Bonjour, Communauté de lectrices et lecteurs !
Un nouveau chapitre, enfin ! Un de nos personnages fait face à une nouvelle bouleversante, qui changera ses plans pour la suite.
Je vous souhaite une bonne lecture !
Credits :
WickedlyAwesomeMe pour l'écriture originale.
PetiteSphereAilee pour la traduction.
Snow pour la relecture.
"Hermione, par ici !" Hurla joyeusement Lucy, faisant de grands signes à la brunette.
Hermione sourit et accourut auprès de Lucy et des autres. Elle fit une révérence et serra la cape autour d'elle. Contrairement aux grands vêtements portés par les monarques, Hermione était habillée d'une simple robe confectionnée par Babbitty pour elle avec une cape et un panier dans sa main.
De nouveau, elles étaient à une fête foraine narnienne mais cette fois-ci, les autres Pevensie, et également Caspian, avaient suivis. Par conséquent, Lucy n'avait pas eu besoin de se déguiser en paysanne car ses frères étaient avec elle.
La brunette fixa avec étonnement tous les marchands qui tournaient autour des membres de la royauté de Narnia tandis qu'ils leur offraient différents types de produits. Elle admirait le fait qu'ils restaient simples et courtois malgré l'émeute autour d'eux. Par ailleurs, elle pouvait voir le Roi Edmund essayant du mieux qu'il pouvait cacher le froncement de sourcils qui grandissait sur son visage.
"Comment vas-tu aujourd'hui, Hermione ?" Demanda la Reine Susan, attrapant son coude pour obtenir son attention.
Hermione sourit chaleureusement à la reine. "Je vais plutôt bien aujourd'hui, votre majesté," répondit-elle. "Et vous ?"
"Je n'ai jamais été aussi bien," dit la plus âgée des deux, suivi par un soupir ravi alors qu'elle regardait Caspian à côté d'elle.
La brunette fut honnêtement heureuse pour le couple marié. Le Roi Caspian s'était remis à présent de sa précédente blessure qu'il avait reçu des rebelles telmarins, et sa femme était rayonnante. Cela avait inquiété la brunette que la reine dite "la douce" perde son rayonnement pendant que Caspian était blessé, mais maintenant qu'il allait mieux, la reine semblait vraiment heureuse.
"J'espère que vous avez bien dormi, Hermione." Cette fois-ci, Peter parla, et Hermione lui sourit à contrecœur.
"Oui, votre majesté. Je vous remercie," répondit-elle poliment en inclinant sa tête.
Le roi lui sourit avec charme et Hermione dévia brutalement ses yeux. Même s'il était devenu plus intéressépar elle depuis le Bal de Bienvenue, il y avait des gestes, même minimes, qui voulaient dire beaucoup pour la brunette. Ses actes devenaient de plus en plus alarmants, et ces derniers jours elle avait essayé du mieux qu'elle pouvait pour l'éviter. Le fait qu'il cherchait sa présence n'aidait pas. Elle remerciait Lucy pour sa constante présence, qui était devenue une bonne excuse pour ne pas parler au Grand Roi.
Peter était actuellement l'une des raisons du pourquoi elle ne voulait pas les accompagner à la fête foraine de Narnia. Le Grand Roi narnien avait tellement de responsabilités que s'en était inimaginable pour un jeune adulte de 22 ans, et Hermione savait que sa simple présence était une distraction pour lui.
Et puis, Hermione avait réalisé que c'était une nouvelle opportunité pour elle de trouver la mystérieuse vieille femme qu'elle avait déjà croisé durant la dernière fête foraine narnienne. Elle avait cette pensée ancrée dans sa tête, qu'elle possédait les clés pour résoudre son problème. Bien évidemment, sa dernière rencontre fut un fiasco, mais cela n'allait pas arrêter Hermione. Elle était déterminée à trouver la vieille femme aujourd'hui et obtenir quelques réponses de sa part.
"Est-ce que tout va bien ?" Demanda Lucy, accrochant son bras autour de celui de la brunette. "Tu es horriblement silencieuse aujourd'hui."
"Hmm … oui," dit Hermione distraitement. Ses yeux rencontrèrent ceux du Roi Edmund, et ce dernier leva un sourcil. "Je vais très bien."
Leur visite de la fête foraine continua quelques heures et Hermione commença à s'agiter. La pénombre tombait et la fête se terminait, mais elle ne pouvait toujours pas s'éloigner du groupe et chercher la vieille femme.
Lucy et Peter étaient constamment en train de lui parler et Hermione ne trouvait pas le bon moment pour prendre congé. Même la surveillance constante d'Edmund commençait à la perturber.
"AU VOLEUR ! AU VOLEUR !" Appela une voix stridente. La tête d'Hermione se tourna vers l'origine de la voix et elle vit une pauvre Castor, le visage larmoyant et continuant d'alerter du vol de vêtements qu'elle vendait et qui venait de se dérouler.
"Edmund !" S'exclama Peter, et son frère acquiesça. Ils se ruèrent vers l'origine du remue-ménage, Caspian sur les talons. Susan semblait scandalisée par le vol qui venait de se produire et Lucy accouru auprès du Castor pour l'apaiser.
Hermione se retrouva seule dans la rue, et afficha presque un sourire causé par la parfaite coïncidence du vol. Elle regarda les autres une dernière fois et tourna les talons, cherchant la vieille femme.
Hermione ressentit la même sensation de picotement que la dernière fois et elle se retourna pour essayer de trouver la paire d'yeux. Comme elle le prévoyait, ils appartenaient à la vieille femme.
