Titre : La Pièce Vide

Fandom : Fullmetal Alchemist

Disclaimers :

- l'univers et les personnages ne m'appartiennent pas.

- L'idée initiale m'a été soufflée par Shirenai.

- le titre vient d'un roman de Mary Higgins Clark

Mon petit blabla avant de commencer : Merci à Musing-and-Music pour sa review ! je suis très contente que cette invention concernant le passé de Mustang ait plu. Et après toutes ces péripéties et rebondissements, j'espère que vous me suivez toujours car ce n'est pas fini ^^;

Précédemment dans La Pièce Vide : face à sa situation catastrophique et étant donné l'impossibilité pour Edward de l'aider, Alphonse utilise l'alchimie médicale pour se guérir seul mais perd connaissance suite à l'effort. De son côté, l'équipe Breda redécouvre l'existence du carnet de Breda, qui comporte toutes les preuves de sa trahison envers Mustang et permet au soldat de retrouver la mémoire. Mustang est lui réuni avec sa sœur et est forcé de révéler à Hawkeye quelques détails sur son passé...


Un cri dans la nuit

Encore une fois, les généraux présentaient un front uni devant lui. Un front particulièrement mécontent et Remington retint un rire dédaigneux en croisant le regard de certains participants.

"Messieurs, il me semble que cette réunion ne vous concerne pas, fit-il remarquer en guise de bonjour.

- L'heure est grave et requiert la présence de l'ensemble des généraux, fit remarquer le général de brigade Braun.

- L'ensemble des généraux ou bien uniquement ceux qui partagent vos convictions, monsieur ? Je constate que les généraux Archer et Walker sont présents mais pas le général Vernet. L'invitation se serait-elle perdue ?"

Il n'avait plus la patience pour la diplomatie, plus la patience de rester correct face à ces hommes qui, hiérarchiquement lui étaient supérieurs, mais qui lui étaient rattachés fonctionnellement. Et aujourd'hui, en organisant cette réunion impromptue presque sans l'informer, ces généraux lui indiquaient à quel point ils méprisaient cette autorité fonctionnelle que Remington avait sur eux. Le colonel foudroya son interlocuteur du regard pour faire bonne mesure, mais loin de se laisser impressionner, celui-ci rétorqua : "Des décisions doivent être prises en l'absence du généralissime. Nous ne pouvons attendre davantage."

Remington était venu chercher Audra lui-même et l'avait presque traînée sans rien dire jusque que dans la salle. La jeune femme avait paru surprise, presque effrayée, mais elle l'avait suivi sans protester. Et il se sentait rassuré d'avoir au moins une personne de son côté dans la salle, pour tenir tête au reste de l'assemblée.

"Quelles décisions, messieurs ? Un plan d'action a été défini et est en train d'être finalisé par vos hommes au moment où nous parlons. Souhaiteriez- vous le changer maintenant ?

- Ne jouez pas à l'imbécile, maintenant, Remington, répliqua Archer d'un ton contrarié. Il s'agit ici d'élire un nouveau président et vous le savez très bien."

Ainsi, l'enjeu était clairement énoncé.

"Vous ne pouvez pas élire un président, même par intérim. Ce comité n'en a pas l'autorité.

- Regardez dehors. Pensez-vous réellement qu'il est possible d'organiser des élections ?

- Le temps presse et nous devons élire un nouveau dirigeant, maintenant, insista Braun.

- Et j'imagine que l'heureux élu est tout désigné, siffla Remington d'un ton sarcastique."

Quelques-uns lancèrent un regard peu discret en direction de Walden mais personne ne se risqua à confirmer l'idée. Remington secoua la tête d'un air agacé : "Même en l'impossibilité de tenir des élections, le règlement est très clair.

- Le règlement a été amendé par Mustang sans aucune consultation des généraux. Quelle légitimité...

- L'ancien règlement, coupa Remington d'un ton cassant, prévoit la réunion de l'ensemble des généraux, y compris ceux des régions. En leur absence ce comité n'a aucune autorité pour désigner qui que ce soit.

- Nous n'avons pas le temps d'attendre que ce pays soit mis à feu et à sang par des émeutiers, protesta un général dans le fond, mais la suite de sa phrase fut noyée dans le brouhaha général.

- Le règlement interne est la dernière chose qui maintient encore l'intégrité des troupes, rétorqua Remington. Dois-je vous rappeler à quel point nous avons frôlé la catastrophe ? Sans le respect des procédures, l'armée ne tardera pas à exploser. Est-ce là votre objectif ?"

Les membres présents dans la salle explosèrent dans un brouhaha plein d'outrage et Remington se frotta le front, agacé. Il aurait dû prévoir leur réaction plus tôt. Bien sûr que des généraux allaient tenter de profiter du chaos pour s'emparer du pouvoir. Et même s'il aurait pu - dû ? - se sentir offensé, Remington était trop occupé à tenter de rétablir un semblant de stabilité dans la capitale pour anticiper cette tentative.

Braun persista d'un ton buté : "Réunir les généraux de région prendrait beaucoup trop de temps. Un temps que nous n'avons pas.

- Justification infondée, rétorqua Remington. Faites les intervenir à distance.

- A distance ? s'écria Archer.

- Par téléphone. Peu importe. Ce comité n'a aucune légitimité et doit donc être dissout immédiatement."

