Bonjour la communauté !

Cela fait deux mois déjà que le chapitre 21 a été publié. Après cette longue attente, voici le chapitre 22 !

Que va-t-il se passer pour nos deux héros dont la relation semble se désintégrer de plus en plus au fil des jours...

Je vous laisse le découvrir !

Bonne lecture !

Equipe :

Auteure originale : WickedlyAwesomeMe

Traductrice : PetiteSphereAilee

Relectrice : Snow


« Edmund m'aime. »

Hermione n'avait aucune idée de ce qu'il l'avait poussé à le dire. C'était un jour ordinaire, durant lequel elle passait du temps avec Lucy dans sa chambre. Et c'était juste... sortit.

La réaction de Lucy fut instantanée. Ses yeux s'agrandirent, sa mâchoire tomba et elle sauta de son lit. Elle s'approcha d'Hermione et commença à lui tourner autour. La brune la fixa, sans voix, mais la reine ne semblait pas s'en soucier.

« JE LE SAVAIS ! » Hurla-t-elle enfin.

La brune cligna des yeux et fronça les sourcils. « Tu savais ? » Demanda-t-elle.

La reine soupira, s'assit de nouveau sur son lit et força Hermione à la regarder. « J'ai connu Edmund toute ma vie, Hermione, donc oui je sais quand il agit différemment, » affirma-t-elle. « Et surtout quand il commence à avoir des sentiments pour ma dame de compagnie. »

Les joues d'Hermione rougirent avec l'embarras. L'entendre de la bouche de Lucy l'embarrassa étrangement. « Je l'ai rejeté, » ajouta-t-elle étrangement, pétrifiant la jeune reine sur place.

« Tu… » commença Lucy, sidérée par ses mots. Mais ensuite, la compréhension apparue sur son visage et elle secoua sa tête : « ça explique pourquoi il rouspétait beaucoup dernièrement. » La jeune reine se lécha les lèvres et continua : « Pourquoi ? »

La brune se sentit affreuse alors qu'elle fronçait les sourcils et détournait le regard. « Ce n'est pas le bon moment, » expliqua-t-elle, désespérant que Lucy comprenne vu que son frère ne voulait pas comprendre. « Nous sommes dans une guerre Lucy, une guerre imminente. »

La plus jeune des Pevensie semblait réfléchir aux mots d'Hermione. Finalement, elle soupira : « j'ai le sentiment que je devrai être en colère contre toi pour avoir brisé le cœur de mon frère, mais je... ne peux pas, » dit-elle. « Malgré ça, tes raisons ne font pas sens. »

Hermione, frustrée, se leva et commença à marcher. « Les sentiments ne font pas sens, » raisonna-t-elle. « Et rejeter ce si beau et magnifique sentiment n'a pas de sens non plus. » La brune s'arrêta et se retourna, le visage désespéré : « S'il-te-plaît, crois bien que je n'ai nulle intention de blesser Edmund. Je... Il est devenu spécial pour moi, Lucy, j'ai juste... je pense que j'ai besoin de me concentrer sur mon rôle d'Elue. »

Lucy soupira et se leva, s'approchant d'Hermione pour lui prendre les deux mains. « Très bien, très bien, je vais essayer de comprendre tes raisons, » dit la jeune reine en lui serrant ses mains. « Mais tu vas devoir affronter un autre problème, Hermione. »

Le visage de la brune afficha une grimace de confusion. « Quel problème ? » Demanda-t-elle.

La reine pinça ses lèvres tout en regardant intensément Hermione, et dit : « Peter. »


« C'est ça, » hurla Peter, ses mains en rond autour de sa bouche pour que sa voix se fasse mieux entendre. « Vous vous débrouillez très bien ! »

Hermione tira les rennes pour que Harry arrête son trot. Le cheval noir suivit son ordre avec facilité et rapidement, tous les deux se tenaient devant le Grand Roi.

