Tu m'apprendras… ?

Bonjour à tous ! Voici sans plus attendre le nouveau chapitre de cette fiction ! J'espère qu'il vous plaira et surtout n'hésitez pas à laisser un petit commentaire à la fin, juste histoire de me dire que vous êtes passés, ce que vous avez aimé/pas aimé… Je ne suis habituellement pas du genre à supplier pour des reviews mais cette fiction me demande beaucoup de travail. Chaque semaine ce sont des heures et des heures passées à écrire, puis traduire dans une autre langue et c'est un peu décourageant de voir que 99% des gens lisent sans même laisser un petit mot… Promis, je suis sympa et je ne mords pas (enfin pas très fort). Des bisous à vous et bonne lecture !

Merci à Wizzette pour ta review !

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6. A Nightmare To Remember

Après son bruyant caprice, Jemmy n'avait plus lâché la jupe de Phèdre, la suivant partout comme un petit caneton. Enfin presque. Au grand dam de Brianna, les rares secondes où l'enfant s'était éloigné de la femme de chambre avaient été pour se jeter dans les jambes de Bonnet, lorsque celui-ci avait enfin quitté le salon en compagnie de deux hommes aux mines patibulaires. Le pirate avait soulevé Jemmy avec un sourire satisfait, l'avait jeté en l'air pour provoquer un nouvel éclat de rire chez l'enfant, puis reposé à terre pour raccompagner ses deux visiteurs vers la sortie.

L'espace d'un instant, Brianna regretta presque que son fils ne soit pas un de ces enfants timides, qui fuyaient tout visage inconnu sans demander leur reste et pleuraient dès qu'ils se retrouvaient dans des bras autres que ceux de leur mère. Elle n'était pas exactement jalouse, non, plutôt horrifiée de la facilité avec laquelle Jemmy avait accepté Bonnet dans son espace vital.

Peu avant midi, Jocasta Cameron Innes avait quitté le domaine dans une voiture tirée par quatre de ses plus beaux chevaux. Si elle était parvenue à conserver une expression digne et neutre depuis le début de ce cauchemar, cette façade s'était quelque peu fissurée au moment de grimper dans le carrosse. Aidée d'un côté par Ulysse et de l'autre par Brianna, ses mains s'étaient mises à trembler et ses yeux vides à se remplir de larmes lorsqu'elle s'était hissée sur le marchepied, tandis que depuis le porche, nonchalamment adossé contre un volet, Bonnet observait la scène de loin avec un léger rictus horripilant.

Brianna était restée un long moment dans l'allée, à regarder la voiture s'éloigner dans la chaleur étouffante de cette matinée de juillet. Le dernier membre de sa famille venait de la quitter, pour une durée indéterminée, signant tristement le début d'une nouvelle vie. D'un quotidien dans lequel chaque minute passée en compagnie de Bonnet serait un combat, contre lui d'une part mais aussi contre elle-même, contre ses traumatismes qui allaient refaire surface et la peur qui la rongerait de l'intérieur si elle la laissait faire. Tout allait devenir extrêmement compliqué et elle devrait réfléchir à chacun de ses gestes, chacun de ses mots si elle voulait survivre, pouvoir garder Jeremiah et trouver le moyen de faire tomber Bonnet pour ses crimes. Et tout cela sans mourir de peur à chaque fois qu'il l'approcherait… ou pire.

Durant l'après-midi, les soldats Anglais venus s'assurer du départ de Jocasta s'étaient éclipsés, puis plusieurs convois de chevaux étaient arrivés au compte-goutte, composés d'hommes choisis par Bonnet pour remplacer le personnel. Aucun n'avait l'air assez aimable pour s'en faire un potentiel allié et d'autres jetaient des regards tellement libidineux en direction de Phèdre, que les deux jeunes femmes avaient préféré se réfugier avec Jemmy près de l'étang, pour y rester jusqu'à l'heure du dîner de l'enfant. Elles s'étaient ensuite installées dans la cuisine sous le regard froid et neutre du nouveau chef, et tandis que celui-ci se faisait expliquer où se trouvaient tous les ustensiles par Phèdre, Brianna s'efforçait de faire avaler ses haricots à Jemmy. Mais celui-ci semblait plus absorbé par le remue-ménage de Phèdre et du nouveau cuisinier, un certain Fitzpatrick, que par la cuillère que tendait sa mère. Quand la porte de la cuisine s'ouvrit sur Bonnet, les faisant tous sursauter – même le grand gaillard chargé du dîner – celui-ci claqua des doigts en direction de Phèdre avec impatience.

« Vous… Suivez-moi. »

« Oui, Monsieur… », répondit aussitôt Phèdre avec une brève révérence. Le temps qu'elle traverse la pièce, Bonnet posa son regard sur Brianna et Jemmy (qui lui souriait de toutes ses petites dents couvertes de haricots mâchés) et il haussa les sourcils.

