[Note de la traductrice:Bonjour à tous! Mes excuses pour la semaine de retard de ce chapitre. Je préfère vous prévenir: les prochains mois (jusque mi-Novembre) risquent d'être assez ératiques en terme de rythme de publication. Mais je vous assure que je n'ai aucunement l'intention d'abandonner cette traduction. :) Merci d'avance pour votre patience.
Newt Scamander (Norbert Dragonneau) est probablement l'un de mes personnages préférés de cet univers et je vous avoue qu'il fait partie de ces noms dont je n'arrive vraiment pas à me faire à la traduction. Par respect pour sa mémoire et son travail exceptionnel sur les créatures magiques (et en tant que Poufsouffle =D) je garde donc son nom d'origine :p. Scamander = Dragonneau]
Chapitre 15
Katya Viktor était le nom de la jeune femme bulgare avec laquelle Draco était sorti après sa libération d'Azkaban et vedette de l'article "DRACO MALFOY TROUVE L'AMOUR".
Draco était à nouveau sorti avec elle la veille au soir. La Gazette avait publié une photo, sur laquelle Draco l'embrassait, accompagnée d'un texte de Skeeter qui se lamentait de la perte du 'nouveau couple fort du monde magique'.
Après son échange avec le journaliste, Hermione avait fait un détour par le siège de la Gazette du Sorcier pour attraper l'édition du jour avant de foncer à Cornerstone. Elle eut tout juste le temps d'ouvrir et de préparer la boutique à recevoir ses premiers clients - à deux minutes près - puis sortit le journal de son sac.
Rien en première page alors elle tourna les pages jusqu'à la section société dont Skeeter était la rédactrice. Draco s'y trouvait en photo, écartant quelques mèches de cheveux du visage de la Bulgare avant de se pencher vers elle pour l'embrasser. La fille sourit quand leurs lèvres se rencontrèrent.
Le visage d'Hermione s'assombrit, en voyant la photo tourner en boucle. Elle avait surpris Draco et Pansy Parkinson en train de s'embrasser dans les couloirs de Poudlard à de nombreuses reprises, surtout en 5ème année, quelquefois en 6ème. Parfois, elle avait été trop intimidée à l'idée de se retrouver à une Gryffondor contre deux Serpentards pour les interrompre. D'autres fois, elle n'avait pas hésité à annoncer sa présence en se raclant la gorge, poussée par sa jalousie. Après quoi, Pansy lui lançait un regard méchant et l'insultait. Draco, lui, se détachait à peine de Pansy, qu'il tenait en général dans ses bras et plaquée contre un mur, avant de poser un regard glacial sur Hermione.
Cette photo était très différente. Draco poussait délicatement les cheveux de Katya et se penchait lentement vers elle, tout en restant à distance. C'était bien moins… frénétique.
Est-ce que cela voulait dire que Draco la désirait moins? Ou qu'il l'aimait plus?
Hermione parcourut le reste de l'article et grimaça en voyant qu'elle était mentionnée à plusieurs reprises. Elle y apprit que Katya était mannequin en Bulgarie et que son père était professeur à l'Institut Durmstrang. Elle découvrit également avec surprise que Katya était une Sang-Mêlée. La dernière ligne de l'article posait la question suivante:
Et la pauvre Hermione Granger. Comment prend-elle la nouvelle?
"Pas très bien." Hermione fit un petit rire amer à elle-même tandis que les premiers clients entraient. Elle jeta le journal dans la corbeille à papier.
/
Après une très longue journée à recevoir des regards plein de pitié et à entendre des "Quel dommage", six heures moins le quart arriva enfin. Hermione s'affala sur le comptoir, après avoir souhaité une bonne soirée à son dernier client, et profita de quelques secondes de tranquillité avant que la porte ne s'ouvre à nouveau.
Draco entra dans la librairie. Elle plissa les yeux en le voyant.
"Qu'est-ce que tu veux?"
Il leva un sourcil et sautilla jusqu'en haut des marches. "Un livre? Vous en vendez ici?"
Elle vérifia l'heure sur sa montre. "On ferme dans quinze minutes. Tu avais vraiment besoin de venir en toute fin de journée?"
"Je préfére éviter les regards indiscrets pour notre histoire torride, Granger." Il s'appuya contre le comptoir et elle se tourna vers une pile de livres pour qu'il ne remarque pas ses joues rosies.
