Bonjour à toutes, bonjour à tous !

Chapitre 29 sur 31, antépénultième chapitre. On y est. Je vais pas trop en dire, mais je suis persuadé qu'il va vous plaire à toutes et tous. Enfin, c'est plutôt que je l'espère tant que je m'en suis persuadé. Donc il ne faut pas que je vous déçoive. Tout ici va être très intense et si vous êtes là c'est probablement que j'ai su vous faire partager la tendresse que j'ai pour Albus et Scorpius. Donc préparez-vous, parce qu'ils vont douiller.

Attention. Je vous parlais au chapitre 1 de scènes de violence. Eh ben on y est, ce chapitre contient sa dose de violence explicitement décrite. Elle n'est pas gratuite vu l'histoire, mais elle peut être dure, donc je préfère vous prévenir.

Shoutout à Pouik et Shik-Aya-chan pour la relecture, et une bonne lecture à vous tous et toutes !


Chapitre 29

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Écorché vif


Albus s'éveilla, engourdi. Il ne lui fallut pas bien longtemps pour retrouver ses esprits et sa mémoire, tant l'adrénaline et l'effroi coulaient sans cesse dans ses veines depuis presque vingt-quatre heures. Il ne savait pas combien de temps il avait été stupéfixé, mais le ciel était sombre à travers les fenêtres et le soleil semblait déjà avoir disparu au-delà de l'horizon. On l'avait attaché à l'une des colonnes de pierre qui délimitaient le ring au centre de la pièce, juste assez loin pour que Scorpius ne puisse le rejoindre.

Scorpius était debout et bien éveillé. Il faisait peur à voir, avec sa peau écorchée et meurtrie, les coulures de sang qui traçaient son corps d'un martyr écarlate, ses cernes noires autour de ses yeux bleus à demi fermés, son visage blafard et ses jambes flageolantes. Le plus terrible était le regard qu'il adressait à Albus. Vaincu, abattu, prêt à accepter son sort. Tous les brins de révolte qu'Albus s'était attendu à voir hurler en lui avaient été arrachés par la torture et même sa présence à ses côtés n'avait su lui redonner un peu d'espoir. Il l'observait avec ses beaux yeux, dans un genre de résignation chagrine, pleine des larmes qui avaient coulé et coulaient encore sur ses joues, comme s'il essayait de fixer une dernière fois sur sa rétine l'image du garçon qu'il aimait.

— Ah ! Albus Potter, l'invité surprise, est bien réveillé ! Tu as vu ça, Scorpius ? Tu as vu ce sauvetage héroïque ? Presque aussi bien que quand tu t'es transformé, ce matin…

— Vous êtes McKinsey, le directeur d'Azkaban, pas vrai ? lança Albus, défiant.

— Et perspicace en plus ! Oui mon garçon, et le fondateur des Fils du Phénix ! Bienvenue dans notre demeure !

McKinsey se tenait debout au centre de la pièce, juste hors de portée de Scorpius et lui. Il parlait avec un ton rocailleux mais néanmoins chaleureux, doucereux ; son attitude charismatique et sa voix profonde lui donnaient une présence qui troublait Albus. Cet homme maniait le discours à la perfection.

Au fond, près de la porte, étaient les deux seules autres personnes qu'Albus n'avait pas stupéfixés : Burt et Will. Les deux hommes semblaient peu assurés, comme effrayés par ce qui s'était produit ainsi que par ce qui restait à venir.

— Toi là ! Fils de Voldemort ! Regarde-moi ! ordonna McKinsey.

La voix de l'homme fit sursauter Scorpius et immédiatement ses yeux se mirent à refléter une crainte animale indomptable, comme un chien qu'on aurait battu toute sa vie. Les chaînes étaient juste assez longues pour le laisser se mouvoir d'un mètre vers l'avant ou l'arrière, mais il restait trop loin de quoi que ce soit d'intérêt. Notamment d'Albus, contre lequel il essayait d'instinct de venir se réfugier.

Scorpius n'avait toujours pas repris sa place dans son esprit.

— Laissez-le ! s'écria Albus, la gorge nouée.

McKinsey ne lui accorda pas même un regard.

— Tu me crains, Scorpius ? Moi qui ne veux que te délivrer du mal qui te ronge ? C'est fou ce que le sortilège Doloris fait sur l'esprit des hommes. Surtout quand on a à peine seize ans…

Albus essayait d'ignorer ces paroles qui lui vrillaient le cœur et l'estomac. Il devait trouver un plan, bordel, juste un plan, un simple plan ! Il sentait ses yeux se charger de larmes et cela l'emplissait de rage. Bordel, non ! Hors de question de céder à la panique, il n'était pas faible ! Il s'était promis de sauver Scorpius ! Il s'était promis de sauver le garçon qu'il aimait !

— Tu sais que ce n'est pas toi que je veux faire souffrir, hein mon petit ? reprit McKinsey d'une voix amicale, presque sincère. Pas toi, mais juste l'âme qui s'est accrochée à toi à ta naissance. J'en suis désolé, mais il n'y a qu'une seule solution et, crois-moi, elle m'accable… Tu la connais, n'est-ce pas ? Tu sais que tu dois mourir, pas vrai ?