« Pourquoi est-ce qu'il ne mange pas avec nous ? »

Parce que je ne peux pas m'occuper de son éducation et de la tienne en même temps ?, rétorqua-t-elle intérieurement sans se retourner. Elle prit une discrète inspiration, afficha une expression neutre et non l'air méprisant qu'elle avait très envie de plaquer sur ses traits, et pivota sur sa chaise.

« Parce que nous mangeons beaucoup trop tard pour lui. A cette heure-là, il est au lit. »

L'expression de Bonnet montrait clairement qu'il n'avait pas dit son dernier mot à ce sujet, mais Phèdre l'attendait déjà hors de la cuisine et il referma la porte avec un soupir agacé. Jeremiah avait fini de dîner depuis une bonne vingtaine de minutes, et commençait déjà à piquer du nez dans les bras de sa mère, lorsque Phèdre réapparut pour le coucher. La jeune servante semblait vouloir dire quelque chose à Brianna mais elle referma la bouche aussi sec quand Bonnet apparut à son tour pour entraîner son épouse dans la salle à manger. D'un geste brusque, il s'empara d'une carafe de vin et remplit deux verres pendant que Brianna s'asseyait à sa place. Il fit glisser l'un des verres dans sa direction, puis saisit le pied du sien à pleine main pour en boire une longue gorgée.

« Alors ? Comment s'est passée ta journée, mon cœur ? », demanda-t-il d'un ton léger, le dos bien calé contre le dossier de sa chaise.

Ma journée ? Il a foutu ma tante dehors, avec l'aide d'une armée de soldats, avant qu'une horde d'inconnus envahissent la maison et il me demande comment s'est passée ma journée ? L'incrédulité et la colère devaient se lire si clairement sur son visage que le sourire de Bonnet disparut aussitôt et il se mordit la lèvre inférieure avec un faux air désolé. « Oh, j'oubliais… Peut-être que je devrais garder cette question disons… pour demain ? »

Même dans un foutu siècle, ma réponse serait la même, mais oui essaie donc demain…, gronda intérieurement Brianna, au moment où un valet apportait leurs plats. Face au silence obstiné de la jeune femme, Bonnet reprit une autre gorgée de vin et jeta un regard gêné en direction des salades froides et de la simple viande grillée qu'on venait de leur servir.

« Notre cuisinier n'a pas eu beaucoup de temps pour se familiariser avec son nouveau lieu de travail, la qualité des repas devrait s'améliorer dès demain. »

Si tu savais combien je m'en fous de tes repas à la con, Stephen… Pour compenser l'aigreur de sa réponse intérieure, Brianna lui adressa le sourire le plus large qu'il lui ait jamais vu et il fut un instant décontenancé. Cela ne dura qu'un temps, cependant, car il fronça bientôt les sourcils.

« Et si tu arrêtais de me répondre dans ta tête ? Nous pourrions avoir une vraie conversation à la place ? », demanda-t-il sèchement.

Un frisson parcourut Brianna et elle eut la désagréable sensation qu'il avait lu dans son esprit. Non, mon visage était trop expressif, il sentait que je me fichais de lui, voilà tout…

« Tu tiens mal ton verre. Un peu plus de délicatesse, ce n'est pas la peine d'empoigner le pied comme tu le fais. »

Bonnet cligna des yeux un instant, agacé que les seuls mots qu'elle lui adresse soient des reproches, mais il corrigea aussitôt la position de ses doigts autour du verre et le leva dans sa direction avec un sourire narquois. « Si c'est de la délicatesse que tu veux, mon cœur, tu en auras ce soir… »

L'allusion n'était même pas subtile et Brianna faillit s'étouffer avec son vin. Prise de panique, elle sentit son cœur accélérer la cadence et se mit à manger mécaniquement, sans un mot ni un regard pour l'Irlandais, son esprit entièrement focalisé sur un seul objectif : quitter la table au plus vite, courir à l'étage et s'enfermer dans sa chambre avec Jeremiah. Bonnet avait dû sentir son trouble car il ne tenta plus de relancer la conversation et ils achevèrent leur dîner dans un silence tendu, jusqu'à ce que Brianna ne tienne plus et quitte la salle à manger au pas de course. Elle s'arrêta sur le palier du premier étage et se plia en deux : le repas avalé à la va-vite et l'angoisse lui tordaient le ventre et elle dut se forcer à prendre de profondes et lentes inspirations pour se calmer. Sans un bruit, elle se traîna jusqu'à la porte de sa chambre et posa un regard désespéré sur son fils qui dormait déjà à poings fermés dans son grand lit à baldaquins.