De nouvelles protestations recouvrirent sa voix et Remington observa cette rangée de vieux généraux s'agiter. Combien de temps au juste avaient-ils attendus avant de tenter d'usurper le poste de Mustang ? Braun tenta à nouveau de protester mais Remington le coupa dans son élan.

"Qu'il s'agisse de l'ancien ou du nouveau, le règlement est très clair sur la conduite à tenir. Dois-je vous rappeler que le corps d'armée, qu'il s'agisse des troupes établies en région ou de celles de Centrale, est indissociable ? A moins que vous ne teniez à remettre en cause l'unité de ce pays ?"

Remington entendit quelques voix murmurer les mots "Armstrong" et "coup d'état" mais personne ne se risqua à le contredire.

"Alors cette séance est levée."

D'un geste de la main, il invita les généraux à sortir. Ceux-ci s'exécutèrent de mauvaise grâce, lui lançant des regards méprisants tandis qu'ils passaient mais aucun n'avait d'argument à lui opposer et c'était ce qui important. Le règlement et l'unité du corps d'armée. C'était ce qui avait toujours compté pour l'armée et aucun militaire ne se risquerait jamais à aller à l'encontre de ces règles.

"Qu'est-ce que c'était que cela ? demanda Evans d'une voix stupéfaite.

- Est-ce que ce n'était pas évident ?"

Remington resserra sa prise sur son porte-document, l'adrénaline courant toujours dans ses veines.

"Ils devaient savoir qu'ils ne pouvaient pas. Que le règlement...

- Vous pensez réellement qu'ils s'en soucient encore ?"

Remington avait l'impression de tenir l'armée à bout de bras. La révolte soufflait dans les rangs, des soldats n'étaient pas loin de rejoindre les rangs des protestataires et pendant ce temps, cette brochette d'imbéciles tentait de prendre le pouvoir dans son dos ? A foncer sans réfléchir, ces imbéciles allaient conduire l'armée à sa perte.

Il accéléra le pas, trop furieux pour vérifier que l'ancienne journaliste suivait derrière lui.

"Alors c'était une tentative de putsch, souffla-telle dans son dos, d'une voix incrédule."

Et Remington ne répondit pas : ce n'était pas une question. Rien de plus qu'une constatation.


Un coup à la porte les réveilla le lendemain.

"Amanda veut vous parler dans quinze minutes."

Roy grogna légèrement, en se pinçant l'arête du nez, tandis que Riza se redressait déjà.

"Je prends la salle de bain en premier ?"

Un nouveau grognement.

Dans son sommeil, Riza s'était rapprochée de lui et avait dormi le dos collé contre son flanc - sûrement pour se réchauffer - et à présent, Mustang avait froid là où un instant plus tôt, il sentait encore sa chaleur. Avec un soupir, il se leva et fit quelques pas pour achever de se réveiller. Si Amanda tenait à leur parler, Roy avait intérêt à avoir les idées claires. Il ignorait encore quelle personne sa sœur était devenue après tant d'années. S'il avait été heureux de la retrouver, passé la joie des retrouvailles, il n'avait pu que constater qu'une nouvelle cicatrice était venue orner son visage et que son regard était plus dur que jamais. Et le fait qu'elle ne parle pas de leur lien à ses hommes ne faisait que renforcer sa méfiance : risquait-elle de voir son autorité remise en question en l'aidant ? perdre sa place ? Se retrouver pris dans les guerres intestines de la pègre était bien la dernière chose dont Roy avait besoin.

Avec précaution, il fit bouger son épaule - douloureuse mais toujours moins qu'avant - puis décida que quarante-huit heures d'immobilisation devaient bien suffire. Il se débarrassait de l'écharpe lorsque Hawkeye sortit de la salle de bain, la pointe des cheveux humide. Cette femme était beaucoup trop rapide, il ne s'y ferait jamais.

Si elle leva un sourcil interrogateur à la vue de l'écharpe de fortune sur le lit, elle ne fit néanmoins aucun commentaire et termina de boutonner sa chemise, trop large pour elle.

Pour autant qu'il puisse dire, Hawkeye ne se comportait pas différemment, suite aux événements de la veille. Elle avait repris son air sérieux et concentré, celui que Roy connaissait le mieux, et ne semblait pas éviter son regard. Tant mieux. Ils n'avaient pas le temps pour cela. Pas le temps de d'être précautionneux, de faire le point sur les dernières révélations et de comprendre ce qu'elles avaient changé pour eux. Ils devaient toujours retrouver Selim au plus vite. Et comme toujours, pour Hawkeye comme pour lui, la mission passait en premier.

A son tour, il entra dans la salle d'eau, qui était à l'image du reste de la maison : simple et ordinaire. Une baignoire sans son rideau à gauche, un lavabo, surmonté d'un miroir devant lui, et à sa droite, une petite ouverture qui laissait entrer la lumière du jour, au-dessus des toilettes. Par réflexe, Mustang vérifia le placard sous la vasque même s'il l'avait déjà fouillé la veille. Rien. Il n'y avait rien d'utile dans cette chambre, rien non plus dans la salle de bain. A se demander si Amanda avait l'habitude d'y enfermer ses prisonniers. Roy se glissa sous le jet d'eau en secouant la tête.

