Titre : La Pièce Vide
Fandom : Fullmetal Alchemist
Disclaimers :
- l'univers et les personnages ne m'appartiennent pas.
- L'idée initiale (Edward est un homonculus, Hawkeye meurt) m'a été soufflée par Shirenai.
- Le titre vient du livre de Stephen King
Mon petit blabla avant de commencer : Bon, le retard s'accumule, mais promis, je vais essayer de vous poster la fin de cette fanfiction d'ici le 31/12 ! Oui, ça veut dire qu'il ne reste plus beaucoup de chapitres ^^ Pour celui-ci, l'attente prend plus ou moins fin mais je n'en dis pas plus. J'espère qu'il vous plaira :)
Précédemment dans La Pièce Vide : Amanda force la main des rebelles et les convainc de lancer une mission jugée suicidaire par Remington. De son côté, Mustang accepte la proposition du Fullmetal et entre dans son esprit. Au cours de cette expérience, il constate qu'Edward Elric n'est nulle part dans la tête de l'homonculus...
Marche ou crève
La nuit n'avait pas été calme. Loin de là.
Amanda et Bobby l'avaient interrogé sans relâche sur tous les aspects logistiques auxquels ils avaient pu penser : nombre de soldats affectés, fréquence des relèves, procédures de sécurité, points faibles et chemins d'évacuation. Rien n'avait été laissé de côté et les deux malfrats l'avaient mitraillé de questions jusqu'à ce que Remington ne soit plus en état de réfléchir. En fin de compte, il n'avait opposé aucune résistance à leur interrogatoire : l'assaut en lui-même allait être suffisamment sanglant. Il ne tenait pas à rajouter des victimes supplémentaires. Les rebelles subiraient une annihilation complète s'il ne leur donnait pas une chance, un coup de pouce insignifiant face au déséquilibre des forces. Sans compter Evans, si Amanda et Bobby avaient le moindre soupçon concernant sa sincérité
Finalement, au petit matin, les deux malfrats les avaient à nouveau déplacés dans un hangar qu'ils ne connaissaient pas, bondé de rebelles qui ne cessaient de leur adresser des regards suspicieux. Leur garde attitré les poussa dans un recoin, un peu plus isolé, mais bien visible des autres.
"Je vous conseille de vous faire oublier, sauf si vous tenez à ce que les autres vous tombent dessus, leur conseilla Bobby avant de s'éloigner."
Le généralissime par intérim se contenta d'hocher la tête avant de s'asseoir avec le plus de dignité possible sur une caisse. Evans, elle, s'effondra presque contre le mur. Dès que le malfrat fut hors de portée, Remington se tourna vers elle.
"Vous devez saisir la première opportunité et vous échapper.
- Quoi ?
- Moins fort, lui intima-t-il. Vous devez absolument vous échapper avant le début des combats."
Qu'il soit au front, au milieu des affrontements était une chose. Mais la journaliste ne s'était jamais approchée de près ou de loin à une zone de combat et ne savait sûrement pas tenir une arme. Elle n'avait aucune chance de survivre à la nuit qui s'annonçait.
Evans se pencha dans sa direction.
"Comment ? quand ?
- Dès que vous verrez la moindre occasion", répéta-t-il. Il ne pouvait pas avouer que lui non plus n'avait pas la moindre idée de la manière dont elle pouvait fuir. Mais Evans devait essayer. "Je ferai tout pour vous couvrir mais vous devez vous tenir prête."
La jeune femme acquiesça d'un signe de tête, avec ce regard qui lui signifiait néanmoins qu'elle n'était pas dupe quant à ses chances de réussite.
"Pour aller où après ? La ville entière risque de se transformer en front de guerre.
- Le nord ? suggéra-t-il. Armstrong est au courant de tout et vous viendriez avec les dernières informations.
- A supposer qu'elle me fasse confiance, murmura Evans."
Mais c'était un problème qu'elle devrait résoudre plus tard. D'abord s'échapper. Ensuite, gagner la confiance du général du Nord. Le hangar fourmillait d'activité et Bobby et Amanda semblaient plus occupés à préparer les différents assauts qu'à les surveiller. Ils trouveraient bien une occasion pour faire s'éclipser la jeune femme.
"Dormez, lui conseilla Remington d'un ton sombre. Vous allez avoir besoin de vous reposer."
Mais la journaliste n'avait visiblement pas fini de discuter avec lui. Elle se rapprocha de lui et souffla encore plus bas : "Je pense que quelque chose d'autre se trame.
- Pardon ?
- Ce plan, indiqua Evans en secouant la tête. Quelque chose ne colle pas."
Quelle importance ? Quelle importance si les rebelles n'avaient pas la moindre chance de réussir ? Tout ce qui comptait était qu'elle survive.
Toutefois, la journaliste semblait avoir quelque chose d'important à lui dire. Remington jeta un coup d'œil autour d'eux mais personne ne leur prêtait réellement attention.
"Qu'est-ce qui ne colle pas ? lui demanda-t-il.
- Les chances de réussite de leur plan tiennent principalement au fait que vous êtes présent pour leur fournir des informations. Mais vous n'étiez pas censé être là, pointa la jeune femme.
- Et alors ?
- Alors sans vous, le scénario envisagé revenait à n'être qu'un massacre en règle. Quelles raisons avaient-ils de se précipiter ainsi devant une mort certaine ?"
Evans avait raison. Mais tout comme lui, elle avait entendu les propos de Bobby la veille.
"Ils sont prêts à mourir, pour cette cause.
- Leur meilleur scénario est la destruction mutuelle, corrigea-t-elle. Mais ce scénario n'est apparu qu'avec vous. Avant cela ce n'était qu'un massacre à sens unique. Je me trompe ?"
Absolument pas. Mais Remington ne voyait toujours pas où la jeune femme voulait en venir. Amanda et Bobby étaient fous à lier et prêts à entraîner le reste de la population civile avec eux, et alors ? Mais Evans secoua la tête.
"Peut-être que ces attaques ne sont pas uniquement des attaques.
- Il va falloir développer davantage, marmonna le soldat.
- Pour quelqu'un d'intelligent, vous prenez votre temps pour relier les points : vous avez vous-même émis l'hypothèse que la pègre avait conclu un marché avec Mustang. Bobby nous a confirmé hier soir qu'ils étaient au courant de l'existence de Selim. Et nous savons que Selim manipule une partie de l'armée. Et au milieu de tout cela, il y a ces attaques contre l'armée qui n'ont une chance que grâce à votre présence fortuite. Tout ceci me fait me demander : est-ce qu'elles étaient réellement censées réussir ? Ou est-ce qu'elles avaient un autre but, et tant pis si ces attaques échouaient ?
- Quel serait leur but, alors ?"
Evans lui jeta un regard incertain, comme si elle se demandait s'il était profondément stupide.
"Crachez le morceau, grogna Remington.
- Faire diversion ? Si Mustang affronte Selim, est-ce que la pègre n'essaie pas de faire diversion pour aider Mustang ? Diviser pour mieux régner ?"
L'hypothèse était parfaitement logique et Remington se serait frappé de ne pas y avoir pensé plus tôt. La fatigue et la pression ne faisaient rien pour l'aider mais cette conclusion découlait naturellement des observations faites. Seulement, un point dans ce raisonnement lui semblait problématique.
