Bonjour la communauté !
Tout d'abord, merci beaucoup Khadidja Kouma pour tes petits commentaires. Je suis vraiment contente que cette histoire te plaise ! J'ai aimé cette histoire, j'ai la chance de pouvoir la traduire pour la transmettre à une communauté francophone, et je suis vraiment contente qu'elle plaise à des lecteurs !
Ensuite, voici un nouveau chapitre ! C'est le retour d'un ancien personnage, et notre Hermione va être envahie. Mais de quoi ?
Je vous laisse le découvrir ;)
Bonne lecture !
Equipe :
Auteure originale : WickedlyAwesomeMe
Traductrice : PetiteSphereAilee
Relectrice : Snow
On toqua frénétiquement contre la porte de la chambre d'Edmund, ce qui le fit quitter son sommeil.
« Allez-vous-en ! » Brailla-t-il, encore étourdi par le sommeil, mais les cognements semblaient devenir plus persistants.
Avec un soupir ennuyé et fatigué, il se força à se lever de son lit. Ses pieds nus touchèrent la pierre froide du sol, et il frissonna involontairement. Il attrapa sa robe de chambre posée sur le dossier de sa chaise, et la mit.
Il ouvrit ensuite la porte et fronça les sourcils. Caspian, au comportement très différent du sien habituellement, se tenait devant lui. Son regard était insondable, voire même complétement fou. « Qu'est-ce c'est ? » Demanda Edmund, se sentant à présent très curieux.
« Je… eh bien… zut, » prononça Caspian tout en passant une main tremblante dans ses cheveux noirs. « C'est Susan... »
Le nom de sa sœur l'intéressa. Il raidit son dos, l'inquiétude se lisant sur tout son visage. « Susan ? Qu'est-ce qu'elle a ? » Demanda-t-il, un million de possibilités traversant son esprit. Était-elle blessée ? Est-ce que son bébé allait bien ? Ou peut-être... La mâchoire d'Edmund tomba tout en pensant à la solution la plus probable. « C'est l'heure ? »
Un regard étrange apparu sur le visage de Caspian. Un mélange d'hystérie, de panique, d'horreur et d'euphorie ultime passait sur son visage. « O-oui, » bégaya-t-il, ses mots s'étranglant étrangement à cause de son débordement d'émotions.
« Très bien, très bien, » dit Edmund en essayant de le calmer. « Je vais aller chercher le Médecin Royal. Va prévenir Peter et Lucy le plus rapidement possible. Sois rapide ! »
Caspian ne se le fit pas dire deux fois. Il partit avant même qu'Edmund pu dire le mot 'Narnia'. Dès que son beau-frère eut disparu, le visage d'Edmund rayonna. Il pivota ensuite et couru dans la direction opposée, avec pour objectif de trouver Langolly pour lui annoncer la bonne nouvelle.
Hermione, avec un sourire amusé, regardait les trois autres Pevensie s'agiter. Lucy tripotait furieusement l'ourlet de sa robe, ses yeux grands et brillant d'anticipation et d'inquiétude. Peter était, comme à son habitude, en train de faire les cent pas. Ses mains étaient serrées l'une contre l'autre dans son dos, et il faisait des allers-retours dans le petit couloir. Edmund semblait être le plus imprévisible des trois. Ses actions changeaient spontanément : d'un coup il était assis, et la seconde d'après il était debout.
Caspian semblait être le plus calme de tous, ou alors il prétendait l'être. 'Stoïque, peut-être,' pensa-t-elle en lançant un honnête et amusé sourire au futur père. Le roi telmarin se tenait parfaitement immobile, les yeux fixant la porte qui la séparait de sa femme en plein travail. Son visage était pâle, et des gouttes de transpiration se formaient sur son front et au-dessus de ses lèvres. Hermione se dit qu'il ressemblait presque à une statue. La seule chose prouvant qu'il était vivant était sa respiration profonde.
« Calmez-vous, » s'exclama-t-elle, mais personne ne semblait entendre ses mots. Hermione décida de ne plus rien dire, de rester silencieuse et d'observer les monarques narniens à la place.
La pensée que Susan allait donner naissance à son premier enfant réchauffa le cœur d'Hermione. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas vu de bébé, et voir l'excitation de toute la famille lui provoqua un sourire tendre. Cela lui rappelait lorsque Fleur avait donné naissance à son premier bébé. Beaucoup de monde attendait dans la salle d'attente, et ceux qui se distinguaient le plus était les Weasley. Bill était totalement désordonné, et personne ne pouvait nier l'anticipation dans ses yeux. Fleur fut en plein travail pendant presque une demi-journée, mais cela valait le coup d'attendre le bruit des premiers pleurs de leur fille.
La porte s'ouvrit brusquement et entra Babbitty, tout ébouriffée. Sa fourrure était désordonnée, bien que le sourire éblouissant sur son visage fût reconnaissable entre tous. « La tête du bébé vient de sortir, » proclama-t-elle. « Le bébé va arriver d'une minute à l'autre. »
Babbity laissa la porte entrouverte, bien qu'elle refusât à quiconque d'entrer. « Ordre du Médecin Royal, » dit-elle, amusée par Caspian qui se battait pour entrer. « Je pense que c'est mieux si nous l'écoutons, ne pensez-vous- »
Ses mots moururent dans sa bouche lorsqu'un cri perçant venant de l'intérieur de la pièce se fit entendre dans tout le château. Caspian s'arrêta et fixa la porte d'entrée, sans voix. « Je suis papa, » dit-il presque dans un souffle.
