Bonjour lectrices et lecteurs !

Voici un nouveau chapitre en ce jour spécial (pssst ! C'est mon anniversaire !)
Que s'est-il passé suite à notre scène de fin du chapitre précédent ?

Je vous laisse le découvrir à présent !

Bonne lecture !

Equipe :

Auteure originale : WickedlyAwesomeMe

Traductrice : PetiteSphereAilee

Relectrice : Snow


La porte s'ouvrit et Edmund n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que c'était Lucy qui entrait dans sa chambre.

« Comment ? Pas de salutations joyeuses pour m'accueillir ? » Demanda sa sœur avec une voix entremêlée d'amusement.

Dos à elle, le roi dit "le juste" roula des yeux et fronça les sourcils : « va-t'en, » grogna-t-il dans un murmure, ennuyé que la blessure terne sur son torse continuait de l'embêter. « Je vais très bien Lu'. Je pense que mon pansement n'a pas besoin d'être changé aujourd'hui. »

« Ce n'est pas la première fois que j'entends ça, Ed', » dit-elle en contournant le lit pour qu'elle puisse voir son visage. « Cela fait deux jours. Pour quoi fronces-tu les sourcils ? N'es-tu pas content que ta sœur préférée est assez délicate pour qu'elle puisse changer ton pansement ? »

Il ferma les yeux et soupira de frustration. « Je ne suis pas d'humeur à parler avec toi Lucy, » marmonna-t-il en se retournant sur son lit pour qu'il soit de nouveau dos à Lucy.

Celle-ci fit un gros bruit qui exprima sa désapprobation, et contourna de nouveau le lit pour lui faire face de nouveau. « Cela fait des jours maintenant, Ed', » le réprimanda-t-elle. Elle s'avança ensuite en direction de la salle de bain pour récupérer la bassine, la serviette et de nouvelles bandes, avant de les poser et de lui ordonner de s'asseoir.

Avec un froncement de sourcils en signe de protestation, il céda et, rapidement, il s'installa confortablement contre son oreiller.

« Tout va bien ? Que s'est-il vraiment passé ? » Demanda-t-elle en enlevant son bandage distraitement. Au grand dam d'Edmund, Lucy ne sentait pas du tout la vanille. Pour la plus grande surprise de sa sœur, son regard était devenu de plus en plus sombre et cela rendit Lucy plus confuse. « Hermione... »

« N'y pense même pas, » dit-il gentiment malgré un semblant de menace dans sa voix. « Je ne suis pas d'humeur à parler, Lu'. »

Lucy fronça les sourcils et regarda droit dans les yeux de son frère. « Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé, mais Hermione » – Lucy ignora le regard noir lancé par son frère – « n'a pas voulu me dire pourquoi elle me suppliait d'aller changer ton pansement à sa place. » Un regard suspicieux apparu sur son visage. « As-tu été hostile de nouveau ? Par Aslan, Edmund ! Nous avons pourtant dit qu'il y avait de grandes chances pour qu'elle soit la Fille d'Eve de la prophétie ! »

Il détourna le regard, se sentant à présent amer. « Ce serait plutôt le contraire, » murmura-t-il dans un souffle. 'Je pense que j'ai été un peu trop... rapide,' ajouta-t-il dans sa tête, ennuyé par la petite voix dans sa tête qui grognait d'incrédulité.

« Tu as dit quelque chose ? » Demanda la reine dite "la vaillante", mais il secoua simplement la tête.

« Rien, rien, » dit-il avec un soupir.

Lucy ouvrit encore une fois sa bouche et Edmund fit un bruit coléreux, provenant du plus profond de sa gorge. Sa sœur pouvait être obstinée si elle le voulait, et il était clair que ça la démangeait de savoir ce qu'il s'était passé entre Edmund et Hermione. Et le fait que plus les jours passaient, plus sa mauvaise humeur grandissait, n'aidait pas. La preuve était qu'il n'avait pas très bien dormi dernièrement.

Le Médecin Royal lui avait rendu visite la veille pour vérifier sa santé, et il découvrit que le supposé roi-qui-devait-se-reposer ne se reposait pas du tout. Après une longue heure de lecture avec le Centaure, Lucy était arrivée pour changer son pansement. Il avait été déçu et cela se voyait, mais il avait vu ça arriver d'une certaine façon.

Il avait fallu exactement une minute à Edmund pour réaliser ce qu'il faisait. Ce fut Hermione qui le repoussa en premier. Elle poussa son torse, ce qui raviva la douleur dans sa poitrine mais les deux ne semblaient pas s'en préoccuper. Ses larmes s'étaient arrêtées et elle le regardait simplement, horrifiée, avant de se lever lentement et sans un mot, et de le laisser avec un bandage à demi-fait.

