(Bonjour ! Une petite parenthèse juste pour vous dire déjà merci de lire cette histoire. Les paroles que vous trouverez plus loin dans ce chapitre sont des paroles d'une chanson que j'aime beaucoup, celle de Calogero Feu d'artifice. Bonne lecture !)
-Cyri ? Tu…
-Je ne veux pas en parler, Claude… S'il-te-plait… coupa-t-elle
Elle avait posé sa tête sur l'épaule de son fiancé, la main sur son coeur, elle essayait tant bien que mal de refoulé les douloureux souvenis qu'elle avait tant bien que mal tenté d'oublier.
Claude encore sous le choc de ce qu'il venait d'entendre, serra sa fiancée contre lui. Il voulait la rassurer, lui dire que cela était du passé, que cet homme était le pire des enfoirés, il voulait lui promettre que jamais, elle aurait à revivre ce qu'elle avait subi mais avait-elle vraiment besoin ces mots ?
« Cette soirée est pour nous, on devrait peut-être y retourner. » fit-elle en se dégageant de l'étreinte du Leisterien.
Quand ils rejoignirent la fête, Marina était montée sur scène et chantait. Le jeune homme prit la main de sa fiancée et l'emmena sur la piste de danse.
-Je croyais que tu ne savais pas danser ? s'étonna-t-elle.
-Grâce à toi, j'ai appris à suivre un rythme et bouger son corps en fonction de la musique est sûrement moins difficile que de danser une valse. répondit Claude avec un clin d'œil.
La jeune femme retrouva vite le sourire, elle ria même devant les mouvements maladroits de son fiancé qui la fit tournoyer pour se venger. Ils enchaînèrent encore quelques chansons avant de retourner s'asseoir assoiffés.
Marina se mit à chanter une chanson plus calme, à l'écoute de l'introduction, Cyri sentit son cœur se serrer légèrement. Elle l'avait toujours adoré même si elle trouvait les paroles tristes. La jeune femme posa doucement la tete sur l'épaule de Claude et chercha inconsciemment à entrelacer ses doigts aux siens. Surpris par cet élan d'affection, celui-ci ne dit rien et se laissa faire. L'émotion gagna Cyri au fur et à mesure qu'elle entendait les paroles, au point qu'une boule s'était formée dans sa gorge.
Nous sommes comme les feux d'artifice
Vu qu'on est là pour pas longtemps
Faisons en sorte, tant qu'on existe
De briller dans les yeux des gens
De leur offrir de la lumière
Comme un météore en passant
Car, même si tout est éphémère
On s'en souvient pendant longtemps
Des larmes se mirent à couler doucement sur ses joues quand le dernier couplet arriva. La jeune femme entendit alors renifler, elle leva la tête et vit Claude qui essayait de cacher son émotion. Elle ria légèrement et essuya une larme qui parlait dans le coin de son œil.
Marina changea de registre et l'ambiance fut de nouveau au beau fixe au point que tous se mirent à chanter le refrain entraînant en coeur.
C'est dans cette atmosphère que le couple décida d'aller se coucher.
« Allez, s'il-te-plaît, je serai rapide. »
« C'est quand même bizarre que tu ne veuilles pas le faire quand même… »
« Promis, je rentre et je sors direct. »
« C'est pour toi que je fais tout ça, tu sais ! »
« Normalement, quand on est amoureuse, on désire son homme. »
« Tu dis non mais je sais qu'au fond tu aimes quand j'insiste… »
« Regarde, ton corps parle pour toi, il avait envie de moi ! »
« Tu crois vraiment qu'il y a des personnes qui s'intéressent à ce que tu es vraiment ? Laisse-moi rire ! La seule chose intéressante est ton statut de Princesse, sans lui tu n'es rien Cyri ! Ne l'oublie pas ! »
La jeune femme se réveilla en sursaut, elle se sentit tout à coup inconfortable et des nausées l'envahirent. Elle se posa au bord du lit et pleura. Cyri maudit son esprit d'avoir voulu lui faire revivre toutes ces scènes horribles qu'elle avait vécues.