Hermione pouvait jurer que ce jour-là, elle fut capable de voir des larmes couler des yeux du Roi Caspian.
Tout le pays se réjouissait de la naissance du Prince Caspian le Onzième. Cela faisait une centaine d'années à présent qu'il n'y avait pas eu de naissance d'un noble à Narnia. Par conséquent, le bonheur que ressentaient les habitants était compréhensible.
Le fils de Caspian et Susan naquit en bonne santé. Il avait les yeux de sa mère, et tout le reste était à l'image de son père. Comme le voulait la tradition de la famille de Caspian, les deux parents se mirent d'accord pour le nommer d'après son père, et ils ajoutèrent 'XI.'
Hermione trouva cela amusant de regarder comment tous les autres s'adoucissaient autour du bébé. Lucy était la plus adorable, prenant toujours le bébé dans ses bras, et roucoulant des mots doux à ce petit bambin. Peter et Edmund étaient les oncles amusants, ne sachant pas très bien comment interagir avec le petit garçon. Cependant, Hermione pouvait voir l'adoration flagrante dans leurs yeux.
P'tit Caspie, le surnom que Lucy avait tendrement commencé à lui donner, semblait avoir calmé l'atmosphère de tension actuelle à Cair Paravel. La proche, et possible, guerre contre Jadis semblait avoir quitté l'esprit des membres de la royauté. Les trois rois avaient momentanément arrêté leurs conversations et leurs planifications, suite à la menace de rébellion des géants.
Mais par-dessus tout, l'indifférence d'Edmund envers Hermione semblait s'être... atténuée.
Il y avait certains moments, quand Hermione s'occupait de bébé Caspie en le prenant dans ses bras, où elle essayait d'attirer le regard du roi pour qu'il le pose sur elle, et il ne semblait pas embarrassé par cette captation. En fait, il lui adressait même un sourire poli avant de détourner le regard. Dommage, il ne pouvait pas voir comment ses joues brûlaient.
À présent, et à cause de la naissance d'un noble, le roi Caspian et la reine Susan décidèrent d'organiser un bal de naissance pour leur fils. Même Edmund, qui s'opposait fermement à ce genre de réunion sociale, ne se plaignit pas cette fois-ci.
Ainsi, Hermione se retrouva de nouveau dans la chambre de la reine Lucy, assise d'un air maussade sur le lit de cette dernière. Lucy avait de nombreux peignoirs de bain, de robes et de maquillage, et cela donna de plus en plus de vertiges à la brune. Son odeur envahissait légèrement la pièce et, de nouveau, elle disparut dans sa penderie pour récupérer une autre robe.
« Est-ce que cela me va ? » Demande Lucy pour la énième fois en plaçant une robe bleue devant elle. « Ou est-ce qu'elle me donne l'air, je ne sais pas... bizarre ? » Elle jeta la robe sur le sol et en attrapa une autre, cette fois-ci en montrant à Hermione une robe beige. « Et qu'en est-il de celle-ci ? »
La brunette relâcha un monstrueux soupir et se leva pour attraper la robe qui était dans ses mains. Elle craignait que Lucy la jette elle aussi si elle l'estimait insatisfaisante. « Par Merlin, pourquoi te tracasses-tu soudainement pour ça, Majesté ? » Demanda-t-elle en secouant sa tête.
Hermione posa la robe beige sur le lit de Lucy et récupéra les autres laissées à l'abandon sur le sol pour les déposer sur son bras. Une par une, elle les rangea dans la penderie. Du coin de l'œil, elle vit Lucy mécontente qui s'asseyait sur son lit et lissa la dernière robe, chiffonnée, qu'elle avait choisie.
« Une minute… » dit l'ainée des deux en se retournant lentement et en lançant un regard stupéfait à Lucy. « Corrige-moi si je me trompe, Lucy, mais essayes-tu de plaire à quelqu'un… durant le prochain… bal ? »
Ses mots moururent lentement, car la réaction de Lucy fut instantanée. La reine se raidit soudainement sur son lit. Ses joues rougirent, sa mâchoire se relâcha, et ses yeux parcouraient furtivement toute la pièce en évitant Hermione.
Un sourire radieux apparu sur le visage d'Hermione tandis qu'elle terminait à la hâte ce qu'elle faisait et qu'elle s'approchait du lit de Lucy, choisissant de s'asseoir à côté d'elle. « J'ai raison, n'est-ce pas ? » Demanda-t-elle, ses yeux pétillants d'incrédulité et d'amusement. « Je n'arrive pas à y croire. »
« Ne, » réprimanda Lucy avec véhémence, ses joues devenant de plus en plus rouges tandis qu'elle jetait à Hermione un regard désespéré, « dis rien à mes frères et ma sœur. À personne. Surtout pas à Peter et Edmund. Oh, Aslan sait que ces types vont enquêter s'ils savaient que leur sœur voyait quelqu'un. »
Un léger ricanement s'échappa des lèvres d'Hermione. Elle imagina comment ses frères réagiraient face à la vie sentimentale actuelle de Lucy, et présagea que cela serait infernal. « Donc, qui est l'heureux élu ? » Demanda-t-elle, attrapant distraitement la robe beige qu'elle essaya sur Lucy. « D'ailleurs, cette robe est superbe sur toi. Je suis sûre qu'il va l'adorer. »
La reine vaillante rougit avec grâce et sourit. « Son nom est Ardon, » dit-elle. « Il est le fils de l'ancien général des soldats telmarins sous le règne de Miraz. Err… il s'entraîne actuellement pour devenir un des Commandants Suprêmes des soldats narniens. Et il… il a les plus beaux yeux que j'ai vu de toute ma vie. » Lucy cacha ses yeux derrière ses mains et ricana nerveusement. « Juste ciel, je n'en reviens pas d'être aussi niaise à cause d'un garçon. »
« Mais le fait est qu'il n'est pas juste un garçon, » fit remarquer Hermione en replaçant une mèche de cheveux derrière l'oreille de Lucy. « Il a suscité ton intérêt et j'aimerais vraiment le rencontrer maintenant. »
« Il a dix-huit ans, » ajouta Lucy en se levant et en récupérant sa robe. Elle s'avança vers sa salle de bain mais laissa sa porte entrouverte pour qu'Hermione puisse toujours l'entendre. « Le même âge qu'Edmund. Il est un parfait gentleman, crois-moi. Je suis sûre que tu vas l'adorer une fois que tu l'auras rencontré, Hermione. »
Rapidement, la reine émergea de la pièce, sublime comme à son habitude. « De quoi ai-je l'air ? » Demanda-t-elle en tournoyant légèrement.
