Bonjour, chères lectrices et chers lecteurs !

Voici un nouveau chapitre !

L'espacement entre les chapitres sera un peu plus grande dorénavant. Je m'en excuse. Le temps manque pour tenir un délai court. Il y aura donc un chapitre tous les mois et demi.

Dans ce chapitre, beaucoup de choses vont être révélées (avec un tel titre, vous ne vous en doutiez pas ;) )

Bonne lecture !

Equipe :

Auteure originale : WickedlyAwesomeMe

Traductrice : PetiteSphereAilee

Relectrice : Snow


Lentement, Hermione ouvrit les yeux.

Elle grogna inaudiblement alors qu'elle se levait de son lit. Une douleur aiguë, venant aussi bien de sa tête que de son cou, se fit sentir. Hermione leva sa main droite et commença à se masser les tempes seulement pour alléger le mal de tête qui se manifestait.

Sa main descendit à son cou et elle sentit un vêtement autour. Avec précaution, elle le toucha et le regretta. Elle grogna et éloigna sa main, baissant le regard pour le poser sur ses doigts, et y voir des traces de sang parsemées sur cette partie du corps.

« Tes coupures étaient assez profondes, » dit une voix. Hermione tourna lentement la tête et vit une Lucy, au visage grave, se tenant à quelques pas du lit. « Le Soigneur Narnien dit que si nous n'étions pas arrivés à temps, Le Minotaure aurait pu te faire des coupures plus profondes, et tu aurais pu... »

Sa voix mourut, incapable de finir sa phrase. Hermione avait une bonne idée de ce que Lucy essayait de dire. Les images de ce qu'il s'était passé quelques heures auparavant lui revinrent en mémoire. Involontairement, elle frissonna de peur. Elle se souvenait à quel point elle se sentait impuissante, à quel point sa situation était sans espoir.

La brunette fut malade de savoir qu'elle avait frôlé la mort. De nouveau.

« Peux-tu marcher ? » Demanda doucement Lucy, cette fois-ci en s'approchant du lit. « Le Grand Roi Peter a demandé ta présence dans la Salle du Trône dès que tu iras mieux, Hermione. »

La façon dont Lucy parlait de son grand frère alarma Hermione. Lucy s'adressait rarement à son frère en le qualifiant de "Grand Roi" et lorsqu'elle le faisait, la situation était grave. Hermione n'avait aucune idée pourquoi les monarques semblaient alarmés par ce qui lui était arrivé. Edmund l'avait prévenue que certains animaux sauvages rôdaient autour de la forêt.

Le problème était que le Minotaure et le Loup n'étaient pas du tout des animaux sauvages.

C'était amusant de voir que Hermione pouvait à présent distinguer un Animal Parlant d'un animal sauvage. En observant les expressions faciales des créatures qu'elle avait rencontrées auparavant, elle savait lesquelles étaient des créatures magiques de Narnia. Et puis les mots exprimés par le Loup : même s'ils étaient incohérents, elle savait qu'ils n'étaient pas de simples bruits d'animaux.

« Hermione ? » Demanda Lucy. Hermione sursauta, surprise en voyant la reine à présent contre son lit, sa douce main posée au-dessus du bras de Hermione.

« J-je vais bien, » bégaya-t-elle, encore secouée par ses souvenirs. Hermione s'assit lentement dans son lit et avec l'aide de Lucy, elle fut capable de se mettre debout.

Ses premiers pas furent légèrement tremblants. Elle était encore prise de vertiges, et elle était heureuse d'avoir Lucy à ses côtés. La reine dit "la vaillante" l'assista jusqu'à leur arrivée au bas des escaliers. À ce moment-là, Hermione se sentit un peu mieux.

Le château était silencieux et cela le rendait inquiétant. Hermione était dérangée par le fait qu'il n'y avait aucune activité des Animaux Parlants. La tranquillité en était presque perturbante, mais Hermione ne l'exprima pas à haute voix. De sa vision périphérique, elle pouvait voir que la Reine Lucy était perdue dans des profondes pensées. Hermione n'avait aucune idée de ce qu'elle pensait. La seule chose qu'elle pouvait comprendre était que ces pensées perturbaient la reine.

Elles étaient proches de la Salle du Trône et l'air s'alourdit avec la tension. La prise de Lucy sur son bras se resserra et Hermione tressaillit. La reine sembla ne pas le remarquer et continua d'aider Hermione jusqu'au moment où elles entrèrent.

