Nul ne savait à quoi ressemblait la mort, ni s'il y avait véritablement quelque chose ou quelqu'un à associer à ce qui n'était, peut être, qu'un simple concept inventé par une humanité trop orgueilleuse pour admettre sa finalité brute et dénuée de magie.
Mais cette même humanité faisait peut être aussi partie d'un infiniment grand où les épreuves connues sur terre, n'était qu'une étape à franchir, parmi tant d'autres, pour obtenir la seule chose qui compte vraiment.
Et l'unique moyen d'acquérir cet ultime savoir, était d'en payer le prix fort.
Toutefois, il arrivait que certaines âmes soient appelées à se présenter aux frontières de la vie ou aux portes de la mort, tout dépendait du côté duquel elles se trouvaient déjà, sans jamais pouvoir franchir la limite ainsi fixée.
S'offrait, alors, à eux, la possibilité de voir.
Voir, comme ils regarderaient au travers une fenêtre d'une petite maison enchantée, l'immense jardin verdoyant à l'extérieur, tout en se confrontant à une porte sans serrure, ni poignée et pourtant particulièrement bien scellée. Impossible d'entrer, impossible de sortir. Seulement la possibilité de voir, de sentir et d'entendre.
Et le côté où l'âme se trouvait, se jouait très souvent aux dés. Un pur hasard dans lequel une déité se cachait surement, contrôlant toutes les faces cachées d'une seule et même pièce et s'amusant des multiples chemins proposés à l'univers.
Ce fut ainsi que Minerve, cœur du monde pulsant sous les étoiles, posa un regard brillant de curiosité, sur un jeune homme endormi, à l'étage d'une charmante petite maison.
Il allait se réveiller, car elle avait besoin de lui.
Dans cette guerre sans repos, la déesse avait terriblement besoin de soldats.
Un hurlement puissant s'engouffra dans son cerveau puis traversa violemment tout son corps, faisant vibrer son cœur comme jamais, et s'arracha de lui en ravageant rageusement sa gorge et ses lèvres.
Cloud cria à s'en exploser les poumons, ensemble, d'un coup d'un seul, comme s'ils n'avaient été que de vulgaires ballons de fête foraine.
Transpirant à grosses gouttes, il avait peur, il avait mal et surtout, il ne comprenait rien. Assis dans un lit qui n'était pas le sien, dans une chambre qu'il ne reconnaissait pas et certainement dans une maison inconnue, son esprit se perdait dans sa fragile mémoire, à la recherche d'une quelconque explication.
La dernière image qui lui revint, fut celle de son amie, blanche comme un cadavre, rouge comme une âme cruellement torturée, dont le sang avait imbibé ses vêtements, en même temps que ses mains.
Trois... C'est le nombre de tes amis qu'il faut sacrifier... Pour que tu viennes...
Un nouveau hurlement vint raisonner dans tout son cortex, se percutant sur chacune de ses parois, l'obligeant à prendre sa tête entre ses mains, pour la serrer et l'empêcher d'exploser.
Sa respiration était douloureuse et il ressentit un besoin terrible en oxygène. Manquant de tomber du lit, il se dirigea vers la fenêtre pour l'ouvrir... Sans succès. Son incompréhension ne fit que monter d'un cran lorsqu'il redoubla de force pour tirer sur l'ouverture, sans pour autant faire ciller la moindre de ses huisseries. C'était pourtant une fenêtre en bois avec un verre simple. Mais elle ne tremblait même pas sous sa colère. Etait-elle en béton armé pour ne souffrir d'aucun craquement?
Cloud abandonna l'idée de l'ouvrir et, la pression se faisant toujours plus forte dans sa poitrine, se dirigea hors de la chambre, pour se retrouver sur un petit pallier avec un escalier.
A cet instant, le temps s'arrêta. De ses pupilles immenses, il capta le moindre élément du décor, avec pour seule musique, les battements de son cœur, frappant deux fois, dans une lenteur angoissante.
Il reconnaissait cet endroit.
D'un geste incertain, persuadé que la poignée serait brulante à son contact, il ouvrit la porte de la seconde pièce, à côté de celle qu'il venait de quitter.
La chambre était telle que dans son souvenir le plus enfoui. Des fleurs, partout, du tapis aux murs, en passant par une literie assortie. Le temps reprit sa course et il sentit son sang bourdonner dans ses oreilles.
