Bonjour !

Et voici le dixième chapitre de cette traduction !

Je m'excuse profondément pour avoir mis autant de temps à publier ce chapitre. Ma bêta et moi-même avons été assez occupée dernièrement ...

Je tâcherais de reprendre un rythme régulier de publication !

Bonne lecture !

Crédits :

Fanfiction en VO : s/7888194/1/When-Two-Worlds-Collide

L'équipe :

L'auteur original : WickedlyAwesomeMe

Traductrice : PetiteSphereAilee

Relectrice : Snow


Au moment même où Lucy entra dans sa salle d'étude, avec ce regard actuel sur son visage, Peter savait que sa petite sœur était de nouveau en train de préparer quelque chose.

"De quoi s'agit-il cette fois-ci ?" Demanda Peter avec un soupir, et Lucy le regarda innocemment.

"Qu'est-ce que tu veux dire, Pete ?" Demanda-t-elle en s'asseyant confortablement sur l'accoudoir de la chaise de Peter. "Je suis seulement venue ici pour te demander si tu voulais du thé avec des crumpets."

"Ça me va," dit-il, un léger sourire sur son visage. "Mais plus sérieusement, que veux-tu ? Je n'ai pas toute la journée, Lu'. J'ai une rencontre avec quelques chefs d'Etat dans quelques minutes."

Lucy changea de place sur son siège et fixa les yeux de Peter. "Il y a une fête foraine à Narnia aujourd'hui," statua-t-elle doucement.

Peter leva un sourcil. "Et ?"

Sa sœur prit ses deux mains et le regarda d'un air suppliant. "Puis-je y aller ?" Supplia-t-elle. Peter devina que si elle ne s'était pas assise, c'est qu'elle serait assez effrontée pour, il osa le dire, être désespérée au point de le supplier en abondance. "S'il-te-plaît, Peter ? J'ai entendu parler d'un nouveau parfum qui allait être vendu à la fête, et j'ai vraiment envie d'aller le chercher moi-même."

"Non," dit-il, sa réponse était flagrante, et son expression n'avait pas changé d'un poil.

Lucy fit la moue, mais cela ne le fit pas changer d'avis. En temps normal, il l'aurait laissé y aller sans y réfléchir. Mais ce qu'il s'était un mois plus tôt dans la forêt avait servi de leçon à Peter. Il avait bien failli perdre sa sœur et il ne voulait pas que cela se reproduise.

"Pourquoi pas ?" Demanda-t-elle. "Tu me l'autorisais avant."

Peter soupira et retourna à ses documents. "Tu sais pourquoi, Lucy," dit-il, son ton empreint d'exaspération. "C'est un peu dangereux de s'aventurer en dehors de Cair Paravel. Surtout pour toi, parce que tu es une reine et que les rebelles telmarins se rueront sur toi."

"C'est grotesque, Peter ! Je peux très bien prendre soin de moi-même, merci beaucoup," dit-elle en inspirant profondément. Alors qu'elle voyait le regard de son frère, elle prit un air renfrogné. "Eh bien, ce qui est arrivé précédemment était une première, Peter. Je ferais en sorte d'être plus prudente à partir de maintenant."

"Non," répéta-t-il, sa voix indiquait cette fois-ci pas de changement possible. "Ne me fait pas répéter, Lucy."

A sa grande surprise, sa sœur arrêta avec son entêtement. Cela l'étonna, bien évidemment, parce qu'il savait que sa sœur était obstinée. Elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour faire en sorte que les choses aillent dans son sens.

"Oh, que c'est embêtant," s'exclama-t-elle tout en se levant lentement et en commençant à partir. "Que dois-je faire ? J'ai promis à ma très chère Hermione que je l'emmènerai à cette fête foraine."

Peter se redressa lorsqu'il entendit le nom d'Hermione. Sans qu'il ne le vois, un léger sourire en coin était visible sur le visage de Lucy.

