Bonjour, Communauté de lectrices et lecteurs !
Nous voici en route pour un nouveau chapitre ! Les Pevensie reviennent à Cair Paravel, et pour fêter leur retour, quoi de mieux qu'un bal !
Et il ne sera pas de tout repos.
Je vous souhaite une bonne lecture !
Credits :
WickedlyAwesomeMe pour l'écriture originale.
PetiteSphereAilee pour la traduction.
Snow pour la relecture.
Tous les soldats narniens sortirent de Cair Paravel et s'alignèrent devant le château. Hermione, malgré elle, les regarda bouche bée, admirant leur résistance car ils se tenaient droits sous le soleil de feu, leur dos rigide et leur visage ne montrant aucune émotion. C'était un spectacle particulier car certaines créatures étaient vraiment adorables – comme par exemple Reepicheep – et ils étaient également capables d'afficher une telle expression sur leurs visages.
Soudainement, le peuple autour d'elle s'inclina par courtoisie. Hermione se retourna et roula presque des yeux lorsqu'elle vit le Roi Edmund se balader dans le Grand Hall. Ses yeux rencontrèrent les yeux couleur onyx du roi avant qu'ils ne soient baissés tout comme son corps à elle, alors qu'elle s'inclinait par courtoisie.
"Votre majesté," dit-elle en l'accueillant lorsqu'il se mit à côté d'elle.
Il inclina sa tête, son visage reflétant une multitude d'émotions. Hermione remarqua le fait qu'il soit légèrement distrait, ce qui était parfaitement acceptable à son sens.
Aujourd'hui était le jour où le Grand Roi Peter et les autres revenaient à Cair Paravel. C'était, bien évidemment, une raison pour que tout le château soit en fête, tout en sachant que le peuple avait failli perdre un de leurs dirigeants. Mais c'était aussi une raison d'appréhension, surtout pour le roi qui se tenait près d'elle, car leur trajet comportait plusieurs rebelles désireux de vengeance.
"Ils vont bien," dit-elle finalement, pensant qu'elle en était obligée.
Edmund la regarda du coin de l'œil et hocha la tête avec raideur.
"Quel angoissé," murmura-t-elle dans un souffle.
Il se tourna vers elle, ses yeux plissés en une fine fente à présent. "Excusez-moi ?" Cracha-t-il, profondément offensé.
Avant qu'Hermione ne réponde, le son d'une calèche se fit entendre. La tête d'Edmund se remit droite, son visage de nouveau défiguré par l'inquiétude. Hermione aussi regarda devant elle et retint sa respiration, effrayée par la pensée qu'un membre de la royauté blessé revienne.
Au soulagement général des membres du château, personne n'avait été blessé. Hermione avait été capable de jeter un coup d'œil à l'intérieur de la calèche et vit les corps fatigués mais sains et saufs des monarques de Narnia.
Tout le monde autour d'elle s'inclina et elle suivit le mouvement. Edmund, d'un autre côté, accouru vers la calèche avant même qu'elle ne s'arrête complètement.
"Peter !" S'exclama le Roi Edmund, et Hermione pu sentir un véritable soulagement dans sa voix.
La calèche s'arrêta et le Grand Roi Peter en sortit. Il proposa sa main pour aider la Reine Lucy à descendre, dont le visage s'émerveilla lorsqu'elle vit son autre frère. Suivit la Reine Susan avec son visage rayonnant grâce à sa beauté et à son bonheur. En dernier descendit le Roi Caspian. Il portait un bandage fait d'un bout de tissus provenant d'un vêtement autour de son bras gauche, et avait quelques cicatrices sur le visage. La preuve de son attaque était visible par tous, mais dans l'ensemble, le roi allait bien.
Lucy se jeta dans les bras d'Edmund et le serra fortement. Peter regarda les autres soldats et secoua sa main afin de leur signaler de retourner à leur poste. Les soldats narniens s'inclinèrent une dernière fois et reprirent leur poste.
Hermione, ne se sentant légèrement pas à sa place dans cette réunion de famille qui se déroulait devant elle, décida de se retirer dans les cuisines.
