Bonjour, chères lectrices et chers lecteurs !

Voici un nouveau chapitre ! Thalia a quitté Cair Paravel, mais l'aventure d'Hermione dans ce monde n'est pas terminée ! Que va-t-il se passer ensuite...

J'espère que l'histoire continue de vous plaire et que vous allez adorer les retrouvailles avec nos personnages favoris !

Bonne lecture !

Equipe :

Auteure originale : WickedlyAwesomeMe

Traductrice : PetiteSphereAilee

Relectrice : Snow


Le départ de Thalia fut un bol d'air frais dans tout Cair Paravel.

Comme à son arrivée, les serviteurs étaient alignés devant le château, et les cinq monarques les devançaient de quelques pas. La différence résidait dans le fait qu'à présent, on ressentait du soulagement et de la joie.

Hermione fixa les Animaux Parlants avec amusement et secoua sa tête. 'Cela a dû être difficile pour eux,' pensa-t-elle alors qu'elle attrapa le regard de Babbitty et lui sourit. 'À vrai dire, je ne les blâme pas du tout.'

Le plus drôle résidait dans le fait que les monarques narniens étaient les plus soulagés. Ils semblaient plus détendus à présent, et la tension qu'ils affichaient ces derniers jours semblait s'être calmée. Edmund était le plus heureux des cinq, et il eut l'audace d'afficher un large sourire collé sur son visage.

Dans un sens, elle eut pitié de la princesse Thalia, qui geignait plaintivement tandis qu'elle montait dans la calèche, aidée de ses serviteurs en cape noire. Mais ensuite, Hermione se souvint des événements qui se sont déroulés durant le séjour de la princesse, et sa pitié se dissipa.

« Nous espérons que vous avez passé un moment agréable, votre majesté, dit le Grand Roi Peter en s'inclinant bas par courtoisie, et nous espérons également que vous reviendrez nous rendre visite à l'avenir. »

« Ou n'essayez jamais ... » murmura Edmund dans un souffle, ce qui amena Peter à lui mettre un coup de coude dans le ventre. Le roi dit "le juste" jeta un regard noir à son frère et massa son ventre douloureux, tandis que le sourire en coin refaisait surface sur son visage une fois que Thalia eut bruyamment claqué la porte de la calèche sans donner de réponse à Peter.

Les sabots des Centaures tapèrent contre les pavés, et rapidement, ils démarrent afin de retourner à Calormen.

Tous restèrent stoïques à leur place, jusqu'à ce que Thalia et ses serviteurs disparaissent dans l'horizon. Aussitôt qu'ils avaient disparu, les autres Animaux Parlants retournèrent à leur poste et reprirent leur travail.

Hermione s'apprêtait à suivre Babbitty et de retourner en cuisine lorsque Lucy sauta soudainement dans ses bras et la serra fort.

Riant lumineusement, la brunette tapota le dos de la reine.

« Oh, tu m'as tellement manqué ! » Proclama-t-elle à qui voulait entendre. Hermione pouvait entendre distinctement les ricanements qui s'échappaient des autres monarques, et elle sourit doucement à la reine dans ses bras. En vérité, c'est elle qui lui avait manqué le plus. Bien que Lucy puisse parfois être un peu exigeante, en désirant que Hermione passe son temps libre avec elle, Hermione était persuadée que durant ces derniers jours de pure torture à cause de la présence de Thalia, Lucy était la personne qui lui avait le plus manqué.

« Nous avons beaucoup de choses à nous raconter, » s'épancha-t-elle tout en attrapant le bras de Hermione, sans lui demander sa permission, et l'emmena sans attendre dans sa chambre personnelle.

La brunette eut juste le temps de regarder son dos d'amusement jusqu'à ce qu'elles soient arrivées dans la chambre de Lucy. La reine dit "la vaillante" ferma la porte derrière elle et rejoignit son lit, affichant un large sourire à sa dame de compagnie tandis que cette dernière prenait une chaise et s'assit en face du lit.

