Les quatre champions
Harry rouvrit les yeux. Ni Ron ni Hermione n'avaient remarqué son moment d'inattention. Il s'installa plus confortablement sur sa chaise et patienta en attendant que Dumbledore veuille bien commencer la cérémonie. Il chercha les visages des futurs Champions dans la foule.
Après quelques minutes d'attente, les plats se vidèrent et Dumbledore se leva. Les conversations évanescentes laissèrent place au silence.
— Voilà, dit Dumbledore, la Coupe de Feu ne va pas tarder à prendre sa décision. Je pense qu'il faudra attendre encore une minute. Lorsque le nom des champions sera annoncé, je demanderai aux heureux élus de venir jusqu'ici et d'aller se regrouper dans la pièce voisine, où ils recevront leurs premières instructions.
Il saisit alors sa baguette magique et éteignit toutes les chandelles d'un grand geste de la main. Les seules lumières restantes provenaient des citrouilles évidées, et, bien sûr, de la Coupe. Harry observa les visages des élèves dans la pénombre, bleuis par la faible lumière de la Coupe.
Un brusque éclat illumina la salle, une longue flamme bleue donna à Dumbledore le nom du premier champion.
— Le champion de Durmstrang…
Harry regarda Viktor Krum, à la table des Serpentard. Il s'était déjà à moitié redressé et s'apprêtait à partir.
— …sera Viktor Krum !
Il se leva sans même avoir l'air surpris et parcourut le chemin qui le séparait de la petite porte sous les applaudissements des élèves.
Le silence revint et l'attention générale se reporta sur la Coupe. Le deuxième parchemin sortit. Harry repéra sans peine la chevelure blonde de Fleur.
— Le champion de Beauxbâtons, annonça Dumbledore, sera Fleur Delacour !
— C'est elle, Harry ! s'exclama Hermione, alors que Fleur se levait avec grâce et s'avançait élégamment au milieu de la salle.
Harry aperçut les espoirs déçus parmi quelques autres élèves de Beauxbâtons, qui s'étaient mis à pleurer.
Le silence s'établit à nouveau une fois que Fleur eut disparu dans la petite pièce.
La coupe projeta le troisième parchemin dans les airs. Harry chercha Cédric à la table des Poufsouffle. Il le trouva concentré, les sourcils froncés, le regard rivé sur Dumbledore.
— Le champion de Poudlard, annonça-t-il, est Cédric Diggory !
Cédric se leva avec un grand sourire, au milieu des démonstrations de joie des Poufsouffle, et se dirigea à son tour vers le fond de la salle. Harry essuya une larme naissante et ferma les yeux. C'était le moment. Il calma les battements de son cœur qui avaient commencé à s'accélérer, et prit une grande inspiration. Depuis la Chute de Voldemort, il avait certes pris l'habitude de défiler devant de centaines de personnes, mais pas en jouant un rôle comme cette fois-ci. Il prit une nouvelle inspiration et rouvrit les yeux, à nouveau calme et concentré. Dumbledore avait déjà recommencé à parler.
— …nos trois champions. Je suis sûr que je peux compter sur chacune et chacun d'entre vous, y compris les élèves de Durmstrang et de Beauxbâtons, pour apporter à nos champions tout le soutien possible. En encourageant vos champions, vous contribuerez à instaurer…
La coupe se ralluma et projeta le quatrième parchemin que Dumbledore attrapa. Le silence lourd s'installa, pendant lequel Dumbledore regarda le parchemin au milieu de l'attention générale. Dumbledore finit par se racler la gorge et lut à haute voix :
— Harry Potter.
Harry se figea et prit l'expression de stupeur qu'il avait préparé. Son cœur battait aussi fort que lors de la première fois que son nom était sorti. Le silence et la tension étaient palpables. Harry restait immobile et silencieux, tant que Dumbledore n'avait pas appelé son nom pour la seconde fois, comme dans ses souvenirs.
A la table des professeurs, Minerva McGonagall se dressa d'un bond et se précipita pour murmurer quelques mots à l'oreille de Dumbledore qui fronça légèrement les sourcils. Il finit par adresser un signe de tête approbateur à la directrice adjointe puis se redressa.
— Harry Potter ! répéta-t-il. Harry ! Venez ici, s'il vous plaît !