Un énorme rayonnement était visible sur le visage d'Hermione alors qu'elle mettait pied à terre du cheval noir sans effort. « Je l'ai fait ! » S'exclama-t-elle, son cœur rempli de joie. « Je l'ai finalement fait ! »

Le sourire que lui adressait Peter était dix fois plus rayonnant que le sien. « Oui, vous avez réussi, » dit-il sincèrement. « Félicitations. »

Hermione avait actuellement un cours d'équitation avec Peter. Elle était en train de contrôler Harry au galop, libre comme le vent si elle devait le décrire, et son appréhension était visible depuis qu'ils trottaient dans Douces Prairies.

Elle avait commencé à monter sur son cheval quelques semaines auparavant, et elle avait été ravie de constater qu'il était facile de galoper avec lui. Même si Stardust était un brillant animal, Hermione sentait que sa coordination avec ce nouveau cheval était bien supérieure à celle qu'elle avait avec Stardust. De plus, galoper avec Harry était plus simple qu'elle ne l'avait imaginé. Il semblait toujours sentir ce que son propriétaire voulait faire, et Hermione était contente de posséder un cheval aussi sensible. Malheureusement, elle ne cessait de penser à son meilleur ami du monde des sorciers, et elle avait pensé que le cheval partageait quelques traits similaires avec lui.

La brune rit en imaginant la tête de Harry s'il découvrait que Hermione l'assimilait à un simple cheval. 'Mais c'est vrai Harry,' murmura-t-elle dans sa tête. 'Regarde-le.'

« Prenons une pause, » dit Peter, ce qui l'a fit sortir de sa rêverie. Il leva un panier vers elle et sourit : « J'ai demandé à Babbitty de nous préparer de quoi manger depuis que j'ai annoncé que nos séances de travail seraient plus longues que ce à quoi on s'attendait. »

Peter déposa une couverture de pique-nique au milieu de Douces Prairies et s'assit, retirant un par un les éléments du panier, et les déposant sur la couverture.

Étrangement, Hermione se tint debout, pétrifiée, et le fixa. C'est seulement lorsque Peter lui proposa de s'asseoir qu'elle put le faire, en s'assurant de laisser un bon et large espace entre le Grand Roi et elle.

« « Est-ce que... Lucy et les autres le savent ? » Demanda-t-elle doucement.

Le Grand Roi secoua sa main afin de renvoyer cette idée. « Lucy nous a dit de nous amuser, » expliqua-t-il en attrapant un sandwich d'un des plateaux, et en mordant dedans, « et je suis sûr que les autres s'en fiche. »

« D'accord, » murmura-t-elle sarcastiquement alors qu'elle s'imaginait la réaction d'Edmund face à cette épreuve. Par chance, Peter ne fut pas capable de comprendre le sarcasme et mangea simplement.

Après quelques minutes dans sa rêverie, Hermione décida de prendre une pomme posée sur la couverture. Elle prit un morceau et détourna le regard, ayant remarqué que Peter suivait tous ces mouvements.

« Tout va bien ? » Demanda-t-il en attrapant distraitement le mouchoir de sa poche pour le proposer à Hermione.

Elle prit le mouchoir en le remerciant, et essuya sa bouche, avant de lui adresser un sourire discret. « Oui, je vous remercie, » répondit-elle.

Il acquiesça et un silence s'ensuivit.

Du coin de l'œil, Hermione scrutait le Grand Roi. Au fur et à mesure que les jours passaient, ses sentiments pour la brune étaient de plus en plus visibles. C'était égoïste de sa part, mais même sa fratrie et Caspian remarquèrent qu'il était devenu très attentionné envers elle.

La peur envahit son cœur et elle détourna le regard. 'Pas vous aussi,' pensa-t-elle en soupirant.

Peter était le Grand Roi : par conséquent, ses responsabilités étaient bien plus conséquentes que celles de sa fratrie, notamment Edmund. Si elle a rejeté Edmund à cause de ses responsabilités de roi narnien, elle devra rejeter Peter à cause de son rôle de Grand Roi.

'Et qu'en est-il de faire profil bas ?' Se demanda-t-elle, une grimace apparaissant sur son visage. Lorsqu'elle s'était réveillée dans ce monde magique, elle avait décidé de ne pas trop attirer l'attention sur elle. Elle était nouvelle et cet endroit possédait assez de mystère et de magie pour qu'elle agisse avec laxisme.