Il ressortait à peine de la salle de bain, lorsque la porte de la chambre s'ouvrit sur un homme qu'ils n'avaient encore jamais rencontré : grand, brun, l'air renfrogné. Probablement leur garde pour la journée. Sans un mot, il leur fit signe de le suivre. Il était encore tôt mais les heures de travail avaient manifestement commencé pour Amanda. Quelques hommes discutaient à voix basse dans l'entrée et les regardèrent passer d'un œil soupçonneux. Dans ce qui semblait être un séjour, un autre faisait son rapport à la jeune femme, installée bras croisés dans un fauteuil. A leur approche, elle congédia son interlocuteur d'un signe de tête qui prit congé sans un mot. La pièce était agréable. Une pièce de vie lumineuse au centre de laquelle trônait une table à manger massive. Au fond, des fauteuils permettaient de délimiter un espace plus intime. Amanda les attendait à cet endroit.

"Café"

Ce n'était pas une proposition mais un ordre adressé à leur garde qui grogna mais s'exécuta et sortit.

"Est-ce que tu vis ici ? demanda Roy.

- Oui. Ce n'est pas ce que tu imaginais ?

- Très... normal."

Si sa réponse l'amusa, Amanda n'en montra rien et se contenta de leur faire signe de s'asseoir. A la lumière du jour, sa sœur semblait d'autant plus fine, plus fragile. En tout cas, plus que dans ses souvenirs. A côté de Hawkeye, la différence était flagrante. Seul le regard inflexible de la jeune femme permettait de deviner qu'elle n'était pas juste un joli visage.

Roy s'installa sur un des fauteuils et Riza à sa droite, plus crispée qu'il ne l'avait jamais vue.

"Roy, colonel Hawkeye, je vous présente Bobby, mon bras droit, déclara Amanda lorsque leur garde revint, armée de suffisamment de tasses pour tous. Bobby, je t'épargne les présentations."

Le dénommé Bobby distribua les tasses d'un geste brusque, manifestement peu heureux de jouer les serveurs. A moins qu'il ne soit simplement hostile à leur présence.

"Qu'avez-vous prévu ? demanda Amanda en s'asseyant à une des chaises.

- Tout dépend de notre situation ici."

Amanda leva un sourcil : "Vous n'êtes pas prisonniers, si c'est ce que tu demandes.

- J'ai eu un léger doute, étant donné que les verrous cette nuit, fit remarquer Roy avec un sourire triste.

- Une mesure pour ma propre protection." Un haussement d'épaule, avant de repartir dans le vif du sujet : "Qu'avez-vous prévu ? Est-ce que vous avez réfléchi depuis hier soir ? "

Il avait bien fallu. Après la longue discussion qui avait suivi sa révélation, Hawkeye et lui avaient dû parler stratégie. Même si cet enlèvement en pleine rue les avait détournés de leur objectif, Mustang devait reconnaître que sa sœur avait raison : ils ne pouvaient pas poursuivre aveuglément Selim, sans avoir un début de plan. Ce n'était ni efficace, ni efficient.

"Selim nous a révélé avoir deux objectifs : se venger du Fullmetal Alchemist et se venger de moi. Il entend par là tuer ou transformer en homonculus toute personne proche de nous. En ce qui me concerne, les cibles potentielles sont plutôt restreintes : Hawkeye est toujours à mes côtés alors les risques sont plutôt limités. Et en ce qui concerne mes subordonnés, nous pensons qu'il essaiera surtout de s'en servir comme pions pour me localiser ou m'attaquer.

- Qu'en est-il du Fullmetal ? demanda Amanda.

- Sa fiancée a déjà été tuée il y a deux jours. Et il n'a plus aucune famille à l'exception de son frère. Mais encore une fois, ces deux-là ne se quittent jamais.

- Donc vous pouvez soit jouer les appâts et espérer qu'il tombe dans votre piège, résuma Bobby. Soit contacter les frères Elric et faire d'eux les appâts.

- Autant que possible, nous aimerions éviter, pointa Hawkeye d'un ton raide. Selim peut manipuler beaucoup trop de monde pour qu'un piège puisse être efficace. Il pourrait envoyer des hommes à sa place, nos anciens coéquipiers par exemple, et rester à l'abri. Ou bien décider de nous enlever et nous amener dans un lieu de son choix. Nous devons l'obliger à venir lui-même. A s'exposer en première ligne.

- Comment comptez-vous vous y prendre ?

- Sa mère."

Amanda haussa un sourcil interrogateur : "Mme Bradley ?

- Lorsque nous sommes arrivés chez eux, les lieux étaient déjà vides, expliqua Mustang. Il aurait pu lui donner l'ordre de rester tranquille dans un coin de la maison mais il ne l'a pas fait. Nous pensons qu'il tente de la protéger."

Le regard de sa sœur se fit d'autant plus dubitatif mais il poursuivit : "Selim a toujours manifesté un fort attachement à sa mère adoptive. C'est ce qui a motivé sa restitution à Mme Bradley.

- Et ce n'était pas votre idée la plus inspirée. Est-ce que tu es sûr de toi ? Tous les enfants ne vouent pas un amour inconditionnel à leur mère."

Le tranchant dans sa voix indiquait qu'Amanda ne parlait pas que de Selim. Mais Roy secoua la tête.

"Il tenait à elle. On ne passe pas subitement d'autant d'amour à un utilitarisme froid.

- Si tu le dis...

- Donc votre objectif est de retrouver la mère et de s'en servir pour attirer Selim ? résuma Bobby.

- Ce devrait être suffisamment personnel pour qu'il vienne lui-même.

- Et est-ce que vous avez une idée de l'endroit où elle pourrait être ?

- Aucune."

L'homme de main d'Amanda fronça les sourcils : "Vous ne l'avez pas mise sous surveillance ?"