— Vas-y, murmura Hermione en le poussant avec douceur.
Harry se leva, et parcourut fébrilement la distance interminable qui le séparait de la salle voisine. En longeant la table des professeurs, il passa à côté de Hagrid qui le regarda passer d'un air abasourdi. Harry se rappela avec effroi qu'il ne lui avait pas rendu visite dans sa cabane depuis le début de l'année. Il chassa cette pensée et ouvrit la porte.
Il se retrouva dans la petite pièce tapissée des portraits de sorciers, éclairée par le feu de bois. Les trois autres Champions s'étaient regroupés près de la cheminée. Fleur se retourna quand il entra et se figea, l'ayant reconnu. Ils se regardèrent dans un silence étonné.
Il y eut derrière eux un bruit de pas précipités et Ludo Verpey entra dans la pièce. Prenant Harry par le bras, il l'entraîna vers la cheminée.
— Extraordinaire ! murmura-t-il en lui pressant le bras Absolument extraordinaire ! Messieurs… Mademoiselle, ajouta-t-il à l'adresse des trois autres, permettez-moi de vous présenter, si incroyable que cela puisse paraître, le quatrième champion du Tournoi des Trois Sorciers !
Viktor Krum se redressa. Son visage renfrogné s'assombrit encore davantage tandis qu'il toisait Harry. Cédric paraissait stupéfait. Il regarda alternativement Verpey et Harry comme s'il avait mal entendu. Fleur prit pour une fois une expression semblable à celle de Krum et fronça les sourcils. Aucun des trois Champions ne trouvait quoi que ce soit à dire, devant l'incongruité de cette nouvelle. Fleur finit par ouvrir la bouche, mais elle fut coupée par l'entrée des autres responsables du tournoi qui entraient dans la petite salle. Dumbledore, Croupton Senior, Karkaroff, Madame Maxime, McGonagall et Severus Rogue qui referma la porte derrière lui, coupant le bruit sourd qui provenait de la Grande Salle.
— Madame Maxime ! s'exclama Fleur en se précipitant dans sa direction. Ils viennent de nous dire que Harry Potter allait participer au tournoi ! Enfin, c'est impossible, il est trop jeune ! C'est insensé !
Harry remarqua que cette fois, elle ne l'avait pas traité de petit garçon. Le fait de lui avoir parlé la veille avait dû la marquer. Madame Maxime prit la parole.
— Dambleudore, pouveuz-vous me dire ce que signifie ceutte pleusanterie ? demanda-t-elle d'un ton impérieux.
— J'aimerais également le savoir, Dumbledore, ajouta le professeur Karkaroff.
Il avait un sourire figé et ses yeux bleus lançaient un regard froid.
— Deux champions de Poudlard ? Je ne me souviens pas d'avoir entendu dire que l'école d'accueil avait le droit de faire concourir deux champions – ou bien n'aurais-je pas lu le règlement avec suffisamment d'attention ?
Il eut un petit rire sarcastique.
— Tout cela me pareut absolument impossible, dit Madame Maxime, qui avait posé sur l'épaule de Fleur une de ses énormes mains ornées de superbes opales. Potdelard ne peut pas avoir deux champions. Ce sereut beaucoup trop injuste.
— Nous pensions que votre Limite d'Âge suffirait à éloigner les candidats trop jeunes, Dumbledore, dit Karkaroff, avec le même sourire figé, mais le regard plus glacial que jamais. Sinon, nous aurions bien entendu sélectionné un plus grand nombre de candidats dans nos propres écoles.
— Potter est le seul responsable de cette situation, Karkaroff, dit Rogue à voix basse. Dumbledore ne doit pas être tenu pour responsable de l'obstination de Potter à violer les règlements. Depuis qu'il est entré dans cette école, il a consacré la plus grande partie de son temps à dépasser les limites… Il vient d'en franchir une de plus…
— Merci, Severus, dit Dumbledore d'un ton ferme.
Harry n'était même pas énervé par les propos de Rogue.
A présent, Dumbledore s'était tourné vers Harry qui soutint calmement son regard.
— Harry, est-ce que tu as mis ton nom dans la Coupe de Feu ? demanda Dumbledore.
— Non, répondit Harry.
— As-tu demandé à un élève plus âgé de déposer ton nom à ta place dans la Coupe ?
— Non.