Hermione pâlit aussitôt entrée dans la pièce. Si la tension à l'extérieur était lourde, celle à l'intérieur était suffocante. Les autres membres de la royauté étaient assis droit sur leur trône dont Peter qui, au milieu de tous, arborait un visage sévère et grave. Une chaise avait été placée en face des trônes, et Lucy dirigea Hermione pour qu'elle prenne place sur celle-ci. La jeune reine marcha en direction de son trône et s'assit, ses yeux inquiets et ennuyés retournant immédiatement sur elle.

« Que s'est-il passé exactement ? » Dit finalement Peter, la voix ayant perdu la chaleur habituelle lorsqu'il s'adressait à Hermione. Ses sourcils étaient froncés et lentement, il se leva de son siège. Il s'avança et marcha devant les trônes. Hermione, le cœur lourd, su que le sujet de ce qui lui était arrivé plus tôt avait provoqué cette tension évidente et cette inquiétude flagrante.

« I-Il y avait un Minotaure et un Loup, » commença-t-elle, mais Peter la coupa avec un soupir.

Il se retourna et la regarda intensément, ses yeux se plissèrent pour devenir deux fentes. « Nous savons, » dit-il. « Nous les avons vus également. Le Loup vous a ensorcelée pour que vous vous endormissiez, et permettre ainsi au Minotaure de vous tuer tranquillement et sans difficulté. »

Toutes les couleurs du visage d'Hermione s'évanouirent. Maintenant qu'une autre personne avait confirmé à voix haute ce qu'il s'était passé auparavant, le poids de la situation précédente fut assimilé.

Les yeux d'Hermione balayèrent tous les membres de la royauté. Lucy était presque au bord des larmes et la peur se lisait sur son visage. Susan se frotta de manière inquiète le ventre avec sa main droite alors que celle qui était encore libre tenait celle de Caspian. Et Edmund... ses yeux étaient stoïques, son émotion était indéchiffrable.

Elle détourna immédiatement le regard et le porta sur Peter.

« Que s'est-il passé exactement ? » Demanda Peter encore et encore.

La brunette soupira et secoua sa tête. « Je ne sais pas... » répondit-elle avec hésitation. « Le temps est soudainement devenu de la glace et les Animaux sont apparus de nulle part. J-je ne sais pas pourquoi ils m'ont fait ça. »

« C'est vraiment tout ce qui s'est passé ? » Cette fois-ci, ce fut Caspian qui posa la question. Les yeux d'Hermione se posèrent sur lui, et il la fixa intensément. « Est-ce qu'il y a quelque chose... d'autre dont tu t'es souvenu ? »

Hermione ferma ses yeux, se creusa le cerveau pour essayer d'obtenir d'autres informations. Et puis, lorsqu'un frissonnement glacé parcouru sa colonne, elle se souvint. Elle ouvrit lentement les yeux et dit gravement : « Il y avait une voix. »

« Une voix ? » Demanda Peter en s'arrêtant et en se tournant vers Hermione.

La brunette acquiesça et joignit ses deux mains, essayant de se souvenir les mots exacts que la voix lui avait murmuré. « Oui. Probablement une femme à en juger par son ton. Et... et elle disait quelque chose, » dit-elle en fermant ses yeux de nouveau. « Une trahison par le plus improbable. Causée par un désir égoïste. Qui ramènera la Glace... »

Elle ouvrit doucement les yeux et, à sa grande surprise, l'horreur se lisait sur le visage des membres de la royauté. « Es-est-ce que j'ai dit quelque chose qui ne fallait pas ? » Demanda-t-elle doucement.

Un léger halètement s'échappa de ses lèvres lorsque Peter descendit rapidement les petites marches de l'estrade des trônes et se dirigea vers Hermione. Il attrapa son bras fermement et demanda : « Comment savez-vous ? Dites-moi ! »

Hermione tressaillit de douleur et recula, déroutée par le comportement soudain de Peter, qui était devenu agressif envers elle.

« Peter, tu lui fais mal, » fit remarquer Susan.

Le désespoir sur le visage de Peter s'évanouit lentement alors qu'il regarda ses doigts tenant fermement le bras d'Hermione. Immédiatement, il le relâcha et recula de quelques pas, se sentant à présent lourd en son for intérieur car il paniquait. « Comment savez-vous cela ? » Demanda-t-il de nouveau, plus calmement cette fois-ci.

