Bonjour, communauté de lecteurs !
Voici un nouveau chapitre !
Je vous remercie de nouveau pour vos commentaires et vos abonnements. C'est toujours un réel plaisir et une satisfaction de voir que notre travail plait autant. C'est ce qui nous pousse à continuer.
Dans ce chapitre, Hermione rencontre les Pevensie au complet. Et elle se souviendra toujours de cette rencontre je pense !
Je vous laisse dévorer ce chapitre.
Credits :
WickedlyAwesomeMe pour l'écriture originale.
PetiteSphereAilee pour la traduction.
Snow pour la relecture.
Bonne lecture !
"Est-ce que quelqu'un veut bien m'écouter ?" Demanda Edmund, exaspéré, regardant son frère et ses sœurs entrant et sortant du Grand Hall, suivis par quelques domestiques. "C'est un scandale. Oh, je suis si désespéré. SUSAN ! Tu étais supposée parler raisonnablement avec eux. Je suis sûr que tu me crois, toi."
Sa grande sœur pivota et fit un sourire d'excuse pendant qu'elle arrangeait les fleurs d'un vase décoré. "Désolé, Ed," dit-elle, coupant les épines d'une rose. "Je crois effectivement que ce que nous faisons est risqué pour nous et notre peuple, mais tu vois le type là-bas ?" Elle pointa sa paire de ciseaux vers Peter, qui parlait à un groupe de blaireaux. "Le contredire ne sert à rien."
Edmund roula des yeux et se retourna, planifiant de quitter la pièce d'un pas lourd pour se diriger vers le belvédère du jardin. Ce lieu avait toujours été son sanctuaire depuis qu'il avait été le seul à trouver un certain confort dans ladite pièce. Il savait que s'il était ici, il serait loin de ces fous.
"Si cette femme se transforme en une hideuse sorcière ou je-ne-sais-quoi d'autre, alors je ne vous aiderais pas si elle fait des ravages dans ce pays de malheur !" S'exclama-t-il enfin, ouvrant les portes d'entrée du château. Il s'aventura dans les jardins, marcha en direction du belvédère, et se laissa tomber dans une des chaises.
Il n'arrivait pas à les croire. Aucunement. Il y avait une prophétie, bon sang ! Il était temps pour eux d'être sur leurs gardes et de regarder tout ce qui était étrange et potentiellement dangereux autour, et au sein même, de Narnia. Il n'y avait plus de temps pour ces bêtises fantaisistes. Ils avaient besoin d'un plan de bataille et de penser à des stratégies.
Edmund poussa un grand soupir et posa sa tête contre le dossier de siège. Bien évidemment, il était reconnaissant que cette mystérieuse fille qui allait dîner avec eux ait sauvé la vie de sa sœur. C'était héroïque. Point. Mais si cela était seulement une ruse ? Et si la jeune fille attendait quelque chose de Lucy … d'eux, qui pourrait mettre en péril la sécurité de Narnia ? Pour ce qu'ils savaient, elle pourrait être celle décrite dans les deux premières lignes de la prophétie.
"Je savais que tu serais ici," interrompit une voix, et Edmund n'eut pas besoin de lever sa tête pour savoir de qui il s'agissait.
"Va-t'en et … propage des paillettes dans tout le Grand Hall pour ton invitée spéciale, Lucy," cracha Edmund, une petite moue apparaissant sur son visage.
Sa sœur rigola et s'assit à côté de lui. "Je ne vais pas propager des paillettes, monsieur," lança-t-elle, souriant quand son frère roula des yeux. "Allez, Edmund, pourquoi es-tu comme ça ?"
"Oh, je ne sais pas," se moqua-t-il. "Peut-être parce que nous avons un pays à protéger. Qu'en penses-tu ?
"Bon sang, tu es insupportable !" S'exclama Lucy, rigolant doucement. Cela le fit se renfrogner. "Ecoute, Hermione est mon invitée, d'accord ? Je te l'accorde, elle a cette mystérieuse aura autour d'elle. Je suppose qu'elle est une Telmarine, mais il y a quelque chose à propos d'elle qui est … éteint."