« Monsieur Bonnet m'a fait déplacer toutes vos affaires dans l'ancienne chambre de Mme Cameron… et il a retiré la clé de la serrure », chuchota la voix de Phèdre dans son dos, la faisant sursauter. « Votre chambre sera désormais celle de Jeremiah, Madame… »

Brianna se sentit trembler de tous ses membres à l'idée de devoir pour la première fois s'allonger dans le même lit que son bourreau, et saisit le chambranle de la porte pour ne pas s'effondrer sur le sol. Après une première nuit blanche et une journée épuisante, elle était rompue de fatigue mais savait déjà qu'il lui serait impossible de fermer l'œil en sentant sa chaleur sous les draps, tout contre elle. Et cela dans le meilleur des cas, où il ne tenterait pas de la toucher. Mais elle doutait qu'il se retienne bien longtemps. Jetant un dernier regard douloureux en direction de la petite boule que formait Jeremiah, seul dans son ancien lit, dans cette même chambre où elle lui avait donné naissance, Brianna referma la porte en silence et se tourna vers Phèdre.

« Vous ne voulez toujours pas essayer de réveiller Jemmy discrètement ? », murmura-t-elle, le désespoir faisant trembloter sa voix.

Phèdre ouvrit la bouche d'un air désolé, mais ne put pas donner de réponse. Bonnet venait d'arriver sur le palier et après un bref regard en direction des deux femmes, s'engouffra dans l'ancienne chambre de Jocasta. La femme de chambre attendit quelques secondes supplémentaires, puis chuchota :

« Réfléchissez, Madame… Quel bien cela pourrait-il vous faire de repousser toujours plus l'échéance ? Aucun ! Monsieur Bonnet pourrait très bien écrire au Juge pour lui indiquer votre refus de vous plier à vos devoirs conjugaux… et vous perdrez définitivement Jeremiah. »

« Je ne peux pas revivre ça, Phèdre… Je ne peux pas le laisser me… Je n'en aurai pas la force. »

La servante fronça les sourcils avec une expression sincèrement désolée. « La situation a changé, Madame. Il n'est plus un agresseur dans une taverne, mais votre époux. »

« Pour moi, il n'y a aucune différence », cracha sèchement Brianna en essuyant rageusement une larme sur sa joue.

« Pourtant, il y en a une aux yeux de la loi… dont il profite allègrement. »

Un craquement, suivi d'un grincement caractéristique, résonna dans tout l'étage et Brianna ferma les yeux. Le lit de sa tante Jocasta avait toujours horriblement grincé, au point qu'elle et Roger avaient l'habitude de pouffer bêtement depuis leur chambre quand ils l'entendaient se coucher, plaisantant sur la gêne que devait ressentir le personnel de maison lorsque son précédent époux, feu Hector Cameron qu'ils n'avaient jamais connu, décidait de son vivant de faire honneur à sa femme. Mais ce soir, le bruit incongru ne lui donnait absolument pas envie de rire. Plutôt de se jeter par la fenêtre en hurlant.

« Il est couché… », annonça inutilement Phèdre avec un soupir. « Venez. »

Après avoir serré doucement le coude de Brianna de sa main frêle, la jeune métisse se dirigea vers la porte de la chambre principale et frappa deux coups brefs avant d'entrer. Brianna la suivit à pas lents, prenant soin de ne pas regarder en direction du lit lorsqu'elle traversa la pièce. Elle le sentait, Bonnet avait les yeux rivés sur elle, accompagnant chacun de ses pas, chacun de ses gestes, jusqu'à ce qu'elle disparaisse derrière le paravent déployé dans un coin.

Phèdre entreprit de la débarrasser de sa robe, avec des gestes exagérément lents et Brianna comprit qu'elle cherchait simplement à gagner du temps, à rester le plus longtemps possible auprès d'elle pour la rassurer. Du coin de l'œil, par-dessus le paravent qui n'allait pas au-dessus de son menton, elle vit le pirate allongé sur le matelas, un genou fléchi et un bras replié derrière sa tête, attendant patiemment qu'elle enfile sa chemise de nuit. Lorsque ce fut fait, Phèdre sentit nettement la respiration de Brianna s'accélérer et lui proposa gentiment :

« Voulez-vous que je vous brosse les cheveux, Madame ? »

Brianna leva un regard humide et plein de reconnaissance dans sa direction, avant de hocher la tête. Elles savaient toutes deux pertinemment que Brianna ne lui demandait jamais d'effectuer des tâches aussi simples, d'habitude. La jeune femme, contrairement à ses contemporaines, insistait toujours pour se laver, s'habiller et se coiffer seule, à l'exception des grandes occasions qui nécessitaient des tenues et des coiffures plus complexes. Mais cette fois, elle était prête à faire une exception. Ne serait-ce que pour profiter quelques minutes de plus de la présence rassurante de Phèdre à ses côtés.