Elle n'avait pas regretté d'avoir sauvé Lucy de cette attaque des rebelles telmarins. Par Merlin elle n'avait aucune idée de ce qui serait arrivé à Narnia et aux Pevensie si quelque chose était arrivé à Lucy. Mais faire ça la rapprocha des monarques, et elle s'était débrouillée pour déclencher d'étranges sentiments de la part des deux frères Pevensie, et elle ne savait pas quoi faire.

Réfléchir aux sentiments de Peter envers elle lui rappelait ceux d'Edmund. Avec un froncement de sourcils, elle changea de position et regarda droit devant elle, ses yeux atterrissant directement sur Stardust et Harry.

Plus les jours passaient, plus la froideur d'Edmund augmentait. Ils ne se parlaient plus dorénavant. Même durant les leçons d'escrime, ce qui était difficile car Edmund en été arrivé à un point où il ne commentait plus, ou ne donnait plus d'instructions, sur comment elle devait faire les choses. Il y a des fois où il laissait tomber le cours et Hermione se retrouvait seule dans la Salle des Armes, combattant pour ne pas laisser couler ses larmes.

« Je ne pense pas que nous puissions redevenir comme avant, et qu'importe ce que nous faisons. »

Hermione ferma les yeux lorsque ces derniers mots résonnèrent dans son esprit, ce qui la poussa à soupirer de fatigue. Sans aucun doute, elle avait blessé Edmund et à cause de la douleur qu'elle lui avait infligé, il avait refusé de la reconnaître comme une simple amie. En fronçant les sourcils, elle réalisa qu'il était le genre de personne à garder de la rancune sur les choses qu'il n'avait pas terminées – un trait caractéristique d'un soldat et d'un chef de guerre.

'Pourquoi ne peut-il pas accepter qu'il y ait des choses bien plus grandes que… ce qu'il voulait d'elle ?' Hermione grogna dans son esprit, embêtée que l'indifférence soudaine d'Edmund l'affectait encore maintenant.

Il était clair qu'il voulait quelque chose de plus d'elle. Elle avait sans le vouloir réussir à devenir soudainement une personne importante dans sa vie, ce qui fait qu'Hermione réfléchissait à ce qu'était exactement Edmund pour elle.

'Un ami, définitivement,' se dit-elle en croquant une nouvelle fois dans la pomme. 'De la plus insupportable personne que j'ai rencontré dans ma vie, il est devenu un ami le plus important que j'ai.'

C'était ça, n'est-ce pas ? Hermione continuait de se dire ça. C'était ce qu'il était pour elle, alors elle n'avait aucune raison de se sentir coupable de l'avoir rejeté. Il était un ami important, oui, et elle s'en préoccupait assez pour s'amuser avec lui.

Alors pourquoi cette voix enquiquinante dans sa tête lui disait que la meilleure décision qu'elle aurait dû prendre dans sa vie était d'accepter ses sentiments ?

« Hermione ? » Demanda Peter, et Hermione fut surprise lorsqu'elle sentit la main du Grand Roi se poser sur la sienne qui était libre. « Vous allez bien ? Vous semblez totalement différente et je commence à m'inquiéter. »

Doucement, elle retira sa main et la déposa sur son genou. Avec un léger sourire, elle dit : « Je me sens bien, votre majesté. Je suis juste… un peu fatiguée. »

C'était en partie vrai. Elle n'allait évidemment pas bien. De plus, la fatigue qu'elle ressentait n'était pas ''légère.'' A la place, c'était le genre de fatigue qui envahissait tout le corps jusqu'à la pointe des cheveux, et Hermione pensait que peu importait le repos qu'elle avait, elle ne pourrait récupérer son énergie perdue.

« Voulez-vous rentrer ? » Demanda-t-il avec une légère déception dans la voix. Il regarda tristement le repas qu'il avait préparé, ce qui fit déglutir Hermione. Elle était en présence du Grand Roi de Narnia, la plus grande puissance après Aslan, et il s'était abaissé si bas pour la rendre joyeuse avec un petit pique-nique, qu'il avait préparé avec l'aide de Babbitty.