« Eh bien ? » Commença Hermione, attendant patiemment. « De quoi devons-nous parler ? »

Lucy haussa les épaules. « Oh, je ne sais pas, dit-elle sincèrement, ça fait quoi ? Quatre jours ? Cinq ? J'ai l'impression que je ne t'ai pas vue depuis une éternité, tu sais. » Une expression acerbe apparaissait sur son visage tandis qu'elle secouait la tête. « J'ai fait de mon mieux pour essayer de voir le bon en princesse Thalia, Hermione. Je jure devant Aslan que j'ai vraiment essayé. Mais je ne pouvais juste pas comprendre pourquoi elle était… comme ça. »

Hermione sourit doucement et regarda Lucy attentivement. « C'est probablement lié à son éducation, » expliqua-t-elle. « Nous ne pouvons pas vraiment la blâmer, c'est peut-être une façon d'agir qui lui a été enseignée depuis son enfance. » Sans le vouloir, ses pensées s'orientèrent vers la famille Malefoy et elle ne pouvait s'empêcher de penser que Thalia, dans un sens, ressemblait à Drago Malefoy de son monde.

La reine attrapa la main droite de Hermione et la serra fermement. « Est-ce que tout allait bien ? » Demanda-t-elle, véritablement inquiétée. « Thalia t'a fait tellement de choses ridicules et je me sentais coupable de ne rien pouvoir faire contre ça. »

« Ça n'a pas d'importance, dit Hermione avec un doux rire, je sais que m'aider aurait pu avoir des conséquences terribles. »

« Et pourtant, ça n'a pas empêché Edmund de t'aider, » fit remarquer Lucy.

Le sourire sur le visage de la brunette s'effaça lorsque le nom du roi fut dit. Ses sourcils se rapprochèrent et un léger froncement apparu sur son visage alors qu'elle réfléchissait à la simple affirmation de Lucy.

La Reine Lucy avait raison : Edmund avait été le seul qui l'avait énormément aidé durant le séjour de Thalia à Cair Paravel. Babbitty lui avait dit que le roi dit "le juste" avait quitté la Salle à Manger lors de la première nuit de la princesse dans le château après que Hermione soit partie de la pièce à cause de l'impolitesse de Thalia. Et puis, il y eut la fois sous le kiosque de jardin lorsque Hermione mit un coup de poing dans le nez de Thalia : il l'avait retenue, lui avait mentit obstinément qu'il devait enseigner à Hermione des trucs imaginaires juste pour montrer à Thalia qu'elle était meilleure que la princesse calormène. Il y avait aussi la fois où elle était revenue de la forêt et qu'il l'avait "talonné" pour rentrer au château. Dans un sens étrange et bien à lui, il l'avait réconfortée concernant les comportements enfantins de Thalia. Et la dernière fois, Edmund l'avait défendu lorsque la princesse avait accusé Hermione d'avoir fait apparaître un étrange feu qui brûla la robe de la princesse.

« Hermione ? » Demanda Lucy. « Tout va bien ? Tu es… toute rouge. »

Les yeux de Hermione s'agrandirent lorsqu'elle entendit la constatation de Lucy, et elle s'éclaircit nerveusement la gorge, évitant les yeux chercheurs de la reine en face d'elle. « Je vais bien, dit-elle rapidement, c'est juste que je me sens un peu… chaude. » Elle pinça les lèvres et regarda tout autour. "C'est moi ou la pièce est devenue soudainement chaude ? »

« Eh bien… statua doucement Lucy, peut-être un tout petit peu ? »

La brunette rit nerveusement. « Cela ne fait rien, » dit-elle. « Envie d'un peu de thé ? Je suis sûre que Babbitty sera ravie de te voir dans les cuisines de nouveau. »

La reine la fixa pendant une minute insupportable, jusqu'à ce qu'elle décide de hocher la tête. « D'accord, » dit-elle, et elle se dirigea avec Hermione vers les cuisines.

Hermione ne pouvait pas se séparer de ce sentiment, et durant toute la journée, ainsi que durant leur collation, Lucy lui lançait des regards étranges.


« Es-tu prête ? » Demanda Lucy tout en passant sa tête dans l'entrebâillement de porte de chambre de Hermione.

Sa dame de compagnie se retourna de son petit boudoir ses cheveux tenus fermement par sa main droite depuis qu'elle s'était engagée dans le fait de s'attacher les cheveux. « Presque prête, » dit-elle tout en faisant un nouveau tour avec son élastique, et finalisant enfin la coiffure de ses impossibles cheveux.