Visiblement, sa sœur n'avait pas tardé à le mettre au courant.

"Si, mais la surveillance a été... compromise.

- C'est-à-dire ?

- Tout porte à croire que les hommes chargés de le surveiller sont sous son emprise, expliqua Mustang après un instant d'hésitation. On ne sait pas depuis quand, ni dans quelle mesure."

L'homme se renfrogna : "Si vous ne pouvez pas dire à partir de quand votre informateur vous ment, comment pouvez-vous être certains que Mme Bradley a jamais été à Centrale ? pour tout ce qu'on sait, elle pourrait être partie depuis des lustres et se trouver actuellement à Aerugo.

- Je l'ai quand même vue il y a plus d'un mois, peut-être deux", répondit Mustang avec agacement.

Il n'aimait pas les manières brusques de l'homme, ni sa façon de s'imposer dans la conversation. Roy était peut-être à l'aise avec l'idée de partager des informations avec Amanda, mais il ne connaissait pas cet homme qui lui était manifestement hostile. Et il pouvait lire la même réticence dans l'expression de Hawkeye.

"Deux mois ? ça ne réduit pas le laps de temps pendant lequel elle a pu disparaître.

- Bobby", intervint Amanda d'une voix douce et celui-ci se tut immédiatement. "Nous pouvons demander à nos hommes de rechercher Mme Bradley, mais Bobby a raison. Vous n'avez aucune certitude que Mme Bradley ne soit pas partie depuis un mois.

- Il y a des pistes, fit remarquer Hawkeye. Les propriétés de Bradley, nous étions...

- Croyez-vous qu'il serait aussi stupide ? Mme Bradley a de l'argent à sa disposition. Et avec ses pouvoirs, Selim pourrait la mettre dans un hôtel et persuader les employés que ce n'est pas l'ancienne première dame qu'ils ont vue.

- C'est très possible, répondit Mustang, mais il faut bien commencer quelque part. Sans compter que Selim avait besoin d'un endroit où se réfugier le temps de sa transformation. Nous aurions pu le trouver avant qu'il ne soit sur pied. Avec plus de quarante-huit heures écoulées depuis l'explosion, ce n'est plus le cas, mais il pourrait avoir laissé des indices.

- Quels indices ? marmonna Bobby. Une traînée de sang et un message indiquant sa prochaine destination ?"

Amanda lui jeta un regard froid que le fit taire avant de croiser les mains devant son visage.

"Mes hommes sauront la retrouver. Si elle a pris un train, réservé un hôtel dans la capitale, nous le saurons.

- Comment ?

- Nous le saurons, répéta Amanda d'un ton qui d'admettait aucune question. En attendant, il est dans votre intérêt de retrouver les frères Elric. L'objectif de Selim peut être de se venger, dans un premier temps, mais il ne tardera pas à vouloir vous éliminer. Si j'ai bien compris, vous êtes les seuls à pouvoir l'arrêter ?

- Les seuls à Centrale, confirma Mustang. Mais il reste encore des personnes dans le Nord et le Sud.

- Alors il cherchera à vous éliminer un à un avant de se débarrasser de ces personnes. Après cela, plus personne ne sera en mesure de l'arrêter."

Encore une fois, Amanda avait raison. Hawkeye et lui avaient déjà abordé le sujet. Mais retrouver les frères Elric n'était pas aussi simple, surtout s'ils étaient recherchés.

"Je peux vous aider, proposa une nouvelle fois Amanda. Mais est-ce que vous avez la moindre idée de l'endroit où ils pourraient être ?"

Le souvenir de Winry, allongée par terre, sans vie, se rappela à lui et Mustang sentit la colère et le dégoût lui tordre le ventre. Il connaissait le Fullmetal et son frère. Il savait ce que la jeune fille représentait à leurs yeux. Si Edward et Alphonse avaient vu le cadavre alors ils ne s'arrêteraient pas avant d'avoir détruit Selim une bonne fois pour toute.

"Ils sont encore à Centrale. Ils vont tenter de retrouver Selim.

- Sans vous ? est-ce qu'ils seraient capables de se lancer à sa poursuite seuls ?"

Autrefois, sans aucun doute. Edward et Alphonse n'étaient pas du genre à compter sur l'aide des autres. Mais depuis, les choses avaient changé.

"Alphonse est seul à pouvoir se battre, expliqua Hawkeye. Je doute qu'Edward cherche à vaincre Selim seul. Aussi furieux soit-il, il ne va pas risquer la vie de son frère de manière inconsidérée.

- Alors, il n'est pas impossible qu'ils soient encore dans la capitale et guettent un signe de votre part, suggéra Bobby.

- Est-ce que vous avez un moyen de communiquer discrètement ? demanda Amanda."

Roy haussa les épaules : après le Jour Promis, ils s'étaient quittés en espérant ne plus jamais avoir besoin de se contacter à nouveau autrement que par téléphone. Mais le Fullmetal avait fait partie un temps de son équipe. Restait à espérer qu'il se souvienne des méthodes qu'avait l'équipe Mustang pour entrer en contact les uns avec les autres.


Il avait revu toute la stratégique, la planification et l'organisation des troupes. Tout était prêt pour le début des combats et Remington était rincé. Cette journée avait été une horreur. Malgré la présence discrète d'Evans dans son dos, Remington avait eu le sentiment d'être seul pour lutter face à la totalité de l'état-major. Il s'apprêtait à verrouiller la porte de son bureau lorsqu'une silhouette se découpa dans le couloir vide. Remigton soupira.