"Bien, voici une bonne raison pour arrêter cette absurdité," fit-il remarquer, mais Lucy secoua la tête.
"Chut, je n'ai pas terminé," le réprimanda-t-elle, ignorant le regard qu'il lui lançait. "Je ne sais pas. Elle est différente, mais elle est inoffensive. Vraiment inoffensive." Elle insista sur cet élément de description lorsqu'elle vit l'air renfrogné d'Edmund qui s'assombrissait. "La Hermione que j'ai vu dans la forêt était, eh bien … quelque chose et, je ne sais pas, je pense que j'ai simplement voulu en savoir plus sur elle."
Edmund soupira et leva les yeux, fixant les yeux de Lucy. "C'est ça qui est triste avec la déception Lucy," dit-il. "Elle fait toujours apparaître les choses comme plaisantes et curieuses, et avant que tu ne t'en rendes compte, tu es de nouveau en danger. "
"Et si elle est la Fille d'Eve de la prophétie ?" Demanda Lucy.
"Nous ne pouvons pas prendre ce risque," raisonna-t-il.
"Mais, Ed, et si elle l'était ?" insista-t-elle, ses yeux brillant plus que d'habitude.
Il soupira et dit à contrecœur : "Eh bien, tant mieux. Nous avons trouvé l'unique défenseur de Narnia." Il lança un regard furieux quand il vit un léger sourire apparaître sur le visage de Lucy. "Mais, si elle ne l'était pas ? Lucy, voyons, nous devons être plus prudents à partir de maintenant. Je ne comprends pas pourquoi Peter ne ressent pas l'urgence de la situation dans laquelle nous sommes à présent. "
"Parce que Peter, contrairement à un certain grognon ici, pense que c'est parfaitement inoffensif d'inviter une fille à dîner," dit Lucy. "Et c'est, aussi, sûrement lié au fait que, contrairement à un certain grincheux ici, il pense que c'est inutile d'être constamment paranoïaque dans le sens où nous ne sommes pas aptes à voir les réponses alors qu'elles peuvent être sous notre nez."
Edmund regarda Lucy, et rigola d'incrédulité. "Quand es-tu devenue si mature ?" Demanda-t-il.
"Quand j'ai réalisé que mon frère agissait comme un enfant," rétorqua-t-elle, lui tirant la langue pour accentuer sa phrase. "Maintenant, veux-tu bien monter dans ta chambre et te rendre présentable pour mon invitée ?"
Il fronça les sourcils et regarda autre part.
"Pour moi alors ?" Se corrigea-t-elle, et Edmund soupira.
"Très bien, je le ferais pour toi," dit-il. "Mon Dieu, je n'ai aucune idée du pourquoi j'ai une sœur aussi entêtée que toi."
Lucy cria de joie et mit ses bras autour d'Edmund. "Merci, Ed. T'es le meilleur, " dit-elle. Maintenant, va te préparer : nous t'attendrons dans le Grand Hall."
Edmund se leva de son siège à contrecœur et rentra péniblement dans le château. Caspian était debout, à quelques mètres du seuil de la porte. Edmund le fusilla du regard quand le plus vieux fit un sourire en coin, mais ne dit rien.
Lucy le suivit à l'intérieur peu de temps après, et lorsqu'elle remarqua le regard incrédule de Caspian, Lucy lui fit un clin d'œil.
"Comment as-tu fait ça ?" Demanda-t-il.
Et Lucy, souriant largement, répondit : "C'est le pouvoir des petites sœurs, Caspian. Soit soulagé de ne jamais en avoir eu une.
"Es-tu nerveuse, Babbitty ?" Demanda Hermione en rigolant lorsque la Lapine trébucha pour la énième fois. Reepicheep avait été irrité depuis qu'il avait été écrasé par le poids de Babbitty plusieurs fois.
