Titre : La Pièce Vide

Fandom : Fullmetal Alchemist

Disclaimers : l'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. L'idée initiale m'a été soufflée par Shirenai

Mon petit blabla avant de commencer : Chapitre 21, on approche de la fin de cet arc et j'ai vraiment hâte :))) (Si vous me connaissez un peu, alors vous savez que ça ne présage rien de bon x)) Les vacances arrivent à grand pas et ça me permet de me remettre à l'écriture donc si je me débrouille bien, il ne devrait pas y avoir de coupure dans la publication pour l'été (en tout cas j'espère). Merci à Musing-and-Music pour sa review. Et j'espère que vous aimerez ce nouveau chapitre

Précédemment dans La Pièce Vide : Mary rencontre les Hughes à l'épicerie et se rend à nouveau compte que quelque chose ne va pas. Elle découvre Marcoh emprisonné dans sa cave mais avant de pouvoir réagir, Selim lui efface à nouveau la mémoire. De leur côté, Panaya et les frères Elric expliquent la situation à Mustang qui ne sait plus comment gérer la situation. En parallèle, Hakuro délivre à Selim un nouvel otage en la personne de Winry...


Pars vite

La matinée fut éreintante, encore une fois.

Il y avait à la fois le trop grand nombre de sujets à traiter, le manque de sommeil et ce sentiment d'inquiétude qui les tenaillait. Les heures défilèrent avec la valse habituelle de ses officiers : Cochrane, les tensions à West City et l'enquête interne au Quartier Général, Remington et la protection des quartiers militaires, Ravier et les incidents dans le Sud. Tout était urgent, tout était critique et sensible. Et cette sensation de catastrophe à prévenir les usait.

Mustang ne parvint à dégager du temps qu'en fin de matinée, pour appeler Grâce, priant intérieurement pour qu'il ne soit pas déjà trop tard. La jeune femme décrocha rapidement, surprise de l'entendre.

"Tu veux que je quitte ma maison ? répéta Grace d'une voix dubitative.

- S'il te plaît.

- Mais pour aller où ?"

Mustang se pinça l'arête du nez. Il n'avait pas du tout réfléchi à cette question.

"On trouvera une solution. Vous pouvez venir chez moi entre temps.

- Chez toi ?

- Une solution temporaire...

- Roy, je te remercie de ta proposition mais je ne vais pas déplacer ma fille pour aller dormir dans ton appartement. Est-ce que tu te rends compte de ce...

- Je ne te le demanderais pas si ce n'était pas important, la coupa Mustang."

Il n'imaginait pas non plus Elysia et Grâce tenir dans son minuscule deux-pièces, se partager une chambre poussiéreuse, située à une demi-heure de leur quartier et probablement de l'école de la fillette. Mais c'était mieux que rien. C'était une solution temporaire en attendant de retrouver un endroit où les loger, parce que l'idée de les laisser si proches de l'homonculus le rendait malade. Il avait fait une promesse à Maes, il y a longtemps à Ishbal, et Roy comptait bien tenir cette promesse.

Grâce dut percevoir son inquiétude puisqu'elle souffla à mi-voix : "Est-ce que c'est en lien avec Se...

- Pas au téléphone, coupa-t-il. Mais oui.

- Est-ce que tu es sûr ?

- Autant qu'on puisse l'être"

Son hésitation à lui transmettre des informations était palpable mais n'empêcha pas la jeune femme de continuer : "Que va-t-il se passer ?

- Je ne peux pas te le dire.

- Et sa mère ?

- Je ne peux pas te le dire."

Roy pouvait voir l'expression agacée et butée se peindre sur son visage. La même qu'elle lui avait opposée lorsqu'il avait refusé de répondre à ses questions sur la mort de Maes. Il l'entendit soupirer légèrement au bout du fil.

"Je vais voir. Il y a tellement de choses à faire, organiser...

- Le mieux serait que vous partiez de manière discrète, si possible sans valises.

- Je pars avec une enfant, Roy. Je ne crois pas que tu comprennes ce que cela implique."

Non, Mustang n'avait aucune idée de ce que cela impliquait. Pas plus qu'il ne savait ce qu'un logement adapté devait contenir pour accueillir une petite fille de six ans.

"Comment puis-je t'aider ?

- Il faut d'abord que je vois et que... Je te contacte si j'ai besoin d'aide, promit Grâce d'une voix désabusée.

- Mais tu le feras ? Tu m'appelleras si tu as besoin d'aide ?

- Oui.

- N'hésite pas."

Grâce resta silencieuse un instant puis raccrocha.

Roy ne savait plus s'il devait se sentir rassuré ou inquiété par la conversation. D'un côté, Grâce n'avait pas refusé sa demande, ne l'avait pas cru totalement fou. De l'autre, il doutait sincèrement qu'elle fasse appel à lui. Pas qu'il pouvait réellement l'aider, dans sa situation... La Faction devait sans doute l'observer et ce n'était pas comme s'il avait déjà fort à faire avec l'armée.

"Nous pourrions demander à Havoc, suggéra Hawkeye. Sa famille répond à ce genre de cas sensibles. Ils pourraient avoir une piste. Une solution discrète pour une femme et une enfant.