"Dépêche-toi. Je dois encore remettre tout ça en rayon."
"Il est en réserve normalement."
Elle marqua une pause avant de regarder en direction de l'étagère contenant les livres réservés. Un sac qu'elle n'avait pas remarqué auparavant s'y trouvait. Elle l'attrapa et sortit le livre glissé à l'intérieur ; c'était à nouveau un roman très 'girly'. Elle haussa un sourcil dans sa direction et il en leva un à son tour. Elle commença à noter l'achat dans le registre tandis qu'il l'observait.
"Un journaliste m'a demandé ce matin si tu m'avais larguée en douceur," dit-elle. Elle leva les yeux vers lui. "Je suppose que tu as été vu avec une de tes copines hier soir?"
"Oui, Katya. Encore six autres à venir."
Elle l'observa un instant.
"Une pour chaque jour de la semaine, c'est bien ça?" demanda-t-il. Elle le toisa du regard en l'entendant lui renvoyer ses propres mots au visage. "D'ailleurs, ça me fait penser," dit-il d'une voix traînante, "est-ce que tu en aurais 5 de plus?" Il désigna le livre dont elle était en train de noter le titre.
Elle pouffa de rire en finissant d'écrire. "Tu sais Draco, ce n'est pas parce que tu leur donnes des livres qu'elles vont apprendre à lire."
Elle releva les yeux vers lui quand il ne répondit rien et vit qu'il était en train de l'observer avec attention. Ses yeux s'illuminèrent.
"Granger," dit-il. "Si ça te manque à ce point d'être prise en photo avec moi dans les journaux, je peux te réserver le mercredi. Je crois que ça ne va pas bien marcher avec la fille de ce jour-là."
Ses yeux gris cherchaient sa réaction. Elle fronça les sourcils. "Je vais vérifier sur mon agenda si je suis dispo et je te dirai ça." Elle lui donna le sac.
"Un emballage cadeau?" Il était l'innocence même, avec ses sourcils levés et ses yeux grands ouverts.
Elle lui arracha le sac des mains, attrapa deux morceaux de papier cadeau et posa le tout avec force sur le comptoir. "Fais-le toi-même." Elle attrapa la pile de livres à ranger et commença par les rayons sur sa droite sans un autre regard dans sa direction.
Une fois dissimulée derrière une rangée, elle lâcha un soupir silencieux. Son cœur battait la chamade et son cerveau essayait de comprendre pourquoi elle s'était agacée aussi vite.
Après avoir remis, à la hâte, quelques livres à leur place, elle réalisa qu'elle n'avait toujours pas entendu la porte d'entrée s'ouvrir. Elle passa la tête hors d'un rayon et vit Draco Malfoy, derrière le comptoir, en train de dérouler du papier cadeau.
"Malfoy!" Elle se précipita vers le comptoir, posa les livres puis repassa derrière le comptoir pour le faire partir. "Tu n'as pas le droit d'être là!"
"Tu m'as dit 'fais le toi-même!'" répliqua-t-il, un sourire narquois aux lèvres.
"Argn! Donne-moi ça!" Elle attrapa le rouleau de papier cadeau et alla à sa droite pour le dérouler sur le comptoir. "Tu ne peux pas te contenter d'un sac cadeau?" gémit-elle.
"Le truc, c'est que Katya a reçu ce superbe emballage cadeau que tu as fait pour elle la semaine dernière, alors je ne peux pas apporter aux autres un cadeau moins joli. Il vaut mieux être équitable sur ce genre de choses."
"Tu es vraiment incorrigible." Elle attrapa le sac et sortit le livre pour le placer sur le papier. Draco n'avait toujours pas bougé de sa place derrière le comptoir et se tenait donc tout près d'elle tandis qu'elle prenait un morceau de scotch et l'appliquait sur un pli.
"Comment se passe ton projet avec le dragon de Gringotts?"
Elle leva les yeux vers lui. Il l'observait. A nouveau, elle ne put s'empêcher de penser que c'était lui le dragon.
"Euh… bien." Elle plia un autre coin de papier cadeau. "J'ai soumis une première proposition hier à Mathilda pour qu'elle la relise et que je fasse ensuite les modifications adéquates avant de la soumettre à Kingley - euh au Ministre Shacklebolt."
