Pendant ce temps, Claude était de nouveau plongé dans ses recherches. Les mots de Byleth en tête, il essaya de trouver ce qu'il avait pu manquer mais comme plus tôt dans la journée, il ne trouva rien. Il s'écroula dans le lit en maugréant

-C'est bien la première fois que je t'entends râler… fit sa fiancée en s'allongeant à ses côtés.

-Je suis obligé d'admettre que nous manquons d'informations sur les mages noirs…

-Tu veux dire que nous devons attendre que d'autres incidents se produisent ?

-Vous n'avez pas d'archives qui pourraient mentionner des mages noirs ?

-Je pense que mon père a déjà fait le tour…

Après un petit moment de détente, ils décidèrent de rejindre les pourparlers. En chemin, ils croisèrent Arden qui s'arrêta devant eux.

-Ma chère nièce, je n'ai pas eu l'occasion de te féliciter pour tes fiançailles avec cette vermine…

-Arden, surveille tes paroles… siffla la Princesse entre les dents.

-Me taire alors notre magnifique lignée risque d'être souillée parce que tu vas engendrer des mioches déguelasses avec ce chien ?

-Tu sais que je pourrais te faire enfermer pour ce que tu viens de dire ?

-Enferme-moi si cela te fait plaisir mais rien ne m'empêchera de lui cracher à la figure à chaque fois que je le verrai.

-Arden ! Je te conseille de ne même pas y penser… s'écria une voix

Leif et Godfrey venaient d'apparaître. Le visage du Roi affichait une colère que Claude n'avait pas encore vue, Byleth qui était à ses côtés avait le poil hérissé et n'hésitait pas à montrer les crocs. Arden claqua la langue et s'en alla.

-Père, il mériterait qu'on l'enferme pour toujours ! Fit Cyri.

-Tu sais très bien que cela ne ferait qu'aggraver sa rancune et tu sais aussi de quoi il peut être capable… Claude, je ne peux que vous conseiller de ne jamais vous retrouver seul avec lui…

-Vous me donnez une excuse parfaite pour ne jamais quitter Cyri d'une semelle alors. Plaisanta-t-il pour essayer d'apaiser l'ambiance.

Après la réunion, Cyri força Claude a rangé les papiers qu'il avait éparpillés un peu partout dans sa chambre mais on toqua à la porte et le jeune homme ne put finir sa corvée.

-Sylvain ! Félix ! Que faites-vous ici ? Demanda-t-elle.

-Claude est avec vous ? Fit une chevelure rose qui émergea de derrière les deux amis.

Félix affichait son air blasé habituel mais Hilda et Sylvain s'échangèrent un regard complice.

« Qu'on les attrape maintenant ! » S'écria Hilda.

Alors le trio suivit des amis de Claude se jetèrent sur le couple qui n'eurent pas le temps de réagir. Immobilisée par Sylvain et Léonie, Cyri essaya de se débattre mais en vain. Elle regarda Claude, Raphael s'était littéralement assis sur lui tout hilare.

-Et si vous nous expliquiez ce qu'il se passe ? Demanda le jeune homme en gesticulant pour essayer de se libérer de son énorme ami.

-C'est une surprise… Maintenant vous allez nous suivre sans rien dire… dit Hilda en sortant un bandeau de sa poche.

Félix s'approcha de Cyri en soupirant, lui aussi sortit un bandeau et le mit sur les yeux de son amie.

-Vous savez que je déteste les surprises… se plaignit Claude.

-Cela te fait un point en commun avec ta fiancée. Ria Sylvain qui tenait fermement la jeune femme.

-Vous allez me le payer vous deux…

-Ils m'ont pas laissé le choix Cyri… se plaignit Félix.

Le château était drôlement silencieux, le couple furent conduit dans la cour. Cyri n'arrivait pas à savoir où ils étaient puis ils s'arrêtent. Elle était persuadée d'avoir entendu des chuchotements. Félix lui retira enfin le bandeau et...

« Félicitations pour vos fiançailles ! »

Le petit groupe avait emmené Cyri et son fiancé près des quartiers des soldats. De nombreuses tables y étaient installées et une estrade fut construite. La jeune femme regarda autour d'elle, ses parents, l'Empereur et sa femme étaient entourés par les capitaines qu'elle avait l'habitude de cotoyer. Soudain, elle vit au loin une grande silhouette familière.

« Marina ! » s'écria-t-elle en se jetant sur elle

Une grande femme ronde l'attrapa en riant.