"HERMIONE !"
Elle sursauta de surprise et se retourna d'un seul coup, seulement pour être accueillie par une masse de cheveux bruns. Gloussant légèrement, Hermione tapota le dos de Lucy.
"Oh, Hermione, tu m'as tellement manquée !" S'épancha la reine, étreignant fermement sa dame de compagnie. "Cela ne fait qu'une semaine mais ta compagnie m'a manquée."
"Tu m'as manquée aussi," dit Hermione, embrassant légèrement le sommet du crâne de Lucy.
La brunette regarda par-dessus l'épaule de Lucy et vit une salutation enthousiaste de Peter et Susan. Elle les salua en retour et fut rapidement emmenée loin par la reine. Lucy l'emmena dans sa chambre personnelle et se laissa directement tomber sur son lit.
Hermione, avec un sourire affectueux pour la jeune fille, s'approcha d'elle et retira scrupuleusement les chaussures de la reine, et les plaça sous son lit.
"Comment cela a été, majesté ?" Demanda Hermione à la jeune reine alors assise sur son lit. La brunette approcha de Lucy et enleva, absente, les nœuds de ses cheveux alors qu'elle les brossait. "Je ne suis pas sûre de connaître tous les éléments de ce qu'il s'est passé, mais je suis sûre d'une chose : cela a été stressant."
"Effrayant doit être le mot juste," marmonna Lucy, tournant sa tête par-dessus son épaule pour fixer Hermione. "Nous avons passé quasiment la semaine entière caché et dans la pénombre, Hermione. Peter est devenu plus stricte cette fois-ci, interdisant à Susan et à moi de nous balader dans la ville." Lucy lâcha un léger soupir et regarda de nouveau droit devant elle. "L'état de Caspian quand nous sommes arrivés était terrifiant. Je n'avais jamais vu autant de sang de toute ma vie. En tant que plus jeune reine, je n'ai pas eu la possibilité de participer à beaucoup de guerre avant. Susan était dans un pire état, évidemment. Ma sœur a toujours été calme et a toujours pris sur elle. Elle est toujours calme parce qu'elle est logique et tous les trucs dans le même genre. Mais quand quelque chose comme ça arrive son mari …"
Les mots de Lucy moururent mais Hermione eut une idée de l'émotion qu'avait ressentie Susan lorsque cet incident arriva.
"Je suis désolée," murmura Hermione, ne sachant pas quoi dire d'autre.
La jeune reine eut un petit rire en réponse. "Pourquoi tu t'excuses ?" Demanda-t-elle. "Ce n'est pas ta faute."
La brunette mordit sa lèvre inférieure. "Eh bien, je pensais seulement que c'était ce qu'il fallait dire par courtoisie lorsque quelqu'un nous annonce de mauvaises nouvelles," répondit-elle, et la reine acquiesça, absente.
"Bien, comment cela s'est passé pendant que nous étions partis ?" Demanda Lucy après quelques minutes de silence. "Je suppose qu'Edmund a bien gardé en mémoire ma menace."
Hermione cligna des yeux, confuse. "Quelle menace ?" Demanda-t-elle.
Lucy examina Hermione. "Il ne te l'a pas dit ?" Demanda-t-elle, et en voyant Hermione secouer négativement la tête, la reine rit doucement. "J'aurai dû le savoir … Dans tous les cas, comment a été Edmund quand nous étions partis ? J'espère qu'il t'a traité correctement et qu'il a oublié le fait que tu serais malhonnête et tout le charabia qu'il clame."
La brunette sourit et attachait à présent les cheveux de la reine en une natte sur le côté. "Etonnamment, il fut tolérable," dit-elle. "Hormis, tu sais, nos chamailleries. Je pense que c'est acceptable car nous avons tous les deux un tempérament volcanique."
"J'ai ouïe dire qu'il avait été blessé à cause de toi," dit Lucy. Il n'y avait aucune accusation dans sa voix. D'ailleurs, Hermione pouvait deviner un léger amusement dans le ton de sa voix.
