23 ½
Le soir de Noël
Hermione était assise entre Viktor Krum et Harry. Elle laissait éclater son sourire, mais tentait de modérer sa satisfaction, qui venait d'une part de la position de choix qu'elle occupait pendant le bal, en étant au bras d'un champion, et d'autre part en anticipation du reste de la soirée, qui s'annonçait pétillante. Mais avant ça, elle avait quelque chose de délicat à accomplir. Elle se servit un verre de vin, pour se concentrer et se donner du courage.
Après avoir reposé son verre, elle s'éclaircit la gorge pour attirer l'attention des autres convives.
— S'il vous plaît, demanda-t-elle en retirant son collier pour en séparer les boules qui y étaient accrochées. J'ai quelque chose à vous donner.
Les conversations de la table s'interrompirent et les regards étonnés se tournèrent vers elle. Pendant qu'elle leur expliquait ce qu'elle voulait faire, elle se concentrait sur les boules qu'elle distribuait : les blanches étaient pour les champions, Harry, Fleur, Viktor et Cédric, mais celles aux attaches dorées étaient pour Harry, Fleur, Viktor, Ginny et elle-même. Elle déposa avec attention chaque boule dans l'assiette correspondante, en faisant bien attention de ne pas se tromper. Elle jeta un dernier coup d'œil pour vérifier : tout était bien à sa place.
— Voilà, ajouta-t-elle avec un sourire de soulagement. Maintenant c'est le partage qui compte, vous pouvez les laisser dans vos assiettes, elles n'ont aucune utilité particulière.
Hermione sentit sa respiration se calmer un peu tandis qu'elle participait au toast à elle-même qu'avait lancé Dumbledore. Elle était parfois satisfaite d'être le centre de l'attention, mais c'était quand même un peu stressant.
Son stratagème était en fait assez simple : la couleur des boules n'avait pas d'importance. Elle avait décidé de faire une différence blanc/argenté en fonction des champions et de leurs partenaires uniquement comme un leurre, pour détourner l'attention d'un autre aspect inconstant des boules : leur attache. Les boules à attache dorée laisseraient tomber de leurs paillettes dans les assiettes où elles étaient déposées, alors que les autres ne le feraient pas. Avant d'aller chercher Viktor au bâteau des Durmstrang, elle était passée par les cuisines pour demander aux elfes de verser un aphrodisiaque, qu'elle leur avait confié, dans les verres des assiettes marquées par les paillettes. Il ne lui restait donc plus qu'à faire en sorte que chacun boive dans son verre une fois que le dessert serait servi.
Elle avait hésité à simplement mélanger l'aphrodisiaque à du vin, mais entre le fait d'arriver avec une bouteille au Bal de Noël, la difficulté de n'en donner qu'à ceux qu'elle voulait cibler, et le risque de se faire prendre par Dumbledore… Elle n'avait pas prévu que Maugrey aussi serait à leur table, ce qui n'arrangeait rien étant donnés sa paranoïa et sa peur des complots.
Elle lança quelques toasts pendant la suite du repas, et accompagna ses voisins de bon cœur. Son propre verre contenait de la même potion que ceux des autres - ce n'était que justice. Une fois qu'elle se fut assurée que toutes ses cibles aient bu dans leur verre, elle eut bien du mal à contenir son excitation à l'idée de la nuit qui l'attendait.
Plus tard dans la soirée, après avoir voltigé avec Krum pendant plusieurs morceaux, elle commença à réellement avoir du mal à rester concentrée. La potion lui faisait de l'effet, peut-être en partie par effet placebo. Elle pouvait en contenir ou en déclencher les effets avec sa baguette magique, mais elle décida de sauter le pas.
À la fin du morceau, elle entraîna Viktor par le bras vers la sortie de la salle donnant sur le parc de Poudlard. Il la suivit sans objection. Elle jeta un coup d'œil à Harry, Ron et Ginny en traversant la salle. Ils n'avaient pas l'air d'avoir de problème avec la potion, bien.
Viktor et Hermione s'arrêtèrent sur le pas de la porte, sentant l'air vivifiant de la nuit d'hiver, qui contrastait avec l'atmosphère plus étouffante de l'intérieur. Hermione prit une grande inspiration.
— Qu'est-ce qu'il y a, Herrrmione ? demanda Viktor. Pourrrquoi tu as voulu qu'on sorrrte ?