— NON !

— Son sacrifice ne sera pas oublié ! tonna le directeur d'une voix forte à l'adresse d'Albus. Ton ami n'est pas qui tu crois, Albus Potter ! Il doit mourir pour le bien du monde entier, car l'âme de Voldemort ne peut survivre sans l'hôte qu'il a lui-même conçu !

— MAIS VOUS ÊTES COMPLÈTEMENT FOU ! hurla Albus.

— Il doit mourir ! Je dois l'exorciser ! Il fait bientôt nuit, le rituel va commencer… fit l'homme avec une voix triste.

Il s'approcha d'Albus.

— Me crois-tu vraiment fou ? Crois-tu que ça me fait plaisir de devoir faire ce que j'ai à faire ? Tu ne penses pas que j'aurais pu me contenter de gérer ma petite prison, tranquillement dans mon coin, sans m'embarrasser de tout ça ? J'aurais pu ! Mais voilà, l'Ordre du Phénix n'a jamais fini le travail ! L'Ordre du Phénix, aveuglé par ce vieux fou de Dumbledore, a cru que l'on pouvait se racheter une conduite…

Le directeur fit quelques pas, puis reprit.

— Et la Ministre Granger… cracha-t-il avec dégoût. Elle croit qu'elle peut fermer ma prison ? Moi ? Après toutes ces années à faire la sale besogne du ministère ? Non ! Moi je connais les criminels, moi je connais les assassins, les Mangemorts qui ont tant tué ! Ils ne changent pas, il ne se rachètent pas ! Alors j'ai créé les Fils du Phénix, pour finir le travail de l'Ordre. Et ce soir, notre confrérie prend fin, car ce soir, nous délivrons une bonne fois pour toute ce monde du fléau de Voldemort !

— Mais ce n'est pas le fils de Voldemort, pauvre taré ! C'est le fils de Drago et d'Astoria Malefoy ! Ça se voit assez à sa gueule qu'il est un Malefoy, non ? Et puis Voldemort est mort genre dix ans avant qu'il naisse !

— Pff… Je n'ai pas le temps d'expliquer à un gosse hystérique la manière dont Voldemort a survécu à la Bataille de Poudlard, puis s'est fait passer pour Drago Malefoy afin d'engrosser Astoria Greengrass avant de dissimuler son crime en donnant à l'enfant l'apparence d'un Malefoy… Astoria était au courant. C'est pour ça qu'elle a été assassinée !

— MAIS VOUS DITES N'IMPORTE QUOI ! explosa encore Albus.

— SILENCE, IMBÉCILE.

McKinsey tourna vers lui des yeux carnassiers. Puis il s'adressa au dénommé Will.

— Vous vous souvenez ce que je vous disais sur la douleur ? Observez mon expérience. Notez tout !

Albus sentit son sang se glacer dans ses veines. L'homme s'approcha de Scorpius à pas lents, en déclamant :

— Vois-tu, Albus Potter, tu me prends pour un monstre mais j'ai un sens de l'honneur et un esprit scientifique. La preuve, je n'ai pas réveillé mes fils et filles que tu as stupéfixés lors de ta petite entrée. Tu les as vaincus et je respecte cela, ils n'assisteront pas au rituel, c'est tant pis pour eux. Mais moi, je t'ai vaincu, comme j'ai vaincu ton ami avant toi. Enfin, ton ami… on se comprend, n'est-ce pas ?

Albus le fixa, atterré.

— Eh oui mon petit, tu crois que je ne vois pas ce genre de choses ? Fais-moi confiance, c'est un service que je te rends en lui ôtant la vie. Je vais te guérir de ce mal qui te ronge. Je te donne une chance d'être normal…

— Il est… normal…

Albus se retourna d'un seul coup vers Scorpius qui venait de prendre sa défense en prononçant ces trois mots dans un effort surhumain. Le patron semblait tout aussi stupéfait de l'avoir entendu parler.

— Hmpf. Quel dommage que la seule fois où tu l'ouvres, ce soit pour dire une bêtise pareille… Je disais donc, Albus Potter, que je t'ai vaincu et pourtant tu oses me manquer de respect. Je dois donc te donner une leçon que tu n'oublieras pas. Et comme je te l'ai dit, je suis un scientifique, permets-moi donc de faire avec toi une petite expérience comme je l'ai faite plus tôt avec notre ami à la grande gueule, le fils de Voldemort ici présent.

Albus vit l'homme sortir sa baguette et la pointer sur lui. Il aurait dû être terrifié, mais ce fut bien le feu d'une rébellion enragée qui l'emplit. Il se redressa de toute sa hauteur et clama avec fierté :

— Il s'appelle Scorpius ! Vous pouvez me torturer autant que vous voulez, ça ne changera rien !

— Te torturer ? Toi ? Oh, non, non, Albus… Tu n'y es pas du tout… susurra l'homme avec un sourire sauvage.

Il s'était approché autant qu'il pouvait de Scorpius, qui avait reculé et tendu ses chaînes au maximum, le regard affolé et les pupilles en furie.

— S'il vous plaît… supplia-t-il d'une voix brisée.