Les yeux changeants de la mystérieuse femme rencontrèrent ceux marrons d'Hermione, avant que la vieille femme se retourne et s'éloigne.
Hermione s'avança vers la foule, ennuyée par le fait que plusieurs créatures s'agglutinaient autour d'elle. Elle les maudit gentiment lorsqu'elle perdit la vieille femme.
La brunette tourna sa tête dans tous les sens, essayant désespérément de la localiser. "S'il-vous-plaît, s'il-vous-plaît, s'il-vous-plaît," supplia Hermione auprès des forces de l'univers. "S'il-vous-plaît, permettez-moi de lui parler."
Comme si ses prières avaient été entendues, la vieille femme apparut de nulle part. Et cette fois-ci, elle ne bougea pas.
Hermione s'approcha d'elle précautionneusement. Et tandis qu'elle marchait, elle fut surprise de découvrir un endroit isolé de la fête foraine narnienne. Hermione agrippa instinctivement sa baguette cachée dans sa manche, seulement pour la réconforter. Après tout, elle était seule dans un endroit isolé avec une mystérieuse femme : tout pouvait arriver.
"S'il-vous-plaît," commença Hermione, approchant doucement. "J-je ne sais pas qui vous êtes, ou ce que vous êtes, mais je pense que vous pouvez m'aider à retourner dans mon monde."
Le visage de la vielle femme était vide d'émotions. "Hermione Granger," dit-elle. "C'est un très bel endroit. Narnia est un très bel endroit. Pourquoi vouloir repartir ?"
La brunette mordit sa lèvre inférieure, ne sachant pas quoi répondre. La vieille dame marquait un point. Narnia était, et de loin, plus beau que Poudlard, surtout si on tenait compte du fait qu'il s'écroulait à cause à la mauvaise magie. "Je ne suis pas d'ici," fut sa dernière réponse, mais la vieille dame sourit tristement.
"Je ne peux pas vous aider," admit-elle. "Vous avez été amenée ici pour une raison, Hermione Granger. Je ne peux pas vous aider."
"Pourquoi ?" Demanda Hermione. "Par pitié, je dois repartir. Ils ont besoin de moi. Mon monde a besoin de moi."
"Mais votre monde n'a plus besoin de vous désormais," répondit la vieille dame. "Vous ne pouvez pas rentrer chez vous. Votre monde a succombé aux ténèbres. Harry Potter est mort." Hermione lâcha un gros soupir, surprise qu'elle connaisse le prénom de son meilleur ami. " Vous êtes morte. Si vous y retournez, vous mourrez. Je ne peux pas vous aider, Hermione Granger."
Des larmes involontaires apparurent au coin de ses yeux et roulèrent le long de ses joues. "Je … Je suis morte ?" Demanda-t-elle. Puis Hermione se remémora distinctement Bellatrix Lestrange et le dernier sort lancé par la Mangemort cinglée. "Je suis morte," statua-t-elle finalement.
'Comment ai-je pu oublier ?' Se demanda-t-elle tandis que les larmes coulaient de plus en plus de ses yeux. C'était la dernière chose dont elle se souvenait, et elle avait réussi à oublier cela ces derniers jours.
La tête d'Hermione se redressa lorsqu'elle entendit des bruits de pas. A sa grande surprise, la vieille dame s'approchait d'elle. Elle recula, mais décida de ne pas s'enfuir.
Lorsque la dame s'était assez approchée pour se tenir face à Hermione, elle sortit quelque chose de sa poche et le montra à Hermione. La brunette eut un cri d'exclamation en reconnaissant le vieux et abîmé Choixpeau Magique que la vieille dame tenait fermement dans sa main. "Utilisez ceci au moment où vous allez devoir être la plus courageuse," fut l'avertissement de la vielle dame.
Hermione prit le Choixpeau Magique et le regarda avec émerveillement. "Mais comment-" Ses mots moururent lorsqu'elle entendit un son particulier et très familier.
Quand elle leva la tête pour voir la vielle dame, elle avait disparu.
La vieille dame avait transplané.
"Eh bien, cela n'a pas été très pénible," proclama Edmund, remettant son épée dans son fourreau. Ils avaient capturé le voleur, qui s'avérait être un Satyre recroquevillé. Le voleur désirait simplement quelque chose à vendre pour nourrir ses enfants. Pris de pitié, ce fut Lucy qui donna au Satyre des pièces d'or. Le vêtement fut rendu au Castor et tout alla mieux à la foire de Narnia.
Enfin, c'est ce qu'ils pensaient.
"Hermione ?" Appela Lucy, regardant autour d'elle violemment. "Est-ce que quelqu'un a vu Hermione ?"
Edmund regarda autour de lui et fut étonné de voir que la brunette manquait. Souriant légèrement en coin, il secoua sa tête. "Elle a toujours la technique pour disparaître, n'est-ce pas ?" Se dit-il à lui-même en s'approchant de sa petite sœur. "Je suis sûr qu'elle déambule dans les étals près d'ici, Lu'."
Ses mots furent exprimés pour la réconforter, sauf que cela ne fonctionna pas. "Je me souviens que la dernière fois que nous sommes allées à une fête foraine à Narnia, quelque chose de mal est arrivé à Hermione."
Ceci sembla alarmer Peter, assez pour qu'il fasse signe aux soldats d'aller chercher la brunette. "Trouvez Mademoiselle Hermione et ramenez-là saine et sauve," ordonna-t-il.
"Je ne pense pas que cela soit nécessaire, Peter," dit Caspian avec une voix terriblement douce et profonde. Ses yeux regardaient dans une certaine direction et Edmund suivi Ia ligne de vision.
