Bonjour, chères lectrices et chers lecteurs !

Après un loooong moment d'absence, voici un nouveau chapitre !

Merci d'avoir patienté, vous êtes super !

Après la mauvaise nouvelle annoncée par Lucy, que va-t-il se passer pour nos héros ? Et surtout, que vont-ils faire ?

Bonne lecture !

Equipe :

Auteure originale : WickedlyAwesomeMe

Traductrice : PetiteSphereAilee

Relectrice : Snow


Les portes de la Grande Salle volèrent en éclats et Edmund entra, dans tous ses états, suivi d'Hermione dont le bras entourait une Lucy sanglotante.

« Peter, je suis tout ouïe, » dit le roi dit ''le juste'' dont toutes traces d'humour avaient disparu de son visage. À la place, il affichait un air sérieux et alarmé.

Le Grand Roi soupira et s'assit de nouveau sur son trône. À côté de lui, Susan essayait de supprimer ses larmes, mais elle échoua misérablement. Son mari essayait de la consoler, même s'il était clair que son attention était divisée. Caspian portait la même expression faciale que Peter et Edmund.

Peter passa une main frustrée dans ses cheveux et soupira, tenant toujours la lettre dans son autre main, lettre à présent chiffonnée voire déchirée. « J'ai reçu une lettre d'Ettinsmoor ce matin, » dit-il avec une voix sérieuse et fatiguée. Lentement, il leva la tête et fixa Hermione : « Ils nous menacent d'une révolte, sauf si… »

« Sauf si quoi, Peter ? » Demanda Edmund, le pressant de continuer.

« Sauf si nous leur livrons la Fille d'Eve nommée dans la prophétie, » termina le Grand Roi dans un souffle.

Edmund se figea sur place, ses yeux grandissants et sa mâchoire tombant. Doucement, il regarda derrière lui et fixa Hermione. Elle était également figée, et toutes les couleurs de son visage s'étaient envolées.

« Je… » dit-elle dans un cri aigu, mais Edmund la surpassa avec un cri enragé.

« Non, » dit-il avec tellement de conviction qu'ils eurent des frissons dans le dos, « tu sais très bien que nous ne le pouvons pas. »

Peter lâcha un triste rire et secoua sa tête : « Ed, tu me connais, » dit le Grand Roi. « Je… Nous ne pouvons pas lui faire prendre de risques. »

« Mais ! » Raisonna Hermione, s'avançant vers les rois d'un pas lourd. « Ils me veulent moi. Vous ne pouvez pas risquer la sécurité de Narnia pour moi. »

« Hermione, écoute, ils te tueront, » pointa Caspian, relâchant la prise qu'il avait sur sa femme tandis qu'il rejoignait silencieusement Peter. « Nous ne pouvons pas te faire prendre de risques. Tu es notre seul espoir selon la prophétie. C'est pourquoi Peter et moi-même avons décidé d'aller à Ettinsmoor pour sceller un pacte avec les géants. »

« J'irai avec vous également, » proposa Edmund, et Peter acquiesça.

« Non, vous n'irez pas, » coupa Hermione.

Susan renifla et descendit nonchalamment les marches. « Hermione, chérie, ne discute pas, » dit-elle avec une tristesse dans le regard, « nous savons tous que nous ne pouvons pas gagner face à eux. »

Lucy s'avança vers Hermione et entoura les bras d'Hermione avec les siens, ses yeux brillants et implorants silencieusement de céder.

Les larmes commencèrent à se former aux coins des yeux d'Hermione, et elle détourna le regard, évidemment amère. « C'est donc ça que ressentait continuellement Harry lorsque les gens risquaient leur vie pour lui, » murmura-t-elle pour elle-même, les larmes coulant à présent le long de ses joues.

« Nous partirons aux aurores demain, » annonça Peter en se levant de son trône. « J'ai déjà demandé à quelques soldats de venir avec nous. »

« Quelques soldats ? » S'exclama Susan, un regard horrifié sur son visage. « Peter, c'est dangereux. Pourquoi ne pas emmener une troupe pour vous protéger tous les trois ? »

Peter secoua sa tête : « Cela alarmerait les géants, » expliqua-t-il. « Souviens-toi, tout ce que nous voulons faire à Ettinsmoor est de sceller un pacte avec eux, et non commencer une guerre civile avec le peuple narnien. » Il se tourna ensuite vers son frère et son beau-frère : « Reposez-vous bien, et emportez seulement ce dont vous jugez nécessaire. »

Edmund et Caspian acquiescèrent simultanément.

Avec un visage sombre, Peter regarda chaque personne présente dans la pièce : « Nous devons espérer que tout se passera bien au final, » dit-il.

Et Hermione, coincée au milieu de tout cela, espéra ardemment que tout se passera bien au final.


Hermione se réveilla le lendemain matin et ressentit immédiatement la tension dans l'air.

Aujourd'hui était le jour où le Grand Roi Peter, Roi Edmund et Roi Caspian s'embarquaient pour Ettinsmoor afin de discuter avec les géants et négocier un traité de paix avec eux.

Lentement, elle se leva de son lit et souffla. 'Narnia ou moi' pensa-t-elle, maussade qu'ils l'aient choisie elle en dépit de leur sécurité, et peut-être même de la sécurité de Narnia. Une part en elle était soulagée bien évidemment, depuis qu'elle savait qu'elle n'allait pas avoir besoin de se rendre au Nord et d'être encerclée par des géants. C'était un sentiment égoïste et elle avait honte de le ressentir.

Une grande partie d'elle, probablement son côté Gryffondor, désirait grandement refuser le plan de Peter et des autres. Si elle allait à Ettinsmoor à la place, toutes menaces contre Narnia seraient arrêtées. 'Mais cela leur ferait perdre leur seul espoir de battre Jadis dans le futur' se dit-elle en sortant de son lit et entra dans sa salle de toilettes.

Il n'empêche, il était clair qu'elle était la fille d'Eve issue de la prophétie. 'Mais souviens-toi, Edmund disait que tout te correspondait,' se dit-elle alors qu'elle se regardait dans le miroir et qu'elle se lavait le visage.