"Cela implique de sacrifier le mouvement rebelle en même temps. De la part d'Amanda, cela ne me paraît pas si invraisemblable, mais Mustang n'est pas ce genre de personne.
- Mustang a fait alliance avec la pègre. Il devait se douter de leurs méthodes."
Peut-être. Après tout, il n'avait pas anticipé la possibilité que leur généralissime autrefois si idéaliste puisse même faire alliance avec eux.
"Et maintenant que nous savons cela, qu'en faisons-nous ? demanda Remington."
La journaliste lui avait-elle livré ses conclusions en espérant pouvoir marchander avec Amanda ? Ou voulait-elle simplement apaiser sa conscience pour les heures à venir ?
"Je ne sais pas, murmura Evans en secouant la tête. Même si tout ce que je dis là est vrai, je ne sais pas ce que nous sommes censés faire. Je ne peux pas m'empêcher d'espérer que si Amanda fait diversion pour Mustang, il apparaîtra ici à un moment. Avant les combats..."
Et leur permette d'éviter d'être pris au milieu du carnage, compléta silencieusement Remington. Mais le soldat savait que si Amanda et Mustang divisaient pour mieux régner, alors par définition, l'alchimiste se trouvait sur un autre front et ne joindrait pas aux mouvements rebelles.
Non, il était illusoire de compter sur son intervention pour leur sauver la vie. Evans et lui ne pouvaient que compter sur eux-mêmes.
Au matin du cinquième jour, l'ambiance était plus que pesante dans la planque.
Breda avait tenu à faire répéter tous les scénarios prévus à toute l'équipe, jusqu'à l'écœurement, ou en l'occurrence jusqu'à ce que Colt ne l'envoie dans les roses, et tous n'attendaient plus que le plan soit mis en action, à commencer par le message radio d'Amanda. Depuis l'aube, des soldats faisaient constamment le pied de grue devant l'unique poste radio qu'ils avaient découvert dans les affaires des précédents occupants mais pour le moment, rien. Pas un mot sortant de l'ordinaire, sur quelque fréquence que ce soit.
"Amanda aurait déjà dû faire diffuser le message, murmura Mustang.
- Quelque chose aurait pu venir contrarier ses plans."
Breda avait raison, comme toujours. Mais entre l'impatience du combat et l'inquiétude qu'il ressentait pour sa sœur, Mustang avait de plus en plus de mal à maîtriser son pessimisme.
"Quatre heures de retard sur l'horaire convenu, fit remarquer Mustang. Nous sommes loin d'un problème d'agenda."
Sa sœur était fiable et elle n'avait qu'une seule parole. Elle ne promettait pas les choses à la légère alors Mustang ne pouvait que déduire qu'un évènement de taille était venu chambouler ses plans. Et cet évènement de taille risquait également de compromettre la diversion promise par Amanda.
"Il faudrait au moins savoir si les rebelles vont attaquer ce soir. Cela permettrait d'ajuster notre plan. Que l'attaque soit reportée ou qu'elle ait lieu sans que Selim ne soit mis au courant pour sa mère changerait considérablement les choses.
- Le problème est que les rebelles ne vont pas annoncer leurs intentions par radio, objecta Breda, un sourcil haussé.
- Eux non, mais l'armée, oui.
- Vous voulez écouter les fréquences de l'armée ? devina le soldat roux, d'autant plus surpris."
Mustang hocha la tête d'un geste sec.
"Si l'attaque a bien lieu ce soir, les diffusions radios sur les fréquences civiles pourraient être interrompues ou tourner en boucle. Mais celles de l'armée nous donneraient énormément de détails sur les sites attaqués et l'évolution de la situation."
Breda lui adressa un regard éloquent : l'idée était rusée, il fallait l'avouer. En cas d'attaque, l'armée utiliserait ses fréquences protégées pour coordonner la contre-offensive. Cela ne signifiait pas pour autant que c'était une bonne idée.
"Mais cela impliquerait d'envoyer l'un de nous espionner ces communications ? Nous ne pouvons pas le faire à distance."
Mustang hocha la tête. Et seul l'un d'entre eux avec les connaissances nécessaires pour le faire.
"Envoyer Fuery réduirait encore notre nombre, fit remarquer Breda.
- Mais nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre dans le noir. Si les attaques rebelles et l'arrivée de Selim ne sont pas synchrones, nous avons besoin de le savoir le plus tôt possible.
- Mais si Selim vient avant que les rebelles n'attaquent, nous aurons besoin du maximum de notre force de frappe."
Les deux idées se valaient et il n'y avait pas de bonne solution. Se priver d'un homme en cas d'attaque ou rester dans le noir et se priver d'une chance de pouvoir modifier leur plan, s'il le fallait. Cependant, Breda savait déjà ce que Roy allait choisir. Attendre sans savoir ce qui se passait était bien pire. Pour leurs chances de survie et pour le moral au sein de la planque. Il hocha la tête.
"Allons chercher Fuery."
La préparation de l'assaut nécessita vraisemblablement plusieurs heures, préparation dont Remington n'aperçut que quelques miettes. Des civils qui allaient et venaient, l'air passablement affairé voir agacé. Des caisses en bois, beaucoup de caisses en bois dont le contenu se devinait aisément, qui étaient déplacée dans le hangar, réparties entre les différentes forces en présence.
Remington observait en silence ce ballet plein de tension et déjà, son comportement lui attirait son lot de regards noirs. Les rebelles restaient hostiles et méfiants à son égard. Mais pour le moment aucun ne se risqua à braver la colère de la pègre et à les approcher, alors le soldat continua d'observer les va-et-vient.
"Vous viendrez avec nous à l'usine, déclara Bobby lorsqu'Amanda et lui sortirent de la pièce vraisemblablement dédiée à la planification des assauts."
Remington haussa les épaules. Peu importe le site. Il n'avait jamais été affecté à aucun d'entre eux et n'avait personnellement aucune préférence.
"Comment comptez-vous déplacer suffisamment d'hommes pour mener votre attaque ?" demanda-t-il néanmoins, par pure curiosité.
Plusieurs sites se trouvaient en périphérie de la capitale et l'armée avait dès le début mis en place des barrages routiers pour empêcher, avec plus ou moins de succès, les rebelles de se réunir ou de fuir.
"C'est notre problème, répondit le malfrat, sûr de lui. Nous bougeons dans quinze minutes, soyez prêts."
Remington jeta un coup d'œil à la journaliste, toujours assoupie dans un coin. La conversation, noyée dans le brouhaha général, ne n'avait pas suffi à la réveiller : les dernières heures avaient été rudes pour lui et encore plus pour elle. Même s'il n'avait jamais été déployé au front, ses années d'études et ses premières affectations l'avaient malmené. Ce n'était pas le cas d'Evans et Remington fut pris de pitié pour elle. La jeune femme aurait dû quitter le gouvernement lorsqu'il le lui avait conseillé. Mais il était maintenant trop tard.
D'une secousse à l'épaule, il la réveilla et Evans sursauta, avant de se rappeler où elle se trouvait.
"Nous partons dans dix minutes.