— Tu vas voir, lui répondit-elle.
Elle le reprit par la main et l'emmena à travers le dédale de haies et de statues. Il paraissait résigné et un peu ennuyé. Elle s'arrêta devant une statue de faune, isolée entre deux massifs de fleurs occultant le regard, et se retourna vers lui.
— Je voulais qu'on se détende un peu, lui dit-elle, et qu'on sorte de cette salle où tout le monde a les yeux sur nous. J'imagine que tu dois être aussi stressé que moi de ce qui va se passer ce soir…
Viktor acquiesça en soupirant. Hermione sourit.
— Très bien, alors il va falloir te détendre. Viens par là.
Elle descendit les mains entre les jambes de Viktor et commença à défaire son pantalon. Il écarquilla les yeux.
— Tu veux… balbutia-t-il. Maintenant, nous deux ? Pas ici !
Il lui attrapa les poignets en regardant aux alentours. Il l'entraîna derrière les massifs de fleurs, à l'abri des regards de passants indiscrets. Il l'embrassa, et posa les mains sur ses fesses. Hermione lui sourit, et le poussa pour l'adosser à la statue. Elle s'agenouilla devant lui et mit un genou en terre, en faisant attention de ne pas tacher sa robe, et finit de déboutonner son pantalon, sortant son sexe déjà durci, sentant sa chaleur devant son propre visage. Elle était d'humeur à expérimenter des choses nouvelles, cette nuit.
Hermione inspira profondément pour calmer sa respiration. Viktor venait de relâcher ses hanches. Ses bras tremblèrent, mais elle se concentra pour ne pas s'affaisser par terre. Elle se releva, et s'épousseta les genoux et les paumes en vérifiant que sa robe ne soit pas tachée par l'herbe ou la terre. Elle constata avec satisfaction qu'elle était intacte. Elle grimaça en sentant sa bouche pâteuse et sa mâchoire ankylosée.
— Va te promener, dit Hermione à Viktor tout en remettant sa culotte. Tu as besoin de récupérer, de reprendre des forces avant de voir Harry. Va prendre l'air.
Viktor hocha la tête. Lui n'était pas essoufflé, toute bête de muscles qu'il était, mais Hermione savait que les sexes masculins avaient besoin d'une période de repos… pour l'avoir expérimenté elle-même.
Viktor finissait de remettre son pantalon. Après l'avoir assuré qu'elle le retrouverait plus tard dans la soirée, elle reprit le chemin du château. À la perspective de ce qu'elle allait faire, vu ce qui venait de se passer, elle se sentait pousser des ailes. Elle était en pleine forme.
Après un rapide détour aux toilettes où elle se rinça la bouche, Hermione se dirigea vers la Grande Salle, et jeta un coup d'œil à travers la porte. Elle repéra Ron et Fleur, puis Harry et Ginny. Les deux couples étaient toujours en train de danser, dans des parties différentes de la salle. Hermione espéra pour eux qu'ils avaient fait une pause entre-temps. Elle leva sa baguette, en vérifiant que personne ne la regardait, et la pointa sur Fleur.
En fait, elle avait un peu menti à Harry précédemment : le philtre d'amour que Fleur avait bu n'avait pas été encodé sur Ron. Seul le sortilège que Hermione lui avait ensuite lancé l'était. Sortilège qu'Hermione venait maintenant de temporairement détourner à son profit.
Hermione abaissa sa baguette. Profitant de la fin de la chanson, elle traversa la salle en direction de Harry et Ginny.
— Désolée ! dit-elle en les interrompant. Je ne vais pas vous déranger longtemps, Ginny, je peux te parler une minute, s'il te plaît ?
Harry lâcha les mains de Ginny, et elle suivit Hermione dans une zone moins peuplée de la salle.
— Ginny ? J'ai une petite surprise pour toi. Je vais aller dans le parc avec quelqu'un, et dans pas trop longtemps tu vas venir me rejoindre, d'accord ?
— Quelqu'un ? demanda Ginny avec un sourire en coin. Tu vas faire l'amour avec Harry, c'est ça ?
— Alors… oui, mais plus tard, répondit Hermione avec le même sourire. La surprise, c'est quelqu'un d'autre.
Elle observa avec satisfaction l'air étonné de Ginny. Elle se pencha pour lui chuchoter à l'oreille.
— Je pense que tu vas passer un Noël à la hauteur de ton anniversaire.