Non loin d'eux, il remarqua Hermione, tenant fermement dans ses mains un vêtement étrange. Ce qui retint son attention, cependant, c'étaient les larmes qui coulaient de ses yeux.
Lucy le lâcha immédiatement, accourant en direction de la brunette manifestement bouleversée. "Que se passe-t-il ?" Demanda-t-elle directement, sortant un mouchoir pour l'offrir à Hermione. "Qu'est-ce qui ne va pas Hermione ? Que s'est-il passé ?"
Sa Dame de Compagnie secoua vigoureusement sa tête tandis qu'elle balayait ses larmes de ses joues. "Pou-pouvons-nous juste rentrer ?" Sanglota-t-elle. C'est comme ça qu'Edmund remarqua qu'elle tremblait. Pourquoi ? Il ne savait pas.
"Je pense que c'est le mieux que nous puissions faire," ajouta le roi dit "le juste", regardant les autres. Le visage de Susan paraissait inquiet, tout commr Peter et Caspian qui avaient leurs lèvres pincées.
Finalement, Peter acquiesça et sous ses ordres, le groupe retourna à Cair Paravel.
Lucy fut en retard pour le petit-déjeuner, tout comme sa Dame de Compagnie. Cela intrigua fortement Edmund car Hermione était celle qui se levait avant tout le reste du groupe. Et c'était pour cette raison que sa sœur, habituellement en retard, arrivait toujours en premier à table, accompagnée de sa Dame de Compagnie.
"Je suis désolée," s'excusa Lucy alors qu'elle entrait en courant dans la Salle à Manger, légèrement décoiffée. Elle s'assit sur sa chaise et fixa, inquiète, sa propre assiette.
"Où est Hermione ?" Demanda Peter, mais Lucy secoua tristement sa tête.
"Elle m'a dit qu'elle ne voulait pas prendre son petit-déjeuner aujourd'hui," murmura tristement la reine.
Le silence s'installa dans la pièce. Edmund était sûr qu'ils se remémoraient tous les larmes de la brunette la veille. Cela dérouta tout le groupe de voir que l'habituelle Hermione, pleine de joie, était manifestement désemparée.
Ses pensées furent interrompues lorsque Lucy se leva soudainement de son siège.
"Lucy, assieds-toi," ordonna Peter, mais Lucy secoua vigoureusement sa tête.
"Je vais lui apporter un peu à manger," déclara-t-elle. Elle se tourna vers un de leurs domestiques et demanda un plateau. "Je ne vais pas laisser ma Dame de Compagnie mourir de faim." Une fois que le plateau qu'elle avait demandé lui a été donné, Lucy prit autant de nourriture que le permettait le plateau, et sortit avec pour rejoindre la chambre d'Hermione.
"Qu'est-ce qui a bien pu arriver à cette pauvre fille ?" Songea Susan à haute voix.
"Vous pensez que cela a à voir avec la fête foraine de Narnia ?" Demanda Peter, très inquiet.
Caspian haussa les épaules et prit la main de sa femme, absent. "Eh bien, nous ne le saurons jamais," dit-il. "Elle ne se souvient de rien. Peut-être une bribe de souvenirs qui lui est revenu durant la fête foraine de Narnia et qui a causé son regard si … bouleversé."
Le silence tomba de nouveau sur toute la table. Edmund prit en compte la perspicacité de Caspian et fit une note mentale : demander à Hermione elle-même ce qu'il s'était passé.
Hermione se tourna dans son lit pour la énième fois.
Elle avait mal dormi la nuit dernière. En fait, elle n'avait pas dormi du tout. Sa rencontre avec la mystérieuse et vieille femme lui revenait sans cesse en mémoire.
"Tu ne peux plus y retourner désormais."
Ces mots résonnèrent plus fort dans son esprit. Hermione lâcha un grognement et cacha sa tête sous son oreiller. Toute la nuit, des larmes s'étaient formées au coin de ses yeux. Quelques fois, elle avait réussi à les retenir.
Mais la plupart du temps, les larmes avaient coulées.
Ses yeux étaient horriblement irrités et gonflés à cause de ses sanglots. Elle devait couvrir sa bouche car elle craignait que tout le château ne l'entende.
"Tu ne peux plus y retourner désormais."
Les larmes se formèrent de nouveau et elle renifla. "Mais, qu'en est-il de Poudlard ?'" Se demanda-t-elle. "Qu'en est-il de mes amis ? Et du côté du bien ? Qu'en est-il de ces innocentes personnes qui gardent foi en nous … en moi pour éradiquer le mal autour d'eux et rendre leur vie meilleure ?"
Hermione essuya une larme et se retourna de nouveau dans son lit. Ses yeux atterrirent sur le Choixpeau Magique et elle l'attrapa, tremblante, sur sa table de chevet. La vieille dame lui avait dit de l'utiliser au moment où elle allait devoir être la plus courageuse, ce qui l'embrouilla légèrement. Le Choixpeau Magique avait été perdu dans Poudlard deux semaines avant que la guerre ne commence. Cela l'avait grandement surprise lorsque le supposé chapeau magique perdu avait été retrouvé à Narnia, malgré les nombreux endroits possibles.
La brunette inséra sa main dans le chapeau mais ne fut pas capable d'attraper l'épée de Godric Gryffondor. Elle se souvint que Harry l'avait utilisé lors de sa deuxième année à Poudlard. Dumbledore lui avait dit que seul un vrai Gryffondor serait capable de sortir l'épée de leur fondateur.