-Ma petite Cyri, quel plaisir de te revoir. J'étais tellement heureuse quand j'ai appris pour tes fiançailles.

-Je voulais venir te voir mais j'ai été très occupée en ce moment…

-Qui est donc cette femme qui te rend si heureuse ?

-Claude ! Je te présente Marina, elle a été ma nourrice et depuis elle aide son mari dans la taverne.

-D'ailleurs, c'est grâce à eux que nous pouvons manger et boire ce soir. intervint Leif. Je suis aussi content de vous revoir Marina.

Claude regarda cette femme qui était aussi grande que Raphael, à côté d'elle Cyri faisait si petite. Pour la première fois de la journée, son visage affichait un sourire. Le Roi porta un toast et chaque capitaine vint féliciter le couple.

-Vous savez, quand je vous ai vue pour la première fois tous les deux, je me suis dit que vous formiez un joli petit couple. fit le capitaine Alois en secouant vigoureusement la main du fiancé.

-Tu avais dit la même chose pour moi et six mois plus tard, j'apprenais qu'elle me trompait avec le boulanger du coin ! fit un homme aux cheveux roux et aux yeux bleus.

-Mais pendant six mois, vous avez formé un couple merveilleux non ?

Alois reçut un coup au-dessus de sa tête pour réponse.

-Je meurs de faim, et si nous mangions un peu ? suggéra Cyri en prenant la main de Claude.

-Je dois avouer que je m'inquiétais de te voir déprimer aujourd'hui… fit Claude alors que sa fiancée lui tendait une assiette avec de la salade de pommes de terre.

-Nous n'avons pas eu un moment de répit depuis que tu es arrivé. Je pense que cette nuit a été la goutte de trop. Bon sang ! Il n'y a pas à dire, la salade de pommes de terre de Marina est la meilleure !

-Cyri ! Viens danser! fit Katou en la tirant sur la piste.

La Princesse avala rapidement un verre de bière et rejoignit ses parents sur la piste de danse. Claude la regarda forcer Félix à se lever, un sourire sur les lèvres.

-Tu lui donnes de la salade de pommes de terre, de la bonne bière, de la musique et ses amis et tu as une Cyri la plus heureuse au monde. fit une voix à côté de lui.

-C'est ce que j'avais compris Sylvain…

-Il faut que tu saches que si elle verse la moindre larme par ta faute, tu auras à faire à moi.

Le Leisterien se tourna vers l'ancien amant qui avait l'air extrêmement sérieux.

-Pourquoi cette menace soudaine ? Tu aurais voulu être à ma place c'est ça ? demanda Claude avec un sourire de défi.

-Ne va pas t'imaginer des choses, j'aime Cyri autant que Félix et Dimitri l'aiment. Crois-moi, il vaut mieux que ce soit moi qui te mette une raclée que l'un des deux…

-Pourtant tu as l'air d'être le plus proche d'elle…

-Elle t'a déjà sûrement expliqué non ? Elle et moi, c'était purement physique et maintenant c'est du passé. soupira Sylvain.

Il savait que c'était du passé mais il n'arrivait pas à enlever de la tête cette image de Cyri nue dans les bras de son ami. Félix vint s'asseoir à son tour à côté du Leisterien, débité.

-Elle m'use à être dans cet état… fit-il en soupirant.

-Regarde-la… Je crois que cela fait un moment que je ne l'ai pas vue s'amuser autant… fit Sylvain, un léger sourire flottait sur son visage.

-Depuis qu'elle a commencé son apprentissage pour devenir la Reine. Ajouta le jeune homme aux cheveux bleu foncés.

La jeune femme vint rejoindre le trio peu après, le visage rouge.

-Je n'en peux plus ! Une pause ne me fera pas de mal ! Dit-elle avant de vider un autre verre de bière.

-Tu devrais faire attention à ta consommation d'alcool… conseilla Claude.

-Pourquoi ? J'ai mon fiancé pour me protéger non ?

-Justement, peut-être que c'est ton cher fiancé le danger… fit le jeune homme en approchant son visage du sien.

Cyri recula sa tête, les joues encore plus rouges, les battements de son cœur résonnaient dans ses oreilles.

-Ca va ! Ça va ! J'ai compris ! Je vais ralentir… s'avoua-t-elle vaincue.

-Dis donc ! Mais ne serait-ce pas la première fois que je vois un homme déstabiliser notre Altesse de la sorte ?

-La ferme Sylvain ! Fit-elle en mettant son visage dans ses bras.

-Je ne savais pas que de tels mots pouvaient sortir de ta bouche Cyri… En rajouta Claude.