« Je… non, » mentit-elle en maudissant son côté compatissant. Son simple mot eut un fort impact sur le roi, dont les yeux se levèrent et un grand sourire apparu sur son visage. C'était amusant de voir à quel point Peter était transparent avec elle. Elle pouvait presque le lire comme s'il était un livre ouvert, peut-être était-ce un de ces clichés habituels qui prédisaient la fin, ce qui rendit Hermione frustrée.

Peter acquiesça et prit un autre sandwich du plateau pour le donner à Hermione. « Tenez, essayez ça. Je suis sûr que vous allez l'aimer parce que Babbitty l'a préparé, » lui proposa-t-il.

Hermione accepta le sandwich avec précaution, et le remercia. Il l'éblouit avec son charmant sourire avant de retourner à sa propre nourriture.

Rapidement, le silence s'installe de nouveau entre eux.

Au moment où l'esprit d'Hermione commençait à s'évader, Peter prit la parole et les mots qu'il prononça la pétrifia sur place : « Est-ce que quelque chose s'est passé entre Edmund et vous ? » Demanda-t-il.

Hermione sursauta sur place et le fixa, bouche-bée. 'Est-ce qu'il sait ? Est-ce qu'il est au courant ?' Se demanda-t-elle honnêtement encore et encore. Lorsque les yeux de Peter se posèrent sur elle, Hermione savait qu'il ne la lâcherait pas tant qu'elle ne lui aura pas donné une réponse convenable. « Qu-que voulez-vous dire ? » Buta-t-elle sur ses mots, s'éclaircissant la voix pour cacher sa nervosité.

Un léger rire s'échappa de la bouche du Grand Roi, amusé par le visage paniqué de la brune. « Vous ne vous parlez plus à présent, » dit-il simplement.

Au fond d'elle, elle sourit. « Lucy m'a fait remarquer la même chose, » fit-elle remarquer.

« Ah, ma plus jeune sœur l'a remarqué également, » dit-il en la regardant d'un air calculateur. « Est-ce que… Edmund a fait quelque chose ? »

Elle détourna immédiatement le regard, ses joues rosissant étrangement au nom de celui-ci. « Je ne suis pas sûre s'il aimerait que vous l'appreniez, » dit-elle doucement et avec honnêteté.

À sa surprise, il plaça une main sur son bras et il lui envoya une petite secousse : « Je n'ai pas peur d'Edmund, » affirma-t-il tellement sérieusement qu'elle faillit en rigoler.

Hermione secoua sa tête et lui offrit un sourire rassurant. Elle plaça sa main sur la sienne et dit : « Non, non, ne vous méprenez pas. Edmund n'a rien fait. Rien du tout. Je le jure, » dit-elle. 'En fait, c'est surtout moi qui ai causé un tel fiasco entre nous.'

Elle remarqua ses joues colorées, et les yeux de Peter regardèrent leurs mains. Doucement, elle retira sa main de son bras et la déposa sur la couverture. « Est-ce si alarmant ? Le fait que je ne lui parle plus ? » Demanda-t-elle avec un petit sourire amusé. « Je ne comprends pas pourquoi tout le monde est inquiet pour une si petite affaire. »

Peter sourit et secoua sa tête, comme si ce qu'elle avait dit était absurde. Elle fronça les sourcils, ce qui le fit rire davantage. « Nous savons tous que vous avez eu des débuts difficiles, » dit-il en se calmant. « Et je pense que nous avons déjà deviné qu'Edmund ne vous aimait pas. Mais d'une certaine façon, vous avez prouvé ce que vous valez à ses yeux, ce qui lui fit comprendre que vous ne voulez pas nous faire de mal, ou même faire du mal à Narnia. Ce qui n'est pas surprenant du tout… » Le son de sa voix s'abaissa, et lui offrit un regard appuyé. Hermione soupira.

« Ce que je veux dire, c'est que je vis avec Edmund depuis des années maintenant, Hermione, » continua-t-il. « Je l'ai vu grandir, j'ai pris soin de lui quelques fois, et je peux lire en lui comme dans un livre ouvert. Je pense que cette situation entre vous l'affecte. Après tout, vous êtes son amie. »

Hermione souhaita ardemment ne pas grogner. 'Amie, c'est vrai,' pensa-t-elle avec amertume en se remémorant les derniers mots d'Edmund.