"Mais l'utiliser au moment où je devrais être la plus courageuse ? Qu'est-ce qu'elle voulait dire ?" Demanda-t-elle à elle-même, posant le chapeau sur sa table de chevet.
Hermione avait tellement de questions qui se bousculaient dans sa tête, mais aucune réponse ne venait à elle. Elle s'était promis qu'elle chercherait la vieille dame et qu'enfin, elle lui donnerait les réponses tant convoitées.
C'était indéniable : la vieille dame était aussi une sorcière. L'aura étrange qui l'entourait, le fait qu'elle pouvait apparaître … "C'est une sorcière," se dit Hermione avec conviction. Et pas n'importe quelle sorcière : une qui venait de son monde.
Un léger cognement à sa porte la fit sortir de ses songes.
"Hermione ?"
Il s'agissait de Lucy et, honnêtement, elle ne voulait pas lui parler en ce moment. En fait, elle ne voulait interagir avec personne aujourd'hui.
"Hermione, je t'en supplie, laisse-moi entrer," supplia sincèrement la reine derrière la porte. En tant que ta maîtresse, je ne t'autorise pas à sauter le petit-déjeuner." Sa dernière phrase était accompagnée d'un ton autoritaire et, malgré elle, Hermione sourit. C'était la première fois que Lucy utilisait un ton strict et sévère, et cela résonnait étrange dans la bouche de la jeune et douce reine.
Reniflant et essuyant son visage, la brunette se leva finalement de son lit et avança en direction de la porte. "Je suis désolée, votre majesté," murmura-t-elle à travers la porte. "J'aimerais être seule aujourd'hui."
Un soupir d'exaspération se fit entendre de l'autre côté de la porte. Lucy surpris Hermione en martelant bruyamment la porte de nouveau, et la brunette fut effrayée que la reine détruise prochainement la porte à cause de la force qu'elle exerçait sur elle.
"Ouvre ou alors, mon dieu, je vais forcer pour entrer," dit soudainement la reine dit "la vaillante", et Hermione n'eut pas d'autres choix que d'ouvrir la porte.
Elle fut accueillie par une Lucy frustrée, un petit plateau de nourriture pour le petit-déjeuner en équilibre sur une main. Comment elle avait réussi à faire ça, Hermione l'ignorait.
La plus jeune des Pevensie entra de force dans la chambre et déposa le plateau de nourriture sur la table de chevet d'Hermione. La brunette, ne sachant que faire, referma doucement la porte et retourna à son lit. Elle jeta un coup d'œil à la nourriture et soupira. Malgré la bonne et aromatique odeur, elle n'avait aucun appétit.
"Mange," ordonna la reine, mettant une fourchette dans ses mains.
Hermione fixa l'ustensile pour manger, comme si elle était étrangère, et secoua sa tête. "S'il-te-plaît, ne t'embêtes pas avec moi, Lucy," dit-elle d'une voix rauque, sa voix encore un peu irritée à cause des pleurs de la nuit dernière. "Tu ferais mieux de manger ton petit-déjeuner."
À sa grande surprise, Lucy s'accroupit devant elle pour que ses beaux yeux soient au même niveau que ceux d'Hermione. Le regard obstiné qu'elle portait depuis un moment se transforma maintenant en un air inquiet. Elle tendit la main et serra très fort celles de la brune.
Ce gentil geste que la reine lui offrit fit vibrer quelque chose dans son cœur et Hermione su par la suite que des larmes coulaient de nouveau.
"Qu'est-ce qui ne va pas ?" Demanda doucement Lucy, ses doux yeux regardant la vulnérable et en détresse fille plus âgée en face d'elle.
Hermione retira une main de la prise de Lucy et essuya ses larmes de manière désordonnée. Certaines atterrirent sur son front et d'autres sur son cou, mais elle ne semblait pas s'en préoccuper. "C'est ridicule," dit-elle en essayant de relâcher un petit rire plein de larmes. Elle réussit seulement à créer un son étrange qui brisa le cœur de Lucy en morceaux.
Lucy leva sa main et essuya les larmes qui coulaient des yeux de sa Dame de Compagnie. "Est-ce que quelque chose est arrivé hier à la foire ?" Demanda-t-elle. "Est-ce que tu veux en parler ?"
Des souvenirs de la veille apparurent soudainement dans l'esprit d'Hermione. D'autres larmes s'échappèrent de ses yeux, et un sanglot rauque s'échappa de ses lèvres. D'autres arrivèrent et rapidement, Hermione sanglota bruyamment. Elle couvrit son visage avec ses mains, légèrement honteuse de pleurer ainsi devant une autre personne.
La reine se releva et prit Hermione dans ses bras, se demandant ce qui mettait la brunette dans un état si misérable.
Lucy retourna peu de temps après dans la Salle à Manger, où les quatre autres avaient quasiment terminé leur petit-déjeuner. Elle arriva sans sa Dame de Compagnie derrière elle. Le plateau du petit-déjeuner qu'elle avait apporté à Hermione était encore fermement maintenu dans la main de la plus jeune reine.
"Est-ce que tout va bien, Lucy ?" Demanda Susan, se levant lorsqu'elle aperçut l'étrange regard sur le visage de la reine vaillante.
A la plus grande surprise des quatre, Lucy éclata en sanglots et secoua vigoureusement sa tête. Edmund se leva, sérieux, de son siège et s'approcha de sa sœur qui pleurait toutes les larmes de son corps. Il retira le plateau de ses mains et le posa au bout de la table. Puis il entoura ses épaules avec son bras et lui offrit un mouchoir.