"Oh mon petit cœur, bien sûr que je le suis," dit-elle, sautillant de nouveau d'excitation, arborant un énorme sourire sur son visage poilu. "C'est la première fois que je dîne avec les membres de la royauté. Tout-Puissant Aslan, c'est la première fois que je les vois, en face à face !"
Reepicheep grogna lorsque Babbitty trébucha de nouveau. La Souris s'écarta rapidement du poids tombant, et y échappa de justesse. Hermione gloussa et se courba, tendant la main. "Allons, tu peux t'asseoir sur mon épaule pour éviter quelques … accidents," offra-t-elle à Reepicheep, qui accepta son offre, soulagé.
Hermione gloussa légèrement, chatouillée par les petites pattes de Reepicheep. Une fois que la Souris fut installée, ils continuèrent leur trajet.
"Vous êtes adorable, mademoiselle," déclara la Souris, souriant avec charme à Hermione. "D'où venez-vous ?"
"Pas maintenant Reepicheep," prévint Babbitty avant d'exprimer sa désapprobation lorsqu'Hermione rit légèrement, embarrassée. "Je suis sûre que notre chère Hermione ici présente, n'apprécie guère les animaux comme homologues romantiques."
La Souris se moqua et dit : "Je ne suis pas juste un animal, Babbitty. Je suis un Animal Parlant," corrigea-t-il.
La Lapine roula des yeux et murmura légèrement : "Par tous les Saints."
"Donc, d'où venez-vous ?" Demanda Reepicheep, regardant de nouveau Hermione.
La brunette, sachant qu'elle allait devoir être à la hauteur de son mensonge concernant son amnésie, haussa les épaules et dit : "Pour dire vrai, je ne sais pas vraiment."
"Pardon ?" Demanda-t-il, légèrement surpris et confus.
"Elle ne se souvient de rien du tout la concernant," détailla Babbitty, apercevant l'inconfort sur le visage d'Hermione. "Le pauvre petit cœur se souvient seulement de son nom. Je l'ai vue dehors, ensanglantée et blessée, et lorsqu'elle s'est réveilléé, elle ne savait même pas comment elle était arrivée ici."
Reepicheep baissa les yeux et regarda la jambe bandée et fronça les yeux. "C'est pour cela que vous boitillez," dit-il, fronçant légèrement les sourcils. "Suis-je un fardeau ? Suis-je trop lourd ? Est-ce que j'embête votre jambe ? Je peux redescendre maintenant, si vous préférez."
"Bêtises," dit-elle. "Je ne me sens pas 'chargée' par votre poids."
"Oh, vous me flattez, Mademoiselle," dit Reepicheep tout en frottant sa joue contre la sienne.
"Non, c'est parce que tu es une Souris," lança Babbitty.
La Souris soupira d'exaspération, et fixa la Lapine.
"Donc, voici Cair Paravel," dit Hermione en indiquant le château tout près. "Dites-m'en plus."
"C'est ici que demeure la famille royale Narnienne," répondit Reepicheep.
Hermione sourit. "Je pensais que nous étions déjà d'accord sur ça," dit-elle.
"Eh bien, c'est dirigé par deux Fils d'Adam, deux Filles d'Eve, et un Roi Telmarin. Un drôle d'assemblage royal, si vous me demandez mon avis, mais ils sont néanmoins exceptionnels," détailla la Souris. "Les premières années de leur règne, sans le Roi Caspian, avaient été appelés l'Age d'Or. Tout était florissant, et Narnia était dirigée avec harmonie et beauté."
"Le fait est," ajouta Babbitty, "qu'il y eut un temps où ils disparurent tous soudainement, et les Telmarins envahirent Narnia. Presque tous les Animaux Parlants furent réduits au silence. Les Narniens était quasiment devenu un mythe. Mais nos maîtres revinrent, plus jeunes qu'ils n'étaient censés l'être, et ils se battirent pour la liberté de Narnia. Cair Paravel avait été détruit à cause du temps qui était passé, mais ils l'ont reconstruit. D'où le fait que tu peux admirer ce magnifique château, juste devant tes yeux.