Depuis ce jour, Edmund savait que la brune l'éviterait.

Le plus drôle est qu'il ne regrettait pas ce qu'il avait fait.

Deux jours de solitude sans Hermione aux alentours l'avait fait réfléchir sur les raisons expliquant son acte. Il avait rapidement déduit que même si cela n'avait pas été apparent, il pensait que quelque chose se passait avec lui lorsqu'arrivait le sujet "Hermione". Penser que la véritable et l'inaltérable hostilité qu'il avait ressentie envers la brune n'avait duré qu'une semaine le terrifiait dans un sens. Après ça, l'animosité s'était transformée en quelque chose de différent, d'inattendu... quelque chose qu'il n'avait pas vu venir du tout.

« Hermione agit bizarrement, » dit Lucy, ce qui le fit sortir de sa rêverie.

Doucement, Edmund regarda sa sœur et fit de son mieux pour cacher ses émotions. Les yeux de Lucy parcouraient son visage, essayant de jauger n'importe quelle réaction venant de lui. Il effaça un sourire en coin lorsqu'il vit la déception sur le visage de sa sœur.

« Ed… »

Le roi dit "le juste" soupira et permit à Lucy de terminer rapidement son bandage avant de terminer sa phrase. « Je suis sûr que ta dame de compagnie t'en aurais dit long sur ce qu'il s'est passé si elle avait voulu, Lu', car vous êtes assez proches toutes les deux, » fit-il remarquer. « Il vaut mieux que tu entendes ça d'elle plutôt que de moi. »

« Pourquoi ? » Demanda-t-elle en plissant ses yeux.

Il détourna le regard et roula des yeux. « Parce que je suis sûr que tu voudras me frapper, » statua-t-il de manière détachée, « et ce malgré ma blessure profonde. »

L'exaspération sur son visage augmenta « Qu'as-tu fait ? » Demanda-t-elle, et cette fois-ci, toute la politesse et la douceur avaient été jeté par la fenêtre.

« Je ne te le dirai pas. »

« EDMUND PEVENSIE ! »

Edmund fut imperturbable face à sa crise de colère. D'ailleurs, il semblait même amusé. Sans un mot, il se glissa dans son lit jusqu'à ce que sa tête touche son oreiller. Il se tourna pour être dos à Lucy. « Je crois qu'il faut que je me repose, Lu' » dit-il après avoir fermé les yeux. « Prépare-toi à subir la colère de Langolly s'il découvre qu'on ne prend pas bien soin de moi. »

Il l'entendit relâcher un étrange bruit, presque étranglé, avant d'émettre un bruyant soupir de défaite. « Très bien, » dit-elle d'une voix empreinte de mécontentement. « Je demanderai à Hermione à la place. »

Un léger sourire apparu sur son visage. « Vas-y, » dit-il. « Je pense que le mieux est que je me repose à présent. »

Il attendit jusqu'à ce qu'il entende la porte de sa chambre se refermer avant de se retourner dans son lit : il était sur le dos à présent.

Edmund fixa le plafond et mordit sa lèvre inférieure en se rappelant le déclencheur qui l'avait fait réaliser après tout ce temps que, peut-être, il aimait Hermione Granger.


Edmund mangeait de nouveau dans la Salle à Manger.

Lucy ne laissait jamais Hermione seule.

Cela faisait cinq jours à présent depuis l'incident et Hermione pensa qu'elle avait fait un très bon travail d'évitement du plus jeune roi de Narnia. Elle avait dû supplier ardemment Lucy de prendre sa place lors du changement du pansement d'Edmund, et la reine avait accepté, dieu merci.

Et ensuite, la quête d'éviter le roi commença.

Lorsqu'il commença à manger de nouveau dans la Salle à Manger, sa blessure allant de mieux en mieux au fur et à mesure que les jours passaient, Hermione était reconnaissante que Lucy Pevensie choisissait de s'asseoir entre eux. À certains moments, elle pouvait sentir son regard sur elle, mais elle n'avait jamais posé un seul regard sur lui.

Lucy avait une version différente. Elle était convaincue qu'une chose s'était passée entre eux, et la reine dite "la vaillante" ne voulait pas la lâcher jusqu'à ce que la brune lui dise ce qu'il ne va pas. Lucy avait proposé des explications assez brillantes, mais aucune ne s'approchait de ce qu'il s'était réellement passé.

Dire qu'elle avait été surprise était un euphémisme. Hermione pouvait mettre ça sur le compte de ses émotions, car elle avait pensé à Harry et à son monde, mais elle... ne le pouvait simplement pas. Il y avait quelque chose, dans ce baiser, et elle ne pouvait pas mettre le doigt dessus.