Il devait sortir d'ici.
Sans perdre une seconde, il courra, dévalant les escaliers pour arriver dans le salon, sur les meubles desquels trônaient des photos insupportables, d'une mère et de sa fille, et se jeta sur la porte pour sortir de ce cauchemar.
Porte qui ne bougea pas malgré sa demande insistante. Ses poings s'abattirent sur le bois qui n'en était pas, encore, et encore... Mais rien ne se passa.
Alors, s'écroulant à genoux, une main serrée sur son cœur, le jeune homme hurla son désespoir.
Et la maison trembla.
- Euh... Il y a quelqu'un?
De l'autre côté de la porte, une voix porta jusqu'à ses oreilles, le faisant se redresser.
- Cloud...?
La voix sembla aussi surprit que lui et il entendit le son se déplacer un peu plus loin, avant de frapper contre le verre d'une fenêtre. Celle du salon.
- Oh... Par... Minerve...
Séparés par un vitrage translucide, à un mètre l'un de l'autre, tout au plus, Cloud et Zack se regardaient, les yeux grands ouverts d'étonnement.
- Mais qu'est ce que tu fais là?!
- Mais qu'est ce que tu fais là?!
Ils avaient parlé ensemble, mais la maison les devança, tremblant de nouveau sous une colère sourde qui sembla leur vriller l'esprit, à tous les deux.
- Fais moi sortir d'ici!
- Non!
La main posée sur la poignée de la fenêtre, qui ne bougeait de tout façon, pas d'un millimètre, le blond se statufia devant celle, intransigeante, que son ami dressait entre eux.
- Je ne sais pas que ce tu fous là, mais tu n'en bouges pas!
- Quoi...? Mais...
Zack affichait ce regard dur et autoritaire qui était si rare sur son visage, qu'il refroidissait tout le monde instantanément. Sauf que... Sauf que Cloud n'avait plus quinze ans.
- Je ne sais pas non plus ce que je fous là, mais je refuse de rester ici!
Soudain, les meubles en bois craquèrent, tout comme les murs et le parquet, faisant trinquer le verre des fenêtres, des vases et de toute la vaisselle. Et un hurlement plus fort que les autres souffla au travers la maison, tel un ouragan sur le point de l'emporter. La porte d'entrée vrilla sous l'impact, laissant apparaitre une large fissure.
Tous deux à terre, assis dos contre un mur et la tête entre les mains, les deux amis encaissaient l'attaque qui ne semblait connaitre aucune limite, martelant leur cerveau avec des clous.
Reprenant son souffle, il entendit le brun s'énerver de l'autre côté.
- Merde! Mais qu'est-ce qu'elle fait?!
- Zack... Si tu ne veux pas que je sorte pour t'arracher ce que tu sais avec des baffes, il va falloir que tu t'expliques et maintenant!
Le blond fulminait. Il n'était pas censé être là, dans cet espace temps qui ressemblait furieusement à une prison. Et il avait la nette impression que son ami, moins fantomatique que prévu, en savait bien plus que lui sur cette folle situation.
N'entendant toutefois, aucune réponse, même pas une brise légère, le hurlement s'étant arrêté, Cloud se releva pour poser son regard sur la fenêtre. Et ce qu'il vit, le fit tiquer intérieurement. Serrant les dents, il dévisagea un brun, les bras croisés si fermement sur sa poitrine que chaque veine semblait ressortir le long de ses muscles visibles, sans parler de celles au niveau de ses tempes, qui semblaient carrément sur le point d'éclater.
Son regard sombre n'avait rien d'électrique et n'avait même rien à voir avec le ciel. Non... Là, le blond venait de plonger dans les abysses sans fond d'un océan effrayant. Alors qu'un éclair d'écume passait rapidement sous ses yeux, le cadet se demanda s'il tenait réellement à sortir de cette maison, en sachant que Léviathan se trouvait actuellement dans le jardin.
- Restes dans cette maison, Cloud. Si tu oses mettre un pied dehors, je te renvoie à l'intérieur en kit.
Le front contre la fenêtre, le blond souffla sa lassitude.
- Tu n'aurais pas du être là. Dans cet entre deux. Mais tout est allé si vite...