Un léger ronflement la fit se retourner, Claude avait insisté à dormir avec la jeune femme pour éviter qu'elle ne sente seule. Elle s'allongea à ses côtés posant la main sur son torse, alors qu'elle appréciait sentir le cœur de son fiancé battre sous ses doigts, elle repensa soudainement à ce moment où il avait failli l'embrasser. Son visage en feu, elle se demanda comment elle pourrait qualifier leur relation. Dès le départ, ils s'étaient très bien entendus, malgré leur dispute, ils n'avaient cessé de se rapprocher. Sans qu'elle ne s'en soit rendue compte, la présence de Claude lui était devenu si indispensable au point de le laisser se rapprocher d'elle physiquement. Quelque chose en lui l'attirait, elle ne pouvait le nier mais est-ce lié à ces cauchemars qu'ils ont en commun et à ce mystérieux lien dont son père parlait ? Auraient-ils eu la même relation sans eux ?
Comme s'il avait senti les doutes de la jeune femme, les bras du Leisterien l'enlacèrent et Cyri se rendormit.
...
-Katou… Est-ce que je mérite qu'on m'aime pour ce que je suis ? demanda la Princesse le lendemain pendant que son amie préparait son bain.
-Quelle question ! Evidemment ! C'est pour cela qu'autant de monde t'aime, moi la première ! Pourquoi cette question ? Il s'est passé quelque chose avec Claude ?
-Pas du tout… fit Cyri en essayant d'enlever de son esprit les lèvres du Leisterien. C'est juste que… La soirée d'hier m'a fait remonté des mauvais souvenirs…
Son amie plaqua ses mains contre les joues de son Altesse et serra légèrement sa prise.
-Je t'ai déjà dit que ce qu'a pu te dire cet enfoiré, tu dois l'oublier !
-Pourquoi tu dis m'aimer ? bredouilla la Princesse malgrè les mains serrées sur ses joues.
-Parce que tu m'as toujours traité avec gentillesse, tu ne m'as jamais jugé, et je sais que jamais tu ne m'abandonneras. Tu as du mal à l'accepter mais tu es le genre de personnes qui laissent un impact positif dans la vie des autres. Arrête d'avoir peur de l'amour que les autres te portent et arrête surtout d'avoir peur d'aimer les autres…
Cyri se mordit la joue pour cacher son émotion. Katou le remarqua et lui fit un gros câlin. Sa relation avec Narcian avait laissé en elle une blessure encore vive, croyant se préserver de cette douleur, elle s'était persuadée qu'elle était devenue incapable d'aimer quelqu'un, mettant une distance avec ses proches. Mais les yeux verts taquins de Claude lui vinrent en tête, la sensation de ses bras qui l'enlaçant fit accélérer les battements de son cœur, son souffle qui chatouillait ses lèvres lui donna des papillons dans son ventre. Tout à coup, elle se sentit légèrement paniquée, comment avait-il fait pour franchir ce mur qu'elle avait érigé ?
Elle se retira de l'étreinte de son amie et plongea dans la baignoire pour essayer de se calmer.
...
Après une ultime réunion, l'Empereur et son cortège prirent le chemin du retour.
...
Les jours passèrent et le couple enquêtait toujours sur des affaires de magie noire sans forcément en apprendre plus. A ceci, s'ajouta l'organisation de leur mariage.
-Mon frère m'a fait parvenir une liste d'invités. fit Claude qui avait décidé la veille que dorénavant, les appartements de Cyri étaient les siens.
-Mais elle est interminable ! Tu connais au moins toutes ces personnes ?
-Parce que tu connais la moitié des invités de ton côté ? demanda le fiancé en levant un sourcil. Moi aussi, j'aurai préféré quelque chose de plus intime mais que veux-tu, notre union est avant tout symbolique, il faut que tout le monde voit que nous sommes heureux d'être ensemble pour montrer que nos deux peuples peuvent vivre heureux aussi. Tu devrais t'estimer heureuse qu'ils nous laissent le choix de nos tenues, du menu et des fleurs…
Cyri jeta un œil sur la dizaine de croquis que des couturiers s'étaient empressés de lui envoyer. Des fleuristes et des cuisiniers s'étaient présentés pour proposer leurs services. Elle soupira, ils leurs laissaient le choix certes mais ils devaient bien choisir, elle était consciente que ce mariage serait analysé dans les moindres détails.