"Oh, pauvre amie. Je parie qu'elle sera anéantie si elle apprenait que le Grand Roi Peter a refusé de nous laisser aller à cette fête foraine," continua-t-elle tout en marchant vers la porte lentement. "Je suppose qu'elle fera passer le temps en paressant tout autour du château, n'ayant rien à faire, et malade de ne pas avoir pu voir pour la première fois une fête foraine de Narnia. Bon sang, je peux déjà imaginer la tristesse sur son visage."

Le Grand Roi mordit sa lèvre inférieure et se leva soudainement. "Attends !" S'exclama-t-il. Lucy s'arrêta et se retourna, le visage plein de questions.

"Oui ?" Demanda-t-elle.

Peter fronça les sourcils lorsqu'il vit le sourire sur son visage. Ce fut plus fort que lui, il rougit intensément. "Oh, très bien," répondit-il finalement, qui fut suivit par un soupir de défaite. "Mais vous ne devez pas être reconnues. Et je vous assigne quelques gardes pour vous accompagner, Hermione et toi." Ses joues s'assombrirent et il refusa de regarder Lucy dans les yeux. "Juste - il fit une pause et toussa – dis-lui, à Hermione, de bien s'amuser."

"Merci, Pete !" S'exclama Lucy, enclenchant à présent la poignée de porte. "Tu es le meilleur !"

Aussitôt Lucy partie, Peter se laissa tomber sur son siège et soupira, pensant que pour la première fois, il allait devenir fou.


moment même où Lucy entra dans les cuisines, avec ce regard sur son visage, Hermione savait que Lucy venait avec quelque chose à demander.

"Hermione !" S'exclama la reine joyeuse. "Il y a une fête foraine narnienne en ce moment et je serais vraiment heureuse si on y allait faire un tour."

Alors qu'elle entendait les mots "fête foraine narnienne," les yeux marrons et chaleureux d'Hermione s'agrandirent. "Une fête foraine ?" Demanda-t-elle, presque à bout de souffle. Un large sourire apparu sur son visage, et elle fut incapable de contenir sa joie. "Oh, j'ai toujours voulu en voir une, mais ..." Son sourire s'effaça. "Est-ce que ton frère sait à propos de ça ? Je suis sûre que ce qu'il s'est passé il y a quelques semaines a dû servir de raison pour que le Grand Roi Peter ne t'autorise pas à sortir pour le moment."

Lucy fit un clin d'œil, un regard mystérieux figé sur son visage. "Ne t'inquiète pas pour ça," dit-elle, prenant les deux mains d'Hermione. "J'ai réglé ce petit problème, et ce grâce à toi."

"Moi ?" Demanda Hermione, confuse.

"Bref," dit la jeune reine, attrapant le bras d'Hermione et l'emmenant hors de la cuisine. "Allez ! Je dois me changer avant d'aller à la fête."

Hermione tourna sa tête et offrit un au revoir à Babbitty et Glendolly, sachant pertinemment que toute résistance serait futile.


"C'est ... fantastique" dit Hermione, émerveillée et presque à bout de souffle. Elle regardait autour d'elle et vit différents stands et des étals qu'elle ne voyait pas habituellement à Narnia. Quelques enfants, des créatures et des individus ressemblant à des humains jouaient ensemble dans les rues. Quelques marchands faisaient la promotion de différents produits, et certains semblaient très étranges pour Hermione. Il y avait des danseurs de rue en démonstration, et certains villageois se joignaient à eux.

"Ça l'est," dit Lucy.

Hermione regarda la reine et sourit. Lucy portait une tenue de paysanne, comme l'avait ordonné son grand frère. Une cape à capuche cachait la silhouette de la reine pour que personne ne la reconnaisse. Regardant derrière elle, Hermione aperçu quelques gardes narniens, habillés simplement afin de se fondre dans la foule.

Soudain, Hermione sentit les cheveux derrière sa nuque se dresser. Elle se tourna rapidement, essayant de voir si certains étrangers la fixaient, mais elle ne vit personne. Elle frotta l'arrière de son cou et fronça les sourcils, un peu confuse de ce qu'avait fait instinctivement son corps.