Lucy essaya ses larmes avec celui-ci. Reniflant, elle essaya d'articuler : "J-je n'ai jamais vu quelqu'un d'au-aussi dévastée de toute ma vie."
La fin du petit-déjeuner se déroula dans un silence de plomb, tous les membres de la royauté se demandant à présent ce qui avait pu causer le désarroi de la mystérieuse Dame de Compagnie.
Le crépuscule tombait presque lorsqu'Hermione décida enfin de sortir de sa chambre. Cette dernière était devenue lugubre toute la journée et la brunette savait que cela lui ferait du bien si elle sortait prendre l'air frais quelques minutes.
Par chance, elle n'avait pas rencontré les membres de la royauté narnienne. Merlin seul savait ce qu'elle aurait fait et ressentit si elle s'était retrouvée en face à face avec l'un d'eux. Pleurer comme elle l'avait fait devant la Reine Lucy avait été suffisant pour elle pour qu'elle se sente atrocement honteuse. Que ce serait-il passé si elle avait éclaté en sanglots devant les autres ?
Le château était étrangement calme. Hermione imagina que les membres de la royauté avaient une autre rencontre avec des soldats étrangers.
Hermione passa une main sur son visage. Ses yeux étaient irrités et gonflés, notamment à cause de ses pleurs. Elle était fatiguée, physiquement, mentalement et émotionnellement, et elle savait qu'un peu de repos lui ferait du bien.
Elle sortit finalement du château et entra dans le jardin, et son visage fut accueilli par la douce brise de la nuit imminente.
Absente, elle se balada dans le jardin, son nez titillé par les différentes odeurs du nombre incalculable de fleurs plantées dans tout le jardin.
Et puis elle fut en mesure de repérer le kiosque de jardin au cœur de la verdure, et sans aucune hésitation, Hermione s'en approcha, seulement pour voir qu'il était occupé. Son cœur bondit lorsqu'elle vit les inratables cheveux du Roi Edmund. Elle se retourna immédiatement, désirant s'enfuir dans sa chambre, mais les yeux du roi fixaient intensément sa silhouette.
Soupirant, Hermione savait que si elle rentrait, Edmund la suivrait et la harcèlerait, et elle ne savait pas jusqu'à quand. Par conséquent, elle s'approcha du kiosque de jardin et entra. Elle s'assit sur la chaise opposée à celle du monarque et attendit en silence. Ses yeux parcoururent le jardin, mais ne s'arrêtèrent jamais sur l'homme assis à son opposé.
"Votre visage est … étrange," dit-il finalement, rompant le silence. Hermione le regarda, confuse, et fronça les sourcils. "C'est tout … je ne sais pas. Gonflé ou quelque chose comme ça," dit-il.
Hermione le fusilla du regard et frotta inconsciemment ses joues. "Je m'excuse si je ne suis pas présentable aujourd'hui, votre majesté," murmura-t-elle dans un souffle, ennuyée par le fait que ses joues deviennent chaudes sous son regard.
Impassible, le roi gloussa doucement : "Comme on peut s'y attendre après une journée de larmes," dit-il. "Bon sang, je suis surpris que vous ayez encore de l'énergie, au regard de tout le liquide que vous avez laissé échapper de votre corps aujourd'hui." Un petit sourire apparu sur son visage, et il regarda autour, son visage paisible et détendu.
Clignant des yeux, Hermione regarda pensivement le roi et inclina sa tête. "Si je puis me permettre de poser la question," commença-t-elle, "étiez-vous, par hasard, en train de m'attendre, Roi Edmund ?"
Sa réaction fut soudaine et stupéfiante. Ses joues se teintèrent et il toussa dans sa main, ses yeux refusant toujours de rencontrer ceux de la brunette. "D-de quoi parlez-vous ?" Demanda-t-il hâtivement en prenant un air renfrogné. "B-bien sûr que non !"
Malgré le sentiment lourd présent dans son cœur, la brunette sourit. "Menteur," l'accusa-t-elle, et le roi devint plus offensé. "Vous bégayez."
L'ai renfrogné grandit et il croisa ses bras. "Lorsque j'ai bégayé lors du Bal de Bienvenu, vous saviez que je disais la vérité. Mais quand je bégaye ce soir, vous m'accusez de mentir," statua-t-il d'exaspération, secouant sa tête. "Qu'est-ce que vous avez avec le bégaiement, hum ?"
Hermione haussa les épaules distraitement et joua avec l'ourlet de sa robe, surveillant une fois encore la verdure environnante.
La brunette laissa s'installer le silence dans le kiosque de jardin. Du coin de l'œil, elle pouvait voir que le roi la regardait intensément, mais elle semblait ne pas s'en préoccuper.
"A propos de ce qu'il s'est passé hier," dit lentement le Roi Edmund, brisant le silence. Hermione se tendit légèrement sur sa chaise et rencontra ses yeux onyx. Il n'avait pas de ton accusateur. D'ailleurs, il semblait prudent et un peu curieux. "Avez-vous … peut-être, retrouvé une bribe de votre mémoire ?"
Elle le regarda avec surprise, sa trouvaille lui apportant un léger sourire sur le visage. Bien qu'il ne crût pas à une énigme comme elle, c'était un peu surprenant qu'il commence à croire aux bribes de souvenirs qui revenaient à sa mémoire.
Il ne semblait pas soupçonneux, et dans un sens, cela réconforta le cœur d'Hermione. Elle regarda pensivement son genou et commença : "Il y avait cette guerre."
"Une guerre ?" Demanda-t-il doucement, l'encourageant à continuer.