Hermione avança en direction de la reine et lui sourit, refermant doucement la porte derrière elle. Ils sortirent de sa chambre et descendirent les escaliers.

« Je ne comprends toujours pas pourquoi nous devons aller chasser aujourd'hui, » remarqua la plus vieille des deux.

Lucy, d'un autre côté, ri doucement et secoua la tête. « Les trois rois ont une obsession malsaine avec la chasse, » dit-elle. « En fait, nous avons décidé de les accompagner sur un coup de tête. Je pensais seulement qu'un peu d'air frais ferait du bien à Susan et son bébé. »

Hermione sourit à l'explication de Lucy, et l'autorisa à avancer plus rapidement en direction des portes de Cair Paravel.

C'était un beau jour, et les monarques narniens avaient décidés d'aller dans la forêt pour chasser des animaux sauvages. Ils avaient tous demandé à la dame de compagnie de Lucy de les accompagner, mais Hermione fut réticente tout d'abord. La pensée d'avoir un jour de repos la fit grimacer, surtout lorsqu'elle pensa à toutes les choses qui seraient inachevées si elle décidait de prendre du bon temps avec les rois et reines de Narnia. Mais Babbitty lui assura que tout irait bien si elle sortait.

« Et en plus, ajouta son amie Lapine, je suis sûre que ce petit moment entre vous te permettra de te faire pardonner pour avoir pris la décision de les éviter alors que Princesse Thalia séjournait ici, à Cair Paravel. »

L'affirmation cohérente de Babbitty fut l'élément décisif pour Hermione. Avec un petit sourire, elle annonça durant le petit-déjeuner qu'elle adorerait passer la journée avec les membres de la royauté.

C'était une journée vraiment adorable et Hermione sentait que cela aurait été injuste qu'elle reste enfermée à l'intérieur du château sans pouvoir profiter de l'extérieur.

C'est pour cela qu'elle avait quitté sa chambre pour prendre un peu l'air. Lucy et Susan lui avaient assurée qu'elles laisseraient les hommes chasser tandis qu'elles pique-niqueraient dans Douces Prairies de nouveau en attendant les rois.

Lorsqu'ils entrèrent dans la Grande Salle, et qu'ils s'approchèrent des grandes portes en bois, Hermione fut seulement capable de discerner deux silhouettes à l'extérieur, qui parlaient ensemble avec animation. En regardant de plus près, elle découvrit qu'il s'agissait du Grand Roi Peter et du Roi Edmund. Le couple marié était introuvable.

« Où sont Caspian et Susan ? » Demanda Lucy. Hermione acquiesça de la tête et regarda autour d'elle, ses sourcils se rejoignant à présent car elle ne les voyait pas.

Peter rigola doucement et agita une main dédaigneuse. « Susan a des nausées matinales, » dit-il. « Par conséquent, elle ne peut pas venir avec nous. Caspian est légèrement inquiet donc il est désolé qu'ils ne puissent pas venir tous les deux. » Il posa sa fidèle épée sur son épaule et sourit à pleine dents aux deux demoiselles. « Eh bien, nous sommes prêts. Merci mon Dieu, le temps est si agréable aujourd'hui. Je ne peux attendre de répondre au doux appel de la nature. »

À côté de lui, Edmund pouffa. « Je ne savais qu'une météo aussi agréable pouvait te rendre poétique, Pete, » dit-il, faisant rire Lucy et Hermione. « Bien, qu'attendons-nous ? Allons-y avant que le crépuscule n'arrive. »

Ensemble, ils s'aventurèrent dans la forêt.


Après quelques heures de promenade autour du château, Hermione se retrouva seule avec le Roi Edmund.

Au tout début, ils étaient quatre. L'idée de faire un pique-nique à Douces Prairies avait quitté l'esprit de Lucy et de Hermione. À partir du moment où Susan ne venait pas avec eux, les filles décidèrent que cela serait plus sympathique d'aller chasser avec les garçons.