La servante quitta l'écran protecteur du paravent et se dirigea vers la coiffeuse, dont elle tira la chaise. Brianna sortit à son tour, se sentant désagréablement nue malgré la longue chemise de nuit qui la couvrait jusqu'aux chevilles, et s'assit. Il y eut un léger mouvement du côté de Bonnet, mais pas le moindre bruit – à part celui du lit. Phèdre défit le chignon de Brianna, laissant ses boucles folles cascader sur ses épaules, et empoigna une brosse pour les démêler. Toujours avec la même lenteur. Soucieux d'agir en bon gentleman, Bonnet ne donna jamais le moindre signe d'impatience, si bien qu'au bout de dix minutes de brossage, Brianna se demanda s'il ne s'était pas tout simplement endormi. Tournant légèrement les yeux dans sa direction, elle constata non seulement qu'il était bel et bien éveillé, mais qu'il semblait savourer le spectacle.

Quelques minutes plus tard, force était de constater que la brosse n'accrochait plus aucun nœud ni aucune boucle et Phèdre déclara forfait. Elles avaient déjà suffisamment traîné et n'importe quel autre homme aurait perdu patience et mis la servante dehors depuis belle lurette. Phèdre reposa la brosse sur la coiffeuse et discrètement, pressa l'épaule de Brianna avant de leur souhaiter poliment une bonne nuit et de s'éclipser. Brianna avait été incapable de lui répondre, tant elle avait la gorge nouée, et resta quelques dizaines de secondes assise sur sa chaise après son départ. Avec des gestes mécaniques, et évitant toujours le regard de Bonnet, elle avait fini par se lever pour gagner le lit du côté opposé au pirate, et s'assit sur le matelas, lui tournant le dos. Le lit grinça de nouveau atrocement et elle grimaça, les yeux clos, avant de se pencher vers la petite table de nuit où une dernière chandelle brûlait encore. Elle la souffla. Quoi qu'il se passe ensuite, elle préférait en voir le moins possible. Laisser son imagination embellir la réalité. La transporter loin, très loin d'ici et très loin de lui.

L'obscurité engloutit la pièce et elle s'allongea doucement sur le flanc, tirant la couverture sur elle, dans l'espoir idiot que cela la protège de son compagnon de chambrée. Pendant quelques secondes, il ne se passa absolument rien, puis un creux se forma derrière elle sur le matelas lorsque le pirate rapprocha son corps du sien. Brianna sentit un frisson glacé lui parcourir l'échine malgré la chaleur étouffante qui semblait émaner de lui et l'envelopper toute entière. L'angoisse était à son paroxysme et elle sentit son cœur s'affoler lorsque l'une des mains de Bonnet se posa sur sa jambe gauche, faisant lentement glisser sa chemise de nuit le long de ses cuisses jusqu'à ses hanches. Lorsque le tissu fut suffisamment remonté à son goût, il se mit à effleurer sa peau nue et Brianna tressaillit violemment. A sa grande surprise, cela arrêta le geste de Bonnet, sa main restant en suspens à quelques centimètres au-dessus de sa hanche et elle attendit une longue minute, le cœur battant la chamade. Il se rapprocha de nouveau, collant cette fois son torse contre le dos de la jeune femme. Avec la même douceur dont il avait fait preuve pour retrousser la chemise de nuit, il refit descendre le tissu jusqu'à un niveau plus décent et reposa sa main sur sa hanche désormais couverte pour la serrer délicatement.

« Est-ce que je suis sensé demander ton autorisation ? », souffla-t-il contre son épaule. Sans aucune agressivité, ni amertume. C'était une vraie question, mais Brianna était trop tendue pour pouvoir lui répondre. Elle hocha la tête, nerveuse, ne sachant même pas s'il pouvait la voir dans la pénombre. La main de Bonnet affermit sa prise sur elle et Brianna crut un instant qu'il avait pris à tort son hochement de tête pour un consentement. Mais au lieu de ça, il la fit rouler sur le dos, la forçant à le regarder. Dans cette position, avec son visage juste au-dessus du sien, Brianna ne put empêcher de sinistres souvenirs de refaire surface et elle se tortilla nerveusement, tout en jetant des regards paniqués en direction de la sortie. Jusqu'à ce qu'il saisisse son menton entre deux doigts, et elle se figea aussi brutalement qu'un lézard faisant le mort pour échapper à son prédateur. Elle le sentait… Il allait lui poser la question. Il allait lui demander son autorisation et elle serait incapable de répondre. Et avant d'avoir eu le temps de dire 'ouf', elle serait dans un carrosse direction Fraser's Ridge, en ayant perdu la garde de Jemmy pour toujours…

Les lèvres de Bonnet s'entrouvrirent, mais au moment où il allait prononcer les mots fatidiques, un hurlement strident retentit au bout du couloir et il releva la tête, observant la porte de leur chambre d'un air surpris. Jemmy pleurait de toute la force de ses petits poumons et sa mère retint un soupir de soulagement.