Elle tourna alors son visage vers lui, à travers ses mèches, il pouvait décerner ses yeux qui lui envoyaient des éclairs. Il se mit alors à lui caresser sa chevelure en riant.

-Claude ! Je ne suis pas un…

-Oui je sais, tu n'es pas un chien mais j'adore tellement caresser tes cheveux.

Cyri tendit alors sa main et elle aussi caressa les cheveux de son fiancé qui se mit à rougir.

-Sylvain, je crois qu'on devrait les laisser... fit Félix en se levant.

-Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Demanda Claude en essayant de retrouver un peu de contenance.

-Tes cheveux sont tellement doux…

Sa fiancée réalisa qu'elle avait pensé à voix haute et arrêta instantanément son geste.

« Je crois que tu as raison, j'ai peut-être un peu trop bu… Je vais aller marcher un peu… » dit-elle en se levant.

La voyant tituber légèrement, Claude jugea préférable de la suivre. Elle se dirigea vers le terrain d'entraînement, elle prit deux épées et en tendit une à son fiancé.

-Tu crois être en état pour ce genre de choses ?

-Tu as peur de perdre Claude ? demanda sa fiancée en haussant un sourcil.

Il n'eut pas le temps de réagir qu'elle se jeta sur lui, par chance, l'alcool avait diminué sa vitesse et il eut peu de mal à esquiver, il para quelques coups juste pour la forme. Au moment où elle lança un dernier assaut, Claude lui attrapa le bras et la plaqua contre un des piliers du terrain. Ils étaient tellement proches que leurs torses se touchaient à chaque respiration. Le jeune fixa alors les lèvres entrouvertes de sa fiancée et les trouva soudainement irrésistibles. Il caressa tendrement sa joue et approcha doucement son visage.

Cyri sentit comme des papillons lui chatouillaient son estomac, les yeux de Claude dégageaient à ce moment-là quelque chose d'envoutant. Leurs bouches étaient tellement proches qu'elle pouvait sentir son souffle lui chatouiller ses lèvres. Elle ferma les yeux, désireuse de recevoir ce baiser.

Mais des bruits de pas firent tout gâcher. Dans la précipitation, Claude tira Cyri derrière le pilier.

-Félix ! Pourquoi tu m'emmènes ici ? Tu as tellement envie de moi que tu n'arrives plus à résister ?

-Sylvain… Je veux tout savoir. Pourquoi tu ne m'as jamais dit que vous couchiez ensemble ?

-Ne me dis pas que tu es jaloux de Cyri ? Décidément, l'alcool fait des ravages chez tout le monde ce soir…

-Réponds-moi, s'il-te-plaît… fit Félix d'un ton sec

-Parce que… J'avais peur de te blesser et que tu te mettes à détester Cyri…

-Je ne comprends pas, je ne l'imaginais pas entretenir ce genre de relation surtout après sa rupture avec Narcian.

A la prononciation de ce nom, Claude sentit le corps de Cyri se raidir.

-C'est… C'est plus compliqué que tu ne le crois… soupira Sylvain. Je sais que ce n'est pas à moi de le dire mais… Ce Narcian, il a abusé d'elle…

-Abusé ? Comment ça ?

-Elle me racontait qu'il venait régulièrement dans sa chambre la nuit et la forçait à coucher avec lui. Même en plein jour, quand ils se retrouvaient seuls, il faisait du chantage pour qu'elle cède… Ne me regarde pas comme ça, moi aussi, j'ai envie de l'éventrer.

-Comment tu l'as su ? Pourquoi en parler qu'à toi ?

-Un jour pour plaisanter, je l'ai serré contre moi et elle m'a violemment repoussé. Elle était terrifiée et tremblait comme une feuille. Il lui a fallu du temps pour me dire ce qu'il s'était passé, je crois qu'elle ne réalisait pas à ce moment-là ce qu'il lui avait fait. Je ne savais pas quoi faire pour l'aider et je me suis dit que je pouvais lui proposer de coucher avec moi pour l'aider à surmonter son traumatisme. Après tout, c'est la seule chose que je sais bien faire… Ne lui en veut pas s'il-te-plait…

-Imbécile, jamais je pourrais lui en vouloir… Et ne te sous-estime pas, tu as de nombreuses qualités…

-Félix, tu sais que j'ai du mal à résister quand tu as cette expression sur le visage !

-Non… Sylvain… Pas Ici…

Cyri et Claude entendirent alors les deux hommes partirent avec des pas précipités.