"Oui, eh bien, c'est de ma faute," dit Hermione, honteuse, souriant lorsque Lucy éclata de rire. "Eh bien, nous avons juste eu une dispute dans la forêt et je me suis enfuie, de peur de le frapper ou de faire autre chose." En entendant l'exclamation scandalisée de Lucy, Hermione continua : "Je ne suis pas une demoiselle conventionnelle, majesté. J'ai tendance à être violente lorsque je suis énervée." Alors qu'elle disait cela, les souvenirs d'elle frappant ou claquant ses amis lui revinrent en mémoire. Oh, et bien évidemment, le coup de poing qu'elle avait asséné à Draco Malefoy pendant leur troisième année.
Lucy rit une nouvelle fois et secoua la tête. "Tu es déconcertante, Hermione," dit-elle.
La brunette haussa ses épaules, et son sourire grandit. "On me l'a déjà dit plusieurs fois, Lucy," dit-elle. "Je ne suis pas vraiment surprise que tu me le dises également."
Un silence agréable s'installa ensuite. Hermione finalisa la coiffure de Lucy avec quelques retouches de dernière minute, attrapa un ruban sur le lit et attacha les cheveux de la reine.
"Donc, Edmund a été insupportable avec toi, c'est ça ?" Commença Lucy. "Je peux lui donner de quoi réfléchir, si tu veux."
Hermione gloussa et secoua négativement la tête. "Non, non, ça ne sera pas nécessaire," dit-elle. "Son abominable attitude ne s'est manifestée que pendant les premiers jours où vous étiez partis. Par ailleurs, je pense que c'est compréhensible, au regard du fait qu'il fut laissé seul à Cair Paravel tandis que vous autres étiez embarqués dans un dangereux voyage."
"Quel angoissé," marmonna Lucy.
"Je sais," dit Hermione en souriant. "Mais qui ne serait pas inquiet ? J'ai été constamment inquiète aussi." Elle soupira tandis que ses mains tombèrent le long de ses jambes, et la reine se retourna sur son lit afin de voir complètement Hermione. "Après que le Roi Edmund ait eu son, eh bien, son petit accident, nous avons décidé d'entamer une paix jusqu'à ce qu'il me soit nécessaire de partir."
Un léger froncement apparu sur le visage de Lucy.
"Quoi ?" Demanda Hermione, confuse.
La reine soupira et prit les deux mains d'Hermione. "Tu vas vraiment nous quitter ?" Demanda Lucy. "Pourquoi veux-tu, je ne sais pas, te presser alors que nous essayons de te faire sentir accueillie ici. Même Edmund, depuis qu'il a accepté cette trêve."
Un triste sourire apparu sur le visage d'Hermione alors qu'elle serrait la main de la jeune fille. "Je n'appartiens pas à ce monde, Lucy," dit-elle sérieusement. "Je sens que je n'appartiens pas à ce monde. C'est juste que … Je pense que si je reste ici longtemps, je pourrais perturber l'équilibre du temps et de l'espace."
Lucy entoura les épaules d'Hermione de ses bras et soupira. "Cher Aslan, je veux tellement t'adopter et faire de toi ma sœur pour toujours," dit-elle, posant sa tête sur les épaules d'Hermione.
La brunette entoura le torse de Lucy. "Je suis sûre que c'est impossible, majesté," dit Hermione alors que la bataille de Poudlard apparaissait violemment en sa mémoire.
"Dois-je vraiment le faire ?"
La seule réponse que lui fournit Lucy fut un haussement de sourcils.
Hermione lâcha un énorme soupir et fixa la présente robe rouge que Lucy voulait lui faire porter. Elle était plus modeste que la robe mise lors du précédent bal. La robe rouge tombait jusqu'aux chevilles, ses chaussures noires se voyant en dessous. Le collier de Lucy, prêté généreusement par la propriétaire, pendait autour de son cou. Ses cheveux étaient attachés en chignon bas avec une rose glissée à l'intérieur. Son maquillage était simple, sauf pour le rouge à lèvres rouge foncé que Susan l'avait forcé à porter. Elle était bien, pensa-t-elle, alors qu'elle se regardait dans le miroir de la reine. Mais elle n'était toujours pas à l'aise.
