n'avait pas pu apparaître d'elle-même.
"Et vous n'avez rien remarqué de suspect pendant votre surveillance ?
- Si seulement, soupira Edward. On a perdu des journées entières à le regarder faire du coloriage près de la fenêtre."
Panaya fit la moue. Elle avait le sentiment que chacun avait récupéré une pièce du puzzle mais aucun d'eux n'arrivait à trouver comment elle s'emboîtait avec le reste du motif.. Le Fullmetal - ou anciennement - fut néanmoins beaucoup plus expressif qu'elle. Il soupira plusieurs fois en se frottant le crâne et ne s'arrêta que lorsque son frère reprit la parole : "Quel est l'objectif réel de la surveillance de Sélim ?
- Vérifier qu'il reste bien un petit garçon, que son existence reste cachée, énuméra prudemment Panaya. Je ne vois pas où tu veux en venir.
- Vous ne faites rien à Selim ? demanda Alphonse avec un regard incertain mais dur. Pas d'expérience ? Après tout, ce n'est pas réellement un humain et on ne peut pas dire qu'il soit innocent."
L'hypothèse la fit lever un sourcil. Encore une fois, l'idée n'était pas improbable quand on connaissait l'armée et qu'on savait ce qu'elle avait fait par le passé, mais elle en disait également long sur l'image qu'avaient les deux frères du président Mustang.
"A ma connaissance, nos médecins n'ont rien fait de plus radical que de le mettre sur un pèse-personne.
- A votre connaissance, souligna Alphonse.
- Nous sommes dans cette maison sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec lui. S'il existait une mission parallèle, je le saurais. Et la mission n'aurait pas pu changer aussi vite pendant mon absence."
Sa propre voix lui sembla étrangère lorsqu'elle prononça ses mots et la jeune femme espérait que les deux frères ne remarqueraient pas l'hésitation dans sa voix. Alphonse la jaugea du regard un instant, avant d'hocher la tête, soulagé.
"Maintenait il ne nous reste plus qu'à comprendre où Selim et votre coéquipier ont disparu cet après-midi"
Edward secoua la tête vigoureusement : "On avait dit qu'on informait Mustang et qu'on se barrait ensuite.
- Hé bien...
- De toute manière, vous allez rester le temps que Mustang revienne. Je me trompe ? Alors autant vous rendre utile. J'ai une mission pour vous."
Le suspect était menotté et attaché à une table dans une salle d'interrogation. Le teint sombre, les cheveux noirs et les traits durs. Le physique d'un homme du Vakaran comme il était possible d'en trouver dans tout l'Ouest. Un bandage de fortune couvrait son épaule - cadeau du colonel Hawkeye - et un tic nerveux agitait sa jambe sans qu'il ne puisse s'en empêcher mais son regard était déterminé. Il savait ce qui l'attendrait s'il était capturé après avoir tenté d'assassiner le généralissime et honnêtement, Roy était même surpris que le tireur n'ait pas mis fin à ses jours avant que les troupes de l'Ouest ne lui mettent la main dessus.
L'équipe en charge de l'enquête discutait de l'autre côté du miroir sans tain mais tous se turent lorsque Mustang poussa la porte de la salle, Hawkeye sur ses talons.
"Généralissime, je vous présente le colonel Hopkins, en charge de l'enquête ainsi que son équipe", présenta Cochrane avec une réticence palpable.
Mustang ne s'en formalisa pas : cet accueil était à l'image même de sa visite dans l'Ouest. Froid et circonspect. Tous les officiers qu'il avait rencontrés jusqu'à présent s'étaient contentés de lui opposer un masque de politesse froide, à peine impressionnés par la visite du généralissime. Roy n'avait plus qu'à se préparer à ce que la visite continue sur le même ton, car il n'était pas certain de trouver autre chose que de l'hostilité dans l'Ouest. Surtout pas après un article pareil dans les journaux locaux.
"Messieurs, madame, je venais vous féliciter pour la réussite du lancement de cette opération. Avez-vous pu obtenir des informations sur lui ?"