Phèdre… Oh ma chère, ma très chère Phèdre…, pensa Brianna, à deux doigts de fondre en larmes de reconnaissance. Profitant de l'effet de surprise, elle sauta hors du lit et sortit dans le couloir, tandis que dans la chambre, Bonnet se laissait retomber à plat sur le matelas avec un grognement de frustration sonore. Le couloir était désert et Brianna en déduisit que Phèdre avait pris la poudre d'escampette sitôt son crime commis, par sécurité.

« Jemmy… Shhh… Ce n'est rien… », murmura Brianna en entrant dans la pièce pour prendre l'enfant dans ses bras.

Le pauvre hoquetait et sanglotait tout à la fois, et Brianna ne put s'empêcher d'être envahie par la culpabilité. « Monstre il m'a fait peuuur ! »

« Ce n'était qu'un cauchemar… Un simple cauchemar… Il n'y a pas de monstre dans cette chambre, et s'il y en avait un, Maman l'a fait fuir… » Tu ne crois pas si bien dire, Bree, ajouta-t-elle intérieurement. « Tu veux que je reste avec toi, cette nuit ? »

L'enfant acquiesça, pour le plus grand bonheur de Brianna et elle se glissa sous les draps, serrant son fils contre sa poitrine et lui caressant les cheveux avec douceur. Une vingtaine de minutes plus tard, alors que Jemmy s'était rendormi en tétant son foulard, elle entendit le lit craquer dans la chambre principale et frémit. Comme elle l'avait prévu, Bonnet s'était levé pour voir où elle en était avec les cauchemars de Jemmy et elle fit son possible pour maintenir une respiration lente et régulière. Mais cela devenait de plus en plus difficile au fur et à mesure que les pas de l'Irlandais se rapprochaient. Lorsqu'elle l'entendit passer le seuil de la petite chambre, elle ferma les yeux et s'immobilisa, posant chaque inspiration, chaque souffle, avec une précision millimétrée. Elle sentait qu'il s'était arrêté au bord du lit, juste derrière son dos. Ne pas tressaillir, ne pas sursauter quand à coup sûr il la toucherait. Tous les sens en alerte, Brianna attendait qu'il tente quelque chose, qu'il vérifie qu'elle était bien endormie, tout en continuant de respirer calmement. Mais tout ce qu'elle sentit fut une main tirant le drap vers sa tête pour le laisser retomber au niveau du cou de Jeremiah. Entrouvrant imperceptiblement les paupières, elle vit la main effleurer les cheveux blonds de Jemmy, puis les siens – replaçant délicatement une boucle rousse derrière son oreille – avant de disparaître de nouveau. Le cœur de Brianna battait à tout rompre dans sa cage thoracique, si fort qu'elle entendait son sang pulser dans ses tympans et ne percevait plus aucun autre son. Chacun de ses muscles était tendu à l'extrême, et un début de crampe se faisait sentir dans son mollet droit… Jusqu'à ce que le lit de Jocasta craque à nouveau, provoquant un tel soulagement que tout son corps se relâcha d'un coup, se mettant à trembler de manière incontrôlable.

Bonnet avait abandonné pour ce soir.

Le même manège se répéta quatre fois de suite. Phèdre passait un temps incroyablement long à préparer le coucher de Brianna, sous le regard lubrique de son mari, puis elle s'éclipsait. Bonnet tentait une approche, pendant laquelle elle s'efforçait toujours d'avoir l'air aussi pétrifiée qu'une biche prise dans les phares d'une voiture. Une ou deux fois, il avait eu le temps de l'embrasser, baisers auxquels elle n'avait jamais répondu, gardant les lèvres obstinément fermées. Le troisième soir, il s'était montré un peu plus entreprenant, l'embrassant langoureusement dans le cou. La peau de Brianna s'était immédiatement recouverte d'une désagréable chair de poule et elle avait failli pousser un cri de soulagement lorsque Jemmy s'était enfin mis à hurler. Mais bien qu'il semble de plus en plus agacé par ces interruptions systématiques, il n'avait jamais rien fait pour ramener Brianna dans leur chambre une fois Jemmy rassuré.

Jusqu'au cinquième soir. Lorsque Phèdre quitta la pièce, Bonnet la suivit de ses yeux mi-clos jusqu'à ce qu'elle referme la porte derrière elle et Brianna frémit. Il se doutait de quelque chose et s'il décidait de sortir à l'improviste pour prendre la femme de chambre la main dans le sac, elles auraient toutes les deux de sérieux problèmes. Brianna se leva de sa chaise au moment où il se dirigeait vers la porte pour coller son oreille contre le panneau et écouter d'éventuelles allées et venues suspectes. Plaquant ses deux mains sur son torse, elle l'arrêta et leva un regard timide dans sa direction, le genre de regard auquel tous les hommes qui aiment contrôler les femmes étaient incapables de résister. Toute envie de jouer les espions l'avait aussitôt quitté et il repoussa doucement la jeune femme en direction du matelas, la faisant s'asseoir sur le bord, avant de tomber lui-même à genoux sur le sol. D'une main ferme, il la fit s'allonger sur le dos et remonta sa chemise de nuit sur son ventre. L'instant d'après, il avait empoigné ses cuisses et plongé son visage entre elles, pour caresser de sa langue les plis les plus intimes de son corps. Brianna avait fermé les yeux, attendant désespérément d'être sauvée par le gong – ou plutôt les hurlements de son fils – et priant pour que Phèdre soit aussi prompte à filer en douce que les autres soirs.