"Tu es éblouissante, ma chérie," assura Lucy tout en dégageant la frange du visage d'Hermione. "Et quoiqu'il arrive, tu dois y aller."
"Mais je suis simplement ta dame de compagnie, majesté," rétorqua Hermione, avançant en chancelant vers une des chaises de la pièce. "Je suis très heureuse de simplement préparer la nourriture dans les cuisines et d'aider Babbitty."
Lucy secoua sa tête négativement, refusant catégoriquement. "Non, tu dois y aller," dit-elle avec fermeté. "Par ailleurs, j'en connais quelques-uns qui seraient très déçus si tu ne te montrais pas ce soir."
Un regard confus apparu sur le visage d'Hermione. "Qu'est-ce que tu veux dire ?" Demanda-t-elle alors qu'un sourire plein de sens se formait sur le visage de Lucy.
"Oh, sérieusement, Hermione," dit la reine en faisant glisser ses pieds dans ses chaussures. "De nombreux jeunes et superbes princes ont demandé qui était cette jeune et mystérieuse fille durant la réception lors du mariage de Susan et Caspian."
Une jolie teinte de rouge fut visible sur les joues d'Hermione et elle s'éclaircit la voix pour couvrir son embarras. "Hum … oui," dit-elle légèrement distraite.
Lucy rigola et se leva, entremêlant ses bras avec ceux d'Hermione. "Je suis sûre qu'on va pouvoir te trouver un mari convenable ici à Narnia," dit-elle.
Les yeux d'Hermione s'agrandirent, une expression d'horreur sur son visage. "Moi ? Me marier ? A dix-huit ans ?" Dit-elle, secouant négativement la tête. "J'ai de nombreux rêves, Lucy. Je préfère les réaliser avant de me poser."
La reine rigola et emmena la brunette hors de sa chambre. "Susan avait rêvé une fois de devenir décoratrice d'intérieur," statua-t-elle. "Regarde-la à présent. Elle est reine et est mariée alors qu'elle a dix-neuf ans. Qu'est-ce qui est si étrange, Hermione ?"
La brunette, pensant à Poudlard et à son arrivée soudaine à Narnia, secoua sa tête. "Je ne sais pas, Lucy," dit-elle.
"Puis-je avoir cette danse ?"
Hermione couvrit son froncement de sourcils avec un faux et doux sourire, et le Centaure ne le remarqua pas, fort heureusement. Elle se leva, attrapa la main tendue de la créature, et il la mena sur la piste de danse.
Elle n'avait aucune idée du nombre de mâles dans la pièce qui lui avaient demandé une danse. Hermione avait sérieusement arrêté de compter et les cloques se formant sur ses pieds accentuaient ce nombre. Elle voulait décliner, ardemment, mais à chaque fois une nouvelle et magnifique créature lui demandait une danse, et Hermione était beaucoup trop subjuguée pour refuser.
"Pardonnez-moi, ma dame, mais il ne me semble pas vous avoir vu auparavant," commença le Centaure au moment même où ils commençaient leur danse.
"Eh bien, je viens seulement d'arriver à Narnia et honnêtement, monsieur, je ne sais pas comment," répondit-elle, ce qui amusa la créature. "Je suis Hermione par ailleurs. Et vous êtes ?"
"Appelez-moi Vestus," dit le Centaure, et Hermione sourit.
Ils discutèrent, surtout Vestus qui parlait de ses devoirs de garde. Hermione découvrit qu'il avait été un esclave des telmarins sous le règne du Roi Miraz, et devenu chevalier une fois que le Roi Caspian et les autres monarques commencèrent à régner sur Narnia.
D'un seul coup, une tape sur l'épaule du Centaure l'arrêta dans sa narration animée concernant sa malheureuse rencontre avec Miraz. Les deux regardèrent derrière lui et ils furent surpris de voir le Grand Roi Peter, un léger sourire sur son visage.
"Puis-je ?" Demanda-t-il, montrant la brunette. Un léger rougissement apparu sur le visage d'Hermione lorsque le sourire de Peter lui fut adressé.
