Bonjour la communauté !
Elodidine, toi qui avait hâte de lire le nouveau chapitre : le voici !
Quel impact va avoir la demande très directe de Peter sur Hermione ? Leur relation va-t-elle évoluer ?
Je vous laisse le découvrir ;)
Bonne lecture !
Equipe :
Auteure originale : WickedlyAwesomeMe
Traductrice : PetiteSphereAilee
Relectrice : Snow
Lucy parcourut la Grande Salle à la recherche de sa dame de compagnie, mais échoua finalement. Après qu'elle se soit enfuie elle ne savait où à cause de Thalia et de ses mots insensibles, elle ne fut pas capable de retrouver Hermione.
Elle devait bien l'avouer : Thalia avait été très polie, et s'en était presque effrayant. La façon qu'elle avait de sourire sincèrement la rendait humaine semblait presque irréel pour elle. Le Duc Crimgeour de Galma – elle avait entendu parler de lui par Peter et elle pouvait affirmer oh combien le Grand Roi éprouvait un grand respect à son égard - avait provoqué un grand changement chez la princesse calormène, maintenant Duchesse de Galma avec leur mariage. Lucy le croyait.
Malgré tout, cela ne donnait pas le droit à Thalia d'aborder le sujet de ses observations concernant les sentiments d'Edmund envers Hermione Granger. Bien sûr, Lucy les avait remarqués également, mais elle se savait assez délicate pour ne pas déclencher cette conversation lorsque les deux personnes concernées étaient présentes.
Lucy se sentait un peu coupable, car, déterminée, elle avait amené Hermione à la table d'Edmund. Elle avait eu cette idée soudaine de les faire discuter ce soir, et elle savait que c'était un peu insensible de sa part. Il était évident que le rejet d'Hermione continuait d'attrister Edmund, et elle savait que si Lucy avait agi aussi rapidement, Edmund aurait ignoré sa dame de compagnie, et par conséquent attristé Hermione.
'Oh, pourquoi ne peuvent-ils pas comprendre ?' S'exclama Lucy dans sa tête, frustrée par son frère et par l'objet de son affection. Par Aslan, Edmund appréciait Hermione ; peut-être même qu'il ressentait quelque chose de plus pour la brunette. Et Hermione lui rendait ses sentiments. Elle était tout simplement inflexible dans son déni et Edmund, trop aveuglé par la pure peine de son rejet, n'était pas capable de voir en dessous de ces couches de déni et de comprendre qu'Hermione l'appréciait elle aussi.
« Quelle histoire d'amour compliquée, » avait-elle murmuré sombrement dans un souffle. Ses yeux se posèrent sur le buffet et elle fronça les sourcils. Peut-être que si elle grignotait, sa frustration se calmerait.
Alors qu'elle approchait de la table, une silhouette la frôla soudainement et la heurta sur le côté. Elle perdit l'équilibre et chancela sur le côté. Par chance, une main encercla rapidement son poignet et la remit debout.
« Oh chère amie, je suis vraiment désolé. »
Le cœur de Lucy fit un bond et ses yeux s'illuminèrent lorsqu'elle reconnut la voix. Calmement, elle se tourna sa tête et regarda le visage de son sauveur tout en affichant un sourire poli. « Je vous remercie, » dit-elle poliment.
Le telmarin inclina sa tête : « Vous êtes toute pardonnée, votre majesté, » murmura-t-il.
Lentement, il retira sa main et Lucy se sentit vide soudainement. Il lui fit de nouveau une révérence, cette fois-ci pour lui dire au revoir, et puis il se retourna. Déterminé, il se dirigea vers les portes de la Grande Salle et juste avant de sortir de son champ de vision, il se retourna et lui adressa un sourire secret.
Son cœur battit sourdement dans sa poitrine. Lucy rougit furieusement et réprima un sourire. Discrètement, elle parcourut la pièce pour localiser sa fratrie. Peter était introuvable, Edmund discutait poliment avec, à sa grande surprise, le Duc de Galma. Susan et Caspian continuaient de vagabonder dans la pièce, bébé Caspian dans leurs bras.
