[Note de la traductrice: Coucou tout le monde ! Enfin un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira. Merci pour tous vos messages et vos likes. Je ne réponds pas à tout le monde mais je les lis absolument tous sans exception. Vous êtes plusieurs à m'avoir demandé si je comptais finir de traduire la fic. Ma réponse n'a pas changé: oui, oui et oui, absolument ! Il y a même d'autres projets en préparation pour la suite dont je vous parlerai prochainement. Et merci à ceux qui prennent le temps de me demander comment je vais, c'est juste adorable. Je vais très bien, juste une vie bien remplie.

Comme toujours, un grand merci à Lestie pour son aide précieuse. Grâce à ses relectures, elle évite que cette histoire ne se transforme en album de Tchoupi (ses mots, pas les miens =D) !

Aussi, sachez que cette fic est constituée de 36 chapitres, on a donc encore un petit bout de chemin à faire ensemble mais on a dépassé la moitié !

Bonne lecture]

Chapitre 23

Elle prit une inspiration. La couverture rigide des livres qu'elle tenait lui rentraient dans la paume des mains. Elle ouvrit les yeux et fixa du regard la porte en bois qui menait à l'infirmerie.

Elle ferait mieux de repartir, d'aller s'installer dans la salle commune et d'oublier cette idée stupide.

Des bruits de pas retentirent du bout du couloir. Elle allait avoir l'air si bête à rester plantée dehors devant l'infirmerie, à serrer des livres contre sa poitrine. Elle entra rapidement et laissa la porte se refermer derrière elle.

Les rideaux vert menthe étaient tirés autour de plusieurs lits et la lumière du bureau de Madame Pomfresh était allumée. Quelqu'un gémissait au bout de la rangée et en jetant un œil, Hermione vit un première année qui se tenait le bras, les yeux fermés. Elle avança le long de la rangée, vérifiant à gauche et à droite. Et au quatrième lit à droite, elle le trouva.

Sa chevelure blonde était plaquée sur son front, collante de transpiration. Ses joues étaient rouges de fièvre et ses sourcils froncés, mais il était endormi. Un soulagement se propagea dans les veines d'Hermione, de voir qu'elle n'aurait pas à lui parler ni à supporter ses grimaces et ses railleries.

Elle s'approcha et vit que, sous le drap fin remonté sur son torse, son haut de pyjama était déboutonné et ouvert. Une méchante plaie d'un rouge vif partait juste à gauche du creux de sa clavicule, zigzaguait vers le bas et disparaissait sous le drap.

Elle poussa un petit cri et le son ricocha dans toute l'infirmerie, s'ajoutant aux gémissements de l'élève de première année. Serrant les lèvres pour se forcer à garder le silence, elle saisit le drap et tira doucement dessus pour le faire descendre. La cicatrice traversait son torse, changeait de direction juste en-dessous de son cœur et coupait à travers son estomac. La plaie luisait encore du baume dont Pomfresh l'avait badigeonné. La lèvre d'Hermione trembla.

"Vous venez terminer le travail, Mademoiselle Granger ?"

Elle fit volte-face, relâchant le drap et laissant presque tomber les livres. Severus Snape la toisait du bout du lit, ses bras croisés tirant sur le tissu de sa robe de sorcier. Ses yeux noirs la scrutaient.

"P—Pardon. J'étais juste… j'apportais des notes de cours à Malfoy." Il leva un sourcil dans sa direction ce qui la poussa à continuer de parler. "Il a raté plusieurs classes et je sais qu'il avait quelques difficultés dernièrement alors je—je voulais juste lui apporter un résumé des cours avec ce que chaque professeur a pu dire d'important—"

"Si vous avez été chargée de prendre des notes pour M. Malfoy, alors dans ce cas, qu'est-ce que Mademoiselle Parkinson a bien pu lui apporter après les cours aujourd'hui ?" Il fit un signe de tête en direction d'une pile de papiers et de livres placés sur la table de chevet de Malfoy. Hermione rougit.

"Sûrement des gribouillis et des mots doux." Elle se retint de prendre un air narquois et leva le regard vers l'homme sombre. Mais si vous, le professeur de Malfoy, préférez les notes de Pansy Parkinson aux miennes, alors c'est sûrement qu'elles sont exhaustives et que les miennes sont—inutiles."

La bouche de Snape se tordit et il brandit la main, en signe de requête des notes d'Hermione. Elle cligna des yeux et lui remit le livre et les documents. Il feuilleta et parcourut les notes quand soudain, le corps de Draco se convulsa. Son dos se cambra et ses poings se serrèrent. Ses jambes donnaient des coups dans le vide. Snape ne fit rien, mais tourna une autre page.

"Est-ce que… est-ce qu'il va s'en remettre, Professeur ?"

Snape referma le livre d'un bruit sec et fronça les sourcils dans sa direction. "Ah, comme j'aime la culpabilité d'un Gryffondor."
Il se tourna en direction de Draco qui gémissait, toujours endormi. "Oui. Le contre-sort prendra quelques jours à faire effet dans son corps. L'essence de dictame rendra la cicatrice moins visible. The dittany will stop most the scarring."