Hermione le regarda rapidement et acquiesça. Son attention captivée l'avait déconcertée, et elle continua. "Les images sont brumeuses," dit-elle. "Mais néanmoins, je sais qu'il s'agissait d'une guerre. Il y avait … Il y avait des corps partout. Sur le sol, flottant sur le lac, pendant n'importe comment des mâts … ensanglantés, sans vie … mort."
Elle était surprise de lui avoir dit, mais elle ne semblait pas s'en préoccuper. Hermione ferma lentement ses yeux, se soulageant de cette journée, et ajouta : "Il y avait des cris. Je ne peux pas voir les visages. Seulement entendre les cris. Profonds et assourdissants. Il y avait des éclairs aveuglants qui venaient et qui étaient dirigés vers des inconnus."
Son histoire était un mélange entre le mensonge et la vérité : le mensonge parce qu'elle racontait cela à Edmund comme étant un souvenir soudainement apparu de son esprit soi-disant amnésique, et la vérité car elle lui racontait ce dont elle avait été véritablement témoin durant la Seconde Guerre à Poudlard.
"Je courais. Encore et encore. La direction était sans importance, et c'était juste... Je devais survivre," continua-t-elle dans un souffle, de nouvelles larmes coulant à présent de ses yeux.
"Une guerre," statua-t-il de nouveau. Une immense surprise était évidente dans la voix du roi, et si elle n'avait pas été immergée dans son histoire, Hermione aurait pu sourire.
"Et puis, je l'ai vu," dit-elle. "Harry Potter." Ses larmes augmentèrent et sa voix commença à vibrer. "I-Il a combattu vaillamment. I-Il avait souffert le plus." La brunette attira ses mains vers son visage, se maudissant de nouveau de craquer ainsi devant un autre monarque. Elle essaya d'arrêter ses larmes de couler, mais elle ne put. "Et puis il était là. Par terre. Comme les autres. Aveugle et sa-sans vie."
Son histoire se termina, mais pas ses larmes. Elle n'avait aucune idée de ce que le roi regardait à présent, parce que son visage était toujours caché par ses mains.
Des bruits de pas se firent entendre et Hermione devina qu'il la laissait seule. Elle ne pouvait pas le blâmer. Hermione savait qu'elle le mettait dans une situation inconfortable.
Un bras entoura ses épaules et elle se raidit, sous le choc. Elle leva la tête et vit un Roi Edmund embarrassé, assis à côté d'elle. Au lieu de capter son regard, il fronça les sourcils : "Voyez ce moment comme pure idiotie, Mademoiselle Hermione, et ne dites rien," ordonna-t-il.
Elle sourit malgré ses larmes, et ferma les yeux, acquiesçant sincèrement. "Je vous remercie," pleura-t-elle.
Et Edmund, complétant son acte qu'il qualifiait de "pure idiotie," leva sa main droite et essuya ses larmes.
Le jour suivant, Hermione se sentit revigorée. Mais toujours un peu désorientée par rapport aux événements de ces deux derniers jours. Mais néanmoins revigorée.
Elle se leva d'elle-même de son lit et sortit de sa chambre. Les torches du château étaient encore allumées, et on pouvait voir l'aurore arriver. Des ombres étranges étaient projetées dans tout le château, et malgré elle, Hermione sourit légèrement. Cela lui rappela Poudlard et toutes les choses étranges qu'on pouvait y trouver.
Le sourire s'effaça lorsqu'elle percuta. Ses pensées l'avaient dangereusement ramenées à la cause du désarroi de ces derniers jours, et la brunette savait qu'elle devait arrêter de s'apitoyer sur son sort.
"Je dois être forte," se dit-elle en remettant son dos bien droit. "Où est passé tout ton courage de Gryffondor, Hermione Granger ?"
Maintenant que l'idée, celle que retourner dans son monde était impossible, était ancrée en elle, Hermione savait que faire des recherches était futile. Evidemment, d'habitude, elle aurait continué de chercher même un petit indice, une faille dans toute cette situation dans laquelle elle s'était soudainement retrouvée. Mais dans un sens, ce qu'avait dit la vieille femme faisait sens. Elle se souvenait avoir été touchée par le Sortilège de Mort lancé par Bellatrix Lestrange, et même si son arrivée soudaine à Narnia était encore inexplicable, elle savait que si elle retournait dans son monde, elle serait belle et bien morte.
Ses pensées furent arrêtées alors qu'elle se tenait devant la porte de la chambre de Lucy. Son sourire revint sur son visage alors qu'elle se souvenait de la gentillesse dont avait fait preuve la reine la veille. Il était évident que sa détresse avait totalement désarmée Lucy. Après tout, Hermione n'avait jamais montré de faiblesses vis-à-vis des habitants de Narnia. D'une certaine façon, cela la rendit extrêmement reconnaissante envers la reine et son inquiétude évidente pour le bien-être d'Hermione.
Hermione entra sans faire de bruits dans la chambre de la reine et fut accueillie immédiatement par son odeur habituelle. Une petite protubérance était visible au niveau des couvertures du vaste lit au milieu de la pièce. Hermione s'approcha avec précaution de la silhouette de Lucy et la secoua.
Lucy s'éveilla et ouvrit ses yeux ensommeillés. Ses yeux furent tout d'abord dans le vague, mais une fois qu'ils reconnurent le visage d'Hermione dans la pénombre, elle se redressa immédiatement sur son lit.
"Hermione !" S'exclama-t-elle de surprise.
Hermione sourit et inclina sa tête de salutation. "Bonjour, majesté," dit-elle. "Il est l'heure de te lever à présent."