Hermione le regarda avec émerveillement. Bien sûr qu'elle connaissait déjà l'histoire de Narnia. Elle avait lu les livres un nombre incalculable de fois. "At-attendez," dit Hermione. "Ils ne sont pas repartis ? Je veux dire, ils ne sont pas retournés chez eux ? La Terre ?"
Babbitty et Reepicheep avaient l'air scandalisés. "Repartir ?" Demanda la Souris. "C'est absurde, Mademoiselle. Personne ne sait vraiment la véritable raison du pourquoi, mais nous avons entendu que s'ils rentraient chez eux, ils pouvaient mourir."
Le sang d'Hermione se glaça. "S'ils y retournent, ils meurent ?" Demanda-t-elle alors que les battements de son cœur se faisaient de plus en plus rapide. "Cela signifie que si j'y retourne, je- ?" Hermione secoua la tête, essaya de se débarrasser de ses pensées ridicules et sans espoir. Elle était persuadée qu'il y avait une bonne raison pour expliquer le fait que les Pevensie ne pouvaient plus retourner dans leur monde, et elle priait les forces de l'univers pour que le même destin ne lui arrive pas.
"Voilà, nous y sommes," dit Reepicheep, sautant de l'épaule d'Hermione pour atterrir sur le sol. Les grandes portes étaient gardées par deux Centaures et deux Minotaures, et la Souris s'avança, décidée et brandit sa petite épée, apparemment non effrayée.
Il se retourna ensuite et écarta ses bras. "Eh bien, mesdemoiselles, bienvenue à Cair Paravel," dit-il.
Et les portes s'ouvrirent.
"Les invitées sont arrivées," annonça un Ours avant de repartir. Peter l'avait remercié et avait attendu que les invitées arrivent.
Les Pevensie et Caspian portaient tous leur meilleure tenue. Ce qui déconcerta le plus Edmund est le fait qu'ils soient obligés de s'embellir seulement pour une fille et une Lapine. Lucy, même en étant la plus modeste, avait dit qu'une fille qui l'avait sauvée méritait amplement qu'on s'embellisse pour elle.
Ils étaient tous alignés en face des portes afin d'accueillir leurs invités et, rapidement, les portes en bois du Grand Hall s'ouvrirent. Apparu tout d'abord Reepicheep, qui s'abaissa en signe de respect. "J'ai amené la jeune femme et sa compagne, vos majestés."
"Je te remercie, Reepicheep," dit Lucy, souriant lorsque la Souris lui envoya un clin d'œil.
Puis il se hâta de partir, et laissa les membres de la royauté avec leurs invités.
La fille et la Lapine entrèrent simultanément. La Lapine s'abaissa et se mit à genoux en révérence. La fille, d'un autre côté, resta debout et droite, jusqu'au moment où elle réalisa que sa compagne s'était abaissée. Elle se baissa et se mit à genoux à son tour.
"Erm … vos majestés," dit-elle, et Lucy, rigolant doucement, s'avança et fit se lever la fille et la Lapine.
"Nul besoin d'être aussi respectueuse à présent, Hermione et-" elle regarda la Lapine.
"Mon nom est Babbitty, votre grandeur," répondit la Lapine, un poil trop enthousiaste.
"Babbitty," dit Lucy en souriant. "Vous êtes toutes les deux nos invités aujourd'hui. Pensez que vous êtes notre égale, Hermione." La jeune reine serra son bras autour de la brunette déroutée, et l'emmena en direction de la table. Lucy s'aperçu alors qu'elle n'était que toutes les deux à s'être avancées. Elle se retourna, et rigola presque lorsqu'elle vit la surprise sur le visage de sa fratrie, et notamment ceux de ses frères, et dit : "Allez, venez tous. Je suis affamée."