Katou entra dans le bureau suivi d'une petite femme rousse.
-Sophia ! Quel plaisir de vous voir ! fit Cyri en se levant vers elle. Je suis désolée, cela fait un moment que je n'ai pas rendu visite aux enfants… J'ai été très occupée…
-Ne vous inquiétez pas, votre Altesse. Je voulais déjà vous féliciter pour vos fiançailles. Mais je dois vous avouer que je suis venue pour autre chose…
La jeune femme invita Sophia à s'assoir, Claude les rejoignit curieux de connaitre l'objet de sa venue.
-Avec des directeurs d'autres orphelinats nous avons remarqué que beaucoup avaient disparu. Il est courant qu'il en ait qui décide de quitter l'établissement avant l'âge légal mais…
-Combien d'enfants ont disparu ? demanda Cyri.
-Nous en sommes à presque une vingtaine dans cinq orphelinats… Ce qui m'inquiète c'est l'âge des enfants. Les plus vieux ont à peine dix ans…
-Savez-vous comment ils disparaissent ? interrogea Claude.
-D'après ce que certains enfants nous ont dit, ils se lèvent la nuit et ils semblent être comme hypnotisés.
-Personne n'a prévenu un surveillant ? s'étonna la jeune femme.
-Le soucis c'est le temps que nous arrivions sur place, l'enfant a déjà disparu. Nous avons inspecté tout le bâtiment ainsi que les jardins, il est impossible de sortir sans passer par la porte principale ou l'entrée de service. Et c'est le cas pour les autres orphelinats.
Le couple resta silencieux un petit instant pour essayer de mettre de l'ordre dans ce qu'il venait d'apprendre.
-Je vous en supplie votre Altesse ! Aidez ces enfants ! supplia Sophia.
-N'ayez crainte, je vais retrouver ces enfants. Rassura la Princesse avec un sourire rassurant.
La petite femme rousse essuya une larme au coin de l'oeil et s'inclina très bas avant de quitter le bureau.
-Cyri… Tu te doutes que ces enlèvements sont sûrement liés à la magie noire ? Qu'il y a peu de chance que nous retrouvions ces enfants vivants ?
-J'en suis consciente Claude mais jamais ils ne trouveront le repos si nous n'agissons pas.
Claude regarda sa fiancée avec une certaine inquiétude, elle s'était investie émotionnellement lors de l'affaire du Duc Arthur et cela a été très difficile pour elle, cette fois-ci ce sont des enfants, il savait que ce genre d'affaires étaient toujours compliquées à gérer mentalement, et il ne voulait pas la voir s'effondrer ou perdre le contrôle.
...
Cyri décida d'aller rendre visite à l'un des orphelinats le jour même, évidemment Claude l'accompagna et insista pour que William et Léonie les suivent. Quand elle arriva, elle fut accueillie par les enfants et le directeur.
-C'est un plaisir de vous voir, votre Altesse, je suppose que Sophia vous a rendu visite. Fit-il en s'inclinant.
-Pouvons-nous en parler dans un endroit plus… Calme ? Demanda-t-elle en flattant d'une petite tête blonde.
Quand ils traversèrent le bâtiment, Cyri remarqua une légère odeur de mort qui flottait dans l'air.
-Combien d'enfants ont disparu ? Interrogea Claude.
-Ici, ils sont au nombre de trois.
-Quel âge avaient-ils ?
-Quatre, sept et neuf ans.
-Avez-vous remarqué quelque chose avant leurs disparitions ? Demanda la jeune femme.
-Il n'y a eu aucun changement dans leurs comportements dans les jours qui ont précédé. Répondit le directeur après avoir réfléchi un instant. Rien ne présageait qu'ils disparaissaient.
Claude et Cyri continuèrent leur interrogatoire dans forcement en apprendre plus. Ils finirent la journée avec leurs enfants de l'orphelinat.
Malheureusement dans les trois autres orphelinats, ils arrivèrent au même résultat. La seule chose commune était cette odeur de mort que Cyri sentait à chaque fois.