"Que faites-vous là, sergent Jeffrey ?

- Vous rappeler que vous vous êtes engagés."

Remington le toisa. Son marché avec Hakuro impliquait d'espionner Mustang et bloquer si besoin des informations qui lui remontaient. Rien d'autre.

"Ma mémoire fonctionne encore très bien, ce qui ne doit pas être votre cas, à en juger par votre besoin constant de me le rappeler.

- Pourquoi vous êtes opposés à la décision de ce matin ?

- C'est une plaisanterie ? demanda Remington. Vous étiez derrière cette tentative ridicule ?

- Sans intervention de votre part, la décision aurait été votée par les généraux.

- Et quelle portée aurait-elle eu sans la présence d'un tiers des généraux de Centrale ? Et ne parlons pas de ceux de région ?"

Jeffrey lui adressa un regard furieux et Remington laissa échapper un rire nerveux. Il avait eu plus que son compte pour la journée et ce sergent était ridicule.

"Ce n'était pas un plan de Hakuro, devina-t-il en secouant la tête. Le général n'aurait pas donné un ordre aussi stupide et mal réfléchi.

- Cela ne vous regarde absolument pas.

- Cela me regarde car Hakuro m'a promis une place à la table des négociations, rappela-t-il d'un ton féroce. Si je me suis engagé auprès de vous, l'inverse est également vrai."

Le sergent n'apporta aucune réponse à cette remarque, se contentant de le fixer d'un air dédaigneux.

"Où le général Hakuro a-t-il disparu ? demanda doucement Remington."

Le silence était quasiment un aveu, mais loin de se laisser démonter, Jeffrey rétorqua : "Sa disparition importe peu. En son absence, le plan continue.

- Et vous feriez mieux de me prévenir à l'avance de ces petites tentatives. A moins que vous ne teniez à ce qu'elles tombent à l'eau ?

- Faites attention, Remington. En l'absence de Hakuro, je suis la seule personne qui soit au courant du marché que vous avez conclu tous les deux. Vous n'obtiendrez rien à me contrarier ainsi."

Les deux hommes s'affrontèrent du regard un instant avant que Jeffrey ne décide de partir. Remington soupira. Mustang avait eu une sacrée idée de disparaître à ce moment précis.


"Je vous ai ramené quelqu'un, annonça Ross, en refermant la porte derrière elle.

- Falman ?"

Son ancien coéquipier se tenait dans l'encadrement de la porte et laissa tomber son sac par terre, l'air harassé.

"Qu'est-ce que tu fais-là ? demanda Breda en lui serrant la main.

- J'ai vu les nouvelles, comme tout le monde."

L'appartement des Armstrong était de plus en plus peuplé, entre leur confinement volontaire et l'arrivée de ces anciens coéquipiers, mais l'arrivée de Falman était une bouffée de soulagement. Son ancien coéquipier. Le dernier membre actif de l'ancienne équipe Mustang.

"Et Armstrong ?

- Elle soutient ma démarche et ne me déclarera comme déserteur que demain matin, expliqua Falman avec un petit rire."

Breda ne put s'empêcher de sourire et désigna Fuery de la tête.

"Tu pourras monter un club, avec Kain."

Le sourire de Falman s'agrandit : "Tu as été plus rapide.

- J'ai eu une alerte avant... tous ces événements.

- Laquelle ?

- Marcoh a disparu."

Falman fronça les sourcils : "Le docteur Marcoh ?

- Selim, acquiesça Breda d'une voix sombre. Il a créé une nouvelle pierre.

- Racontez-moi tout, demanda-t-il après un instant d'hésitation."

Après la découverte du carnet, tous les souvenirs avaient afflué. D'abord des bribes de conversation, le goût du café dans sa bouche et pour finir les événements tels qu'ils s'étaient passés. La mémoire lui était revenue, plus précise que jamais. Breda sentait encore la panique, l'incompréhension et l'affolement qui l'avaient saisi. Il se souvenait de tout, du moindre ordre donné par Selim, de toutes les informations qu'il lui avait données sans le vouloir. Et il avait l'impression de se tenir au bord d'un précipice, pris d'un vertige constant, à l'idée d'avoir révélé autant d'informations. Mais au moins, maintenant Breda savait.

Falman se prit la tête à deux mains : "Donc c'est encore pire qu'avant. Et nous ne savons pas où sont Mustang, Hawkeye ou les frères Elric.

- Non, confirma Breda. Nous ne pouvons que supposer qu'ils se sont lancés à la poursuite de Selim, mais ils n'ont pas répondu aux messages laissés aux points convenus.

- Et vous ne pouvez pas sortir, tant que les autres ne se souviennent pas de ce qui leur est arrivé.

- Smith a failli tirer sur Panaya. On ne peut pas risquer la même chose avec Mustang et Hawkeye."

Breda avait tenté de raconter aux autres, mais aucun membre de son équipe ne se souvenait de quoi que ce soit. Même si Colt et lui avaient été convoqués au même moment par Selim, les souvenirs de la jeune femme restaient perdus. Breda avait tenté de lui détailler les événements mais rien de tout cela n'avait pu déclencher le retour de sa mémoire. Ils n'y comprenaient plus rien.

"Les choses ont changé, depuis votre arrivée", fit remarquer Smith.

Breda haussa un sourcil : "Comment ça ?