« Edmund fait rarement confiance aux gens, » ajouta-t-il. « C'est à se demander pourquoi Aslan lui a donné le titre de "le Juste." Peut-être que c'est dû au fait de sa rencontre avec la Sorcière Blanche lors de notre première arrivée à Narnia, et de son changement de camp lorsqu'il a rencontré la véritable Jadis. Et il est du genre têtu. Croyez-moi : j'ai vécu sous le même toit que lui, et il peut avoir de grands moments de colère s'il le veut. Je... je ne veux pas qu'il perde une amie chère, Hermione. »

La brune soupira et regarda directement dans les yeux de Peter. Elle lui sourit lorsqu'elle vit l'amour véritable qu'il avait pour son jeune frère, et regretta les prochains mots qui allaient sortir de sa bouche.

« Je suis sûre qu'il ne veut plus de moi comme amie à présent. »


Hermione lâcha un cri d'horreur alors qu'elle esquivait de justesse. Le bout de l'épée d'Edmund se dirigea à l'endroit où son visage devait se trouver. Au final, le bout de l'épée atterri sur le mur en pierre derrière elle en laissant une éraflure, et la brune réalisa qu'il avait placé beaucoup de force dans ce coup.

« Je t'avais dit d'esquiver ! » Hurla-t-il alors que son visage était empreint de colère tandis qu'il la regardait. Il lâcha son épée qui fit un bruit sourd, tombant dangereusement à côté d'Hermione.

La brune, indignée et révoltée, se releva d'un seul coup et se tint de toute sa hauteur. Ses narines fumaient, ses joues étaient rouges de colère et ses yeux étaient grands ouverts. « Non, tu n'as rien dit ! » Répondit-elle en essayant au mieux de contrôler sa colère, en vain. « Je pense que tu as oublié quelque chose, c'est que tu ne me parles plus, tu te souviens ? Tu as négligé le fait que tu devais me prévenir lorsque tu as envoyé ton épée sur moi. »

Elle fit une pause, respirant lourdement à cause de sa colère qu'elle ne pouvait contrôler. Son visage était dangereusement proche du sien. Edmund, comme elle, respirait lourdement.

'JE NE TE CROIS PAS !' Lui envoya-t-elle en pensée, essayant d'imaginer toutes les façons possibles de le maudire avec sa baguette si elle pouvait faire de la magie en cet instant.

Hermione regarda derrière elle l'éraflure sur le mur. Elle avala la boule de colère et de peur qui était coincée dans sa gorge. Elle avait failli avoir cette éraflure sur son visage, et si elle n'avait pas esquivé à temps, elle craignait que toutes les bêtises autour de l'Elue, au regard du retour de Jadis, n'avaient été qu'une perte de temps.

Elle se retourna et regarda Edmund de nouveau, toujours en colère, et remercia le ciel d'être sans magie. Sinon, Edmund aurait compris qu'il ne fallait pas faire n'importe quoi avec la plus brillante sorcière de son âge.

« Je suis désolé. »

Ses yeux s'agrandirent et elle le fixa : « P-pardon ? » Demanda-t-elle. L'avait-elle bien entendu, ou avait-elle simplement halluciné les mots qu'elle voulait entendre de lui ?

Edmund soupira, détourna le regard, et fit passer une main dans ses cheveux. Hermione remarqua sa main droite, celle qui tenait l'épée peu de temps auparavant, celle qui à présent tremblait sans pouvoir s'arrêter.

Son regard noir s'adoucit, et elle le fixa tandis qu'une multitude d'émotions tourbillonnaient dans son esprit. Hormis tout ça, elle était sûre d'une chose : sa main ne tremblait pas de colère.

« J-je suis désolé, » répéta-t-il en serrant les dents, agacé. « J'ai… explosé. »

Au fond d'elle, Hermione soupira de fatigue, et un coin de ses lèvres se leva. « Très bien, » dit-elle, « seulement parce que tu as bégayé. »

Les yeux d'Edmund se durcirent soudainement et son dos craqua pour devenir raide comme un piquet. Il rassembla toutes ses craintes et recula d'un pas, regardant de nouveau froidement Hermione. La brune, d'un autre côté, soupira face à ce changement d'humeur soudain. Elle en déduit qu'il avait enfin compris qu'il était en train de lui parleralors qu'il avait juré de ne pas le faire.