La fatigue se voyait clairement dans ses yeux : les cernes sous ses yeux étaient gonflées et voyantes. Il était évident que Hermione avait eu un sommeil agité et sporadique. Comment pouvait-elle bien dormir alors que la seule chose à laquelle elle pensait était le voyage dangereux des trois rois de Narnia qui approchait ?

Un léger cognement sur la porte de sa chambre la fit sortir de sa rêverie. « Hermione ? » Demanda l'inratable voix étouffée de Lucy. « Es-tu réveillée ? »

Hermione soupira et aspergea son visage d'eau froide avant de sortir de la chambre. Elle s'essuya le visage pour enlever l'eau avant d'ouvrir la porte.

Le regard de Lucy était également fatigué, et la brunette ne put s'empêcher de sourire à leur troublante ressemblance.

« C'est le moment ? » Demanda la brunette et, sans un mot, la reine dite ''la vaillante'' acquiesça.

Hermione referma la porte derrière elle et, ensemble, elles marchèrent vers la Grande Salle. Leur court trajet fut silencieux mais leur inquiétude était assourdissante. Lucy ne cessait de se masser le poignet tandis qu'Hermione ne cessait de mordiller sa lèvre inférieure.

Le temps d'arriver à la Grande Salle, leur anxiété ne les avait pas quittés.

À gauche de la pièce se tenaient Susan et Caspian. La reine enceinte sanglotait doucement contre son mouchoir qui, Hermione le savait, appartenait à Caspian. Celui-ci murmurait des mots réconfortants à sa femme, et Hermione devina qu'ils se voulaient rassurants, que Caspian rentrerait en un seul morceau.

De l'autre côté de la pièce se tenait Peter, parlant doucement à un groupe de ses soldats. Hermione fut capable de reconnaître Reepicheep la Souris, qui affichait un regard fier et déterminé tandis que le Grand Roi lui donnait ses instructions.

Au milieu de la pièce se tenait Edmund, son dos rigidement droit alors qu'il consultait furieusement les documents dans ses mains. Hermione imagina qu'il s'agissait de quelques plans et stratégies de batailles, au cas où il n'y a pas d'autres choix que de combattre les géants.

Un sourire affectueux apparu sur son visage tandis qu'elle regardait les trois rois avec de la chaleur dans le regard. Ils étaient devenus trois des personnes les plus importantes de sa vie, et Hermione savait qu'il y aurait... un vide si quelque chose leur arrivait.

Ses yeux restèrent longuement sur la silhouette d'Edmund, le visage du roi étant la concentration incarnée. Hermione ne voulait pas l'admettre à haute voix, mais cela l'inquiétait complétement de s'apercevoir qu'elle était plus inquiète pour lui que pour les autres. Involontairement, ses mains se crispèrent pour former des poings, car elle imaginait ce qui lui arriverait si quelque chose lui arrivait à lui...

« Hermione ? »

Elle sursauta et quitta ses pensées pour fixer Lucy. Elle fut surprise en voyant qu'une larme avait coulé jusqu'à son col.

La jeune reine sourit tristement à la brunette et leva sa main droite, essuyant la larme qu'Hermione n'avait pas vu couler. « Tout ira bien, » rassura-t-elle, même si sa voix trahissait son émotion actuelle.

'Je dois être forte,' se dit Hermione en regardant Lucy avec admiration, car elle savait que la reine allait devoir faire tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas pleurer et rester forte.

La brunette balaya immédiatement ses larmes et renifla, autorisant Lucy à l'emmener vers les autres.

Peter fut le premier à les voir et, après avoir donné quelques instructions supplémentaires à ses soldats, il se dirigea vers Lucy et sa dame de compagnie. « Nous devons partir maintenant, le trajet va être long, » leur dit-il, ses yeux se posant sur Lucy puis sur Hermione. Son regard s'attarda sur elle avant de retourner vers sa sœur. « Lucy, je te nomme temporairement Grande Reine pendant mon absence. Je sais que Susan ne pourra pas supporter ce travail du fait de sa grossesse et de ses... émotions instables. »

Il regarda du coin de l'œil Susan et Caspian qui s'enlaçaient.

« Je pense qu'elle est encore traumatisée par ce qui est arrivé à Caspian à Archenland, » dit-il, ce qui fit acquiescer Lucy. « Et, Hermione... » il détourna son regarda de Lucy pour regarder la brunette à côté d'elle, « quoi qu'il nous arrive, ne vous blâmez pas pour ça. »

Hermione détourna le regard et dit : « c'est plus facile à dire qu'à faire, votre majesté, » ce qui fit sourire Peter.

« Vous êtes l'Elue, » dit-il en prenant son menton pour la forcer à le regarder. « Il est normal pour nous de vous protéger. »

La brunette ferma les yeux et soupira, sachant pertinemment que discuter avec le Grand Peter était futile. « Juste... restez en vie, d'accord ? » Implora-t-elle, désespérée. « J'ai un mauvais pressentiment. »

« Nous avons le meilleur stratège avec nous, » dit-il en pointant du doigt Edmund. « Je suis sûr qu'il a déjà préparé de nombreux plans de secours au cas où le Plan A ne fonctionne pas. »

À côté d'elle, Lucy ricana en regardant d'un air attendri son autre frère. « En effet, c'est tout ce que t'inspire Edmund Pevensie, » dit-elle. Lorsqu'elle regarda de nouveau Peter, elle fit un pas en avant et le serra fort dans ses bras. « Reste en vie, Pete, » dit-elle, dont la voix commençait à être profonde et rempli de larmes. « Je veux que mes grands-frères reviennent en vie. »

Peter embrassa doucement le haut de la tête de Lucy et lui tapota le dos. « Nous reviendrons, dit-il aux deux dames cette fois-ci. « Et, s'il-vous-plait, n'alarmez pas notre peuple. Ils sauront que quelque chose approche lorsque je jugerai que c'est le bon moment pour leur dire. »

Lucy acquiesça et s'éloigna de Peter.