- Vaincre cet homonculus est crucial, nous en sommes tous d'accord. Notre seul point d'inquiétude porte sur notre comportement au moment où nous croiseront Mustang, Hawkeye ou les frères. Le risque serait que nous les tuions à vue, c'est bien ça ?

- C'est ça.

- Avec votre arrivée, sous-lieutenant, l'équilibre des forces n'est plus le même : Ross, Broche, Fuery et vous êtes en pleine possession de vos moyens. Breguet, Colt et moi sommes compromis. Même si on considère que tu n'es pas fiable, boss, c'est du un contre un. Autrement dit : il y a suffisamment de monde pour nous maîtriser s'il le faut."

Breda secoua la tête : "Qu'est-ce que tu veux dire par là ?"

Smith était impatient, trop impatient et son chef d'équipe n'était pas certain d'apprécier l'idée que le soldat proposait maintenant.

"On ne peut pas rester bloqués ici en attendant d'être sûrs de nous car on ne le sera jamais, Boss.

- Tu veux que chacun d'entre nous soit assigné à l'un d'entre eux ? et soumis à surveillance au cas où notre comportement nous échapperait ? En temps normal, cela fonctionnerait parfaitement. Mais on ne sait pas dans quelles conditions on va pouvoir retrouver Mustang et Hawkeye. Imagine un seul instant qu'ils soient pris dans une embuscade et que nous les retrouvions à ce moment-là ? Comment Fuery ou Falman pourraient-ils choisir entre nous maîtriser et porter assistance à Mustang ? Ils ne pourront pas faire les deux en même temps.

- Ils n'ont pas à le faire, intervint Colt. Ils n'ont pas à choisir.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Nous devons coûte que coûte retrouver Selim et le tuer définitivement, avant qu'il n'essaie de sacrifier tout le pays encore une fois. Nous n'avons pas le temps pour le reste, expliqua Colt, le regard déterminé. Si l'un de nous tente quoi que ce soit de suspect, les autres devront nous exécuter sans hésiter. C'est à ce prix-là que nous pourrons retrouver Mustang et Hawkeye."


Amanda s'y était fermement opposée - la moitié de la ville était à sa recherche et voulait sa tête sur un piquet - mais Mustang avait insisté : il ne pouvait pas rester caché indéfiniment et lui seul serait à même d'identifier un message des frères Elric. Ses hommes ne sauraient pas quoi regarder, pas quoi chercher. Alors elle avait cédé, à la condition que Bobby les accompagne Hawkeye et lui. Et à présent, Mustang attendait avec autant de calme que possible que l'homme de main décide que l'heure était adéquate.

Hawkeye s'était lancé dans l'entretien de ses armes, les démontant et remontant avec des gestes précis et méthodiques. Amanda avait accepté de lui restituer ses armes, les trois, et le colonel se concentrait dessus pour en attendant leur départ. Elle était indubitablement meilleure que Mustang dès qu'il s'agissait de maîtriser son impatience. Sûrement les conséquences des longues journées de sniper, à attendre que la cible se présente dans la lunette. Au bout du troisième aller-retour qu'il fit dans la chambre qui leur avait été attribuée, elle lui lança un regard agacé.

"Je descends, marmonna-t-il avant de passer devant leur garde."

Sa sœur avait passé la journée à travailler. La situation chaotique à l'extérieur n'empêchait en rien la pègre de continuer ses activités, au contraire. Depuis leurs chambres, Hawkeye et lui avaient pu entendre les allées et venues de la maison, les conversations à voix basse et les regards suspicieux. Mais à présent, Amanda semblait être seule, debout face à la baie vitrée. Mustang déclara sa présence d'un toussotement auquel elle ne réagit pas, puis décida de la rejoindre.

"La journée est finie ?

- Pour le moment."

Sa sœur contemplait le ciel gris d'un air absent, les bras croisés devant sa poitrine et pour la première fois Roy reconnut sa sœur, telle qu'il se souvenait d'elle. Triste, fragile et surtout seule. Mais une fraction de seconde plus tard, Amanda avait repris son masque d'impassibilité et se tournait vers lui.

"Tout le monde se prépare à une confrontation violente avec les troupes. Il faut croire que ton passage au pouvoir n'a pas été suffisant pour changer cela.

- Il faut croire..."

Il y avait peu de personnes au monde capable de le mettre mal-à-l'aise, de le réduire au silence et Amanda en faisait partie, même si Roy n'avait jamais imaginé la revoir un jour. Que disait-on à quelqu'un qu'on n'avait pas vu depuis dix, quinze ans ? Que disait-on à une personne que l'on était même plus sûr de reconnaître ? Amanda semblait l'étudier, comme un insecte à la loupe. Peut-être se posait-elle la même question ? Elle recherchait sans doute l'enfant qu'il avait été mais celui-ci avait disparu des années auparavant. Lors de son déploiement sur le front de la guerre d'Ishbal.

"Comment va Mme Christmas ?"

La question le prit au dépourvu. De toutes les questions qu'elle aurait pu lui poser, jamais Roy n'aurait misé sur celle-là. La plupart des filles étaient reconnaissantes envers Mme Christmas de leur fournir un toit, un foyer et un métier, mais pas Amanda. Elle n'avait jamais accepté, jamais pardonné. Et la haine dans ses yeux durs était intacte, même après toutes ces années.

"Ça t'intéresse réellement ?

- Absolument pas."

Mustang laissa échapper un petit rire : "Je l'ai envoyé à l'Est. Elle s'y plaît bien et les filles aussi."