Hermione rayonna. « Je suis sûre qu'Ardon sera sans voix, » remarqua-t-elle, ce qui fit rougir Lucy de nouveau.
« Très bien très bien, arrêtons ça, » dit la reine vaillante malgré le sourire rayonnant sur son visage, qui allait presque jusqu'aux oreilles. « À présent, occupons-nous de toi pour que nous puissions être toutes les deux prêtes pour l'anniversaire de bébé Caspie ! »
La brunette soupira et secoua sa tête. « Et dire que je pensais avoir été capable de te distraire de ma personne, » dit-elle.
Lucy tira, avec immaturité, sa langue. « Pas de chance, choupette, » dit-elle. « Tout d'abord, nous devons faire quelque chose pour ton abondante chevelure... »
Le bal, sans surprise, commençait à l'ennuyer.
Edmund prit une autre gorgée de son verre de vin et soupira. Susan et Caspian erraient dans la Grande Salle, se vantant de leur bébé récemment né. Bien sûr qu'il adorait bébé Caspie. Cela faisait longtemps depuis que quelqu'un était arrivé à Cair Paravel et qui avait énormément amélioré l'atmosphère. C'était juste ennuyant comment ses parents allaient devenir idéalistes. De plus, il devait bien l'avouer, c'était amusant de voir Caspian babiller avec son fils.
Un léger mal de tête commençait à arriver, et il décida de s'asseoir sur une chaise. Son trône paraissait plus confortable, mais il était trop loin de là où il était maintenant. Pour être honnête, il se sentait trop fatigué pour traverser une foule massive d'invités.
Beaucoup de demoiselles lui avaient jeté des regards suggestifs depuis qu'il était entré dans la pièce et Edmund, avec un léger froncement de sourcils, les avait ignorées. Il avait montré de façon apparente le fait qu'il préférait être seul ce soir et, dans un sens, il commençait à être irrité d'être harcelé par la plupart d'entre elles. C'était comme retrouver Thalia encore et encore, excepté que cette fois-ci, c'était un peu plus doux. 'Bon sang, personne ne peut battre Thalia lorsqu'il s'agit d'être la quintessence de l'irritation,' murmura-t-il, un léger sourire apparu sur son visage.
Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent et entrèrent sa sœur et sa dame de compagnie. Lucy, comme toujours, était aussi belle qu'à son habitude. Cela commençait à l'alarmer, de s'apercevoir que sa sœur de seize ans grandissait et devenait une charmante dame. Il commençait à redouter le futur, faisant apparaître l'image d'une longue ligne de nobles et de non-nobles, attendant patiemment de demander la main de Lucy. Donner en mariage Susan à Caspian avait été suffisant. Même si Caspian était une bonne personne, Edmund se sentait encore un peu méfiant de confier Susan au roi telmarin.
Ses yeux se portèrent sur Hermione, une nouvelle fois habillée avec une ancienne robe de Susan. Cette fois-ci, elle portait une robe blanche avec de la dentelle dorée qui embellissait les ourlets. Une ceinture en or entourait sa taille, et accentuait ses formes féminines. Les bretelles de sa robe étaient retenues par deux broches en or. Ses cheveux étaient attachés et étaient placés sur le haut de ses épaules. Les seules marques de maquillage qu'elle portait étaient un trait d'eyeliner et une légère marque de rouge à lèvres.
Alors qu'il continuait de la fixer, Edmund ne put s'empêcher de la comparer à une déesse grecque. Avec un froncement de sourcil renfrogné, il pensa que la seule chose qu'il manquait était un rayon lumineux sur elle pour lui faire croire, sans aucun doute, à une déesse tombée des cieux.
Une nouvelle fois, cet ennuyeux pincement se fit sentir dans son torse, du côté gauche pour être exact. Aveuglément, il attrapa le vin devant lui et se servit un autre verre, buvant son contenu jusqu'à la dernière goutte. Il détestait le fait de boire pour tuer cette sensation dans son cœur. Il détestait boire : cela le déconcentrait et il se sentait inconfortable. Mais à présent, juste à cause d'une fille, il accueillait le goût familier du vin comme s'il s'agissait du meilleur ami qu'il n'avait jamais eu.
À cause de l'arrivée de Caspian XI, il savait que la tension entre eux s'était apaisée. Quelques fois, il se surprenait à la regarder, avec le bébé dans ses bras, et pensait qu'elle ferait une merveilleuse mère un jour. Une fois, elle le surprit en train de la fixer. Les battements de son cœur augmentèrent alors qu'il, à sa plus grande surprise, lui offrit un léger sourire et partit.