"Bien sûr, majesté," dit Vestus alors qu'il donnait la main d'Hermione à Peter.
"Mademoiselle Hermione," dit-il en s'inclinant.
Hermione fit une révérence et s'éclaircit la gorge. "Majesté," répondit-elle. "E-Etes-vous sûr de ça ?"
Le Grand Roi sembla véritablement surpris. "Excusez-moi ?" Demanda-t-il.
Un rire nerveux s'échappa des lèvres d'Hermione. "Je pense que vous vous souvenez du résultat de notre dernière danse, Roi Peter," lui fit-elle se rappeler, ce qui le fit rire.
"Je m'en souviens, et je me souviens aussi que j'avais passé un très bon moment," dit-il.
La brunette lâcha un monumental rire et secoua sa tête. "Vous dites cela seulement pour ne pas m'offenser," dit-elle.
Une nouvelle fois, le roi rit doucement et ils continuèrent à danser.
Tandis qu'Hermione allait de gauche à droite, d'avant en arrière, elle songea au fait qu'elle s'était améliorée. Souriant secrètement, elle remercia mentalement le Roi Edmund pour lui avoir appris à danser. Mentalement, elle comptait ses pas et regardait ses pieds précautionneusement.
"Vous vous êtes améliorée !" Déclara le roi surpris une fois que la musique s'arrêta. "Non pas que … eh bien … que j'insulte vos compétences de danseuse d'auparavant."
Hermione rit, clairement non offensée. "Le Roi Edmund m'a appris," partagea-t-elle.
"Edmund ?" Demanda-t-il, véritablement surpris. "Pour de vrai ?"
La brunette haussa ses épaules. "C'est difficile à croire, je sais," dit-elle. "Croyez-le, moi-même j'étais abasourdie quand il s'est proposé de m'enseigner."
Le visage de Peter s'est illuminé avec un petit sourire. "C'est bon à entendre," dit-il. "Je commençais à m'inquiéter de l'impolitesse d'Edmund envers vous."
"Je peux gérer ça," répondit Hermione avec un léger froncement de sourcils.
"Et très bien, ne vous en faites pas," ajouta Peter, affichant un charmant sourire.
Un léger rougissement apparu de nouveau sur le visage d'Hermione alors qu'elle voyait le Grand Roi faire se lever sa main droite et embrasser ses doigts.
"Je ne veux pas interrompre cet insupportable moment adorable entre vous deux, mais je dois l'emprunter," proclama soudainement Edmund, apparaissant de nulle part. Il attrapa la main d'Hermione et l'emporta loin du Grand Roi. Peter appela Edmund de nombreuses fois, mais ses appels demeurèrent sans réponses.
Il lâcha un soupir pour la dix-millième fois, et personne ne semblait le remarquer. Edmund frappa du poing sur la table et se faufila parmi la foule.
Comme il l'avait prédit, le Bal de Bienvenue commençait à devenir ennuyant à ses yeux. Susan et Caspian avaient été inspirés. Il pensa honnêtement que sa sœur semblait être attachée au roi blessé où qu'il aille. Il ne pouvait pas blâmer Susan, bien évidemment. Caspian avait été méchamment blessé et il est sûr et certain que cela l'avait effrayé de voir son mari presque mort.
« Quoiqu'il en soit, je m'ennuie à mourir, » dit Edmund, vidant son verre de vin et le déposant sur une table au hasard. Il se retourna et manqua de s'étouffer. Princesse Thalia, une demi-nymphe et demi-calormène, secouait vigoureusement sa tête dans tous les sens, et il était prêt à parier qu'elle le cherchait.
Edmund se maudit mentalement, ne désirant pas être vu par la princesse. Elle était belle, c'est vrai, mais son incessant attachement ennuyait le roi. C'était un fait connu à Cair Paravel que la princesse était profondément amoureuse de lui. Peter le poussait à se marier avec la princesse, en lui disant même que ce serait mieux pour Calormen d'être allié avec Narnia, mais Edmund n'allait pas sacrifier son bonheur et sa santé mentale.