"Et est-ce que tu as vu le Ministre pour en parler avec lui?"
Elle le regarda à nouveau et remarqua qu'il se tenait à moins de trente centimètres, le corps tourné entièrement vers elle, appuyé sur le comptoir.
"Euh, non?" Elle fronça les sourcils. "C'est justement à ça que doit servir la proposition."
Il haussa un sourcil. "Tu es proche du Ministre de la Magie et tu as combattu à ses côtés pendant la guerre. Si tu ne peux même pas l'inviter à prendre le thé - ou un café - pour lui parler d'un projet qui te tient à cœur, alors à quoi bon être amie avec lui?"
Elle saisit le ruban. "Alors ça, c'est typiquement Serpentard. Une amitié ne peut pas être juste une amitié. Il faut forcément en retirer quelque chose, pas vrai Malfoy?"
"Et je reconnais bien là une Gryffondor," répondit-il d'une voix basse en s'approchant d'elle, "à démarrer quelque chose sans avoir la moindre idée de comment t'y prendre pour obtenir ce que tu veux."
Sa gorge se serra. Elle le regarda dans les yeux et eut la distincte impression qu'il n'était plus en train de parler de dragons. Son esprit s'agita et elle sentit le comptoir taper contre sa hanche droite. Il l'avait encore coincée.
"Tout va bien en bas?" la voix de Morty et le grincement d'une porte se firent entendre. "M. Malfoy! Quel plaisir de vous revoir!"
La température chuta brusquement quand Draco s'éloigna d'elle et elle remarqua ses joues colorées tandis qu'il fit un sourire en direction de Morty. Elle jeta un œil à sa montre pendant que les deux hommes discutaient et vit qu'il était déjà dix-huit heures cinq. Génial. Elle lança un regard morne en direction des livres qu'elles devaient encore remettre en rayon.
"Granger était en train de faire un emballage cadeau pour moi mais je crois bien que je l'ai retenue après l'heure de fermeture. Je m'excuse."
Hermione laissa échapper un soupir indigné. Il s'excuse, mais bien sûr. Elle sentit le regard de Draco se tourner vers elle tandis qu'elle sortit sa baguette pour retourner le panneau sur la porte d'entrée de Ouvert à Fermé.
"Pas de souci, mon garçon." Morty attrapa la pile de livres.
"Oh, non, Morty. Je peux m'en occuper—" essaya-t-elle.
"Balivernes. Finissez de vous occupez de M. Malfoy et moi je vais ranger ça." Morty disparut dans les rayonnages.
Draco n'avait toujours pas bougé de sa place derrière le comptoir et avait maintenant le regard baissé vers elle. Elle fronça les sourcils et se retourna vers le cadeau qu'il avait prévu d'offrir à une de ses copines. Elle coupa le ruban, le passa autour du paquet et le noua. Elle se pencha devant lui pour attraper un sac à sa gauche, leurs corps se frôlant à nouveau. Elle lâcha le livre à l'intérieur et lui mit de force dans les bras.
"Merci pour votre achat à la librairie Cornerstone," dit-elle d'une voix monocorde. Il leva un sourcil et elle passa devant lui, leurs corps se frôlant à nouveau, pour aller aider Morty à ranger les livres.
/
Toute la semaine suivante, Hermione fit mine de ne pas lire les pages 'société' de la Gazette mais c'était plus fort qu'elle. Draco n'avait été vu avec aucune autre femme et elle ne savait pas si cela devait la rassurer ou l'inquiéter. Est-ce que cela voulait dire que Katya était 'la bonne' s'il ne sortait plus avec les autres? Elle essaya de se ressaisir et se promit de ne plus penser à Draco de la semaine.
"Ginny." Elle referma avec fracas la porte de leur appartement et Ginny releva la tête depuis le canapé. "Je veux un rencard."
Ginny machouilla son sandwich au fromage, avala sa bouchée et répondit calmement, "C'est très gentil Hermione mais je suis avec Harry pour le moment. Si on se sépare, peut-être?"
Hermione leva les yeux au ciel et jeta son sac sur une chaise. "Je pense qu'il est temps pour moi de sortir avec quelqu'un."
"T'es sérieuse?" Ginny la dévisageait, les yeux grands ouverts.
"Oui." Hermione la regarda fixement. Ginny l'observa en retour. Hermione demanda, "Alors, je fais quoi maintenant?"