Tout le monde trouva rapidement sa place autour de la table. Etant le Grand Roi, Peter s'assit en bout de table. Caspian était à sa gauche, Edmund à sa droite. Susan s'était assise à côté de son fiancé tandis que Lucy s'assit à côté de son frère. Hermione fut installée à côté de Lucy, et Babbitty sautilla à la droite de Susan.
"Vous n'avez pas idée à quel point nous vous sommes reconnaissants d'avoir sauvé notre sœur, Mademoiselle Hermione," dit aimablement Peter, et la brunette sourit.
"N'importe quelle créature sensible aurait senti qu'elle était en danger, votre majesté," dit Hermione. "Et donc, il n'est pas nécessaire de me remercier ou … de préparer ce dîner pour moi."
A côté d'elle, Lucy rigola d'incrédulité. "Absurdités," dit-elle. "Et pouvez-vous abandonner le "votre majesté" ? C'est légèrement inconfortable lorsque vous nous appelez ainsi."
Hermione sourit et dit : "Oui, votre maj-" Elle s'arrêta et son sourire se transforma en sourire embarrassé. "Oui," répéta-t-elle une fois encore, et cette fois-ci sans ajouter le terme honorifique à la fin.
Par la suite, le dîner put continuer.
Hermione pensa que ce n'était pas si mal, de dîner avec ces supposés personnages fictifs. Tous étaient aimables et accueillants. Il y avait cette ambiance chaleureuse autour d'eux et rapidement, la brunette commença à se relaxer et à parler aisément avec les autres.
Excepté pour le roi Edmund le Juste, qui continuait de lui envoyer des regards soupçonneux lorsqu'il pensait qu'elle ne le voyait pas. Cela énervait Hermione, surtout parce qu'elle commençait à se sentir en insécurité à chaque fois que ses yeux onyx se posaient sur elle. Il semblait toujours prudent, scrutant tous ses gestes, et Hermione commença à être effrayée, et pensa même qu'il lisait, dans un sens, son âme.
"Mademoiselle … Hermione," commença soudainement le roi, et le bruit autour de la table s'arrêta. Edmund n'avait pas parlé depuis les visiteurs étaient arrivés. Par conséquent, il avait en quelque sorte surpris tout le monde quand il s'était adressé à la mystérieuse jeune femme.
Hermione le regarda calmement, même si son cœur battait bruyamment dans sa cage thoracique. "Oui ?" Demanda-t-elle.
Elle vit le Roi Edmund s'incliner lentement vers la table à manger, ses yeux ne quittant pas son visage. "Nous avons parlé de banalités jusqu'à présent, et vous n'avez rien mentionné du tout vous concernant," continua-t-il.
"Ed," prévint Lucy, mais son frère le balaya.
Hermione se mordit les lèvres et le regarda gentiment pendant un moment. "Que veux-t-il ?" Se demanda-t-elle, ses yeux toujours connectés aux siens.
"Voyez-vous, votre majesté," dit Babbitty. "Hermione, ici présente, ne se souvient pas d'où est-ce qu'elle vient. D'ailleurs, elle ne se souvient de rien à propose d'elle."
Edmund haussa un sourcil. "Intéressant," dit-il et Hermione, commençant à être légèrement ennuyée, le fixa.
"Oh, je suis navrée d'entendre ça, "dit Susan, le coupant.
"Vous n'avez aucun souvenir, de quelques sortes, de ce qui vous est arrivé ?" Ajouta Caspian et Hermione, qui avait finalement déplacé son regard ému du regard pénétrant d'Edmund Pevensie, regarda le couple et acquiesça.
"Babbitty dit qu'elle m'a vu vautrée salement en dehors de son terrier euh … ensanglantée, et blessée," dit-elle, écartant une mèche de cheveux qu'elle replaça derrière son oreille.
"Vous l'êtes ?" Demanda Lucy avec inquiétude, et Hermione lui sourit.
"Nul besoin de s'inquiéter," dit-elle. "Je vais mieux maintenant. Babbitty a merveilleusement pris soin de moi."