Ses yeux atterrirent sur lui et Edmund se figea.
"Mince," murmura-t-il, tandis que la princesse alternait entre courir et marcher en sa direction, son magnifique visage s'éclairant de joie.
Edmund se retourna et courut presque, ignorant complètement les appels de Thalia pour qu'il s'arrête. Il était certain que si elle lui demandait de danser, elle ne le quitterait plus de la soirée.
Ses yeux balayèrent le Grand Hall, cherchant quelqu'un pour l'aider. Habituellement, c'était Caspian qui le sauvait de la princesse, mais voyant qu'il était la star de la nuit, Edmund savait qu'il était impossible de lui demander de l'aide.
Et puis ses yeux s'arrêtèrent sur son frère et sur la dame de compagnie de Lucy. Une idée se créa dans sa tête, et sans réfléchir, il s'approcha avec rapidité vers le duo dansant.
Sa main attrapa immédiatement celle de la dame de compagnie, et il ignora la surprise qui grandissait sur son visage.
"Je ne veux pas interrompre cet insupportable moment adorable entre vous deux, mais je dois l'emprunter," proclama-t-il, et il l'emmena le plus au centre de la piste de danse.
"Edmund !" Appela son frère, mais ses cris tombèrent dans l'oreille d'un sourd.
"Avec tout mon respect, Roi Edmund, je pense que c'est assez impoli de forcer une fille à danser avec vous plutôt que de lui demander poliment," dit la brunette avec un froncement de sourcils.
Malgré lui, Edmund sourit en coin à la vue du regard acerbe sur son visage, et il prit simplement sa main et commença à danser sur le rythme de la musique. "Je sais que vous préfériez de loin passer un bon moment avec mon frère, mais considérez cela comme le paiement pour vous avoir appris à danser convenablement."
"Je savais qu'il y avait une raison cachée," murmura-t-elle dans un souffle.
"Oh, ironique, n'est-ce pas ?" Dit-il, ce qui la fit lui lancer un regard noir. "Ecoutez, Mademoiselle Hermione, je ne vous force pas à danser avec moi pour vous insulter ou vous suspecter davantage." Il regarda autour de lui et remarqua Thalia, et resserra son étreinte autour d'elle. "Si vous dansez avec moi, vous me rendriez un grand service."
Hermione devint de plus en plus confuse et regarda autour d'elle, suivant le regard du roi. "Un service ?" Demanda-t-elle.
Edmund soupira et désigna Thalia. "Vous voyez cette demoiselle là-bas ?" Demanda-t-il. Hermione suivit son doigt. "Cette demoiselle en rose ?" Lorsqu'elle acquiesça, il continua. "Il s'agit de Thalia de Calormen. C'est une princesse et elle est désespérément amoureuse de moi."
Un rire bruyant s'échappa des lèvres d'Hermione. "Je suis surprise qu'une femme soit amoureuse de vous," dit-elle.
"Qu'est-ce que cela veut dire ?" Répondit-il avec un froncement de sourcils.
Hermione sourit. "Oups, pardonnez-moi. Nous faisons une trêve, vous vous rappelez ?" Dit-elle, secouant sa main.
Edmund roula des yeux et s'approcha de l'ombre, remarquant que Thalia était proche de leur emplacement. "Dansez juste avec moi jusqu'à ce qu'elle me laisse tranquille, d'accord ?" Dit-il, un léger désespoir dans sa voix.
La brunette regarda de nouveau en direction de la princesse. "Pourquoi ?" Demanda-telle. "Elle est belle, Roi Edmund. Je suis sûre que vous seriez très beau ensemble."
"Croyez-moi, Mademoiselle Hermione, sa beauté est seulement extérieure," dit-il dans un souffle d'exaspération. "Je suis sûr que si vous interagissez avec elle, vous comprendriez ce que je veux dire."
Le roi se figea soudainement lorsque les yeux de Thalia atterrirent sur eux. Les yeux de cette dernière fusillaient Hermione et la brunette, surprise par le regard hostile de la princesse, essaya de se dégager de l'emprise du roi.