L'océan et le ciel se connectèrent enfin, alors qu'un nouveau grondement annonçait le prochain cri.
- Elle a pris ta place...
Et sentant le vent se lever, fissurant un peu plus la porte de la maison, leurs yeux s'illuminèrent simultanément sous la lumière éclatante qui frappait le ciel, dans ce silence qui précédait toute fin.
- Ce qu'on entend... C'est Aerith qui se bat.
- CID!
- MAIS QUOI?!
Tandis que Barret courrait jusqu'à lui à travers le vaisseau, le pilote désengageait ce dernier de l'aérogare afin de se tirer le plus rapidement possible. D'une oreille distraite, il pouvait entendre le souffle d'un bœuf qui venait de piquer un sprint, s'engouffrer dans le cockpit.
- Les... Mômes...
- Quoi les mômes?
- Plus... Là...
Le silence qui suivit alerta l'artilleur, toujours à la recherche de son oxygène, qui releva la tête en direction de son ami. Mais tout ce qu'il vit, fut une petite brindille mâchouillée, voltigée dans sa longue chute, à travers l'habitacle.
- QUOI?! Mais c'est pas possible! On les a attaché! Tout est verrouillé et le vaisseau est en mouvement! On est sur le tarmac bordel!
- J'ai cherché partout!
Frappant violemment le panneau des commandes, Cid appuya rageusement sur plusieurs boutons pour faire apparaitre de nombreux écrans virtuels devant lui.
- J'en ai vraiment marre de toutes ces journées pourries!
D'une main libre, il fit valser les images sous son regard d'aigle en chasse, modifiant les paramètres, ajustant les données et une carte précise de Midgar s'afficha enfin, avec quelques points lumineux.
- Qu'est ce que tu es en train de faire? Faut qu'on descende les chercher!
- Regardes.
Le pilote désigna, d'un geste de sa tête, le plan de la capitale qui n'en finissait pas de se préciser.
- Tu vois le gros fouillis là? D'après le radar, c'est l'épicentre des tremblements de terre. Et le petit là? Vu où il se trouve, c'est certainement le doc.
- 'Tin, Cid, je comprends rien de ce que tu me montres...
Le blond usa de ses deux mains pour agrandir la carte sur un point qui se déplaçait rapidement.
- Là. Je suis sur que ce sont eux.
Effectivement, le point en question, semblait s'éloigner de leur direction pour finalement se diriger vers l'origine de tout ce merdier.
- Mais comment...
- Radar à mako.
Le vaisseau affranchit de toutes ses sécurités, s'éleva doucement dans les airs, à la verticale, et fit disparaitre son train d'atterrissage.
- Je peux détecter les matérias dans un rayon de cinquante kilomètres à la ronde. Ca...
En désignant le plus petit point.
- C'est une matéria en cours d'utilisation. Vu qu'il s'agit de la clinique, c'est certainement une matéria de soin. Et ça...
En pointant le gros point qui fonçait droit dans les emmerdes.
- C'est une chimère. Alors ouvres bien tes mirettes, on cherche très certainement un gros poussin jaune.
Il allait enclencher le mode vol, quand une main se referma sur son épaule.
- Et ça...?
Barret désignait le fameux fouillis ainsi décrit précédemment. Et le visage de Cid se figea dans l'inquiétude. Reprenant les commandes, il engagea une forte puissance dans les moteurs et fit faire un looping à son aéronef, pour le pointer dans la bonne direction. L'artilleur, pas attaché, suivit le mouvement à travers le cockpit, comme une boule de billard cherchant désespérément à frapper ses copines.
- On va vite le savoir, si on rattrape pas le piaf à temps.
- Là bas!
Assis derrière sa sœur, sur le large et très confortable dos de Choco, Denzel cherchait, le regard dirigé vers le sol, la moindre personne qu'il pouvait reconnaitre.
- Où ça?!
- Lui! Je crois que c'est Reeve!
Marlène, les mains agrippées aux plumes dorées de son précieux destrier, posa ses yeux verts sur l'homme qui courrait, beaucoup plus bas, avant de se redresser subitement.
- Euh... Ben descends...? Ou pas?
- J'ai le vertige.