Alors qu'ils s'avançaient, un ours sauvage apparu, et à la surprise des quatre membres, il était plutôt fort et obstiné : il résistait, frustrant le Grand Roi. Peter, en vrai frimeur selon les mots d'Edmund, décida de s'attaquer à l'ours à mains nues, sans l'aide d'Edmund. Le Grand Roi n'allait pas s'arrêter tant qu'il n'aurait pas immobilisé et capturé l'ours. Il avait décollé vers un endroit où seul Merlin-savait, et Lucy, sans hésiter, couru après son grand frère.

Par conséquent, Hermione et Edmund furent laissé seuls, se promenant sans but dans toute la forêt, tandis qu'ils parlaient avec animation. L'idée d'aller chasser les animaux sauvages avait quitté l'esprit d'Edmund alors qu'ils avaient cette conversation intéressante.

« Quel effet cela fait, maintenant que Princesse Thalia est partie ? » Demanda Hermione, un léger sourire en coin s'affichant sur son visage.

Edmund prit une grande respiration, et afficha un si grand sourire qu'il pouvait presque toucher ses oreilles. « Comme un bol d'air frais, » dit-il. « Et d'ailleurs, mon soulagement semble infini maintenant que je sais qu'elle va se marier à un autre homme. »

Hermione secoua sa tête et exprima sa désapprobation. « Cela semble légèrement injuste, votre majesté, » dit-elle. « Vous trouverez de temps en temps une personne qui sera profondément éprise de vous, vous savez. La moindre des choses est de vous sentir un minimum flatté de l'affection que ces personnes vous porteront. »

Il leva un sourcil en réponse à sa déclaration. « Eh bien, en voilà une belle pensée, Mademoiselle Hermione, » dit-il. « Quelqu'un s'est-il entiché profondément de vous ? »

Un léger et mystérieux sourire apparu sur son visage, alors qu'elle se remémorait le visage de Cormac McLaggen. « Je ne me souviens de rien, vous vous souvenez ? » Demanda-t-elle en lui adressant un léger sourire.

« C'est vrai, dit-il en roulant des yeux, vous ne vous souvenez de rien du tout. »

Elle rigola et balança son bras, inconsciente de la façon dont son rire avait créé chez lui un léger sourire.

« C'est vraiment une belle journée aujourd'hui, » dit-elle. « Je suis un peu triste de ne pas avoir pu amener Babbitty pou- AHHHHH. »

Soudainement, Hermione glissa et manqua de tomber sur le sol rocailleux. Par chance, Edmund fut assez rapide pour attraper son bras et la relever. La brunette, à présent debout, lâcha un léger sifflement et sourit : « C'était proche, » dit-elle en se reculant d'Edmund. « Je vous remercie, votre majesté. »

« Vous devriez faire plus attention, Mademoiselle Hermione, » dit-il en fronçant légèrement les sourcils à son attention.

« Arrêtez ça, » dit-elle avec un soupir, à la surprise du roi.

« Arrêtez quoi ? » Demanda Edmund, les sourcils froncés.

« Arrêtez de vous adresser à moi en utilisant Mademoiselle, précisa-t-elle, cela semble très… formel et froid. »

Un sourire amusé apparu sur son visage. « Ça l'est ? » Demanda-t-il, et Hermione acquiesça. « Et vous pensez que nous avons dépassé ce stade de suspicion, n'est-ce pas ? »

Un sourire gêné apparu sur son visage. « Nous parlons normalement à présent, votre majesté, raisonna-t-elle, et je commençais à me dire que vous n'étiez plus… suspicieux me concernant à présent. »

Il pouffa injustement. « Qu'est-ce qui vous a fait dire que je vous croyais dorénavant ? » Demanda-t-il, son amusement augmentant. « Eh bien, n'allez pas présumer des choses, Hermione. »

Au tout début, elle fut offensée de sa remarque, mais ensuite elle se ressaisit et se souvint de ce qu'il avait dit. « Vous mentez, » l'accusa-t-elle doucement, secouant sa tête.

Il leva un sourcil. « Et pourquoi dites-vous ça ? » Demanda-t-il.

« Vous avez dit mon nom sans qualificatif, » dit-elle en lui souriant.