Ginny gloussa. "Si tu veux je peux te faire une liste de mecs célibataires qui pourraient t'intéresser."
"Ok. D'accord." Hermione plaça ses mains sur ses hanches.
"Mais en général, tu leur demandes juste s'ils sont intéressés pour prendre un verre ou un thé ensemble."
"C'est moi qui demande?"
"Oui Hermione. On est presque au 21ème siècle tu sais," dit Ginny. Hermione soupira. "Alors, dis-moi, est-ce que je ne te liste que les trous du cul ex-Mangemorts aux cheveux blonds? Ou est-ce que tes critères ont évolué?"
"Non, non." Hermione fronça les sourcils. "Je me suis résolue à ne plus penser à Draco Malfoy. C'est juste une pure perte de temps."
Ginny lui fit un petit sourire à pleine dents. "Bonne décision."
Cette discussion avait eu lieu le lundi et évidemment, le mardi, alors qu'Harry l'avait invitée à la cafétéria - "ils font des croissants aux amandes maintenant, Hermione!" - ils étaient tombés nez à nez sur Draco. Harry, toujours aussi poli et candide, l'invita aussitôt à se joindre à eux. Hermione sirota son café en silence en écoutant les deux jeunes hommes parler des matchs de Quidditch prévus ce week-end. Elle se souvint que dimanche ce serait Halloween et que Harry avait justement prévu de bien charger sa journée pour ne pas penser aux différents événements qui avaient eu lieu à cette date anniversaire.
"Tu seras au match aussi, non?"
Hermione touilla distraitement son café en récupérant des miettes de croissant du bout de son index. Face au silence qui s'installa, elle releva la tête et vit que les deux garçons la regardaient fixement.
"Quoi? Pardon. Moi?" Elle sentit ses joues rougir.
"Ouais," dit Harry. "Tu viendras au match d'Halloween? Je crois que tous les départements seront présents, même s'ils ne jouent pas."
"Je—euh, peut-être, oui," bredouilla-t-elle. "Il faudra que je sois au travail à dix heures, mais –"
"Cornerstone sera ouvert le jour d'Halloween?" demanda Draco.
Elle le regarda un instant et cligna des yeux. "Oh, euh je… j'imagine que non."
"Super!" dit Harry en souriant. "On va massacrer les Transports Magiques et ensuite on ira tous prendre un verre!"
"Super." Hermione était tout sauf ravie.
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Le reste de la semaine passa à toute vitesse. Ginny ne perdit pas de temps à la mettre en contact avec Rolf Scamander, quelqu'un qu'elle admirait sincèrement mais avec lequel elle ne ressentit aucune étincelle. Ils avaient eu une formidable conversation pendant plus de trois heures, autour d'un verre, à propos de son projet de dragon et de l'extinction progressive des Vivets Dorés. Mais à la fin du rendez-vous, Hermione réalisa qu'ils n'avaient absolument pas fait connaissance.
Rita Skeeter n'était pas de cet avis. Ses pages 'Société' illustrèrent une photo d'eux, en pleine conversation animée au sujet des travaux de son grand-père avec les Strangulots, annonçant qu'ils avaient "bien accroché" et qu'elle semblait tout à fait remise de sa rupture avec Draco Malfoy.
Mathilda fit un point avec elle le vendredi sur son projet concernant Gringotts et, malheureusement, nombre de ses commentaires rejoignaient ce que Malfoy lui avait dit au sujet des gobelins et de leur manque de coopération.
"De ce que je sais à leur sujet," dit Mathilda en faisant machinalement un chignon avec ses cheveux et en oubliant quelques mèches au passage, "ils préfèrent vraiment continuer à faire les choses comme ils l'ont toujours fait. Le nouveau dragon a déjà été choisi et va être transporté dans une réserve au Pays de Galles pour être… dressé" annonça Mathilda en grimaçant.
"Quoi?" sursauta Hermione. "Ils vont déjà aveugler et torturer un autre dragon?"
"Cela fait déjà un an et demi, Hermione." répondit-elle en soupirant. Ils ont un commerce à faire tourner."
"Et qu'est-ce qu'ils pensent de mon idée au sujet de protéger les niveaux inférieurs par des Aurors ou de proposer des postes à des elfes de maisons? Ils pourraient être chargés de récupérer les objets dans des coffres dont seuls eux auraient l'accès."