Elle s'était gardée de se rendre au kiosque de jardin à tout prix. Elle avait compris depuis un moment que leurs rencontres n'étaient plus des coïncidences. Ils avaient cet arrangement tacite que cet endroit deviendrait leur lieu de rencontre et elle était sûre que si elle y allait, d'une manière ou d'une autre, elle devrait interagir avec le Roi Edmund.

Étonnamment, éviter le roi avait été une tâche facile. De toute façon, même si sa blessure guérissait, le problème avec les géants d'Ettinsmoor et l'imminente prophétie concernant Jadis et elle le gardait occupé. Sa présence, mais aussi celle des autres monarques, s'était fait rare à Cair Paravel. Quelques fois, Hermione se retrouvait à prendre soin de Susan qui était enceinte, et se demandait ce qu'ils faisaient. Non pas qu'elle désirait les voir, bien évidemment. De nouveau, elle faisait tout pour ne pas tomber sur lui.

À présent, elle était en train de se promener au deuxième étage, se dirigeant vers la chambre de Lucy. La reine l'avait fait appeler quelques minutes auparavant, et vu le regard nerveux de la petite souris qui lui avait transmis le message, c'était urgent. « Mais que me veut Lucy ? » Se demanda-t-elle à voix haute, en essayant de trouver des explications. Au final, elle ne fut pas capable de trouver quoi que ce soit.

Les talons de ses chaussures tapèrent bruyamment sur le sol en pierre. Elle trouva cela bizarre, les bruits étaient les mêmes que ceux de ses chaussures qu'elle portait à Poudlard. Un petit et triste sourire apparu sur son visage. Penser à Poudlard devenait fréquent à présent. Comparer son école à Narnia était devenu une routine à présent. Poudlard lui manquait, oui, mais Hermione commençait à se demander ce que serait sa vie si elle n'avait pas découvert ce monde magique.

Hermione ralentit sa cadence alors qu'elle entendait une autre paire de chaussures. Elle regarda suspicieusement le coin devant elle, pour y voir une ombre. Celle-ci grandit de plus en plus avant de devenir la silhouette du Roi Edmund qui rencontra son regard.

Elle s'arrêta subitement, son sang se figeant momentanément. Ses yeux onyx regardant intensément ceux de la brune, et elle pouvait lire de la détermination sur son visage. C'était ancré en elle mais elle savait que peu importait les manières dont elle essayait de s'évader, il ne le permettrait pas.

La brunette releva la tête et feignit l'ignorance, les battements de son cœur tombant dans ses oreilles sourdes. Elle s'avança et se mit à marcher parfaitement à côté de lui sans même lui accorder un regard. Et puis, dans un sursaut, il bougea sa main pour l'encercler autour de son poignet.

Hermione pinça ses lèvres en une fine ligne. 'Tellement cliché,' se dit-elle avec un soupir silencieux, faisant de son mieux pour éviter son regard demandeur.

« Nous devons parler, » dit-il.

Au fond d'elle, Hermione souriait ironiquement. 'Vraiment, cliché,' ajouta-t-elle dans sa tête avant de le regarder froidement. Elle leva un sourcil et dit : « Même si j'adore me délecter de ta présence, la Reine Lucy m'a fait demander immédiatement, Roi Edmund. »

« Pardon ? Nous sommes revenus au langage formel maintenant ? » Demanda-t-il avec un peu d'amusement dans la voix.

Hermione le fusilla du regard et essaya de dégager son poignet de la main du roi. Ceci ne fit que resserrer sa prise et la brune soupira. « Lucy m'attend, » dit-elle avec de la fatigue dans la voix. « Je pense que le mieux est de me laisser partir. »

« Lucy ne t'a pas appelé, » statua-t-il d'un ton neutre. « C'est moi qui ai organisé ça pour que nous puissions discuter. »

'Ce qui explique la nervosité de la Souris,' pensa-t-elle avec un froncement de sourcils, embêtée de ne pas avoir fait le lien. « Nous n'avons pas besoin de parler, » s'énerva-t-elle, ce qui le fit soupirer.

« Je suis désolé, » dit-il en rassemblant toute la sincérité qu'il pouvait. Edmund la fixa un long moment et, pour une étrange raison, elle ne pouvait pas détourner le regard. « J-je sais que je t'ai surprise. Et en plus, j'étais un peu... téméraire. »

Elle pouffa de façon peu féminine. « Un peu ? » Dit-elle incrédule.

Edmund pinça ses lèvres et ne répondit rien.