« Mademoiselle Granger, » dit-il en prenant sa main et effleura ses lèvres contre sa main. « Prenez soin de mes sœurs. »

Hermione lui offrit un sourire plein de larmes : « Je le ferai, votre majesté. »

Peter relâcha sa main et s'inclina afin de s'excuser, puis il retourna voir Reepicheep et les autres pour des instructions de dernière minute.

« Regarde-le, » dit Lucy en secouant tristement sa tête.

« Peter ? » Demanda Hermione.

La reine sourit. « Non, Edmund, » dit-elle en dirigeant le regard d'Hermione vers son autre frère. « Dans des moments pareils, son obsession concernant les plans de bataille et les stratégies refait surface. » Lucy avança ensuite vers Edmund. Ou plutôt, elle se lança dans les bras d'Edmund, et le serra fermement, et il eut un moment avant de comprendre.

Hermione s'approcha d'eux à contrecœur, car elle savait qu'elle briserait ce moment spécial entre Lucy et Edmund. Elle avait toujours su qu'il y avait un lien particulier entre eux, un lien différent de celui de Peter et Susan. La brunette avait conclu, en lisant les livres, qu'Edmund s'était toujours senti coupable pour avoir trahi Lucy, pour ne pas l'avoir cru dès le début. Leur relation n'avait plus jamais été la même depuis et, selon ses observations précédentes, Edmund et Lucy ont le lien fraternel le plus fort.

Les yeux de la brunette s'agrandirent lorsqu'elle les vit se poser sur elle. Lucy lui envoya un regard sous-entendu, et elle s'écarta pour rejoindre Susan et Caspian. Hermione pinça ses lèvres et détourna le regard, seulement pour découvrir qu'Edmund s'approchait d'elle avec précaution.

« Eh bien, » commença-t-il, et Hermione mordit sa lèvre inférieure. « Nous sommes sur le départ. »

Hermione le regarda de nouveau, les yeux écarquillés, et acquiesça. « Je pense que nous avons déjà établit cela, » dit-elle.

Il sourit et acquiesça, offrant soudainement sa main. « Prends soin de mes sœurs, s'il-te-plaît, » dit-il.

La brunette rit et fixa sa main. « Pourquoi ces soudaines formalités ? » Demanda-t-elle. « Je pensais que nous étions déjà à une étape plus décontractée. »

Edmund leva un sourcil. « Nous le sommes ? » Demanda-t-il, souriant lorsque Hermione attrapa lentement sa main pour la secouer.

De l'électricité se fit immédiatement ressentir dans la main d'Hermione, descendit le long de sa colonne vertébrale et alla jusqu'aux racines de ses cheveux. Elle était à deux doigts de pousser un cri de surprise et d'enlever sa main mais elle était prise dans celle d'Edmund. Ils arrêtèrent de se secouer la main, et ils se regardaient à présent simplement dans les yeux.

« Nous reviendrons, » rassura-t-il en lui pressant la main pour la réconforter. La lèvre inférieure d'Hermione trembla lorsque son pouce caressa ses articulations. « Je sais que nous le ferons. »

C'était peut-être dû au désarroi de voir trois des personnes les plus importantes pour elle risquer leur vie pour elle et pour la sécurité de Narnia, mais la chose suivante qu'Hermione fit fut de se jeter dans ses bras. Elle le serra fort, enfoui son visage dans son cou, et respira.

« Restez sain et sauf » dit-elle d'une voix tremblante, se desserrant lentement. Edmund afficha une expression de pur étonnement.

Hermione coinça sa lèvre inférieure entre ses dents, car elle savait pertinemment que si elle n'arrivait pas à se contrôler, elle risquerait de craquer. « S'il-te-plaît, » murmura-t-elle, cette fois-ci en ajoutant un désarroi sous-jacent dans sa voix.

Edmund cligna des yeux et les connecta avec ceux d'Hermione, acquiesçant silencieusement car il ne savait pas quoi dire.

Grand Roi Peter appela Edmund et Caspian. Le roi dit "le juste" se retourna soudainement, les muscles tendus. Hermione, avec un gloussement tremblant, pensa qu'il était encore sous le choc. Caspian, d'un autre côté, s'éloigna de sa femme enceinte à contrecœur et rejoignit les autres rois.

Lucy et Susan se tinrent à côté d'Hermione devant le château, alors qu'elles regardaient les rois accompagnés de quelques soldats monter sur leurs chevaux. Hermione aperçut Stardust et elle sourit, sachant qu'il protégera son propriétaire coûte que coûte.

« Revenez, » murmura Lucy en tenant les mains d'Hermione et de Susan, une fois que les rois et les soldats commencèrent leur voyage vers Ettinsmoor.


« Cela fait dix jours Lucy. Dix jours. Et nous n'avons aucune idée de ce qui leur est arrivé, » s'exclama Susan en s'effondrant sur son trône.

Hermione mordit sa lèvre inférieure et monta les marches de l'escalier. Elle avança en direction de la reine paniquée et lui prit ses mains pour la réconforter. « Susan, s'il-te-plaît, arrête de t'inquiéter, ce n'est pas bon pour le bébé, » supplia-t-elle doucement, et son cœur se serra lorsqu'elle vit la reine poser simplement sa main sur son ventre proéminent.

La brunette leva ses yeux et fixa la plus jeune reine. Lucy regardait à travers une des plus grandes fenêtres de la Salle du Trône. Le bâton de Peter, symbole du Grand Roi, était fermement maintenu dans sa main droite. Même de loin, Hermione pouvait ressentir l'inquiétude dans le silence de la reine.

Comme l'avait dit Susan, cela faisait dix jours depuis que les rois narniens avaient embarqué dans un voyage vers Ettinsmoor. Peter avait promis une lettre, mais sans donner de date. Elles attendaient donc, nuits et jours, l'arrivée d'une simple lettre, mais elle n'arrivait jamais.

Hermione resserra son emprise sur la main de Susan, car elle sentait les frissons de la reine. « Je pense que le mieux est que tu te reposes dans ta chambre, » incita-t-elle, mais Susan refusa vigoureusement.