"Allez," la plus jeune des deux dit, attrapant la main d'Hermione. "Allons jeter un coup d'œil."


"Par tous les Saints, ce doit être la meilleure fête foraine de Narnia que j'ai vu," s'exclama Lucy.

Hermione et elle avaient décidé de se poser à un des stands de nourriture de Narnia pour faire une pause. Actuellement, Lucy léchait sa crème glacée saveur fraise tandis qu'Hermione buvait son thé glacé.

Leur table était remplie de produits, allant du parfum, des gants jusqu'au parchemins. Certains étaient pour Hermione, qui était aussi bien réticente que reconnaissante de les avoir eus. La plupart étaient pour Lucy, mais elle avait acheté beaucoup de choses pour sa fratrie.

Faire le tour de la fête avec Lucy avait fatigué Hermione. Elle n'était pas une adepte du shopping, sauf si cela concernait les livres ou les fournitures scolaires. Mais aujourd'hui s'avérait être différent car elle avait apprécié cette journée également. Lucy et elle avaient participé à plusieurs jeux, et avaient gagné plusieurs prix.

"Je pense qu'il serait judicieux si– "

Elle était là de nouveau – cette sensation d'être épiée par quelqu'un. Hermione avait eu cette sensation plusieurs fois dans la journée, mais elle n'avait pas réussi à mettre un visage sur cet étranger. Sa main frotta son cou de nouveau tandis qu'elle regardait frénétiquement autour d'elle, cette fois-ci désespérée de ne pas trouver l'origine du regard.

"Est-ce que tout va bien ?" Demanda Lucy, légèrement inquiète.

"Oui, tout va … bien." Sa voix hésita aussitôt que ses yeux rencontrèrent une paire de yeux gris. Ils appartenaient à une vieille femme et, soudainement, Hermione se releva. La vieille femme la fixa longuement avant de se retourner. "Attends-moi ici, Lucy."

Elle s'écarta et couru après la femme mystérieuse. Lucy cria son nom mais elle ne se retourna pas, effrayée par l'idée qu'elle pourrait perdre la mystérieuse femme.

Finalement, la vieille femme s'arrêta devant une tente. Elle donna à Hermione un regard avant d'entrer dans la tente.

Légèrement effrayée, Hermione regarda à gauche puis à droite, et décida finalement de la suivre à l'intérieur.

Hermione toussa presque à cause de l'épais parfum dans l'air. Son nez la chatouilla, et il lui fallut toute sa volonté pour ne pas le couvrir. La tente était trop voyante à son goût. Des bijoux argentés et des babioles étranges jonchaient le sol. Certains pendaient au plafond, scintillant lorsqu'ils bougeaient, et augmentaient ainsi la luminosité.

La vieille femme se tenait au milieu de la tente, portant à présent une cape scintillante sur sa silhouette. Une petite boule de cristal était visible devant la vieille femme, posée confortablement sur une table en forme d'oreiller.

"Assieds-toi," dit-elle en grinçant.

Hermione acquiesça et suivit précautionneusement les instructions de la vieille dame.

Il y eu tout d'abord un silence et Hermione se demanda ce que la vieille femme pouvait bien faire. Les yeux de la vieille femme se fermèrent et ses mains firent le tour autour de la boule de cristal.

'C'est ridicule,' pensa Hermione tout en prenant lentement un air renfrogné. Elle n'avait jamais cru en ces broutilles ridicules. Elle avait toujours pensé que la Divination était pour les moins intellectuels, pour ceux qui croyaient en la destinée et le destin plutôt que la raison et la connaissance. 'Je dois être folle pour avoir suivi cette étrangère à l'intérieur de cette étrange tente.'

"Je vais te donner ta bonne aventure, Hermione Granger," grinça la vieille femme, ses yeux toujours clos.

Hermione prit bruyamment une bouffée d'air, ses yeux s'agrandirent de pur horreur et d'incrédulité. "V-vous connaissez mon nom ?" Bégaya-t-elle, se décalant involontairement vers l'arrière.