Edmund pinça ses lèvres, très surpris par ce qu'elle venait de dire, avant de soupirer de défaite. Un petit sourire apparu sur son visage et il s'arrêta, avant de décider de s'asseoir sur une branche dépassant du sol. « Je sais que nous avons connu un début difficile, » commença-t-il. « Vous croire est un peu… difficile, vous savez. Je règne sur tout un royaume, que j'aime de tout mon cœur, et faire confiance à une étrangère est un peu illogique, ne pensez-vous pas ? »

Elle acquiesça légèrement de la tête. « Mais vous commencez à avoir confiance en moi, » affirma-t-elle. Elle se rapprocha et se mit devant lui, pour que leurs yeux soient au même niveau. « Pourquoi donc ? »

« Vous avez pris soin de ma sœur, » commença-t-elle. « Et vous êtes ici depuis des mois sans avoir fait le moindre mal à ma sœur encore. Vous avez fait en sorte que Susan vous croit, et pourtant elle est la plus rationnelle de notre famille. Caspian pense que vous êtes fantastique, avec votre brillant esprit. Et Peter… il vous adore, dois-je ajouter quelque chose ? » Edmund soupira et secoua sa tête. « Je ne comprends pas leur confiance en vous. Pas du tout. Quelque chose… se profile et je ne peux rien dire à ce sujet. Tout ce que je peux dire est que nous devons être vigilants. »

Hermione se leva lentement et s'assit à côté de lui, pensive.

« Et puis… quand Thalia est arrivée, vous avez prouvé que les Animaux Parlants étaient importants, » continua-t-il. « Narnia ne serait pas Narnia sans les Animaux Parlants. Vous avez accepté d'être insulté par Princesse Thalia sans rechigner. Mais lorsqu'elle commença à les insulter, eh bien… vous lui avez donné un coup de poing, ce qui était inconvenant. »

« Mais il valait le coup, » répondit-elle avec un sourire.

Edmund acquiesça vigoureusement. « Oui, dit-il, énormément. »

« Je vous remercie, » dit-elle alors, ce qui le surpris.

« Pour quoi ? »

« Pour croire en moi, » dit-elle en le regardant intensément.

Ses lèvres se pincèrent en une fine ligne. « Je commence, corrigea-t-il, je ne crois pas totalement en vous. J'ai toujours cette… idée ancrée dans ma tête, celle que vous avez une motivation cachée. »

Hermione rigola. « Eh bien, ça pourrait fonctionner, » dit-elle. « Je suis juste un peu curieuse cependant : que feriez-vous si vous découvrez ma motivation cachée ? »

Ses yeux se plissèrent jusqu'à en devenir des fentes. « Vous avez donc une motivation cachée ? » L'accusa-t-elle, ce qui déclencha un rire chez Hermione.

« Le mot-clé est 'si', » pointa-t-elle.

Edmund devint silencieux alors qu'il réfléchissait à la question. Finalement, il dit : « Tout dépend de sa nature. »

Hermione sembla impressionnée. « Pas mal, dit-elle, je comprends mieux pourquoi vous êtes qualifié de "juste", votre majesté. »

« Edmund. »

« Excusez-moi ? » Demanda-t-elle un peu confuse.

Il soupira et la regarda. « Vous me demandez d'arrêter le 'Mademoiselle' lorsque je dis votre nom, » dit-il. « Par équité, je pense que ce serait correct si vous arrêtez de m'appeler 'votre majesté' ou 'Roi Edmund'. Edmund suffira. Je suis certain que les autres vous ont demandé de les appeler par leurs prénoms, et leurs prénoms seulement. »

Hermione sourit. « Cela semble correct… Edmund, » ajout-elle, avec un peu de difficulté sur la fin. Mais lorsqu'il sourit, ses joues chauffèrent légèrement.

Edmund s'éclaircit la gorge et se leva, cachant son visage de Hermione. À l'insu de la brunette, ses joues étaient devenues rouges également. « Bien, j'ai ce besoin soudain d'aller pêcher, » dit-il, baissant sa tête pour regarder Hermione, veux-tu m'accompagner ? »

À sa surprise, elle secoua sa tête et déclina la proposition. « Je pensais recueillir des épices pour Babbitty et Azelma aujourd'hui, » dit-elle. « Je peux vous attendre ici, ainsi que le Grand Roi Peter et Lucy. »

Il acquiesça de la tête. « Sois prudente, alors, dit-il, il y a encore des animaux sauvages rôdant autour. »

Hermione leva un sourcil amusé. « Non, c'est à toi de faire attention, dit-elle doucement, il doit y avoir des trous assez profonds dans le sol alors, s'il-te-plaît Edmund, regarde bien où tu mets les pieds. »

Il lui lança un regard noir. « Elle devient insolente à ce que je vois, » dit-elle. Lorsque Hermione gloussa, son froncement de sourcils devint un petit sourire. « Je garde ça en tête. »

Edmund s'inclina alors et se retourna, jetant son épée sur son épaule tandis qu'il s'éloignait de Hermione.