Plus les jours passaient, et plus il était difficile de l'ignorer. Les regards implorants d'Hermione devenaient fréquents et lui, grâce à la seule force de sa volonté, était toujours arrivé à garder les pieds sur terre. Plus les jours passaient, plus il devenait difficile de ne pas la saisir et l'emmener quelque part et sentir ses lèvres sur les siennes. C'était horrifiant, juste de penser que parmi toutes les choses qu'il avait toujours souhaitées, la seule chose qu'il voulait, qu'il convoitait le plus, était son baiser.
Les deux baisers qu'il lui avait donnés avant avaient servi à accéder aux portes du Paradis. Mais ensuite, cela s'est associé avec cette vérité qu'il a également ouvert les portes de l'Enfer pour lui. Il n'aimait pas le fait qu'il commençait à avoir des effets de manque, de ne pas l'embrasser. C'était comme une addiction, quelque chose qu'il devait faire pour satisfaire sa faim.
Ses rêves d'elle devenaient fréquents. Quelques fois, il se réveillait en plein milieu de la nuit dans un sursaut et fixait le plafond, essayant de calmer son cœur qui battait avec rapidité. Chaque fois qu'il rêvait d'elle, il rêvait de son baiser et ce besoin commençait à grandir.
Il était encore en colère à l'idée qu'elle pensait qu'Edmund confondait ses sentiments avec quelque chose d'insignifiant et bref.
Si elle avait raison, pourquoi ces sentiments grandissaient de jour en jour ?
« Edmund ? »
Le son de la voix de Lucy le fit sortir de sa rêverie. Il se retourna et se pétrifia, ses yeux atterrissant immédiatement sur la personne qui se tenait à côté de sa sœur.
Hermione avait les yeux sur lui, calculateurs et illisibles. Edmund détourna immédiatement le regard, ses yeux se posant avec déterminations sur sa sœur. La flagrance de vanille arriva à ses narines et il déglutit involontairement. Et il rougit.
Zut.
« C'est pourquoi ? » Demanda-t-il d'une voix rapide. Il s'éclaircit la gorge brusquement et fronça les sourcils.
Lucy le fixa étrangement. Ses yeux s'agrandirent, sachant déjà que Lucy commençait à observer des choses qu'elle n'était pas censée analyser. Quelque chose étincelait dans ses yeux et elle jeta un rapide coup d'œil par-dessus son épaule, puis revint à lui, ses lèvres serrées en une fine ligne. « Eh bien, je t'ai vu seul ici et j'ai pensé que tu aimerais un peu de compagnie, mais apparemment... »
Ses mots moururent entre ses lèvres, son visage le scrutant d'une étrange manière.
Edmund leva un sourcil. « Mais apparemment quoi ? » Demanda-t-il.
Lucy ne fut plus capable de lui répondre car un visage familier était apparu dans son champ de vision.
« Eh bien, nous y voilà, » proclama Lucy dont le regard admiratif parcourait la Grande Salle. « Regarde comme tout le monde a l'air vivant ! »
Malgré elle, Hermione sourit. Elle replaça une mèche de cheveux tenace derrière son oreille et regarda autour, s'émerveillant de la beauté de la Grande Salle.
Une nouvelle fois, Susan avait prouvé son talent pour la décoration intérieure. Elle pensa honnêtement que si elle n'avait pas été une reine de Narnia, elle aurait excellé dans le domaine du stylisme, peut-être la décoration intérieur.
La pièce n'avait pas été décorée trop formellement, contrairement aux bals précédents organisés à Cair Paravel. Il y avait une touche de légèreté, d'enfantin, ce qui était approprié pour cette fête.
Ses yeux purent se poser sur les nouveaux parents, leur fierté et leur joie emmaillotée contre la poitrine de Susan. Hermione sourit d'amusement en regardant le couple marcher dans toute la pièce, comme s'il se vantait auprès de tout le monde d'avoir un enfant et de beaucoup l'aimer. C'était également amusant de voir Caspian ne pas agir comme à son habitude. Dans un bon sens, bien sûr.
« Ardon n'est pas encore arrivé, » dit Lucy avec un soupir de déception, ce qui attira l'attention d'Hermione de nouveau. La reine vaillante la regarda et fronça les sourcils. « Je suppose qu'on peut passer un peu de temps ensemble. »
Hermione leva un sourcil. « Je suis désolée de ne pas être une aussi bonne compagnie qu'Ardon, majesté, » plaisanta-t-elle, ce qui fit sourire Lucy.
« Oh, tu sais que ce n'est pas vrai, » dit la reine en entourant son bras autour de celui d'Hermione. « Mais ce serait un tel gâchis, si je m'étais autant apprêtée et que je ne pouvais pas être avec la personne pour qui je l'avais fait. »
« Un point pour toi, » gloussa la brunette en secouant sa tête.
Lucy se détacha alors d'Hermione et regarda de nouveau autour d'elle. Ses yeux se posèrent à un coin spécifique de la Grande Salle, et elle commença à avancer vers ce point. Sans avoir le choix, Hermione suivit la plus jeune Pevensie, ses yeux sans cesse à parcourir la pièce.
Cette fois-ci encore, il y avait une grande variété d'Animaux Parlants dans la pièce, et cela ravit le cœur d'Hermione de voir autant d'équité dans cette salle. Même en étant des espèces différentes des membres de la royauté, ces créatures étaient présentes parce qu'elles appartenaient à Narnia. Encore une fois, Hermione se sentit reconnaissante envers les monarques narniens qui possédaient tous un sens d'égalité que certaines personnes de son monde, appelées Sang-Pur, étaient dépourvus.