- Pour aller où ? demanda-t-elle.
- Ce n'est pas un détail qu'ils ont jugé bon de partager avec moi."
Tout autour d'eux, l'effervescence de la rébellion continuait : par petits groupes, des hommes et des femmes discutaient maintenant au-dessus des caisses en bois, parfois une carte à la main. Les discussions tactiques allaient bon train et plus personne ne leur prêtait plus aucune attention.
"Ce sera l'occasion de fuir, prévint Remington à voix basse. C'est au moment des déplacements qu'ils sont les plus vulnérables. Dès que je vous en donne le signe, partez en courant. Ne faites attention à rien d'autre."
Incapable de dormir, le soldat avait ressassé les dernières conclusions de la jeune femme, sans toutefois savoir quoi en déduire. Même si ces assauts n'avaient que pour but d'aider Mustang en faisant diversion, il ne voyait pas en quoi cette information pouvait changer leurs plans. Evans devait s'enfuir. Et lui ferait son possible pour survivre. Que le précédent généralissime ait donné sa bénédiction aux événements ne changeait rien.
Remington fixa la jeune femme, craignant qu'elle ne soit encore trop fatiguée pour comprendre mais, à son grand soulagement, Evans hocha lentement la tête. Au moins, elle avait compris et elle ne semblait pas avoir de scrupules inutiles à abandonner le soldat derrière elle. S'il était pris au milieu des combats, Remington pourrait au moins se consoler à l'idée qu'au moins, il aurait permis à la journaliste de fuir. Celle-ci se remit debout avec des gestes raides, au moment où Bobby refaisait son apparition.
"En route."
Le malfrat les fit monter à l'arrière d'une voiture - encore une différente - et démarra le moteur sans un mot. Oubli de leur part ou non, ils n'avaient cette fois pas les yeux bandés et Remington scruta avec attention le quartier. Ils se trouvaient toujours dans le district Nord mais quittaient les zones industrielles pour se rapprocher du centre. Le soldat fronça les sourcils. Cela n'avait aucun sens, si leur cible était l'usine en périphérie de la ville. Cependant l'assaut n'était pas censé débuter avant plusieurs heures.
Sans davantage de commentaires, Bobby se gara dans une rangée de voitures abandonnées, au bord d'une rue qui semblait ne correspondre à rien de particulier.
"Descendez, ordonna-t-il d'une voix laconique, tandis qu'Amanda glissait déjà de son siège."
Tous deux quittèrent l'habitacle et Evans lui jeta un regard angoissé : où allaient-ils ? avaient-ils fini par changer d'avis ? décidé de les exécuter car ils ne n'avaient plus aucun intérêt stratégique à les garder en vie ? Remington s'efforça de rester calme mais il n'était pas en mesure de la rassurer : Amanda avait été claire sur le fait qu'il serait au milieu de la bataille mais elle n'avait donné aucune indication concernant Evans. Sans donner davantage d'explications, les deux criminels les menèrent à travers des ruelles vides ou presque du district Nord.
"Pour contourner les barrages routiers ? souffla-t-il à Evans."
Mais dans son dos, la voix d'Amanda les rappela sèchement à l'ordre.
"Taisez-vous"
La jeune femme était frêle, mais armée et Remington ne doutait pas qu'elle sache et soit prête à faire usage de la violence. Dans un combat, il pourrait aisément prendre le dessus. Mais il y avait Evans et Bobby. Et celle-ci ne faisait pas le poids contre le malfrat.
Ce dernier ne leur prêtait aucune attention et poursuivait son chemin, les menant vers des ruelles de plus en plus étroites, signe qu'ils se rapprochaient du centre-ville. Remington s'efforçait de réfléchir aussi vite que possible. L'itinéraire ne lui évoquait rien et rien dans leur comportement ne trahissait leurs intentions.
Se débarrasser d'un corps en centre-ville n'avait pas de sens. Les zones industrielles, désaffectées, s'y prêtaient bien plus. Mais les affrontements qui duraient depuis des jours avaient changé la donne : qui se soucierait d'un cadavre de plus ou de moins dans un tel contexte ? Toutefois, se donner autant de mal pour abandonner le corps dans une zone de combat ne faisait pas non plus beaucoup plus de sens. Les pensées surgissaient de façon chaotique dans sa tête et le soldat n'arrivait toujours pas à comprendre la situation. Il était trop épuisé pour réfléchir calmement et la nervosité d'Evans n'arrangeait rien.
Elle continuait à lui jeter des coups d'œil par-dessus son épaule et un tic agitait sa main droite.
"Restez-calme", lui souffla-t-il à nouveau. Mais la jeune femme secoua la tête et sa main trembla d'autant plus.
Un signe de Bobby les arrêta et l'homme poussa Evans contre un mur, la forçant à se dissimuler derrière lui. Amanda obligea Remington à se plaquer contre la paroi de la même manière et quelques instants plus tard, une escouade remontait la rue perpendiculaire.
"N'y pensez même pas, murmura Amanda à son oreille."
Mais l'idée d'alerter les soldats n'avait guère traversé l'esprit de Remington. Quitter la pègre pour retomber entre les griffes de Selim ? Très peu pour lui. Cette équipe aurait pu les débarrasser d'Amanda et Bobby mais Evans et lui n'auraient eu ensuite aucune chance de s'en sortir. Calmement, Remington secoua la tête.
Leur petit groupe attendit que l'escouade soit hors de leur vue pour reprendre leur chemin, mais il était désormais clair qu'ils s'approchaient d'une zone considérée comme critique par l'armée. Pour quelle raison ? La fatigue embrouillait son esprit et Remington n'était plus capable de réfléchir calmement, trop concentré sur la nécessité de faire fuir la journaliste. Et soudainement, la solution apparut devant ses yeux. Un escalier sinueux entre deux immeubles. Les marches étaient raides et tellement étroites que des adultes pouvaient à peine s'y faufiler. Amanda elle-même, malgré sa silhouette frêle semblait y être à l'étroit et rapidement, Remington constata que l'étroitesse des lieux bouchait totalement la vue. C'était l'occasion parfaite.
Remington pivota sur lui-même. Amanda était sur ses gardes et releva son arme, mais pas assez vite. Il était plus grand, plus fort et plus rapide qu'elle. D'un geste, il dévia le canon et un simple coup de pied sur la hanche fit dégringoler la jeune femme.
"Courez ! cria Remington à Evans"
La journaliste n'hésita qu'une fraction de seconde avant de se faufiler, non sans mal, derrière lui et lui permettre d'affronter Bobby. Celui-ci avait dégainé son arme mais encore une fois, la situation était en leur faveur : le malfrat était blessé et clairement pas au meilleur de sa forme. Remington avait la fatigue et l'énergie du désespoir pour lui. Avec des gestes confus, il parvint à porter un coup au torse de l'homme qui recula avec un grognement.
L'escalier était trop étroit pour leur permettre de se battre correctement et le soldat se jeta sur lui pour lui arracher son arme. Son poids fit basculer Bobby en arrière. Remington sentit une explosion de douleur dans son coude au moment où celui-ci heurta le bord d'une marche. Malgré la douleur, il tint bon.