Lucy scruta rigoureusement la brunette en face d'elle avant d'acquiescer lentement. "D'accord," dit-elle en se levant de son lit, et ses pieds se posèrent sur le sol froid en pierre. La reine se mit debout, mit sa robe et regarda de nouveau Hermione. "Est-ce que tout va bien ?"
La plus vieille des deux hocha la tête. "Oui," répondit Hermione. "Je te remercie d'avoir demandé."
Le visage de la reine afficha un grand sourire et, à la surprise d'Hermione, elle entoura ses bras autour du torse de la brunette et la serra fermement. "Je suis soulagée," dit Lucy avec honnêteté.
Hermione gloussa et l'entoura de ses mains. Elle déposa distraitement un baiser sur la tête de la jeune fille et murmura : "Merci."
Lucy s'écarta et sourit joliment, puis elle se prépara pour le petit-déjeuner.
Edmund sortit de sa chambre et se rendit dans la Salle à manger.
Tandis qu'il marchait, son esprit dévia sur les évènements de la veille, et plus particulièrement ceux de la veille au soir.
Comme l'avait deviné Caspian, un souvenir avait refait surface dans la mémoire d'Hermione, et c'est ce qui avait provoqué le désarroi de la brunette ces deux derniers jours. Il ne savait pas pourquoi il la croyait, mais l'histoire qu'elle avait partagée … Edmund pensait que celle-ci n'était pas un mensonge.
Elle avait parlé d'une guerre. Il y avait une guerre et elle y avait participé. C'était dans les années 1940 et il se souvenait clairement que la Seconde Guerre Mondiale avait eu lieu dans son monde. Son père, d'ailleurs, avait été soldat afin de défendre son pays bien aimé.
Son histoire à elle le faisait croire, d'une certaine façon, qu'elle était londonienne. Qu'elle était comme eux. De ce qu'il savait, ce monde magique était en paix, protégé des attaques de rebelles telmarins. Ou alors elle avait pris part à une guerre entre telmarins et narniens auparavant ?
Edmund rejeta cette idée, et secoua sa tête. Il y avait eu une guerre entre quelques soldats telmarins et les narniens. De ce qu'il avait pu observer auparavant, ils étaient les seuls humains du côté de Narnia. Les telmarins, d'un autre côté, n'avaient pas eu de soldats féminins durant la bataille. Il n'y avait pas eu de civils également, parce que le Grand Roi Peter s'était assuré que la bataille se déroulerait loin des civils.
Par conséquent, l'idée qu'elle pouvait être une Fille d'Eve, une londonienne, se renforça dans son esprit. Découvrir son histoire, et notamment le fait qu'elle avait été plus proche de la guerre que n'importe quel Pevensie le dérouta. Sa description était précise, et l'expression sur son visage pendant qu'elle racontait ce qu'elle avait vu était véritable. Edmund n'avait pas eu le cœur de l'accuser de débiter des mensonges, notamment parce que ses sanglots devenaient gutturaux.
'Peut-être que l'amnésie qu'elle revendiquait était vraie après tout,' conclu-t-il à contrecœur, un froncement de sourcils apparaissant sur son visage.
Edmund désirait toujours une preuve. Il avait participé à de multiples guerres pendant des années, et l'expérience lui avait appris que croire immédiatement les personnes était dangereux. Malgré le fait qu'il acceptait lentement que, peut-être, Mademoiselle Hermione n'allait pas faire du mal aux habitants de Cair Paravel, et de Narnia en général, elle restait une personne énigmatique, et la croire entièrement pouvait causer la chute de plusieurs personnes.
Peut-être même la sienne.
Il arriva enfin dans le Grand Hall et y entra. De vives conversations arrivèrent à ses oreilles. Il faillit reculer de surprise, voyant l'objet de ses pensées être assis à côté de Lucy, à sa place habituelle.
"Parfait, tu es là," annonça Peter, voyant son frère.
Tous les regards se posèrent sur lui, et Edmund, ne sachant pas pourquoi, regarda Hermione. Ses yeux s'agrandirent lentement lorsqu'il aperçut le doux sourire sur son visage, et il détourna immédiatement le regard, ses joues devenant roses d'embarras.
"Oui, oui," dit-il, avançant rapidement vers sa chaise, et s'assit en face de Caspian. "Mangeons."
Le petit-déjeuner commença et la conversation animée continua. Edmund se retrouva rapidement mêlé aux conversations des autres.
Inconsciemment, il nota que la brunette semblait revigorée. Les traces des sentiments qu'elle avait eu deux jours auparavant étaient encore visibles, mais elle affichait son sourire habituel à présent.
"Hermione," interrompit le Grand Roi Peter.
Toute la table se tut et tous les yeux le regardèrent. Les sourcils d'Edmund se levèrent, soupçonneux, tandis que son ainé rougissait furieusement.
Peter Pevensie ne rougissait jamais.
"Hum … Je me demandais si vous vouliez bien m'accompagner dans les bois aujourd'hui," dit-il finalement, aussi digne que possible.
Hermione mordit sa lèvre inférieure et fronça les sourcils. Et puis, elle répondit : "Je pense que c'est une formidable idée, votre majesté."
Le sourire que Peter affichait arriva jusqu'à ses oreilles, et Edmund roula des yeux au regard de son comportement ridicule.
Sans que les autres ne le sache, Hermione regrettait lentement sa réponse.
Une fois qu'elle avait mis les pieds dans le jardin, Hermione laissa échapper un énorme soupir de soulagement.
La nuit était tombée sur tout Narnia, et la brunette était soulagée de rentrer à Cair Paravel.