Ses yeux s'ouvrirent violemment, ses yeux gris fixant instantanément la silhouette de la brunette. "Je t'attendais, Hermione Granger," continua-t-elle. "Tous les jours et toutes les nuits, je savais que tu viendrais ici."

La brunette avança son corps pour se rapprocher de la vieille dame. "Vous savez comment je suis arrivée ici, à Narnia ?" Demanda-t-elle doucement, effrayée par le fait que d'autres personnes pourraient entendre.

"Mais, oh, ton arrivée va être la cause d'une autre grande guerre," déclara doucement la vieille dame, ses yeux gris ne quittant pas ceux d'Hermione. "Une grande guerre, Hermione Granger. Prépare-toi, et sois courageuse."

"Une grande guerre ?" Demanda Hermione, se sentant paniquée et effrayée. "De quoi parlez-vous ?"

A ce moment, la vieille dame convulsa sur son siège. Hermione cria de surprise lorsque la tête de la vieille dame tomba, ses yeux fermement fermés une fois encore.

"Est-ce que vous allez bien ?" Demanda Hermione, s'approchant doucement quand, soudainement, les yeux de la femme s'ouvrirent. Mais à la place de la couleur grise présente auparavant, ses yeux rencontrèrent un surprenant voile blanc.

Hermione recula de peur, sa main toucha instinctivement sa baguette dans sa poche.

"Une trahison par le plus improbable," marmonna la vieille femme, sa voix était profonde et froide, différente de la voix qu'elle avait quelques temps auparavant. Un charabia s'échappa de sa bouche : les mots n'avaient pas de sens pour la brunette. "La Glace reviendra. Le Feu contre la Glace. Avant cela, prenez-garde. Prenez-garde. Prenez-garde. Prenez-garde. Prenez-garde."

"Est-ce que vous allez bien ?" Répéta-t-elle encore une fois. La femme continuait de murmurer les mots "Prenez-garde" encore et encore, et cela déclencha, dans un sens, le souvenir de quelque chose qu'Hermione vécu plusieurs jours auparavant.

"Madame ?" Hurla Hermione, à présent debout. Elle s'approcha doucement de la femme, et se baissa lorsqu'elle se remit à convulser. "Que se passe-t-il ?" La main d'Hermione toucha celle ratatinée de la vieille femme et instantanément, une douleur sourde et une indescriptible froideur intégra le corps d'Hermione.

Une voix glacée, presque inhumaine, fut entendue dans toute la tente, mêlée à celles douloureuses et terrifiées d'Hermione.

Et puis tout devint noir.


Lorsque Hermione ouvrit les yeux, elle aurait juré que sa tête allait exploser. Les lumières de sa chambre à coucher semblaient insupportablement brillantes, et même son lit et ses oreillers doux et confortables ne pouvaient soulager son mal de tête.

Un grognement s'échappa de sa bouche alors qu'elle se redressa sur son lit. Un pleur bruyant résonna autour et Hermione sursauta. Elle grogna d'agacement involontairement. Des bruits de pas se firent entendre sur le sol de pierre et rapidement, une ombre s'approcha d'elle.

Hermione, avec ses yeux plissés, essaya de deviner à qui appartenait la silhouette qui rôdait autour d'elle. Une Reine Lucy pâle apparue devant elle et une fois encore, un grognement de douleur s'échappa de ses lèvres.

"Oh, merci Aslan, tu es enfin réveillée !" Pleura Lucy, ses yeux étrangement brillants et rouges.

"Qu-Que s'est-il passé ?" Dit Hermione d'une voix éraillée, celle-ci étant irritée et rêche car elle n'avait pas été utilisée. Lucy donna immédiatement à Hermione un verre d'eau froide, qui l'accepta volontiers et qui vida le contenu d'une gorgée.

"Personne ne sait," dit la reine, plaçant un oreiller derrière le dos d'Hermione. "Même le Médecin Royal ne sait pas. Tu as été inconsciente pendant trois jours, Hermione. Trois jours, et même le Médecin Royal disait que rien ne clochait avec toi, tu ne te réveillais toujours pas et … oh j'étais en pleine agonie pendant ces trois jours ici."