Un regard d'incertitude passa entre les membres de l'équipe avant que le colonel Hopkins ne se lance : "Nikolaj Zilvinas, monsieur. Membre actif de la Fédération du Bois Industriel. Déjà connu du Quartier Général pour avoir pris part à des manifestations violentes avec ses camarades. En revanche, nous ne lui connaissions aucune tendance séparatiste avant cela, pas de lien avec le Front de Libération de l'Ouest.
- Intéressant, on peut se demander quel est le lien entre ces deux organisations. Avez-vous pu lui parler ?
- Pas encore, monsieur. Nous avons décidé de le laisser mariner dans ses propres pensées quelques heures."
Roy hocha la tête. Il débita quelques mondanités, quelques phrases d'encouragement avant de se tourner vers Cochrane : Mustang n'était descendu que pour marquer l'importance de la mission. La suite de la conversation allait se dérouler avec le général de l'Ouest. Celui-ci donna de brèves directives à l'équipe avant de remonter avec eux dans le bureau.
"J'imagine que vous avez les titres des journaux, généralissime, attaqua Cochrane à peine la porte fermée.
- J'ai vu, confirma sobrement Mustang.
- Que comptez-vous faire à ce sujet ?
- Pas grand-chose. Il n'y a rien à faire à ce sujet."
Le général de l'Ouest lui lança un regard sceptique : "L'opinion publique désavoue votre venue et vous ne comptez pas réagir à cela ?
- Je ne vous savais pas si sensible à l'opinion publique", déclara Mustang d'un ton presque ironique. Le général n'avait jamais fait grand mystère du mépris qu'il accordait à la presse. "Mais pour vous répondre : non, il s'agit d'un seul journal et d'un journal pas très connu avant ce jour.
- Et combien de temps avant que les autres ne reprennent le même discours ?
- Nous aviserons en temps et en heure, mais je ne suis pas venu ici pour faire des conférences de presse ou répondre individuellement à chaque journaliste. Je suis venu ici pour voir vos hommes et je pensais que vous apprécieriez le soutien."
Cochrane ouvrit la bouche mais Mustang l'interrompit : "Ce n'est pas une question."
Son général se raidit, des éclairs de colère fusant dans ses yeux, mais Mustang en avait assez. Le comportement de Cochrane dépassait les bornes et son hostilité n'avait aucun sens. Bradley aurait exigé sa tête sur un piquet pour moins que cela et il était peut-être temps que Roy lui rappelle quelle était sa place dans la chaîne de commandement.
"Mes hommes sont fatigués et débordés, rétorqua malgré tout Cochrane. Ils n'ont pas le temps pour ces visites de courtoisie. Ils ont besoin de renforts...
- Renforts que nous avons déjà envoyés, coupa Mustang. Vos plaintes sont sans fondement, général. Le gouvernement central a fait tout ce qui était en son pouvoir pour soutenir l'Ouest : envoyer des hommes de l'ensemble du pays, vous donner les coudées franches sur cette mission, et venir soutenir publiquement vos hommes. Je peux encore attribuer votre manque de bonne volonté à la fatigue et la pression mais ne me faites pas questionner votre loyauté, général."
Cochrane réussit l'exploit de se raidir encore davantage, semblant à deux doigts de l'explosion.
"Ma loyauté ne saurait...
- Alors taisez-vous."
Hawkeye lui adressa un regard d'avertissement que Mustang choisit d'ignorer : "Nous avons d'autres choses à discuter.
- Lesquelles ? marmonna Cochrane entre ses dents.
- Les résultats de l'enquête conjointement réalisée par les troupes de l'Ouest et de Centrale, concernant le détournement de Riverdale. Faites entrer l'équipe."
Les quatre officiers ayant participé s'avancèrent en rang d'oignon dans le bureau, mal à l'aise face à la tension évidente. Ils restituèrent néanmoins de façon assurée les résultats de leurs travaux qui semblèrent achever Cochrane. Le général tenta faiblement de remettre en cause les conclusions de la mission, mais l'équipé était prête. Hawkeye avait insisté pour qu'ils leur fassent répéter cette restitution plus tôt et l'exercice portait ses fruits : les réponses étaient claires, rationnelles et rigoureuses. Cochrane lui-même réalisa rapidement qu'il n'avait aucun moyen de contester les conclusions et tomba dans un silence furieux.
