Il tira la Princesse par le bras et la força à basculer sur son épaule pour la porter. Elle se débattit mais le jeune homme ne lâcha pas prise avant d'être arrivé à son lit.
-Je vous donne deux minutes pour enfiler votre chemise de nuit, sinon c'est moi qui m'en charge. Ordonna-t-il
-Et vous allez me regarder me changer ? Fit Cyri en levant un sourcil.
L'homme rougit et se retourna. Un léger courant d'air lui chatouilla la nuque et vit sa fiancée courir vers la porte. Il la rattrapa juste avant qu'elle atteigne la porte. La jeune femme éclata de rire alors que son fiancé la souleva pour la remettre sur le lit.
-Vous ne me laissez pas le choix Cyri… fit le Leisterien en commençant à déboutonner la chemise de sa fiancée.
-Arrêtez ! Je vais le faire moi-même ! Je vous promets de ne pas recommencer !
Claude la lâcha en la regardant avec un air suspicieux. Quand il l'avait porté jusque dans sa chambre, la Princesse eut envie de jouer un peu avec lui mais elle avait oublié qu'il était meilleur joueur qu'elle en sentant ses doigts défaire ses boutons. Le voyant se retourner une nouvelle fois, elle décida enfin de se mettre en chemise de nuit.
-Et maintenant ? Demanda-t-elle
-Mettez-vous au lit. Fit-il en enlevant ses bottes et sa veste.
-Vous n'allez pas quand même dormir avec moi ?
Le fiancé se contenta de se mettre sous la couverture et enlaça la Princesse avec ses bras.
-Je vous lâcherai quand je serai certain que vous vous soyez endormie... dit-il
-Et si je n'ai pas envie de dormir ? Demanda-t-elle avec un ton de défi.
-Vous voulez vraiment jouer avec moi Cyri ?
Oui, elle avait envie de jouer ce soir. Cela faisait des semaines qu'elle ne s'était pas sentie aussi enjouée. C'est alors qu'elle sentit des doigts au niveau de ses côtes, elle gesticula pour essayer de s'en débarrasser, Claude avait enroulé ses jambes autour de ses hanches pour l'empêcher de s'enfuir.
-Au… Se… Cours… Ka… Tou… essaya-t-elle d'hurler mais ses rires l'en empêchait.
-Il y a personne pour vous aider Cyri… fit Claude d'une voix grave. Admettez-vous votre défaite ?
-Ja… Mais… Je… Dois… Lutter…
Le jeune homme intensifia ses chatouilles et les rires de sa fiancée redoublèrent.
-Ne riez pas aussi fort ! Les gardes vont croire qu'on vous agresse !
-C'est de… Votre faute… Aussi…
-Dites que je suis le fiancé le plus merveilleux et que vous acceptez de dormir dans mes bras et j'arrêterai la torture.
Cyri commençait à n'en plus pouvoir, Claude était redoutable. Finalement, elle répéta mot à mot ce qu'il lui avait dit et il arrêta aussitôt ses chatouilles. Elle eut beaucoup de mal à reprendre son souffle. Le jeune s'inquiéta et la força à le regarder, son cœur s'arrêta de battre quelques secondes en découvrant un visage rougit et un sourire rieur.
-Je me vengerai… fit-elle.
-J'ai hâte de voir ça…
Et le couple s'endormit.
...
Le surlendemain, le cortège de Godfrey arriva à Era. Cyri fut surprise de voir descendre de la calèche l'Impératrice.
-Claude ! Je suis heureux de te voir toujours vivant ! S'exclama l'Empereur en serrant son frère dans ses bras.
-Votre Majesté Eirika, c'est un honneur de vous rencontrer. Fit Ayra en s'inclinant.
-Ne soyez pas aussi formelle avec moi voyons ! Appelez-moi directement Eirika.
L'Impératrice semblait gênée par cette familiarité mais consentit à être moins formel avec la Reine. Avant le dîner, le couple eut une ultime leçon de danse avec Ferdinand mais Claude était très embarrassé…
-Godfrey… Est-ce que ta présence est vraiment nécessaire…. fit-il en se pinçant le nez.