Hermione commençait à être un peu curieuse de l'endroit où Lucy l'emmenait. Elle ouvrit sa bouche, pour lui demander, mais se figea. Ses yeux entraperçurent le Roi Edmund, assis seul à une des tables de la pièce. Instantanément, sa bouche devint sèche.
« Err… » commença-t-elle, ne sachant pas quoi dire. La panique grandissante en elle la rendait agitée et elle détourna le regard, ses joues étaient à présent horriblement rouge.
La seule personne qu'elle essayait d'éviter était celle que Lucy, elle en était sûre, approchait. Elle voulait se retourner et s'enfuir, mais la reine maintenait une prise ferme sur son poignet.
« Lucy, je pense… »
« Oui ? » Demanda la reine en regardant derrière elle. Il y avait cette mystérieuse étincelle dans ses yeux qui effrayait étrangement Hermione.
« Rien, » dit-elle brusquement.
Lucy leva un sourcil et regarda droit devant elle.
Hermione fronça légèrement les sourcils et regarda de nouveau le frère de sa maîtresse. C'était indéniable à quel point il exultait du royal. Avec ses habits royaux habituels et sa couronne d'argent sur sa tête, Edmund ne passait pas inaperçu au milieu de cet océan d'Animaux Parlants, de telmarins, et d'autres créatures semblables. Il possédait cette autorité de chef, et même Hermione se sentait humble face à sa présence.
Il était beau, à défaut de trouver meilleur qualificatif. 'Beau,' siffla une petite voix dans sa tête. 'Beau, idiote. Dis-le. Beau.'
Elle mordit sa lèvre inférieure et détourna le regard, ses joues chauffant de nouveau. Avec horreur, ce genre de pensée devenait de plus en plus fréquente dans son esprit. La même petite voix dans sa tête semblait y résider en permanence et étrangement, elle semblait en contradiction avec les mots qu'Hermione disait et les mots qui venaient. La plupart concernaient Edmund Pevensie.
Elles étaient proches de lui à présent et Hermione commença à étudier son état. Elle commençait à légèrement s'ennuyer qu'Edmund ignore ses regards d'excuse, et depuis un moment déjà, elle se promettait de ne plus ramper dorénavant s'il continuait à être insupportable et impossible.
« Edmund ? » Demanda Lucy, et son frère regarda instantanément derrière lui. Ses yeux se posèrent immédiatement sur Hermione, et elle se pétrifia. Elle lui donna un regard calculateur, ne désirant pas qu'il sache que son cœur battait la chamade dans sa poitrine.
Doucement, il dirigea son regard vers sa sœur et demanda : « C'est pourquoi ? »
Lucy, à sa grande surprise, devenait de plus en plus confuse avant de regarder Hermione puis Edmund. Était-ce son imagination, ou bien la reine semblait jouer la comédie ? « Eh bien, je t'ai vu seul ici et j'ai pensé que tu aimerais un peu de compagnie, mais apparemment... »
Hermione attrapa discrètement le poignet de Lucy. 'Ne le fais pas' s'exclama-t-elle, ses doigts resserrant sa prise.
Une étrange expression apparue sur le visage de Lucy et elle soupira, soulagée qu'elle n'ait pas continué sa phrase. Bien évidemment qu'elle savait ce que Lucy voulait dire. Cela la rendait juste mal à l'aise que la reine le dise presque à voix haute.
« Mais apparemment quoi ? » Demanda lentement le roi Edmund.
« Edmund ? »
Une voix, cette fois-ci différente et atrocement familière, empêcha Lucy de répondre à son frère.
Avec un léger froncement de sourcils, Hermione tourna sa tête et ses yeux atterrirent directement sur la silhouette de Princesse Thalia. Elle semblait aussi splendide que d'habitude, avec sa beauté calormène qu'Hermione n'avait jamais eu la chance de voir auparavant. Un homme sublime se tenait à côté de la princesse, qui devait avoir environ vingt-cinq ans et qui portait une robe très chère. Au regard de la couronne posée sur ses cheveux noirs, Hermione présuma qu'il appartenait à la royauté également.
Ses yeux se déplacèrent sur ses mains et ils s'agrandirent immédiatement. Il tenait la main de Thalia.
Sans un mot, elle regarda Edmund et vit qu'il reflétait son expression.
« Thalia, » dit-il, et sa voix était agréablement surprise. La méchanceté qu'il ressentait véritablement pour la princesse qui se tenait en face de lui était absente. « Ça fait un moment. »
La princesse calormène leva un sourcil. « Oui, en effet, » dit-elle, et sa voix semblait être étrangement amère. Thalia regarda ensuite l'homme à côté d'elle et sourit gentiment avant de revenir à Edmund. Ses yeux se posèrent sur Lucy, puis sur elle, et sa bouche se changea en simple mépris.
« Tout le monde, voici le Duc Crimgeour de Galma, » dit-elle, en pointant avec fierté l'homme à côté d'elle. « Mon mari.»
La mâchoire d'Hermione tomba. « Vo-vous êtes mariée ? » Demanda-t-elle avant même de pouvoir s'arrêter.
Thalia la regarda froidement. « Oui, et je crois que ce ne sont pas vos affaires, mademoiselle Hermione, » dit-elle.
Malgré le mépris dans sa voix, Hermione ne put s'empêcher de lever un sourcil face au ton qu'elle avait pris pour s'adresser à elle. Thalia semblait presque comme si elle avait accepté qu'Hermione n'était pas une simple saleté, mais un être humain également. 'Étrange,' se dit Hermione en regardant la princesse avec amusement. 'Mais pas mal, vraiment.'