Avec un soupir fatigué, Hermione leva gentiment la main qui tenait son poignet et l'éloigna. Edmund, dieu merci, ne résista pas. « J'ai été amenée ici, à Narnia, pour une raison, majesté, » dit-elle en reculant de quelques pas. « Et je pense qu'avoir une amourette frivole avec un des membres de la royauté n'en fait pas partie. »

À sa surprise, il fronça sombrement ses sourcils. « Tu penses que c'était frivole ? » Demanda-t-il à travers ses dents serrées, ses narines commençant à chauffer. « Et si je te disais que mes sentiments sont loin d'être frivoles ? »

Ses yeux s'agrandirent. « Pardon ? » Demanda-t-elle.

Il fit quelques pas pour se rapprocher d'elle, et franchit même son espace personnel. Hermione retint une respiration et recula, mais à son grand désarroi, son dos rencontra un mur froid en pierre.

« Je ne le regrette pas, » confessa-t-il, ses yeux brillants de passion et d'honnêteté. « Chaque seconde. Et, par Aslan, tu veux savoir pourquoi Hermione ? Parce je pense que- »

« Non, s'il-te-plait, ne dis pas- » dit-elle avec un visage se crispant à cause de la panique. « Peut-être que ce que tu ressens n'est que momentané. Et rapidement, cela partira et tu pourras te concentrer de nouveau sur la prophétie. »

Un rire sans humour s'échappa de ses lèvres. « Momentané ? » Dit-il. « J'ai été moqué par ma fratrie, qui disait que je finirai marié à ma propre bibliothèque et à mes livres de bataille. Tu penses que c'est quelque chose qui m'arrive tout le temps, mademoiselle Granger ? »

« EXACTEMENT ! » Hurla-t-elle en le repoussant. Il se recroquevilla, la blessure sur sa poitrine encore un peu douloureuse, mais Hermione choisit de ne pas y prêter attention. « Ce que tu penses ressentir est différent de ce que tu ressens réellement, majesté. »

Un froncement sombre de sourcil apparu sur son visage. « Non, » répondit-il avec colère, « ne me traite pas avec condescendance. »

La colère d'Hermione se transforma en simple supplication alors qu'elle le regardait, ses yeux brillants et déterminés. « Edmund, nous sommes amis, » murmura-t-elle. « S'il-te-plaît, ne ruine pas ça. »

Avec un grognement, il attrapa son poignet et posa la paume de sa main contre sa poitrine. Elle n'eut pas le temps d'analyser ce qui lui arrivait parce que les lèvres d'Edmund rencontrèrent de nouveau les siennes.

Ce baiser fut différent du précédent. Il était désespéré, un peu brusque même, et avec cette simple action, il essayait de transmettre tous ses sentiments, toutes ses supplications, toute sa frustration envers la brune.

Il ne dura qu'une seconde car Hermione poussa violemment Edmund. Sa soudaine force le fit se crisper, sa poitrine souffrant de douleur.

Un regard paniqué apparu sur son visage. Elle hésitait entre l'aider ou s'enfuir.

« Que se passe-t-il ? »

À son grand soulagement, Peter arrivait dans l'angle et vit la scène devant lui. Hermione se précipita auprès du Grand Roi, et se mit derrière lui. Peter la regarda avec confusion avant de poser son regard sur son frère blessé. « Ed ? » Demanda-t-il, mais Edmund secoua sa main pour balayer tout ça.

« Je vais bien, » le rassura-t-il, même si son visage reflétait la douleur. « Je... Je ferais mieux d'y aller. »

Il adressa à Hermione un regard persistent mais elle détourna immédiatement le regard. Elle l'entendit relâcher un soupir et attendit que ses bruits de pas s'éloignent avant de relâcher un souffle qu'elle ne pensait pas avoir retenu.

« Est-ce que vous allez bien ? » Demanda Peter, se retournant pour la regarder. Un regard confus apparu sur son visage, ce qui la fit soupirer.

« Oui, tout va bien, » répondit-elle, mordant inconsciemment sa lèvre inférieure encore engourdie par le baiser d'Edmund quelques instants auparavant.

Peter ne fut pas convaincu, mais il laissa tomber. « Je vous cherchais parce que je me souviens vous avoir dit que nous avions une leçon d'équitation aujourd'hui, » dit-il avec un sourire.

« Euh… » commença-t-elle avec un regard un peu coupable. « C'est bon si on annule la leçon du jour ? J-je pense que je ferais mieux de me reposer dans ma chambre maintenant. »

Il sembla grandement surpris mais acquiesça sans un mot. « Cela ne fait rien, » dit-il. « Je suppose que vous avez besoin de vous reposer, Hermione. » Il l'éblouit avec un sourire et elle lui envoya un sourire dénué d'enthousiasme « Passez une bonne journée. »

« Passez une bonne journée, » murmura-t-elle, et elle se tourna, le sourire sur son visage s'effaçant.