"Avez-vous quelque chose à ajouter, général ?"
Mustang avait fait sortir l'équipe pour leur éviter de subir une confrontation qui ne les concernait pas. Mais Cochrane ne semblait plus d'humeur à se battre. Il était presque pétrifié, figé dans le marbre, mais il réussit à articuler d'une voix impassible : "Mes hommes m'attendent en salle d'interrogatoire, monsieur."
Sans attendre son autorisation, le général de l'Ouest fit demi-tour et quitta la pièce.
"Il vous le fera payer, commenta Riza avec soupir.
- Très certainement, acquiesça Roy en dégrafant le haut de sa veste. Mais nous n'avions pas le choix.
- Je ne parle pas des résultats de l'enquête."
Mustang grimaça. Le comportement de Cochrane était un enfer et avait suffisamment duré à son goût. Pour autant, il n'était pas certain que cette démonstration de force tournerait à son avantage au long terme : il avait plus besoin de Cochrane que Cochrane de lui et le général de l'Ouest le savait. Sans lui, le gouvernement central perdrait le peu de contrôle qu'il avait sur les troupes de l'Ouest.
"Je n'arrive toujours pas à dire si cet homme est un traître tout à fait imbécile ou s'il ne m'aime simplement pas, murmura-t-il d'une voix lasse."
Mais Hawkeye ne répondit pas, se contentant de s'installer au bureau. Le semblant de relation normale s'était évaporé et le masque d'impassibilité était de retour sur son visage. Mustang soupira.
"Vous êtes en colère."
Là encore, Hawkeye ne répondit pas.
"Vous comptez rester silencieuse longtemps ?
- Ce n'était pas une question, monsieur, répondit-elle sans lever la tête. Je n'ai pas vu l'utilité d'y répondre.
- Êtes-vous en colère ? répéta Roy d'une voix exagérée.
- De manière assez évidente, oui.
- Je ne vois pas pourquoi : cela a permis d'attraper un membre du FLO. Si les hommes de Cochrane se débrouillent bien, cela pourrait leur permettre de bien démarrer l'enquête.
- Cela vous a fait courir des risques inutiles et disproportionnés par rapport à l'objectif, rétorqua Riza, mais il semblerait que cette phrase ne puisse pas rentrer dans votre crâne.
- Tout s'est bien déroulé : Cochrane et Remington avaient prévu cette éventualité.
- Et nous accordons à ces deux-là, une confiance aveugle"
Roy haussa un sourcil : il avait rarement vu son assistante dans un état pareil. Le sarcasme n'était pas son genre.
"Ma mort les aurait directement remis en cause puisqu'ils étaient responsables de la sécurisation des lieux. Ils...
- ça n'empêcherait absolument pas Cochrane de prendre le pouvoir à votre suite et vous le savez, coupa Riza. Votre mort leur aurait profité directement à tous les deux.
- Mais je ne suis pas mort.
- Et on se demande comment. La prochaine fois que vous serez en manque de sensations fortes, faites-moi plaisir et allez faire du saut à l'élastique mais ne me demandez plus de vous suivre dans vos plans suicidaires, rien que pour pouvoir jouer les héros."
La phrase à peine prononcée, Riza écarquilla les yeux, comme si elle venait de prendre conscience de ce qu'elle venait de dire. Cette phrase était sans doute sortie avant qu'elle n'ait pu la retenir, mais était-ce totalement immérité ? Mustang contempla un instant la surface polie du bureau sans savoir quoi répondre. Ce n'était pas totalement faux, ou totalement injustifié. Après tout, combien de fois Roy avait-il regretté de ne plus être sur le terrain, à faire les choses au lieu d'attendre, retranché derrière un bureau ? Il avait senti son sang bouillir aujourd'hui, chose qu'il n'avait pas ressentie depuis longtemps et qui lui manquait atrocement.