« Mon amour, peux-tu nous laisser un moment ? » Demanda gentiment Thalia à son époux. Le duc, après avoir jeté des regards furtifs aux trois autres, et plus spécialement Edmund, acquiesça finalement et partit, disparaissant parmi tous les invités à l'anniversaire de Caspie.
« Beaucoup de choses se sont déroulées depuis que je suis partie, » informa Thalia.
Edmund fronça les sourcils et observa avec précaution la princesse. « Oui, et apparemment beaucoup de choses te sont arrivées aussi, depuis ton départ de Cair Paravel, » fit remarquer Edmund.
Thalia regarda l'endroit où se tenait son mari juste avant, et sourit doucement. Hermione reniflait presque de rire alors qu'elle regardait l'expression sur le visage de Lucy qui fixait le nouveau visage de Thalia, comme si la princesse avait un nouveau membre ou autre chose qui lui avait poussé dessus.
« Sois subtile, » murmura Hermione pour que seule Lucy l'entende.
La reine la regarda, les yeux grands ouverts, et articula silencieusement les mots : « Elle sourit. »
« Le Duc Crimgeour est une personne adorable, » dit Thalia qui affichait toujours ce sourire surprenant sur son visage. « Et bien que je vous aime toujours Edmund » - à ce moment-là, le roi roula des yeux – « je crois que je commence à tomber amoureuse de mon mari également. »
Lucy relâcha un léger grognement et roula des yeux. Les yeux de Thalia se rétrécirent alors qu'elle fixait la jeune reine. Lucy répondit seulement avec un sourire innocent et Hermione dû se mordre la lèvre inférieure pour ne pas rire ici et maintenant.
Les yeux de Thalia se portèrent sur Hermione et toutes pensées de plaisanterie quitta son esprit. Le nez de la princesse se froissa, cette fois-ci par curiosité, alors qu'elle l'examinait de la tête aux pieds. « Crimgeour a une bonne influence sur moi, » dit-elle, ses yeux la fixant intensément. « Et il m'a appris que ceux qui sont en dessous de moi ne doivent pas être traités comme de la saleté. »
Hermione leva un sourcil, se sentant sincèrement impressionnée. Elle n'y pouvait rien mais elle pensa que le mariage de Thalia et du Duc de Galma avait apporté finalement du bon pour la princesse calormène.
« Vous semblez... aller bien, » dit-elle en se forçant à dire ces mots.
Le sourire qu'elle lui adressa était sincère et presque irréel. « Je vous remercie, » dit-elle honnêtement. « Vous êtes absolument sublime, princesse Thalia. »
Ses joues se colorèrent en une jolie teinte rouge, ce qui fit sourire d'autant plus la brune. Elle ne pouvait pas croire ce que ses yeux contemplaient. Il y avait Thalia, cette gamine riche et gâtée qui était vraiment détestable, qui maintenant, après s'être mariée à une personne formidable, commençait à devenir quelqu'un de… normal. Quelqu'un d'humain.
« La première fois que je vous ai vue, je savais que je n'avais aucune chance avec Edmund, » confessa Thalia.
Le sourire d'Hermione tomba, effrayée par où ses mots allaient mener. Du coin de l'œil, elle vit oh combien le roi s'était raidit sur sa chaise, son visage devant immédiatement tendu.
« Surtout vu la manière dont il vous regarde, mademoiselle Hermione, » dit Thalia. « Lorsque je l'ai vu vous regarder, j'ai tout simplement su. Et- »
Un fort et court bruit coupa Thalia dans sa phrase. Les yeux grands ouverts, Hermione vit Edmund regarder Thalia avec des yeux sombres et froids. « Je suppose que vous devez partir à présent, » dit-il, puis tourna le dos et partit à grande enjambée sans attendre de réponse.
Hermione relâcha un soupir qu'elle ne savait pas qu'elle retenait et détourna son regard larmoyant de l'endroit où Edmund était assis quelques minutes auparavant, se sentant soudainement horrible.
« Je… suppose que vous n'êtes toujours pas ensemble, n'est-ce pas ? » Demanda Thalia, ce qui rendit Hermione toute rouge, et Lucy la fixait.
« Avec tout mon respect, votre majesté, je pense que le mieux est que nous arrêtions cette conversation, puisque ce sujet n'est pas le bienvenu dans ce château, et plus spécialement si mon frère et ma dame de compagnie sont dans les environs, » dit Lucy sévèrement en attrapant immédiatement le bras d'Hermione pour la calmer.
Thalia semblait juste étonnée. « Je vous présente mes excuses, » dit la princesse, inclinant sa tête en direction d'Hermione.
« Ce n'est rien, ce n'est rien, » dit-elle avec hâte, désirant que ses joues reprennent une couleur normale. « Vous n'avez pas besoin de vous excuser, votre majesté. »
La princesse calormène, maintenant Duchesse de Galma, s'éclaircit nerveusement la voix passa à autre chose. « Eh bien, je vous prie de m'excuser, » dit-elle. « Ce fut un plaisir de vous revoir. » Elle se retourna et s'éloigna, jetant un coup d'œil curieux à Hermione avant de disparaître totalement.
« Femme insensible, » grogna Lucy dans un souffle avant d'entourer son bras dans celui d'Hermione. « Est-ce que tu vas bien ? » Demanda-t-elle en regardant la brunette avec inquiétude.