Hermione secoua sa tête, sa confusion grandissante. « Je ne sais pas, » dit-elle. « Je l'ai de nouveau entendue et- »

« De nouveau ? » Aboya Peter. « C'est arrivé auparavant ? »

Avec précaution, Hermione acquiesça. « C'était pareil... le temps qui devint de la glace, et le fait que j'étais emprisonnée dans le sol. Il n'y avait pas de Minotaure ni de Loup, peut-être parce que vous êtes arrivés immédiatement. »

Les yeux du Grand Roi s'agrandirent. « Moi ? »

De nouveau, elle acquiesça. « Souvenez-vous de la fois où vous chassiez et que je cueillais des épices pour le dîner ? » Demanda-t-elle, et elle vit Peter prendre conscience. « Je vous avais dit que c'était simplement un cauchemar. »

Peter soupira de frustration et passa une main dans ses cheveux. « Mais pourquoi vous ? » Demanda-t-il. « Pourquoi cela est arrivé à vous ? »

« Peut-être, » dit Lucy d'une voix douce et hésitante, « que c'est elle. »

La déclaration confuse de Lucy rencontra un silence assourdissant. Les yeux de Peter s'agrandirent tandis qu'il se retournait et qu'il posa lentement son regard sur Hermione. Aucun mot ne s'échappa de sa bouche, même si elle s'ouvrit et se ferma plusieurs fois.

La brunette regarda derrière Peter et remarqua que la plupart d'entre eux affichaient le même regard. Finalement, ses yeux atterrirent sur Edmund, son expression encore illisible. Doucement le roi dit "le juste" se leva de son trône et s'approcha d'elle et de Peter. Edmund l'embobina pour qu'il retourne sur son trône, et son grand frère céda finalement.

Et puis, ses yeux onyx fixèrent intensément la silhouette de Hermione.

Doucement et lentement, il demanda : « Qui êtes-vous ? »

Sa voix ne possédait aucun mépris ni aucun dégoût, contrairement à ses précédents sentiments envers elle. Ses yeux n'étaient ni froids, ni calculateurs. À la place, son visage affichait une véritable curiosité et Hermione, sachant pertinemment que mentir était vain, dit d'une voix forte et claire : « Mon nom est Hermione Jean Granger, et je n'appartiens pas à ce monde. »

Sa déclaration rencontra un silence. Personne ne bougea, même Edmund qui était situé à quelques pas d'elle. Les yeux de Hermione parcoururent toute la Salle des Trônes.

Quelques minutes passèrent, et Edmund brisa finalement le silence. « Et donc, je vous prie de nous dire ce que vous faites dans notre monde, Mademoiselle Granger ? » Demanda-t-il.

Hermione soupira et posa une main fatiguée sur son visage. « De la même façon que vous, » fit-elle remarquer de plus en plus confuse. Un grognement s'échappa de ses lèvres et elle secoua sa tête : « Honnêtement, je ne sais pas ce que je fais là. J-j'ai menti à propos de l'amnésie. »

Lucy, assise sur son siège, couvrit sa bouche en ayant le souffle coupé, ses yeux à présent embrumés par les larmes.

« Non, non, ne vous méprenez pas ! » Cria désespérément Hermione. « Je ne veux faire aucun mal à vous ou encore à ce magnifique pays. J'ai juste… Je me souviens de tout concernant ma vie et je suis totalement déroutée sur les raisons expliquant pourquoi je suis… ici. »

Une énorme grosseur apparue dans sa gorge et peu importait le nombre de fois où Hermione déglutissait, la grosseur ne partait pas. Ses yeux commencèrent à devenir étrangement chauds, et sa respiration devenait profonde et irrégulière.

« Expliquez, » dit froidement Edmund. « Tout. »

Hermione soupira et se leva lentement de son siège. Elle fixa intensément Edmund avant de regarder le reste des monarques. Le regard sur leur visage, celui de méfiance, la percuta comme un poing, et il fallut à Hermione toute sa force intérieure pour ne pas pleurer.