Hermione se redressa, et vit Ginny rouge comme une pivoine, qui la regardait d'un air très surpris. Hermione mourait d'envie de l'embrasser sur l'instant, mais se retint à cause de la foule qui les entourait.
— Rejoins-moi dehors un peu plus tard, d'accord ? se contenta-t-elle de lui rappeler.
Ginny hocha la tête et la regarda tourner les talons. Une fois dépassé l'ouverture de la porte qui donnait sur le parc, Hermione revint discrètement observer l'intérieur de la salle. Fleur ne dansait plus. Elle disait quelque chose à Ron en lui faisant signe de l'attendre dans la salle, puis elle se dirigea à grandes enjambées vers la sortie. Hermione sourit, et se détourna, en se dirigeant vers le labyrinthe de haies.
Fleur la rattrapa, le souffle court. Elle saisit Hermione par le bras et s'interrompit, le temps de reprendre sa respiration. Elle avait l'air préoccupé. Hermione prit un air étonné. Fleur l'entraîna plus loin de l'entrée de Poudlard, pendant qu'elle cherchait son souffle.
Hermione la suivit, amusée. Elles arrivèrent à une ouverture donnant sur une fontaine où des dauphins sculptés s'aspergeaient silencieusement. Fleur se retourna vers Hermione, visiblement préoccupée. Elle la regardait, mais ne savait pas quoi dire.
Hermione croyait comprendre ce qui lui arrivait : elle qui avait tant l'habitude d'attirer les autres, et de se faire aborder, elle était désarmée quand il s'agissait d'aller elle-même aborder quelqu'un par qui elle était attirée.
Hermione lui simplifia la tâche. Elle se rapprocha de Fleur.
— Ça va ? demanda-t-elle pour la rassurer. C'est compliqué, de devoir tout le temps parler dans une autre langue que la tienne ?
Fleur hocha la tête, satisfaite de pouvoir utiliser cette excuse pour expliquer sa gêne.
— Oui… Je, heu… je t'ai vue, tout à l'heure, dans la salle de bal, et je… Enfin, je ne sais pas, on s'était peut-être déjà vues avant, mais je…
Hermione sourit. C'était donc ça, les effets de la potion, vus de l'intérieur.
— Oui, on s'est vus à la table des champions, répondit-elle. On a mangé ensemble. Mais on n'a pas vraiment eu l'occasion de discuter.
Hermione éclata d'un rire cristallin, sachant que ça ferait craquer Fleur. Et en effet, elle la vit se mordre la lèvre. Fleur sembla prendre une décision, puis fit un pas, toujours hésitant, pour se rapprocher d'Hermione.
Hermione décida de ne pas attendre plus longtemps. Elle fit un autre pas en avant et embrassa Fleur sur les lèvres. Elle la sentit fondre sous son contact, puis se ressaisir et passer les mains dans son dos. Hermione caressa la robe de Fleur, agrippant ses fesses. Fleur se raidit, puis en fit de même, en embrassant son cou.
Hermione sourit et se dégagea doucement. Sans dire un mot, elle entraîna Fleur derrière une sirène de pierre qui était allongée sur son socle, derrière elles. Une fois à l'abri des regards des éventuels promeneurs, Hermione lâcha la main de Fleur, s'assit sur le rebord du socle de la statue, et releva sa robe pour retirer sa culotte, qu'elle jeta par terre du bout du pied, en sa direction. Toujours assise, en regardant Fleur, elle écarta ostensiblement les jambes.
Fleur se mordit une nouvelle fois la lèvre et céda immédiatement. Elle se mit à genoux, dans la même position qu'Hermione plus tôt dans la soirée, et nicha avec ferveur la tête entre ses cuisses.
Fleur venait à peine de finir de s'occuper d'Hermione, et commençait à dégrafer sa propre robe, quand Ginny arriva enfin pour les rejoindre. Fleur eut initialement un mouvement de recul, mais Hermione n'en tint pas compte. Elle se tourna vers Ginny, qui les regardait en se mordant les lèvres, l'air à la fois amusé, admiratif et excité.
— Hmm… je venais te dire que Harry est sorti, commença Ginny. Il est dans le parc.
Elle expliqua à Hermione où elle pouvait le retrouver. Hermione hocha la tête. D'un coup de baguette, elle calma Fleur qui commençait à se rhabiller d'une manière plutôt frénétique face à une inconnue, et qui commença au contraire à regarder Ginny du même regard qu'à Ron puis à Hermione.