Hermione secoua une dédaigneuse main et força un léger pouffement à sortir de sa bouche. « Je vais plutôt bien, » dit-elle malgré la petite voix dans sa tête qui disait l'inverse.
Lentement, elle retira son bras de la prise de Lucy et sourit : « Je pense que respirer de l'air frais me fera du bien, » dit Hermione. « Je te revois plus tard, Lucy. »
Elle se retourna sans attendre la réponse de Lucy, sortant du château avec hâte pour se reposer.
Une fois dehors, elle relâcha un monumental soupir. Elle se massa l'arête de son nez et ferma les yeux, essayant de calmer son cœur qui battait irrégulièrement. « Respire profondément, » se murmura-t-elle. « Respire profondément, Hermione Granger. »
Elle ouvrit lentement les yeux et avança avec lenteur dans le jardin, pour se retrouver finalement dans le kiosque de jardin. Par chance, il était vide. Elle y entra et s'assit à sa place habituelle, et se reposa seulement. Elle repoussa tout ce qui pouvait être stressant, la plupart concernant le roi Edmund Pevensie, et elle y réussit.
Jusqu'au moment soudain où des bruits de pas se firent entendre, et elle se raidit immédiatement. Ses yeux regardèrent l'entrée du kiosque, espérant honnêtement (et sincèrement) qu'il s'agissait d'Edmund. À la place, le charmant Grand Roi apparu devant ses yeux.
Hermione fit de son mieux pour ne pas montrer sa déception tandis que Peter s'assit sur le siège habituellement occupé par Edmund.
« Je vous ai vu parler à Thalia un peu avant, » affirma Peter en observant la brunette. « Est-ce que tout va bien, Hermione ? »
Elle lui offrit un léger sourire et acquiesça. « Elle était étonnamment agréable, votre majesté, » dit-elle. « Le mariage avec le Duc de Galma lui apporte beaucoup de bien. »
Peter acquiesça distraitement. « Ça me surprend toujours que la princesse de Calormène se soit mariée à une des personnes les plus respectables que je connaisse, » dit-il avec un sourire. « Je suis sûr que Thalia apprendra beaucoup de Crimgeour. » Il la regarda alors avec un air malicieux : « Et combien de fois vous ai-je demandé de m'appeler Peter ? »
Hermione sourit avec embarras : « Je suis désolée, » dit-elle. « Vous êtes le Grand Roi et je n'y peux rien mais je suis polie en votre présence. »
Les yeux de Peter brillèrent d'hilarité : « Je suis sûr que nous avons dépassé l'étape des politesses, » affirma-t-il. « Ne sommes-nous pas à l'étape des familiarités ? »
Le sourire d'Hermione disparu car elle se rappelait une conversation similaire qu'elle avait eue avec Edmund. 'Pas lui encore,' grogna-t-elle dans sa tête, embêtée par le fait qu'une fois encore, elle pensait à lui. « Très bien, » dit-elle distraitement.
Peter lui adressa un sourire charmant et acquiesça, dirigeant ses yeux à l'extérieur du kiosque. Un étrange, quoique confortable, silence s'installa. Hermione pouvait voir à quel point le Grand Roi était agité, son visage changeant comme s'il réfléchissait à quoi dire.
Hermione sourit presque en pensant qu'il s'agissait presque d'un Peter ridiculement adorable qui combattait pour commencer une conversation. En tant que Grand Roi, Peter faisait très bien la conversation. Cela la rendait perplexe qu'une simple tâche comme lui parler à elle le rendait muet.
'Parce qu'il t'aime beaucoup,' lui rappela une voix dans sa tête, ce qui la fit soupirer. 'Parce que tu lui plais.'
« Avez-vous vu Caspian ? » Demanda soudainement Hermione.
Peter relâcha, bien évidemment, un soupir de soulagement, et Hermione sourit. Le plus âgé des Pevensie ne savait pas vraiment comment être subtil à des moments comme ça. « Oui, je l'ai vu, » dit-il avec un petit sourire amusé qui commençait à grandir sur son visage. « Je suppose que c'est la première fois que je vois Caspian agir si... différemment par rapport à d'habitude. »
« Je pense qu'avoir un fils l'a rendu ainsi, » dit-elle alors qu'elle se souvenait du visage de Caspian lorsque bébé Caspie était dans les environs. « Et je pense que c'est une magnifique chose. »
Il acquiesça, ne sachant pas vraiment quoi dire, puis dirigea de nouveau son regard à l'extérieur du kiosque. Hermione s'éclaircit nerveusement la gorge, ressentant de nouveau l'atmosphère étrange entre eux.
Que ferait Peter s'il savait qu'Hermione connaissait ses sentiments envers elle ? Que ferait Peter s'il savait qu'Edmund l'aimait aussi ? Que ferait Peter s'il savait qu'elle avait rejeté les sentiments de son petit frère ? Que ferait Peter s'il découvrait qu'elle rejetterait ses sentiments à lui aussi ?
Être soudainement confrontée à cette situation délicate la rendit nauséeuse. Elle avait toujours su que les 'affaires de cœur' étaient vraiment déroutantes. Par exemple Ron et elle : ils se connaissaient depuis une éternité mais il avait fallu à Hermione des années pour réaliser finalement qu'elle avait des sentiments plus qu'amicaux pour lui.
« Vous êtes ici depuis quelques mois déjà, » dit doucement Peter en regardant de nouveau Hermione. « Maintenant que j'y réfléchit, cela fait presque un an que vous êtes ici. »
« Un an, hein ? » Dit-elle en écho, le regard de plus en plus lointain. Donc cela faisait presque un an qu'elle avait été enlevée de Poudlard pour être envoyée à Narnia. C'était une étrange révélation, surtout parce qu'elle ne pouvait chasser l'impression que tout cela était arrivé quelques semaines auparavant.