Les trois minutes qui suivirent lui semblèrent durer une éternité. Bonnet s'efforçait par tous les moyens de lui donner du plaisir, mais Brianna contrecarrait toutes ses tentatives en projetant derrière l'écran de ses paupières les scènes les plus sordides qu'il lui avait fait vivre, ce soir-là dans la taverne. Ne pas oublier qui il était. Ce qu'il lui avait fait.

Un coup de langue particulièrement bien placé lui fit émettre un malencontreux soupir, qu'elle se maudit aussitôt d'avoir laissé échapper, et Brianna dut lutter contre l'envie de donner un coup de pied pour éloigner le prédateur de sa cible. Par chance, Jeremiah se mit à hurler à cet instant précis et Brianna poussa un second gémissement, de soulagement cette fois. Le grognement qu'émit Bonnet, en revanche, puait tellement la frustration et la colère qu'elle faillit ricaner. Se redressant sur le matelas, elle prit un air faussement déçu et résigné, avant de murmurer : « Encore un cauchemar… J'y vais. »

Mais un bras puissant la projeta de nouveau sur le lit lorsqu'elle tenta de se lever. « Toi, tu restes là. »

L'expression de Brianna se décomposa en voyant celle de Bonnet. Il était furieux, elle le sentait à son regard qui s'était assombri et à sa mâchoire serrée à l'excès. Tentant de désamorcer la situation, la jeune femme esquissa un sourire doux et haussa les épaules.

« Non, c'est bon, ça ne me dérange pas… »

Bonnet l'ignora et après avoir brièvement essuyé sa bouche sur la manche de sa blouse, il tourna les talons et quitta la pièce à grandes enjambées. Oh non, Jemmy…, pensa aussitôt Brianna, prise de panique. Furieux comme il l'était, Bonnet allait sûrement passer ses nerfs sur l'enfant, le blâmer d'avoir gâché toutes ses nuits de la semaine… Peut-être allait-il même… le frapper ? Oh non, non, non, non… Ignorant l'ordre du pirate, Brianna réajusta sa chemise de nuit et s'avança prudemment dans le couloir. Pas un son ne lui parvenait de la chambre de Jeremiah, dont la porte était entrouverte et elle s'en approcha à pas de loups. Mais contrairement à ce qu'elle avait imaginé, Bonnet ne se vengeait absolument pas sur son fils, qu'il avait pris dans ses bras et dont il tapotait maladroitement le dos en grognant « Là…là… ».

« Monstre est revenu… », chouina Jemmy en se blottissant contre l'épaule de Bonnet.

Celui-ci fronça les sourcils. « Un monstre ? Dans ta chambre ? », fit-il tandis que Jemmy faisait « oui » de la tête tout en reniflant. « Et ce monstre, il entre ici… tous les soirs ? »

« Oui… Maman a dit il existe pas, alors me suis caché sous le drap… Mais y m'a pincé le pied ! »

« Tu m'en diras tant… », gronda Bonnet sur un ton glacial. « Il semblerait que Maman ait clairement sous-estimé ce… monstre… »

Et merde, merde, merde, MERDE !, jura Brianna avant de détaler comme un lapin en direction de leur chambre. Bonnet s'était retourné et se dirigeait vers le couloir, avec l'enfant dans les bras.

« Veut dire quoi souzestimé ? », demanda Jemmy dans le couloir, au moment où sa mère tentait de remonter sur le lit sans le faire craquer. En vain. Tout le meuble protesta bruyamment sous son poids et elle grimaça, voyant presque Bonnet lever les yeux au ciel à travers la cloison.

« Ça veut dire qu'elle l'a pris pour un idiot… », grommela-t-il en poussant la porte de la chambre. Brianna avait une expression faussement sereine, mais son sourire forcé en voyant Jemmy apparaître dans les bras de Bonnet ne le trompa pas une seconde. Il déposa l'enfant au sol et referma la porte, tandis que Jemmy se précipitait dans les bras de sa mère, qui le hissa avec elle sur le matelas. « Je pense qu'il vaut mieux que Jeremiah dorme avec nous ce soir et quelques autres soirs après ça. Cela devrait lui éviter de refaire l'un de ces mystérieux cauchemars qui surviennent systématiquement à l'heure où ses parents se couchent. Tu n'es pas d'accord, mon cœur ? »

Malgré son ton mielleux, le regard que Bonnet posait sur Bree était glacial. Il l'avait percée à jour, comme Phèdre l'avait craint, mais elle eut le sentiment qu'en proposant de garder Jemmy dans leur lit, il renonçait temporairement à toute tentative de consommer leur mariage tel qu'il avait voulu le faire au cours des derniers jours.