Elle observa les doigts de Draco s'agripper à ses draps, mais ses mains restaient à ses côtés. Ses poignets avaient dû être ensorcelés pour rester collés au lit, réalisa-t-elle, car il avait du essayer de griffer ses plaies. Son visage était tordu de douleur et Hermione souhaitait désespérément pouvoir s'asseoir auprès de lui et passer ses doigts sur ses traits tendus…

"Ce sera tout, Mademoiselle Granger ?"

Elle tressaillit en entendant la voix soyeuse de Snape et en se tournant, elle vit qu'il l'analysait avec attention. Harry lui avait raconté ce qu'il ressentait quand Snape entrait dans son esprit, Hermione savait donc qu'il ne s'agissait pas de Legilimancie.

"Oui," dit-elle, et elle passa autour de lui.

"À moins que vous ne souhaitiez que je transmette un message à M. Malfoy—?"

"Non. Je—merci. Je vais rentrer à la tour des Gryffondor." Elle se hâta en direction de la porte et la franchit en une foulée, bougonnant contre elle-même et ses idées stupides.

/

"Il m'aurait sauvée."

Harry la regarda d'un air interdit. "Ok…" Il l'attrapa par le coude pour la faire sortir. "Je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire, mais il faut qu'on y aille." Il passa la cape au-dessus d'elle et attrapa son bras devenu invisible.

Harry la guida hors de la salle. Elle pouvait entendre ses chaussures claquer, sentir ses jambes bouger, mais son cerveau était à l'arrêt. Elle pouvait encore entendre les hurlements et le souffle coupé de Draco.

Harry verrouilla la porte avec une série de sortilèges qu'elle ne reconnut pas. Son rythme cardiaque fusait. Des bruits de pas retentirent du bout du couloir et elle reprit suffisamment ses esprits pour lancer un Silencio sur ses pieds. Harry se pencha en direction de là où il pensait qu'elle se trouvait.

"Pars quand la voie est libre. Je passe te voir plus tard."

Et Montgomery apparut à l'angle du couloir, tirant sur ses manches. "Tout va bien ?"

"Ouaip. Toujours aussi barbant."

Une forte odeur de tabac froid envahit le couloir et quand Montgomery les rejoignit, elle se faufila et s'avança vers le dédale de couloirs qu'elle avait mémorisé.

Elle atteignit le hall principal du niveau 2 et se fraya un chemin à travers les bureaux de l'open space. Elle avait du mal à reprendre son souffle et rêvait de s'accroupir derrière un bureau vide et de retirer la cape, mais elle savait qu'elle ne pouvait pas juste apparaître de nulle part.

Elle passa rapidement à côté du bureau de Katie Bell, en train de manger un encas, et ralentit en arrivant au passage plus étroit près de la salle de réunion. La porte était ouverte.

Draco était assis à la table. Il tournait le dos à la porte. Elle entra, tournant autour de la table pour le voir, et passa près de son épaule droite avant de rejoindre l'autre côté. Ses lèvres étaient baissées tandis qu'il étudiait ce qui ressemblait à une carte.

Il se gratta la mâchoire.

Elle songea au souvenir où il était dans sa maison d'enfance. En haut des escaliers, il était d'abord parti à gauche avant de choisir finalement d'aller à droite. Comment avait-il su quelle chambre était la sienne ?

Elle le revit dans sa chambre, ouvrant la porte avec précipitation, alors même que la maison était vide. Qu'espérait-il trouver ? Ou ne pas trouver ?

Elle repensa à lui devant la cheminée, tremblant et reconstruisant le mur qui s'était effondré dans son esprit.

Elle le regardait maintenant, soupirant profondément à la table de la salle de réunion. Ses cheveux étaient tombés sur son front et elle voulait tellement les lui remettre en arrière.

Elle avait essayé de résoudre l'énigme qu'était Draco Malfoy. Et il lui semblait toujours aussi étranger qu'avant.

Comme en signe de réponse, ses yeux se levèrent soudainement. Il tourna la tête par-dessus son épaule et regarda en direction de la porte. Il fronça les sourcils, son cerveau en plein travail et son ouïe à l'affût.

Après trente secondes, il se leva et elle retint son souffle. Il avança lentement jusqu'à la porte et elle s'éloigna davantage de lui. Elle le vit passer la tête par l'embrasure de la porte pour observer le couloir, regardant à gauche puis à droite. Il revint dans la salle, le regard tourné vers le sol, en pleine réflexion.

Il leva les yeux vers elle. Elle aurait pu jurer qu'il la regardait. Mais son regard glissa au-delà de l'endroit où elle se trouvait et il prit une inspiration. Il regarda à nouveau dans le couloir, les sourcils froncés.

Des bruits de pas. "Bonjour, Malfoy !" La voix enjouée de Robards.

Elle vit Draco faire un léger sourire. "Bonjour. Est-ce que Granger est là ?"