— Je vais le retrouver, dit Hermione à l'attention de Ginny. On peut se retrouver pour dormir dans mon dortoir, cette nuit ?
Ginny hocha la tête.
— En attendant, amuse-toi avec elle, ajouta Hermione en montrant Fleur. Tu la ramène à son Carrosse quand vous avez fini, d'accord ? Je ne pense pas qu'elle sera dans un super état…
Ginny hocha de nouveau la tête puis se détourna vers Fleur. Elle se pencha vers elle, et l'embrassa sur la bouche. Hermione sourit et pointa à nouveau sa baguette sur Fleur, en faisant en sorte que ses souvenirs d'elles deux se soient brouillés au matin. Elle avait bien appris de Gilderoy Lockhart.
Puis, sans perdre plus de temps, elle prit le chemin de l'endroit que lui avait indiqué Ginny. Elle se félicita d'avoir gardé une nouvelle fois sa robe en très bon état. Tout en vérifiant que le socle de la statue n'avait pas fait de pli sur ses fesses, elle se rendit compte que sa culotte était restée avec Ginny et Fleur, par terre. Elle pesta silencieusement, mais décida de ne pas perdre plus de temps à retourner la chercher.
Hermione arriva enfin en vue de la statue de renne que Ginny lui avait indiqué. Décidément, j'en aurai vu, des statues, ce soir ! se dit-elle en s'approchant. Elle aperçut Harry, accroupi dans l'ombre derrière la statue, au moment où il lui fit un grand signe pour lui dire de ne pas s'avancer plus près. Elle s'arrêta et le laissa arriver vers elle.
— Viens plutôt par ici, chuchota Harry en la prenant par le bras sur le chemin d'où elle venait. Il y a… plein de monde, près de cette fontaine.
Hermione fut amusée et surprise de sa gêne, et du fait que malgré tout ce qu'elle avait prévu et planifié pendant cette soirée, elle en ignorait tout de même la cause. Harry finit par s'arrêter devant un massif de roses.
— Alors ? demanda-t-il. Tu me cherchais ?
Hermione hocha la tête, sans le quitter des yeux. Elle décida que lui n'aurait pas besoin d'être persuadé. Elle serait simplement honnête. Elle posa doucement les mains sur son torse et sur son cou.
— Oui, je te cherchais, dit-elle d'un ton plein de sous-entendus. Ça fait un peu de temps qu'on ne s'est pas vus, tous les deux, non ?
Sans vraiment attendre sa réponse, elle passa les bras derrière sa nuque et l'embrassa à pleine bouche puis, en constatant qu'il se laissait faire, le prit par la main pour passer derrière une énième statue.
Hermione plaqua Harry contre l'arrière de la statue et déboutonna ses vêtements, en l'embrassant dans le cou pour ne pas qu'il s'ennuie. Elle avait l'impression de jouer avec ses poupées, ce soir. Et elle adorait ça.
Harry la prit au dépourvu en la poussant en arrière dans l'herbe. Elle gloussa d'envie en le voyant déboutonner son pantalon et relever sa robe. Elle écarta un peu plus les jambes, et le laissa rentrer avec un gémissement.
Hermione ouvrit la chemise de Harry, et racla ses ongles contre ses pectoraux. Au rythme de ses coups de reins, elle croisa les jambes derrière son dos pour le faire pénétrer encore plus loin. Elle en avait le souffle coupé. Elle sentait que lui aussi n'était pas indifférent aux émotions de la nuit, d'une manière qui ne lui semblait pas habituelle. L'euphorisant produisait visiblement son petit effet, et ses mouvements semblaient gagner en énergie.
Hermione sentit sa robe se froisser contre l'herbe alors que Harry redoublait d'efforts. Elle n'y fit pas attention, et l'attira toujours plus près d'elle, à la fois pour son plaisir et pour mener à bien son plan. Au moment où son bassin commençait à fourmiller d'extase, elle ne perdit pas de temps et attrapa la flasque à vaporisateur qu'elle avait rangé dans l'intérieur de sa jupe, avant de s'en imprégner les poignets. Alors qu'elle sentait Harry s'achever en elle, elle prit son visage entre ses mains, plaçant astucieusement ses poignets sous son nez, et l'embrassa profondément en se laissant aller à l'orgasme.