Une fois qu'il était parti, Hermione lâcha un soupir de soulagement. Un sourire satisfait apparu sur son visage alors qu'elle se levait et commençait à marcher dans ses environs, sa conversation avec Edmund toujours présente dans son esprit.

Le soulagement qu'elle ressentît après avoir appris qu'il commençait à la croire était indescriptible. Hermione avait toujours été mal à l'aise quand les personnes la suspectaient de quelque chose, surtout lorsqu'il s'agit de choses qu'elle n'avait pas faites, et maintenant que le roi lui avait avoué qu'il commençait à croire qu'elle n'avait pas l'idée cachée de faire du mal à quelqu'un ici, à Narnia, la soulagea au-delà de toute compréhension.

En même temps que le Roi Edmund commençait à croire en elle, Hermione commençait à doucement accepter qu'elle ne pourrait pas retourner à Poudlard. Certaines nuits, elle se remémorait son ancienne vie, ses moments heureux quand elle pouvait faire de la magie, et qu'elle était entourée des gens qu'elle aimait et qui l'aimait en retour. Elle rêvait le plus souvent de Harry et Ron.

Ce qu'elle pensait être un amour profond pour Ron s'était transformé en amitié sincère pour lui. Elle l'aimait toujours, ardemment s'il fallait le décrire, mais Hermione savait que le mieux pour elle serait d'accepter qu'ils ne pourraient pas être ensemble à présent.

Et Harry… Hermione prit une grande respiration pour se calmer. Sa mort était encore présente dans son esprit. Elle se souvint comment il était tombé, l'odeur de l'air, le bruit assourdissant alors qu'elle voyait Harry Potter tomber. Sa mort a toujours été la plus blessante pour Hermione, car elle savait que la mort de Harry allait de pair avec la mort d'un futur serein du Monde Magique.

Hermione ne savait toujours pas pourquoi elle avait été soudainement amenée dans cet étrange endroit. C'était simplement de la fiction pour elle, se remémorant les histoires de son enfance que sa mère lui lisait. Durant son séjour à Narnia, toutes les choses qu'elle avait lus s'étaient modifiées au sein même de l'histoire, et Hermione avait ce sentiment que son arrivée avait déclenché cela.

Il n'y avait pas eu de fille de Ramandu qui était devenue la femme de Caspian. À la place, ce rôle était revenu à Susan Pevensie. Et Susan n'était même pas censé revenir à Narnia, car elle avait commencé à grandir et ses souvenirs de Narnia avaient été classés dans des fantaisies enfantines.

Et les Pevensie n'étaient pas censés rester indéfiniment à Narnia, sauf lorsqu'ils leur furent interdits de retourner dans leur monde car ils y étaient morts. Ils étaient censés retourner dans leur monde après chaque aventure, et ainsi poursuivre leur vie sur Terre jusqu'au prochain appel d'Aslan.

Beaucoup de choses avaient changé et Hermione en était déconcertée. Elle savait que sa présence à Narnia était vitale : elle ne savait pas simplement pas pourquoi. Sa détermination de retourner dans le Monde Magique était partie. À présent, Hermione était déterminée à découvrir ce qui la retenait dans ce monde magnifique et magique.

Un vent froid lui caressa le visage et la fit sortir de sa rêverie. Hermione toucha ses joues et regarda autour d'elle.

Légèrement confuse, elle commença à marcher, sa main toujours contre sa joue froide. Le temps avait sinistrement changé, et elle ne pouvait associer ce froid qu'à celui ressentit en hiver. Elle se souvint ce que Babbitty lui avait dit un jour, que Narnia n'avait connu que le printemps durant toute l'année.

'Etrange,' pensa Hermione, accélérant ses pas.