"Les gobelins ne voudront pas que des sociers soient impliqués dans leur système de sécurité et tu sais mieux que quiconque que les elfes de maison peuvent être… influencés, quand ils sont loyaux à quelqu'un d'autre." Mathilda referma l'épais dossier avec un son étouffé et Hermione comprit que son projet était enterré. "Je suis désolée, Hermione. Les gobelins veulent leur créature."
Hermione fut de mauvaise humeur tout le reste de la journée. Narcissa et elle avaient échangé des courriers toute la semaine, et même l'arrivée d'une invitation à déjeuner pour la semaine suivante, rédigée avec cette écriture inclinée si reconnaissable, ne réussit pas à lui remonter le moral. Elle répondit promptement, indiquant qu'elle serait ravie de la voir et que lundi midi serait parfait pour elle.
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Samedi à 17h30, Hermione avait vraiment hâte d'avoir une journée de repos. Surtout quand elle vit Draco débarquer à Cornerstone en sifflotant.
Elle fronça les sourcils. "Draco, ce n'est pas parce que Skeeter écrit que tu viens à Cornerstone tous les samedis que tu es obligé de le faire."
Elle pivota et attrapa le sac contenant le livre en réserve avant de le claquer sur le comptoir, avec plus de force que ce qu'elle avait anticipé. Elle leva les yeux vers lui et il lui lança un regard hésitant, presque inquiet.
"Mais c'est qu'elle a l'air particulièrement féroce aujourd'hui! Tu as changé quelque chose à tes cheveux, Granger?"
Elle plissa les yeux. "Est-ce que tu veux un emballage cadeau?"
"Evidement," dit-il. Elle sortit le registre et commença à en tourner les pages. Elle ne l'avait pas ouvert depuis plusieurs heures car la boutique était particulièrement calme en cette veille de vacances. "Ta réunion avec Mathilda ne s'est pas bien passée, paraît-il?"
Ses mains s'immobilisèrent et elle releva les yeux vers lui. "Comment le sais-tu?"
"Les murs ont des oreilles." Il leva un sourcil dans sa direction. Elle se renfrogna, se demandant si Mathilda parlait d'elle à d'autres personnes. Avec Robards peut-être?
"Elle pense que les gobelins ne feront pas de compromis, qu'ils veulent une créature," expliqua-t-elle. Elle sortit le livre de son sachet pour commencer à en noter le titre.
"C'est bien dommage. Tu vas trouver une autre solution."
Elle était sur le point de lui répondre quand elle lut le titre du livre. C'était un livre pour enfant, similaire aux Contes de Beedle le Barde mais moins acclamé.
Elle releva la tête vers lui. "Le roman était trop compliqué pour ta copine?" Il lui fit un sourire narquois. Elle regarda le livre et prit le temps de réfléchir avant de continuer. "On pourrait peut-être lui emballer un dictionnaire avec?" Elle posa un regard innocent sur lui et il se pencha en avant, les coudes appuyés sur le comptoir.
"Non, non. Si elle apprend des mots plus compliqués on devra communiquer davantage."
"Bien sûr, je comprends." Hermione secoua la tête et prit un rouleau de papier cadeau avec des ciseaux afin d'en couper un morceau aux dimensions du livre. "Si celui-là lui plait, Draco, j'en aurai un autre à lui recommander: A comme Asticot, B comme Balai et C comme Centaure. C'est un best seller pour ce niveau de lecture."
Elle plaça le livre sur le papier cadeau et commença à replier les côtés.
"Tu t'es mise à m'appeler Draco," dit-il d'une voix traînante, et les mains d'Hermione s'immobilisèrent. Était-ce une question?
Elle releva la tête vers lui et, trouvant ses yeux rivés sur elle, elle la rebaissa aussitôt. Elle poussa quelques mèches hors de son visage et dit, "Ha oui, c'est, euh… ta mère t'appelle Draco, alors…"
"Oui je sais, j'arrive pas à l'en empêcher," lança-t-il avec malice.