Hawkeye ouvrit la bouche, sans doute pour s'excuser, mais Mustang la fit taire, secouant la tête : il ne pouvait pas lui en vouloir d'être la seule personne à lui dire les choses franchement. Et au moins, elle lui parlait à nouveau.
"Que faisons-nous ? lui demanda-t-il. Cochrane est au courant des dernières nouvelles mais, et à supposer qu'il soit avec nous, ce qui est un grand "si", si toutes ses troupes sont passée dans le camp adverse, il ne va rien pouvoir faire. On devrait peut-être laisser Ross et Broche...
- Ross et Broche viennent de Centrale, répondit Riza d'un air soulagé. Tout le QG sait qu'ils ne sont pas des leurs, ce qui, de facto, justifie toute méfiance et rétention d'information à leur égard. Ils ne peuvent rien faire.
- Alors on attend de voir ce qui se passe, au risque de voir le tireur mourir dans cette salle d'interrogatoire ?"
Le risque n'était pas improbable au vu de la situation globale. Une lame, un pistolet. Il suffisait d'un rien pour que cet homme ne perde la vie de manière inexpliquée dans sa cellule.
Riza secoua la tête, l'air pensif : "Peut-être que Cochrane vous est en réalité loyal et n'est pas au courant de ce qui se trame dans sa maison...
- Je n'en mettrais pas ma main à couper", grommela Roy avant de se mordre la langue et de se rappeler qu'il avait mis sa tête dans la ligne de mire.
A son grand soulagement, Hawkeye ne releva pas : "Dans tous les cas, nous avons besoin de quelqu'un pour l'observer discrètement à notre compte.
- Et vous avez quelqu'un en tête ?"
Car c'était bien cela le fond du problème : ils n'avaient personne à poster dans l'Ouest.
La jeune femme sembla hésiter un instant : "Est-ce que vous saviez que Rebecca vient de se marier ?
- Non, mais envoyez-lui mes meilleurs vœux", répondit Mustang avec un haussement de sourcil. Il ne savait pas ce que cette annonce venait faire dans cette conversation et était même surpris que Riza ait eu le temps de prendre de ses nouvelles avec leur emploi du temps infernal.
"Il y a six mois. Et son mari veut qu'elle se rapproche de lui alors il y a quelques mois, elle a fait une demande de mutation dans l'Ouest."
Mustang manqua de rester bouche bée : "Et elle attend toujours sa mutation ?
- Non. Un poste était vacant aux renseignements et je lui ai demandé comme une faveur personnelle d'y postuler. Elle a accepté et pris son poste à peu près au moment où nous avons envoyé Ross et Broche dans l'Ouest.
- Vous avez quoi ?"
Hawkeye eut du mal à soutenir son regard sans rougir de gêne, en raison de sa propre initiative ou peut-être d'avoir conservé cette information pour elle. Elle avait depuis le début, glissé un de ses propres pions sous le nez de Cochrane. Mustang en restait sans voix : depuis quand son colonel tirait-elle des ficelles dans son dos ?
"C'était juste une idée, je ne tenais pas vraiment à l'impliquer dans nos...
- Je m'en fiche, la coupa Mustang. Vous avez glissé un agent qui pourrait espionner Cochrane pour notre compte.
- Ses motivations sont réelles et sa couverture est en béton : on ne peut pas réellement retenir contre elle le fait qu'elle servait déjà dans l'Est lorsque nous étions. Et je n'ai, officiellement, plus eu de contacts avec elle depuis... le Jour Promis ? Ou même un peu avant ?
- Elle était présente à nos côtés le Jour Promis, fit remarquer Roy avec une voix sombre. On aurait pu la voir, l'associer à nous.
- Quelles sont les probabilités ?"
La jeune femme avait tenu à disparaître aussi vite que possible. Elle ne voulait pas associer son nom au coup de Mustang. "Les hommes n'aiment pas celles qu'ils ne pourront pas contrôler. Je ne tiens pas à effrayer mon futur mari", avait-elle lancé, avec un clin d'œil, avant de prendre ses distances. Mustang commençait à comprendre à quel point Rebecca était un atout de qualité : on ne pouvait pas directement la relier à eux, elle faisait déjà partie des troupes de l'Ouest, mieux du service qui se chargerait de l'enquête.