Hermione plaqua une main contre sa bouche pour s'empêcher de crier.

"Granger ? Euh, non je ne crois pas. Vous avez besoin d'elle ?" Robards passa le seuil de la porte.

"Non, non, c'est bon. Il me semblait juste l'avoir aperçue."

Comment. Quoi ?

"Je peux la faire venir. Est-ce que…" Robards baissa le volume de sa voix. "Est-ce que les choses se sont arrangées entre vous deux ?"

"Euh, non. Il vaut mieux que nous ne travaillions pas ensemble. Merci."

Hermione cligna des yeux. Elle fronça les sourcils en direction du sol. Voilà pourquoi Robards n'avait pas réclamé sa présence depuis presque deux semaines. Draco ne voulait plus travailler avec elle après l'incident.

Robards lui souhaita une bonne journée. Draco se tenait debout à l'entrée, le regard vitreux. Il inspira à nouveau, regarda une dernière fois hors de la salle puis fit craquer son cou avant de retourner à sa chaise.

Elle se faufila hors de la pièce, se précipitant jusqu'au petit bureau à gauche des ascenseurs. Elle ôta la cape, à bout de souffle. Elle pivota la tête vers son corps pour le renifler. Elle ne portait pas de parfum. Elle n'avait pas d'odeur corporelle non plus - Dieu merci.

La seule chose qu'elle pouvait sentir, c'était ses cheveux. Son shampooing.

Il l'aurait sauvé et il pouvait reconnaître l'odeur de ses cheveux.

Hermione s'empressa de s'asseoir avant de s'évanouir.

/

Elle décida de défaire le Mur le soir-même.

Il était plus que temps de s'en occuper. Elle avait maintenant les réponses aux questions qu'elle se posait quand elle l'avait créé. Elle était en train de retirer la coupure de journal qui datait de son anniversaire - le jour où Draco était allé rendre visite à Lucius à Azkaban - quand Ginny rentra.

Elle déboula dans la chambre, les yeux écarquillés de joie et de curiosité, avant de laisser retomber son enthousiasme. Hermione lui fit un signe de tête en guise de salut et Ginny la regarda ranger la coupure de journal dans son coffre.

Elle ne savait pas quoi lui dire.

Je me suis trompée. Sur toute la ligne.

Je me sens si mauvaise et honteuse, de m'être introduite dans ses pensées, dans son cœur.

Je crois que Draco Malfoy aurait pu avoir des sentiments pour moi.

Je viens de me voir en train de me faire torturer. Je m'entends encore hurler.

Elle ne savait pas par où commencer.

Ginny l'observa avant de regarder en direction du Mur, maintenant à moitié vide. Elle fronça les yeux en direction du sol et avança vers l'autre côté, là où les articles les plus récents étaient accrochés. Elle commença à les décrocher en silence, un à un, jusqu'à ce qu'elles se rejoignent au centre.

/

Une fois tous les articles rangés, elle commença enfin à parler à Ginny. Il restait encore quelques notes manuscrites à faire disparaître, comme si le papier peint redécoré la narguait. Après lui avoir raconté les deux souvenirs, Ginny la regarda avec des yeux écarquillés.

"Il t'a menti." Sa voix était douce, comme si elle était en pleine révélation.

"À quelle occasion ?" demanda Hermione en riant.

"À toutes les occasions."

Hermione tourna son regard vers elle et vit que Ginny examinait à nouveau le mur vide. Ginny se leva et s'avança jusqu'à l'endroit où Hermione avait inscrit le nombre 35 000 à l'encre. Elle effleura les chiffres du bout des doigts. Hermione vit les yeux de Ginny revenir en arrière. Elle continua à avancer, passa devant la porte jusqu'au mur de gauche et remonta le temps à travers les éléments griffonnés sur la période de la guerre. Elle passa la Bataille de Poudlard puis le Manoir Malfoy et atterrit à la veille de Noël - 1997.

"Il était volontaire ?" Ginny avait les yeux rivés sur la date.

"C'est ce qu'a dit Dolohov."

"C'est ça qu'il ne voulait pas que tu saches."

Hermione la regarda. Ginny était en train de créer dans sa tête sa propre vision de la chronologie des événements. Elle regarda le Mur puis baissa le regard au sol, les yeux toujours en mouvement, avant de revenir au Mur. Ginny pivota vers elle, les yeux étincelants.

"Alors…. Il t'aime."

Le cœur d'Hermione tenta de s'échapper de sa cage thoracique.

"Il… il était rassuré de voir que la maison était vide. De là à dire si c'était parce qu'il se souciait de ses occupants ou s'il était juste soulagé du fait que personne ne serait tué ce jour là—"

"De ses occupants ? Granger !" cria Ginny. "Il a couru directement jusqu'à ta chambre ! Ça ne te suffit pas comme preuve ?"

