Le couple se précipita pour voir ce qu'il se passait.
-Des mages noirs sont apparus au sous-sol, là où sont détenus le duc et ses complices ! S'écria Léonie
-Mais une barrière magique empêche les soldats d'intervenir. Ajouta Hilda.
Là où étaient les cages, se tenaient trois mages noirs entourés d'une barrière magique. Le duc était menacé avec un couteau sous la gorge ainsi que ses complices.
-Oh ! Votre Altesse ! Fit un mage noir dont le visage était caché par une capuche. Êtes-vous venue pour sauver le duc ?
-Qui êtes-vous ? Demanda Cyri.
-Nous sommes juste les serviteurs d'une juste cause…
-Une juste cause ? Intervint Claude.
-Leisterien vous êtes bien curieux… Apprenez à être patient, vous saurez tout en temps voulu. En attendant, il serait regrettable que le duc dévoile ce qu'il sait…
Et d'un coup net, le mage trancha la gorge de son prisonnier qui tomba dans son propre sang, ses complices eurent la même fin cruelle. Cyri courut vers la barrière magique qui la fit reculer violemment.
« Quel magnifique regard que vous avez là votre Altesse, il est dommage que je doive vous quitter mais ce n'est que partie remise… »
Un portail apparut derrière les mages qu'ils empruntèrent faisant disparaître la barrière magique. Le capitaine Alois accourut vers les corps et conforma leurs morts.
-C'est de la triche s'ils utilisent des portails… rala Hilda
-Je croyais que c'était une magie oubliée. Dit le capitaine.
-Utiliser des hommes pour invoquer un monstre est aussi une magie oubliée. fit remarquer Claude.
-A cause d'eux, les habitants de Gideon ne pourront pas avoir justice…
Tous se retournèrent vers la Princesse qui regardait le sol les poings fermés.
-Si je peux me permettre votre Altesse, ils voulaient surtout le voir mort… Ce qui est chose faite… relativisa Alois.
-Mais est-ce vraiment la solution ? Il n'a pas pu répondre de ses actes… Je vais aller annoncer la nouvelle…
-Claude, tu devrais la suivre, elle a l'air d'être épuisée, j'ai peur qu'elle s'effondre. Conseilla Hilda. Nous allons nous occuper du reste.
-Des mages noirs… Ont tué le duc… fit une femme toute tremblante.
-Il a eu ce qu'il méritait ce salaud ! S'écria un homme avec une moustache.
-Mais… Ne vouliez-vous pas qu'il s'excuse ? S'étonna Cyri.
-Parce que vous croyez qu'il l'aurait fait votre Altesse ? Réjouissez-vous, il ne tuera plus personne. Répondit un vieil homme.
Cyri n'était pas satisfaite, elle aurait voulu qu'il émette des remords, qu'il dévoile tout ce qu'il savait sur les mages noirs, qu'il pleure les hommes qu'il a tué plutôt que sa fille.
-Votre Altesse, qu'allons-nous faire des corps qui ne peuvent pas être identifiés ? Demanda un soldat.
-Enterrez-les avec dignité dans le cimetière, et faites faire une stèle avec les noms des personnes disparues, cela permettra aux familles de se recueillir. Intervint Claude. Est-il possible que la Princesse se repose dans une chambre à l'auberge ?
-Non Claude, il y a encore beaucoup de choses à régler, je ne peux pas me reposer si tout le monde travaille !
-Cyri, vous êtes épuisée, vous tenez à peine debout… Les ordres ont été donnés, prenez le temps de reprendre des forces. Fit-il d'une voix douce.
Il lui prit alors la main et la força à suivre l'aubergiste. Une fois dans la chambre, il poussa sa fiancée sur le lit et lui enleva ses bottes et sa cape.
-Mais que faites-vous ? C'est gênant ! Rala Cyri en rougissant.
-Regardez-vous, vous êtes tellement exténuée que vous n'arrivez même pas à me repousser. Plaisanta son fiancé.
Claude s'assit ensuite sur le lit et la fit glisser sur lui. Évidemment, elle protesta mais elle n'arriva pas à le rejeter physiquement tellement les forces lui manquaient. Il entoura ses bras autour d'elle et soupira d'aise.
-Comment pouvez-vous être aussi serein après ce qu'il s'est passé ?
-Je ne le suis pas Cyri… J'essaye juste de prendre du recul, vous devriez en faire autant.
-Je n'y arrive pas… En tout cas, pas maintenant.