« J-je suis comme vous, les Pevensie, » commença-t-elle. « Je suis une Fille d'Eve, une humaine. Une Londonienne pour être exacte, et c'est pourquoi j'ai le même accent que vous tous. La seule différence est que je ne suis pas une humaine ordinaire. »

Elle fit une pause tandis qu'elle insérait sa main droite dans sa poche et en sortit sa baguette inutile. Les autres lorgnèrent sur cet étrange bout de bois, et Hermione sourit tristement en la faisant bouger autour d'elle. « Je suis une sorcière, » continua-t-elle tout en regardant leurs yeux qui s'agrandissaient de surprise. « Je ne sais pas si vous me croyez, mais la magie existe. Regardez ce monde. » Elle montra avec ses bras tout autour d'elle pour appuyer ses dires. « Je suis à Narnia et par Merlin, c'est presque impossible pour moi. »

« Je ne comprends pas, » dit Peter, de nouveau debout face à son trône. « Pourquoi es-tu ici ? »

Hermione secoua sa tête. « Je ne sais pas moi-même," dit-elle. "Voyez-vous, je fus admise dans cette école de magie en Écosse – l'école de sorcellerie de Poudlard. »

« Poudlard ? » S'intéressa Susan et Hermione acquiesça.

« Oui, Poudlard, » dit-elle avec un léger et un triste sourire qui apparaissait à présent sur son visage. « C'est un endroit magnifique. Ma magnifique et incroyable deuxième maison. » Elle s'arrêta du fait de petites larmes qui s'étaient formées dans le coin de ses yeux. « Tout était beau et grandiose, c'est ce que me dit la jeune Hermione alors âgée de 11 ans. Et puis j'ai rencontré Harry Potter, et nous sommes devenus amis. »

« Attendez, » dit Edmund, ses yeux s'écarquillant en souvenir. « Harry Potter ? »

Hermione acquiesça de la tête. « Oui, Harry Potter, le garçon qui a survécu, » dit-elle. « Nous sommes en plein milieu d'une guerre contre le plus grand, le plus sombre et le plus méchant des sorciers de tous les temps, et une prophétie annonce que seul Harry Potter est capable de détruire Voldemort. »

Lorsqu'elle prononça le nom du Seigneur des Ténèbres, elle vit comment tous avaient involontairement frissonné. Avec un sourire vide, elle conclut que même s'ils n'avaient aucune idée de qui était Voldemort, son nom pouvait provoquer la peur.

« Nous avons vécu quelques aventures, » continua-t-elle. « Harry, Ron Weasley et moi. Nous étions appelés le Trio d'Or, et nous étions comme des célébrités dans le Monde des Sorciers. Ce que les gens ne savaient pas c'était que Voldemort était de retour et nous nous sommes entraînés, surtout Harry, pour cette Seconde Guerre imminente. »

« La Seconde Guerre Mondiale ? » Demanda Susan, mais Hermione secoua négativement sa tête.

« Non, » dit-elle. « Le plus drôle est que je suis née en 1979, et la Seconde Guerre Mondiale est terminée depuis presque cinquante-six ans. »

Les yeux de Lucy s'agrandirent. « 1979 ? » Demanda-t-elle dans un souffle. « Tu veux dire que tu es plus jeune que nous tous ? »

Hermione acquiesça. « Oui, on peut dire ça, » dit-elle. « Et je sais que je vous dévoile ça mais comme vous ne pouvez pas rentrer dans notre propre monde dorénavant, je peux vous l'annoncer correctement. La Grande-Bretagne fait partie des gagnants de la Seconde Guerre Mondiale, et même s'il y a beaucoup de blessés, nous avons gagné contre les Allemands. »

« Même si cela constitue une délicieuse révélation, nous voudrions en savoir plus sur vous, Mademoiselle Granger, » dit Edmund, et toute l'attention se porta vers lui.