« Non, je préfère attendre d'avoir des nouvelles de mon mari, » s'exclama-t-elle. La brunette soupira car elle savait pertinemment qu'il était futile de discuter.

Bien évidemment, ces derniers jours avaient également été difficiles pour Hermione. Il y avait des nuits où elle ne pouvait pas dormir, et se demandait si les autres n'avaient pas ce problème-là. Au regard de l'extrême réaction des deux reines, elle avait déduit que ce voyage était très dangereux pour Peter et les autres, surtout qu'ils allaient être encerclés par des géants presque barbares.

Mais, des trois, Hermione considéra qu'elle était la plus calme. Susan avait été une boule de nerf ces derniers jours et la brunette s'inquiétait énormément pour elle, pour sa santé, pour son bébé. Lucy était devenue plus sombre depuis que ses frères étaient partis, et occupait simplement son temps avec les tâches attribuées aux monarques, ce qui la poussait à négliger quelques fois les besoins basiques. Il y avait des moments où Hermione voulait simplement éclater en sanglots et s'inquiéter plus pour les autres, mais elle gardait en mémoire une chose que Peter et Edmund lui avaient dit : « Prenez soin de mes sœurs. »

C'était idiot, mais elle savait qu'elle n'avait pas le temps de penser à elle. Après tout, les rois avaient décidé de faire ce qu'ils ont fait à cause d'elle... pour la protéger elle.

Un bruyant soupir de Lucy la fit sortir de sa rêverie.

« Qu'est-ce qu'il y a Lucy ? » Demanda Susan, alarmée par la réaction de sa sœur.

Lucy accouru en direction de la porte et sortit. Hermione et Susan échangèrent un regard et avant même avoir pu descendre les escaliers, Lucy revint avec un grand et soulagé sourire sur son visage, et une lettre fermement tenue dans sa main. « Elle est de Peter, » proclama-t-elle, et Susan relâcha un cri de soulagement.

La plus jeune reine marcha vers les autres et ouvrit la lettre. Elle lut à voix haute :

« Mes chères Susan, Lucy et Hermione,

Excusez-moi pour écrire aussi tard : les choses nous ont tenu occupées ici, à Ettinsmoor. Dans cette lettre, je vous apporte une bonne et une mauvaise nouvelle.

La bonne nouvelle est que nous avons réussi à établir un pacte avec les géants. Je crains que ce ne soit que temporaire. Nous avons cette intuition qu'une fois Jadis sera de nouveau en possession de ses pouvoirs, les géants briseront immédiatement ce traité de paix et rejoindront ses rangs.

La mauvaise nouvelle est que nous avons dû engager plusieurs combats avec les géants avant de pouvoir signer ce traité de paix. Edmund... est gravement blessé suite à une mauvaise rencontre avec un des géants quelques jours auparavant. Il tient bon mais je crains que la seule chose qui puisse le guérir est la potion de guérison de Lucy.

Nous reviendrons dans deux jours. Ne vous inquiétez pas : nous prenons soin d'Edmund. Vous le connaissez : il est solide. Je suis sûr qu'il le regretterait s'il ne tenait pas sa promesse de revenir.

Soignez-vous bien, et courage.

Grand Roi Peter. »

Lucy retint un sanglot alors qu'elle lisait les dernières lignes de la lettre de Peter. « Oh, Ed', » pleura-t-elle en serrant la lettre contre son torse. « J'ai toujours su que tu étais imprudent »

Toutes les couleurs disparurent du visage d'Hermione, et elle se laissa tomber sur la dernière marche de l'escalier, ne pouvant respirer.

« Hermione ? » Demanda, alarmée, Susan qui regardait la brunette tomber. « Hermione, ma chère, ils disent qu'Edmund... tient bon. La seule chose qu'il nous reste à faire est de prier pour qu'il nous revienne en vie »

La brunette regarda Lucy et Susan et, pour la première fois depuis le départ des rois, elle lâcha un monumental sanglot.


L'horloge sonna minuit mais aucune des dames ne semblait s'en préoccuper. Susan était actuellement en train de s'assoupir sur son trône, et qu'importait le nombre de fois où Lucy et Hermione l'incitait à se rendre dans sa chambre à coucher et de dormir, l'ainée refusait.

Lucy, d'un autre côté, était paisible. Hermione trouvait légèrement amusant, maintenant qu'elle s'était habituée à la position de Peter, qu'elle ait développé cette curieuse habitude d'être paisible. La brunette se demanda si ce genre d'habitude se transmettait aux futurs Grands Rois et Grandes Reines.

Hermione soupira et se dit fermement de ne pas bouger. Elle avait cette envie furieuse de regarder par la fenêtre depuis qu'elles étaient entrées dans la Salle des Trône, et il lui fallut tout son pouvoir pour ne pas le faire. 'Angoissée' se dit-elle tristement en se rappelant qu'elle disait la même chose d'Edmund quelques mois auparavant, lorsqu'ils attendaient le retour de Peter, de Lucy, de Susan et de Caspian.

La pensée d'Edmund blessé augmenta son inquiétude. Elle n'avait pas pu dormir correctement ces deux derniers jours. Elle cauchemardait à propos d'Edmund, elle se l'imaginait généralement en mort cérébrale ou pire, sans vie. En fait, elle ne faisait pas de bonnes nuits du tout.

Dans des circonstances normales, Hermione aurait été alarmée par le fait de s'inquiéter autant pour le roi Edmund. Peter et Caspian risquaient tout autant leur vie, mais l'esprit d'Hermione était fixé sur Edmund, Edmund et encore Edmund.

Pour l'instant, elle n'allait pas s'attarder sur ça.

Pour l'instant, elle allait s'autoriser à s'inquiéter pour lui.

Les portes s'ouvrirent brusquement et un Centaure galopa. Susan et Hermione se levèrent simultanément de leur siège, et Lucy coupa son calme.

« Ils arrivent, » annonça-t-il en s'inclinant brusquement.