Bobby était blessé mais défendait malgré tout chèrement sa peau. Remington ne parvenait pas à attraper son arme. Brusquement, il changea de stratégie et relâcha sa prise sur ses poignets pour attraper ses épaules. D'un geste brusque, il fracassa son crâne contre les marches en pierre. Un craquement sinistre se fit entendre mais le malfrat n'était toujours pas hors-jeu. Le soldat répéta l'opération.
Une fois.
Deux fois.
Et Bobby s'arrêta enfin de bouger.
Le souffle court, Remington se releva.
"Qu'est-ce que vous faites encore là ?"
Evans n'avait pas fui. Elle n'était pas partie au courant, malgré les instructions qu'il lui avait données. Elle se tenait au beau milieu de l'escalier et le fixait d'un air terrifié.
"Est-ce qu'il est mort ?
- On s'en fiche !"
Mais la jeune femme, plus tremblante que jamais, avait les yeux rivés sur le corps derrière lui.
"Ils n'essayaient pas de nous tuer, balbutia-t-elle.
- Quoi ?
- Ils voulaient nous emmener à la radio.
- Quelle radio ?"
Son bras irradiait de douleur et son cœur battait tellement fort contre son crâne qu'il lui semblait que son cerveau n'allait pas tarder à sauter hors de sa tête. Bobby avait sûrement réussi à lui assener deux trois coups au visage, mais Remington ne s'en souvenait pas. Et les mots d'Evans ne faisaient aucun sens.
"La station de radio qui a collaboré la dernière fois avec Mustang. C'est là qu'ils nous emmenaient. J'ai essayé de vous faire signe mais..."
Mais ils n'avaient pas le temps. En bas des marches, Amanda s'était relevée. Son arme, lâchée dans sa chute, gisait à quelques mètres d'elle à peine.
"Vous devez vous en allez, la coupa brusquement Remington."
Evans ne pouvait plus fuir que dans une seule direction et sans écouter ses protestations, Remington la poussa derrière elle, à temps pour la protéger de la première balle qui se logea dans le mur à quinze centimètres de lui.
"Courez !" lui hurla-t-il.
Et lui-même commença à enjamber le corps inerte de Bobby.
"Avez-vous pris votre décision ?"
Cette fois, ce n'était ni Breda, ni Alphonse, mais Maria Ross qui lui posait la question.
Alphonse venait de le quitter, après cette matinée de recherches et la soldate avait peut-être guetté son départ pour rejoindre l'alchimiste de flamme dans le grenier. Celui-ci se redressa et tenta d'étirer son dos douloureux.
La cinquième journée touchait à sa fin et elle n'annonçait pas seulement l'affrontement avec Selim mais également la décision qu'ils devaient prendre concernant le Fullmetal. Mustang avait espéré que personne ne lui pose la question. D'ailleurs, Breda le connaissait suffisamment pour ne pas le faire. Mais pas Maria Ross.
La soldate était venue le trouver, avec cet air déterminé qu'il commençait à connaître et qui indiquait qu'elle ne le laisserait pas jouer les imbéciles pour esquiver la question. Ross voulait sa réponse et elle ne repartirait pas sans. Mais si Roy aurait préféré éviter la question, c'est tout simplement qu'il n'avait pas la réponse.
"Non, pas vraiment, soupira-t-il.
- Les recherches ?
- Je n'ai rien trouvé.
- Et Alphonse ?
- Il ne m'a rien dit."
L'atmosphère entre eux était plus que tendue. Les recherches étaient faites dans un silence de plomb, plein de rancœur et de douleur. Mustang comprenait. Il ne pouvait pas en vouloir au jeune homme et il savait pertinemment qu'à la seconde où Alphonse trouverait ne serait-ce que le début d'une piste, il l'en informerait. Son silence ne pouvait signifier qu'une seule chose.
"Vous n'avez trouvé aucune solution, conclut Ross, avec une tristesse évidente dans son regard."
Le Fullmetal faisait partie de ces personnes qui laissaient une forte impression, ces personnes que l'on avait du mal à oublier et auxquelles on s'attachait rapidement. Roy savait tout cela. Mais les résultats de l'expérience avec l'homonculus avaient été sans appel : Roy n'avait pas détecté la moindre trace indiquant qu'Edward était toujours en vie dans ce corps. Pour autant, cela ne signifiait pas que l'alchimiste d'acier avait disparu. Il pouvait s'agir d'une erreur ou de n'importe quoi d'autre.
Mais cela ne changeait rien à la situation : Mustang ne pouvait pas prendre le risque de laisser vivre un autre homonculus. Ils avaient commis une énorme erreur avec Selim, ils ne pouvaient pas la répéter. Que cela compromette les chances de survies d'Edward était regrettable, mais cela ne changeait rien à ce qui devait être fait. Roy le savait. Il s'agissait de la décision la plus rationnelle, la plus sensée. Le principe de précaution : ils étaient dans la situation actuelle car ils avaient voulu donner une chance à un ancien homonculus. Ils ne pouvaient pas répéter la même erreur.
"Si les rôles étaient inversés, vous savez qu'il ferait tout ce qu'il y est en son pouvoir pour vous aider.
- Je sais et je fais aussi tout ce qui est en mon pouvoir.
- Non, vous faites tout votre possible compte tenu des risques, corrigea Ross. Dans les limites du risque que vous jugez acceptable. Ce n'est pas la même chose."
Mustang lui lança un regard incrédule mais Maria Ross ne détourna pas les yeux. Elle se tenait presque au garde-à-vous devant lui, la tête haute et un air déterminé sur le visage. La soldate savait ce à quoi il pensait - elle faisait partie des rangs depuis bien trop longtemps pour ne pas comprendre la logique fondamentale de l'armée - et elle n'était pas d'accord.
"Vous m'accusez...
- Je ne vous accuse de rien du tout, monsieur.
- C'est la décision de laisser Selim en vie qui nous a mené dans cette situation. Vous voulez laisser un homonculus vivre.
- Les situations ne sont pas comparables : il s'agit du Fullmetal !"
Et cette remarque acheva de le rendre furieux.
"Croyez-vous que je l'aie oublié ? A qui croyez-vous vous adresser, lieutenant ? J'ai été son supérieur direct pendant plus de deux ans. J'ai dirigé ses recherches. J'ai tout fait pour l'aider dans sa quête, énuméra-t-il d'une voix dure. Ne croyez pas que je n'ai pas à cœur ses intérêts ou ceux de son frère."
Le reste du monde pouvait l'accuser de bien des choses. De n'être qu'un petit parvenu à l'ambition démesurée, d'être un criminel de guerre ou un idéaliste naïf. Mais personne ne pouvait l'accuser de prendre à la légère le sort d'Edward Elric. Surtout pas lorsque le poids de cette décision pesait presque exclusivement sur ses épaules. Néanmoins, Ross ne se laissa pas impressionnée par sa colère.
"Alors vous savez que nous sommes nombreux à tenir à Edward Elric, monsieur. Si vous décidez de poursuivre les recherches avec Alphonse ou de le laisser continuer, nous serons plusieurs à vouloir aider. Pas nécessairement avec les recherches. Mais en contenant..."
Mustang ne put retenir le sourire à la fois triste et amusé sur ses lèvres.
