[Note de la traductrice: Bonjour à tous! Désolée pour le retard sur ce chapitre, les semaines sont chargées en ce moment. Mon objectif est toujours de publier un chapitre chaque vendredi ou, au pire, dans le week-end qui suit.
Merci beaucoup pour vos commentaires, je n'ai pas encore eu le temps de tous vous répondre mais ça va venir. ;)
Bonne lecture!]
Chapitre 9
Dès mardi matin, l'intégralité du Niveau 4 était bien au courant qu'il ne fallait ni chercher une bague à son doigt, ni lui poser de question sur ses futures noces, ni même lancer un regard dans sa direction. Le reste de son lundi avait été si tendu, après qu'elle avait hurlé sur Aiden pour avoir classé un dossier au mauvais endroit, que Mathilda avait probablement envoyé un mémo interne à tout le service. L'information avait dû circuler jusqu'au Niveau 2 car Harry apparut à son bureau mercredi, juste avant l'heure du déjeuner.
"Comment va la future mariée?" Il demanda en souriant.
Elle lui lança un regard noir et continua à classer ses dossiers suivant une logique qu'elle seule connaissait.
"Allez viens. On va à la cafétéria."
"J'ai pas faim," répondit-elle sèchement.
"Et bien moi si et j'aimerais que tu te joignes à moi." Il lui fit un grand sourire. "Tu sais, ces dossiers seront toujours là dans une demi-heure pour que tu les maltraites."
Elle baissa le regard et réalisa que chaque dossier qu'elle avait manipulé était soit plié, soit froissé, soit déchiré. Elle soupira et attrapa son portefeuille.
Une fois seuls dans l'ascenseur, Harry se tourna vers elle.
"Alors tu es fâchée contre qui? Ron ou Skeeter?"
"Les deux mais je suis surtout fâchée contre moi." Elle ferma les yeux et pressa une main à sa tempe. "Je m'en veux tellement de l'avoir laissé m'embrasser."
Un silence régna. Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, laissant s'envoler quelques notes internes.
"Tu veux te remettre en couple avec Ron?"
Elle leva les yeux vers lui. Son visage était neutre et ouvert. Il n'attendait pas de réponse particulière. Il lui demandait par pure curiosité. Elle chercha une réponse aussi honnête que possible.
"Non pas tellement, non. Ou alors peut-être 'pas maintenant'? Je ne suis pas sûre." Elle retroussa ses manches. "C'est juste que je ne supporte pas cette sensation qu'on ne me laisse pas le choix, qu'on décide à ma place. Et par cette maudite Rita Skeeter en plus!"
L'ascenseur s'arrêta à l'Atrium. Harry sortit en premier et répondit par-dessus son épaule, "Toute personne normalement constituée sait bien que Rita publie n'importe quoi la plupart du temps. Il suffit de voir ce qu'elle a raconté au sujet de Malfoy tout le week-end! Lui aussi il est dans tous ses états!"
Hermione s'arrêta, laissant des employés du Ministère passer devant elle pour entrer dans l'ascenseur. Elle revisita dans sa tête le déroulé du week-end et n'y trouva aucun article concernant Malfoy.
"C'était quel article?" Elle retrouva l'usage de ses jambes et le suivit.
Harry se retourna et continua à marcher à reculons en direction de la cafétéria. "Tu sais, celui au sujet de sa visite à Azkaban pour voir son père? Et ses suppositions sur le pourquoi de ce rendez-vous? Alors qu'elle n'y était même pas. Elle n'avait aucun moyen de savoir. Que des salades."
Hermione ne s'embêta pas à lui rappeler qu'elle aurait justement très bien pu être présente, telle une mouche sur le mur. "C'était quel jour?"
"Il est allé le voir samedi, après notre entraînement de Quidditch je pense," dit Harry, en baissant sa voix au moment où ils entrèrent dans la cafétéria pour rejoindre la queue. "L'article est sorti dimanche."
Un souvenir furtif d'une tête blonde en une du journal, Ginny lui interdisant de lire l'article… Hermione se fit une note à elle-même de récupérer le journal de dimanche dans la corbeille quand elle serait rentrée.