Un cri de soulagement sortit de la bouche de Susan, et Lucy relâcha un monstrueux soupir de soulagement. « Super, super, » dit-elle. « Sont-ils au complet ? »

Le Centaure acquiesça. « J'ai vu le visage de tous les rois, votre majesté, » dit-il poliment.

Le soulagement sur le visage de Lucy s'intensifia. « S'il-vous-plaît, allez chercher le Médecin Royal," dit-elle. "Dites-lui que le roi Edmund est sérieusement blessé. »

« Entendu, votre majesté, » dit la Créature Mythologique qui disparut rapidement de la pièce.

Lucy se précipita vers l'extérieur, rapidement suivie par Hermione et Susan. Il faisait trop noir pour qu'elles puissent voir quelque chose, mais elles discernaient une ombre qui bougeait.

Le son des sabots des chevaux se fit de plus en plus fort et rapidement, elles pouvaient voir le visage du Grand Roi Peter et du roi Caspian. Une calèche suivait et elles présumèrent toutes qu'elle transportait Edmund blessé.

« PETER ! » S'exclama Lucy avec un soulagement qui l'avait envahi mélangé à de la joie. Elle ne les attendit pas et couru à l'extérieur du château pour aller à la rencontre des rois et des soldats.

Les yeux de Susan se remplirent de larmes et Hermione dû lui tenir les épaules afin de la maintenir debout.

Caspian fut le premier à descendre de son cheval, ne se préoccupant pas de savoir s'il atterrissait convenablement ou pas. Il courut, envahi par d'innombrables émotions, et enveloppa sa femme de ses bras afin de lui faire un câlin tellement serré qu'il faillit écraser la bosse qui les séparait.

Les sanglots de Susan emplirent la nuit, et Hermione ne put faire autre chose que de laisser couler quelques larmes. Susan et Caspian étaient à présent dans leur petit monde à présent, et elle savait que personne, pas même Peter ou les autres, ne pouvaient les faire sortir.

Peter et les autres s'arrêtèrent. Le Grand Roi descendit de son cheval, une indéchiffrable expression sur son visage. Il courut en direction de la calèche et ouvrit la porte. D'un simple geste de la main, des soldats accoururent à ses côtés et firent sortir Edmund, inconscient.

Lucy couvrit sa bouche pour retenir ses sanglots. Ses larmes coulèrent sans qu'elle puisse les contrôler à partir du moment où elle avait vu son frère blessé.

Silencieuse et pâle, Hermione s'approcha de sa maîtresse et l'entoura de ses bras. La brunette reconnue qu'elle ne voulait pas seulement réconforter la jeune reine, mais elle aussi.

« Lucy, ta fiole, » ordonna le Grand Roi Peter.

La reine dit "la vaillante" acquiesça vigoureusement et plaça sa main tremblante dans sa poche. Tout le monde les suivit alors qu'ils menaient Edmund à l'intérieur et qu'ils le posaient sur une chaise. Hermione pâlit lorsqu'elle vit sa chemise ensanglantée, et il lui fallut tout son pouvoir pour ne pas défaillir.

« LUCY ! » Hurla Peter, alarmé.

De ses mains tremblantes, Lucy attrapa la potion de guérison, et elle se mit à genoux à côté de son grand frère. « Oh, Ed', » babilla-t-elle en essayant vainement de déboucher sa fiole. Hermione lui prit la fiole des mains et l'ouvrit gracieusement, car elle savait que Lucy était trop secouée pour le faire correctement.

Peter ouvrit doucement la chemise d'Edmund, et ils virent à quel point la blessure était profonde. Hermione prit une douloureuse respiration en voyant le trou qui perçait quasiment tout son torse. Lucy lâcha un léger gémissement, et laissa tomber immédiatement trois gouttes de sa potion sur le trou.

Ils attendirent en silence, et ne prêtèrent même pas attention lorsque le Médecin Royal entra dans la pièce.

À leur soulagement, la blessure commença à se refermer.

Le soulagement de Peter fut le plus visible car il se laissa tomber sur les genoux et posa sa tête sur la chaise d'Edmund. « Merci, Aslan, » soupira-t-il, les larmes coulant à présent. « Merci Aslan. »

« Maintenant qu'il est loin de son lit de mort, le roi Edmund a besoin de repos, » affirma le Médecin Royal, qui était un centaure. « Je présume que vous revenez d'Ettinsmoor où il a été blessé avec une arme empoisonnée. Je crains qu'il ne se remette pas complétement de sa blessure, même si la potion de la reine Lucy est puissante. De plus, le roi Edmund souffrira toute la semaine. Sa blessure doit être régulièrement bandée afin de ne pas se rouvrir. »

« Je comprends, » dit Grand Roi Peter en se levant de nouveau. Il regarda ses soldats et dit : « Emportez Edmund dans sa chambre et laissez-le se reposer. »

Les soldats narniens le saluèrent et quittèrent la pièce en portant Edmund, inconscient. Le Médecin Royal suivit, laissant les autres monarques et Hermione seuls.

Une fois seuls, Peter se laissa tomber sur son trône et se frotta le visage avec une de ses mains. « Je tiens à vous présenter mes excuses les plus sincères pour vous avoir inquiété, » dit-il fatigué, avant de lever les yeux et de tous les regarder. Ses yeux se posèrent sur Susan et Caspian, un léger sourire grandissant sur son visage : « Je suis heureux que vous alliez tous bien. »

Lucy se précipita à ses côtés et s'assit, sa main attrapant immédiatement la sienne. « Que s'est-il passé ? » Demanda-t-elle inquiète. « Pourquoi Edmund a-t-il été blessé ? »

Peter secoua sa tête et soupira : « négocier avec les géants fut plus difficile qu'on ne l'avait imaginé, » expliqua-t-il. « Certains étaient assez violents pour nous menacer d'utiliser la force contre nous si nous n'arrêtions pas. Edmund, tu le connais, a été trop téméraire et il fut blessé par un des géants. »

« Oh, Edmund, » dit Lucy avec un sourire triste. « Tu sais vraiment t'y prendre pour rendre les gens inquiets »

« Au moins, il va bien maintenant, » ajouta Hermione avec une voix étonnement tremblante.