« Prenons une pause, » proposa-t-elle. Il acquiesça sans dire un mot et s'agenouilla pour récupérer son épée. Il s'approcha de nouveau du rebord où il s'asseyait durant leurs pauses. Hermione, comme d'habitude, s'assit sur le sol à l'endroit même où elle se tenait debout.

La tension dans la pièce devenait dense même s'ils se tenaient à plusieurs mètres l'un de l'autre. La tête d'Hermione tombait de fatigue contre le mur, et le front d'Edmund était posé contre la fenêtre poussiéreuse.

'Cela devient de pire en pire,' pensa-t-elle qu'elle accompagna d'un soupir inaudible. Elle le regarda rapidement, contrariée par le fait que son visage était indéchiffrable.

Plus les jours passaient, plus l'indifférence d'Edmund empirait, et Hermione devait simplement accepter cette situation qui lui infligeait des sentiments amers et tristes.

'Je suis sûre qu'il ne veut plus de moi comme amie à présent.' Les mots qu'elle avait prononcés durant le petit pique-nique avec Peter à Douces Prairies apparurent de nouveau dans son esprit. Ce qu'elle avait dit était vrai : Edmund n'acceptait plus son amitié maintenant. Bien évidemment, il désirait quelque chose de plus qu'elle ne pouvait lui offrir. D'où sa fameuse attitude distante par rapport à elle.

Oui, ils étaient à quelques mètres de distance, et pourtant leurs esprits pensaient à la même chose.

Avec horreur, Edmund fixa sa main droite. Il grogna doucement, contrarié car à cause de son indifférence actuelle, il avait failli blesser l'objet de son affection.

C'était mesquin de sa part, bien sûr, d'ignorer Hermione Granger, de croire qu'elle n'était simplement qu'un être composé de molécules et rien d'autres. Mais d'une certaine façon, il voyait ça comme son mécanisme de défense. Il avait peur que s'il continuait à la remarquer malgré le rejet ouvert de ses sentiments, elle le briserait tôt ou tard. Sans effort.

Il accepta le fait qu'il était fautif d'avoir failli blesser la dame de compagnie de Lucy. Elle avait raison de lui faire remarquer qu'il avait oublié de la prévenir d'esquiver alors qu'il lui montrait le nouveau mouvement d'épée qu'il lui enseignait. Bien sûr, elle n'était pas obligée de savoir qu'elle avait eu raison. Après tout, il avait fait le serment en lui-même d'avoir un minimum de contact et de conversation avec la brune.

Les choses empiraient entre eux alors que les jours passaient. Quelques fois, Edmund attrapait ses coups d'œil tristes et plein d'espoir, et il prétendait toujours les ignorer. Les regards d'Hermione provoquaient toujours en lui un étrange serrement dans son cœur et il se félicitait d'être capable de lui cacher.

Son ignorance la blessait également : il savait qu'elle l'était. Et d'une certaine façon, cela le rendait triomphant, de lui faire ressentir ce qu'elle lui faisait ressentir – de la souffrance. C'était vilain de sa part, digne d'un mufle et loin d'un comportement de roi. Mais il avait trouvé ça injuste que la douleur ne soit ressentie que par une personne.

Edmund frotta le talon de ses mains contre ses yeux. 'Je suis tellement un enfoiré,' pensa-t-il avec un léger et vain gloussement lorsqu'il sentit les yeux pleins d'espoir d'Hermione sur lui.

Il essaya de toute son énergie pour ne pas se lever, balancer ses bras dans les airs et proclamer qu'il se fichait qu'elle l'a rejeté. Il donna toute son énergie pour ne pas lui donner un enlacement rassurant, et pour ne pas lui dire qu'il lui pardonnait de l'avoir rejeté négligemment.

À partir d'aujourd'hui, il se promettait d'être un peu moins dur. Il ne voulait pas reproduire plus tard ce qu'il s'était passé aujourd'hui.