"Vous avez vu sa vitesse, lieutenant, la coupa-t-il. Vous savez comme moi que si le Fullmetal décide de nous fausser compagnie, nous ne pourrons rien y faire, quel que soit notre nombre.
- Mais le Fullmetal n'a manifesté aucune intention de fuir.
- Et Selim n'avait manifesté aucune intention meurtrière. Pourtant..."
Ross pinça les lèvres. Mustang voyait à sa posture que la soldate comprenait. Elle voyait très bien la complexité de la situation. Mais elle ne l'acceptait pas.
"Il s'agit du Fullmetal, monsieur. Nous lui devons d'essayer.
- Je sais...
- Et vous êtes certain qu'il... n'est plus là ? Qu'il n'existe plus ?"
L'espoir dans la voix de la soldate était insupportable et Mustang ne savait pas comment répondre à sa question sans créer de fausses attentes. Ils avaient depuis bien longtemps quitté le domaine des certitudes. Bien sûr, "impossible est un mot qui n'existe pas ici-bas". Pour autant, Roy ne pouvait rien promettre.
"J'aurais voulu vous dire que j'ai entendu sa voix mais...
- Et cela signifie nécessairement que son âme a disparu, le coupa-t-elle."
Encore une fois, il ne pouvait pas répondre mais il n'eut pas besoin : la soldate interpréta son silence comme une confirmation. Mustang vit son cœur se briser dans ses yeux, tandis que Ross se raidissait et se pétrifiait l'espace d'un instant. Puis la jeune femme se força à inspirer lentement.
"Pourquoi lui ? Ling Yao, Hohenheim... et pourquoi pas lui ?"
Amanda était rapide. C'était le moins que Remington puisse dire.
La jeune femme avait gravi les marches à une vitesse qu'il aurait à peine crue possible et ne s'était arrêtée que quelques secondes sur le corps de Bobby. L'homme était probablement mort. Remington n'avait pas pris le temps de s'en assurer mais il lui avait fracassé le crâne contre des marches en pierre. Ce n'était pas le genre de blessure dont on se remettait facilement. Et à présent la rage semblait d'autant plus animer la criminelle qui gagnait du terrain sur eux.
"Plus vite, ordonna-t-il à Evans."
La journaliste titubait devant lui mais lui-même n'en menait pas large. Ils étaient fatigués, avaient à peine dormi ou mangé les derniers jours. Remington avait l'impression que ses membres étaient faits de plomb et soulever ses jambes à chaque pas relevait du défi. Au contraire, les pas d'Amanda se rapprochaient dans son dos. Si elle les attrapait alors ils seraient de retour à la case de départ. Remington n'avait qu'une seule solution.
"Rejoignez le nord. Contactez Armstrong.
- Quoi ?
- Courez !"
S'ils ne pouvaient pas tous les deux s'enfuir, au moins il devait s'assurer qu'Evans s'en tirerait et prévienne les alliés de Mustang. Remington s'arrêta et fit face à Amanda.
La chute dans les escaliers l'avait amochée. Une coupure sur son front ruisselait sur la moitié droite de son visage et la façon dont la jeune femme tenait son bras gauche suggérait que son poignet avait été tordu ou cassé dans la chute. Mais le sang et la douleur importaient peu à cet instant. La haine était visible dans le regard d'Amanda. Malgré le tremblement de ses mains, malgré ses blessures, elle leva son arme et fit feu. La balle toucha Remington à la cuisse et il s'effondra avec un hurlement de douleur.
Plus vite qu'il ne l'avait prévu, elle fut sur lui et assena un coup de crosse contre son crâne qui acheva de l'étaler par terre.
"Enfoiré !"
Lorsque les étoiles disparurent de sa vue, Remington leva les yeux vers Amanda.
Fini le masque de froideur, l'apparente impassibilité. La fureur animait tous ses traits et Amanda avait laissé tomber l'idée de capturer Evans. Elle ne cherchait qu'à se venger du meurtrier de son comparse. Et le rouer de coup semblait sur le moment plus important que de retrouver une femme qui avait connaissance des plans des rebelles.
"Tu as tué Bobby, enfoiré ! martela-t-elle entre chaque coup de pied."
Remington ne pouvait rien faire. Le bref affrontement avec Bobby l'avait vidé de toutes ses forces et il n'avait jamais ressenti pareille douleur dans sa cuisse. Il put à peine relever ses bras, dans un réflexe, pour protéger sa tête, mais son heure était venue. Amanda allait l'exécuter sur place pour avoir tué Bobby sous ses yeux. Au moins, Evans avait une chance de s'en sortir.
Néanmoins, à sa grande surprise, les coups s'arrêtèrent. Remington inspira difficilement et un éclair de douleur lui transperça le flanc.
Amanda, essoufflée, fit quelques pas nerveux devant lui, presque incapable de décider ce qu'elle allait ensuite lui faire. L'arme toujours en main, elle se prit la tête.
"Tu n'es qu'un immonde abruti, souffla-t-elle plus pour elle-même que pour lui. Tu n'as aucune idée de ce que tu viens de faire.
- Peut-être que vous devriez partir, rétorqua Remington avec le peu de provocation qui lui restait. Les soldats ne vont pas tarder à arriver."
Ils avaient croisé des soldats peu de temps auparavant et le bruit des tirs n'allait pas tarder à les attirer. Amanda n'avait plus beaucoup de temps et ferait mieux de fuir en laissant les cadavres derrière elle. Mais la jeune femme secoua la tête.
"Tu n'as pas idée de ce que tu as fait à Mustang.
- Mustang ? coassa-t-il sans comprendre."
Une nouvelle quinte de toux l'agita et le fit grogner de douleur.
"Cette attaque devait l'aider. Ce message radio devait l'aider. Tout faisait partie du plan."
Il voulait poser des questions, être sûr de bien comprendre mais lorsqu'il ouvrit la bouche, Remington ne put que recracher du sang. Amanda continuait de piétiner le pavé devant lui, comme perdue dans ses pensées. Au loin, ils entendaient le piétinement des bottes, les soldats qui se précipitaient en courant vers eux.
"Enfoiré, murmura-t-elle, en passant une main dans ses cheveux.
- Quel plan ?"
Amanda lui jeta un regard froid qui le cloua au sol.
"Le plan pour aider Mustang à combattre Selim. Tout n'avait que pour but de l'aider. Ce message. Et les affrontements de ce soir."
Remington eut l'impression d'être poussé du haut d'une falaise.
Quel message ? Evans avait parlé d'une radio ? Une qui avait collaboré avec Mustang lors du coup d'état ? Remington avait envie de vomir et il ne savait plus si cette nausée était due à la fatigue, aux coups qu'il avait reçus sur le crâne ou à la possibilité qu'il venait d'entraver sans le savoir le plan de Mustang. Il savait que la pègre avait conclu un accord avec l'alchimiste de flamme. Il savait que cette attaque n'était pas qu'une offensive sans but. Mais comment aurait-il pu deviner que leur sortie avait pour but d'envoyer un message radio ? Pour qui ? Dans quel but ?
"Il est trop tard, murmura Amanda pour elle-même."