Amanda leva les yeux au ciel à la mention des filles mais ne fit aucun commentaire, sa posture raide parlant pour elle. Elle restait la jeune femme qui vouait une haine féroce à la tenancière et au moins cette haine-là était familière à Roy.

"Tu m'as manqué, toutes ces années, déclara-t-il doucement.

- Tu sais pourquoi je suis partie.

- Ce n'est pas un reproche. Mais je me suis souvent demandé ce que tu devenais.

- Tu n'aurais pas voulu savoir.

- Je ne suis plus un enfant, fit-il remarquer, amusé. Et si, j'aurais aimé savoir, de temps en temps, et ne pas me demander si tu étais toujours en vie.

- Tu es le héros d'Ishbal, le libérateur de Centrale et à présent, le généralissime. Premier président à être élu. Je suis certaine que la presse aurait adoré être au courant de notre lien."

Malgré son expression imperturbable, une lueur sardonique brillait au fond de ses yeux. Probablement ce qui se rapprochait le plus d'un sourire amusé.

"Est-ce que tu es heureuse maintenant ?

- Autant que possible."

Mais le haussement d'épaule qui accompagnait la réponse laissa Roy dubitatif.

"Ce n'est pas vraiment une réponse.

- Ce n'est pas comme cela que les choses fonctionnent.

- Pourquoi ?

- Et toi, est-ce que tu es heureux ? lui retourna-t-elle la question. Tu as accompli ton objectif : tu t'es en engagé dans l'armée, tu as mis tes talents d'alchimiste au service du pays - quoi que cela puisse dire d'ailleurs - et tu as atteint le plus haut poste pour changer les choses. Et quels changements."

Mustang ne releva pas le ton volontairement railleur et provoquant. Mais il voyait où elle voulait en venir : malgré tout ce qu'il avait fait, rien n'était jamais suffisant. Il avait encore trop de crimes à expier, trop de choses à changer et il n'était maintenant plus certain de pouvoir y arriver. Le major qui avait décidé un jour de devenir généralissime était décidément bien naïf. Après avoir passé presque deux ans au pouvoir, il n'en était que d'autant plus frustré et insatisfait.

Amanda lui adressa un début de sourire, un peu triste.

"Que comptes-tu faire, après tout cela ?

- Après avoir arrêté Selim ? Aucune idée."

En tout logique, il devrait reprendre son poste, essayer de sauver son poste de généralissime si cela pouvait encore l'être. Mais la situation empirait chaque jour. Le pays n'était pas loin de la guerre civile et Mustang ne pouvait pas nier que cette fois, il avait une bonne raison de l'être : la population ne faisait que se révolter face à autant d'horreurs et d'injustices. Peut-être que sans la Faction, Hawkeye et lui auraient réussi à remettre le pays sur le bon chemin. Mais maintenant que le tunnel n'était plus un secret pour personne, lui n'avait plus aucune légitimité.

"Je ne sais pas. Je ne suis pas certain que l'armée soit encore une option", finit-il par dire.

L'armée était presque toute sa vie. Mais les frère Elric avaient réussi à en ressortir alors il devait bien pouvoir faire la même chose.

"Tu pourrais rester avec moi."

La proposition si incongrue le prit au dépourvu. Mais le masque d'Amanda s'était fendillé et sa sœur lui adressa un sourire triste.

"Je ne suis pas certain que ça soit une très bonne idée, déclina-t-il en secouant la tête.

- Pourquoi ? Je ne te propose pas de rejoindre la pègre.

- Cela ne changerait pas grand-chose. Et Hawkeye...

- Elle a l'air de me détester, fit remarquer Amanda d'un ton léger.

- Disons que... elle a des valeurs morales très fortes."

Sa sœur laissa échapper un reniflement amusé - l'euphémisme de la décennie - et l'observa un instant avant de demander : "Tu l'aimes ?"

Sa question le laissa sans voix.

Est-ce qu'il aimait Hawkeye ? Riza était son bras droit et presque la moitié de lui-même. Ils travaillaient côte à côte depuis tellement longtemps que Mustang était convaincu de ne pas pouvoir fonctionner correctement sans elle. Mais l'aimait-il ? Il ferma puis rouvrit la bouche quelques fois, sous le regard narquois de sa sœur. Il était incapable de répondre, mais l'arrivée de Bobby, suivi de Hawkeye lui évita de répondre : "Si on veut partir, c'est maintenant."

Amanda se contenta de lever un sourcil amusé avant de se retourner, l'air à nouveau impassible.

Les rues de Centrale étaient toujours pleines d'une activité fébrile. Mustang avait d'abord pensé que Bobby cherchait à les faire sortir à une heure creuse, pendant laquelle les rues seraient moins remplis, mais c'était tout le contraire : il comptait sur la foule pour les cacher et jusqu'à présent, sa stratégie fonctionnait bien. Les habitants de Centrale étaient trop nombreux, trop occupés à se rebeller pour remarquer trois hommes discrets progresser en silence parmi eux.

Des barricades s'étaient construites à divers endroits de la ville, à partir du mobilier urbains. Bancs, bennes à ordures, palettes et autres obstruaient la circulation et les avaient forcés à rebrousser leur chemin plusieurs fois. A plusieurs intersections, des hommes haranguaient la foule, appelant à la rébellion contre l'armée, et Mustang ne put que s'étonner de voir que Remington avait laissé la situation se développer jusque-là. Après tout, cela faisait deux jours qu'il avait quitté son poste de généralissime et sans personne pour le retenir, le colonel aurait très bien pu ouvrir les hostilités contre la foule. Néanmoins, la confusion générale leur permit de se rendre aux divers points de communication utilisés par son ancienne équipe.