"C'est—oui c'est une possibilité, bien sûr ! Mais peut-être—"

Ginny leva la main pour l'interrompre. "Non. Pas de peut-être. Tu ne vas pas t'en tirer comme ça." Ginny la rejoignit près du lit et prit sa main entre les siennes. "Hermione. Lucius Malfoy avait raison." Ginny leva un sourcil et cligna des yeux, comme si la phrase lui était douloureuse à prononcer. "Draco est allé voir sa grand-mère Sang-Pur pour lui demander 35 000 gallions comme solution de secours pour sauver une Née-Moldue avec laquelle il ne sortait même pas." Ginny s'assit, les yeux écarquillés. "Par Merlin, il est couillu."

Hermione fit une moue en entendant les mots employés par Ginny et se leva pour faire les cent pas.

"Je… Je comprends où tu veux en venir Gin. Je reconnais que… que tout semble indiquer que Lucius Malfoy avait raison et que Draco avait… une forme de sentiments pour moi." Elle tourna la tête vers la rouquine. "Mais c'était à cette époque-là. Qui sait ce qu'il ressent aujourd'hui."

Ginny grogna et sauta hors du lit, rouvrant le coffre où se trouvaient les articles qu'elles venaient de décrocher du mur. Elle en saisit un et le brandit devant le visage d'Hermione.

"Moi je sais ! Je sais exactement ce qu'il ressent aujourd'hui !"

Hermione saisit l'article relatant leur déjeuner chez Fortarôme. La main de Draco se levant pour la guider tandis qu'ils traversaient la rue. Les yeux de Draco posés sur elle tandis que Narcissa et elle discutaient. Le sourire naturel de Draco et ses yeux brillants tandis qu'il la raccompagnait devant la porte de la librairie Cornerstone. Cela lui semblait tellement loin. Comment pourrait-elle jamais retrouver l'insouciance de cet instant ?

"Mais il sort avec quelqu'un. Plusieurs quelqu'uns !" Hermione fit le tour de son lit pour remettre l'article sur Fortarôme dans le coffre.

"Et ben, va lui dire que tu aimerais que ton nom soit ajouté à la liste d'attente !" Ginny sauta sur le lit d'Hermione, dominant la pièce de toute sa hauteur. Cela lui rappela si bien leur dernière année à Poudlard qu'elle en sourit presque.

Un crépitement et un bruit de courant d'air retentirent depuis la cheminée. La voix d'Harry se fit entendre.

"Fais du thé, Potter !" lui cria Ginny. "Et ouvre une bouteille ! On a des choses à organiser."

"Et merde," marmonna Harry depuis le séjour.

Hermione passa la demi-heure suivante à informer Harry du contenu des souvenirs. Enfin, Ginny se chargea d'en raconter la majorité en y ajoutant son grain de sel. Hermione était assise à la petite table du coin repas, sirotant un verre de vin que Ginny lui avait servi de force.

Harry but son thé en silence le temps du récit. Hermione pouvait lire la tension sur son visage et ses lèvres serrées tandis que les événements de la Guerre lui étaient racontés. Ginny ne remarqua rien et continua son récit à marche forcée, lui peignant ainsi un nouveau tableau des événements. Hermione ne la blâmait pas. Elle n'avait pas été là. Elle n'était pas à Godric's Hollow la nuit où Draco et les Mangemorts avaient essayé de la capturer à la maison de ses parents. Elle n'était pas au Manoir Malfoy, ni sur la plage. Elle n'avait pas l'image de la tombe de Dobby gravée dans sa mémoire comme c'était le cas pour Harry et Hermione.

"Donc, l'idée maintenant," annonça Ginny, ce qui fit sortir Hermione de ses pensées, "c'est de faire en sorte que ces deux-là soient sur la même longueur d'onde !"

"Il sort pas avec une bulgare en ce moment ?" demanda Harry, tout en saisissant sa tasse.

"Si," répondit Hermione. "Et c'est vraiment une fille bien."

"Oui, bon, ça suffit avec ça." Ginny lui resservit du vin. "On s'en fiche de Katya machin-chose. Harry," elle fit volte-face dans sa direction. "En tant que mec… Est-ce que c'est possible de sortir avec une fille tout en étant amoureux d'une autre ?" lui demanda Ginny, les mains sur les hanches.

Le regard d'Harry alterna entre les deux jeunes femmes avant de s'arrêter sur Ginny. "J'ai l'impression que c'est une question piège."

"Mais non. Réponds à la foutue question, Potter. Je sais que tu m'aimes."

"Et bien… Euh, oui. Mais c'est vraiment un sale truc à faire."

Ginny fit un grand sourire et dit "Et Draco Malfoy est un sale type ! Tout est clair !"

Hermione leva les yeux au ciel avant de prendre une grande gorgée de son verre. Elle se dit que, peut-être, à l'avenir, elle ferait bien d'essayer de gérer ses histoires amoureuses sans impliquer qui que ce soit.

"Donc," continua Ginny. "Malfoy veut Hermione. Hermione veut Malfoy. Les prochaines étapes me paraissent assez évidentes."

"Euh…" murmura Harry. Elles tournèrent la tête vers lui.

"Quoi 'euh' ?" demanda Ginny.