Du coin de l'œil, elle regarda le Roi Edmund assit sur un des rebords et astiquant son épée.

Aujourd'hui, il y avait une nouvelle leçon de combat à l'épée pour Hermione, et elle mentirait si elle disait qu'elle était impatiente de l'avoir. Outre le fait que ce cours était le seul dans lequel elle excellait, de récents événements lui avaient donné des raisons valables pour supprimer l'excitation d'avoir d'autres cours avec le roi.

Ils étaient en pause à présent, à la demande du Roi Edmund, et Hermione se sentait bizarre à se tenir ainsi debout au milieu de la Salle des Armes, ne sachant pas vraiment quoi faire. Elle tenait fermement son épée, et débattait intérieurement si elle devait s'asseoir à l'endroit où elle était, ou bien alors sur un des rebords qu'Edmund occupait.

Au final, sa première idée l'emporta et elle descendit lentement sur le sol, préférant s'asseoir à l'Indienne. Hermione posa son épée sur le sol et soupira, fixant le roi en utilisant sa vision périphérique.

Cela faisait des jours maintenant depuis leur dernière confrontation et Hermione n'avait adressé qu'un ou deux mots à Edmund. C'était douloureux de remarquer que l'ignorance et l'évitement était devenu mutuel. Le seul endroit où Hermione pouvait être dans la même pièce que le roi était la Salle à Manger, durant les moments de repas. Hormis ça, il faisait tout pour que sa présence se fasse rare.

Hermione ne s'en préoccupait pas au début. Elle était prête à mettre en jeu tous ces merveilleux livres qu'elle avait lus pour éviter le roi à tout prix. Ses lèvres étaient encore engourdies par les deux baisers qu'il lui avait donnés, baisers qu'il assumait et ne regrettait pas, et elle n'avait aucune idée de quoi faire. De fait, elle était heureuse à l'idée de ne plus le voir à présent.

Mais tandis que les jours passaient, sa colère et sa surprise se mélangèrent à du pur épuisement. Oui, ce qu'il avait fait était proche de l'impardonnable, mais Edmund restait un ami. Un compagnon, peut-être, et les nuits avec lui dans le kiosque de jardin, à parler de ce qui leur passait par la tête, lui manquait terriblement. Elle avait recommencé à faire un tour au kiosque, mais il avait arrêté d'y aller.

Ses joues se colorèrent lorsque son regard tomba sur l'endroit où ils s'étaient presque, elle doit oser le dire, embrassés. Lors de sa première leçon de combat à l'épée, lorsqu'Edmund lui apprenait que sympathiser avec l'ennemi était proscrit, quelque chose... s'était passé. Elle ne savait pas comment le qualifier, mais elle avait cette idée ancrée en elle que ce jour-là, quelque chose avait commencé et qui avait poussé Edmund à coller ses lèvres contre les siennes.

Un léger soupir s'échappa de ses lèvres alors que le roi regardait intensément par la fenêtre, comme s'il fixait quelque chose.

Toute la séance d'entraînement était accompagnée d'un silence insupportable. Edmund lui avait donné des instructions et des éléments pour qu'elle puisse se corriger et s'améliorer, mais c'était tout. Pas de salutations, de moqueries, et encore moins de taquineries.

C'était comme s'il s'était... fermé.

Hermione ouvrit la bouche et allait dire son nom, mais elle s'abstint. 'Je pense que le mieux est que je laisse les choses comme elles sont,' pensa-t-elle le cœur un peu lourd. 'C'est juste un peu... triste que nous ne parlions plus à présent.'

La brune déglutit, la gorge serrée, et mordit ses lèvres. Oui, c'était mieux si elle l'évitait en premier lieu pour que ses soi-disant sentiments se calment, et pour qu'il comprenne qu'il avait simplement un léger béguin. Elle ne pouvait pas se permettre d'être une distraction, notamment parce qu'elle était suspectée d'être "L'Elue" dans ce monde. Sauver Narnia de la possible ascension du pouvoir de la Sorcière Blanche était plus important que tout le reste.

Mais alors, pourquoi se setait-elle profondément vide ?


« Quelque chose cloche, Ed ? » Demanda Peter.

Edmund revint à la réalité et fixa son grand-frère, légèrement désorienté. « Quoi ? » Demanda-t-il en lâchant une toux nerveuse.

Caspian leva un sourcil amusé. « Il te demandait si tout allait bien, » dit le telmarin.

Le jeune roi dû faire un grand effort pour ne pas rougir. À la place, il regarda de nouveau les papiers posés devant lui et feint la concentration. « Oui, bien évidemment, » mentit-il avec aisance. « Je réfléchissais à d'autres plans concernant la question d'Ettinsmoor. »

Les deux autres semblaient croire l'excuse d'Edmund puisqu'ils discutèrent des géants.