Albus sentit son cœur se figer dans sa poitrine. Aussi vite que les flammes de la révolte s'étaient embrasées en lui, elles furent étouffées par le même vent de terreur qui bloquait son souffle dans sa gorge. Lentement, l'homme tourna sa baguette pour la pointer sur le garçon enchaîné, droit vers son torse.

— Non, pas ça… Pitié, pas ça… gémit Albus, la voix déjà tremblante face à ce qu'il allait être forcé de voir.

Il ne parvenait plus à respirer. Scorpius se débattait, faiblard mais saisi d'une terreur sans nom. McKinsey fixa Albus, puis posa sa main sur l'épaule gauche de son prisonnier qui gémit de peur au contact.

— Ne le touchez pas ! rugit Albus.

— Oups, pardon. Pas fait exprès, dit-il sur le ton de la discussion. Endoloris !

— NON !

Le sortilège frappa Scorpius de plein fouet. Il s'effondra au sol aussitôt et se recroquevilla en boule, ses chaînes frappant sa peau déjà meurtrie en lui causant de nouvelles ecchymoses. Un silence assourdissant s'abattit sur la pièce tandis que le garçon était pris de convulsions au sol. Il se retenait de crier autant qu'il pouvait, sans doute pour protéger son petit ami du spectacle qui allait suivre, mais c'était inutile. Tout son corps était secoué par la torture qu'on lui infligeait. Ses yeux roulaient dans leurs orbites comme ceux d'un fou, ses muscles se contractaient dans un chaos total et, le sortilège venant à bout de son esprit, Scorpius se mit à hurler de douleur.

— ARRÊTEZ ! ARRÊTEZ, JE VOUS EN SUPPLIE ! cria Albus, pris de sanglots, impuissant.

Au lieu de cela, l'homme fit un mouvement de baguette et Scorpius se tordit sur le dos et cria de plus belle. Sa voix était brisée, mais Albus comprenait ses mots et chacun d'entre eux lui transperçait le cœur.

— TUEZ-MOI ! ARRÊTEZ, TUEZ-MOI ! ALBUS !

— SCORPIUS ! ARRÊTEZ !

Ses mains parcouraient son torse, ses ongles se plantaient dans sa peau et la griffaient, en déchiraient des pans entiers, comme s'il essayait de s'arracher de son propre corps. Le sang coulait à grosses gouttes le long de ses côtes.

Albus avait la tête qui vacillait. Ses yeux ne pouvaient se détourner de la souffrance qui secouait le garçon qu'il aimait. Et tandis qu'il assistait, impuissant, à cette scène qui le consumait, il repensait à tout. Des flashs lui revinrent du temps où ils étaient heureux : une chamaillerie dans la Grande Salle, une vengeance de première qualité lors d'un match de Quidditch… Un massage, dans la torpeur de leur dortoir, un autre, une nuit de janvier, dans la clairière d'un bois vert… Un premier baiser la nuit, au bord du Lac Noir… Le monde alors s'était arrêté de tourner tandis que leurs lèvres se rencontraient pour la première fois. Puis étaient venues les nuits au chaud dans les bras l'un de l'autre, avant les nuits moites et glorieuses qu'ils passèrent à explorer leurs corps, jusqu'à celles d'avril, où ils s'étaient abandonnés l'un à l'autre dans un acte si grandiose qu'Albus ne s'en remettrait probablement jamais…

Bordel, comment tout cela avait-il pu aussi mal tourner ?

— AL, ARRÊTE-LE ! TUE-MOI ! TUE-MOI !

— LAISSEZ-LE, JE VOUS EN SUPPLIE ! S'IL VOUS PLAÎT !

Merlin, qu'est-ce qu'il l'aimait. Merlin, qu'est-ce qu'il avait peur de le perdre ! Les larmes coulaient de ses yeux sans qu'il ne puisse les maîtriser. Il pleurait, bordel il pleurait contre le monde, contre lui-même, lui-même et sa pathétique impuissance ! Il donnerait n'importe quoi pour être plus fort, plus grand, un meilleur sorcier, il donnerait n'importe quoi pour avoir la force de protéger Scorpius comme il aurait dû être capable de le faire ! Comme un vrai ami ! Comme un vrai frère ! Comme un vrai amant… Plutôt que de le regarder se tortiller sur le sol froid d'une maison de fous, armé seul de ses sanglots.

Albus tirait de toutes ses forces sur les cordes qui le retenaient attaché. Il essayait d'étendre son esprit pour reprendre le contact avec Scorpius, il se disait que s'il pouvait prendre sur lui un peu de la souffrance de son petit ami, l'épreuve en serait plus supportable. Mais il n'y avait rien à faire. Scorpius convulsait, s'écorchait, hurlait à s'en briser la voix, et Albus savait, au fond de lui il savait que rien dans sa vie n'égalerait jamais la douleur qu'il ressentait en cet instant.

— AL JE T'EN SUPPLIE !

— PRENEZ-MOI À SA PLACE ! PRENEZ-MOI, MAIS LAISSEZ-LE ! JE VOUS EN PRIE !

À ces mots, l'homme releva sa baguette et les cris cessèrent. Le corps de Scorpius s'effondra sur lui-même comme une marionnette désarticulée, puis il resta figé au sol, recroquevillé. Albus avait les yeux pleins de larmes encore vives. Merlin, même s'ils se sortaient de cet enfer, dans quel état allaient-ils se retrouver ?