"Qu'est-ce qu'elle a dit? Quelles sont ses hypothèses?"
Quand Harry se tourna vers elle, elle reconnut sur son visage l'expression qu'il avait quand Ginny lui demanda de ne pas lui laisser lire le journal.
"Juste… pourquoi il allait visiter Lucius." Il attrapa un plateau et resta fixé dessus.
"Harry, tu sais très bien que je vais récupérer ce journal et lire l'article."
Harry soupira et se gratta la mâchoire. Il vérifia autour de lui que personne n'épiait leur conversation. "Elle a parlé de l'héritage de Draco et du fait qu'il pourrait essayer de le récupérer plus tôt."
Hermione fronça les sourcils. "Et il avait besoin d'en parler à Lucius? L'argent ne devrait pas être déjà à disposition de Narcissa?"
Ils arrivèrent en début de queue et Hermione attendit qu'Harry commande un thé et deux des croissants dont il lui avait tant parlé. Puis quand il s'écarta pour qu'elle passe commande et qu'elle réalisa que les deux croissants étaient pour lui, elle se retint de rire et en commanda un pour elle.
"Certaines familles Sang-Pur ont des protections magiques très anciennes sur leur argent," dit Harry. Hermione hocha la tête. Elle avait quelques notions sur le sujet mais il était évident qu'Harry était mieux renseigné. Il poursuivit, "Probablement que dans le cas de Malfoy, son héritage lui serait délivré le jour de son mariage, après que Lucius ait réalisé un rituel transmis de père en fils."
L'œil d'Hermione fit un rictus en entendant les mots 'jour de son mariage'. Harry trouva une petite table qui se libéra mystérieusement au moment même où le Garçon-qui-a-survécu-et-qui-est-mort-et-qui-a-survécu-à-nouveau y posa son regard. Il sourit en signe de remerciement aux employées qui s'étaient levées, alors qu'elles n'avaient même pas terminé leur repas.
"Et donc il veut son argent avant? C'est ce que Rita a dit?" Hermione observa Harry dévorer son premier croissant, dans une parfaite imitation de Ron à l'heure du dîner.
Harry s'essuya la bouche. "En gros oui." Il but son thé et fixa un point par-dessus son épaule. Hermione fronça ses sourcils.
"Quoi d'autre, Harry."
Ses épaules s'affaissèrent en signe de défaite. "Et bien, le soir même il avait un rendez-vous avec une fille."
Hermione garda son visage impassible. "C'est tout?"
Harry l'observa. "Oui. C'est juste qu'on ne voulait pas que tu lises tout ça et que tu vois les photos le jour de ton anniversaire." Il regarda son deuxième croissant avec envie. Hermione prit note qu'il y avait des photos.
"Ok, je comprends. C'était pas plus mal. J'ai passé une très belle journée jusqu'à ce que mon fiancé décide de m'embrasser." Elle commença à détacher du bout des doigts un petit morceau de son croissant, autorisant par la même occasion Harry à continuer de dévorer son assiette. "Et donc il est de mauvaise humeur. Malfoy?"
La bouche pleine, Harry indiqua "Il a été harcelé toute la semaine."
"Comment ça?"
"Des cartes, des fleurs, des CVs…envoyés par des épouses potentielles. C'est comme la saison des amours. L'article de Rita leur a ni plus ni moins donné la permission pour lui faire la cour. Il met systématiquement le feu à tout ce qui entre dans son bureau avec des cœurs dessus."
"Mais ça n'a aucun sens," dit Hermione. "Ça fait des semaines qu'il a été listé parmi les célibataires convoités. Pourquoi ces sorcières folles se réveillent maintenant?"
Harry engloutit la fin de son croissant et, tandis qu'il récupérait les miettes de son assiette du bout du doigt, lui dit, "Je pense que si son héritage lui a été remis samedi, il pourrait maintenant épouser une Sang-Mêlée, une Née-Moldue - ou par Merlin peut-être même une Moldue! - et il aurait quand même l'argent. Lucius ne pourrait plus le retenir en otage." Harry se reposa sur le dossier de sa chaise, en souriant. "Et donc maintenant, il est très certainement le Sorcier célibataire le plus riche de son âge."