- Si ce vieux lascar pouvait nous trouver une solution... Rappelez-lui qu'il fait toujours partie de cette équipe, demanda Roy avec un sourire triste."

Hawkeye lui rendit son sourire et il se sentit déjà mieux. Que Grâce fasse appel à lui ou non, Mustang serait prêt. Charge à lui de la convaincre.

Roy se faisait une note mentale de rappeler la jeune femme le soir-même, lorsque la sonnerie du téléphone retentit. Il fronça les sourcils : Hawkeye n'avait rien prévu, pour leur permettre de souffler un peu et dormir ne serait-ce que quelques minutes. Elle-même avait l'air surpris mais elle décrocha néanmoins.

"Bureau du généralissime, le colonel Hawkeye à l'appareil. Oui, j'attends."

La surprise s'afficha sur son visage quand finalement, le correspondant fut connecté : "Scar ?

- Scar ? Des problèmes ? demanda Roy en décrochant à son tour"

L'Ishbal n'avait jamais cherché à le contacter directement. Mustang avait toujours initié les contacts et si possible, pas par téléphone. Cet appel ne pouvait être qu'une mauvaise nouvelle.

"Marcoh a disparu."

Son cœur manqua un battement.

"Comment ? Quand ?

- On ne sait pas. Les derniers jours ont été très agités, expliqua l'ishbal d'une voix tendue."

Ravier les avait mis au courant : de nombreuses altercations au sein même de la communauté Ishbal avaient eu éclaté, mais quoi de plus naturel ? les Ishbal restaient gouvernés par leurs bourreaux et même par l'un de leurs plus grands bourreau. Mais des incidents avaient également eu lieu avec la population de South City. Certains avaient cherché à excuser par tous les moyens les agissements de l'armée pendant la guerre et cela avait inévitablement ouvert la porte à trop d'injures raciales.

"Nous avons tous été très occupés à calmer la situation, poursuivit Scar, éviter que cela ne dégénère encore une fois.

- Quand a le docteur Marcoh a-t-il disparu ? répéta Mustang.

- Quelque part entre ce matin et il y a trois jours, peu après la parution du premier article sur vos états d'armes. Des disputes ont éclatés. Certains Ishbal réclamaient votre départ, d'autres étaient contre. Nous nous somme dispersés pour calmer les gens. Darragh a été le dernier à le voir ce soir-là. Et on ne s'est aperçus de sa disparition qu'aujourd'hui. Nous sommes partis à sa recherche mais impossible de le retrouver.

- Entre cette après-midi et il y a trois jours ?"

Mustang échangea un regard incrédule avec Hawkeye : avec cette fenêtre pareille, le docteur Marcoh pouvait à présent être n'importe où. Aussi bien à Briggs qu'à Xing.

"Comment se fait-il que personne ne l'ait vu dans cet intervalle ?

- Je vous l'ai dit : la situation a été très agitée et nous avons tous été occupé à calmer la population. Marcoh devait faire le tour de chaque maison pour s'assurer qu'aucun blessé ne se cachait et pour calmer les gens.

- Et vous l'avez laissé y aller seul ?

- Personne au sein de la communauté n'aurait pu s'en prendre à lui, répliqua Scar d'une voix intransigeante. Le docteur Marcoh est beaucoup trop connu et respecté ici pour que quiconque ne songe à lui reprocher quoi que ce soit.

- Même avec ces articles ?"

Marcoh avait été cité parmi les docteurs de la mort. Peu importe ses actions depuis, il y avait des choses qui ne pouvaient être pardonnées.

"Pas au sein de la communauté, répéta Scar.

- Comment pouvez-vous en être aussi sûr ?

- Marcoh est le seul médecin de notre communauté. Il vit parmi nous dans le désert. Beaucoup n'ont pas encore suffisamment confiance en l'hôpital Rockbell pour y aller. Personne ne s'en serait pris à lui. En tout cas nous ne l'aurions passé laissé partir seul si nous avions eu le moindre doute."

Ce n'était pas dans la nature de l'homme de faire confiance, même aux siens. Après tout ce qu'il avait pu voir, Scar n'imaginait que le pire mais s'il était certain que les Ishbal n'étaient pas impliqués dans cette disparition, alors Mustang était prêt à le croire. Cela ne laissait plus que l'armée ou...

"Merde."

Après l'incrédulité, un sentiment de déjà-vu commençait maintenant à se diffuser en lui.

"Impossible est un mot qui n'existe pas ici-bas", lui avait rappelé le Fullmetal. Et Mustang ne croyait plus depuis longtemps aux coïncidences. Il échangea un regard avec Hawkeye qui lui confirma ses doutes : "Ce n'est pas quelqu'un dans le Sud qui s'en est pris à lui, Scar. Marcoh n'est plus dans le Sud.

- Que savez-vous ? demanda l'Ishbal après un instant d'hésitation.

- D'après nos dernières informations, Selim Bradley serait redevenu un homonculus. Les frères Elric viennent de nous prévenir et cette fois, il semblerait que son pouvoir ait changé : à présent il ne manipule plus les ombres, mais les hommes."