— Enfin, voyons, c'eust insenseu, Dambleudore, ce garçon ment ! s'écria Madame Maxime.
— Il n'aurait pas pu franchir la Limite d'Âge, dit sèchement le professeur McGonagall, nous sommes tous d'accord là-dessus…
Pendant que les adultes responsables se disputaient, Harry tourna la tête vers les autres champions. Fleur écoutait ce que disaient les professeurs et Viktor regardait le sol, le visage fermé. Cédric croisa le regard de Harry et le regarda d'un air interrogateur. Harry haussa les épaules d'un air d'ignorance. Cédric le regarda d'un air décontenancé.
Harry reporta son attention sur les juges. Croupton Junior entrait discrètement dans la pièce pendant que Karkaroff haussait le ton. Harry fronça les sourcils.
— Après toutes nos réunions, toutes nos négociations, tous nos compromis, je ne m'attendais pas à voir se produire une chose pareille ! Je me demande si je ne ferais pas mieux de partir tout de suite !
— Des menaces en l'air, Karkaroff, déclama l'imposteur. Votre champion doit concourir. Tous doivent concourir. Ils sont liés par un contrat magique. Pratique, non ?
Harry fixait l'imposteur. Essayant de décomposer chacun des traits de ce visage volé pour dévoiler Croupton Junior qui se cachait derrière. Mourant d'envie de l'attaquer, de le neutraliser et de montrer à tout le monde qui il était vraiment. Comment ces traits pouvaient bouger de cette façon si naturelle, sans qu'on le voie ? Comment était-il même possible que le véritable Alastor Maugrey puisse vivre une vie aussi malmenée ? Vivre toute une vie de combats contre la magie noire transformant jusqu'à son visage, enfermé dans sa propre malle pendant plus d'un an, puis finalement assassiné par un Mangemort et profané par Dolorès Ombrage… Le regard de Harry se fit plus dur. Il pouvait changer ça. Et il allait le changer. Mais pas cette fois-ci. Les choses devaient se dérouler dans l'ordre prévu.
Son regard passa du fils au père. Il réalisa qu'il n'avait jamais vraiment connu Croupton Senior. Il connaissait vaguement le déroulé de sa vie, et celle de sa femme et de son fils, mais mis à part l'avis de Sirius, que Croupton avait fait incarcérer, il ne savait pas vraiment quoi penser de l'homme en lui-même. Imbu de pouvoir, égoïste, prêt à sacrifier femme, enfant et elfe de maison pour protéger sa réputation, mais aussi prêt à tout pour combattre la magie noire. Une ordure en temps de paix mais un allié puissant en temps de guerre, somme toute.
Harry interrompit le cours de ses pensées car Croupton venait justement de bouger. Il semblait peiner à se concentrer, mais était en réalité maintenu sous Impérium par son fils.
— Oui, dit-il, les instructions. C'est ça… La première tâche…
Il s'éclaircit la gorge.
— La première tâche aura pour but de mettre votre audace à l'épreuve, poursuivit-il en s'adressant à Harry, Cédric, Fleur et Krum. Nous ne vous dirons donc pas à l'avance en quoi elle consistera. Le courage face à l'inconnu est une qualité très importante pour un sorcier… Très importante… Cette première tâche se déroulera le 24 novembre, devant les autres élèves et devant le jury. Les champions n'ont pas le droit de demander ou d'accepter une quelconque aide de leurs professeurs. Ils affronteront la première épreuve armés seulement de leur baguette magique. Lorsque la première tâche sera terminée, des informations concernant la deuxième tâche leur seront communiquées. Compte tenu du temps et de l'énergie exigés par les diverses épreuves du tournoi, les champions seront dispensés de passer les examens de fin d'année.
Il se tourna vers Dumbledore.
— Je pense que c'est tout pour le moment, n'est-ce pas, Albus ?
— Il me semble, répondit Dumbledore qui le regardait d'un air un peu inquiet. Vous êtes sûr que vous ne voulez pas coucher à Poudlard, cette nuit, Barty ?
— Non, Dumbledore, merci, je dois retourner au ministère. C'est une période très difficile, très chargée, en ce moment… J'ai laissé le jeune Wistily s'occuper du département pendant mon absence… C'est un jeune homme très enthousiaste… Et même un peu trop pour dire la vérité…
— Vous prendrez bien un verre avec nous, avant de partir ? proposa Dumbledore.