"Si l'argent lui a été remis." Elle gratta le dessus de la viennoiserie avec son ongle.
"C'est ça."
Hermione termina son croissant en silence pendant que Harry bavassa sur son travail.
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Après avoir fouillé l'intégralité des poubelles de son appartement, en vain, Hermione se rendit au siège de la Gazette du Sorcier via le réseau de cheminette et demanda le journal daté du jour de son anniversaire, "en guise de souvenir". Une fois que la dame âgée et à la peau mate de l'accueil lui remit le journal - le retenant dans sa main plus longtemps que nécessaire , en la remerciant pour tout ce qu'elle avait fait pendant la guerre - Hermione réalisa que la tête blonde qu'elle avait aperçu en une était celle de Lucius Malfoy. Elle eut le souffle coupé en le revoyant pour la première fois depuis plus d'un an et demi. La ressemblance avec Draco était saisissante et même dans sa tenue d'Azkaban, tandis qu'il la toisait du regard à travers le journal, elle pouvait ressentir sa froideur et sa condescendance.
Elle rentra chez elle et feuilleta les pages de l'article, tombant finalement sur les photos du rencard de Draco. Ils étaient allés diner dans un des cafés les plus chics du Londres des Sorciers. Elle avait une chevelure blonde et ondulée, des dents parfaites et Draco lui souriait. D'après Rita, c'était une Sang-Pur française, ce qui, d'après Hermione, ne devait pas faire les affaires des Sang-Mêlées et des Nées-Moldues qui se bousculaient pour être première dans la file d'attente. Rita ne précisa pas dans son article si les "goûts" de Draco avaient changé depuis la guerre, mais se contenta de lancer un "Tentez le coup!" aux femmes de tout âge, taille et origine. C'était suffisamment encourageant si on était assez tarte pour le croire.
Hermione nota également que Rita ne confirmait à aucun moment si le rendez-vous avec son père avait été un succès et si l'héritage lui avait bien été remis. Aucun commentaire non plus sur la photo de Draco partant d'Azkaban, la tête baissée, l'air renfrogné et la mâchoire serrée.
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Vendredi, Hermione portait encore ses chaussures raisonnables. Il fallait vraiment qu'elle fasse une sortie shopping avec Ginny pour se trouver des chaussures dont elle n'aurait pas honte, mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, elle était entendue comme témoin dans le procès d'Antonin Dolohov.
D'après Harry, le Magenmagot était en désaccord depuis un certain temps concernant les pires Mangemorts, et notamment ceux qui avaient été emprisonnés et qui s'étaient échappés. Elle avait entendu des bruits de couloir au sujet d'un Détraqueur qui aurait été capturé la semaine dernière. Et alors qu'Aiden s'amusait à faire tout un tas de suppositions ridicules, Hermione trouvait que la coïncidence était pour le moins louche.
Elle n'allait certainement pas pleurer ni plaindre Dolohov, mais si le Baiser était réintroduit comme sentence possible, où est-ce que cela s'arrêterait?
Hermione sortit de l'ascenseur au niveau inférieur et s'arrêta net en apercevant une tête blonde à vingt mètres d'elle. Il était adossé contre le mur en pierre, la tête baissée en direction de ses pieds. Elle ne l'avait pas revu depuis qu'elle avait craqué dans l'ascenseur lundi mais Rita avait parlé de lui dans ses articles. D'ailleurs, il avait déjeuné avec la bulgare le jour précédent. Cette fille souriait trop facilement.
A priori il ne l'avait pas encore remarquée et elle fut tentée de faire demi-tour et de retourner à l'étage. Ses pieds en décidèrent autrement. Il entendit le bruit de ses talons contre le sol et tourna la tête vers elle. Elle reconnut de la curiosité sur son visage mais qui fut très vite remplacée par de la méfiance.
"Malfoy," elle le salua, en se rappelant que la dernière fois qu'ils avaient vraiment parlé elle l'avait appelé Draco.
"Qu'est-ce que tu fais ici?" Il demanda en plissant les yeux. Elle s'arrêta à deux mètres de lui.
"Je viens témoigner auprès du Magenmagot. Comme toi j'imagine?"