Un silence pesant envahit la ligne.

"Cette information est-elle fiable ?

- Autant qu'elle puisse l'être. Mais nous travaillons à la vérifier."

L'Ishbal ne posa aucune question sur la possibilité que l'homonculus ait capturé le docteur : il l'avait fait une fois, qu'il le fasse une seconde fois n'avait rien d'improbable.

"Que savez-vous de ces pouvoirs ? Il manipule des hommes ?

- De ce que nous savons, il peut contrôler ses victimes, leur donner des ordres, leur effacer la mémoire, énuméra Mustang en frottant son front d'une main lasse. Et on ne sait pas jusqu'où ce pouvoir pourrait aller."

Mais Scar voyait précisément jusqu'où l'homonculus pouvait aller : "Selim Bradley pourrait donc forcer le docteur Marcoh à recréer une pierre ?

- Oui, marmonna Mustang, la gorge nouée à l'idée.

- Alors vous devez aller le chercher, tout de suite."

Scar n'attendit pas avant de raccrocher et Mustang n'hésita qu'une fraction de seconde avant de raccrocher. Il ouvrit le premier tiroir de son bureau. Ses gants y étaient proprement pliés, prêts à l'usage.

"Que faites-vous ? demanda Hawkeye.

- Il faut que quelqu'un vérifie que Selim ne détient pas Marcoh.

- Quelqu'un, oui, mais certainement pas vous."

Mustang lui jeta un regard interloqué.

"Nous ne savons pas quel est le but de Selim : créer d'autres homonculus, sacrifier ce pays encore une fois, se venger, énuméra-t-elle. Mais une chose est sûre : vous étiez sur sa liste des sacrifices la dernière fois, impossible que vous ne fassiez pas partie de ses cibles cette fois-ci.

- Et qui voudriez-vous envoyer ?

- N'importe qui qui ne soit pas le généralissime, rétorqua Hawkeye. De préférence quelqu'un qui a déjà fait face à Selim et s'en est sorti. Panaya, par exemple ?

- Hier soir vous ne faisiez pas suffisamment confiance à Panaya pour la laisser seule avec les frères Elric, pointa Mustang.

- La situation a changé.
- Oui, elle est devenue plus critique. Cela me semble difficilement le moment de faire des expérimentations."

Il était à présent debout, prêt à faire coulisser la cloison secrète mais Hawkeye s'interposa.

"Ce n'est pas non le moment de mettre en jeu la vie de l'homme à la tête de ce pays. Vous ne pouvez pas y aller. Envoyez-y les frères Elric et Panaya si cela vous chante.

- Les deux sont déjà sous l'emprise de Selim. On en sait pas ce que ...

- Mais ils savent qu'ils ont été victimes de son pouvoir, coupa Riza. Effectivement, on en sait pas quel sera leur réaction en se retrouvant face à Selim, mais peut-être que le fait de savoir qu'ils ont été victimes peu les aider à éviter ce piège.

- Ce n'est rien de plus qu'un vœu pieux, à ce stade.

- Certes, mais c'est peut-être moins stupide que de vous jeter, vous, dans la fosse."

Les yeux de Hawkeye flamboyaient et elle était décidée à ne pas le laisser partir. Malgré la panique et la pression, Mustang entendait le raisonnement. Il était certainement peu stratégique de jeter le roi dans la bataille. Mais peu de personnes étaient en mesure de battre un homonculus, surtout si Marcoh était avec lui.

"Les frères Elric sont tout aussi capables de se débarrasser de lui que vous, insista Hawkeye comme si elle lisait dans ses pensées. C'est d'ailleurs Edward qui a vaincu Selim la première fois.

- Vous vous rendez compte qu'on ne pourra pas toujours éviter la confrontation avec lui ? Sans compter que le Fullmetal n'a plus ses capacités. Tous les trois pourraient ne rien pouvoir faire face à Selim.

- Auquel cas nous aviserons. Mais si possible, j'aimerais tenir l'échelon le plus élevé de ce pays aussi loin que possible d'un homonculus capable de manipuler les esprits."

Mustang soupira. Il connaissait ce regard intransigeant. Il lisait dans sa posture que Riza ne le laisserait pas partir, quitte à dégainer encore une fois cette arme et la braquer sur lui. Il ne pouvait rien y faire.

"Très bien. Appelez-la."


De manière assez prévisible, aucun d'entre eux n'avait pas été capable de trouver le sommeil la veille. L'énigme, le sentiment de toucher un souvenir du bout des doigts les avaient électrisés.

"Concentre-toi, Edward.

- J'essaie, rétorqua le jeune homme, agacé. Mais ce n'est pas quelque chose de tangible que je peux simplement attraper. Je l'ai presque mais je n'arrive pas à m'en souvenir.

- Tu as parlé d'un pull, nii-san ? rappela Alphonse d'une voix calme. De quel pull s'agit-il ?"

Panaya avait préparé des litres de cafés pour leur permettre de conserver l'esprit clair mais passé l'excitation du début, ils n'étaient pas beaucoup plus avancé qu'en quittant le hangar. La soldate plissa les yeux, face à l'air concentré de l'adolescent, puis reprit les événements dans l'ordre : "Lorsque les souvenirs ont commencé à revenir, tu étais en train de parler, Edward. Est-ce que tu t'en souviens ?