— Tu as vu, Will ? L'expérience est un succès !

Puis, comme pour donner une explication que personne n'avait demandée, l'homme s'approcha d'Albus et lui dit :

— J'étudie depuis ce matin l'effet de la douleur sur les hommes. Enfin, les hommes… Je n'ai que de faibles et ridicules garçons de seize ans à disposition, mais je ne fais pas la fine bouche. Les résultats vont au-delà de mes espérances… As-tu vu le mal qu'il est capable de se faire à lui-même tant la douleur le consume ? As-tu vu le naturel avec lequel tu as proposé de prendre sa place ? J'ai passé la matinée à me demander si ce mal pouvait se transmettre à un autre… Je ne pouvais imaginer que l'amour était une telle faiblesse… Eh bien grâce à toi, j'ai ma réponse. Une souffrance physique qui devient une souffrance psychologique par amour… C'est quand même incroyable, non ?

— J'vais vous buter, gronda Albus.

— Pardon ?

— Tuez-moi, sinon c'est moi qui vais vous buter !

— Je n'ai aucun goût pour la violence gratuite. Cependant, ton envie de vengeance est légitime. Je vais d'abord tuer le fils de Voldemort. Alors j'aurai sauvé le monde et tu seras libre de faire de moi ce que tu veux ; et si la vengeance est ce que tu veux, soit. Mais sache que je me défendrai.

— Vous êtes un fou !

— Peut-être. Ou un visionnaire… mais il est trop tard pour en débattre. Il fait nuit, j'ai un couteau d'argent et tout est prêt. Il est l'heure. Merci d'être venu, Albus Potter. Tu as illuminé ma soirée.

C'était fini. L'homme se mit à réciter un genre de poème dans une langue sombre tout en agitant sa lame d'argent dans la pleine lune. C'était fini. Il n'avait plus qu'une formule à dire, puis il trancherait la gorge de Scorpius. C'était fini. Sans sa baguette, Albus ne savait lancer aucun sort. Il pouvait se transformer, mais à quoi bon ? C'était trop risqué, si on lui faisait boire à lui aussi une potion de terrassement, tout serait perdu ! Scorpius était pâle comme la mort, peut-être même déjà parti... Dans le rayon de lune qui éclairait son corps martyrisé, Albus ne vit que le désespoir et la fin de tout ce qu'il avait de cher. Scorpius, son Scorpius qu'il aimait, gisait au sol, inconscient. Son visage autrefois vif et chaleureux était fantomatique, cadavérique. Albus avait l'impression de devenir fou à son tour, il tendit la main vers lui comme pour l'empêcher de le quitter, comme s'il avait une chance de parvenir à le toucher.

— Reste avec moi, Scorp… murmura-t-il.

Il tendit encore plus fort la main.

— Tu n'as pas le droit de me laisser. Tu n'as pas le droit, je suis rien sans toi…

Scorpius ouvrit ses deux yeux. D'un seul coup, la connexion se refit dans son esprit et Albus sentit une avalanche de souffrance, désespoir, crainte, impuissance le submerger, il crut qu'il allait s'évanouir. Mais au fond, tout au fond, une petite flamme d'espoir l'empêcha de sombrer. Un petit rien qui brûlait, qui retenait Scorpius avec les conscients et qui lui disait qu'il croyait en lui !

Alors, sans qu'il ne comprenne comment, Albus sentit un genre de courant d'air partir de sa main vers Scorpius. Il ne savait pas d'où ça venait. Cette énergie qui le traversait semblait émaner de Scorpius lui-même, elle avait pris vie de son plein gré. Le léger vent qu'elle causait se transforma bientôt en un véritable souffle. Un souffle comparable à un sort qu'il n'avait lancé qu'une seule fois…

— Le sortilège de protéiforme… murmura-t-il pour lui-même.

Sans baguette, sans même le vouloir vraiment, Albus sentit une quantité faramineuse de magie venir de nulle part, traverser son corps et filer vers celui meurtri de Scorpius. Le sortilège de protéiforme qui répliquait les changements… Il comprit alors d'un seul coup le plan et il sentit son souffle se bloquer dans sa poitrine.

— NON ! Hors de question ! cria-t-il.

L'homme n'interrompit pas son poème, bien qu'il lui envoyât un regard courroucé. Dans son esprit, Albus sentit une vague apaisante venir le calmer. Scorpius croyait en lui. Il croyait en sa capacité à réussir.

— Et si je foire ? C'est trop dangereux, Scorp ! murmura Albus.

Il n'eut en guise de réponse qu'une sorte de résignation froide qui dévala dans son esprit. Comme si Scorpius lui disait qu'il n'avait rien à perdre, ce qui, en un sens, était tout à fait vrai.

— Scorp, tu peux pas me demander ça… reprit Albus en sentant les larmes poindre dans ses yeux et dans sa voix tremblante. Tu peux pas… Je sais pas faire…

Le vent s'arrêta brusquement de souffler après avoir drainé Albus de presque toute son énergie. Et il devait encore lancer l'autre partie !

— Je vais pas réussir… murmura-t-il, désespéré.