Les yeux du Grand Roi se posèrent sur elle et il sourit gentiment : « Merci d'avoir pris soin de mes sœurs, » dit-il avec gratitude, et Hermione secoua simplement sa tête.

« C'était mon devoir, en tant que dame de compagnie de Lucy, » répondit-elle.

Peter acquiesça de fatigue et se frotta les yeux. « Je pense que le mieux est d'aller nous reposer dans notre chambre, » suggéra-t-il. « Ces derniers jours ont été très fatigants pour nous tous. »

Les autres furent d'accord et rapidement, la Salle des Trônes fut vide.


Hermione jeta lentement un coup d'œil à l'intérieur, et lâcha un soupir de soulagement intérieur lorsqu'elle vit le roi Edmund toujours inconscient sur son lit.

Puis elle entra et referma doucement la porte derrière elle. Elle pénétra directement dans la salle de toilette pour en sortir quelques minutes plus tard avec un bassin d'eau chaude, une serviette pendue à son bras, et des bandes propres coincés sous son aisselle.

Pendant le déjeuner ce matin-là, Peter et Caspian racontèrent les événements de leurs douze jours à Ettinsmoor. Dire que Hermione avait été horrifiée par ce qu'elle entendait était un euphémisme. Ce qu'ils ont vécu était une des pires choses qu'elle avait entendues. Et cela voulait dire quelque chose, car après tout, elle s'y connaissait en choses horribles avec ce qu'elle avait vu durant la Seconde Guerre à Poudlard.

Comme l'avait demandé le Médecin Royal, le pansement sur la blessure du roi Edmund devait être changé tous les jours pour éviter qu'elle ne s'infecte. Tout le monde voulait aider, mais les membres de la royauté avaient d'autres choses qui demandaient à être réglées immédiatement.

Peter et Caspian devaient finaliser beaucoup de choses concernant leur pacte avec Ettinsmoor. Malgré le fait qu'ils aient été capables de négocier, la menace de leur trahison était toujours clairement présente selon les rois, surtout parce qu'ils savaient que les géants rejoindraient les rangs de la Sorcière Blanche aussitôt qu'elle récupérera ses pouvoirs. Susan devait rester au calme durant toute la journée à cause du stress : son estomac lui était douloureux depuis quelques temps et le Médecin Royal lui conseilla de se reposer, pour son bien-être personnel et pour celui de son bébé. Et Lucy continuait d'assumer son rôle de Grande Reine jusqu'à ce que Peter résolve le problème avec les géants.

Par conséquent, ce travail a été confié à Hermione.

La brunette s'en fichait pour le moment. Cela l'avait légèrement effrayée de penser qu'elle était plus que disposée à offrir son temps et ses efforts pour prendre soin d'Edmund.

Et donc, la voici maintenant avec une bassine dans ses mains, une serviette et des bandes propres. Elle posa immédiatement la bassine sur la table de chevet et s'assit sur la chaise à côté. Elle tenait à présent fermement la serviette humidifiée.

Le roi Edmund était à moitié nu, son torse simplement couvert par le bandage qui possédait déjà des tâches de sang sur tout le tissu. Hermione enleva immédiatement, et avec précaution, le bandage tâché.

Elle eut des difficultés pour, notamment parce qu'il était allongé et elle ne pouvait pas enlever son bandage correctement.

« Her… mione ? »

Elle sursauta, étonnée, alors que ses yeux atterrissaient sur le visage d'Edmund. Ses yeux étaient plissés sur elle, et quelques gouttes de transpiration glissaient doucement de son visage. Hermione les essuya distraitement avec la serviette et sourit au roi visiblement désorienté.

« Edmund, » salua-t-elle en retour, soulagée intérieurement qu'il fut réveillé. « Comment te sens-tu ? »

Il se lécha doucement les lèvres et grogna doucement. « Pas bien, » dit-il d'une voix rauque suivit d'une quinte de toux. Il s'arrêta à mi-chemin, son visage montrant une profonde douleur, et Hermione devina que le simple fait de tousser réveillait sa blessure et le faisait souffrir. « Où suis-je ? » Demanda-t-il.

« Tu es de retour à Cair Paravel, » le rassura-t-elle. « Je vais te changer le bandage maintenant. Tu peux t'asseoir ? »

« Peut-être, » expira-t-il en fermant momentanément les yeux.

« Si j'avais encore ma magie, je pourrais l'utiliser pour changer votre bandage, » râla-t-elle, ennuyée par le fait qu'elle était impuissante en ce moment.

À sa surprise, un léger gloussement s'échappa de la bouche du roi Edmund alors qu'il essayait de s'asseoir. La brunette l'aida en le supportant pendant qu'il se hissait. Pendant tout le moment qu'a duré le soin, son visage grimaçait de douleur, et Hermione fut tentée de le laisser se reposer de nouveau sans changer son bandage.

« Je suis en vie, » râla-t-il tout en posant sa tête contre le repose-tête. Hermione se rapprocha et attrapa un oreiller qu'elle plaça entre le repose-tête et la tête du roi.

« Oui, tu l'es, » murmura-t-elle en lui enlevant le bandage.

Un grognement de douleur s'échappa de ses lèvres à plusieurs reprises, et Hermione dû s'arrêter pour alléger sa douleur. « C'est le prix à payer pour avoir été trop téméraire, » le réprimanda-t-elle, ce qui le fit simplement sourire.

Hermione attrapa ensuite la serviette humide et tapota doucement sa blessure afin de la nettoyer. Durant ce moment, une expression acerbe était fixée sur son visage. Il se mordait la lèvre pour ne pas exprimer sa douleur.

Hermione termina de mettre le nouveau bandage rapidement et n'importe comment. En effet, elle voulait seulement bander sa blessure et le laisser se reposer de nouveau.

« Peter… il- »

« Il va bien, » dit-elle en lui souriant gentiment. « Le roi Caspian également. Tu es le seul à avoir été blessé durant votre rencontre avec les géants. »

Hermione se rapprocha d'Edmund, son visage proche de ses épaules afin de faire passer le bandage rapidement. Une fois qu'elle avait terminé, elle se recula doucement pour se rasseoir sur sa chaise.