-Alors profitez-en pour vous reposer. De toute façon, je n'ai pas l'intention de vous lâcher.
La Princesse se résigna à écouter son fiancé et se blottit un peu plus contre lui. Elle s'étonna à apprécier les battements de cœur de Claude et doucement elle se mit à lui caresser le torse du bout des doigts. Sentant les battements de cœur s'accélérer, elle leva son visage vers le jeune homme qui tentait de cacher vainement ses joues rouges. Elle essaya de se retirer de l'étreinte de son fiancé en s'excusant mais celui-ci l'en empêcha et replaça sa main sur son cœur.
Quand les doigts de la jeune femme avaient effleuré la peau de Claude, il eut l'impression que son cœur allait sortir de sa poitrine. Il avait l'habitude de contrôler son attitude, ses gestes et ses paroles mais avec Cyri il lui était difficile de garder son calme. Cela l'agaçait autant que ça l'intriguait, comment une femme qu'il n'a que peu cotoyer pouvait lui faire cet effet ?
Appréciant le contact de l'un et de l'autre, le couple s'endormit doucement.
Cyri fut réveillée par un rayon de soleil qui lui chatouillait le visage. Elle bougea délicatement les bras de son fiancée et caressa ses cheveux.
« Merci Claude... » lui chuchota-t-il à son oreille avant de se remettre ses bottes et sa cape.
Elle descendit ensuite les escaliers qui menaient dans la grande salle à manger de l'auberge. La dizaine de soldats et le capitaine s'y étaient réfugiés après la longue nuit qu'ils ont eu, tous dormaient paisiblement, certains en ronflant, d'autres affalés sur la table voir à même le sol, ne voyant pas Hilda et Léonie, elle dit qu'elles ont du négocier pour une chambre avec un lit.
Quand elle sortit le froid matinal la saisit, s'enroulant dans sa cape et elle se dirigea vers le cimetière. Il devait être encore tôt, le soleil était bas dans le ciel et la ville était parfaitement silencieuse.
« Vous allez enfin pouvoir reposer en paix… Je suis désolée, je n'ai pas pu vous protéger du duc et de ces mages... » fit la Princesse devant les tombes fraîches.
Lorsqu'elle retourna vers l'auberge, Claude était déjà dehors en train de s'étirer. Ses cheveux tombaient devant ses yeux, Cyri sentit son visage chauffer à la vue de son sourire radieux.
-Bonjour Cyri, dit-il en lui laissant un baiser sur sa main, je me suis inquiété en ne vous voyant pas dans mes bras à mon réveil.
-J'ai rendu hommage aux personnes enterrées cette nuit au cimetière. Expliqua sa fiancée en essayant de cacher ses joues rougies.
-Vous avez meilleure mine qu'hier, cela fait plaisir à voir.
-Il faut dire que j'ai eu droit à un oreiller extrêmement confortable… dit Cyri avec des yeux taquins.
-Je peux vous servir d'oreiller autant de fois que vous le voudrez Cyri… Et je vous laisserai me toucher le torse si cela vous aide à vous endormir…
L'image de la main de la jeune femme glissant doucement sous sa chemise lui revint à l'esprit, le rouge lui monta au visage, il jeta un regard à sa fiancée qui elle aussi avait du mal à cacher son embarras.
-Et si nous rentrions prendre un petit-déjeuner. Proposa-t-il pour changer de sujet
-Votre Altesse ! Vous êtes déjà réveillée ? S'étonna le capitaine Alois en envoyant le couple entrer dans l'auberge. Tout le monde debout ! Il est l'heure de rentrer !
-Laissez-leur le temps, et puis nous pensions manger un peu avant de prendre la route…
-Vous avez raison votre Altesse, ce n'est pas bon de rester le ventre vide trop longtemps ! Les gars ! Prenez votre temps ! On va casser la croûte avant de partir !
Malgré l'enthousiasme du capitaine, l'ambiance était un peu morose. Cyri se racla la gorge et se leva.
-Je… Je voulais vous remercier pour ce qui s'est passé hier, cela n'a pas été facile pour tout le monde et pourtant vous avez été présents jusqu'au bout. Je vous promets que mon père n'oubliera pas votre investissement. Déclara-t-elle
-Pas la peine de nous remercier, c'est notre boulot m'dam ! S'écria un jeune soldat.
-On dit votre Altesse ! Imbécile ! Corrigea son ami.
-Pardon m'dam votre Altesse !