Heureusement que le jeune garçon était derrière elle, car celui-ci venait de rouler des yeux devant l'absurdité de la situation. Et si la petite fille l'avait vu, malgré son soi-disant vertige, elle n'aurait pas manqué de l'éjecter par dessus bord. Sans prévenir, il se rapprocha considérablement de sa sœur, la serrant dans ses bras.
- Je te tiens. Regardes droit devant toi et demandes lui de descendre. Il faut qu'on rejoigne Reeve.
Et pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, Marlène répondit à cette demande, sans broncher. Le gros chocobo amorça sa descente, et fonça droit à la poursuite d'un grand brun en pleine course. Grand brun qui, sentant la filature, avait ralenti pour se retourner et dévisager ses poursuivants.
Avant de disparaitre, littéralement, dans un mur jaune et tout doux.
- KWAAA!
Choco était content. Il avait attrapé le petit humain tout maigre et cela avait été facile. Par mesure de sécurité, il se coucha, recouvrant totalement le corps sous lui, qui se débattait furieusement. Mais c'était amusant. Choco aimait bien écraser son prochain.
- Marlène! Il étouffe!
Denzel se rua au sol et se mit à tirer autant qu'il pouvait sur cette main qui dépassait. Mais il n'avait que le corps d'un enfant de douze ans! Et bien qu'il avait beaucoup aimé rire à l'idée d'un père blond dont le profil colérique aurait été avalé complètement par un gros derrière emplumé, à cet instant, cela ne l'amusait plus du tout.
- Allez Choco! Bouges tes miches!
Le volatile qui avait du poussin ce que papy Cid avait en finesse, souleva enfin son royal fessier pour libérer un ami précieux.
- Au nom de la déesse...
Reeve, libéré, reprit son souffle, qu'il croyait toujours perdu sous l'immense derrière de plumes à ses côtés et qui le regardait toujours comme s'il avait une tête de noix.
- Qu'est ce que vous faites là, tous les deux?! C'est dangereux bon sang!
Mais que pouvait faire la colère d'un homme, face à la toute puissance d'une petite fille, perchée sur son merveilleux destrier, telle une princesse sur sa licorne pailletée? Absolument rien.
- Tu vas nous dire où est Cloud!
Reeve ne vit de cette menace, seulement un oiseau immense et obèse qui le regardait de toute sa supériorité physique. L'animal faisait plusieurs mètres de haut et de large, mais avait paradoxalement un tout petit bec, bien dur, que le quadragénaire n'avait absolument pas vraiment envie de tester. Même si...
- Vous n'êtes pas sérieux?! Si vous y allez, cela ne fera que le gêner! Et si vous êtes blessés, ça l'anéantira!
Une main se referma sur son avant bras, l'obligeant à baisser la tête.
- Reeve... On demande car...
- Car Cloud n'est pas à Midgar, ni dans les environs d'ailleurs!
- Quoi? Mais si, il...
La chimère se décala légèrement et tendit une aile vers Denzel, qui s'agrippa pour remonter.
- Il n'est pas là bas. Choco a repéré Tifa, mais pas Cloud...
Et comme s'il se réveillait d'un cauchemar, un hurlement fractura l'air autour d'eux, faisant trembler la terre sous leurs pieds.
- Ce n'est pas lui là bas. Cloud n'est plus ici. Et toi, tu ne sais pas où est ton ami.
Les lèvres scellées par ce verdict implacable, Reeve plia sous les yeux incroyablement vert de la petite fille. Trônant sur sa monture d'or, ses cheveux châtains s'agitant au gré du vent, l'allure fière et la tête haute, l'enfant avait tout d'une reine. Et face à elle, il ne su quoi répondre.
Car il ne comprenait pas lui-même ce qui était apparu dans cette faille et il n'était sur de rien.
L'ancien cadre regarda les enfants s'envoler sans doute ni crainte vers la rage et le sang, qui giclaient à chaque pulsation, tel une artère rompue, du cœur de Midgar.
Et dire qu'il serait déjà là haut si les deux titans voulaient bien arrêter, deux minutes, de saccager tout le secteur.
Mais ce n'était pas comme s'il espérait pouvoir faire entendre raison, à un être tout droit sorti de ses pires cauchemars et à une chimère enragée.
- Re... No...