« Je suis désolé, » murmura-t-il.

Elle se pinça les lèvres : « pourquoi t'excuses-tu ? » Demanda-t-elle.

Il ferma ses yeux et posa avec difficultés de nouveau sa tête contre le repose-tête. « Pour t'avoir inquiétée, » soupira-t-il. « Pour vous avoir tous inquiété. »

« En voilà une raison » répondit-elle, même si le ton menaçant faisait défaut.

Un silence s'installa et Hermione pensa qu'il s'était endormi. Elle s'apprêtait à se lever lorsqu'il parla tout d'un coup.

« J'ai rêvé de toi, » révéla-t-il doucement, ce qui pétrifia Hermione. « Je ne me souviens pas ce que cela concernait. Mais j'ai vu ton visage. »

« Moi ? » Couina-t-elle, ses joues commençant à se colorer légèrement.

« Et ta voix... » ajouta-t-il, presque inaudible. « Dans ma tête. Encore et encore. Appelant mon nom. Je... Ça m'a donné envie de survivre, Hermione. »

Puis il s'arrêta. À en juger par sa respiration profonde, il s'était endormi.

Hermione en était reconnaissante, car elle ne voulait pas qu'il voit à quel point ses joues s'étaient colorées. « Ma voix ? » Murmura-t-elle alors que la couleur de ses joues s'intensifiait.

Elle le regarda intensément, confuse par ce qu'elle ressentait. 'Ma voix,' murmura la petite voix à l'intérieur de sa tête, ce qui lui fit avoir des frissons de sa colonne vertébrale jusqu'aux racines de ses cheveux.

Un léger sourire apparu sur son visage alors qu'elle s'approchait de lui pour lui déposer un baiser sur le front. Sans un regard en arrière, elle se leva de son siège et quitta sa chambre.


Ses yeux s'ouvrirent lentement après avoir entendu un étrange bruit dans sa chambre. Edmund inspira profondément mais dû s'arrêter en plein milieu, et relâcha immédiatement la respiration qu'il retenait à cause d'une douleur fulgurante. Sa main droite se posa en tremblant sur son torse et il grogna, la douleur beaucoup trop forte pour pouvoir l'exprimer avec des mots.

« Enfin, » dit une voix provenant d'un coin de la pièce, ce qui attira l'attention du roi. Ses yeux se posèrent sur une Hermione soulagée, qui était assise sur le rebord de sa fenêtre. Il en déduit qu'elle était à l'origine de cet étrange bruit qui l'avait réveillé.

« Comment te sens-tu ? » Demanda-t-elle alors qu'elle se levait de son siège et qu'elle approchait de son lit.

Il haussa les épaules et essaya de s'asseoir. À sa surprise, Hermione s'agenouilla immédiatement pour l'aider jusqu'à ce que sa tête soit correctement posée contre le repose-tête. Ses yeux s'agrandirent légèrement lorsqu'il la vit s'approcher trop près de lui, seulement pour redresser sa tête avec son oreiller qu'elle tenait fermement dans sa main pour le rendre encore plus confortable. « Je... qu-… que fais-tu ici ? » Bégaya-t-il, ses joues devenant rouges.

Un rire léger s'échappa des lèvres d'Hermione. Elle se laissa tomber sur la chaise à côté du lit et soupira. « Je savais que tu étais légèrement désorienté lorsque tu t'es réveillé il y a trois jours, » dit-elle.

Edmund pâlit. « Attends, attends, » commença-t-il, « j'ai été inconscient durant trois jours ? »

Hermione acquiesça et pinça ses lèvres. « Le jour suivant ton retour à Ettinsmoor, tu t'es réveillé, » expliqua-t-elle. « Je suis sûre que tu te souviens de comment tu as obtenu cette blessure, et laisse-moi te dire que tu étais aux portes de la mort. Remercions Merlin que la potion de guérison de Lucy a pu nous aider. Dans le cas contraire, tu... »

Edmund déglutit en regardant sa blessure avec horreur. Les souvenirs de sa quête à Ettinsmoor avec Peter, Caspian et quelques soldats lui revinrent en mémoire. « Oh mon dieu, » murmura-t-il et froissant son visage tandis qu'il se souvenait du géant qui lui avait asséné un coup de massue à pointe sur le torse.

« Tu n'es pas totalement guéri d'ailleurs, » ajouta-t-elle. « Le Médecin Royal dit que l'arme utilisée contre toi possède un puissant poison, et même si tu n'es plus dans un état critique, la blessure prendra du temps à guérir complétement. Ce qui me rappelle... »

Hermione se leva de son siège et se dirigea vers la salle de bain. Pendant tout ce temps, les yeux du roi la suivirent jusqu'à ce qu'elle ressorte avec une bassine d'eau tiède dans les mains. Elle la posa sur sa table de chevet et attrapa la serviette. « Je vais nettoyer ta blessure, » affirma-t-elle.

« Toi ? » Demanda-t-il visiblement surpris.

« Malheureusement, oui, » répondit-elle avec un léger sourire sur le visage. « Je le fais depuis quatre jours maintenant, majesté. Je pense être qualifiée à présent pour cette tâche. »

Elle s'approcha de lui, son visage flottant au-dessus de son épaule. Edmund sursauta et se recula, méprisant la fulgurante douleur qu'il ressentit dans sa poitrine. Elle le regarda, confuse, et sursauta au même moment. « Quelque chose ne va pas ? » Demanda-t-elle en clignant des yeux trois fois puis en fronçant les sourcils.

'OUI !' Hurla une voix dans sa tête. "Ne sois pas si proche de moi !'

Sa tête semblait trahir son esprit, car il secoua lentement sa tête négativement.

Hermione le regarda étrangement quelques minutes, et s'approcha de nouveau de lui. Sa douce odeur de vanille envahit ses sens et il prit une rapide respiration. Il le regretta immédiatement après qu'une douleur fulgurante frappa sa poitrine à cause de sa respiration.