'Sauvée,' se dit-elle en soulevant l'ourlet de sa jupe, et avança avec élégance vers les portes de la Grande Salle.
Aussitôt sortie et les portes refermées derrière elle, Lucy fut surprise de la soudaine obscurité qui accueillait ses yeux. Elle plissa les yeux et regarda autour d'elle, essayant de le trouver. Lucy lâcha l'ourlet de sa jupe et fronça les sourcils de déception.
D'un seul coup, une main serra la sienne et elle sursauta, ses yeux se connectant ensuite à ceux d'Ardon.
Sans un mot, il la poussa dans la pénombre. Puis il leva sa main de libre et caressa sa joue douce, avant de se baisser et de capturer ses lèvres avec les siennes.
Lucy sourit contre son baiser, tout son corps frissonnant de son rire qu'elle ne pouvait contenir.
Le telmarin rompit le baiser et lui sourit. Ses sublimes yeux gris étaient presque illuminés dans la nuit. Ardon se rapprocha et déposa un baiser sur le sommet de sa tête. « Lucy, » murmura-t-il. La reine, se sentant étrangement heureuse par la façon dont son nom sonnait dans sa bouche, soupira.
« Ardon, » murmura-t-elle en levant une de ses mains pour la presser contre sa joue à lui, heureuse de pouvoir être de nouveau avec lui.
Lucy avait rencontré, ou plus précisément avait remarqué, Ardon pour la première fois, durant une journée simplement ordinaire et ennuyante. Peter, fidèle à lui-même, lui avait ordonné d'être accompagnée de quelques soldats narniens et telmarins si elle désirait s'aventurer dans la ville, et y vagabonder pour saluer ses sujets et se délecter avec les choses étranges et exotiques qu'ils vendaient.
Lucy ne savait pas si c'était dû au destin ou seulement une simple chance, mais Ardon appartenait au groupe de "protecteurs" qui l'accompagnait en ville. Lucy, bien évidemment, l'avait remarqué auparavant. Mais l'attention qu'elle lui avait portée était toujours brève. Après tout, elle ne remarquait jamais vraiment ceux qui la protégeaient, malgré le fait qu'elle était gentille avec eux.
Et puis, une intervention commença lorsqu'un voleur lui prit son sac de pièces d'or. Tous les soldats, Ardon compris, partirent à la poursuite du voleur, qui s'est révélé difficile à attraper. Lucy se souvenait d'avoir été terrifiée par cette journée, surtout lorsqu'ils attrapèrent le voleur et qu'Ardon, blessé mais triomphant, tenait le sac de pièces d'or.
« Est-ce que vous allez bien ? » Avait-elle demandé avec inquiétude, s'agenouillant pour regarder son bras blessé.
Le soldat avait levé son visage et ses yeux s'étaient connectés avec ceux de Lucy. Ce jour-là, elle pensa qu'Ardon avait les plus beaux yeux qu'elle avait vu.
« Je vais bien, Votre Majesté. Je vous remercie, » avait-il répondu avec un regard inflexible, mais également gentil et chaleureux.
Une semaine exactement était passée, et leurs chemins ne s'étaient pas croisés. Mais lorsqu'elle l'avait vu dans la Salle des Armes, au lieu de rencontrer Edmund comme elle le voulait, une amitié s'était formée. Durant toutes ses sessions d'entraînement, seul dans la Salle des Armes (un fait qu'elle avait su par Edmund qui discutait énormément avec le jeune soldat), la jeune reine aurait voulu se faufiler en douce dans la pièce pour lui parler. Après tout, elle savait que si elle n'était pas assez subtile, Peter et Edmund commenceraient à suspecter des choses et pourraient vouloir la tête d'Ardon.
Il l'avait embrassé pour la première fois en même temps qu'il lui avait annoncé vouloir faire partie des Commandants Suprêmes de Narnia. Il avait réussi à rendre muette la reine si pipelette habituellement et il gloussa, ce qui émerveilla le visage de Lucy.