Harry avait l'air de regretter d'avoir parlé. "Euh… c'était quoi la dernière conversation que vous avez eu tous les deux ?"

Hermione cligna des yeux. "Je… Je l'ai vu dans l'ascenseur jeudi. Je lui ai demandé comment se passait sa création d'entreprise et je lui ai souhaité une bonne journée."

"Et avant ça ?" Harry grimaça. Hermione ne voyait pas où il voulait en venir.

"Tu veux parler du truc avec Marcus Flint, c'est ça ?" dit Ginny en s'asseyant à table. "Quand il a réagi au fait qu'elle se jetait sur lui !"

"Oui, mais…" Harry prit une inspiration. Hermione voulait juste qu'il crache le morceau. "Est-ce que tu ne l'as pas aussi accusé de t'avoir droguée pour… profiter de la situation ?"

"Mais elle s'est excusée pour ça. Ils se sont expliqués." Ginny secoua la tête en signe de frustration. Hermione les regarda l'un après l'autre, tandis qu'ils débattaient sur sa situation.

"D'accord, mais ça s'est quand même passé. Il sait que tu l'en crois capable."

Elle sentit une pierre tomber dans son estomac. "Non, c'est… en fait—" commença-t-elle à répondre.

"Ok, imaginons qu'on laisse ça de côté puisque vous vous êtes 'expliqués'." dit Harry en se levant. Ginny le toisa du regard en l'écoutant lui renvoyer ses propres mots. "Qu'est-ce qu'il s'est passé avant tout ça ?"

"Je l'ai accusé d'avoir éclaboussé de sang les murs de la maison de mes parents." Elle baissa la tête en direction de la table, réalisant ce qu'Harry essayait de lui dire.

"Mais non, mais non. C'est pas lui qui a projeté ce sang," dit Ginny. "Et maintenant on sait que ce n'est pas ce qu'il s'est réellement passé—"

"Oui, mais Malfoy ne sait pas que l'on sait ça, parce que cela mettrait à mal cette parfaite petite mission secrète qu'Hermione et moi venons de—"

"Mais qu'est-ce que ça peut faire ?! Elle n'a qu'à lui en reparler et lui dire qu'elle ne croit pas qu'il aurait été capable de lui faire du mal à elle ou à ses parents s'il avait trouvé—"

"Elle peut toujours essayer !" Harry leva les bras de chaque côté. "Mais ça ne change rien au fait qu'elle l'a déjà accusé de ça, et qu'elle le croit capable de—"

"Je vois ce que tu veux dire, Harry." Hermione fronça les sourcils en direction de ses mains. Harry avait raison. Et c'était affreux.

"Et sans oublier," déclara Harry, d'une voix plus douce, "ce qui s'est passé encore avant."

Hermione leva la tête vers lui.

"Quoi ?" dit Ginny. "Avant ça il y a eu Lucius Malfoy."

"Encore avant," dit Hermione, sentant le désespoir lui serrer la poitrine, "J'ai dit à sa mère que je ne l'épouserai jamais."

Ginny ouvrit la bouche pour rétorquer, avant de se raviser. Elle dit finalement, "Peut-être que Narcissa ne lui a pas répété ?"

Hermione répondit par un sourire triste.

"Alors, je ne suis pas Draco Malfoy," poursuivit Harry. "Merlin merci," murmura-t-il. "Je ne suis ni un Sang-Pur, ni un Serpentard, ni un casse-couille de première. Mais en tant que mec…" Harry prit une inspiration et croisa son regard. "Je partirais du principe que j'ai raté le train."

Hermione hocha la tête en direction de ses mains, le cœur serré.

"Et bien, dans ce cas… On n'a qu'à lui faire prendre le suivant !" déclara fièrement Ginny, ne comprenant manifestement pas le sens de l'expression moldue.

/

Comment faire tomber Draco Malfoy amoureux d'elle une seconde fois. Elle tapota sa plume sur le registre. Ce serait tellement plus facile si elle savait comment elle y était parvenue la première fois.

Elle s'appuyait sur le comptoir de Cornerstone et observait la harpie déambuler avec apathie à travers les rangées de livres. Elle avait commencé à gribouiller une liste d'idées une heure auparavant. Contacter Robards pour demander à participer à plus de projets. Écrire à Narcissa Malfoy. Le kidnapper.

Elle jeta un œil en direction de la lettre qu'elle avait commencé à écrire pour lui. Le deuxième livre de la nouvelle série de Lance Gainsworth allait paraître en mai. Les pré-commandes ne se faisaient généralement pas plus de trois mois avant la sortie d'un livre, alors lui écrire six mois avant pour lui demander s'il était intéressé semblait assez exagéré.

Non, il fallait qu'elle trouve une façon plus naturelle de maintenir le contact, surtout que son dernier jour au Ministère était ce vendredi. Elle n'avait plus aucun échange avec lui en dehors du travail, il fallait donc qu'elle agisse cette semaine, qu'elle trouve quelque chose pour susciter son intérêt. De façon naturelle.