- Pas spécialement.

- Tu parlais de moi, rappela Alphonse. Tu disais que la dernière fois, j'avais déjà failli...?"

Le jeune homme déglutit, d'un air gêné : "La dernière fois... Tu as failli ne pas en revenir."

Le sujet le mettait vraisemblablement mal à l'aise et Edward fixa obstinément le fond de sa tasse.

"Et c'est ton argument principal pour ne pas vouloir être mêlé à cette affaire ?

- Evidemment, s'indigna-t-il. Je ne sais pas ce que vous avez compris mais mon frère s'est sacrifié. Il aurait pu..."

Encore une fois, l'ancien alchimiste s'était interrompu, incapable de finir sa phrase.

"Mourir, compléta Panaya d'une voix calme.

- Nii-san ?"

Mais Edward ne s'était pas arrêté par pudeur. Il affichait à nouveau cette expression, celle de ne pas arriver à exprimer correctement une pensée, celle de toucher du bout du doigt une idée sans y parvenir. D'une main tremblante, l'adolescent posa sa tasse sur table basse et passa les deux mains dans ses cheveux, penché sur ses genoux.

"Je t'ai déjà dit tout ça, Al, murmura-t-il d'une voix lointaine.

- Quoi ? questionna Panaya. Quand ?

- Arrêtez, protesta le cadet. Vous ne voyez pas à quel point il se sent mal ?

- Mais la réponse est juste là, souffla Edward, toujours replié sur lui-même. Je te l'ai déjà dit. La dernière fois, tu as failli mourir. Et la dernière fois, j'ai failli abandonner.

- Nii-san ? demanda Alphonse d'une voix incrédule."

De manière évidente, lui ne se souvenait pas de cette conversation. Edward resta un instant silencieux et Panaya dut se retenir de l'interroger à nouveau. Ils y étaient presque, elle en était convaincue et les émotions qui submergeaient le Fullmetal y étaient sans doute pour quelque chose.

Comme tous ses coéquipiers, elle avait lu les rapports qui relataient les événements du jour promis, le coup de génie d'Edward Elric qui lui avait permis de sauver le pays puis ramener son frère. Elle n'avait pas besoin d'être alchimiste pour voir que là où n'importe quel autre adulte, elle y compris, aurait sûrement abandonné, le Fullmetal avait persévéré et tenu bon. Elle était restée admirative devant sa ténacité, plus que devant le trait de génie. Mais visiblement, cet épisode avait laissé plus de séquelles il n'y paraissait. La clé était forcément là.

"Nii-san ?" l'appela doucement Alphonse.

Il fallut encore un instant à l'aîné avant de se redresser, l'air toujours aussi perdu mais cette fois, ses yeux brillaient de détermination : "Je me souviens, Al. Dans notre chambre d'hôtel. Je faisais ma valise pour rentrer et tu voulais rester. J'avais un pull dans mes mains."

Son frère secoua la tête pour indiquer qu'il ne se souvenait de rien.

"Tu as insisté pour aller surveiller la maison des Bradley car tu avais peur pour Mme Bradley." Edward se passa une main sur le visage. "Ces souvenirs sont tellement brumeux et lointains. Comme s'il ne s'agissait de rien d'autre qu'un rêve.

- Mais ils reviennent. Que s'est-il passé après votre discussion ? demanda Panaya.

- On est allés sur la colline, derrière la maison.

- Est-ce que c'est ça ce moment-là que Selim vous a trouvés ?"

Le regard encore distant, Edward secoua la tête.

"Non.

- Alors quand ?

- Longtemps après ?

- Quand ? insista Panaya.

- Lorsque vous avez disparu."

A partir de ce moment-là, tous les souvenirs s'étaient déversés sur le Fullmetal. Comme s'ils avaient finalement réussi à détruire le barrage qui les contenait. Leur rencontre. Les mots dans le café. Et leur réveil dans la cave des Bradley.

"Ce sale gosse, grogna Edward…"

Panaya hocha la tête distraitement. L'aîné avait retrouvé la mémoire, restait encore le cadet : "Alphonse ?"

Celui-ci secoua la tête, inquiet : "Rien. Même avec tout ce qu'Edward vient de raconter, je… Rien du tout.

- Tant pis", soupira Panaya.

Le ciel commençait déjà à pâlir et la soldate était à court d'idée.

"Ce n'est pas à cette heure-ci qu'on va comprendre quoi que ce soit. On s'arrête pour ce soir, on reprend demain.

- Mais on est bien lancés. On pourrait continuer."

Mais la soldate secoua la tête : "On ne sait pas quand le généralissime pourrait avoir besoin de nous. On dort maintenant, on continue plus tard."


A son réveil, la jeune femme avait l'impression de ne pas avoir dormi plus d'une poignée de minutes, une douleur aiguë lui vrillant les tempes. Mais une idée lui était venue pendant la nuit. A sa droite, par terre, Alphonse émergeait, les yeux s'ouvrant difficilement, et la soldate repoussa la couette pour profiter de la salle de bain en premier. Sur son chemin, elle secoua l'épaule d'Edward : "Debout là-dedans, on est pas là pour dormir."