Si les Animaux Parlants pouvaient rougir, Babbitty aurait été dans cet état en cet instant. A la place, elle chercha seulement la main d'Hermione, et la tapota.
"Je ferais tout pour toi, mon cœur," dit-elle, et le cœur d'Hermione enfla d'émotion pour la Lapine.
"Aucun souvenir de votre passé," dit Edmund en écho, détournant son attention. Hermione, regardant le roi de nouveau, mais cette fois-ci sur ses gardes et au regard sévère. "Je me dois de vous le dire, Mademoiselle Hermione, vous avez le même accent que nous et, je ne fais que supposer, donc vous viendriez d'Angleterre. Londres, peut-être ?"
Hermione cligna des yeux et fronça ses sourcils. "Je l'ai déjà remarqué il y a quelques heures, votre majesté," dit-elle. "Mais je crains que mes souvenirs ne se soient pas déclenchés."
"Je ne sais pas, Peter," dit Edmund, détournant les yeux d'Hermione pour regarder son frère. "Tu ne penses pas que l'excuse de l'amnésie est un peu cliché ?"
"Edmund," gronda Lucy, fulminant petit à petit sur son siège.
"Souviens-toi de ce film que nous avions vu il y a quelques années ?" Continua le roi, ignorant sa sœur. "La personne prétendait être amnésique mais se transforma en némésis durant tout le reste du film."
"Edmund, arrête ça," ordonna Peter, fixant sombrement son frère. Caspian secoua la tête, et Susan portait à présent un air refrogné. Le visage de Lucy tourna furieusement au rouge et Hermione … elle en avait assez.
"Essayez-vous d'insinuer quelque chose, votre majesté ?" Demanda Hermione les dents serrées.
Le jeune roi tourna la tête vers elle de nouveau, de la suspicion et de l'hostilité étaient visibles cette fois-ci. "Excusez-moi, ai-je heurté un point sensible ?" Demanda-t-il dans une fausse sincérité.
Scandalisée et offensée, Hermione se leva de sa chaise. A cause de la brutalité de l'action, la chaise tomba à la renverse dans un bruit sourd. Le silence suivit le mouvement brusque d'Hermione qui, ne pouvant plus contenir ses émotions désormais, dit d'une voix sinistrement calme : "Je constate que je ne suis pas la bienvenue pour tout le monde." Sa voix avait jeté un froid parmi tous les occupants de la table, même le Roi Edmund. "J'ai passé un très bon moment," dit-elle les dents serrées. "Allons-y, Babbitty."
Pour accompagner sa phrase, elle se retourna et quitta le Grand Hall. Babbitty, ne sachant que faire, décida finalement de descendre de sa chaise et de suivre la brunette légèrement boitillante.
Les portes se fermèrent avec un bruit sourd.
Son départ fut suivi d'un silence tendu. Rapidement, Edmund le brisa.
"Quelle insolence," fit-il remarquer doucement, fixant les portes en bois, closes. Il sursauta presque de surprise lorsqu'il y eut un lourd bruit de coup la table. Il s'avéra que c'était une Lucy, furieuse, qui venait de frapper sur la table.
"Tu as du culot," s'exclama-t-elle, ses yeux s'assombrissant. "Alors que tu es toi-même l'insolent !" Lucy tourna les talons et quitta le Grand Hall. La porte fit plus de bruit en se refermant.
Edmund, regardant l'espace que Lucy occupait, se moqua : "Qu'est-ce que j'ai fait encore ?" Demanda-t-il en regardant les autres. Tous les trois lui lancèrent un regard furieux, et il leva ses bras d'exaspération. "Je ne faisais que l'interroger," se défendit-il. "Ce n'est pas ma faute si cette Mademoiselle Hermione est devenue susceptible à propos de ça."
"Edmund, tu n'es qu'un idiot," dit Susan tout en se penchant sur la table pour lui mettre une tape derrière la tête.
"AIE, SUSAN !"