Elle leva les yeux pour regarder par la fenêtre et marqua une pause un instant en voyant Draco Malfoy, dans la rue pavée, prendre une inspiration avant de se saisir de la poignée de la porte. L'avait-elle fait apparaître par la seule force de ses pensées ?

Elle baissa rapidement la tête, cherchant sur le comptoir la lettre à moitié écrite qui lui était destinée. Elle la saisit, la chiffonna et la jeta à la corbeille puis fit mine de refermer le registre et de le ranger à sa place avant de relever la tête. De façon naturelle.

"Bonjour." Elle laissa ses yeux se poser sur lui, tandis qu'il montait les marches jusqu'au niveau principal. Elle fit semblant d'être surprise. "Oh, salut."

"Granger." Il lui fit un signe de tête et elle frissonna en repensant au Granger soufflé dans son oreille.

"Est-ce que... est-ce que tu as réservé un livre ?" Elle se tourna en direction de l'étagère où étaient stockés les livres réservés tout en sachant très bien qu'il n'y en avait aucun au nom de Malfoy ou Black.

"Euh, non," dit-il. Elle se retourna vers lui, s'efforçant de garder un visage aussi ouvert que possible. "J'étais... je venais juste regarder."

Il portait un sac en bandoulière, ayant tout de l'allure d'un professeur d'université moldue. Hermione hésitait entre rire et tomber en pâmoison.

"Super." Elle sentait son cœur battre jusqu'au bout de ses doigts. Il était là. Et elle était déterminée à le retenir. "Il y a quelques… euh…" Elle fit le tour du comptoir en direction des rayonnages de gauche et de la zone de lecture. "Quelques nouveautés qui sont sorties depuis ta dernière visite."

Elle partit en direction des romans et sentit Draco lui emboîter le pas. Par Merlin, elle n'avait aucune idée de ce qu'elle était en train de faire.

"Il y a un roman qui vient de sortir qui est vaguement inspiré d'un livre moldu sorti dans les années 80." Elle s'arrêta devant le présentoir où se trouvait le livre et en tapota la couverture. "Futur dystopien, mariage imposé, contrôle des naissances." Elle leva la tête vers lui et vit qu'il observait son visage. "De mon point de vue, le livre moldu est meilleur, mais ici personne n'en a entendu parler, alors…"

Elle laissa sa phrase en suspens et haussa les épaules avant de s'avancer vers d'autres étagères. Plusieurs personnes flânaient dans la section des romans et une jeune sorcière, installée dans un des fauteuils, observait Draco et Hermione avec attention. Hermione laissa glisser ses doigts le long de quelques couvertures de livres et vit que Draco la suivait.

"Et celui-ci. Phineas Bourne s'est essayé au roman d'horreur, contre toute attente. Je n'ai pas eu le courage de m'y mettre mais, d'après Morty, c'est une histoire particulièrement macabre, si c'est ton truc…"

Elle se mordit la lèvre, en se disant qu'elle devait avoir l'air bête à le guider à travers la boutique comme s'il n'avait jamais vu de librairie de sa vie. Aucune des autres personnes présentes, en train de lire tranquillement, n'avait reçu de visite privée avec présentation des dernières sorties littéraires.

Elle était allée trop loin. Elle ferait bien de lui présenter un dernier livre et de le laisser tranquille. Elle n'osait même pas le regarder, de peur de découvrir qu'il voyait clair dans son jeu.

"Le dernier que je voulais te montrer… Euh…" Elle tourna à un coin et, par chance, trouva un rayon libre. Elle voulait de toute urgence l'éloigner de la jeune sorcière qui savait exactement ce qu'elle était en train de faire. "Voilà." Elle saisit un livre de l'étagère du bas. "Une nouvelle biographie de Chadwick Boot. J'ai écrit à Terry Boot pour savoir si cet auteur a la moindre allégation sur les informations qu'il fournit, mais j'attends toujours sa réponse."

Elle extirpa ses yeux de la couverture. Son regard était posé sur le livre. Il tourna son regard vers elle, un sourire en coin à peine caché.

"Je vais prendre les trois."

Elle déglutit en observant ses yeux changer de couleur. "Vraiment ? Euh… Génial." Elle sourit, essayant de garder un semblant de professionnalisme. "Je— Enfin… Il ne faut pas te sentir obligé non plus." Le son qu'elle fit en riant était étrange. "Tu peux regarder ce qu'il y a d'autre, bien sûr."

"Non, non," dit-il, en prenant la biographie de ses mains tremblantes. "Si Hermione Granger prend la peine de recommander un nouveau livre, ce serait vraiment idiot de ma part de ne pas l'écouter."

Hermione le regarda feuilleter les pages de la biographie et en lire la quatrième de couverture. Elle ne se souvenait pas de la dernière fois qu'il avait prononcé son prénom.

"Je… je vais aller chercher les autres et je te retrouve au comptoir, alors." Elle passa à côté de lui, sa hanche frôlant ses cuisses dans l'espace étroit. Elle récupéra les deux autres livres en question en ignorant le grand sourire que la jeune sorcière arborait derrière son livre.