« Le Médecin Royal a ordonné que tu te reposes quelques jours de plus, » murmura-t-elle.

Sa respiration le chatouilla sur ses joues et il déglutit. Il était reconnaissant que Hermione soit trop préoccupée par ce qu'elle faisait.

Un silence s'installa entre les deux pendant que Hermione enlevait le bandage. Tellement de fois, sa main toucha sa peau à plusieurs endroits. Sans même y penser, des frissons apparaissaient aux endroits qu'elle avait touché.

Encore une fois, il était content qu'elle soit occupée à autre chose.

« Est-ce que cela fait mal ? » Demanda-t-elle, ce qui brisa le silence. Hermione s'interrompit quelques minutes et le regarda droit dans les yeux. Edmund réalisa à quel point elle était dangereusement proche. Son visage était à quelques centimètres de lui, et il pouvait compter les taches de rousseur autour de son nez.

Sans un mot il acquiesça et elle soupira en reprenant son travail. « Je ne peux pas comprendre pourquoi tu as été aussi irréfléchi, Edmund, » râla-t-elle. Hermione se leva rapidement de son siège et attrapa la serviette humide, car cette fois-ci elle allait nettoyer le sang. « En tant qu'admirateur de batailles, je pensais que tu savais comment agir avec une bonne réflexion. »

Il grogna doucement, et Hermione le fixa d'un air amusé. « Dans des moments pareils, les gens peuvent réagir de manière irréfléchie, » expliqua-t-il pour se défendre.

Elle fronça les sourcils après avoir arrêté de le regarder : « j'ai déjà entendu ça un nombre incalculable de fois, » lui dit-il en faisant une pause.

« Vraiment ? »

Hermione acquiesça et un sourire mélancolique apparu sur son visage. « De Harry, » murmura-t-elle, et Edmund leva un sourcil. « Il avait ce complexe du héros, comme je l'ai dit avant. Il voulait sauver toutes les personnes qui étaient en danger, sans penser à lui-même. Et quelques fois, cela a failli lui coûter la vie, mais il a toujours réussi à survivre. »

« Cet… ami, Harry Potter, » dit-il, « c'était quelqu'un de bien ? »

Elle rit et déposa la serviette. Elle prit alors le nouveau bandage et s'approcha de lui pour envelopper sa blessure avec la nouvelle bande. « Bien… eh bien, cela dépend dans quel sens tu le dis. Les gens pensaient qu'il était un dieu, la seule personne à pouvoir les sauver de leur misère. Et cela n'aida pas Harry qui commença à penser que les gens lui mettaient la pression pour qu'il fasse ce qui est juste. Ou, encore plus, qu'il fasse ce qui leur serait bénéfique. »

Son nez frotta sa joue et ses yeux se fermèrent involontairement. « Est-ce que tu regrettes de t'être liée d'amitié avec lui ? » Demanda-t-il d'une voix étrangement rauque.

Elle arrêta ce qu'elle faisait et Edmund pensa qu'elle réfléchissait simplement. Mais quand il ouvrit les yeux par curiosité, il vit des larmes déjà formées aux coins de ses yeux. Les yeux d'Edmund s'agrandirent d'horreur et Hermione fut capable de les arrêter. Elle lâcha un rire tremblant et secoua une main dédaigneuse.

« Non, non, je suis désolée » dit-elle. « Je deviens ridicule, mais cela fait un moment que je n'ai pas parlé de Harry devant quelqu'un. »

Hermione se rapprocha de nouveau vers lui, cachant son visage de sa vue, et se concentra sur le pansement qu'elle lui faisait.

« Je suis désolé, » murmura-t-il, ses sourcils se rapprochant car il était inquiet. « J-je ne voulais pa- »

Quelques larmes coulèrent sur son bandage et sur sa peau, et c'est à ce moment-là qu'Edmund réalisa que ses larmes avaient augmentées.

Il fut totalement surpris lorsqu'il sentit qu'Hermione avait posé son front sur son torse, et qu'elle avait une respiration tremblante. Ses sanglots furent légèrement étouffés, mais Edmund savait qu'elle commençait à pleurer de façon incontrôlable.

« Oh, je deviens ridicule, » pleura-t-elle. « Et dire que je pensais changer tranquillement ton bandage aujourd'hui. »

Edmund serra les poings autour de sa couette, ne sachant pas quoi faire. Son corps semblait réagir comme s'il était sur pilote automatique, et simplement parce que Hermione Granger lui faisait un câlin et il savait pertinemment que s'il ne se contrôlait pas, il pourrait faire quelque chose qu'il regretterait.

« Harry était… » bégaya-t-elle, « son amitié était vraiment précieuse pour moi, et devenir son amie fut la meilleure décision de toute ma vie. J'ai juste… je n'arrive pas à exprimer combien j'ai envie de le voir là tout de suite. »

Edmund reprit le contrôle lorsque ses mains se relâchèrent et qu'il les levait doucement afin de les poser doucement sur le dos d'Hermione, pour lui faire un câlin hésitant. Puis il commença à lui tapoter le dos afin de la réconforter. « Je suis sûr que Harry Potter ne regretta jamais son amitié avec toi, Mademoiselle Hermione Granger. »

Elle renifla et, lentement, elle releva la tête. Ses yeux brillants se connectèrent avec ceux d'Edmund, et elle fit de son mieux pour lui offrir un sourire. Mais la seule chose qu'elle réussit à faire fut de lâcher un nouveau sanglot.

À ce moment-là, le roi savait que le reste de contrôle métaphorique qui lui restait s'était envolé. Avec ses bras autour d'elle, leurs visages étaient dangereusement proches et son odeur intoxiquant ses sens, et ses merveilleux yeux regardèrent directement dans son âme, et sa lèvre inférieure tremblait à cause des sanglots qu'elle réprimait, et il savait que la douleur sourde dans sa poitrine n'avait aucun lien avec sa blessure, et il savait qu'il avait totalement perdu le contrôle.

Et, sans prévenir, le temps se figea, le monde entier resta en suspens alors qu'il capturait ses lèvres avec un doux baiser.