— Allons, Barty, faites donc comme moi ! Moi, je reste ! dit Verpey d'un air jovial. Tout se passe à Poudlard, maintenant, c'est beaucoup plus excitant que de retourner au bureau !
— Je ne crois pas, Ludo, répliqua Croupton d'un ton cassant.
— Professeur Karkaroff, Madame Maxime, un dernier verre avant d'aller se coucher ? dit Dumbledore.
Mais Madame Maxime avait déjà pris Fleur par les épaules et l'emmenait d'un pas vif. Harry les entendit parler à toute allure tandis qu'elles retournaient dans la Grande Salle. Karkaroff fit signe à Krum et tous deux sortirent à leur tour de la pièce, mais sans échanger un mot.
— Harry, Cédric, je vous suggère d'aller vous coucher, dit Dumbledore en leur adressant un sourire. Je suis sûr que vos camarades de Gryffondor et de Poufsouffle vous attendent pour fêter l'événement et il serait vraiment trop dommage de les priver d'une si belle occasion de faire le plus de désordre et de bruit possible.
Un silence tendu suivit ses paroles.
Harry lança un coup d'œil à Cédric qui approuva d'un signe de tête et ils sortirent ensemble de la pièce.
La Grande Salle était vide, et les dernières chandelles trouaient à peine la pénombre.
— Alors, dit Cédric en esquissant un sourire, on va de nouveau jouer l'un contre l'autre !
— Apparemment, répondit Harry laconiquement, toujours dans son rôle d'enfant choqué.
— Maintenant, dis-moi… reprit Cédric alors qu'ils atteignaient le hall d'entrée qui n'était plus éclairé que par des torches, en l'absence de la Coupe de Feu. Tu n'as vraiment pas mis ton nom dans la Coupe ?
— Non, je ne l'ai pas mis, répondit Harry, qui puisa jusqu'au fond de son talent d'acteur pour y trouver le regard perdu le plus convaincant possible. Je ne l'ai pas mis, j'ai dit la vérité, Cédric.
Cédric le regarda fixement pendant un long moment, puis parut finalement y croire.
— Bon, eh bien… bonne chance, Harry. Essaye de survivre.
Harry lui rendit une ébauche de sourire tordu, déformé par son masque de peur. Cédric s'en alla par une porte située à droite de l'escalier de marbre. Harry laissa enfin retomber sa tension, qu'il ne falsifiait qu'à moitié, en écoutant les pas de Cédric s'éloigner sur les marches en pierre.
Il prit une nouvelle grande inspiration pour se calmer, et entama la montée des marches du grand escalier de marbre. Il pensa à ce à quoi il allait devoir faire face durant l'année à venir. Les épreuves, bien sûr, mais aussi la haine des autres élèves de l'école, principalement Poufsouffle ou Serpentard,… Rita Skeeter !
Il avait failli l'oublier, celle-là. Mais il pouvait aisément faire pression sur elle en menaçant de révéler qu'elle était Animagus. Sans oublier qu'après ses mésaventures le soir de la Coupe du Monde, il suffirait de peu de choses pour lui faire perdre de son venin. C'était cruel, mais elle le méritait grandement. Non, à la réflexion, Rita Skeeter n'était pas un problème. Un souci qu'il faudrait régler, mais pas un réel obstacle. Il avait confiance. Il arriverait sans problème à sauver l'image et la réputation, non seulement de lui-même, mais aussi, si ses souvenirs étaient exacts, de Dumbledore, de Hagrid, d'une bonne partie de la famille Weasley, d'Hermione et de Viktor Krum…
Harry sourit en se rappelant de la relation qui avait uni Hermione et Victor Krum. Relation qui avait un très bon potentiel pour remettre Hermione dans les rails et pour libérer Ginny de son influence ! Harry reprit sa route d'un pas plus guilleret. Il y avait certes un risque que le temps soit trop changé pour qu'ils se remettent ensemble, mais Viktor Krum était quand même quelqu'un qui avait une influence non négligeable, et parfaitement apte à obtenir ce qu'il voulait, or, si ses souvenirs étaient exacts, c'était bien lui qui l'avait approchée et non l'inverse. Avec un peu de chance, les choses rentreraient dans l'ordre.