Edmund soupira et ferma les yeux pendant quelques secondes, se sentant éprouvé intérieurement et extérieurement. Qui avait pu penser qu'éviter Hermione Granger pouvait être aussi fatigant ?

Le Grand Roi Peter, le Roi Caspian et lui-même étaient dans la bibliothèque du Grand Roi, à essayer de réfléchir à des stratégies pour le futur, et notamment sur la très probable rébellion des géants contre eux lorsque Jadis sera revenue des morts. C'était une distraction parfaite pour lui, c'était sa spécialité après tout, mais ses yeux regardèrent à travers la fenêtre de Peter et sa concentration avait disparu.

La bibliothèque de Pete donnait sur le jardin de Cair Paravel, et Edmund apercevait à l'extérieur la silhouette d'une Susan enceinte, d'une Lucy riante et de la personne qui résidait dans son esprit ces derniers jours.

Toutes ses pensées et sa concentration étaient à présent sur ce qui se passait à l'extérieur, et il ne pouvait penser, encore une fois, qu'à Hermione Granger.

Edmund se déconnecta de la conversation entre Peter et Caspian alors que ses yeux étaient attirés par la fenêtre. Susan était assise sur sa chaise habituelle dans le kiosque de jardin, regardant Lucy et Hermione cueillir des fleurs dans le jardin et les déposer dans des paniers. Un large sourire était collé au visage d'Hermione et le cœur d'Edmund, sans vraiment y penser, loupa un battement.

Sa bouche se transforma en grimace, énervé que la brune était si heureuse alors qu'il devenait de plus en plus fou à l'intérieur. Et le voilà, à penser à elle jour et nuit, alors qu'elle souriait et riait comme si ne pas parler de ce qu'il s'était passé était bien.

À la vérité, c'était un combat permanent pour ne pas la fixer à chaque fois qu'elle était dans son champ de vision. Il devait penser à tout un tas de choses pour ne pas penser à elle, mais pour d'étranges raisons, son visage apparaissait toujours dans son esprit.

Involontairement, il lécha ses lèvres et soupira. C'était tellement absurde de voir à quel point ses sentiments étaient dirigés vers la mystérieuse sorcière qui serait la Fille d'Eve de la grande prophétie. Il avait toujours été entouré de plans de bataille et la guerre, et tout ce qui était romance et les femmes ne l'avaient jamais intéressé. Thalia en avait été la preuve : il avait décliné ses sentiments malgré sa beauté étonnante.

Et puis, il y avait Hermione Granger. On peut dire qu'elle ne possède pas exactement une beauté impressionnante, mais elle a ce charme qui fait qu'on la remarque dans une pièce envahie par la foule. Elle n'était pas exactement féminine, mais son intelligence et son esprit compensaient ce défaut. Elle n'était pas conventionnelle, mais la singularité et la passion de son esprit étaient des facteurs qui avaient attiré son attention.

Le fait qu'elle venait, techniquement, du futur, était le plus perturbant. Elle connaissait beaucoup de choses à propos de leur époque, les années 40, et elle avait grandi dans un environnement totalement différent du sien. Et puis elle avait de la magie aussi ! Même s'il n'en n'avait jamais été témoin, il était convaincu qu'elle n'était pas ordinaire.

Comment aurait-il pu ne pas être attiré par cette incroyable femme ?

'Dire qu'elle m'a demandé bien faire la part des choses,' dit-il avec un froncement de sourcils. Il est le Roi Edmund Pevensie dit "le juste", Duc de le Lande du réverbère et Comte de la Marche Occidentale, Chevalier du noble Ordre de la Table : il sait discerner les choses. Comment aurait-il pu mener des soldats à la guerre s'il ne savait pas prendre de décisions ? Bien évidemment qu'il savait comment discerner ses sentiments, et comment osait-elle les juger !

« Edmund, tu chiffonnes le plan de bataille, » fit remarquer Peter.

Le plus jeune roi rougit légèrement et relâcha la prise qu'il avait sur le plan. « Je suis désolé, » dit-il en aplatissant le papier. « Mes pensées sont soudainement devenues... passionnées. »

Caspian pouffa doucement et secoua sa tête. « Je reconnais que nous devrions arrêter de réfléchir à des plans de bataille pour le moment, » dit-il en étirant ses bras au-dessus de sa tête. « Stresser à propos de ça a un effet plutôt négatif. »

Le Grand Roi, d'accord avec lui, acquiesça.


« Est-ce que tout va bien entre Edmund et toi ? »

Un sourire désabusé apparu sur le visage d'Hermione. 'Il t'en a fallu du temps' pensa Hermione, surprise que Lucy fut capable de ne pas poser la question pendant cinq minutes exactement – un record.