"Je pense que c'est mieux si vous ne m'incluez pas dans cette petite poursuite que vous avez avec la princesse, majesté," dit Hermione, mais le roi resserra son étreinte.
"Mince," murmura-t-il, arrêtant à présent leur danse. Hermione s'apprêtait à s'éloigner du roi mais Edmund la surprit : il attrapa sa main droite et ensemble, ils quittèrent le château de Cair Paravel en courant.
"Sérieusement, je préfère passer du temps avec vous plutôt qu'avec cette princesse," cria Edmund alors qu'ils passaient les portes en bois et qu'ils entraient dans le jardin de Cair Paravel.
Hermione fut véritablement surprise lorsqu'ils s'arrêtèrent dans le kiosque de jardin où ils se retrouvaient généralement sans le vouloir. "Eh bien, j'en conclus qu'elle est pire que moi ? Moi qui suis une fille qui sans aucun doute cache un profond et sombre secret des monarques de Narnia ?" Demanda-t-elle.
"Oui, oui," dit Edmund distraitement, se laissant tomber sur sa chaise habituelle. Il lâcha un soupir monumental et passa une main sur son visage. "C'était moins une."
La brunette s'assit sur la chaise opposée à celle du roi. "Je pense qu'éviter une demoiselle qui désire danser avec vous est un peu … digne d'un mufle, qu'en pensez-vous ?" Demanda-t-elle.
Le roi souleva un sourcil. "Et je pense qu'insulter un roi est très impoli, qu'en pensez-vous ?" Répondit-il.
Hermione sourit, amusée. "Touché," rétorqua-t-elle, se levant lentement.
"Où allez-vous ?" Demanda-t-il, un peu confus.
"Eh bien, je pense que je vous ai déjà bien aidé en vous permettant d'échapper à la Princesse Thalia, Roi Edmund," dit-elle. "Donc je vais retourner à l'intérieur et m'amuser. Je suis sûre que Lucy voudra ma peau si elle découvrait que je me suis enfuie du bal."
Edmund soupira et inclina simplement la tête. "Oui, merci," dit-il, se levant alors que la brunette se retournait et rejoignait le château. Et alors qu'il la regardait s'éloigner, il vit ce à quoi elle ressemblait correctement. Comparé à ce à quoi elle ressemblait lors de la réception du mariage, il pensa qu'elle était légèrement … mieux qu'avant.
Son esprit devint confus, ne sachant s'il devait la complimenter ou non. En tant que gentleman, il savait que le protocole voulait qu'il complimente une demoiselle, que cela soit vrai ou non. Mais Hermione avait juste avant pointé le fait qu'il agissait comme un mufle.
« Peut-être que cela ne ferait pas de mal si j'agissais comme un mufle jusqu'à ce que la nuit se termine, » se dit-il à lui-même, mais il se sentit coupable au plus profond de lui. La demoiselle l'avait aidé à éviter de passer le plus mauvais bal qu'il n'avait jamais connu.
"Mademoiselle Hermione," appela-t-il avant de changer d'avis. La brunette se tourna et il se trouva lui-même à prendre une grande inspiration.
"Oui, majesté ?" Demanda-t-elle.
Un léger rosissement apparu sur le visage d'Edmund. "Vo-vous êtes très jolie ce soir," dit-il, détournant son regard d'elle.
Le visage d'Hermione rougit également sous la lumière lunaire, tandis que ses yeux continuaient de le scruter. "En de normales circonstances, je verrais cela comme une simple obligation d'un gentleman, votre majesté," dit-elle, remettant timidement une mèche de cheveux derrière son oreille. "Mais cette fois, je pense que votre compliment est honnête, votre majesté. Et donc, merci."
Malgré l'inconfort qu'il ressentait, il réussit à lever un sourcil. "Et pourquoi dites-vous cela ?" Demanda-t-il.
Un petit sourire apparu sur le visage d'Hermione. "Parce que vous avez bégayé," nota-t-elle. La brunette fit alors une référence et se retourna, abandonnant le roi.
Edmund, d'un autre côté, se retrouva à sourire gentiment.