Elle batailla contre le sourire qui menaçait de s'étaler en grand sur ses lèvres et garda les yeux fixés sur le papier cadeau. La main droite de Draco était occupée à jouer avec l'anneau Serpentard placé sur son pouce gauche, à quelques centimètres à peine de là où elle emballait le petit livre dans le papier cadeau noir et orange, au thème d'Halloween. Elle sentit son regard sur ses mains, la rendant si nerveuse qu'elle laissa un pli s'échapper par deux fois, l'obligeant à le reformer. Elle tendit la main pour attraper un morceau de scotch.
"Je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer Rolf Scamander, mais il paraît que c'est un type intéressant."
Le morceau de scotch s'emmêla entre ses doigts, et se colla sur lui-même, devenant inutilisable. Elle releva la tête vers et vit que ses yeux l'observaient à nouveau.
"Je… Oui, enfin, je ne l'avais jamais rencontré avant non plus," elle bégaya et baissa les yeux. "Il est très enthousiaste à l'idée d'évoquer les travaux de son grand-père et je l'ai trouvé très… euh, très intéressant."
Elle arracha le morceau de scotch chiffonné de ses doigts et réalisa pour la première fois qu'elle aurait très bien pu utiliser la magie pour faire tous ces emballages cadeaux. C'était juste un réflexe naturel pour elle de faire ça comme les Moldus. Peut-être que c'était la raison pour laquelle Draco fixait ses mains chaque fois qu'elle emballait un livre.
Seulement maintenant, c'était son visage qu'il regardait. Il l'observait avec attention tout en lui parlant du garçon avec lequel elle était sortie deux jours avant. Elle hésita à parler davantage de son rendez-vous avec Rolf. Elle pourrait lui dire la vérité - qu'ils allaient se revoir, en tant qu'amis - ou bien elle pourrait enjoliver un peu la réalité. Peut-être que le mieux était encore de ne rien dire?
Elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir et préféra ne rien dire. Elle continua d'emballer rapidement le livre, dans l'espoir de pouvoir chasser Draco puis de servir prestement le client qui avait décidé de venir chez Cornerstone à moins de vingt minutes de la fermeture. Draco, lui, ne semblait avoir aucunement l'intention de se presser et restait appuyé confortablement sur le comptoir.
"Bonsoir," dit Hermione, en faisant un pas de côté et se penchant pour accueillir le nouvel arrivant, dissimulé par la silhouette de Draco. Elle pâlit visiblement en apercevant Ron Weasley sur le pas de la porte dont le regard alternait entre elle et le Serpentard. "Ron. Salut." Elle fit un sourire pincée.
Draco la regarda, comme pour vérifier si elle plaisantait, puis il se redressa et se tourna légèrement pour jeter un coup d'oeil derrière lui. Hermione assista à un échange de regard glacial entre les deux hommes.
"Tiens donc," lui murmura Draco en se retournant vers elle. "Comme quoi, ils reçoivent bien la Gazette en Irlande."
Elle tourna son regard sur lui et vit qu'il arborait un sourire satisfait. Ron, pendant ce temps, fusillait du regard le dos de Draco.
Si les circonstances avaient été normales, ce qui n'était clairement pas le cas, elle serait allée faire une embrassade à Ron. Elle se serait même jetée dans les bras de son meilleur ami - son meilleur ami qu'elle n'avait pas vu depuis un mois. Mais étant donné que ses mains étaient occupées à maintenir le pli d'un papier cadeau, qui servait à emballer le livre que Draco Malfoy prévoyait d'offrir à une de ses sept copines, elle était coincée derrière le comptoir. Elle prit la décision de lâcher le papier et de marcher - sans courir - hors du comptoir, de passer devant Draco et de prendre Ron sans ses bras tandis qu'il arrivait en haut des marches.
"Joyeux Halloween," dit-il dans son oreille, la voix tendue.
"J-Joyeux Halloween, oui." Elle s'écarta après leur simple embrassade, avec l'intention de retourner à l'emballage du livre et de faire sortir Draco Malfoy de la boutique aussi vite que possible. Mais Ron aggrippa ses hanches, la maintenant contre lui. Elle laissa ses mains retomber le long de son corps avant de choisir de les placer sur les coudes de Ron. "Que - qu'est-ce que tu fais là?"
Elle faillit grimacer en entendant ses propres mots mais l'attention de Ron était dirigée ailleurs. Elle n'osa pas regarder en direction de Draco tant que les mains de Ron étaient posées sur elle.