Elles étaient dans le jardin de Cair Paravel, cueillant des fleurs au hasard pour décorer le château. Susan somnolait dans le kiosque de jardin, se sentant fatiguée depuis qu'elle avait entamé son troisième trimestre dans sa grossesse. L'ainée des reines avait arrêté d'avoir des nausées matinales, mais elle avait des somnolences fréquentes : Lucy et Hermione n'y faisaient plus attention.

« Hermione ? » Demanda la plus jeune reine, la pressant de lui répondre immédiatement.

La brune soupira et regarda Lucy avec défiance. « Comment peux-tu savoir que quelque chose ne va pas entre nous ? » Demanda-t-elle.

« Vous ne vous parlez plus à présent, » dit la reine d'un ton neutre.

« Bien sûr que si nous parlons, » dit Hermione, sans conviction, en se baissant pour ramasser une tulipe.

« Non, vous ne le faites pas, » ajouta Lucy, obstinée, prenant les deux mains d'Hermione pour la forcer à la regarder. « Par Aslan, j'ai l'impression que quelque chose d'horrible s'est passé entre mon frère et toi. Pourquoi ne veux-tu rien me dire, Hermione ? Est-ce qu'Edmund a été de nouveau insupportable ? Je peux le renier, si tu veux. »

Un léger gloussement s'échappa des lèvres d'Hermione, et elle tapota la main de Lucy. « Tout va bien, » la rassura-t-elle. « Nous gérons ça. Quelque chose... s'est passé, et je suis sûre que ton frère sera d'accord avec moi si tu ne t'en, excuse-moi du terme, mêlais pas. »

Lucy parut légèrement blessée. « Je veux seulement vous voir de nouveau sourire, » dit-elle.

Le sourire d'Hermione s'évanouit. « Comment ça ? » Demanda-t-elle.

La reine soupira et se dirigea vers un espace pavé, et décida de s'asseoir à même le sol et fixant Hermione. « Tu n'es plus heureuse, » dit-elle. Un regard confus apparu sur le visage d'Hermione, et Lucy fronça des sourcils. « À vrai dire, tu sembles heureuse la plupart du temps, mais tu n'es plus vraiment heureuse. »

Elle la regarda avec amusement. « Ça fait sens, » plaisanta-t-elle, mais Lucy prit simplement un air renfrogné.

« Écoute, pourquoi tu ne vas pas simplement lui parler ? » Demanda Lucy avec un ton suppliant. « Ce sera peut-être la fin de ta tristesse. Edmund peut avoir des grands moments de crise s'il veut et je suis sûre qu'il ne fera pas le premier pas pour dire qu'il est désolé. »

Hermione soupira et s'assit à côté de la reine. « Tout va bien, » dit-elle en faisant une étreinte à la jeune reine. « Ce qui nous arrive à tous les deux a besoin de temps pour aller mieux. Ça risquerait de mal se terminer si nous pressons les choses. »

« Même Edmund n'agit pas comme à son habitude, » dit la plus jeune des Pevensie. « Et c'est rare de sa part de ne pas être lui-même. Qu'importe ce qui s'est passé entre vous deux, ça l'a profondément touché tu sais. »

Les yeux de la brune regardèrent vers le haut et lorsqu'ils se posèrent sur une des fenêtres, elle fut surprise de voir le visage d'Edmund. Il était profondément perdu dans ses pensées, un léger froncement de sourcils sur son visage.

Un petit et triste sourire apparu sur son visage alors qu'elle regardait de nouveau Lucy. « Je sais, majesté, » dit-elle doucement. « Je jure sur Merlin que je le sais. »


Hermione prit une profonde respiration alors qu'elle marchait en dehors de Cair Paravel. Le ciel était magnifiquement sombre avec les étoiles parsemées sur toute sa surface. Le vent était légèrement chaud et Hermione savait que cela avait été une bonne idée de ne pas emporter avec elle son manteau.

Elle descendit les marches menant au jardin, désirant passer quelques minutes sous le kiosque de jardin avant de se mettre au lit.

Ses pieds écrasèrent quelques feuilles mortes et de l'herbe humide et avant même qu'elle en ait conscience, elle se tenait devant le kiosque. La seule différence était qu'elle s'était pétrifiée car Edmund était déjà posé à l'intérieur.

« Tu… » commença-t-elle, laissant sa phrase en suspens dans l'air. Il était évident qu'elle avait été surprise de le voir ici, tout en sachant qu'il avait évité cet endroit depuis qu'il l'avait embrassé à deux reprises. Maintenant qu'il était à l'intérieur, Hermione ne pouvait pas cacher l'étonnement qu'elle ressentait.