Après le petit-déjeuner de ce matin, Peter et elle s'étaient lancés dans une courte visite du pays. Comme attendu du Grand Roi de Narnia, il avait prouvé qu'il connaissait parfaitement ses coins et recoins. Il connaissait les établissements, les monuments et les jardins … Hermione avait passé un bon moment. Elle connaissait, bien évidemment, les endroits qu'il lui avait montré, car Edmund lui avait déjà fait la visite des lieux lorsqu'ils avaient été laissés seuls au château. Toutefois, elle s'était amusée.
La seule chose qui avait rendu la visite déplaisante était les sentiments évidents que Peter avait pour elle. Il y avait des indices, des fois tellement flagrants que cela refroidissait l'atmosphère. Il était adorable, bien évidemment, mais Hermione se sentait terriblement embarrassée quand de tels gestes lui étaient adressés par le Grand Roi.
De nouveau, elle pensait qu'elle avait été amenée ici, à Narnia, pour effectuer une mission. Faire n'importe quoi avec le cœur des habitants de ce monde magique, et encore plus avec celui du Grand Roi lui-même, n'en faisait pas partie. Et d'ailleurs, les monarques de Narnia se battaient déjà contre les rebelles telmarins. Si elle commençait à s'intégrer dans cette histoire, elle rendrait le tout plus compliqué.
Elle était proche du kiosque de jardin, et ne fut pas surprise lorsqu'elle vit Edmund qui était déjà installé à l'intérieur. Elle ne savait pas comment ils arrivaient à se retrouver à cette même place, mais Hermione ne semblait pas s'en préoccuper.
Alors que Peter était étrange, Edmund était apaisant. Ils n'avaient pas commencé en bons termes, et elle savait que le roi dit "le juste" ne la croyait pas totalement. Mais cette petite hostilité apportait du réconfort à Hermione.
"Vous êtes revenue," remarqua Edmund tandis qu'Hermione s'asseyait sur son siège habituel. "Je suis surpris que cela se soit terminé si tôt."
Hermione fronça les sourcils. "Nous étions sortis quasiment toute la journée, Roi Edmund," dit-elle. "Je pense même que nous sommes partis bien assez longtemps."
Le roi dit "le juste" sourit et haussa les épaules, ses yeux fixes regardant au loin. "Peter vous aime bien," remarqua-t-il. "Ardemment, je suppose."
La brunette se recroquevilla et lui jeta un regard noir. Bien sûr qu'elle le savait. Bon sang, elle était la sorcière la plus brillante de sa génération. Mais entendre à haute voix l'évidence la rendait légèrement frustrée. "Je sais, " grommela-t-elle, fixant ses sandales.
"Je peux dire que vous êtes la première fille que mon grand frère têtu a toujours aimé," ajouta-t-il. "Aussi bien dans notre monde qu'ici."
Hermione prit une grande respiration et secoua sa tête. "Honnêtement, je ne recherche pas une quelconque romance ici, à Narnia," révéla-t-elle. "Et par ailleurs, vous avez bien assez de problèmes à régler. Je ne suis qu'une distraction supplémentaire pour le Grand Roi."
Edmund haussa de nouveau les épaules et la regarda. "Je suis sûr qu'un jour, vous regretterez ce que vous dites, Mademoiselle Hermione," dit-il.
"Ah oui ?" Demanda-t-elle, un regard de défiance sur son visage. "Regardez-moi." Hermione se leva de son siège et fixa avec irritation le roi toujours assis. Edmund était décontenancé par cette soudaine hostilité sur son visage. En fait, il semblait plutôt amusé. "Par Merlin, je suis venue ici pour m'éclaircir les idées. Maintenant, elles sont plus embrouillées à cause de vous. Ah ! Sérieusement !"
Hermione se retourna et marcha en direction de château, manquant le sourire sincère apparu sur le visage du Roi Edmund.
Son regard, sous-entendant qu'elle savait, commençait à énerver Hermione et, finalement, elle fixa la Reine Lucy. Elle semblait légèrement coupable, les yeux de Lucy parcourant toute sa somptueuse chambre, comme si elle n'avait jamais regardé Hermione.
"Il ne s'est rien passé," dit-elle finalement d'exaspération.
Lucy se requinqua et se leva de son siège, accrochant le bras d'Hermione avec le sien, et la tirant pour qu'elle puisse s'asseoir sur son lit. "Es-tu sûre ?", Demanda-t-elle. "J'ai vu Peter il y a un moment, et je ne l'ai jamais vu aussi heureux auparavant. J'en déduis que vous avez peut-être partagé un baiser ou quelque chose comme ça."
Hermione grogna et posa ses paumes devant ses yeux. "Oh non, pas toi aussi," accusa-t-elle.
"Pardon ?" Demanda la jeune Reine, regardant étrangement Hermione. "Tu sais que c'est la vérité, Hermione. Peter t'apprécie vraiment, comme tout adolescent en pleine crise hormonale. Je suppose que c'est la première fois, et qu'il le montre, n'est-ce pas ? Grand Dieu, il ne sait pas comment être subtil dans ces moments-là."
"Lucy," hurla-t-elle, et la reine à côté d'elle rigola.
Calme-toi, calme-toi," sermonna Lucy, tapotant le bras d'Hermione. "Tu n'as pas besoin d'être aussi renfrognée pour ça. Peter peut être un véritable imbécile à certains moments, mais il a des côtés charmants."
Hermione exprima sa désapprobation et se leva. "Je me retire à présent dans ma chambre, majesté," clama-t-elle." Bonne nuit."
Et avant même que Lucy ne puisse la retenir, elle était déjà partie.