« Si ! Si, bien sûr ! », claironna-t-elle avec un sourire bien trop large pour être honnête. Même si son plan était tombé à l'eau, la présence de Jemmy dans leur lit reculerait encore un peu l'échéance et au point où elle en était, c'était tout ce dont elle avait besoin. Calant Jemmy contre elle vers l'intérieur du lit, elle regarda Bonnet se recoucher sur le flanc, lui faisant face. Il darda quelques minutes sur elle son air agacé, pour bien lui faire comprendre qu'il se vengerait d'une manière ou d'une autre, mais Brianna l'ignora pour se concentrer sur Jemmy, ses sourires et ses babillages adorables, et il finit donc par se retourner sur le dos. L'enfant semblait toutefois intrigué par la présence de l'homme avec eux et alors que Brianna tentait de reprendre son calme pour s'endormir, sa petite voix s'éleva, curieuse.

« Mamaaaan ? »

« Oui, Jemmy ? »

« Pourquoi tu dors plus avec papa ? »

Un ricanement s'échappa de la bouche de Bonnet et Brianna rouvrit grand les yeux, ne sachant pas quoi répondre. Elle s'était attendue à ce genre de questions tôt ou tard, mais elle avait espéré qu'il ne les pose pas en présence du pirate. Justement pour éviter ceci : d'un coup de hanches, Bonnet s'était tourné vers Jemmy avec un sourire ravi.

« Alors, figure-toi que c'était avant que Maman ne dormait pas avec Papa… »

« La ferme… », siffla Brianna, menaçante, mais Bonnet l'ignora superbement.

« Voyons, mon cœur, il est bien assez grand pour connaître la vérité, maintenant. N'est-ce pas, Jeremiah ? »

Le mot « grand » avait été prononcé et Jemmy hocha aussitôt la tête avec conviction.

« C'est moi, ton papa. »

Jeremiah tourna un visage dubitatif en direction de Brianna, mais le regard menaçant de Bonnet la défiait de le contredire sous peine de représailles immédiates et elle se contenta d'un rictus indéchiffrable pour l'enfant.

« T'ai jamais vu, moi », fit Jemmy en reportant son attention sur Bonnet.

Cette fois, l'occasion était trop belle et Brianna s'empressa de répondre. « Parce qu'il était en prison… là où vont les vilains adultes qui font des vilaines choses. » Comme elle s'y attendait, Jemmy ouvrit des yeux ronds. Il avait déjà entendu parler de la prison : c'était l'endroit où on envoyait les grandes personnes qui faisaient des bêtises et c'était pour cela qu'il fallait toujours écouter sa maman quand on était petit, sinon on finissait en prison plus tard. La langue de Bonnet claqua contre son palais avec agacement, mais il se composa malgré tout un visage rieur.

« C'est vrai, mais c'était avant que tu naisses. Je n'étais pas quelqu'un de fréquentable à l'époque. Mais… », il leva un index vers le plafond avant de le pointer sur Brianna, « … ta maman est venue me voir pour te dire que tu étais dans son ventre et depuis… j'ai tout fait pour être digne d'elle et de toi… Pour avoir une belle maison… Tu aimes River Run ? Pas vrai ? »

Jemmy hocha vigoureusement la tête, avec un immense sourire. « A River Run y'a Phèd' et suis avec maman. Chez papi-mamie, l'est tout l'temps occupée dehors. »

« Moi aussi j'aime beaucoup River Run », renchérit Bonnet en donnant un petit coup d'index sur le nez de Jemmy, qui gloussa. Il vit Brianna lever les yeux au ciel mais l'ignora. « C'est pour ça que je n'étais pas là ces dernières années et que tu as cru que ton papa, c'était cet imbécile de MacKenzie. Parce que j'ai travaillé dur pour avoir cette maison et pour que nous y vivions tous les trois, comme il se doit. Qu'est-ce que tu en penses, mon grand ? Tu préfères être ici ou avec ton autre papa ? »

Jeremiah fronça les sourcils, mais son temps de réflexion fut extrêmement court compte tenu de l'importance de la question. « Papa il m'aimait pas trop. »

« C'est faux, Jemmy- », commença Brianna en le forçant à la regarder mais l'enfant la repoussa vivement.

« Si, c'est vrai ! Suis pas un menteur ! »

Brianna pinça les lèvres. Ainsi, même Jeremiah du haut de ses trois ans avait senti la méfiance de Roger à son égard et elle maudit intérieurement le sale caractère de l'Ecossais qui allait un peu plus pousser Jemmy dans les bras du pirate.