Elle retourna au comptoir et essaya de se concentrer sur sa respiration. Elle sortit le registre du tiroir et commença à noter les achats tandis qu'elle l'entendit approcher.

"Au fait, je voulais te demander quelque chose," dit-il.

Elle leva la tête vers lui. Les yeux de Draco baissèrent en direction du comptoir. Elle retint son souffle tandis que son pouls s'accéléra et que son cerveau se mit en ébullition.

"Tout ce que tu veux."

Oh, mon Dieu. Oh, mon Dieu, Hermione. Au moins, elle avait dit ça sur un ton léger, et pas avec une voix sensuelle ou lourde de sous-entendu. Quelle réponse ridicule.

Il releva la tête vers elle, le visage neutre. Son Occlumancie, encore. Il l'avait évincée.

"Est-ce que tu connais Quentin Margolis ?"

Ce n'était pas du tout la question qu'elle attendait.

"Le leader des loup-garous ?" demanda-t-elle, et Draco hocha la tête. "Oui, d'une certaine façon. Il est venu au bureau plusieurs fois et après la guerre il voulait qu'on lui présente Teddy Lupin, Harry et moi…" Elle était en train de radoter. "Pourquoi cette question ?"

"J'aimerais lui offrir mes services. Enfin, à lui et à sa meute." Draco se gratta la mâchoire et détourna son regard. "Il… Les hiboux que je lui ai envoyés sont restés lettre morte. Et je commence à penser que c'est à cause de mon nom et de ma réputation." Il serra la mâchoire. "Et de mon passé avec Greyback."

Hermione vit la honte traverser son visage avant que l'image de Greyback en train d'humer l'air de sa chambre n'apparut devant ses yeux.

"Je vois." Elle ne voyait pas du tout. "Et bien, Quentin passe très peu de temps hors de sa meute. Il est possible que tes lettres ne lui soient jamais parvenues ?"

"Oh si, elles sont bien arrivées." Draco répondit avec un sourire crispé. "'Lettre morte' était juste une façon courtoise de dire qu'il m'avait fait savoir qu'il n'avait aucune envie de me rencontrer."

Elle hocha la tête, en faisant pensivement tourner sa plume entre ses doigts.

"C'est peut-être un problème d'argent. Sa communauté n'a sans doute pas les moyens de s'offrir tes services. Les loups-garous ont de grandes difficultés à trouver un emploi et à le garder—"

"C'est justement pour ça qu'on se bat. Pour les droits des loups-garous. Et mettre en place des lois contre les discriminations dont ils sont victimes."

Elle eut le souffle légèrement coupé. "Des lois anti-discrimination ?" Elle rencontra ses yeux et sut que les siens étaient écarquillés. Le combat pour les droits des loups-garous avait été long à se manifester, et Kingsley lui avait dit que c'était un sujet en cours d'examen pour les audiences à venir. Mais si quelqu'un comme Draco Malfoy et sa société de conseil menaient la charge... avec un vrai conseil juridique...

Les yeux de Draco la dévisagèrent avant de baisser en direction du comptoir, comme s'il était gêné.

"J'ai juste besoin d'un 'coup de pouce'," dit Draco. "D'une recommandation."

"Bien sûr," répondit-elle le souffle court. "Je vais écrire à Quentin de ta part."

"Vraiment ?" Son regard était brûlant. Elle acquiesça "J'ai… avec moi…" Il se tourna vers son sac à bandoulière et en sortit un dossier dans une pochette en cuir. "Voici le projet que je souhaite leur présenter. Si tu veux en prendre connaissance avant de lui écrire."

Elle lui prit le document des mains avec avidité, impatiente de se plonger dans les idées et les étapes qui s'y trouvaient. "Je te le ramène lundi."

Il fit un signe de la tête. "Merci, Granger."

Granger. Murmuré contre son oreille.

Elle sourit et mit le dossier de côté, avant de continuer à inscrire ses achats dans le registre. Il était tout à fait possible qu'il ait décidé d'acheter ces trois livres dans le seul but de lui demander ce service. Mais Hermione n'avait aucun scrupule à ça.

Les yeux toujours sur le registre, elle lui demanda, "Est-ce que ton équipe a prévu quelque chose pour fêter ton dernier jour ?"

"Euh, non. Pas que je sache."

Elle releva la tête vers lui et ôta les cheveux de son visage. "Tu ne peux pas juste partir comme ça," dit-elle. "Il faut qu'Harry et moi on organise quelque chose, alors."

Son regard se mit à briller. Elle n'avait pas vu ses yeux faire ça depuis si longtemps. Signe qu'il avait baissé sa garde.

"Il… ne faut pas vous sentir obligés."

"Mais si, voyons," dit-elle avec un grand sourire. "On va marquer le coup avec un truc bien gênant, comme imprimer ta tête sur un gâteau."

Il grimaça. "Sûrement une tradition moldue."