Elle soupira. « Très bien, » dit-elle. « Comme je le disais auparavant, la Deuxième Guerre des Sorciers approchait et nous nous préparions. Beaucoup de choses se sont déroulées durant nos sept années à Poudlard. Lors de notre dernière année, nous ne sommes pas retournés à l'école. Voldemort et les Mangemorts, ses sbires, ont pris possession de Poudlard. Harry, Ron et moi-même avons décidé qu'il serait préférable si nous cherchions les Horcruxes de Voldemort à la place. »

« Les Horcruxes sont de puissants objets dont les sorciers et les sorcières se servent pour cacher une partie de leur âme, » continua-t-elle. « C'est mauvais et sombre, impardonnable dans notre monde, mais Voldemort en a créé sept ce qui fait de lui le plus dangereux des sorciers de tous les temps. »

« Nous avions réussi à en détruire six, mais il y en a un. » Sa voix se brisa lorsqu'elle se remémora ce jour. Elle ferma les yeux et prit une grande respiration. Lorsqu'elle les ouvrit de nouveau, ses yeux étaient brillants. « Nous avons failli à notre mission et je sais que nous avons perdu. Nous ne pouvions rien faire. Dumbledore, le fondateur de notre espoir, est mort et nous n'avions personne à qui parler. Harry... Oh Harry, i-il... »

Hermione fit une pause et déglutit, retournant lentement à son siège et en s'asseyant en chancelant. « Nous savions que cette guerre avait commencé deux semaines auparavant, lorsqu'un de nos professeurs, le professeur Trelawney, disparu sans laisser de traces. E-et puis... la guerre commença dans Poudlard même. »

Une légère larme glissa de l'œil droit de Hermione alors qu'elle leva sa main droite en la secouant pour effacer cette larme. « To-tout n'était qu'un méli-mélo de sang, de sorts et de cris, » ajouta-t-elle, sa voix à présent réduite à un murmure. Elle ferma ses yeux, attristée par les souvenirs qui se pressaient dans sa mémoire. « J'ai été frappée par plusieurs sorts, ce qui explique pourquoi j'étais blessée lorsque Babbitty me trouva pour la première fois devant son terrier. J'-j'ai assisté à énormément de morts et- » Un sanglot s'échappa de ses lèvres, « i-ils étaient pour la plupart du côté du Bien, mon côté. »

D'autres larmes coulèrent sur son visage mais Hermione semblait ne pas y prêter attention. À la place, elle continua : « je me battais simplement pour ma survie. Comme je l'ai dit, nous n'avons pas réussi à détruire le dernier Horcruxe, et Harry n'a pas été capable de battre Voldemort. »

À sa grande surprise, Edmund lui offrit son mouchoir. Elle fixa celui-ci quelques minutes, et puis Edmund, et elle lui envoya un sourire trempé. Elle attrapa le morceau de tissu et tamponna ses yeux mais à son grand désarroi, elle commença à pleurer sans pouvoir s'arrêter. « E-et puis, le moment entre Harry et Voldemort arriva e-et tous les autres combats se sont arrêtés pour les honorer, » dit-elle. « H-harry me regarda en dernier alors que le Sortilège de la Mort le toucha et puis i-il… mourut. Sans vie. »

« B-Bellatrix Lestrange, un des Mangemorts de Voldemort, me toucha avec le Sortilège de la Mort également et lorsque je me suis réveillée, j'étais ici, » souffla-t-elle. « Je ne sais pas comment. J-je ne sais pas pourquoi. Mais je suis ici. » Elle se tourna vers Edmund et sourit avec ironie. « Vous m'avez demandé ce qu'était ma motivation cachée et finalement, je vous le dis aujourd'hui. Ça… ce château contient tellement de connaissances et d'informations, et je me suis dit que si je me rapprochais des membres de la royauté, et si j'utilisais leurs bibliothèques, j-je pourrais découvrir un moyen de retourner chez moi. J-je n'ai jamais cherché à blesser quelqu'un. Seul Merlin sait l'importance de Narnia à vos yeux et il surpasse presque mon amour pour Poudlard. »

« Mais il s'est avéré que je ne pouvais pas retourner dans mon monde dorénavant, » pleura-t-elle. « Souvenez-vous du jour à la fête foraine de Narnia, lorsque j'ai refusé de manger et que je vous ai tous évité ? Je venais de découvrir que, comme vous, je ne pouvais pas retourner à Poudlard à présent. Dans m-mon monde, Voldemort a gagné. Dans m-mon monde, je suis… morte. »

Hermione couvrit entièrement son visage avec le mouchoir, ses sanglots devenaient à présent gutturaux. Maintenant qu'elle l'avait révélé à tout le monde, ses émotions semblaient déborder et elle était trop submergée pour s'arrêter.