Il serra la mâchoire et lança un regard furieux en direction du sol. Comme il n'avait pas l'air de vouloir en dire plus, elle s'installa contre le mur en face, pensant que se tenir à côté de lui sur le même mur serait bizarre. Maintenant qu'ils étaient obligés de se faire face de part et d'autre du large couloir, elle regrettait son choix. Elle porta son regard vers la grande porte en chêne au bout du couloir, tournant la tête pour ne plus l'avoir dans son champ de vision.
"Dis-moi, Granger," dit-il et elle fit de son mieux pour se tourner face à lui. Il ne la regardait même pas. "Est-ce que tu as fait une priorité de faire libérer tous les Mangemorts?" Elle cligna des yeux et il poursuivit, "'Témoigner en Faveur de l'Accusé' est un rendez-vous récurrent dans ton planning du vendredi?"
Il la regardait avec un air mi-blasé mi-agacé qu'elle lui connaissait bien. Il avait été si agréable avec elle vendredi dernier, il lui avait même offert un verre et avait discuté avec elle. Et il l'avait appelé fille en or…. C'est comme si elle avait tout imaginé, ou plutôt comme s'ils avaient de nouveau douze ans et qu'ils étaient sur un terrain de Quidditch.
"En l'occurrence, je viens témoigner à charge contre l'accusé aujourd'hui," dit-elle en soutenant son regard. Son regard vacilla et c'était probablement tout ce dont il avait besoin mais elle ne put arrêter sa bouche à temps. "Ne t'en fais pas, Malfoy, tu restes la seule exception à la règle." Elle haussa un sourcil dans sa direction, comme il avait l'habitude de le faire avec elle.
"La seule exception…" Il murmura et il fronça des sourcils en direction du sol entre eux. Et soudainement, "Et qui t'as demandé de me sauver, Granger?" Il s'écarta du mur sur lequel il était encore appuyé, le cou et les épaules tendus. Elle arrêta de respirer. "Je n'ai jamais voulu de ta pitié. Je n'ai pas besoin d'un 'champion' qui se batte pour moi". Il la regarda avec mépris. Elle eut soudainement l'impression d'être de retour à Poudlard et eut besoin d'un instant pour reprendre ses esprits.
"Je n'ai jamais cherché à être ton 'champion,'" rétorqua Hermione.
Il marcha dans sa direction.
"Qu'est-ce que tu cherches alors?" Il avait une lueur dans son regard et un sourire narquois au coin de la bouche. Hermione se sentit rapetisser et resta muette, mais surtout elle commença à avoir chaud. C'était comme s'il venait de complètement changer l'atmosphère dans le couloir en appuyant sur un simple interrupteur.
"R-rien." Elle se concentra sur son regard dégoûté, en essayant de garder son calme, d'avoir l'air confuse. "Par Merlin, Malfoy! Tu ne peux pas juste accepter que quelqu'un puisse être gentil avec toi? C'était … c'était la bonne décision."
Son sourire narquois se dissipa mais il garda sa lueur dans son regard. Ses pupilles alternaient rapidement entre ses deux yeux avec une détermination qu'elle se souvint lui avoir vue en cours d'Arithmancie.
"Alors, c'est une dette d'honneur, c'est ça?" il demanda.
Cette fois, elle n'avait plus besoin de feindre la confusion. "Une dette d'honneur?"
"Tu me sauves d'une vie derrière les barreaux d'Azkaban et donc maintenant je t'en dois une, Granger? C'est bien ça?"
Hermione était estomaquée. "Non. Non, ce n'était pas du tout mon intention." Elle secoua la tête et se concentra en observant l'espace au sol qui entre leurs pieds. A peine deux pas. Elle déglutit. "En réalité, Malfoy, c'est plutôt moi qui ai remboursé ma dette." Elle l'observa par en-dessous, sans relever la tête. Il fronçait les sourcils. "J'étais sincère à ton procès. Si tu nous avais identifié quand nous étions au Manoir—"
"Arrête!" dit-il sèchement et elle sursauta. "Arrête de glorifier ce qui s'est passé cette nuit-là."
Elle fit un pas en arrière, observant son visage. Il la toisait du regard et il était rouge de colère.