"Je t'avais dit que je reviendrais pour Halloween." Ron la regarda et, pour la première fois depuis son arrivée, il lui fit un grand sourire, très chaleureux.
La scène était bien trop intime. Ses mains sur ses hanches, à quelques centimètres l'un de l'autre et son grand sourire alors que Draco était encore dans son champ de vision. Elle fit un petit sourire à Ron avant de faire un pas en arrière, hors de son étreinte, et de retourner derrière le comptoir.
"Tu es là pour combien de temps?" C'était bizarre d'avoir cette conversation juste tous les deux sans impliquer Draco alors qu'il se tenait justement entre eux. Mais aucun des deux hommes n'avait encore salué l'autre.
"Jusque demain soir seulement."
Hermione acquiesca et reforma le pli du papier cadeau, les mains tremblantes. N'ayant rien d'autre à faire, Ron regarda en direction de Draco.
"Malfoy." Un semblant de salutation.
"Weasley," répondit Draco d'une voix traînante. Elle remarqua que Draco se tenait à nouveau appuyé contre le comptoir, d'un air détendu. "Excellent match la semaine dernière."
Hermione les observa. Si elle se souvenait bien, l'Irlande avait perdu la semaine précédente. A en juger par le regard furieux de Ron, il était clair que sa mémoire ne lui faisait pas défaut.
Elle essaya de changer de sujet de conversation. "Alors tu seras là pour le match amical de Quidditch demain matin? Tu pourras t'asseoir avec moi et Katie Bell." Sa voix était anormalement aigue.
"Non, en fait," commença Ron. Hermione releva la tête et vit qu'il regardait Draco fixement. "Je viens de finir de parler avec Harry et M. Acorn. Apparemment le gardien des Transports Magiques est tombé malade, alors plutôt que d'annuler tout l'événement, Acorn m'a demandé si je pouvais le remplacer."
Hermione regarda les deux hommes tour à tour. Le sourire narquois de Draco se releva à chaque coin de lèvres et le sourcil de Ron se leva en signe de challenge. Elle se sentit soudainement assez mal. Peut-être qu'elle pourrait juste s'évanouir et qu'à son réveil cette scène n'aurait jamais eu lieu.
"Ah, formidable," dit-elle, après un silence pesant.
"Oui, c'est formidable," dit Draco. "C'est vraiment généreux de leur part d'accepter n'importe qui… pour dépanner."
Ron fronça les sourcils. "Oui, c'est clair," répondit-il à Draco.
Hermione saisit le ruban noir à nouer pour le cadeau de Draco. Il était urgent de séparer ces deux-là, réalisa-t-elle. Son geste attira l'attention de Ron qui monta jusqu'au comptoir pour se tenir à côté de Draco.
"Un cadeau d'Halloween pour quelqu'un?"
Hermione prit une inspiration et supplia ses doigts de coopérer tandis qu'elle faisait passer le ruban autour du paquet.
"Oui," dit Draco. "Quelqu'un de spécial pour moi."
Hermione laissa échapper un éclat de rire. Elle releva la tête et vit que les deux hommes l'observaient. Elle noua le ruban tandis que le rouge lui monta aux joues. Elle attrapa un sac, lacha le paquet cadeau à l'intérieur et tendit le tout à Draco.
"Voilà. Merci." Pars s'il te plait.
"Non, merci à toi, Granger." Il lui fit un grand sourire à pleine dents et elle aurait tellement aimé le recevoir dans d'autres circonstances. Il se tourna vers Ron et dit, "On se verra demain sur le terrain, Weasley."
"J'y compte bien, Malfoy."
Draco fit un signe de tête en direction d'Hermione, avant de se pencher légèrement et tendre le bras devant Ron pour attraper un bonbon à la menthe dans la soucoupe disposée sur le comptoir. Hermione vit les yeux de Ron s'arrêter longuement sur les bonbons.
"A demain." Et Malfoy quitta la boutique, avec un air très fier de lui.
Ron leva son regard de la soucoupe de bonbons pour s'arrêter sur elle.
Elle lui fit un sourire en biais et lui demanda comment s'était passée sa semaine à Prague.