Une douche rapide eut le mérite de la réveiller complètement - attendre que l'eau chauffe était un luxe dont tous les soldats avaient l'habitude de se passer, à leur grand désarroi - et le goût du dentifrice lui permit de se sentir suffisamment fraîche pour se concentrer à nouveau.

"J'espère que vous avez une très bonne idée pour me réveiller comme ça, marmonna Edward, en frottant ses yeux.

- Je viens de te le dire : on est pas là pour dormir, répéta la soldate. Nous avons encore des réponses à trouver."

D'humeur charitable, elle fit chauffer la cafetière de la chambre et ouvrit grand les fenêtres, laissant entrer un courant d'air frais qui fit immédiatement grogner Edward. Cinq minutes plus tard, les deux garçons étaient frais, réveillés et tenaient chacun une tasse de café entre leur main.

"Bon, après cette nuit de révélations, comment te sens-tu, Alphonse ?

- Bien, répondit l'adolescent d'un air perplexe. Mais je ne me souviens toujours de rien.

- Précisément. Nous avons donc deux populations : Edward qui se souvient et toi Alphonse, le groupe de contrôle, qui ne te souvient de rien.

- C'est pas vraiment ça, un groupe de contrôle, marmonna l'aîné.

- Mais ça peut nous aider à comprendre l'élément déclencheur, poursuivit Panaya."

Alphonse haussa un sourcil : "ça ne doit pas être la phrase elle-même, étant donné qu'Edward l'a répétée plusieurs fois à voix haute.

- ça ne peut pas non plus être un événement précis car vous restez ensemble constamment.

- Très bien, mais alors quoi ?"

Panaya secoua la tête. Il avait beau être un prodige, un génie de l'alchimie, Edward n'en restait pas moins qu'un adolescent borné. Mais sous ses airs méfiants, elle décelait une lueur dans ses yeux qui lui rappelait quelque chose. Un je-ne-sais-quoi dans ses yeux qu'elle avait déjà vus chez les vétérans.

"La dernière fois, tu as failli ne pas en revenir. Tu as failli mourir"

Sa voix s'était brisée systématiquement au moment de rappeler les événements à son frère. Cela ne pouvait pas être qu'une simple coïncidence.

"Tu as dit hier soir qu'Alphonse avait failli mourir. Les deux fois, tu as eu du mal à finir ta phrase.

- Oui et donc ?

- J'imagine que je ne me trompe pas lorsque j'affirme que cet événement a été traumatique pour toi ?

- De manière assez évidente, non. Mais je ne vois pas où vous voulez en venir.

- J'en viens au fait que cette phrase renvoie à un traumatisme que le pouvoir de Selim n'est pas capable de masquer. Une émotion tellement forte qu'elle a fait voler en éclat l'ordre qu'il a pu te donner."

Cette hypothèse fit oublier toute hostilité que le Fullmetal pouvait avoir contre elle ou l'armée. A nouveau, il était plongé dans ses réflexions, soupesant les probabilités qu'elle ait raison.

"La première sensation qui m'est revenue est la peur, déclara-t-il finalement, le regard sombre. Une peur immense. Celle que j'ai éprouvé le Jour Promis lorsque j'ai cru que tu ... ne reviendrais plus, Al. Une solitude à en couper le souffle. Comme si le sol se dérobait sous mes pieds.

- Tu ne m'avais jamais dit, souffla Alphonse. Tu ne m'a jamais dit que...

- Cette sensation, est-ce que tu l'as ressentie hier soir ? le coupa Panaya. Pendant ce souvenir, dans la chambre d'hôtel ?

- Les deux.

- Et avant ça ? le Jour Promis ?

- Le Jour Promis et régulièrement depuis, répondit Edward avec un regard furieux. Vous devriez vraiment perdre cette habitude de creuser autant, c'est désagréable.

- Je te rappelle que mes coéquipiers aussi sont dans le même cas de figure que toi, rétorqua Panaya d'une voix sèche."

Étaient-ils conscients de ce qu'ils faisaient ? En gardaient-ils le moindre souvenir ? ou n'étaient-ils que des marionnettes entre les mains de Selim ? L'idée qu'il était impossible de les défaire de ce contrôle qu'exerçait Selim sur eux diffusait en elle une peur paralysante qu'elle s'efforça de refouler.

Edward baissa la tête, gêné.

"Réfléchissez : est-ce qu'un des événements qui aurait pu se passer ces dernières semaines pourrait appeler une émotion aussi forte chez Alphonse ?

- Edward nous a déjà tout raconté. S'il y avait quelque chose, ça me serait revenu, fit remarquer le cadet.

- Alors j'imagine qu'on a notre réponse : les souvenirs d'Alphonse ne reviennent pas parce qu'aucun n'est lié à une réponse émotionnelle aussi forte.

- C'est un cul-de-sac, fit remarquer Edward en secouant la tête. Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ? Ces souvenirs sont définitivement perdus pour Alphonse ? On espère que tous vos coéquipiers ont déjà été traumatisés également ?