La reine Lucy, le visage déjà mouillé par les larmes qui coulaient, se leva de son siège et accouru en direction de Hermione. La brunette leva la tête alors que la reine enveloppait fermement de ses bras sa dame de compagnie. « J-je ne savais pas que tu étais passée par autant de choses, » pleura la plus jeune des deux dans le cou de l'autre. « Je suis désolée, tellement désolée. »

La brunette renifla et effaça ses larmes, regardant de nouveau les autres membres de la royauté avec un regard déterminé. « J-je suis convaincue que j'ai un but ici, à Narnia, et qu'importe ce qui se passera, je suis prête à aider, » dit-elle, son désespoir était évident. « Je ne suis pas capable de pratiquer la magie à présent, au regard du fait que ma magie est réprimée, mais je ne désire pas faire de mal à Narnia. Je veux aider. »

Pendant un moment, ses yeux se posèrent simplement sur le visage indéchiffrable du Grand Roi Peter. Finalement, le roi ferma ses yeux, prit une grande respiration, et les ouvrit de nouveau. Cette fois-ci, ses yeux étaient composés d'une véritable chaleur et aussi d'une inquiétude et Hermione, submergée par ses émotions, ne put que sangloter de nouveau.

« Lucy, » ordonna doucement Peter, « amène Hermione dans sa chambre s'il-te-plaît. Je pense que la journée a été longue pour elle. »

La jeune reine acquiesça hâtivement et aida la brunette à se lever de son siège. Rapidement, elles sortirent de la Salle des Trônes.

Le départ de Lucy et Hermione fut suivi d'un silence. Edmund, ne sachant que faire, décida de retourner à son trône et de s'asseoir.

Son esprit cogitait encore ce qui venait d'être dit. 'Je le savais' pensa-t-il, même si la réaction qu'il pensait avoir n'était pas au rendez-vous.

Du coin de l'œil, il regarda son frère perturbé et soupira. Peter était profondément pensif et Edmund se demandait ce qui lui passait par la tête.

« C'est assez surprenant, » commença Caspian avec une voix étrangement douce et faible. Il sortit son mouchoir de sa poche et l'offrit à sa reine, qui pleurait silencieusement alors qu'elle écoutait l'histoire de Hermione. « J-je ne savais pas… »

« Tu as raison, » dit Peter avec un soupir vaincu, regardant honnêtement à Edmund. « Hermione avait menti sur son amnésie au final. »

« Ce qui ne fait pas d'elle une mauvaise personne, » ajouta Susan, ses yeux devenant lentement de petites fentes. « Elle avait une bonne raison, et par Aslan, une très bonne. »

Peter sourit tristement et fixa la chaise vide qu'occupait Hermione quelques minutes auparavant. « Je sais, » dit-il. « E-elle… Hermione est passée par beaucoup de choses. Des choses inimaginables, je dois bien avouer. »

« Qu'allons-nous faire ? » Demanda Edmund dans un souffle, regardant les yeux de Peter avec détermination. « Elle connaît la prophétie. »

« Ed, » répondit Peter, « et si elle était censée connaître la prophétie ? » Il entrelaça ses doigts et dit tout haut la seule conclusion qui avait traversé l'esprit des quatre monarques narniens. « Et si elle était la Fille d'Eve qui est mentionnée dans la prophétie ? »

« Il y a certaines parties de la prophétie qui sont encore floues, » ajouta Caspian. « Je suis sûr que si nous commençons à connaître Hermione, la vraie Hermione, nous serons capables de reconstituer tous les éléments de la prophétie. »

Peter acquiesça lentement. « Oui, tu as raison, » dit-il en se levant doucement de son siège. Il regarda les autres et sourit gentiment, légèrement amusé par le fait qu'ils affichaient tous la même expression sur leur visage. Il était certain que son propre visage reflétait les leurs.

« Nous avons tous eu une longue journée, » déclara le Grand Roi. « Le mieux est d'aller nous reposer et de laisser passer la nuit. Nous pourrons en discuter plus longuement demain. »

Sur ce, le Grand Roi Peter descendit les marches de l'estrade et sortit de la Grande Salle. Susan et Caspian se retirèrent dans leur chambre. Seul Edmund resta.

Le plus jeune roi prit une profonde respiration et se leva lentement de son trône. Il quitta la Salle du Trône et fit un détour. Au lieu de marcher en direction de sa chambre, il décida de réfléchir dans le kiosque de jardin.


La nuit était profonde et Hermione ne pouvait pas dormir.