À nouveau, cette confiance chaude l'emplit et il sut que Scorpius croyait en lui. Il pouvait le faire. Il devait le faire. Terrifié par l'épreuve qui l'attendait, mais incapable de trouver une meilleure solution, Albus orienta sa main vers l'homme, et le souffle de vent reprit dans sa direction. Sa main tremblait, il avait envie d'éclater en sanglots.

Une énergie fantastique traversa le lien qui les unissait pour donner à Albus la force de compléter le sortilège. C'était chaud, dénué de tout le malheur que les deux garçons avaient vécu en vingt-quatre heures, cela lui fit du bien. Il eut tout à coup une envie furieuse de prendre Scorpius dans ses bras et de le serrer contre lui. Hélas, la seule chose qui aurait pu lui donner la force d'accomplir sa tâche lui était impossible.

L'homme se tut.

— Oh merde ! Il a fini ! murmura Albus pour lui-même.

Il n'y eut aucune réponse dans sa tête. McKinsey se dirigea vers Scorpius tandis qu'Albus pivotait pour garder sa paume pointée sur lui. De ses deux mains, le bourreau attrapa Scorpius par les bras et le traîna pour qu'il soit placé sur le cercle de peinture blanche dessiné au sol. Il leva sa lame.

— J'ai tellement attendu ce moment… annonça-t-il avec une fierté sans borne.

Le vent cessa alors et Albus crut qu'il allait s'évanouir. Scorpius tourna légèrement le visage, fixa de ses deux yeux bleus son petit ami avec une sérénité tout à fait déplacée, puis il ferma les paupières. Albus eut envie de crier, hurler, tempêter tant ce qui allait se passer révoltait son cœur. Personne, personne comme lui, personne de son âge ne devrait subir ça ! L'homme passa la lame sous la gorge de Scorpius et trancha d'un coup sec. Au même moment, une longue plaie s'ouvrit au travers de son propre cou et le sang gicla de tous les côtés.

ACCIO BAGUETTES ! cria Albus avec rage.

Son désespoir était tel qu'il ne se demanda même pas si le sortilège avait une chance de rater. Comme il l'avait ordonné, leurs baguettes quittèrent la poche de l'homme, trop occupé à essayer de comprendre ce qui lui arrivait pour les retenir. McKinsey avait un air ahuri, comme s'il s'étonnait de perdre son sang. Il était pourtant bien sûr d'avoir tranché la gorge du garçon, non pas la sienne.

Albus se servit de sa baguette pour couper ses liens, puis il cassa le sortilège de protéiforme. Il prit grand soin de ne surtout pas regarder la scène qui se déroulait devant lui, car il savait que s'il s'évanouissait, Scorpius allait mourir. Du coin de l'œil il vit Burt et Will s'enfuir à toutes jambes, terrassés par la vision qu'ils venaient d'avoir. Albus avait beau s'y être attendu, sa tête tournait furieusement. Seule l'idée que Scorpius mourrait s'il s'évanouissait le gardait ancré du côté des conscients. Du coin de l'œil, il vit l'homme tomber à terre, la main sur sa gorge écarlate.

Scorpius ne bougeait pas. Il avait les yeux fermés et se retenait de respirer. Il restait debout, princier, perdant son sang avec une dignité de chaque instant. Albus se précipita à ses côtés et observa la plaie. Elle n'existait que depuis quelques secondes, mais déjà elle était baignée de sang, profonde et longue. Il fallait qu'il agisse le plus vite possible ! Il plaqua sa main gauche sur la gorge couverte de sang chaud et appuya de toutes ses forces pour diminuer l'hémorragie. Son petit ami tressaillit. Le contact était désagréable. Albus vit sa paume se couvrir de liquide écarlate, ce qui le fit frissonner. De sa main droite, il pointa sa baguette sur l'estafilade qui entaillait le cou de Scorpius.

Vulnera sanentur ! lança-t-il d'une voix tremblante.

C'était le second sortilège très demandant qu'il lançait à la suite et il dut commencer à batailler pour rester conscient. La source d'énergie dans laquelle il puisait n'était pas tarie, mais elle vacillait et il était difficile d'aller la chercher. Le sortilège ne parvint qu'à réduire la profondeur de la plaie, mais il ne permit pas de réparer entièrement l'artère tranchée.

Albus se concentra, au fond de lui, sur sa connexion avec l'esprit de Scorpius. Il était calme, serein, posé. Il s'imprégna de cet état de confiance et de relaxation, puis lança encore le sort. Puis encore. Puis encore. Le flot de sang s'estompa. La plaie se referma. Albus tremblait, il titubait, le monde se faisait flou et vacillant autour de lui. Mais il lança le sort encore. Puis encore. Bientôt, la seule trace qui restait de la plaie fut une fine ligne blanche le long de son cou. Alors, comme emporté avec la disparition du danger, l'état de grâce dans lequel était Scorpius disparut. Son esprit redevint froid, douloureux, craintif, et il se mit à tousser et tousser, à cracher du sang par la bouche à n'en plus finir.

Lorsqu'il reprit le contrôle de lui-même après sa quinte de toux, il leva sur Albus deux yeux bleus qui portaient mille émotions différentes. Albus lui rendit son regard, puis explosa.