Elles étaient dans la forêt, cueillant les ingrédients d'une simple potion de guérison qu'Hermione avait été capable de trouver durant une de leur session de recherche.

Lucy, avec un léger froncement de sourcils, fixait sa dame de compagnie du coin de l'œil. Elle relâcha un énorme soupir et puis, sans prévenir, elle attrapa la main de la brune qu'elle serra. Hermione leva les yeux et regarda la reine, incrédule, mais Lucy haussa simplement les épaules. Hermione lui adressa un petit et distrait sourire, avant de lever les yeux vers le ciel, son esprit vagabonda avec les nuages.

La plus jeune des Pevensie observa silencieusement la jeune sorcière, et elle fut consternée par ce qu'elle découvrait. De grosses cernes apparaissaient sous ses yeux fatigués. Un petit et contemplatif froncement de sourcil semblait être constamment collé sur son visage. Voir ça permit à Lucy de réaliser que cet actuel et étrange triangle amoureux dans lequel elle avait été jetée n'était pas exactement quelque chose qu'Hermione pouvait supporter.

« Est-e que tout va bien ? » Demanda-t-elle, même si elle connaissait déjà la réponse.

La brune tourna doucement la tête et l'inclina pensivement devant Lucy. « Je pense que tu connais déjà ma réponse, » fit-elle remarquer, ce qui fit sourire Lucy. C'était amusant de voir que chacune pouvait lire dans l'autre, notamment Hermione.

« Veux-tu te reposer un peu ? » Proposa la reine, et Hermione acquiesça distraitement.

Elles s'assirent sur une racine protubérante. Le silence se fit entre elles, mais Lucy ne semblait pas s'en préoccuper. Sa dame de compagnie était de nouveau occupée à se triturer les méninges, et elle ne voulait pas l'interrompre.

Plus les jours passaient, plus Lucy notait que l'indifférence d'Edmund... empirait. Il semblait ne plus parler lorsqu'Hermione était proche. Durant les repas, il parlait simplement à Peter et Caspian, et seulement à eux, ou alors finissait silencieusement son repas. Leurs leçons de combat à l'épée avaient été arrêtées momentanément, trois leçons avaient été annulées déjà. Lucy avait entendu dire par Hermione que la dernière l'avait presque blessée, et qu'elle pensait qu'une coupure leur ferait du bien à tous les deux.

'Oh, qu'êtes-vous en train de vous faire ?' Se demanda Lucy en secouant silencieusement sa tête, désappointée.

Honnêtement, Lucy Pevensie pensa qu'Hermione Granger était simplement dans le déni. Ce qui était drôle, parce que la brune pensait ardemment que ses sentiments pour Edmund étaient simplement de l'amitié.

La première fois que la brune avait mis les pieds à Cair Paravel, la réaction d'Edmund avait été instantanée. Après tout, elle l'observait. Il n'y avait ni hostilité, ni suspicion dans les yeux du jeune roi : juste une entière curiosité, ou alors du respect. Par conséquent, les semaines suivant l'installation d'Hermione dans le château avaient été intéressantes pour la jeune reine. Même si Edmund pensait qu'il méprisait la suspicieuse demoiselle qui apparaissait de nulle part, Lucy était convaincue du contraire.

Edmund avait toujours aimé le mystère : c'était un de ses forts traits de caractère qui le faisait être un bon leader et un bon soldat. Et donc, cela n'avait pas vraiment surpris Lucy qu'il soit attiré par la mystérieuse Hermione Granger. Il s'était donné le défi de la connaître, de découvrir le fonctionnement de son esprit et de son cœur.

D'une certaine façon, Lucy croyait que pour Edmund Pevensie, Hermione était un combat. Et ce combat, Edmund était déterminé à le gagner.

'Quand le réaliseras-tu ?' Se demanda-t-elle en regardant Hermione avec espoir. C'était douloureusement évident pour elle, bien que cela ne le soit pas pour Edmund, Hermione et les autres. Peter faisait la description juste qu'elle avait toujours été une personne très observatrice, et donc que les choses non-évidentes pour les autres l'étaient pour elle.