- Il nous reste toujours la piste de la douleur, suggéra Panaya sans grande conviction. Après tout, j'ai réussi à me défaire de l'emprise de Selim grâce à la douleur. Une autre émotion forte que son pouvoir n'a pas pu recouvrir. Au moins on sait qu'il existe une limite maintenant.

- Donc vous comptez frapper mon frère ? Super idée."

Panaya s'apprêtait à rétorquer, agacée par son comportement, lorsque la sonnerie du téléphone retentit, les faisant sursauter. Peu de personnes savaient qu'ils se trouvaient là et une erreur de numéro était peu probable. La soldate fronça les sourcils et décrocha le combiné. Il n'y avait pas des milliards de possibilités.

"Bonjour, ici le bureau du généralissime. Je souhaite confirmer la livraison de fleurs. Est-ce que quatorze heures vous conviendrait ?"

La voix du colonel Hawkeye lui parut bizarrement distordue au bout du fil. Mais il s'agissait là du code convenu la veille. Mustang et Hawkeye avaient besoin de les voir plus tôt que prévu.

Panaya grimaça : ce changement de plan ne lui disait rien de bon. Elle confirma néanmoins rapidement avant de raccrocher.

"14h ? demanda Alphonse.

- Le généralissime veut nous voir.

- Mustang n'était pas censé nous convoquer si tôt."

La jeune femme haussa les épaules et se pencha vers le réfrigérateur. Elle lança un sandwich à chacun des deux frères.

"Dépêchez-vous."

Aucun des deux ne protesta.

Les rues fourmillaient déjà de l'activité du quotidien, lorsqu'ils se glissèrent parmi la foule. Ils n'avaient pas le temps à perdre en détour et Panaya espérait que personne ne les détecterait dans la masse. La nervosité, couplée aux effets de la caféine, la faisait presque bondir et elle dût ralentir le pas pour ne pas attirer l'attention.

Sur le chemin, Panaya s'efforça de se rappeler de l'entrée du passage dérobé vers le bureau du généralissime : Breda le leur avait montré une fois, mais la soldate n'était pas certaine de s'en souvenir - cela s'était passé presque au début de leur collaboration. Elle était tellement préoccupée par cette convocation, qu'elle manqua de remarquer l'homme qui les suivait.

Grand, blond, veste claire et démarche raide. Un militaire, à n'en pas douter.

Avec un toussotement, elle tourna à gauche, déviant du chemin vers le Quartier Général. S'ils en furent surpris, les frères Elric n'en montrèrent néanmoins rien. Ils continuèrent à déambuler dans le quartier un instant avant que Panaya ne soit sûre : l'homme était définitivement sur leurs talons, mais il était seul. A trois contre un, l'affaire pouvait être vite réglée.

"Prêts à vous battre ? souffla-t-elle tout bas.

- Enfin l'occasion de se défouler un peu", répondit Edward, avec excitation et Panaya réprima un sourire : après trois journées enfermées dans une chambre d'hôtel minuscule, elle ne pouvait que partager le sentiment.

Le chemin les mena vers les quais. Arrivés au bord de l'eau, ils se dispersèrent sans un mot, guettant leur poursuivant. Celui-ci arriva tranquillement et haussa un sourcil dubitatif en les voyant.

Sûr de lui.

"Tu veux nous dire ce que tu fais à nous suivre ? l'alpagua Edward. Oh attends. En fait, je m'en fiche."

Et l'adolescent fonça tête baissée, sous le regard amusé de Panaya. Pour un civil, il se débrouillait bien. Edward avait pour lui la vitesse et une énergie débordante qui surprit son adversaire, lequel dut bientôt reculer. D'après les rapports qu'elle avait pu lire, le cadet lui était supérieur, se battant de façon calme et méthodique jusqu'à trouver la faille de l'opposant. Etant donné ce qu'elle avait vu de leurs caractères respectifs, Panaya n'était pas vraiment étonnée.

Elle regarda le Fullmetal distribuer les coups de manière assez désordonnée jusqu'à ce que son adversaire ne sorte une arme. A ce moment-là, Alphonse intervint et bloqua proprement leur assaillant, après s'être glissé dans son dos. Panaya ramassa le revolver qui avait glissé au sol : une arme militaire.

"Laisse-moi deviner : la faction ?

- Crève, sale garce, lui cracha l'homme.

- Donc oui, conclut la soldate, en levant les yeux au ciel.

- Edward ?"

Probablement attirées par le bruit, deux silhouettes s'approchaient. Panaya voulut dissimuler l'arme dans sa manche mais la braqua devant elle quand elle reconnut les visages.

"Qu'est-ce que... ?

- Sous-lieutenant Broche, nous avons pour ordre de capturer Panaya, déclara calmement Smith, son arme pointée sur elle.

- Depuis quand ?" s'exclama Broche.

Le regard du soldat, interloqué, allait et venait entre ces deux supposés coéquipiers qui se tenaient maintenant l'un et l'autre en joue. De leur côté, Alphonse et Edward s'étaient immobilisés et avec eux leur poursuivant, attendant de voir comment la situation évoluait.