Ses yeux étaient grands ouverts alors qu'elle regardait par la fenêtre. Les étoiles devenaient plus vives alors que le ciel s'assombrissait, et elle pouvait déjà reconnaître certaines constellations et certaines planètes apprises durant ses cours d'Astronomie.

Les événements qui s'étaient déroulés plus tôt dans la matinée se jouaient encore et encore dans son esprit, la privant ainsi de la forme de sommeil dont elle avait désespérément besoin. Son corps tout entier hurlait de fatigue, mais son esprit était survolté : il ne voulait pas qu'elle se ferme à ce monde aujourd'hui et fonctionnait à pleine vitesse.

Hermione se remémora l'incident dans lequel elle avait été impliquée. Sa main droite massait avec précaution son cou blessé, sursautant lorsqu'elle appuyait un peu plus fort que nécessaire. Elle se rappela le visage sombre des rois et reines de Narnia, leur surprise lorsqu'elle cita les premières lignes de ce que la voix lui avait dit, et l'expression indéchiffrable de leurs visages lorsqu'elle révéla qui elle était vraiment et l'histoire de sa vie.

« Une trahison par le plus improbable, » murmura-t-elle dans la pièce sombre. Après une longue contemplation, elle comprit qu'une grande prophétie lui avait été révélée. Alors qu'elle rejouait la prophétie dans son esprit, elle comprit que Narnia vivait un moment sombre et dangereux. Elle comprenait à présent pourquoi le Roi Edmund avait été méfiant à la croire.

La brunette lâcha un léger soupir et s'assit lentement sur son lit. 'Ça ne va pas le faire,' se dit-elle à elle-même avec frustration alors qu'elle se levait de son lit. 'Peut-être que de l'air frais me fera du bien.'

Elle mit ses sandales et son manteau et sortit doucement de sa chambre. Les couloirs étaient éclairés par des torches et d'étranges ombres se formaient sur les murs. Une fois encore, la ressemblance avec Poudlard était presque remarquable. Cela la fit tristement sourire alors qu'elle tourna et s'aventura dans les escaliers qu'elle descendit, en direction des portes de la Grande Salle.

Le vent de la nuit était légèrement froid et Hermione resserra son manteau enveloppé autour d'elle. L'herbe était un peu humide à cause de la rosée, mouillant ses sandales et ses pieds alors qu'elle s'avançait vers le kiosque. L'odeur des fleurs calma ses nerfs à vif et le bruit des criquets la berça.

« Vous êtes en retard. »

Hermione sursauta doucement de surprise, ses yeux atterrissant immédiatement sur le seul occupant du kiosque. Le Roi Edmund lui offrit un léger sourire pour l'accueillir et, ne sachant que faire d'autres, Hermione inclina sa tête.

Elle entra avec hésitation, débattant toujours sur le fait de lui tenir compagnie ou non. Tout en Hermione désirait avoir la paix, et elle savait qu'elle ne l'aurait seulement avec de la solitude.

« Ce n'est pas grave si vous me demandez de partir, » proposa Edmund, ses yeux couleur onyx la regardant intensément. Les yeux bruns de Hermione se connectèrent aux siens alors qu'elle s'asseyait doucement sur le siège opposé au sien et en réfléchissant à sa proposition.

« Non, non, » dit-elle en secouant sa tête. « Vous pouvez rester. »

Il la fixa pendant un moment et acquiesça. « Si vous le souhaitez, » répondit-il en murmurant.

Le silence s'installa entre les deux, mais aucun des deux ne s'en préoccupait. Hermione commençait à se relaxer et rapidement, sa tête se posa sur le dos de son siège. Du coin de l'œil, elle pouvait voir que les traits stressés du visage du roi s'étaient apaisés et il montrait à présent un visage relaxé.

« Je suis désolée, » dit-elle à voix haute, surprise qu'au même moment, Edmund exprima à voix haute la même chose.

Hermione sourit tandis que le roi eu un petit rire.

« Allez-y, » l'incita Hermione. « Qu'allez-vous dire ? »

Son ricanement mourut et rapidement, un sourire d'excuse s'afficha sur son visage. « Je suis désolé, » répéta-t-il. « Je ne savais pas qu-»

« Que je suis une sorcière, et si, » dit-elle avec un sourire amusé. « Et oui, je vous pardonne. »

Il la regarda avec amusement. « Si proche, » dit-il. « Mais je voulais surtout vous présenter mes excuses pour ne pas savoir tout ce par quoi vous êtes passée. »

Son sourire disparut doucement. « Oh, » dit-elle.