Hermione sentit les muscles de Harry se dénouer alors qu'il se laissait tomber sur le côté. Elle prit quelques respirations pour se calmer, puis se releva et épousseta sa robe du plat de la main, tentant de la rendre présentable, mais sans grand succès. Une bretelle était quasi arrachée, et l'herbe avait sûrement maculé l'arrière de la robe de taches vertes et marron. Elle soupira.
Harry fit un mouvement pour se relever, mais Hermione se précipita juste à temps pour le retenir quand il manqua de s'étaler par terre. Il était chancelant, visiblement l'effet de la seconde potion se faisaient sentir… Peut-être avait-elle un peu forcé la dose ?
Elle passa le bras de Harry derrière ses épaules et le soutint clopin-clopant vers le chemin, où elle l'aida à se rasseoir par terre, adossé au socle de la statue. Elle lui sourit, lui conseilla de se reposer et l'embrassa une dernière fois avant de s'éloigner. Ses pensées étaient déjà à la prochaine étape. Harry était en parfait état, il ne bougerait pas de là, et il fallait maintenant qu'elle retrouve Viktor.
En avançant dans la nuit fraîche, elle se rendit compte qu'en plus de sa bretelle, une seconde déchirure de sa robe dévoilait presque entièrement sa fesse gauche. Elle se couvrit tant bien que mal en arrangeant le tissu, et pria pour ne pas tomber sur un inconnu dans une zone trop éclairée.
Après avoir erré au hasard dans le dédale de haies, au détour d'une allée, elle trouva enfin celui qu'elle cherchait.
— Viktor ! appela-t-elle.
Il se retourna et avança vers elle.
— Alorrrs ?
— Il est tout prêt pour toi. Viens voir, il est par là-bas.
Ils se dirigèrent vers l'endroit où elle avait laissé Harry, mais Viktor l'arrêta en la prenant par l'épaule.
— Attend, l'arrêta-t-il, tu as quelque chose, là.
Il sortit sa baguette, et la passa contre la déchirure de la robe sur la fesse d'Hermione. A son grand émerveillement, la déchirure disparut jusqu'au moindre accroc. Il répara ensuite d'un coup de baguette la bretelle qui s'était détachée.
— Voila, aprrrès pourrr nettoyer…
— Ça ira très bien ! l'interrompit Hermione avec gratitude en l'embrassant sur la joue. Je le ferai moi-même. Allez, viens, ne le faisons pas attendre.
Ils se cachèrent dans un buisson pour observer Harry à une certaine distance. Toujours adossé contre sa statue, il dodelinait de la tête, semblant marmonner des choses sans queue ni tête. Hermione murmura Récurvite ! et fit passer sa baguette en aveugle contre le dos de sa robe, espérant que les taches disparaîtraient au moins en partie.
— C'est bon, tu es prêt ? demanda-t-elle à Viktor.
— Je ne sais pas… comment je m'y prrrend, qu'est-ce que je lui dis ?
Viktor avait visiblement un peu le trac.
— Peu importe ce que tu lui dis, écarta Hermione, je ne suis même pas sûre qu'il soit encore en état de comprendre l'anglais, de toute façon. Il doit être super excité, touche un peu son torse, embrasse-le, et puis ça marchera tout seul, il te sautera au cou…
Viktor sourit en se mordant les lèvres. Il avait l'air encore hésitant, pris en étau entre son trac et son excitation. Hermione le poussa par l'épaule.
— Allez, vas-y ! l'encouragea-t-elle. Deux champions du Tournoi des Trois Sorciers qui couchent ensemble, ça ne se rate pas comme occasion !
Viktor rit et se décida à y aller. Hermione sourit. Elle le regarda avancer sur le chemin. Harry parut l'entendre, et il dodelina de la tête un peu plus brusquement qu'avant. Il avait l'air particulièrement pataud, et Hermione se demanda à quel point il était conscient du monde qui l'entourait. Elle espérait qu'il comprendrait suffisamment ce qui lui arrivait.
Viktor s'accroupit devant Harry. Il semblait lui dire quelque chose, auquel Harry ne répondait pas. Après quelques secondes, Viktor commença à passer la main contre le torse de Harry, d'abord sur la chemise, avant de la déboutonner et de passer les mains à l'intérieur.