-Évidemment ! Je veux voir comment tu arrives à te débrouiller alors que tu fuyais les cours de danse comme la peste ! Même sa mère n'a pas réussi à le convaincre !
-Fuir les cours de danse comme la peste… A ce point ? demanda Cyri faussement étonnée
-Ne vous moquez pas Cyri, la situation est suffisamment gênante…
-Alors prouvez à votre frère qu'il a tort. Fit la Princesse en se mettant en position.
Le couple enchaînèrent les pas sans que Claude ne soit encore tout à fait à l'aise mais cela était assez pour laisser son frère bouche-bée.
...
Le jour des fiançailles arriva enfin. Cyri était extrêmement stressée et ne cessait de se répéter le programme de la journée. Tout d'abord, il fallait annoncer la nouvelle aux ministres et aux conseillers.
-Je suis heureux d'apprendre qu'enfin son Altesse a décidé de se marier mais Claude traîne une certaine réputation… Êtes-vous certain que ce soit une bonne idée ?
-Si vous n'êtes pas d'accord avec ce mariage, rien ne vous empêche de partir cher ministre… suggéra le Roi
-Je suis curieux de savoir ce qu'on a pu bien dire sur ma personne… fit Claude au ministre en lui adressant un sourire taquin.
Puis vint l'heure de l'annonce au peuple. Tous avaient revêtus leur tenue d'apparat. Cyri avait obté pour une longue robe de couleur vert foncé, sur sa poitrine étaient brodées de petites fleurs, un traine était attachée aux épaules donnant l'illusion d'une cape légère et laissant une partie de son dos à nue. Katou lui avait fait une tresse qu'elle avait attaché en couronne, quelques mèches tombaient négligemment sur sa nuque.
Quand Claude put enfin voir sa fiancée, il en resta sans voix tellement qu'il la trouvait magnifique. Le jeune homme, quant à lui, portait une tenue de couleur blanc cassé, les fermoirs de la chemise étaient tissés de fils d'or, et les cuisses du pantalon étaient larges. Par dessus, il avait une veste d'un vert un peu plus clair que la robe de Cyri, sur son épaule droite une épaulette y était posée et une cape vert clair et or tombait sur son épaule gauche. Des bottes en cuir marron venaient s'arrêter en dessous de ses mollets. La Princesse rougit en le voyant si beau.
-Vous êtes tellement mignons tous les deux ! Sans le faire exprès, vous avez assorti la couleur ! Fit la Reine alors que le couple rougit de nouveau.
-Est-ce que tout le monde est prêt ? Demanda Leif. Je crois que nos sujets sont impatients.
Les dirigeants des deux nations et les deux fiancés se dirigèrent vers la grande place de la capitale. Ils traversèrent une foule se qui demandait si la rumeur était bien vraie. Une fois sur l'estrade, Leif demanda le silence.
« Aujourd'hui est un jour important pour le Royaume d'Era mais aussi pour l'Empire de Leister. Ma fille Cyri et le frère de l'Empereur Claude ont décidé de se fiancer. Que ce mariage soit la preuve de notre amitié profonde entre nos deux peuples ! »
Des acclamations se firent entendre. La majorité des personnes présentes était heureuse de la nouvelle mais parmi la foule certains ne cachaient pas animosité. Le Roi invita Cyri et Claude à s'avancer et tendit deux boîtes dans lesquelles contenaient les bagues. Le Leisterien ouvrit la sienne et Cyri eut du mal à cacher sa surprise, avec douceur il glissa l'anneau sur l'annulaire gauche de sa fiancée. A son tour, elle ouvrit sa boîte, les mains un peu tremblantes, elle plaça l'anneau sur l'annuaire gauche de Claude qui lui souriait avec tendresse.
-Elle est de la même couleur que vos yeux… fit la Princesse en plaçant sa main à côté du visage de son fiancé. Cette bague est magnifique Claude.
-Je suis soulagé d'apprendre qu'elle vous plait. Dit ce dernier en déposant un bain sur sa main gauche.
-Humm… Humm… Il est temps maintenant que vous fassiez le tour de la capitale. Intervint Leif en pointant du doigt le cheval.