"J'en avais rien à faire de sauver le monde ou d'arrêter le Seigneur des Ténèbres - ni de toi et tes amis débiles d'ailleurs!" Quelques mèches de cheveux lui retombèrent sur le front et il les repoussa d'un geste impatient de la main.
"Je sais que tu m'as reconnue," dit-elle en secouant la tête. "Je sais que tu m'as reconnue moi et Ron et que tu aurais facilement pu –"
"Te jeter aux Mangemorts? Ça t'aurait plu Granger? Est-ce que ça aurait rendu les choses bien claires dans ton esprit si logique?"
"Bien sûr que non!" Elle faillit rire tellement c'était absurde.
Il bascula son poids et se pencha vers elle pour la regarder droit dans les yeux. Son dos entra en contact avec le mur en pierre derrière elle. "Est-ce que tu as la moindre idée de ce dont ils sont capables? Dolohov? Les Mangemorts?"
Elle réprima la joie qu'elle ressentit en l'entendant parler des Mangemorts comme s'il ne faisait pas partie d'eux et se redressa.
"Je suis bien placée pour le savoir! Tu as bien vu, tu étais là toi aussi!" Elle ne put s'empêcher de poser une main sur son bras, là où une cicatrice magique la marquait à vie.
"Pas Bella. Les vrais Mangemorts."
Elle ne comprenait pas. Quelque chose sur son visage lui donna cette information car il poursuivit.
"Certains d'entre eux sont parfaitement sains d'esprit, avec des cerveaux en état de fonctionner et capables d'imaginer un futur où Harry Potter et l'Ordre seraient vaincus et dans lequel Lord Voldemort régnerait. Et à ton avis, qu'est-ce qu'il arrive aux gens comme toi dans ce genre de monde, Granger?" Ses yeux gris acier la transperçaient, un sourire narquois aux lèvres. Il était en train de gagner quelque chose mais elle ne savait pas encore quoi.
"Je vois le genre, Malfoy." Hermione leva les yeux au ciel, tentant d'être brave. "On se fait tous torturer. On se fait tous tuer. Tous les Nés-Moldus ont droit à un marquage 'Sang-de-Bourbe' identique –"
"Tous les Nés-Moldus, oui." La lueur était de retour dans ses yeux. Il fit un autre pas vers elle et en reculant son dos fut arrêté contre le mur. "Mais pas la 'Fille en Or' de Potter." Elle s'énerva en entendant ces mots. "Ni sa garce de Weasley d'ailleurs." Elle le fusilla du regard en entendant le terme utilisé pour Ginny. Il plaça une main sur le mur à côté de sa tête, en souriant de toutes ses dents et à cet instant, elle se rappela toutes les fois où elle l'avait surpris dans cette position avec Pansy Parkinson quand elle faisait ses rondes de Préfète.
"En fait," il continua. "C'est Macnair qui a eu l'idée de l'Enchère le premier. Un vrai businessman." Il fit un petit rire à une blague secrète que lui seul connaissait et Hermione sentit son souffle sur son visage.
"L'Enchère?" Elle cligna des yeux. Il lui fit un sourire narquois.
"Une façon de… partager les trésors de guerre en quelque sorte. Tous ceux qui détiendraient à la fin de la guerre des Nés-Moldus, Traîtres à leur sang ou membres de l'Ordre recherchés auraient l'autorisation de les mettre aux enchères afin de les vendre au meilleur offrant… pour l'usage de leur choix."
Hermione sentit un vide dans sa poitrine. Elle ne respirait plus mais il continua.
"Et crois-moi, Granger." Il lui fit un sourire. "Ce ne sont pas tes dons de cuisinière qui les intéressaient."
Elle eut un haut-le-coeur et sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle se racla la gorge.
"Raison de plus pour te remercier alors Malfoy," dit-elle avec force. "Si tu nous avais identifiés cette nuit-là, la 'Fille en Or' aurait appartenu à Greyback et aux Rafleurs – mise en enchère. Merci de m'avoir donné la possibilité de ne pas passer le reste de la guerre dans le cachot du manoir! Quitte à devenir un 'trésor de guerre', autant le faire avec classe!" Elle lui renvoya ses propres mots dans les dents et observa son souffle repousser les cheveux qui étaient retombés sur son front.