Le bruit se rapprochait et ils savaient tous les deux qu'elle ne pouvait plus échapper à l'armée. Elle était cernée et disposait de quelques dizaines de secondes, pas plus. Restait à savoir ce qu'elle comptait faire de lui. Le laisser sur place et risquer que Selim ne le replace sous son contrôle ? Qu'il pille sa mémoire et l'armée apprenne les plans des rebelles ? Non, elle ne pouvait pas. Remington pouvait le lire dans ses yeux aussi clairement que si elle l'avait énoncé à haute voix. Amanda ne pouvait pas laisser Remington derrière elle.
Lorsque la jeune femme leva son arme vers lui, Remington acquiesça. Ils ne pouvaient pas prendre le risque de trahir les plans de la rébellion.
Il ferma les yeux et n'entendit pas le coup partir.
"Alphonse ?"
Le jeune homme ne sembla pas l'entendre alors Colt l'appela une seconde fois.
La nuit était finalement tombée et avec elle, une chape de plomb sur toute la planque. A l'extérieur les températures étaient proches du zéro et une petite brise glaciale soufflait sur les champs. Rien qui ne donne envie de s'attarder à l'extérieur et pourtant, cela faisait des heures qu'Alphonse était assis dans la tranchée qui bordait la maison.
Il releva rapidement la tête à son deuxième appel et Colt crut apercevoir des larmes dans ses yeux, larmes qu'il ravala rapidement.
"Oui ?
- Tu devrais rentrer. Il fait nuit et si Selim...
- J'ai compris."
L'adolescent se leva et attrapa une boîte en carton posée à côté de lui, dans le ravin.
"Tu faisais des recherches ? demanda Colt"
Elle se doutait que lire dans le noir ne devait pas être d'une efficacité redoutable, mais l'air autour du jeune homme commençait à devenir irrespirable. Elle devait dire quelque chose sans quoi elle avait l'impression de se noyer dans le brouillard de douleur qui l'entourait et le suivait que soit l'endroit où l'adolescent aille.
"Je suis obligé de continuer."
Colt s'abstint de tout commentaire et ils commencèrent à gravir les marches qui menaient au grenier.
Mustang et lui avaient passé les derniers jours plongés dans ces documents, jusqu'à parfois oublier de s'alimenter ou de dormir. Il avait fallu l'intervention de Breda, le rappel qu'ils devaient être frais et en forme pour que leur plan ait une chance de fonctionner. Et suite à cela, l'un comme l'autre s'était contenté d'avaler leurs rations le plus vite possible pour se remettre à leurs recherches, ne dormant que le strict minimum.
Pour les avoir lus, Colt ne les enviait pas. Des pages et des pages de résultats d'expérience. Des comptes-rendus d'autopsie. Des photographies de corps déchiquetés. Rien de très positif. Mais les deux alchimistes s'étaient jetés à corps perdu dans les recherches dans l'espoir de trouver quoi que ce soit qui puisse aider le Fullmetal. Et si elle en croyait le regard vide d'Alphonse, aucun des deux n'avait trouvé la moindre information. Elle ne pouvait pas le blâmer d'avoir voulu fuir l'atmosphère pesante de la planque. Tous savaient ce qui se passait et c'était sans doute cela le pire. Tous savaient et aucun d'entre eux ne s'opposerait à Mustang si celui-ci déclarait la mise à mort de l'homonculus. Après tout, ils avaient déjà fait l'erreur une première fois. Ils ne pouvaient pas la commettre une seconde fois.
"Pour ce que ça vaut, je suis désolée pour toi", déclara Colt parce qu'elle ne supportait pas le silence pesant qui semblait envelopper le jeune homme.
"Tout espoir n'est pas perdu."
Mais il était facile de voir que cette réponse tenait plus de l'habitude et du vœux pieux que de la réelle conviction.
"Si Selim ne vient pas ce soir, il vous reste du temps, concéda-t-elle.
- Aucune nouvelle de la radio ? ou de Fuery ?"
Alphonse semblait soulagé de la voir changer de sujet.
"Aucune, indiqua la soldate en s'installant derrière son fusil."
Dans son dos, elle pouvait entendre le jeune homme ranger les cartons et elle tendit la main pour augmenter légèrement le son du poste de radio.
Ils n'avaient reçu aucune nouvelle d'Amanda ou de Fuery et ils n'avaient donc aucune idée de ce qui se passait tant du côté des rebelles que de Selim. Colt ne savait pas ce qui était le pire : que l'homonculus ne vienne pas ce soir alors que les protestataires ne s'en prennent à l'armée ou qu'il vienne sans que les attaques ne se déclenchent. Aucune des deux options ne jouait en leur faveur. Mais pour le moment, la soldate penchait vers la première hypothèse.
A travers la lunette de son fusil, les alentours semblaient affreusement calmes et sinistres. La pleine lune éclairait les champs d'une lumière froide et crue et le défrichage réalisé par Mustang lui donnait une visibilité sur près de deux kilomètres. Impossible de manquer quoi que ce soit.
"Et si Selim ne vient pas ce soir ? demanda Alphonse.
- Nous attendons, répondit la soldate presque par automatisme.
- Le plan risque de changer.
- Oui, mais ce n'est pas moi qui décide."
Et Colt n'avait aucune envie de prendre cette décision. Car si l'homonculus ne se présentait pas à eux alors que les rebelles avaient déjà attaqué, leurs chances de survivre à tout cela diminuaient considérablement. Elle préférait laisser Breda et Mustang se torturer les méninges avec.
"Nous ne pouvons qu'avoir confiance en Amanda.
- Et vous avez réellement confiance en elle ? demanda l'adolescent."
Colt se retourna vers Alphonse presque avec l'ombre d'un sourire.
"On joue les commères, ce soir ?
- Non, non, balbutia l'adolescent. C'est juste que la pègre... Mustang...
- Tu ne savais pas qu'il avait une sœur, devina-t-elle.
- Non, il n'en a jamais parlé. Et qui aurait cru que la sœur du colonel... enfin du général...
- Très ironique pour quelqu'un comme lui, convint Colt pour mettre fin à l'embarras du jeune homme."
Celui-ci secoua la tête.
"Je n'arrive pas à comprendre comment l'un a pu devenir généralissime et l'autre reine du crime organisé.
- Une très bonne question à lui poser si jamais nous ressortons vivants de cet affrontement. "Dites-moi, généralissime, racontez-moi ce que cela fait de diriger les recherches sur votre sœur, la criminelle la plus recherchée du pays ?" mima-t-elle avec une voix faussement aigue."
Sa boutade ne parvint pas à faire sourire l'adolescent mais il secoua néanmoins la tête, presque amusé.
"Mustang n'a jamais dirigé ces enquêtes, corrigea-t-il.
- Peut-être, mais il était à la tête de cette armée. Symboliquement, il dirigeait toutes les enquêtes. Ce n'est pas étonnant si celle-ci n'a jamais avancé."
Par habitude, la soldate tourna la tête pour jeter un coup d'œil dans la cage d'escalier et vérifier que Mustang ne se trouvait précisément pas dans son dos. Tout le monde avait beaucoup trop tendance à surgir dans le dos des autres, dans cette maison. Cette précaution n'échappa pas à Alphonse qui lui lança un regard amusé avant de reporter son regard vers l'extérieur.