/
Plus tard dans la soirée, alors qu'Hermione avait réussi à soigneusement éviter tout sujet pouvant se rapporter de près ou de loin à Draco Malfoy, elle était confortablement installée dans son salon en compagnie de Ginny, Ron et Harry, un verre de vin à la main. Ses trois amis discutaient du match amical prévu le lendemain, pendant qu'Hermione sirotait tranquillement son verre et les écoutait, en espérant que Harry et Ginny ne mentionnent pas Draco.
Un bruit à la fenêtre attira leur attention et Ginny se leva pour laisser entrer un hibou grand-duc majestueux qu'Hermione reconnut immédiatement. Son cœur fit un soubresaut quand l'oiseau se posa devant elle et déposa un paquet noir et orange puis fit demi-tour immédiatement et s'envola.
"Hermione, c'est quoi ça?" Ginny sautilla jusqu'à elle.
Le ruban noir noué à la hâte la narguait tandis qu'Hermione continua de regarder le paquet fixement. A quoi jouait-il? Elle saisit la petite carte jointe au cadeau.
A ma copine du samedi,
si tu as besoin d'un dictionnaire pour ce livre, la harpie de la librairie Cornerstone a dit qu'elle serait ravie de t'en proposer un.
D.M.
P.S: Jette un coup d'oeil en page 23.
Hermione relut la carte quatre fois. Ginny la lut par-dessus son épaule avant de la regarder. Un silence régna dans la pièce et Hermione vit qu'Harry l'observait avec curiosité, tandis que Ron avait un air renfrogné.
Il avait fait ça pour provoquer Ron. C'était obligé. Quel enfoiré.
"Ca veut dire quoi?" chuchota Ginny, lui prenant la carte des mains.
"C'est un jeu, c'est tout." Hermione se leva du canapé, tira sur le ruban, arracha l'emballage cadeau qu'elle avait elle-même réalisé et trouva le livre pour enfant que Draco Malfoy était venu acheter dans la journée. Elle ne savait même pas pourquoi elle avait espéré que ce soit autre chose, étant donné qu'elle avait parfaitement reconnu la façon dont l'emballage avait été réalisé. Elle grogna et se rendit à la cuisine pour jeter le papier cadeau et le ruban à la poubelle.
Elle jeta le livre sur le plan de travail et le fixa du regard.
Un cadeau d'Halloween pour quelqu'un?
Oui, quelqu'un de spécial pour moi.
Il savait parfaitement que Ron serait avec elle au moment où elle recevrait le paquet. C'était quoi son problème par Merlin!
Elle tourna les pages jusqu'à la 23ème. C'était une fable pour enfants. Elle leva les mains au ciel, exaspérée et tourna en rond dans la cuisine.
Sauf que le livre avait été mis en réserve avant même qu'elle n'arrive au travail. Elle regarda à nouveau en direction du livre. Il l'avait sélectionné avant même de savoir que Ron serait en ville.
Elle feuilleta quelques pages, vérifia la couverture intérieure et secoua le livre pour voir s'il contenait un papier ou toute autre explication, en vain. Elle retourna finalement en page 23. La Chimère. Elle avait déjà lu cette histoire, ou des versions un peu différentes peut-être. Une Chimère vivait seul dans une forêt et gardait une fontaine qui pouvait guérir de toute maladie celui qui boirait de son eau pétillante. Un sorcier, dont le père était souffrant, voulut le mener auprès de la fontaine et décida d'abord de devenir ami avec un gobelin pour bénéficier de son aide.
L'histoire était une parfaite petite allégorie des relations entre les humains et les gobelins, alors s'il voulait s'en servir pour insister sur son manque de finesse avec les gobelins de Gringotts, soit. Elle ferait avec. Mais pourquoi se donner tout ce mal juste pour la taquiner?
Ses yeux s'arrêtèrent sur un passage dans lequel il était expliqué que les Chimères étaient naturellement repoussées par les gobelins et que seul un gobelin pourrait aider le sorcier à passer devant la créature sain et sauf.
Son cœur s'arrêta. Un cri de surprise s'échappa de sa bouche.
"Quoi!" Ginny apparut sur le pas de la porte. "Qu'est-ce qu'il se passe?"
Hermione leva les yeux vers elle, le regard brillant.
"Il faut absolument que j'aille à la bibliothèque!"
[Note de la traductrice: J'espère que ce chapitre vous a plu car en ce qui me concerne je me suis beaucoup amusée à le traduire.
Prochain chapitre: un match de Quidditch haut en couleurs ;D]