Le roux se précipita aux côtés du jeune homme, dont l'état ne cessait d'empirer. Il avait eu un coup d'adrénaline lorsqu'ils s'étaient retrouvés, ce qui lui avait permis de le suivre dans cette course pour la surface. Mais depuis le dernier tremblement de terre, John oscillait entre l'inconscience et le présent, en proie à une fièvre de l'enfer. Son corps était si chaud que la neige semblait fondre autour de lui.
- John! Tout va bien. Restes tranquille. Je vais nous sortir de là, ne t'inquiètes pas.
Une main se saisit de son avant-bras, pour se resserrer sur lui, brièvement, avant de le relâcher. Il avait replongé.
Le trio était tellement loin de la surface que, de là où il était, Reno ne pouvait pas voir la limite entre le ciel et la terre. Tout était noir, à cause de cette rivière maléfique qui se déversait constamment sans aucun respect pour la gravité. Il avait retranché son groupe derrière une multitude de remparts en béton, loin du combat, tout en sachant que ces murs n'auraient que la résistance d'une plaquette de beurre sous les impacts de ces monstres, s'ils leur prenaient l'envie de venir par ici.
En sécurité nulle part, il était urgent de quitter cet endroit.
Le sol vibra soudainement sous ses pieds, d'abord doucement, puis avec de plus en plus de violence. Quelque chose s'approchait et le Turk tourna lentement la tête dans la direction d'où semblait provenir ces nouveaux tremblements. Levant les yeux, il pouvait voir de la poussière s'élever, des murs voler, des gravats s'embraser dans l'air, et cela ne faisait que grossir, à mesure que cela se rapprochait.
Un hurlement de douleur sembla saisir tout son corps, le sidérant totalement, le regard figé sur le dernier rempart encore debout.
Au ralenti, il vit le mur exploser en de millions petits fragments, révélant un corps gigantesque, dont la fourrure dorée, tachée de sang, ne laissant aucun doute sur son propriétaire. La chimère venait d'être projetée avec une grande violence et Reno, ferma les yeux en attendant l'impact.
Avant de les rouvrir, ne sentant étrangement rien arriver.
Pour découvrir un autre dos de fourrure, moins grand que le corps précédent, mais toujours plus massif que lui. D'une main, son nouvel allié venait de mettre fin au mouvement de l'entité blessée et de l'autre, il tenait fermement un bouclier qu'il avait déplacé pour protéger Reno et ses compagnons.
Une autre secousse violente à ses côtés manqua de faire arrêter son cœur, qui en avait plus que marre de toutes ces fichues surprises!
- KWAAA!
- Reno!
Les yeux écarquillés, l'ainsi désigné fixa son escouade de secours. A savoir une petite fille qui chevauchait fièrement un poulet jaune, immense et obèse, accompagnée d'une jeune garçon, qui venait de sauter à terre pour le rejoindre.
- Tu vas bien?! Moggie t'a sauvé! J'ai cru qu'on arriverait jamais à temps!
- Jeune maitre. L'ennemi approche, il faut vous éloigner au plus vite.
- Oui!
Le roux, toujours plus largué devant cette situation inédite qui lui échappait totalement, se fit violemment secouer par le bras.
- Reno! Il faut que tu les fasses monter sur Choco! On peut vous sortir de là!
En pilotage automatique, le pseudo combattant aguerri qui était en train de voir ses miches sauvées par deux, même pas, pré-adolescents amateurs de cacao, attrapa sans ménagement un vampire inconscient pour le jeter sur le dos d'un gros volatile, avant de s'armer de plus de précaution pour transporter un humain tout cassé et grimper là où Marlène le sommait de s'installer.
Mais Denzel n'eut pas le temps de les rejoindre. Des lames noires vinrent séparer le jeune garçon de sa sœur, ne devant alors leur salut qu'à leur chimère respective. Choco décolla a une vitesse surprenante pour un animal de son gabarit et Moggie encaissa pour son maitre les différentes attaques rapides, d'un ennemi bien trop fort, même pour le mog.
- DENZEL!
- VAS T'EN! MARLENE!
Marlène due se résoudre à laisser son frère au milieu de ce champ de bataille, alors qu'ils luttaient chacun de leurs côtés, contre une sorte de brouillard noir, filandreux, particulièrement dangereux. Instinctivement, son poussin vola vers la surface pour amener son chargement en lieu sur.