Les sourcils d'Hermione se rassemblèrent doucement. "Attends," dit-elle. "Trois jours ? J'ai été inconsciente pendant trois jours ?"

Lucy hocha simplement la tête. "Tu nous as fait une de ces peurs," l'accusa-t-elle, une petite larme s'échappant de son œil et se frayant un chemin sur sa joue. "Nous pensions que tu ne voulais pas, tu sais, le faire. Mais le simple fait que tu continuais de respirer nous disais que tu allais bien."

"Par Merlin, trois jours," dit Hermione, serrant sa tête. Son mal de tête se calma doucement à présent. C'était étrange, d'ailleurs, car elle se sentait incroyablement faible.

"Qui est Merlin ?" Demanda Lucy.

Hermione eut un léger rire, se remémorant le Roi Edmund lui posant la même question. "Probablement un chien que j'ai eu et dont je n'ai aucun souvenirs," mentit Hermione.

Lucy secoua sa tête et clarifia ses pensées en pagaille. "Qu'importe," dit la reine. "Que s'est-il passé ? J'ai été surprise lorsque tu t'es enfuie loin de moi, et que … tu sais … pouf, disparue."

La brunette gloussa. "Pouf ?" Demanda-t-elle.

"Oh, ne ris pas," dit Lucy en lui jetant un regard noir. "Parce que tu m'as fait m'inquiéter, tu n'as pas le droit de rire de moi aujourd'hui."

Hermione leva simplement un sourcil.

"De toute façon, il nous a fallu toute une foutue journée pour te trouver, Hermione," commença la reine. "Peter a même ordonné à un groupe de soldats de passer au peigne fin toute la ville et ses environs. Reepicheep t'as trouvé plusieurs heures après la tombée de la nuit, et tu étais déjà inconsciente."

La plus âgée des deux fit courir sa main devant son visage. "Est-ce qu'il y avait une tente ou une vieille femme ?" Demanda Hermione. Et comme elle le suspectait, Lucy secoua négativement la tête.

"Rien," dit la reine. "D'ailleurs, ils t'ont trouvé à un endroit loin de la fête." Lucy s'assit à côté d'Hermione et prit sa main. "Qui était cette vieille femme, Hermione ?"

Déçue et fatiguée, Hermione secoua sa tête. "Je ne sais pas, Lucy," dit-elle. "Je ne sais pas."

'Et je ferais tout mon possible pour découvrir qui elle est,' se promit mentalement Hermione alors qu'elle serrait la main de Lucy.


Il fallut exactement un jour entier à Hermione pour retrouver toute son énergie. Peter lui rendit visite quelques fois durant cette journée, et elle était soulagée que ces fois-là était courtes. Son mal de tête était encore présent durant cette journée. Elle avait été surprise une fois, lorsqu'Edmund s'était arrêté pour savoir comment elle allait. Mais, bien évidemment, sa visite cachait quelque chose.

"Qu'est-ce que vous manigancez maintenant ?" Demanda-t-il dès son arrivée. Hermione roula simplement des yeux et avec un dernier coup d'œil perçant, il se retourna et quitta la chambre.

Pendant cette journée, Hermione réfléchit à ce qu'il s'était produit entre la vieille femme et elle. Il était évident que la dame avait quelque chose de surnaturel. Elle avait le sentiment que ce qu'elle avait insufflé en elle au moment même où ses yeux étaient devenus blancs avait un lien avec une prophétie. Hermione avait décidé qu'elle partirait prochainement à la recherche de cette vieille dame car elle avait senti que peut-être, peut-être, cette vielle dame serait capable de l'aider pour retourner dans son monde.

Pour le moment, Hermione savait qu'elle avait besoin de faire plus de recherches, ce qui l'amena à son problème actuel : demander la permission au Roi Edmund pour se rendre dans sa bibliothèque personnelle. Ce n'était pas vraiment la chose la plus agréable à faire, au regard du dégoût qu'il avait pour elle et du dégoût qu'elle avait pour lui. Mais il y avait un livre dans sa bibliothèque qui avait attiré son attention, et cela faisait plusieurs jours qu'elle trépignait d'impatience de le lire.