Ils avaient commencé en enquêtant sur la mort de Maes. Ils avaient évité d'en discuter au sein du quartier général et avaient dû se montrer créatifs pour se transmettre des informations. Encore plus lorsque Bradley avait dispersé ses subordonnés : fleuristes, intermédiaires... ils avaient alors découvert le potentiel des panneaux publics d'affichage. Les annonces diverses de recherche de babysitters, de chiens et chats disparus et déclarations d'amour désespérées faisaient un camouflage parfait pour les messages codés et sans une idée précise du code utilisé, essayer d'identifier leurs communications revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin.

Hawkeye leva sa main au niveau de son oreille, comme pour glisser une mèche de cheveux derrière, mais ses doigts signèrent rapidement : "Attention", "droite". Deux hommes, sur le trottoir opposé, remontaient la rue en sens inverse et observant les passants de manière avec insistance. Leurs yeux fouillaient méthodiquement la foule, sans doute à la recherche de soldats en civil, et Mustang feignit de se gratter le front, sous sa casquette, pour dissimuler son visage. Hawkeye ressemblait toujours à un jeune homme, avec sa casquette et ses vêtements d'emprunt, mais leur déguisement n'enlevait rien aux militaires en eux. A sa droite, Bobby grogna : "Dépêchez-vous, les gars, j'ai pas toute la journée. Ma femme va me tuer, si je suis encore en retard.

- Calme-toi."

Avec un soupir, l'homme de main d'Amanda empoigna Roy, le tirant derrière lui.

"Toi, tais-toi."

L'irritation n'était pas feinte et c'est sans doute ce qui leur permit de passer devant les deux vigiles sans trop de suspicion. Ceux-ci les regardèrent passer avec amusement.

"Vous ne savez vraiment pas être discrets, grommela Bobby en le relâchant."

Mustang haussa les épaules : jusqu'ici, ils s'en sortaient relativement bien. Ils avaient pu vérifier deux panneaux publics sans rien trouver et avaient laissé leur propre message codé.

"Hélène, je t'attends toujours. Je ne peux quitter l'endroit où nous nous sommes dit au revoir. Ton heure sera la mienne."

"Vous êtes certains qu'ils comprendront ?

- Ils ont commencé, avec Hélène. J'espère bien qu'ils comprendront."

S'il avait pu, Mustang aurait poussé le vice jusqu'à laisser des traces de rouge à lèvre mais le regard de Hawkeye au moment où l'idée lui avait traversé l'esprit, l'avait immédiatement dissuadé de lui demander ce service.

Malheureusement, certains de leurs panneaux préférés se trouvaient dans des cafés et compte-tenu de l'ambiance, ceux-ci avaient préféré fermer. Ne restaient donc plus que deux panneaux.

"A droite, indiqua Hawkeye à voix basse."

Les annonces étaient punaisées, pêle-mêle, et les deux soldats passèrent quelques minutes à les étudier, tandis que Bobby montait la garde, adossé contre le panneau d'un air agacé. Ils ne trouvèrent aucun message des frères Elric, pas que Mustang s'y attende réellement.

"Le message de Breda ?

- Ici aussi, confirma Hawkeye."

Breda et son équipe leur avaient laissé des messages à chacun des endroits convenus : "Elisabeth, je suis revenue à Centrale et j'ai besoin de te revoir. Je sais que les choses sont compliquées de mon côté mais je pense que nous devons parler. Eloïse est avec moi et a hâte d'avoir de tes nouvelles. Kate". Ils voulaient sans doute lui apporter de l'aide étant donné le contexte.

Breda était peut-être sous influence mais il lui avait toujours été fidèle et loyal. Et si Fuery, "Kate", les avait rejoints alors ils étaient sûrement au courant pour Selim. Mais ils ne pouvaient pas non plus exclure qu'il s'agissait d'un piège tendu par Selim. Après avoir échangé un regard sombre devant le premier panneau, Hawkeye et lui avaient échangé un regard sombre, puis convenu sans un mot de ne pas répondre pour le moment. Ils réfléchiraient à une façon de contacter Breda et Fuery par la suite, mais pas tout de suite.

"Il y a autre chose."

La voix de Riza était étrangement tendue et Mustang tourna la tête vers elle, intrigué. Ce n'était pas son genre.

Mais Hawkeye avait de nouveau repris contenance et lui tendit une feuille, le visage impassible : "Roy, je suis en sécurité avec Elysia, mais j'ai besoin de ton aide. Je t'attendrai au 37, Coven Street, District Nord. Mercredi à 11h. Grâce"

Roy sentit sa bouche s'assécher : "Grâce et Elysia sont en vie."

A suivre...


Alors, je vous avais dit qu'il y aurait du Royai. Je vous ai menti, ou pas ? Oui, l'arrivée d'Amanda dans l'intrigue permet également de faire émerger des sujets de conversations plus perso et moins business, avec Roy, alors que jusqu'à présent je m'étais assez concentrée sur "ze mission". Est-ce que ça va continuer ou pas ? Il faut lire la suite pour savoir x)

En tout cas, n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire (surtout si le dernier message a réveillé l'espoir dans votre coeur 3) :)