-Ne manque-t-il pas un cheval ? S'étonna l'Impératrice.
Eirika éclata de rire pendant que sa fille semblait gênée.
-Ce cheval est pour nous deux… expliqua-t-elle devant le regard perplexe de Claude.
-Vous ne trouvez pas cela romantique de se promener ainsi ? Se moqua le Roi. Nous allons vous suivre en calèche pour ne pas perdre une miette.
Sa fille invita son fiancé à monter à cheval et à lui tendre une main pour qu'elle puisse s'installer sur la monture les deux jambes du même côté. Alors qu'ils avancèrent sous les félicitations de la foule depuis quelques temps déjà, une tomate vint s'écraser sur le cheval qui se cabra manquant de faire tomber le couple. Claude arriva tant bien que mal à le calmer tout en serrant fort contre lui sa fiancée. Cette dernière descendit précipitamment de cheval et attendit que les gardes lui amènent un homme d'un certain âge dont les rides marquaient durement son visage. De peur qu'elle fasse émaner son aura effrayante Claude se précipita et posa une main dans son dos.
-Je ne regrette rien ! Hurla le vieil homme. Tuez-moi si vous le voulez ! Je n'ai pas peur de la mort !
-Pourquoi tenez-vous tant à mourir vieil homme ? Demanda-t-elle
L'homme étonné par sa question se mit à regarder le sol. Soudain une femme, plus jeune que lui, accourut vers le couple et se mit à genoux devant eux.
-Veuillez pardonner mon père ! Il…
-Tais-toi Jeanne !
-Nous avons perdu mon frère aîné pendant la guerre... Il n'a jamais pu pardonner à l'Empire de Leister…
-Quel est votre nom ? Demanda Claude en posant un genou à terre.
-Il s'appelle Jean.
-Tu ne sais jamais te taire quand il le faut toi !
-Jean… Cette guerre a pris à chacun d'entre nous des proches mais ne pensez-vous pas que votre fils ne serait de vous voir vieillir dans un monde en paix ? Regardez, votre chère Jeanne l'a bien compris…
Le vieux Jean se mit alors à sangloter bruyamment pendant que sa fille lui tapotait tendrement le dos.
-Que faisons-nous de lui ? Demanda un des gardes.
-Laissez-le, je crois qu'il a suffisamment souffert… répondit Cyri en aidant Claude à se redresser.
...
-Quelle balade ! S'exclama Godfrey une fois de retour au château. Vous avez été tellement gentil avec ce vieil homme, Claude je crois que tu as marqué des points auprès du peuple d'Era.
-Votre Majesté, vous aviez raison, quelle façon romantique de se promener avec sa future femme… taquina Claude.
-J'espère que vous en avez bien profiter parce que c'est la dernière fois que je monte à cheval de cette façon, mon dos est en compote !
-Le banquet est dans quelques heures, tu devrais en profiter pour t'allonger un peu. Conseilla sa mère.
Cyri ne se fit pas prier et se dépêcha de s'allonger dans son lit, Claude la rejoignit.
-Je n'ai pas eu le temps de vous dire que la bague que vous avez choisie me plait énormément.
-Mon père a offert cette bague à ma mère quand il lui a avoué ses sentiments.
-Je ne peux pas accepter un bijou si important !
-Ma mère tenait vraiment qu'elle soit enfin sortie de sa boîte et je crois que je n'aurai pu trouver de plus belle bague.
-Cyri, est-ce que vous aviez l'intention de mettre ce vieil homme en prison ? Demanda Claude après quelques minutes de silence.
-Bien sur que non ! Pour qui me prenez-vous ? Répondit-elle en fronçant les sourcils.
-Je vous ai senti terrifié dans mes bras quand le cheval s'est cabré, je me suis dit que sur le coup de la colère…
-Son visage était marqué par une tristesse qui ne l'avait pas quitté depuis des années. Je ne pouvais me résoudre à l'envoyer dans une cellule… Cette guerre a fait suffisamment de victimes, il n'est pas nécessaire d'en rajouter. Conclut-elle.