"Absolument." dit-elle en riant. Son cœur battait si vite, elle avait l'impression de jouer avec le feu. "On prévoit ça vendredi après le boulot ? Ton jour de départ." Elle volait bien trop près du soleil et elle ressentit le besoin de ralentir. "Je vais charger Harry de faire passer le message au Niveau 2. Tu peux inviter Katya si tu veux."

L'effet d'une douche froide qu'elle se serait imposée à elle-même.

"Ou Noelle," dit-elle avec un sourire crispé. "Ou la personne qui est en charge du vendredi, qui qu'elle soit." Elle parvint à produire un petit rire tout en glissant les trois livres dans un sac.

Elle n'osait même pas le regarder, sachant que son regard à lui était sur elle.

"Il faudra que tu me dises ce que vaut le roman d'horreur. Je ne pense pas pouvoir le lire par moi-même," dit-elle. Elle lui tendit le sac.

Il prit le sac et dit, "Merci. Pour Quentin Margolis."

Elle croisa son regard. "Je t'en prie. Tout ce que tu veux."

Il lui fit un sourire espiègle et elle sentit le rouge lui monter aux joues. "Attention, Granger," dit-il, et elle vit ses yeux briller. "Je risque de te prendre au mot."

Un sourire s'étira sur son visage avant même qu'elle puisse s'en empêcher. Elle serra les lèvres pour le faire disparaître, sachant pertinemment qu'elle devait avoir l'air bête, et rougissant tandis qu'il pivota et quitta Cornerstone.

/

Elle passa le reste de la journée en lévitation. Elle lévita jusqu'à son appartement, et lévita jusqu'à sa chambre où elle trouva deux enveloppes qui l'attendaient sur son lit. Ginny avait dû les réceptionner des hiboux pour elle.

L'une avait une enveloppe ivoire, adressée à Mademoiselle Hermione Jean Granger d'une écriture inclinée parfaite. L'autre indiquait juste H.G. Étrange.

Elle ouvrit l'enveloppe ivoire en premier, reconnaissant l'écriture de Narcissa Malfoy.

Très chère Hermione,

Narcissa et Draco Malfoy ont le plaisir de vous inviter cordialement au Gala annuel du Nouvel An et à la cérémonie officielle de lancement de Malfoy Consulting Group.

L'enveloppe contenait d'autres papiers comme un carton de retour et des indications pour arriver à la fête par Cheminette, mais elle n'arrivait pas à se remettre du "Très chère Hermione".

Elle sourit en voyant l'écriture familière. Peut-être que les choses revenaient à la normale maintenant. Draco et elle se parlaient à nouveau - ils flirtaient même - et Narcissa s'adressait à elle avec affection. Elle s'imaginait arriver dans une belle robe, se faire coiffer, laisser Ginny la maquiller et permettre à Draco de la prendre au mot avec son "Tout ce que tu veux".

Elle rougissait encore, la lèvre pincée, quand elle se décida à ouvrir la deuxième enveloppe, dont plusieurs choses s'échappèrent.

Son cœur s'arrêta et son corps sursauta quand elle reconnut l'écriture. Une main régulière qu'elle avait vue pour la dernière fois sur un morceau de papier l'attendant sur une table en métal.

Mademoiselle Granger,

J'ai écrit à Madame Michele et j'ai été stupéfait d'apprendre qu'elle n'avait aucune rencontre de prévue avec vous.

J'ai également contacté Mademoiselle Truesdale, Madame Bernard, et Monsieur Dubois, et j'ai découvert que vous n'aviez aucunement tenté de planifier des rendez-vous pour les cours de danse, de décoration d'intérieur et d'étiquette.

Je tenais pour acquis que vous n'entreteniez aucune relation intime avec mon fils et que, dans l'éventualité où une telle relation devait voir le jour, vous reconnaissiez les qualités nécessaires sur lesquelles vous auriez à travailler.

Ayant établi que vous n'avez aucune intention de devenir une partenaire adéquate pour mon fils, vous me voyez dans l'obligation de réévaluer ma décision de dissocier l'héritage de Draco de ses obligations maritales. Je déplore que cela puisse affecter ses projets professionnels. J'espérais tellement qu'il prendrait un nouveau départ et deviendrait un leader pour notre société, mais peut-être n'est-il pas prêt.

Ne vous embarrassez pas davantage à essayer de nier votre implication. J'en ai vu la preuve de mes propres yeux, Mademoiselle Granger, et je me dois d'insister et d'exiger que vous preniez vos distances d'avec mon fils.

Lucius Malfoy

Les mains tremblantes, elle reposa la lettre sur le lit et trouva plusieurs photos jointes au courrier. Elle s'observa se jeter dans les bras de Draco dans une allée poisseuse, glissant ses doigts dans les cheveux du blond et pressant ses lèvres contre son cou. Elle lança la photo à l'autre bout de la pièce et en découvrit une autre sur laquelle Draco la tenait contre un mur en briques tandis qu'elle laissait un suçon sur son poignet.

Elle lâcha les photos et trébucha jusqu'à la salle de bain, le cœur au bord des lèvres.