De manière décontractée, Edmund la regarda et dit : « Bonsoir. »

Ses mots provoquèrent des frissons tout le long de sa colonne. 'Je pensais que c'était une nuit plutôt chaude,' pensa-t-elle en fronçant légèrement les sourcils tandis qu'elle pénétrait dans le kiosque. Elle s'assit sur sa chaise habituelle et un silence tendu s'installa entre eux.

Il regardait un point dans le jardin et Hermione le fixait en utilisant sa vision périphérique. Le visage d'Edmund était vide de toute émotion, et Hermione avait ce sentiment que leur rencontre n'était qu'un accident.

Étrangement, elle se massa les poignets, ne sachant que faire. Son esprit commençait à débattre si elle devait fuir ou non, et elle se dit que la dernière solution était la meilleure pour faire comprendre à Edmund que toute cette épreuve devait cesser.

Il s'avéra, au final, que non. « J'ai réfléchi pendant des jours, » commença-t-il, ses mots prononcés lentement et avec soins. Ses yeux refusaient de rencontrer ceux d'Hermione, mais ces derniers le fixaient directement. « Je me suis penché sur mes véritables sentiments pour toi. »

Hermione rougit légèrement, et elle déglutit. « Et ? » Demanda-t-elle dans un murmure, sa voix presque inaudible.

Doucement, il la regarda en retour, et ses yeux onyx étaient dur et déterminés. Le cœur d'Hermione se serra, car elle connaissait la réponse avant même qu'il l'exprime à haute voix : « je pense toujours qu'ils sont vrais, » statua-t-il avec tellement de conviction qu'Hermione fléchit.

Son visage se froissa, désespéré : « Edmund... »

« Non, » dit-il, presque irrité. « Ne me dis pas quoi ressentir Hermione. »

Elle se pinça les lèvres et soupira, sachant qu'argumenter avec lui serait futile. « Et je continue de penser que tes sentiments à mon égard sont une distraction face à la prophétie, » statua-t-elle, fatiguée. Le visage d'Edmund se durcit face à ses mots, mais Hermione secoua simplement sa tête.

« Pourquoi fais-tu ça ? » Demanda-t-il, sa voix empreinte de confusion. « Pourquoi refuser avant même d'essayer ? »

Un rire dénoué d'humour s'échappa de ses lèvres : « Je sors d'une guerre, tu te souviens ? » Lui demanda-t-elle. « J'y ai grandement participé, et j'y ai appris pas mal de choses. Nous approchons d'une guerre, Edmund, une guerre imminente. Et selon mon expérience, une relation romantique dans ce contexte peut se terminer de façon tragique. »

Son esprit repensa immédiatement à Ron et à sa supposée romance avec lui. Son cœur se brisa de tristesse, à présent en colère car avant même avoir eu la possibilité d'exprimer correctement leurs sentiments, il lui fut arraché.

Des larmes non désirées se formèrent au coin de ses yeux alors qu'elle regardait Edmund de nouveau. « Tu as un royaume à protéger, » continua-t-elle. « Et nous pensons tous que je suis là pour vous aider. Laisse-moi faire ce pour quoi je suis ici, majesté. S'il-te-plaît... est-ce qu'on peut redevenir ce que nous étions et... et continuer de préparer la future guerre ? »

Edmund posa, fatigué, sa tête contre le dossier de la chaise et relâcha un long et fatigué soupir. « J'essaye, » murmura-t-il en tournant sa tête vers elle, « de tout mon être, parce que je dois bien avouer que, visiblement tout est... à sens unique. »

Un pincement se fit sentir dans le cœur d'Hermione et elle détourna le regard car une petite larme roula le long de sa joue.

« Mais j'ai déclenché quelque chose, » continua-t-il en fermant les yeux pour prouver son honnêteté. « Je ne pense pas que nous puissions redevenir comme avant, et qu'importe ce que nous faisons. »

Un silence suivit et Hermione commença à pleurer silencieusement. Il fallut quelques minutes à Edmund pour se lever et sortir lentement du kiosque de jardin, sans un mot. Il s'arrêta à côté d'Hermione, un étrange regard sur son visage, et il sortit un mouchoir de sa poche qu'il tendit à la brune.

Purement surprise, elle dirigea ses yeux larmoyants vers lui et le prit avec précaution. « M-merci, » dit-elle avec un bégaiement, et il acquiesça sèchement, détournant immédiatement le regard.

« Bonsoir, » dit-il enfin avant de quitter définitivement le kiosque.

Hermione le fixa tristement, ses larmes continuant de couler sur son visage. « Bonsoir, » murmura-t-elle en retour lorsqu'il fut parti, son cœur se brisant en mille morceaux.