« Comment vous sentez-vous par rapport à Narnia à présent ? » Continua-t-il.
Hermione détourna son regard et le posa sur lui. « Narnia ? » Demanda-t-elle, un léger creux se formant sur son front. Tous ses souvenirs de Narnia se précipitèrent dans son esprit. Ils la firent tous sourire, et la rendirent triste étrangement. « C'est merveilleux ici, » continua-t-elle. « Je... me sens comme si je devais être emmenée ici. »
Un léger gloussement s'échappa de ses lèvres alors qu'elle secouait sa tête. « C'est absurde, vraiment absurde car maintenant, je ne peux imaginer mon avenir sans Narnia, » dit-elle. « C'était Poudlard avant. Mon école a toujours eu une place importante pour moi et je dois bien admettre que j'ai été dévastée lorsque j'ai découvert que je ne pourrais plus rentrer dans mon monde. Mais maintenant que j'y pense, je suis éternellement reconnaissante d'avoir été amenée ici, dans ce monde magique. Je… si jamais je devais être emmenée soudainement loin d'ici aussi, je ne sais ce qui m'arriverait. »
Sa confession apporta le silence en Peter. Il la regarda pensivement, son visage affichait une expression indéchiffrable. « Alors, voulez-vous rester ici, à Cair Paravel, avec nous ? » Demanda-t-il doucement. Il cligna des yeux, puis se lécha les lèvres et regarda ses genoux, gêné. « Avec moi ? »
Hermione se pétrifia. Ces deux derniers mots portaient une telle sincérité, tellement de sérieux, tellement de sens. Cela la terrifia.
Lentement, il chercha sa main et la tint fermement. Il la regarda intensément, et Hermione était presque à geindre.
Elle voulait partir d'ici.
« Je… vous aime, » déclara finalement Peter dont les joues rouges faisaient pâlir d'envie les roses du jardin. « Depuis que vous avez mis les pieds à Narnia, je vous aime. Vous avez ce charme particulier, vous exultez cette certaine beauté, ce qui m'a fait m'intéresser à vous, vous qui avez de si jolies choses. Vos yeux, votre sourire, votre intelligence, votre mystère… tout, et je veux dire vraiment tout, est magnifique chez vous. »
Une légère boule se coinça dans sa gorge.
« Cela fait presque un an maintenant, Hermione, » murmura-t-il. « Hermione. Savez-vous que votre prénom me fait avoir des papillons dans le ventre ? Que ma bouche se dessèche toujours et que mes genoux tremblent ? » Il fit une pause et gloussa en secouant sa tête. « Savez-vous que votre simple présence me fait me comporter comme un parfait idiot qui soudainement devient romantique et poétique en même temps ? »
Elle fit de son mieux pour sourire. Elle le fit vraiment. Mais tout ce qu'elle put produire fut un regard désespéré.
« Cela fait presque un an, » répéta-t-il, sa main serrant la sienne. « Et je crois sincèrement, ardemment, que je tombe amoureux de vous, Hermione Granger. »
Elle allait presque retirer sa main, mais les mots qui suivirent la pétrifièrent sur place.
« Je… » Il fit une pause, déglutit, et continua. « Je voudrais que vous m'épousiez. Je vous veux comme ma Reine, comme ma conseillère personnelle, que vous restiez toujours à mes côtés. »
Hermione retint son souffle si bruyamment que sa voix résonna dans tout le jardin.
Il rit en tremblant et tint sa main désespérément. « Je sais que c'est trop hâtif. Je sais que c'est trop tôt. Honnêtement, je n'attends pas de réponse de votre part aujourd'hui, ou au moins les prochaines semaines… ou prochains mois. Je voulais juste que vous sachiez ce que je ressens parce que, grand Dieu, je ne sais pas ce qui me serait arrivé si j'avais gardé cela pour moi. »
Peter la regarda, et il y avait tellement d'affection dans ses yeux. « Et maintenant, regardez-vous. Vous, simplement habillé, vous êtes à couper le souffle, » dit-il. « Je suis ensorcelé par vous et j'ai peur que si je ne confesse pas mes vrais sentiments rapidement, quelqu'un d'autre remarquera oh combien vous êtes extraordinaire et vous emportera. »
Doucement, il leva sa main et l'approcha de ses lèvres pour y déposer un baiser doux et gentil. « Je vous adore, » murmura-t-il en caressant sa main de ses lèvres. « Tellement que s'en est terrifiant. Savez-vous que c'est la première fois que je ressens ça, et que je ne sais pas du tout comment gérer ça ? »
Le Grand Roi relâcha ensuite sa main et se leva de son siège. Il sourit à l'étonnement visible sur le visage d'Hermione. « Je suppose que je vous ai interloquée, » dit-il avec un gloussement nerveux en faisant parcourir sa main dans ses cheveux. « Je m'en vais à présent, mademoiselle Granger, pour vous laisser du temps pour digérer les mots que je viens de vous dire. »
Puis il s'inclina et se releva. « Bonne soirée, mademoiselle Hermione Granger, » dit-il avant de se retourner lentement et de quitter le kiosque de jardin.
Pendant bien cinq minutes, Hermione resta pétrifiée sur place, les mots de Peter hantant l'atmosphère.
« Par Godric, » murmura-t-elle en pressant une main contre ses lèvres tandis que des sanglots commençaient à envahir son corps. « Par Godric, qu'est-ce que je suis censée faire ? »