"Et vous pensez qu'elle pourrait être notre œil sur ce dossier ?"
Riza hocha la tête : "Mais Rebecca voudra sans doute une mutation, après ça. Elle déteste son poste."
Roy retint un éclat de rire. C'était le dernier de ses soucis.
Mary passa une main inquiète sur son front.
"Tu ne m'as pourtant pas l'air malade, marmonna-t-elle pour elle-même, avant d'ajouter à son attention : après le dîner, tu vas directement aller te coucher, d'accord ?"
Selim hocha la tête sans rien dire. Il avait passé le reste de l'après-midi à piquer du nez, incapable de se concentrer plus de cinq minutes d'affilées - le prix à payer pour sa petite escapade. Pas étonnant que sa mère ne s'étonne. Il fit semblait de se plonger à niveau dans son livre d'images - l'encyclopédie des animaux - pour tenter de rassembler ses pensées.
La rencontre avec Remington avait été une perte de temps : l'homme ne savait rien, n'était au courant de rien. Le suspect que suivait l'équipe Breda l'avait approché sous prétexte d'avoir des informations compromettantes sur Mustang mais le colonel avait classé cette histoire abracadabrante de tunnel géant sous leurs pieds, avec les théories complotistes et mis son visiteur à la porte. Remington n'avait rien à voir avec la faction rebelle au sein de l'armée, malgré tous les soupçons que Mustang et Breda avaient à son égard.
La frustration qu'il avait ressentie en apprenant cela s'était évaporée pour laisser place à une profonde interrogation : Remington n'avait pas pris le tunnel au sérieux mais celui-ci existait bien. Selim était bien placé pour le savoir. Mustang n'avait pas intérêt à ce que cette histoire ne s'ébruite - à moins de vouloir une chasse aux alchimistes - et le connaissant, il n'avait pas dû mettre au courant grand monde. Et pourtant, une tierce partie était au courant et comptait s'en servir contre le généralissime. Cette faction avait donc des pions stratégiques bien placés et potentiellement très près de Mustang. Selim devait mettre la main sur cette faction. S'ils étaient suffisamment organisés pour réaliser deux coups d'éclat aussi significatifs, alors Selim devait les mettre sous son emprise. Il avait ordonné à Remington de les chercher et surtout d'accepter leur offre si jamais ils l'approchaient de nouveau.
Selim se frottait une énième fois les yeux lorsque le changement de garde se fit. Il aurait pu ne pas le voir, ne rien remarquer. Après tout, combien de fois la relève s'était-elle produite depuis le début de leur surveillance ? Deux fois par jour, voire plus lorsqu'un événement venait chambouler l'agenda de leurs geôliers. Breda entra discrètement dans la maison, hocha la tête à l'attention de Breguet qui s'éclipsa par l'arrière, puis attrapa l'écharpe de Selim pour la suspendre à une autre patère. Le signal dont ils avaient convenu si Breda avait besoin de lui parler.
Le petit garçon referma son livre.
"Je monte dans ma chambre, annonça-t-il.
- D'accord mais ne t'endors pas : on dîne dans quinze minutes.
- Oui, maman."
L'encyclopédie sous le bras, Selim prit la direction du bureau de Wrath, où Breda le rejoignit cinq minutes plus tard.
"Je t'écoute. Que se passe-t-il ?
- Les frères Elric sont venus cet après-midi et ont constaté votre absence.
- Les quoi ?" s'exclama Selim plus fort qu'il ne l'aurait souhaité.
Il devait avoir mal entendu, c'était la seule explication. Que les frères Elric s'immiscent dans ses affaires était une chose. Qu'ils constatent par eux-mêmes que Selim ne respectait pas les termes du marché imposé par Mustang en était une autre. Le pire des scénarios.
Il prit une grande inspiration pour se calmer mais ne parvint pas à chasser son agitation : "Pourquoi est-ce que vos hommes ne les ont pas arrêtés ?