« Je ne sais pas vraiment si vous l'aviez remarqué, votre majesté, » lui avait-il murmuré en lui serrant les deux mains, « mais aux moments où vous aviez besoin de protection, aussi bien en dehors du château qu'en dehors du pays, je fais toujours, toujours, partie de l'équipe qui vous protège. Je... suis toujours volontaire, pour que vous le sachiez, et je le fais à chaque fois en espérant que vous me remarquiez. »
Dire que Lucy fut surprise était un euphémisme, mais elle savait que c'était quelque chose de comparable à ça. Ardon révéla plus tard qu'il possédait ce gros béguin pour elle, et son côté stupide et viril désirait rester toujours auprès d'elle.
Après cette journée merveilleuse et mouvementée, une sublime et secrète relation avait commencé entre la reine narnienne et le soldat.
Et Lucy savait qu'elle n'avait jamais ressenti une telle exaltation auparavant.
Son esprit revint au présent, lorsqu'Ardon leva une de ses mains et lui embrassa chaque doigt. Les joues de Lucy chauffèrent furieusement, et elle était reconnaissante envers lui qu'il la tienne, parce que ses jambes commençaient à devenir faibles.
« Tu m'as manqué, » confessa-t-elle alors qu'il l'attira vers lui pour la serrer dans ses bras. Lucy prit une profonde respiration, respirant son odeur si familière, et ferma ses yeux. Ils allaient parfaitement ensemble : la tête de la reine arrivait en dessous de son menton, et tout en eux se mélangeait parfaitement.
Le telmarin relâcha un léger gloussement et la serra plus fort. « Je crois que toi aussi, » murmura-t-il, son souffle caressant le côté de son visage.
Lucy sourit et recula légèrement pour qu'elle puisse le regarder. « Comment vas-tu ? » Murmura-t-elle, et ses sourcils se rapprochèrent légèrement de frustration. « Bon sang, cela fait longtemps depuis qu'on s'est parlé la dernière fois. »
Ardon rigola, et ses yeux brillèrent sous la lumière de la lune. « J'ai fait de mon mieux pour m'entraîner pour le poste de Commandant Suprême, » dit-il en gonflant fièrement sa poitrine. « Je suis sûr qu'en un rien de temps, j'en serai un et ainsi, je pourrai demander correctement ta main auprès de tes frères. »
La reine roula des yeux face à son excès de confiance, mais, malgré tout, elle ne pouvait pas arrêter le sourire qui grandissait sur son visage. « Je suis sûre que tu y arriveras, » dit-elle. « Je ne comprends toujours pas, cependant, pourquoi tu ne veux pas que je te présente à ma fratrie. Ils peuvent être… déplaisants s'ils le veulent, mais je suis sûre qu'ils vont t'adorer. »
Il secoua sa tête et posa ses mains sur ses joues. « Je veux leur prouver ce que je vaux, » dit-il avec franchise. « Tu es reine et moi je ne suis qu'un simple paysan quand on y réfléchit. Je dois mériter leur respect. »
Lucy, avec un sourire ému, posa une de ses mains sur une de ses joues. « Ils ne sont pas comme ça, » murmura-t-elle. « Noble ou non, mes frères et sœurs respectent tout le monde. »
« Toujours est-il, » dit-il avec conviction, « je dois le faire. »
La reine roula des yeux et soupira. « Les hommes et leur fierté, » persifla-t-elle avec humour. « Ridicule. »
Ardon rit avant de serrer la reine contre lui de nouveau, presque à lui ôter la vie. « Lucy et son inquiétude tristement célèbre, » rétorqua-t-il. « Ridicule. »
Elle gloussa adorablement et se blottit contre lui. À ce moment-là, un étrange bruit parvint à son oreille et elle se figea. « Shhhh... tu entends ça ? » Dit-il en le poussant davantage dans la pénombre.