— Putain… Putain je l'ai fait… Putain, putain, Scorp… T'as été… T'as été… Merde, qu'est-ce qu'on a fait ?

— Al… répondit-il d'une voix si faible…

Albus reprit ses esprits juste à temps. Il s'approcha de Scorpius, qui vacilla puis commença à perdre connaissance. Il le rattrapa juste à temps. Son corps était ensanglanté, froid et sans énergie, mou, ses bras pendaient et sa tête ballottait de droite à gauche.

— Oh non, oh non, Scorp, tu restes avec moi ! s'écria Albus d'une voix forte en le secouant. On est pas encore tirés d'affaires, faut qu'on se casse.

— J'peux pas, Al… souffla Scorpius. Laisse-moi, pars toi et je t'attends…

— Oui, oui, bien sûr je vais te laisser dans le bain de sang avec l'autre taré. Oh putain, Scorp, on a tué un mec !

— Il s'est tué lui-même…

Albus ne pouvait se contenter de cette réponse en tour de passe-passe face à l'acte qu'il venait de commettre, mais il était encore trop plein d'adrénaline pour s'en soucier.

— Scorp, les chaînes vont résister à mes sorts et j'ai peur de te faire mal. Il faut que tu essayes de te transformer, d'accord ? En aigle ! Juste les bras, pour pouvoir retirer les anneaux…

— J'peux pas… la potion…

— Je sais que tu le peux, moi ! Tu l'as prise il y a des heures, la potion ! Je crois en toi, ok ? Tu as cru en moi juste avant, maintenant c'est mon tour !

— J'ai mal, Al…

— Allez, Scorp, s'te plait, supplia Albus, les yeux humides. Juste ça, et après on se casse, après, tout est fini ! S'te plait, juste ça et après je m'occupe de tout et tu dors…

Albus vit Scorpius se concentrer, essayer… Il retint son souffle.

— J'ai si mal, Al…

— Scorpius, fais-le. Fais-le, tu as survécu pour moi, fais encore juste ça pour moi, s'te plait…

Les larmes coulaient des yeux d'Albus à présent, elles coulaient et venaient s'écraser sur le torse meurtri de son petit ami.

— J'peux pas… J'ai mal…

— Si tu peux ! Si tu peux !

Scorpius eut un cri rauque, ses mains se ratatinèrent comme des bouts d'ailes squelettiques et devinrent aussi fines que des plumes. Albus lui retira immédiatement les anneaux de fer et poussa un cri de joie.

— OUI ! Tu es le meilleur, Scorp ! Putain, le meilleur !

Scorpius se releva péniblement et fit un pas, puis il planta en lui ses deux yeux toujours pleins d'autant d'émotions indéchiffrables. Albus ne comprenait pas tout ce qu'il voyait, mais ce regard lui redonna assez de force pour faire renaître l'espoir en lui. Il l'observait, comme s'il était la chose la plus précieuse sur Terre… Albus le vit lever un bras avec difficultés, puis venir caresser doucement sa joue, qu'il tâcha de sang. Il ferma les yeux au contact. Ils restèrent ainsi debout pendant de longues secondes, face à face, puis Scorpius s'évanouit pour de bon.

Albus le rattrapa juste à temps. Il le récupéra sur ses épaules comme s'il traînait un blessé de guerre, en le tenant par un bras et par les jambes, puis il se dirigea à pas lourds vers la sortie. Tous ses vêtements étaient couverts de sang, mais il s'en fichait. Son fardeau n'était pas léger, il était même bien plus lourd que lui, pourtant il devait tenir ! Au moins le temps de sortir du village, ensuite il trouverait le moyen de prévenir ses parents ou quelqu'un. Pour cela, il devait rejoindre la forêt !

Albus descendit l'escalier et se dirigea vers la porte d'entrée de la maison. Il l'ouvrit d'une main, puis, épuisé par les événements, il tituba sous le poids de son petit ami. Il se rattrapa juste à temps à la rambarde du perron, avant de continuer à avancer jusqu'au portail. À bout d'énergie, la lucidité obscurcie par les événements, il ne pensa même pas à essayer de faire léviter Scorpius. Il traversa la petite cour, puis posa sa main sur le portail de fer forgé.

Albus s'arrêta net. Quelque chose n'allait pas. L'air s'était alourdi d'un seul coup, orageux et froid, glacial même. Le portique de la maison se couvrait de givre, tandis que l'herbe alentour craquelait.

— Oh non…

Au loin, au-dessus de la tour d'Azkaban éclairée par la pleine lune, des dizaines, des centaines de taches noires s'élevaient et fonçaient en direction du village.

— Oh non, oh non pas ça !

Albus ouvrit le portail et se mit à trottiner aussi vite qu'il en était capable loin de la maison. Il espérait que les Détraqueurs venaient pour leur directeur et non pour lui.

Tandis qu'il courait, le froid s'insinuait dans ses veines. Plus il s'éloignait de la maison, plus les Détraqueurs se détournaient de leur chemin pour bifurquer vers lui. C'était sans espoir. Albus déposa son ami au sol et dégaina sa baguette, tandis que les premières créatures fonçaient sur eux en piqué. Il emplit sa tête d'images de leur premier baiser, en essayant de se remémorer la fraîcheur de la nuit, la chaleur de Scorpius, l'odeur du lac et de cet autre garçon, la douceur de ses lèvres contre les siennes…

Spero patronum !