"Vous ne pensez pas que nous survivrons à tout cela ?"
Colt pesta intérieurement contre ces adolescents trop concentrés sur leur situation catastrophique et se contenta d'hausser les épaules.
"Notre plan repose sur deux éléments qui ne dépendent pas de notre volonté et qui, jusqu'à présent, ne semblent pas vouloir se réaliser.
- Vous n'êtes pas très optimiste.
- Parce que tu penses réellement que nous puissions nous en sortir si jamais Selim pointe le bout de son nez avec toute une armée derrière lui ?
- Nous avons nos chances, répondit tranquillement Alphonse. Nous sommes deux alchimistes... sans compter mon frère. Je veux dire : Mustang peut facilement mettre en déroute une armée.
- Effectivement, il l'a prouvé à Ishbal."
Cette fois, l'adolescent parut presque choqué. Au moins, elle avait réussi à provoquer une réaction chez lui.
"Désolée, s'excusa-t-elle néanmoins. L'humour noir est ma façon de gérer cette attente. J'ai tendance à combler le vide par du bruit. Souvent inutile.
- Et qu'auriez-vous fait si vous aviez été seule ?
- La radio, répondit-elle en pointant le poste posé à côté d'elle."
Jusqu'à présent, celui-ci s'était contenté de diffuser les informations habituelles, que Colt écoutait d'une oreille distraite. Rien de nouveau concernant les mouvements rebelles ou ceux de l'armée, mais la soldate ne pensait pas réellement entendre quoi que ce soit d'utile sur les fréquences civiles. A cette heure de la journée, tous avaient perdu l'espoir d'entendre le message radio d'Amanda.
"Vous détestez réellement cette attente.
- ça et le silence, confirma-t-elle."
Et à son grand malheur, Alphonse ne rebondit pas sur sa réponse.
Colt se força à rester concentrée derrière son fusil. Les chances que Selim ne vienne étaient peut-être faibles, mais cela ne signifiait pas pour autant qu'elle pouvait relâcher sa vigilance. Et le jeune homme n'avait sans doute pas le cœur aux bavardages de politesse. Un silence lourd retomba sur eux, seulement interrompu par les chansons diffusées à la radio.
"Est-ce que vous pensez que Mustang a raison, au sujet de mon frère ? demanda finalement Alphonse."
Sa voix était à peine plus haute qu'un murmure et Colt pouvait y entendre tout le désespoir du jeune homme.
"La situation est compliquée, admit la soldate.
- Mais vous avez bien un avis, rétorqua Alphonse. Ne me dites pas que ce n'est pas à vous de décider. Que vous laissez Breda et Mustang prendre la décision."
Colt était tentée de répondre que si, justement. Que juger la situation du Fullmetal n'était pas dans ses compétences et qu'elle faisait confiance à Mustang pour cela. Mais ce n'était pas ce qu'Alphonse voulait entendre. Il voulait son avis en tant que personne et non pas en tant que soldate. Un avis sur la possible exécution de son frère ce soir.
"Alphonse, je..."
Mais elle n'eut pas à finir sa phrase. Un mot prononcé à la radio attira son attention.
"Vous ? demanda Alphonse."
Colt lui fit signe de se taire et tendit la main pour augmenter le volume du poste.
"Les circonstances de la mort du généralissime sont encore inconnues. Aucune information concernant le mobile du meurtre n'a été dévoilé par le gouvernement."
"Le généralissime ? réagit Alphonse. Mais...
- Son remplaçant, indiqua Colt en lui faisant signe de se taire."
"L'identité de la suspecte n'a pas été dévoilée par l'armée mais sa culpabilité ne fait aucun doute. D'après le communiqué, cette jeune femme, trentenaire, civile, inconnue des services de police, a été retrouvée devant le corps, l'arme dans les mains et le sang du colonel Remington sur elle. Elle n'a pas contesté la responsabilité du meurtre mais n'a pas fourni de mobile. A l'heure actuelle, aucun mouvement protestataire ne revendique cet assassinat. Néanmoins un lien avec les émeutes n'est pas à exclure. Compte tenu des circonstances du meurtre, le gouvernement a tranché favorablement sur la culpabilité de la jeune femme qui sera exécutée demain à l'aube..."
"Sans aucun procès, murmura Alphonse d'un ton choqué. L'armée va en faire un exemple.
- Ils ne peuvent pas laisser le meurtre du généralissime impuni, expliqua Colt en haussant les épaules. Cela ferait mauvais genre. En pleines émeutes, de surcroît.
- Mais aussi vite ?
- Ils n'ont même pas révélé l'identité de la coupable. Je me demande même s'ils savent qui elle est.
- Pas certain, non, acquiesça le jeune homme en désignant le poste radio de la tête."
"... mystère pour le grand public. Toutefois, des sources internes indiquent qu'il s'agit d'une jeune femme proche de la quarantaine, blonde aux yeux bleus, de stature moyenne. Son seul signe distinctif correspond à une cicatrice sur l'arcade sourcilière gauche. Pour le moment..."
"Une cicatrice ? répéta Alphonse."
La bouche de Colt s'assécha brusquement et le regard que l'adolescent lui jeta confirma ses craintes.
"Va chercher Mustang et Breda, ordonna-t-elle brusquement. Demande à Smith de venir aussi."
Scène 7 - Mustang, le dilemme
Il n'était pas compliqué de deviner que quelque chose de grave s'était passé lorsqu'Alphonse arriva en courant dans la chambre. Mustang se redressa et donna un coup de pied dans la chaise sur laquelle somnolait Breda.
"Que se passe-t-il ?
- Remington a été assassiné et..."
Mais le jeune homme ne termina pas sa phrase. Mustang fronça les sourcils.
"Et quoi, Alphonse ?"
Si l'adolescent venait le réveiller dans son sommeil, autant qu'il lui dise pourquoi. Mais celui-ci secoua la tête.
"Venez. Colt veut vous parler, indiqua-t-il avant de tourner les talons."
Mustang lança un regard interrogateur à Breda qui haussa les épaules avant de se frotter les yeux et d'emboîter le pas au jeune homme.
Colt était toujours à son poste lorsqu'ils arrivèrent dans le grenier, l'œil collé à sa lunette de tir. Smith arriva sur leurs talons et la soldate lui fit signe de la remplacer.
"Que se passe-t-il ? demanda Breda. Des nouvelles d'Amanda ?
- Si on veut", déclara Colt avec une ironie qui ne présageait rien de bon. "Un bulletin urgent a été diffusé sur l'ensemble des ondes : le colonel Remington, président par intérim, a été retrouvé mort, assassiné.
- C'est ... regrettable, déclara Mustang sans comprendre.
- Une suspecte a été retrouvé sur la scène du crime, l'arme dans les mains, et elle n'a pas nié la responsabilité du crime. L'armée a expédié son procès et l'a déclarée coupable. Elle sera exécutée demain à l'aube.
- Venez-en au fait, Colt."
Même si la nouvelle était surprenante - comment une personne seule avait-elle pu passer la garde du généralissime ? l'assassiner de surcroît ? - cela n'expliquait pas pourquoi Alphonse était venu les trouver. Jusqu'à ce qu'ils affrontent Selim, rien d'autre n'était important. Mais le regard que lui jeta la jeune femme laissait présager le pire.