Edmund soupira et se rapprocha, posant son menton sur ses doigts entrelacés. « Qui aurait pu croire que, techniquement, vous arrivez du futur ? » Dit-il. « Grand dieu, j'ai presque cinquante ans de plus que vous ! »

Hermione ricana à son incrédulité évidente. « Ne vous inquiétez pas, j'ai encore dix-neuf ans dans mon monde, et vous dix-huit, » dit-elle. « Donc techniquement, nous avons presque le même âge. »

Il sourit et, d'accord avec elle, il acquiesça sa tête.

« Je… Je suis désolée également, » dit finalement Hermione, lui souriant tristement. « J'ai menti et vous, parmi tous les autres, étiez déterminé à penser que j'étais, tout simplement, un imposteur. Je suis… désolée que votre fratrie et Caspian aient pensé que vous étiez dingue de ne pas me croire. Je comprends votre hostilité injustifiée mais vous… étiez en train de ruiner mes plans. Je n'y pouvais rien mais je vous méprisais également. »

« Je savais que vous aviez une autre motivation, » dit-il en insistant bien. « Et les voilà enfin, échouant à m'écouter et me croire. »

« Je suis désolée à propos de ça également, » ajouta-t-elle avec un air légèrement coupable. « J'avais une motivation cachée en effet, mais vous devez comprendre que je n'ai pas l'intention de blesser votre sœur ou Narnia. C'est juste… je voulais rentrer chez moi et j'ai pensé qu'étant donné le fait que vous avez été sur Terre après être allé à Narnia – et que vous y êtes retourné par la suite – vous étiez capable de m'aider si je me rapprochais de vous tous. »

Edmund devint silencieux, ses yeux regardant à l'extérieur du kiosque de jardin. « Était-elle difficile ? » Murmura-t-il. « Vo-Ta vie à Poudlard ? »

Elle fut étonnée de sa question, mais lui sourit tristement. « Elle l'était, » répondit-elle tristement. « Mais elle est mélangée avec des bons souvenirs également. »

« Pourquoi vouloir y retourner alors ? » Lui demanda-t-elle, sa confusion de nouveau visible sur son visage alors qu'il posait son regard sur elle. « Tu disais qu'il s'agissait d'une grande guerre, la Deuxième Guerre des Sorciers dans ton monde et tu désespérais d'y retourner, assez pour nous avouer tout ce qui concerne ton amnésie et ce qu'il y a autour. »

« C'est chez moi, » dit Hermione, fermant les yeux alors que les souvenirs de Poudlard revenaient dans sa mémoire. « J'ai créé des liens aussi bien amicaux qu'amoureux là-bas. J'ai acquis tellement de connaissances et appris tellement de merveilleux sorts. J'ai rencontré des professeurs qui s'inquiétaient vraiment du bien-être de ses étudiants. J'ai… »

Sa voix mourut, et elle ouvrit immédiatement ses yeux de surprise alors qu'elle sentait le pouce d'Edmund doucement caresser sa joue.

« Eh bien… tu étais en train de pleurer », expliqua-t-il en retirant doucement sa main.

Ses yeux s'agrandirent. « Je l'étais ? » Demanda-t-elle, levant sa propre main pour essuyer ses joues mouillées par les larmes qui venaient elle ne savait d'où. « Je suis désolée. Tout ce qui concerne Poudlard me rend émotive. »

« C'est bon, » dit-il en lui donnant un sourire rassurant.

Hermione renifla et enleva le reste de larmes de ses joues. « Maintenant que tu sais tout sur ma motivation cachée, voudras-tu toujours faire tout ce qui est en ton pouvoir pour me chasser de Cair Paravel, ou encore de Narnia ? » Elle posa la question avec une pincée de plaisanterie, ce qui fit ricaner Edmund.

« Tu es dingue si tu penses que je pourrais te faire ça, » fit-il remarquer, ce qui fit rire Hermione.

« Merci beaucoup, » dit-elle avec sincérité.

« Pour quoi ? »

Son sourire s'agrandit, ses joues se colorèrent légèrement et ses yeux brillèrent d'une joie inaltérable et de remerciements. « Pour me croire. »