- Mon équipe n'a jamais reçu comme consigne d'empêcher les frères Elric d'entrer dans cette maison, expliqua placidement Breda."
Selim jura à voix basse. Il avait oublié à quel point cet homme lui obéissait littéralement. Tout devait être précisé et spécifié, sans quoi les personnes sous son emprise ne s'exécutaient tout simplement pas. Même à cet instant, Breda le regardait sans vraiment le voir, les yeux perdus dans le vague.
"Hé bien la prochaine fois, empêchez-les, vous ou vos hommes, de rentrer, ordonna Selim avec agacement. S'ils demandent pourquoi, dites-leur que... Mustang a changé d'avis. Faites-le savoir à vos hommes."
Breda répondit mollement mais Selim ne lui prêta pas attention, se mordant nerveusement l'ongle du pouce. Il ne disposait pas d'énormément de temps avant que les deux frères ne courent prévenir Mustang. Heureusement, celui-ci n'était pas à Centrale. Il avait encore un peu de temps.
L'homonculus fit quelques pas pensifs avant de demander brusquement : "Vous avez des informateurs dans la ville. Qui sont-ils ?
- Arthur, Elena...
- Je ne veux pas savoir leurs noms, coupa Selim avec frustration. Votre réseau pourrait-il retrouver les frères Elric si vous le leur demandiez ?
- Oui."
Selim hocha la tête : "Vous aller tout faire pour retrouver les frères Elric : aller les chercher à leur chambre d'hôtel si vous le connaissez, envoyer un homme demander à votre réseau d'informateur de localiser les frères Elric le plus vite possible. Vous devez les retrouver le plus vite possible."
S'ils n'étaient pas stupides, les deux frères allaient attendre le retour de Mustang et, entre temps, se cacher quelque part dans Centrale. Rendre visite à l'hôtel ne servirait probablement à rien. Edward et Alphonse avaient déjà réussi à disparaître du radar par le passé et s'ils avaient compris l'importance de ce qu'ils avaient vus, ils se terreraient rapidement dans un trou. Les mains de Selim se mirent à trembler. Il devait leur mettre la main dessus avant que Mustang ne revienne.
"Comment ça, vous avez une mission pour nous ? On est pas intéressés.
- Laisse-la parler, Nii-san."
Edward voulut protester : le plan était de tout déballer à Mustang et ensuite de la laisser gérer la situation tout seul comme un grand, étant donné qu'eux-mêmes devaient sûrement être trop stupides pour comprendre. Et surtout, ils rentreraient ensuite à Resembool pour reprendre le cours de leur vie normale avec Winry et Mamie Pinako. Mais Alphonse le fixa avec un air déterminé et la protestation mourut au fond de sa gorge avant même qu'Edward n'ait pu ouvrir la bouche. Après tout, Alphonse assumerait les conséquences de tout cela.
"Vous allez surveillez la maison des Bradley.
- Encore ? Mais on y est depuis plus d'une semaine et on a toujours rien vu.
- Vous ne vous demandez pas comment Selim et son garde ont pu disparaître sous votre nez ? demanda Panaya.
- Un peu. Mais on ne surveillait que l'arrière de la maison et le jardin, répondit Alphonse. Ils auraient pu passer par devant.
- Ce n'est pas à exclure mais improbable : si mon coéquipier a fait sortir le petit de la maison, il n'aurait pas voulu risquer de croiser un voisin par hasard.
- Ne nous dites pas qu'il existe une troisième sortie à cette maison. Ce n'est plus une maison mais un gruyère.
- Vous croyez réellement qu'un service de sécurité aurait laissé le président Bradley vivre dans cette maison sans s'assurer qu'il existe un moyen de le faire sortir discrètement et en toute sécurité ? pointa Panaya avec une confiance qui exaspéra Edward encore davantage. Pas moyen. Bradley pourrait avoir eu besoin d'être extradé rapidement, avec sa famille, par une sortie discrète. Ce qui exclut de fait l'entrée et la porte du jardin. Avant que le président ne s'y installe avec sa famille, les services de sécurité y ont aménagé une sortie secrète qui mène directement dans la rue d'à-côté."