"Un membre du gouvernement a fait fuiter la description de cette suspecte : trentenaire ou jeune quarantenaire, blonde aux yeux bleus et surtout, une cicatrice sur l'arcade sourcilière gauche."
L'air vint soudain à manquer.
"Une cicatrice ? répéta Breda, surpris."
Colt hocha la tête et tous les regards convergèrent vers Mustang qui déglutit avec difficulté.
"Ce portrait est assez évocateur, admit-il. Mais il pourrait s'agir d'une coïncidence.
- Un autre corps a été retrouvé à proximité, compléta la soldate. Un homme, brun, commis pour quelques crimes crapuleux. Passablement blessé."
Bobby.
Bobby et Amanda.
Mustang avait l'impression d'avoir été précipité du haut d'une falaise. La description de la scène du crime ne laissait que peu de place à l'imagination : sa sœur avait été capturée par l'armée, sous le prétexte du meurtre de Remington. Bobby avait été tué dans l'opération. Sa sœur allait être exécutée le lendemain à l'aube et servir d'exemple à tous les rebelles de la capitale.
Il inspira lentement pour repousser la sensation de vertige.
"Nous ne sommes pas certain qu'il s'agisse d'Amanda et de Bobby, énonça-t-il lentement. Même si la description correspond, nous ne savons pas avec certitude qu'Amanda est entre les mains de l'armée.
- Vous pensez à un piège ? demanda Breda."
Mustang hocha la tête. Il ne savait pas réellement s'il faisait preuve de précaution ou s'il espérait secrètement que cela soit vrai. Son cœur tambourinait à ses oreilles et l'alchimiste devait faire un effort pour ne pas montrer à quel point cette nouvelle le bouleversait.
"Selim pourrait nous tendre un piège, confirma Breda. Cela supposerait qu'il connaisse le lien entre Amanda et vous.
- Il avait infiltré les protestataires. Il aurait pu avoir infiltré la pègre depuis.
- Mais même au sein de la pègre, Amanda a gardé cette information secrète, pointa Colt.
- Bobby savait, indiqua Mustang. Amanda n'a pas de secrets pour lui. Selim aurait pu avoir mis Bobby sous son influence lors de leur affrontement. Personne n'a réellement fait attention à cela étant donné l'état dans lequel il a été retrouvé.
- Très bien. Il pourrait s'agir d'un piège, convint Colt. Et s'il ne s'agit pas d'un piège ?"
L'intention de la soldate était claire : elle voulait savoir si les plans avaient changé. Si Mustang comptait tout abandonner et voler au secours de sa sœur.
Il aurait voulu. Il aurait vraiment voulu. Mais les choses n'étaient pas si simples.
"Si Amanda est réellement détenue par l'armée, il ne sera pas si simple de la faire s'évader, déclara-t-il avec le ton le plus calme dont il était capable. Pour la meurtrière du généralissime, le dispositif de sécurité sera extrêmement lourd.
- Nous sommes deux alchimistes, fit remarquer Alphonse."
Et Mustang eut l'impression d'avoir reçu un coup dans l'estomac. Après tout ce qui lui était arrivé, après tout ce que lui avait dit Mustang, le jeune homme était prêt à tout abandonner pour l'aider à sauver sa sœur.
"Même à nous deux, Alphonse. N'oublie pas que cet endroit reste le plus risqué pour nous. Et cela impliquerait de tout abandonner et de partir maintenant.
- Alors faisons cela, proposa l'adolescent. Partons maintenant.
- Nous ne pouvons pas...
- Nous en savons même pas si Selim va venir, le coupa-t-il. Nous attendons peut-être pour rien ce soir. Vous voulez attendre ici sans rien faire et écouter son exécution à la radio ?"
Bien sûr que non. Bien sûr que Roy voulait tout laisser tomber sur le champ et se précipiter au Quartier Général. Mais il ne pouvait pas. Il n'avait pas le droit. Pas après Grace, Elysia, Gabrielle. Pas après Hawkeye.
"Son exécution n'est pas inéluctable, temporisa Breda. Amanda pourrait choisir de dévoiler son identité pour retarder son exécution. L'armée ne résistera pas à l'idée d'avoir la cheffe de la pègre dans leur cellule. Elle dispose également d'hommes. Si nous avons entendu cette description et compris qu'il s'agissait d'Amanda, ses hommes l'ont sûrement compris également. Peut-être qu'à l'heure où nous parlons, ils organisent une mission de sauvetage.
- Et ils ont plus de chances que nous ?
- Tu ne comprends pas, Alphonse", répondit Mustang en secouant la tête. Il avait l'impression que ses entrailles se changeaient en pierre, il avait l'impression d'étouffer lentement. "Si nous abandonnons cette planque et ce plan, nous n'aurons peut-être pas d'autre occasion. Du moins pas d'autre occasion aussi favorable pour nous.
- Mais il s'agit de votre sœur ! s'exclama Alphonse."
Et il s'agissait de son frère. Mais ils devaient oublier leurs situations personnelles et faire passer l'intérêt général avant le leur.
L'adolescent le regardait d'un air scandalisé et Mustang avait tout autant envie de crier.
Savoir sa sœur entre les mains de l'armée, dans une cellule à la saleté répugnante, en train d'attendre son exécution était insupportable. Mais si Roy abandonnait ce plan et gâchait toutes leurs chances de vaincre Selim une bonne fois pour toute, il ne pourrait jamais se regarder dans le miroir.
"Il s'agit de votre sœur, répéta Alphonse"
Roy ne savait pas quoi répondre. Il n'y avait rien à répondre. Il devait faire passer son devoir avant tout.
"Si je peux mettre fin au dilemme ? intervint Smith d'une voix calme."
Mustang se retourna brusquement. Ils avaient tous oublié la présence du soldat qui montait la garde à la place de Colt. Celui-ci se détacha de la lunette de tir pour se tourner vers eux.
"Des véhicules sont à l'approche.
- Combien ? demanda Mustang d'une voix rauque.
- Cinq."
Peu. Moins ce qu'ils attendaient. Mais Smith n'avait pas terminé.
"Derrière, un bataillon d'infanterie. Beaucoup hommes. Mille, deux milles ou plus. Impossible de savoir"
Mustang croisa le regard de Breda qui acquiesça. Le doute n'était plus permis : Selim arrivait et avec lui, la pleine force de l'armée. Les rebelles avaient échoué.
à suivre...
Alors oui, l'action reprend et les morts aussi x) J'étais un peu triste de tuer Bobby et Remington mais c'était inévitable, selon moi, histoire de tuer tout espoir que les choses ne s'améliorent et de torturer Mustang un peu plus (Quoi ? comment ça "c'est horrible" ?). Mais j'étais très contente d'écrire une scène où Amanda perd le contrôle de ses nerfs et montre qu'en plus d'être impitoyable, elle est prête à se salir les mains (oui, je commence à avoir envie d'écrire quelque chose avec elle). J'espère que le passage dans lequel Mustang apprend la nouvelle arrive à traduire l'émotion. En tout, n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire :)