Un vaste bouclier de lumière argentée jaillit de sa baguette et les protégea tous les deux des premières attaques de Détraqueurs.

— Scorp ! s'exclama Albus en secouant son petit ami de sa main libre. Réveille-toi ! Faut qu'on bouge, je vais pas pouvoir te porter et nous défendre !

Scorpius ouvrit deux petits yeux et murmura :

— Qu'est-ce qu'il se passe ?

— Les Détraqueurs ! Y en a des dizaines, faut qu'on se casse, Scorp !

— J'peux pas, Al…

— Scorp ! Putain lève-toi, merde ! Tiens, ta baguette ! cria-t-il en lui tendant l'instrument.

— J'peux pas…

— SCORP PUTAIN ! cria Albus en sentant le désespoir s'insinuer à nouveau en lui.

— Tu es si beau, Al…

— Quoi ?

Albus, interloqué, fixa son ami qui s'était adossé à un lampadaire. Celui-ci l'observait avec des yeux humides qui brillaient d'affection. Il l'observait les défendre tous les deux, soufflé par la force mentale qu'avait ce garçon capable d'envoyer un tel sortilège. Albus le vit et comprit avec horreur ce qui se tramait dans l'esprit de Scorpius. Il comprit que son petit ami s'était résigné. Il comprit qu'il avait abandonné.

— Scorp bordel, je t'en supplie ! s'époumona Albus, la voix tremblante. Lève-toi ! Essaye !

— Laisse-moi ici, Albus.

— Hein ?

— Sauve-toi, ne t'inquiète pas pour moi. Je m'en sortirai, mais toi, file !

— Quoi ? Mais… Putain, T'AS PAS L'DROIT DE ME DIRE ÇA, SCORPIUS ! PAS APRÈS TOUT CE QU'ON A TRAVERSÉ !

Une fois encore, Albus sentit ses pleurs contre ses joues. Il pleurait de rage, cette fois-ci. De rage et de révolte, contre l'Univers entier ! Scorpius lui envoya un regard encore plus admiratif. Encore plus amoureux.

Ils étaient à présent cinq Détraqueurs à attaquer le bouclier d'Albus et celui-ci commençait à faiblir.

— Scorp… Lève-toi… S'te plaît…

Albus pleurait à chaudes larmes. Scorpius l'observait, toujours aussi béat, toujours aussi aimant, mais il ne bougea pas. C'était perdu. Deux Détraqueurs de plus se mêlèrent à la charge. Le bouclier trembla, puis disparut. Albus baissa sa baguette, tandis que les créatures reprenaient leur envol. C'était perdu.

Il eut juste le temps d'aller s'asseoir aux côtés de Scorpius, qui se blottit contre lui, avant de sombrer dans une spirale de noirceur. La disparition du bouclier fit s'envoler ses derniers espoirs et pensées positives. À bout de forces, Scorpius murmura :

— Je t'aime, Al.

Albus était incapable de répondre. Il le serra juste contre lui. Sa peau était poisseuse et son corps était froid.

— Tu es le garçon le plus incroyable que j'ai jamais rencontré.

Albus se demandait par quelle magie Scorpius parvenait encore à avoir ce genre de pensées… Elles avaient depuis longtemps quitté son être. À l'intérieur de sa tête, l'esprit de Scorpius brillait comme un phare dans un océan glacial.

— En fait, articula Scorpius d'une voix faible et tremblotante, je viens de me rendre compte que… C'est toi qui me rends heureux, Al. Juste toi. Je connais un petit garçon dont la vie aurait été bien triste s'il ne t'avait pas rencontré à onze ans…

Albut gémit, blême. Deux Détraqueurs se posèrent devant eux. Ils s'avancèrent, puis commencèrent à ôter leur capuche. Ils ne firent aucun effet à Scorpius, qui semblait ne pas les voir.

— Tu es mon plus beau souvenir, Albus Potter, et toi, ton être, ton âme, c'est tout cela que je vais garder avec moi quand je mourrai...

— Scorp… gémit Albus en se blottissant un peu plus contre lui, au comble du désespoir, terrifié par ce qui allait lui arriver.

Les Détraqueurs étaient à leur niveau à présent. Alors, Scorpius tendit sa baguette et, avec une voix si faible qu'on aurait à peine cru l'entendre, il prononça :

Spero patronum…

Alors ce ne fut pas qu'un simple bouclier qui se déploya. Au lieu de cela, un gigantesque aigle royal qui resplendissait d'une lumière argentée jaillit de la baguette de Scorpius et prit un superbe envol en les arrosant d'une chaleur inespérée.

— Bon sang, Scorpius…

Albus était sans voix et Scorpius n'en menait pas large non plus. Avec l'oiseau, la chaleur se répandit à nouveau dans leurs êtres et les deux garçons retrouvèrent en eux un espoir sans commune mesure. L'aigle fonça sur les deux Détraqueurs qui fuirent par les airs, puis il se mit à attaquer et repousser toutes les créatures qui approchaient un peu trop d'eux.