Hermione se mordit les lèvres. En repensant à ce qu'elle avait dit à Viktor, elle se fit la réflexion qu'en une seule nuit, à elle seule, elle avait fait l'amour à trois champions du Tournoi des Trois Sorciers. Elle était probablement la première de l'histoire du Tournoi. Ca devait être une sorte de record. Elle remarqua aussi que Cédric Diggory était le seul des quatre champion à ne pas avoir eu de rapport homosexuel cette nuit-là. Hermione pouffa de rire et revint au moment présent.
Viktor avait apparemment sorti le sexe de Harry, et l'aidait à se relever. Il le portait derrière la statue, ce qui les menait en-dehors du champ de vision d'Hermione. Elle sortit aussitôt du buisson et se faufila derrière les haies, en direction de la lisière de la forêt interdite, où elle pourrait les voir sans les déranger. Elle courut silencieusement vers la forêt sans quitter les deux amoureux du regard. Il lui sembla que Harry disait quelque chose à Viktor. Bien, il est conscient, se dit-elle. Elle se cacha derrière un gros arbre et continua de les observer de loin.
Viktor avait laissé Harry tomber à quatre pattes. Hermione le regarda défaire son pantalon, déballer son sexe dressé vers le ciel, et s'installer derrière Harry. En regardant les deux silhouette n'en former qu'une, éclairée par la seule lumière de la lune, elle ne résista pas, dans l'obscurité de la forêt naissante, elle passa la main sous sa robe. Voir ses deux champions musclés se grimper l'un sur l'autre, après qu'ils soient tous les deux venus en elle pendant la même soirée, lui faisait un effet fou.
Ils restèrent l'un sur l'autre encore pendant quelques minutes, dont Hermione ne perdit pas une miette, avant que Viktor ne s'affaisse en avant et que Harry roule sur le côté. Hermione épousseta sa robe pour la dernière fois de la soirée, et se dirigea précautionneusement vers les deux garçons. Viktor commençait déjà à se relever et à remettre son pantalon. Il se pencha une dernière fois vers Harry, sans doute pour lui dire au revoir, puis tourna les talons vers les buissons où il avait laissé Hermione pour la dernière fois.
Hermione leva sa baguette en sa direction et murmura Lumos! Viktor tourna la tête vers elle, surpris, et vint la rejoindre. Ils se croisèrent sous le clair de lune.
— Merrrci ! chuchota Viktor, visiblement ému. Je… je ne sais pas comment rrremerrrcier…
Hermione lui sourit.
— Pas de quoi, lui répondit-elle. Je dois m'occuper de lui maintenant, mais on se reparle demain, d'accord ?
Viktor hocha vigoureusement la tête. Il paraissait sur le point d'ajouter quelque chose pour lui exprimer sa gratitude, mais il lui obéit et esquissa un geste d'au revoir avant de prendre la direction du bâteau de Durmstrang.
Hermione secoua la tête, toute guillerette d'avoir passé une si bonne soirée et d'avoir rendu Viktor si visiblement heureux. Elle s'arrêta à côté de Harry et l'examina, penchée sur lui. Il était étalé dans l'herbe sur le flanc, et il avait encore son pantalon aux genoux. Hermione remarqua d'ailleurs qu'il avait pris sa part du plaisir qu'il avait partagé avec Viktor. Elle sourit avec satisfaction et se mit à genoux pour commencer à le rhabiller. Il ouvrit les yeux alors qu'elle époussetait tant bien que mal sa tenue de soirée. Elle lui sourit d'un air aussi rassurant que possible, et l'aida à s'appuyer sur ses épaules pour le remettre debout.
Son poids fut une épreuve, surtout dans l'état quasi-comateux dans lequel il était, mais heureusement, ils ne croisèrent que très peu de personnes à cette heure avancée de la nuit, et il était très peu probable que le peu d'élèves qu'ils croisèrent s'en rappelleraient le lendemain matin. Après une éternité à grimper péniblement les différents escaliers menant du hall d'entrée à la salle commune de Gryffondor, puis ceux menant au dortoir des garçons, elle laissa Harry s'écrouler dans son lit à baldaquin. Il bougea faiblement pendant qu'elle lui retirait à nouveau ses vêtements - admirant au passage le corps qu'elle avait déjà essayé, à plus d'un titre - et qu'elle étendait sa couette par-dessus lui. Elle poussa un soupir de soulagement. L'effort était enfin terminé. Ç'avait été une épreuve, mais elle lui devait bien ça.