-Votre Altesse, vous êtes embarrassée parce que vous avez dormi pendant que nous bossions ? S'étonna le capitaine. Comme si nous allions vous laisser faire le sale boulot…
-Vous n'allez pas bouder pour ça Cyri… plaisanta Claude en voyant sa fiancée contrariée.
-Je veux juste être utile… dit-elle avec une petite voix.
Claude ne put s'empêcher de rire en lui tapotant la tête, celle-ci rala en lui rappelant qu'elle n'était pas un chien.
...
La troupe fut de retour au château plus tard dans la matinée. Le Roi convoqua sa fille et Claude dans son bureau pour lui faire un rapport.
-La situation était plus grave que je ne l'aurais pensé… Même si le duc est mort, avons-nous réussi à apprendre des choses sur ces mages noirs ?
-Il semblerait qu'ils aient besoin d'une grande surface avec un cercle d'invocation. Expliqua Claude. J'ai reporté les symboles sur ce papier.
-Je vais demander aux historiens de faire des recherches. Cyri, tu devrais aller voir ta mère au terrain d'entraînement, cela lui fera plaisir. Claude, je dois vous parler.
Le couple se jeta un regard inquiet mais la Princesse s'exécuta.
-Je suppose que vous êtes déjà au courant du danger que court le royaume…
-Cyri m'en a parlé en effet.
-Sachez que je ferai tout pour protéger mon peuple.
-Vous êtes donc prêt à vous sacrifier… fit Claude en s'enfonçant dans sa chaise. Qu'adviendra-t-il de Byleth ?
-Sir Leif veut que Dame Cyri devienne mon hôte le plus rapidement possible. Répondit le chien-dragon.
-Il est évident que Byleth doit rester en vie.
-Je ne comprends pas mon rôle dans cette histoire. Que voulez-vous de moi ?
-Votre relation avec Cyri semble particulière… J'ai l'impression qu'il y a quelque chose de fort qui vous unie, les cauchemars que vous êtes en sont peut-être la manifestation. Si je meurs, ce sera à elle de prendre la tête du royaume. Nous avons l'impression d'être bien entouré par nos hommes, nos ministres ou nos servants mais quand le soir arrive, nous sommes seuls dans notre chambre et c'est à ce moment là que c'est difficile. Je l'ai compris quand je faisais des cauchemars mais Eirika était là à écouter mes doutes et à me réconforter. Ce qui nous attend sera pire que la guerre que nous avons vécu, je ne veux pas que Cyri fasse l'expérience de cette solitude. S'il-vous-plait, ne laissez jamais ma fille seule…
Claude promit au Roi de protéger Cyri.
-J'ai une autre question à vous poser, est-ce que ma fille s'est énervée ?
-Que voulez-vous dire ?
-Est-ce que vous vous êtes senti comme paralysé en la voyant en colère ?
-Elle a été particulièrement effrayante, en effet…
Le Roi soupira en posant ses coudes sur son bureau.
-Sachez que ce n'est pas dans sa nature d'être comme ça.
-C'est comme si une entité en elle s'énervait ?
-Exactement… Ma fille est une personne douce. Je n'arrive pas à expliquer cette aura mais cela ne vient pas d'elle.
-Elle vient de qui dans ce cas ?
Leif s'enferma dans un silence étrange et détourna le regard.
-Votre Majesté, il y a quelque chose que je dois savoir sur Cyri ?
-Juste que c'est une femme merveilleuse et que vous serez l'homme le plus heureux à ses cotés. Fit le Roi en se forçant à rire. Bref ! Il est fort probable qu'Eirika et Cyri s'entraînent à l'heure qu'il est. Cela vous dit de voir le spectacle ?
...
La jeune femme fut accueillie par un énorme câlin de sa mère.
-C'est pour cela que tu sembles contrariée ? Demanda la Reine après que Cyri lui ai raconté sa mission.
-Je me suis sentie si inutile hier… Je me suis contentée de m'énerver et de donner des ordres.
-Mais c'est le rôle d'un dirigeant voyons…
-De se tourner les pouces pendant que les autres font le sale boulot ?
-Je sais que c'est difficile pour toi mais tu es la Princesse, tu dois te salir les mains le moins possible. Viens, je vais t'aider à évacuer ta frustration sur le terrain d'entraînement.
C'était exactement ce dont Cyri avait besoin. Comme à chaque fois, Eirika et Cyri avaient droit à un public impatient de voir qui gagnerait cette fois.