Albus se releva et ne laissa pas le loisir à Scorpius de lui dire qu'il préférait rester là. Il lui tira la main, et l'entraîna à sa suite tandis qu'il se mettait à courir.

— Bordel… Comment tu as fait ça, Scorp ? demanda Albus entre deux souffles.

— J'ai juste… pensé à toi…

Ils couraient lentement, tous les deux épuisés, mais ils couraient en sentant qu'il y avait peut-être une échappatoire. L'espoir était là, c'était tout ce dont ils avaient besoin.

— Comment tu comptes… nous sortir… de là ? demanda Scorpius

Albus ralentit le rythme pour se laisser réfléchir.

— J'sais pas, il faut qu'on prévienne nos parents. Mais… Oh putain, je sais ! Ton patronus, Scorp ! Les patronus corporels peuvent porter des messages !

— Mais il nous protège, je peux pas en faire deux !

— Envoie-le porter le message ! Moi je nous défends avec le mien en attendant ! On est dans le village de Scar, sur les îles Orkney.

Scorpius s'exécuta et l'aigle de lumière disparut d'un seul coup. Albus produisit à nouveau son patronus, simple bouclier. Les Détraqueurs revinrent rapidement à la charge et, cette fois, ils plongèrent presque à dix sur les deux garçons.

— Merlin, j'espère qu'ils ne vont pas trop tarder !

Les dix Détraqueurs frappèrent ensemble le bouclier qui vacilla et vola en éclats presque aussitôt. La peur et le froid revinrent, si bien que les deux garçons se blottirent à nouveau l'un contre l'autre. La scène se répétait avec un comique sordide : à nouveau, deux des horribles créatures se posèrent devant eux et, à nouveau, elles commencèrent à enlever leurs capuches.

Tout à coup, le village entier s'illumina de multiples animaux d'argent. Albus vit passer un cerf, un scorpion, un cheval, un chien trapu, une loutre et d'autres animaux qu'il ne distingua pas.

— ALBUS !

— SCORPIUS !

Leurs parents couraient vers eux, la baguette tendue, suivis de près par Ron, Hermione et tout un tas de gens.

— Papa… Maman… murmura Albus avec un soulagement infini.

Albus voulut se jeter dans les bras de son père, mais celui-ci le serra à peine contre lui.

— Plus tard, Al, quand vous serez en sécurités ! Emporte-les Ginny ! On arrive tout de suite ! Herm, bordel, Azkaban est hors de contrôle !

— J'avais ordonné la fermeture de cette horreur ! cria Hermione en guise de réponse.

Du coin de l'œil, Albus put voir le visage horrifié de Monsieur Malefoy qui découvrait son fils, meurtri et couvert de sang. On entendit alors un cri guerrier infernal valser en écho dans tout le village. Drago explosa d'une rage terrifiante et, dans le même temps, le scorpion d'argent laissa éclater une fureur sans limite. Il se mit à attaquer les Détraqueurs seul contre cinq.

Albus sentit sa mère lui attraper fermement le poignet. Elle en fit de même avec Scorpius, qui gémit de douleur. Ils n'eurent toutefois pas le temps de protester que Ginny tourna sur elle-même et les fit transplaner en sécurité. Ils atterrirent dans le jardin du Terrier, dont l'aile gauche était toujours éventrée, mais au calme, au chaud et loin de tout malheur.

Albus leva deux yeux fatigués vers Scorpius, qui était torse nu, couvert de sang, d'ecchymoses et de profondes griffures. Il resta ainsi quelques secondes, comme pour imprimer l'image de Scorpius sain et sauf sur sa rétine, puis le garçon s'effondra. À bout de force, il s'évanouit.


Merci de m'avoir lu ! J'espère que ça vous a plu.

Alors ? Alors alors alors ? Vous respirez enfin car vous avez retenu votre souffle tout du long ? J'en ai fait des caisses alors que ce chapitre ne mérite pas mieux qu'un "ok super" ? Dites-moi tout, je veux tout savoir ! J'ai souvent dit que c'est la publication des chapitres qui comptent le plus pour moi qui me terrifie le plus, eh bien j'ai jamais autant flipper de vous mettre un chapitre sous les yeux.

Quant à nos princes, ça y est, cette fois ils sont sains et saufs. À l'abri. Mais à quel coût ? Comment se remettre d'une épreuve pareille ? Peut-on encore vivre ensemble lorsqu'on a vécu un tel traumatisme ? Comment Drago a vécu l'enlèvement de son fils, seul rescapé de sa famille ? Réponse le vendredi 20 janvier pour l'avant-dernier chapitre, le chapitre 30 : Les Survivants et le juge ! Ah, vous avez vu ? Je me suis souvenu du titre.

Vos reviews illuminent toujours autant mes journées, merci merci merci pour le succès que vous donnez à cette histoire et pour cette reconnaissance que vous m'offrez. Rien ne vous oblige à prendre 10 minutes de votre journée pour m'écrire un mot, et pourtant vous le faites. Je suis si touché.

Passez une bonne semaine avant qu'enfin, dès vendredi prochain, nous commencions à refermer cette histoire ensemble.

A vendredi !