Smith ne la quittait pas des yeux : même si les armes à feu n'étaient pas la spécialité de Panaya, celle-ci savait s'en servir. Et à cette distance, elle pouvait encore rapidement l'atteindre au corps à corps.

"Ordre de Breda, déclara-t-il d'une voix tendue.

- ça ne répond pas vraiment à la question", fit remarquer Panaya avec sarcasme.

Sans quitter sa cible des yeux, elle ajouta à l'attention des deux frères : "Débarrassez-vous de ce type. Et filez. Vous êtes attendus.

- Vous ne bougez pas, rétorqua Smith. Vous allez tous nous suivre.

- En quel honneur ? demanda Edward."

Un coup sec suivi d'un bruit sourd indiqua à Panaya que les frères avaient finalement assommé l'agent de la faction, histoire de s'en débarrasser.

"Est-ce qu'on ne pourrait pas tous baisser nos armes ? proposa Broche d'un ton confus. Et discuter calmement ?

- Il n'y a rien à discuter, répondit Smith. Ordre de Breda.

- Malheureusement, nous avons reçu des ordres de Mustang et j'ai bien peur que ceux-ci ne l'emportent."

Malheureusement, l'argument ne convainquit pas Smith qui ne bougea pas d'un centimètre. Ils allaient probablement devoir en venir aux mains et Panaya évalua la situation d'un regard : Broche était manifestement perdu et ne s'attaquerait probablement pas à eux. Avec l'homme de la faction dans les choux, ils étaient donc à trois contre un et pouvaient probablement neutraliser Smith. A condition de le débarrasser de son arme d'abord.

Du coin de l'œil, Panaya vit Alphonse se glisser discrètement vers Smith.

"Tu vas rester là où tu es, Alphonse, ou je tire sur Panaya."

L'adolescent se figea et jeta un regard incertain vers la jeune femme. Celle-ci secoua la tête : en temps normal, son coéquipier n'aurait jamais fait feu sur elle, encore moins pour la tuer, mais Smith ne se comportait pas de façon habituelle et Panaya n'était pas pressée de tester ses limites.

"Bien. Maintenant vous allez rejoindre Broche et sagement nous suivre."

Les deux frères hésitèrent mais Panaya soupira et leva les mains en l'air : "Très bien, on va tous aller dire bonjour à Breda.

- Passe devant, l'invita Smith, accompagnant la parole avec un geste de l'arme. Broche, prends-lui ses armes. Toutes."

Malgré l'incompréhension sur son visage, Broche commença à la fouiller.

"Breda n'a pas émis cet ordre et vous le savez, lui souffla Panaya tandis qu'il lui retirait sa propre arme et le couteau glissé dans sa botte.

- En silence, lui intima Smith."

Avec les frères Elric à l'avant de la formation et elle juste devant Smith, le canon de son arme pointé entre ses omoplates, la configuration n'était pas optimale. Les deux alchimistes ne pourraient rien tenter sans risquer la vie de Panaya. Contraints, ils commencèrent à avancer. La foule du centre-ville contraignit ensuite Smith à se rapprocher considérablement d'elle.

"Au moindre geste suspect, je n'hésiterais pas", lui glissa-t-il à l'oreille et cette voix froide qui ressemblait si peu à son coéquipier la fit frissonner.


"Ils sont en retard, constata Mustang d'une voix tendue.

- Ils ont peut-être un contretemps. Ou peut-être que Panaya a du mal à retrouver l'entrée du passage."

Mustang fit la moue. La soldate leur avait confirmé se souvenir du tunnel la veille et dans tous les cas, Alphonse pouvait les faire rentrer plus ou moins discrètement dans le Quartier Général. Il n'avait jamais été très à cheval sur la ponctualité mais ce retard ne lui plaisait pas.

"Quinze minutes."

A l'échelle de l'armée, il ne s'agissait plus d'un retard mais d'une absence.

"Encore quinze minutes et on en rediscute, déclara Hawkeye d'un ton ferme."

Mais le quart d'heure suivant s'écoula sans aucune trace des frères Elric ou de Panaya.

"Toujours pas là.

- Ils pourraient avoir un contretemps tout à fait normal, objecta Hawkeye.

- Si Marcoh est effectivement là-bas, nous n'avons pas le temps d'attendre que Panaya daigne venir.

- On peut envoyer quelqu'un. N'importe qui, mais pas vous

- Qui avez-vous en tête ? Qui serait apte à se défendre contre les homonculus alors que les frères Elric n'ont pas été capables d'éviter le piège que Selim avait tendu pour eux ?"

Ce n'était pas uniquement de l'obstination : Hawkeye savait tout aussi bien que lui qu'avec l'équipe Breda hors-jeu et les frères Elric neutralisés alors ils n'avaient plus aucun choix.

Son assistante sembla se faire violence pour finalement concéder : "Nous y allons tous les deux. Je pars en reconnaissance en premier. Si Marcoh est présent et que je peux le faire sortir discrètement alors je le ferai. Si non, je vous appelle en renfort. Mais vous ne venez surtout pas me prêter main-forte sans mon signal.

- Et si Selim tente de vous placer sous son contrôle ?

- Alors espérons que j'arrive à me casser un doigt suffisamment vite."