Hermione descendit lentement les marches vers la salle commune, puis monta encore plus lentement celles qui menaient à son dortoir, en sentant la morsure des courbatures qui se réveillaient en elle. Elle arriva à son baldaquin presque à bout de souffle. En écartant le rideau, elle découvrit Ginny qui l'attendait, réveillée, sous la couette.
— Eh bien ! chuchota Ginny. Enfin ! Vous en avez fait, des choses, tous les deux !
Hermione sourit et se déshabilla rapidement, amusée que Ginny croie qu'elle avait passé tout ce temps avec Harry. Elle vérifia en quelques coups d'œil qu'aucune des autres filles du dortoir ne pouvaient les entendre : toutes dormaient profondément. Hermione se glissa sous la couette et rabattit les rideaux derrière elle.
— Désolée, s'excusa Hermione, mais on ne va pas faire l'amour ce soir, je suis écroulée de fatigue.
Ginny hocha la tête. Elle n'avait pas l'air d'en avoir particulièrement envie, de toute façon.
— Alors ? demanda Hermione. Fleur ?
Ginny se mordit les lèvres avant de lui chuchoter en grands détails, des étoiles dans les yeux, tout ce qu'elle avait expérimenté ce soir-là. Elle était visiblement envoûtée, sous le charme de la Vélane-championne qui lui avait été offerte sans préavis. Elle décrivit avec tant de détails son corps et ses cheveux divins qu'Hermione se demanda presque si Ginny n'était pas tombée amoureuse.
— Mais bon, conclut Ginny, c'était juste une aventure d'une seule fois. C'est ce qui l'a rendue si géniale, je pense. En tout cas, je ne risque pas d'oublier cette nuit.
— Eh oui, répondit Hermione, on lui est passées dessus toutes les deux, pour la seule fois et meilleure fois de notre existence !
Ginny pouffa de rire, et cogna fièrement son poing contre celui d'Hermione.
— Mon seul regret, ajouta Hermione, c'est de ne pas avoir trouvé le temps d'être avec vous deux à la fois.
Ginny haussa les épaules, compatissant avec son amie.
— Mais bon, tempéra Hermione, j'ai quand même couché avec Viktor, ce soir, donc c'est pas si mal…
Ginny haussa les sourcils.
— Avec Viktor ? s'étonna-t-elle. Eh bien, tu as eu une soirée chargée…
— Oui, renchérit Hermione avec un sourire coquin. Et puis…
Quand Hermione lui chuchota ce qu'elle avait fait avec Viktor, Ginny ouvrit grand les yeux et laissa échapper un gloussement si bruyant qu'Hermione s'inquiéta que certaines de ses voisines ne se réveillent.
— Chut, Ginny ! Tu vas réveiller tout le monde !
Ginny mit les mains devant sa bouche pour camoufler tant bien que mal son fou rire.
— Tu… tu as pris sa… hoqueta-t'elle en chuchotant.
— Oui, concéda Hermione en laissant échapper un sourire de fierté. C'était la première fois, et je crois que je m'en suis bien sortie.
Elles ne se couchèrent pour dormir qu'après qu'Hermione ait raconté en détails la première partie de sa soirée avec le champion de Durmstrang, et qu'elle ait fait part à Ginny - pour sa plus grande hilarité silencieuse - du record de champions qu'elle pensait avoir battu.
Allongée en cuillère contre Ginny, dont la respiration s'était assez vite ralentie pour parvenir au rythme lent du sommeil, Hermione pensait. Toutes les émotions, toutes les expériences qu'elle avait vécu cette nuit-là lui repassaient devant les yeux.
Elle devrait se justifier devant Harry le lendemain, elle s'en doutait. Il avait consenti et apprécié son escapade avec Viktor, mais il risquait d'être au moins un peu chamboulé au matin, en récapitulant sa soirée de la veille.
Elle avait pris la décision réfléchie de ne pas révéler à Ginny ce qui s'était passé à la fin de la soirée. Elle aimait Ginny, mais la vie privée de Harry - et de Viktor - était importante, et leurs réputations aussi. De toute façon, Harry serait assez grand pour le dire à Ginny lui-même.
Elle finit par s'endormir, satisfaite de sa soirée, consciente de ce qu'elle avait accompli, heureuse d'avoir réalisé et même dépassé ses envies les plus folles.