« Suis mieux ici avec Maman », acheva l'enfant en se blottissant contre elle.

Le sourire en coin de Bonnet s'agrandit. « Et avec moi ? »

Jemmy haussa les épaules, ne sachant pas encore s'il 'aimait' vraiment ce nouveau visage, quand bien même celui-ci lui avait offert un nouveau doudou et avait empêché Phèdre de partir. Brianna esquissa un rictus narquois, mais Bonnet ne sembla pas se formaliser de ce léger échec, tapotant doucement la joue de Jeremiah du doigt. « Une grande question qui n'exige pas de réponse immédiate… Chaque chose en son temps. »

Jeremiah sembla se détendre et Brianna referma ses bras autour de son petit corps tiède, tandis que Bonnet se retournait pour souffler la bougie et plonger la chambre dans l'obscurité.

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Brianna avait attendu longtemps que la respiration de Bonnet devienne lente et régulière pour enfin se détendre à son tour et tenter de s'endormir. Son corps était toutefois resté aux aguets, car dès qu'il bougeait ou se retournait dans son sommeil, les paupières de la jeune femme s'ouvraient immédiatement, chacun de ses muscles prêt à bondir si besoin. Le moins qu'on puisse dire était que le pirate avait un sommeil agité : Brianna avait été réveillée pas moins d'une demi-douzaine de fois, notamment lorsque Bonnet avait émis une série de grognements nerveux tout en se débattant un peu avec le drap. Elle avait trouvé cela curieux, qu'un homme comme lui fasse des cauchemars : ne fallait-il pas posséder une conscience ou avoir peur de quelque chose pour mal dormir ? Deux choses qui ne collaient pas avec l'idée qu'elle se faisait de l'Irlandais.

Malgré ces réveils répétitifs, elle avait fini par sombrer véritablement peu avant l'aube, épuisée mais rassurée par la présence du petit corps chaud de Jeremiah contre le sien. Celui-ci avait commencé à s'agiter au lever du soleil, alors que sa mère avait plongé profondément dans le sommeil, et ne sachant pas vraiment quoi faire dans cette pièce inconnue, aux côtés de cet homme qui prétendait être son père, il avait cherché du réconfort dans un geste familier. Même si Maman ne produisait plus de lait depuis peu, il aimait toujours se blottir contre elle et poser sa joue sur son sein, surtout quand Papa lui jetait des regards peu sympathiques – ce qui était arrivé de plus en plus souvent dernièrement. Profitant d'un mouvement de Maman, il tira sur sa chemise de nuit pour découvrir une partie de sa poitrine et se cala confortablement contre elle, bercé par les battements réguliers qu'il percevait sous la peau douce.

A sa gauche, l'homme était réveillé et Jemmy lui jeta un regard inquiet. Papa détestait quand il s'appropriait le sein de Maman, il disait qu'il était bien trop grand pour ça, mais Jemmy voyait bien qu'il était jaloux. Le monsieur couché avec eux serait-il jaloux, lui aussi ? Il n'en avait pas l'air. Allongé sur le flanc, une main soutenant sa tête, il observait l'enfant blotti contre la poitrine découverte de Bree avec un sourire en coin. Ravi et à la fois troublé par la réaction du pirate, Jemmy sourit à son tour et se retourna pour se cacher le visage entre les seins de sa mère. Cet homme-là ne l'en sortirait pas de force, autant en profiter. Il entendit Bonnet glousser devant son geste.

« Petit veinard… », marmonna l'homme en tendant une main pour lui ébouriffer les cheveux. Jemmy ne savait pas ce qu'était un veinard mais le ton de l'homme et son contact n'avaient rien d'agressif, alors ça ne devait pas être une mauvaise chose. En tous cas, contrairement à Papa, il ne fit aucun geste pour le séparer de Maman et malgré la faim qui le tiraillait, Jemmy referma les paupières et décida que rien ni personne – pour ce matin en tous cas – ne l'empêcherait de savourer ce trop rare instant de douceur.

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Et voilà c'est tout pour aujourd'hui. Un chapitre un peu plus court mais c'est parce que le prochain fait 3 ou 4 pages de plus, j'espère que ça compensera ! ahah Un petit jeu du chat et de la souris malsain vient de débuter entre Stephen et Brianna, et croyez-moi ça ne va pas s'arranger. Bonnet a les pleins pouvoirs sur sa famille et il le sait…

Enfin… je dois dire que ce chapitre était plutôt mignon dans l'ensemble, mais c'était juste un moyen de vous mettre à l'aise. Vous n'êtes absolument pas prêts pour le prochain… x) Que va-t-il se passer d'après vous ?

En attendant de vous lire je vous souhaite un excellent mois de février et je vous dit à dans 3 semaines !

Xérès