Les regards volés, les petits sourires, les joues qui se colorent, ce badinage spirituel... tout, tout criait à l'attirance, et elle n'en revenait toujours pas qu'Edmund ait succombé le premier à cette idée alors qu'Hermione était bien plus intelligente.

Elle se remémora la scène qu'elle avait interrompue durant leur première leçon. Leur position compromettante avait empli la Salle des Armes d'une tension sexuelle, et Lucy se maudit de son mauvais timing. Elle savait que si elle était arrivée plus tard, pour ce qu'elle en avait vu, ils auraient pu se bécoter au grand jour.

Quelques fois, elle était juste tentée de prendre leurs deux têtes et de les pousser l'une contre l'autre en proclamant à haute voix : « Embrassez-vous. »

« Quoi ? » Demanda distraitement Hermione, regardant Lucy avec des yeux confus.

Les yeux de Lucy s'agrandirent, surprise d'avoir prononcé ces mots à haute voix. « Rien, rien, » mentit-elle facilement en donnant à Hermione un joli sourire.

La brune fronça les sourcils et détourna le regard, ses yeux atterrissant sur ses genoux. « J'étais en train de réfléchir, Lucy, » dit-elle.

La reine acquiesça avec un léger sourire en coin sur son visage. « Je pense que vous avons déjà établi ça, » dit-elle, ce qui fit sourire Hermione.

« Je ne comprends toujours pas pourtant, » continua-t-elle. « Pourquoi... moi ? »

Les sourcils de Lucy se rejoignirent. « Comment ça "pourquoi moi" ? » Demanda-t-elle.

Les joues d'Hermione se colorèrent et elle s'éclaircit la voix. « Il y a tout un tas de sublimes créatures ici, à Narnia, » commença-t-elle à développer, « des créatures qui ont une beauté inspirante. Par exemple, Thalia- »

La reine relâcha un gloussement bruyant et peu digne d'une demoiselle. Hermione la fixa et elle se pinça les lèvres, bien qu'elle ne réussit pas à cacher son sourire.

« C'est vrai. Elle est très jolie, » dit Hermione en fronçant les sourcils. « Bien que son attitude est la pire que j'ai vu, et donc elle est devenue hideuse dans mon esprit. » Puis elle secoua sa tête, et sa tignasse brune vola tout autour. « Mais ce n'est pas mon propos. Ce que je veux dire c'est : pourquoi moi ? Pourquoi avoir des sentiments pour moi alors qu'il y a un tas de sublimes créatures dans ce monde magique. Tu sais, le genre qui me rend insipide en comparaison. »

Lucy fronça les sourcils tout en contemplant ses mots. Sa dame de compagnie avait raison sur une chose. En tant que reine, elle avait déjà vu des créatures beaucoup plus belles que la femme assise à côté d'elle. Mais tandis qu'elle étudiait Hermione et qu'elle se remémorait ses souvenirs d'elle depuis son étrange arrivée à Narnia, elle obtint une réponse.

« Tu vois, tu as ce certain charme, » affirma Lucy avec précaution. « Je ne sais pas, je pense qu'importe que je te regarde, il y a ce sentiment chaleureux autour de toi. Une guerre approche, Hermione, et je pense que tu peux trouver ça bébête, mais les garçons pensent que tu es un rayon de lumière et d'espoir pour eux. »

Hermione rit doucement et secoua sa tête. « Ce me semble être une bonne raison, » dit-elle avec un petit sourire.

« Alors pourquoi tu ne donnes pas- » Lucy s'arrêta à temps, effrayée que son opinion rende Hermione encore plus confuse.

« Pourquoi je ne donne pas quoi ? » Demanda la brune avec un regard confus. Mais Lucy secoua sa tête.

« Qu'importe, » dit la reine avec un sourire rassurant. Hermione continuait de lui envoyer un regard confus, mais elle la laissa tranquille.

'C'était moins une,' pensa la reine en souriant secrètement. Elle voulait dire à Hermione de donner une chance à Edmund, mais garda sa langue à temps. Elle préférait qu'Hermione le découvre seule tandis qu'elle-même regarderait à côté.

'Cela va être intéressant,' pensa-t-elle, espérant que les prochains jours seraient intéressants à regarder.