D'où sa présence actuelle, en face d'Edmund tandis que ledit roi la regardait, légèrement impatient.

"Eh bien ?" Demanda-t-il, levant un sourcil.

Hermione déglutit à contrecœur, un froncement de sourcils apparaissant sur son visage à présent. 'Où sont Peter et Lucy quand j'ai besoin d'eux ?' Se demanda-t-elle. Elle rangea une mèche de cheveux derrière son oreille, et leva son menton d'assurance. Edmund flaira son petit acte d'assurance mais ne fit aucun commentaire qui envenimerait les choses.

"Je demande la permission d'utiliser votre bibliothèque une nouvelle fois, votre majesté," dit Hermione.

Ses yeux se rétrécirent de suspicion. "Pourquoi ?" Demanda-t-il.

Hermione soupira. "Voulez-vous que je vous raconte tout concernant mon plan machiavélique de nouveau ?" Demanda-t-elle, l'incitant à lui lancer un regard noir. "J'aimerais faire plus de recherche, Roi Edmund."

"Pourquoi pas celle de Susan ?"

"Parce que," affirma-t-elle dans une légère exaspération, "votre bibliothèque est beaucoup plus informative que celle de Susan. Vous ne serez probablement pas mis au courant lorsque je trouverai, peut-être, un livre qui me permettrait de retrouver mes souvenirs. Et avant que vous ne le sachiez, mes souvenirs seront revenus et je serais partie de ce château, et peut-être de Narnia. Ce n'est pas ce qu'il vous convient le plus ?"

Il la fixa et la scruta intensément. "Très bien," cracha-t-il enfin. "Mais sachez que je serais dans ma bibliothèque toute la journée. Donc si vous faites des choses étranges …"

"Je comprends," dit-elle avant de soupirer.

Edmund lui lança un regard noir d'avertissement une nouvelle fois avant de se retourner et de s'éloigner. Hermione le suivit en silence, laissant une grande distance entre les deux.

Ce fut une étrange marche, notamment parce qu'elle pouvait sentir à quel point le roi devant elle était tendu.

'Peut-être n'aime-t-il pas l'idée que je marche derrière lui,' se dit-elle avec un petit sourire en coin. 'Je pourrais sortir une dague ou autre chose.'

"Angoissé," dit-elle.

"Pardon ?" Demanda Edmund en regardant derrière lui.

Hermione sourit légèrement. "Rien," dit-elle.

Il la fixa de suspicion avant de reprendre sa marche.

Ils arrivèrent finalement au niveau de sa bibliothèque personnelle. Le soupir de soulagement qu'il lâcha fut remarqué par Hermione. Elle dû retenir un rire, et le libérer une fois qu'ils s'étaient séparés.

La paranoïa d'Edmund était stupéfiante. Elle admit aussi, à contrecœur, que c'était ridiculement adorable. Mais encore une fois, il était roi d'un magnifique pays. Il considérait cela normal d'être constamment inquiet par les choses, quelques fois insignifiantes, afin d'éviter les erreurs et les victimes.

"Maugrey Fol-Œil serait fier de lui," dit tout haut Hermione, avançant lentement vers le fond de la bibliothèque. "Le garçon qui sait comment être constamment vigilant."

Elle arriva enfin au niveau de la bibliothèque où elle avait caché le livre. Hermione se mit à quatre pattes et tâtonna en-dessous. Ses doigts buttèrent contre la couverture reliée du livre et Hermione sourit, soulagée qu'il soit encore là. Elle prit le livre et enleva la poussière qui s'était formée sur le dessus.

Hermione marcha immédiatement vers la table la plus proche et commença à lire.


"Bon sang," râla-t-elle dans un souffle, regardant Temps A Relativité Dimensionnelle Inter-Spatiale, embêtée que ce livre ne fournisse aucune information concernant son problème. Tout ce qu'il proposait concernait le voyage dans le temps, et quasiment tout concernait le concept de "Temps".