Le plan n'était pas parfait, ils en avaient tous les deux conscience mais cela leur suffisait pour le moment. Ce n'était pas comme si les plans même les mieux conçus étaient infaillibles.

Mustang hocha la tête et se leva, attrapant ses gants d'alchimiste du feu en passant. Mais avant qu'ils n'atteignent la fausse cloison, Evans fit irruption dans son bureau.

"Qu'est-ce que vous faites ? demanda-t-elle en les voyant.

- Qu'est-ce que vous faites ici ? rétorqua Roy.

- J'ai réussi à obtenir la copie de l'article qui va paraître demain.

- De quel article parlez-vous ?

- Lisez-vous même."

L'air impassible, la journaliste lui tendit une fine feuille de papier dont Roy eut à peine besoin de lire le contenu, avant de sentir son cœur se décrocher dans sa poitrine. Derrière lui, Hawkeye jura.

"Est-ce que c'est vrai ?" demanda Audra, d'une voix tendue.

Le journaliste avait titré son article "Le terrible secret du président Mustang" et l'avait illustré d'une carte du pays sur laquelle un cercle géant avait été représenté. Le secret qu'il s'était évertué à cacher.

Une partie de son esprit se demanda comment l'ancienne journaliste avait obtenu l'information mais Mustang se contenta d'ouvrir la bouche, incapable d'émettre un son.

"Vous devez empêcher la parution de cette article, l'interrompit Evans.

- Je vous demande pardon ?

- Vous devez empêcher à tout prix que cet article ne paraisse. Envoyez des hommes, bouclez les lieux et embarquez l'ensemble des employés."

Ces mots semblaient tellement improbable dans la bouche de la jeune femme que Mustang et Hawkeye la fixèrent, interdits.

"Si ne serait-ce qu'un seul mot de cet article est vrai. Si vous saviez et que vous tenté de mettre cette information sous le tapis, alors cet article ne peut pas voir le jour.

- C'est contraire à tout ce que vous pensez.

- Qui s'en soucie ? s'exclama Audra. Vous n'avez pas l'air de comprendre : si nos concitoyens apprennent qu'un tunnel géant a été creusé par les gouvernements précédents pour tuer l'ensemble de la population, alors demain, il n'y aura plus de gouvernement. Même vos soldats se retourneront contre vous.

- Nous ne sommes pas responsables de...

- Personne ne s'en préoccupera, contra Evans en secouant la tête. Tout ce que les gens auront en tête est que un, Bradley et les autres avant lui ont creusé ce tunnel. Deux, vous avez volontairement essayé de le cacher cette information. Et trois, vous êtes un alchimiste. Vous êtes à même de commettre un génocide et désolée de vous l'apprendre, mais les dernières révélations sur vos états de service vous dépeignent comme un tueur sanguinaire."

Mustang se prit la tête entre les mains : "Si nous arrêtons tous les employés de ce journal, que se passera-t-il après ? Vous passez votre temps à nous rappeler à quel point cela aurait une mauvaise image de nous.

- On s'occupera de cela après. Mais il n'y aura plus rien à sauver si ce gouvernement tombe."

Mais la nouvelle leur paraissait encore trop surréaliste pour prendre une décision. Hawkeye ne cessait de relire l'article, comme si par miracle le contenu allait changer, et Mustang continua de fixer Evans, stupéfait. Leur saisissement à tous les deux sembla d'autant plus agiter la jeune femme.

"Envoyez des troupes maintenant, martela-t-elle. Avant qu'ils ne commencent à imprimer les articles.

- Pourquoi ? demanda finalement Roy.

- Pardon ?

- Pourquoi ce revirement ? Pourquoi nous inciter à arrêter la parution de cet article ? Vous ne pensez pas que les gens ont le droit de savoir ?"

Audra secoua la tête.

"Je n'arrive pas à y croire, murmura-t-elle pour elle-même avant d'ajouter à son attention : Parce que toutes les vérités ne sont pas bonnes à savoir. Parce que cette nouvelle va plonger le pays dans le chaos le plus complet et cela n'a jamais été mon but. Et ça vaut pour ce que ça vaut, mais j'ai suffisamment confiance Hawkeye et vous pour croire que vous essayiez réellement d'effacer ce tunnel de la carte. Mais ce ne sera pas le cas de tout le monde demain."

Mustang hocha la tête : "On appelle Remington.

- A cette heure-ci ils ne devraient pas avoir commencé l'impression mais ils pourraient l'avoir anticipé. Les hommes de Remington devront vérifier. Si des exemplaires sont déjà sortis, alors saisissez tout. Aucun article ne doit rester sur place."

Roy hocha la tête et se mit à composer le numéro du bureau de Remington.

à suivre...


Ah ce cher Hakuro... il en cause, des problèmes ! ^.^ Je ne sais pas pour vous, mais j'imagine Mustang très tête brûlée, parfois. Et je me dis qu'il est sous suffisamment de pression pour perdre totalement les pédales. Heureusement que Riza est là pour l'empêcher de faire des bêtises

J'espère que ce chapitre vous a plu. N'hésitez pas à ma laisser une petite review