Harry arriva dans le couloir qui menait au tableau de la grosse dame. Sachant pertinemment qu'il arriverait dans une salle commune bondée et archi-bruyante, il fit le point sur ce qu'il devait se préparer à faire. Affronter les insultes des Poufsouffle et des Serpentard : il avait quelques idées pour discréditer ses détracteurs. S'occuper de Rita Skeeter : elle viendrait à lui en temps voulu, et il avait de toute façon l'avantage sur elle en terme de pouvoir et d'information. Régler l'affaire Hermione-Ginny : il lui faudrait certainement enquêter un peu plus, mais il avait confiance en l'aide que Viktor pouvait lui apporter. Il releva les yeux et se trouva en face de la grosse dame et de son amie Vi. Il ne la laissa même pas ouvrir la bouche.
— Fariboles.
Elle sourit et le laissa passer. L'onde sonore qui le percuta le fit vaciller, malgré ses précautions. Les Gryffondor présents dans la salle l'agrippèrent et le tirèrent à l'intérieur, l'accueillant avec force cris, applaudissements et sifflets enthousiastes.
— Pourquoi ne nous as-tu pas dit que tu avais trouvé un moyen de mettre ton nom dans la Coupe ? s'écria Fred.
— Je n'ai rien fait, répondit Harry, mon nom s'est…
Mais Angelina Johnson l'avait déjà repéré.
— Même si je ne suis pas championne, dit-elle, c'est au moins un Gryffondor.
Harry, peu enthousiaste à l'idée de subir un bon quart d'heure de harcèlement de la part de fans insupportables, esquiva Katie Bell et George Weasley et se réfugia dans l'escalier menant aux dortoirs. Il vérifia furtivement que son évasion n'avait blessé personne, et disparut dans le dortoir.
Il y retrouva Ron, assis sur son lit. Harry réfléchit très vite sur l'attitude à adopter. Il décida que la meilleure posture possible était sans doute celle de l'énervement. Il referma la porte un peu plus violemment qu'à l'accoutumée, et s'allongea sur son lit, le corps tendu, les bras derrière la tête, le regard dur posé sur le plafond. Un ange passa. Harry pensa à le rompre mais ne trouvait rien à dire.
— Ca va, Harry ? demanda finalement Ron.
Harry tourna la tête vers lui.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu n'as quand même pas mis ton nom dans la Coupe, si ?
— Non, bien sûr que non, rétorqua Harry, soulagé que Ron aie l'air de lui faire confiance. Mais apparemment ça n'a pas suffi. Il ne peut pas se passer une seule année dans ce foutu château sans que je sois obligé de risquer ma vie ! Sans compter les ennuis monstre que je risque avec les juges du tournoi ! Ça, tu peux être sûr que Dumbledore ne le laissera pas passer !
Son éclat de voix résonna dans la petite pièce. Ron continuait de le regarder.
— Excuse-moi, ajouta-t'il à l'adresse de Ron. Ce n'est pas ta faute.
— Qu'est-ce qui s'est passé, à ton avis ? répéta Ron. Quelqu'un a mis ton nom dans la Coupe ?
— C'est l'hypothèse la plus probable, oui. M… Maugrey (Harry dut se forcer à prononcer ce nom usurpé) pense que ça vient d'un Mangemort qui chercherait à m'assassiner.
Ron émit un petit soufflement de nez.
— Et alors ? Tu le prends au sérieux ?
— Dumbledore l'a pris au sérieux, lui, répondit Harry. Et puis, après l'attaque de cet été à la Coupe du Monde, je ne trouve pas ça si alarmiste, comme théorie.
Le début de sourire de Ron disparut, laissant place à l'inquiétude. Il hésita, puis se leva et s'assit sur le bord du lit de Harry. Harry pivota et s'assit à ses côtés. Ron passa un bras autour de son épaule.
— Ne t'en fais pas, on sera toujours là pour t'aider, Hermione et moi.
— M… merci, balbutia Harry, ému.
— Tu en auras sûrement besoin pendant le tournoi, ajouta Ron.
Un silence passa. Ron s'assura que Harry avait repris contenance, puis lui tapota l'épaule et regagna son lit.
— Tu devrais dormir, conseilla Ron, la journée de demain sera fatiguante.
Harry acquiesça et se mit au lit, ravi que Ron soit aussi amical.