Alors encore une fois, les frères Elric se retrouvaient à faire le guet au milieu d'un quartier résidentiel, sous le seul prétexte que Selim allait de nouveau sortir de la maison. Et s'il sortait alors ce serait encore une fois par cette sortie dérobée. Edward soupira une énième fois. Cette Panaya leur avait indiqué qu'elle assurerait la surveillance de la porte d'entrée mais rien ne garantissait qu'ils obtiendraient rapidement des résultats et très franchement, Edward commençait à en avoir marre. Il était proche de l'assoupissement lorsqu'Alphonse lui enfonça son coude dans les côtes.
"Mais qu'est-ce que...
- Chut. Regarde, Nii-san."
Panaya n'avait pas menti. Le faux générateur électrique au milieu de la rue n'était pas un local technique en service. Sa porte s'ouvrit et laissa s'échapper un homme. Brun, le teint pâle, et la silhouette beaucoup trop athlétique pour être un habitant du quartier. Les deux frères froncèrent les sourcils de concert : ils ne connaissaient pas l'homme, ne l'avait jamais vu auparavant.
"Tu penses qu'on le suit ?
- Si Panaya dit vrai, pas sûr que beaucoup de personnes aient accès à ce tunnel, marmonna Edward en se levant. Viens, Al."
La filature n'était pas leur fort. Pas plus que la surveillance discrète. Mais heureusement, Alphonse n'était plus dans son armure.
Ils eurent la confirmation que cet homme n'était définitivement pas n'importe qui lorsqu'il leur fit prendre des détours à n'en plus finir à travers la ville - névrose commune à beaucoup de soldats, semblait-il - pour finalement les mener dans le quartier populaire de Centrale. La densité de passants leur permit de s'approcher un peu plus de lui, ce qui n'était pas plus mal étant donné que l'homme avait manqué de les semer une ou deux fois. Leur cible s'arrêta finalement à la terrasse d'un café tout à fait ordinaire et s'installa à une table déjà prise. Ses occupants lui adressèrent un regard interrogateur avant qu'il ne leur souffle une ou deux phrases, mais ils finirent par s'écarter et lui laisser une petite place.
"Il faut qu'on s'approche, on entend rien, souffla Edward à voix basse.
- On va se faire repérer, Nii-san.
- Il ne nous a pas remarqués jusque-là et il est occupé.
- Il connait sûrement nos visages, pointa Alphonse.
- Alors il faut juste qu'on se mette dos à lui."
Son cadet lui adressa un regard incertain mais accepta néanmoins de le suivre sur la terrasse. Leur cible aurait pu choisir pire endroit pour établir un contact - un parc désert, un entrepôt désaffecté - et les frères se glissèrent sans trop de difficultés à une table à proximité. La rue était animée et ne favorisait pas l'écoute discrète des conversations. Néanmoins, ils parvinrent à capter une partie de la conversation.
"...demande urgente.
- ... avez des photos ?
- Pas difficile... frères Elric."
Edward se raidit en entendant leur nom dans la conversation. Son frère le regarda en fronçant les sourcils mais l'aîné lui fit signe d'attendre : ils devaient au moins comprendre ce qui se passait et pourquoi ils avaient été cités. Leur cible ne fut pas longue à leur fournir l'explication : "Breda doit les retrouver."
Parfait, tout simplement parfait. Edward ferma un instant les yeux, fatigué par avance. Dans quoi s'étaient-ils encore fourrés ? Mais ils n'avaient pas le temps de traîner sur place. L'instant d'après, il rouvrait les yeux, déterminé à mettre autant de distance que possible entre leurs futurs poursuivants et eux.
"Allons-y, Al."
Panaya avait intérêt à avoir une sacrée bonne explication à tout cela.
A suivre...
Alors, qu'en avez-vous pensé ?
J'aime beaucoup écrire les scènes avec Panaya. Je trouve son caractère assez drôle (oui, ça ne devrait pas me surprendre étant donné que c'est moi qui ai créé le personnage mais bon) et je me dis qu'elle ne peut que "bien" s'entendre avec Edward.
Hésitez pas à me laisser une petite review =)