Elle s'est ensuite arrêtée en entendant d'étranges bruits de craquement produits par ses pas. Elle regarda ses pieds et lâcha un petit cri lorsqu'elle vit que le sol était devenu de glace, et ses traces de pas étaient bien visibles. Un léger vent se fit sentir et cela l'effraya; elle sut ensuite qu'elle était de nouveau piégée. Elle se souvint de quelque chose de similaire arrivé plusieurs mois auparavant, et une peur inhumaine l'envahit.

Elle remarqua avec horreur que ce qui l'entourait était devenu de glace également. Le vent froid était devenu plus fort et plus froid et Hermione, le cœur lourd, savait qu'elle courait un grave danger. L'idée de ne pas pouvoir faire de magie dans des moments comme ça augmentait sa peur, elle ferma les yeux et prit une profonde respiration, car elle ne pouvait pas faire autre chose.

D'autres pas se firent entendre, et les yeux de Hermione s'ouvrirent. Elle regarda vigoureusement en direction des bruits de pas. « Edmund ? » Hurla-t-elle, espérant voir son visage. « Edmund, est-ce toi ? »

Les bruits de pas devinrent plus lourd et plus fort, et Hermione était capable à présent de discerner les pas de deux personnes différentes s'approchant.

Avec appréhension, elle vit deux créatures émerger des buissons. Elle était capable de reconnaître un Minotaure et un Loup, les deux affichant un regard menaçant.

« Une trahison par le plus improbable. »

Une voix, qui lui était familière, se fit entendre.

« Causée par un désir égoïste. Qui ramènera la Glace. »

Hermione eut un sursaut en se souvenant. Il s'agissait des mêmes mots murmurés à son intention précédemment, alors qu'elle était également piégée dans de la glace. La seule différence résidait dans le fait qu'à présent, la voix familière était claire et nette.

« Le trouble régnera. L'obscurité surpassera la lumière. »

Elle regarda avec prudence le Minotaure et le Loup qui dessinaient à présent un cercle parfait autour d'elle.

« Jusqu'à ce qu'une Fille d'Eve, Princesse des Lions, amenée par le Grand Destin, combatte le Grand Ennemi. Soutenue par un Bâton Magique. Le Feu contre la Glace. »

Le Minotaure s'avança doucement vers Hermione tandis que le Loup ouvrait sa gueule, murmurant d'étranges mots. Lentement, la brunette commença à somnoler, mais la voix continuait à être claire et nette.

« Mais son arme faiblira, jusqu'à ce que le Roi des Lions la bénisse de ses mains. La Glace est de retour, une Fille d'Eve. En attendant, prenez garde. »

Lorsque la voix faiblit, Hermione essaya de combattre l'endormissement qui commençait à embrumer son esprit. L'incantation étrange du Loup devenait de plus en plus bruyante et de plus en plus violente, et le Minotaure était à présent en face d'elle. Il leva sa patte sale et la pressa doucement contre son cou. Un léger grognement s'échappa de sa bouche lorsqu'elle sentit ses ongles pointus posés autour de son cou.

Elle perdait doucement conscience et de désespoir, elle essaya de pousser le Minotaure, mais cela fut inutile. Hermione avait deviné que l'incantation du Loup lui avait fait perdre conscience, et se battre n'avait aucun effet.

À ce moment-là, des coups étouffés résonnèrent dans toute la forêt. Elle imaginait le Grand Roi Peter transperçant le cœur du Loup avec son épée, et Lucy pleurant d'incompréhension, son visage aussi pâle que la neige blanche sur le sol.

Et ensuite, la tentative d'assassinat du Minotaure s'arrêta. Si elle avait été assez consciente, elle aurait été horrifiée de voir que le Minotaure avait été décapité, son sang giclant partout. Elle en avait reçu sur elle, et maintenant que la Créature féroce ne la tenait plus, Hermione chancela. Ses genoux plièrent et elle perdit l'équilibre. Le sol se rapprochait mais des bras forts l'arrêtèrent et la retournèrent. Elle vit l'image floue d'un Edmund inquiet, sa bouche ne s'arrêtant pas de bouger, mais ses mots moururent dans ses oreilles.

Ce que Hermione su par la suite, c'est que tout devint noir.