Elle ne pouvait nier que cette Rose Pond était brillamment perspicace en ce qui concernait le temps et son importance.

"Le Temps, tel que nous le connaissons, et un des sujets les plus énigmatique de tout l'univers. Certaines personnes, aussi bien les Moldus et leurs semblables magiques, ont donné leurs propres idées et théories sur le Temps. Albert Einstein, un scientifique Moldu de génie, déclara que le Temps est relatif, s'opposant ainsi à Sir Isaac Newton (un autre scientifique Moldu) qui clamait que le Temps était absolu.

Einstein pensait que le passé, le présent et le futur existaient simultanément. La séparation des trois est seulement une illusion, et c'est quelque chose qui est habituellement enseigné chez les Moldus et dans le monde des Sorciers. Avec leur soi-disant technologie, comme par exemple un vaisseau spatial Moldu, une personne le conduisant fera l'expérience de voir passer plusieurs semaines ou mois, tandis qu'une personne en dehors fera seulement l'expérience de quelques secondes ou minutes. La condition est que la personne conduisant le vaisseau spatial vole à une vitesse proche de celle de la lumière."

Un bâillement s'échappa de la bouche d'Hermione alors qu'elle bougeait sur sa chaise, sautant quelques pages. Le texte concernait principalement le Temps et la théorie de la relativité d'Einstein, qu'Hermione connaissait déjà car elle avait lu plusieurs choses déjà concernant ce sujet durant l'été précédant sa cinquième année.

Ce qui la mettait en joie, et qui l'intéressait, était que le livre progressait, et prouvait qu'il était un livre magique venant de son monde. Il avait été prouvé que l'auteure, Rose Pond, était une sorcière depuis qu'elle connaissait énormément d'éléments à propos du Monde des Sorciers. Cette raison était importante pour expliquer pourquoi Hermione ne pouvait s'empêcher de livre ce livre.

Ses yeux ressortirent presque lorsqu'elle vit le nom de Dumbledore, son directeur décédé, mentionné dans le livre.

"… Albus Dumbledore croyait que la théorie de la relativité d'Einstein était vraie, et il ajouta quelques éléments lui-même. En relation avec la Mort, le Temps peut être prolongé. Cette déclaration fut rejetée par certains critiques en premier lieu, mais avec la création de la Pierre Philosophale par Nicholas Flamel, un bon ami de Dumbledore, sa théorie s'avéra juste."

Quelques faits supplémentaires concernant le Temps suivirent après ça. Hermione ferma ses yeux un moment pour les reposer. La prétendue "overdose d'information" commençait à lui arriver, et elle jurait que si elle continuait de lire davantage, son cerveau exploserait.

'Harry and Ron en serait alarmé' pensa-t-elle tendrement en affichant un sourire triste. Ils se demanderaient probablement où était passé la véritable Hermione, voyant qu'elle était fatiguée de lire.

Hermione imagina que les faits concernant les différents univers se trouvaient quelques chapitres plus loin. Hermione voulu sauter quelques chapitres, mais elle était effrayée à l'idée de passer sur des éléments importants.

"Eh," dit soudainement Edmund, marchant en direction de sa table.

Instinctivement, elle cacha le livre sous les couches de sa jupe, et se leva. "Oui ?" Demanda-t-elle.

Ses yeux se rétrécirent tandis qu'il parcourait sa silhouette. "Peter a demandé notre présence. C'est l'heure du thé," dit-il.

Hermione acquiesça et sourit. "Très bien,' dit-elle. "Mais je dois aller dans ma chambre pour me rafraîchir un peu. Vous pouvez dire au Grand Roi Peter que j'arriverai peu de temps après."

Edmund acquiesça lentement et regarda Hermione qui quittait sa bibliothèque.

Aussitôt sortie, Hermione soupira de soulagement, le livre qu'elle venait "d'emprunter" à la bibliothèque d'Edmund fermement tenu dans sa main.