Sous les yeux du garçon, un être gigantesque se dressa par dessus le corps inconscient de la chimère lion, qui ne rugissait plus. Ses yeux étaient ceux d'un serpent et toute la moitié de l'entité ressemblait à un amas de chairs, cousues ensemble sans logique. Pourtant, il ne pu que remarquer cette partie humaine, dont l'horreur semblait sortir.
Ce qui devait être un ennemi, se saisit violement de la chimère à terre, et sous son cri d'agonie, qui arracha des larmes de terreur à Denzel, planta ses crocs dans sa gorge.
Il aurait pu faire quelque chose... Il aurait dû faire quelque chose!
Mais aucun de ses muscles ne bougèrent.
Et, alors qu'une puissante lame de lumière blanche jaillissait du corps de l'entité chimérique, traversant son adversaire de part en part, dans un ultime chant du cygne, des bras se refermèrent sur lui, le serrant fort contre une poitrine protectrice, et l'emporta loin de la scène finale.
- J'ai bien cru... ne jamais pouvoir t'atteindre...
Ses deux mains refermées sur celle qui lui broyait la gorge, Cloud suffoquait, sous un regard vert pâle, qu'il n'aurait jamais pensé revoir un jour.
Tout avait basculé en quelques secondes. D'un ultime cri avait déferlé une vague puissante, balayant la maison en un clin d'œil, et laissant apparaitre un être qui n'en finissait pas de revenir. Sephiroth, qui avait semblé surgir de la maison elle-même, l'avait saisi violemment avant de l'emporter et de lui faire percuter le sol avec rage, fracturant celui-ci.
Une onde de choc avait ravagé l'environnement, brulant tout sur son passage. Du jardin fleuri d'Aerith ne restait que des cendres à perte de vue. Soufflé comme le reste, Zack avait aussi disparu de son champ de vision.
Le chaos du secteur zéro s'était soudainement arrêté. La terre ne tremblait plus et le temps sembla reprendre son cours.
Un mur s'effondra sous un coup puissant, dégageant une femme brune qui tenait fermement un jeune garçon contre elle.
Tifa avait posé les yeux sur la scène qu'elle cherchait pourtant à fuir. Mais le calme actuel était presque aussi effrayant que les derniers évènements. Du combat titanesque, ne subsistait que de la poussière et des gravats. Le corps de cette chimère immense, et inconnue, avait disparu. Tout comme le mog de Denzel.
La brune s'avança, prudente et tendue, à la recherche d'un blond qui devrait pourtant être ici. Quand son regard fut capté par une main, dépassant d'un tas de débris. Sa respiration s'accéléra et elle se rua sur ce corps inanimé, déblayant avec force les morceaux de murs qui écrasaient la victime.
Mais la présence d'une chevelure rouge sang la fit ralentir. Révélant son visage, il s'agissait de l'ennemi combattu avec tant de férocité par la chimère. Génésis Rapsodos. Elle n'avait jamais véritablement été confrontée à cet homme, mais là, maintenant, le monstre qu'il était devenu, le laissant presque sans vie, suscita autant de colère que de peine. Il était livide, défiguré sur une grande partie de son corps et portait des blessures épouvantables. Il respirait encore.
- TIFA!
La voix de Denzel ranima la jeune femme, qui délaissa le roux pour courir à la rencontre du jeune garçon, l'espoir battant dans sa poitrine.
Ce qu'elle vit, toutefois, stoppa toute forme de course.
Sur le sol, nue, comme au premier jour, le corps meurtrit d'une large plaie dont le sang continuait inlassablement de s'échapper, recouvrant son corps blanc comme les nuages, d'une fine peau rubis, gisait une amie revenue d'entre les morts.
- Aerith...
Le vent s'éleva brusquement, agitant ses cheveux, et les paupières tremblantes s'ouvrirent doucement, à moitié, pour laisser apercevoir un regard d'une brillance éclatante, qui percuta celui de Tifa, comme un cri désespéré.
Et alors que l'air vibra à l'arrivée d'un aéronef, à plusieurs mètres au dessus de leurs têtes, la brune se jeta sur son amie gravement blessée, pour la recouvrir de sa chaleur et la serrer dans ses bras.