Caspian soupira et secoua la tête. "Cette jeune fille ne se souvient de rien la concernant," indiqua-t-il. "Tu aurais dû lui montrer un peu de sympathie ou un peu de respect."
"Oh, alors quoi maintenant," cria Edmund. "Vous allez vraiment croire son baratin ?"
"Edmund, c'est une fille qui ne se souvient de rien hormis son prénom," répéta Peter, cette fois-ci plus sévèrement que Caspian.
"Pour l'amour d'Aslan !" S'exclama le jeune roi. "Une trahison par le plus improbable. Est-ce que ça vous est venu à l'esprit que peut-être il s'agissait d'ell-."
"CA SUFFIT !" Tonna Peter, et Edmund fut réduit au silence. Peter avait cette capacité de rendre les gens sans voix, aussi bien par son imposante nature que par son autorité à diriger. A ce moment précis, Edmund ne pouvait rien y faire, et obéit. Après tout, il était celui qui ne devait pas faire de vagues avec un Peter Pevensie enragé.
Peter se calma et prit le bras d'Edmund. "Ecoute, je comprends ton inquiétude pour Narnia, Ed," commença-t-il. "Je suis inquiet aussi. Nous le sommes tous. Mais ça n'est pas une excuse pour accuser toutes les mystérieuses créatures que tu vois à Narnia."
"Nous ne savons pas qui va nous trahir, bon sang !" S'exclama Edmund, retirant violemment son bras de la prise de Peter. "Vous ne comprenez pas ? Une autre guerre est imminente, Peter ! Une autre satanée guerre qui met en danger la vie de notre peuple. Tu n'es pas fatigué ? De combattre ? Je-"
Edmund préféra se taire, secoua sa tête et marcha vers la sortie. Avant d'avoir totalement franchi les portes, il se retourna et avoua : "Je veux juste que Narnia soit saine et sauve." Ayant dit cela, il quitta le Grand Hall.
"Je n'arrive pas à croire qu'une personne si respectable pouvait agir si … si peu royal et impudent !" S'exclama Hermione tandis qu'elle se précipitait vers la porte ouverte du terrier et qu'elle entra d'un pas lourd. Babbitty la suivait, sautant sur une des chaises libres. Hermione préféra s'asseoir sur le lit, et continua de râler.
"Peux-tu y croire, Babbitty ?" Continua-t-elle. "Est-ce que tu y crois ? Moi qui pensais qu'il était Edmund le Juste. Foutaises."
Babbitty sourit doucement à la furieuse fille. "Là, là, mon cœur, calme-toi," dit-elle. "Ce fut une dure nuit pour nous tous. Nous devrions aller dormir."
"Il a dit quelque chose de grossier," continua Hermione, tellement énervée que des larmes de frustration commencèrent à se former au coin des ses yeux. "Je ne comprends pas pourquoi une telle personne peut être aussi impolie avec quelqu'un qu'il vient de rencontrer."
La Lapine sauta de sa chaise et s'approcha de la jeune fille instable émotionnellement. "Il faut que tu comprennes qu'un pas de travers venant des monarques peut entrainer une grande guerre entre plusieurs nations, Hermione," dit-elle en tapotant son dos avec sa patte. "Je pense que c'est commun aux créatures d'agir violemment contre quelque chose de mystérieux."
"Mais pas d'être impolie," répondit Hermione, essuyant n'importe comment une larme. "Babbitty, je n'appartiens pas à ce monde," dit-elle plaintivement, acceptant le petit câlin que la Lapine lui offrit. "Je veux juste rentrer à la maison."
"Calme-toi maintenant, mon cœur," dit-elle tout en poussant Hermione de toutes ses forces. La brunette tangua et tomba sur le lit. "Repose-toi, et tu verras que demain matin, tout ira bien."
Hermione acquiesça et ferma les yeux, une petite larme coulant sur son visage.
Tandis que Babbitty regardait la pauvre fille s'endormir, elle se demandait ce qu'avait vécu Hermione dans le passé.