"Oh mais je t'en prie, Granger," il persifla. "D'autant que je me suis laissé dire que Greyback n'avait rien à faire de cette Enchère. Il préférait garder ses 'proies' pour lui."
Elle sentit la fièvre lui monter dans le cou et à la gorge. Elle déglutit sans détacher son regard de ses yeux cruels. "Mais bien sûr, en bon businessman, tu n'aurais jamais laissé passer une telle opportunité. Pourquoi laisser Greyback m'avoir quand tu aurais pu te mettre quelques centaines de gallions dans la poche après la guerre. C'est bien ça, Malfoy?"
Il rit et le son lui comprima la poitrine. "Quelques centaines de gallions? Allons Granger, tu dois bien te douter que tes… atouts auraient valu bien plus que ça. Tu aurais été le clou de la vente."
"Arrête," elle lui lança.
"L'enchère de départ pour la fille Weasley et toi était estimée à 10 000 gallions chacune, mais d'après mes sources la plus haute enchère était à 20 000 pour la rouquine –"
"Tu me dégoûtes." Il fallait qu'elle parte d'ici ou elle allait pleurer devant lui. Elle fit un pas de côté, pour s'éloigner du mur, mais il la bloqua avec son autre bras.
"—Et 30 000 gallions pour la Sorcière la plus Brillante de sa Génération."
Elle expulsa tout son air avec un petit rire incrédule. Il avait un sourire satisfait, la provoquant et l'observant.
"Tu dis n'importe quoi," répondit-elle. Elle était sur le point de pleurer ou de vomir ou les deux. Et elle ne voulait faire aucune de ces deux choses devant lui.
"Et n'oublions pas le meilleur." Il rapprocha son visage du sien, comme si c'était encore possible. "Un bonus de 5 000 gallions aurait été ajouté s'il était prouvé que tu étais 'intacte.'"
Ses poumons la suppliait de prendre une bouffée d'air, mais elle en était incapable.
"Alors, dis-moi Granger. Je suis curieux," il murmura. "Si les choses s'étaient déroulées différemment au printemps dernier, est-ce que j'aurais gagné 35 000 gallions?"
Sa main bougea avant même que son cerveau ne réagisse. Elle le gifla. Elle sentit son sang lui battre aux tempes et sa poitrine se soulever de manière saccadée. Son visage bougea à peine quand sa main se connecta à son visage, mais elle ne l'avait pas loupé. Ils se lancèrent un regard furieux l'un à l'autre.
"M. Malfoy," appela une voix qui semblait être à des kilomètres d'eux. "Ils vous attendent."
Il se redressa et tandis qu'il se tourna en direction des portes en chêne, elle fit demi-tour et marcha en direction des ascenseurs. Elle remonta jusqu'à l'Atrium. Ses talons claquèrent jusqu'à la première cheminée sur la droite, elle énonca son adresse à l'instant où la poudre entra en contact avec les flammes, et quand Ginny se releva brusquement du canapé, renversant un bol de pop-corn au sol, Hermione fonça en direction des toilettes, prête à vomir.
Ginny resta assise auprès d'elle sur le sol des toilettes pendant plusieurs heures, sans faire le moindre commentaire.
/
Elle rêva de la nuit au Manoir des Malfoy. Elle était allongée sur le sol d'un salon, concentrée sur le chandelier suspendu au plafond et sur les stries de lumières qui se reflétaient au plafond. Quelque chose tirait sur son bras mais elle ne pouvait pas voir quoi.
"Comment as-tu obtenue cette épée?" cracha une voix.
"On l'a trouvée - Je le jure." Sa voix flotta jusqu'à ses oreilles. Elle ne se souvenait pas avoir parlé.
"Tu es une petite menteuse, hein Granger."
Une douleur dans son bras. Sa voix qui hurle. Elle regarda sur sa gauche et elle vit Draco Malfoy en train de taillader le mot 'Sang-de-Bourbe' sur son bras.
Ginny était auprès d'elle quand elle se réveilla en sursaut.