Le telmarin renforça sa prise sur elle. Son front se plissa alors qu'il écoutait dans la nuit noire. Et puis, l'étrange bruit se fit de nouveau entendre. « Je ne suis pas totalement sûr, » dit-il doucement en fronçant les sourcils. « Mais je pense que j'entends- »
« - des sanglots, » termina Lucy dont le cœur se serrait alors que son regard se posait sur le centre du jardin. Abruptement, elle s'éloigna d'Ardon et couru dans la noirceur du jardin. Ardon la fixa de surprise et la suivit aveuglément, sa main droite agrippant le pommeau de son épée au cas où quelque chose se passerait mal.
Lucy, d'un autre côté, arriva enfin au kiosque de jardin et ses yeux regardèrent instantanément sa dame de compagnie qui était assise sur une des chaises, et qui pleurait. Hermione ne sanglotait pas discrètement : Lucy en entendait des bruyants, rauques, et elle déglutit, surprise de voir la jeune brune en détresse.
Ardon arriva quelques secondes après et regarda Lucy avec des yeux interrogateurs après avoir regardé Hermione. La reine se tourna vers lui, fatiguée, et déposa un rapide baiser sur ses lèvres. « Peux-tu nous laisser à présent mon amour ? » Demanda-t-elle. Le telmarin regarda avec inquiétude Hermione, puis de nouveau Lucy et acquiesça.
« Je te reverrai tôt, ma dame, » murmura-t-il en retour avant de se baisser et de lui déposer un baiser sur le front. Puis il s'éloigna d'elles.
« Hermione ? » Demanda Lucy avec inquiétude en entrant dans le kiosque.
La jeune brune relâcha un bruyant soupir et, à travers ses yeux humides, elle fut capable de discerner la silhouette de Lucy. Lorsqu'elle vit sa maîtresse, son visage se crispa et ses sanglots devinrent plus bruyants. « Lu-Lucy ? » Dit-elle en pleurant et en se cachant le visage derrière ses mains. « O-oh, par Merlin, Lu-ucy. »
La reine s'approcha d'elle immédiatement et passa un bras autour des épaules d'Hermione. « Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui ne va pas ? » Demanda-t-elle à la hâte, surprise par le corps froid d'Hermione. « C'est... C'est Edmund ? A-t-il fait quelque chose à ton égard ? Ou Thalia ? A-t-elle encore dit quelque chose d'indélicat à ton attention ? »
Hermione secoua vigoureusement sa tête. « Non, non, » dit-elle en pleurant et en enlevant ses mains de son visage. « Pouvons-nous d'abord retourner dans ma chambre s'il-te-plaît ? Je- » Hermione prit une profonde respiration. « J'aimerais me reposer. »
Lucy acquiesça et l'aida à se lever. Elles entrèrent par les cuisines, car elles avaient peur qu'Hermione n'attire l'attention des autres. Quelques Animaux Parlants furent surpris de voir la dame de compagnie tremblante et en pleurs, mais Lucy secouait simplement la tête, et leur disait que poser des questions n'était pas la meilleure chose à faire en ce moment.
Le trajet jusqu'à la chambre d'Hermione fut rempli avec le bruit des larmes de la brune. Lucy opta pour le silence et la réconforta jusqu'à ce qu'elles arrivent à la chambre de la dame de compagnie, loin des yeux fouineurs et des oreilles indiscrètes.
Elles y arrivèrent rapidement et y entrèrent. Après avoir verrouillé la porte, Lucy se retourna, fatiguée, et soupira. Elle s'approcha d'Hermione avec précaution et lui offrit son mouchoir. Ses larmes avaient ruiné son léger maquillage mais Hermione ne semblait pas s'en préoccuper.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » Demanda finalement Lucy en faisant glisser une chaise devant Hermione pour qu'elle s'assoie face à elle. « Qu'est-il arrivé ? Tu as juste… disparu un moment et maintenant tu es en larmes et dans tous tes états. »
« P-peter m'a fait sa demande, » dit-elle en fondant en larmes, ce qui fit s'agrandirent les yeux de Lucy et relâcher sa mâchoire.
« Il… QUOI ? » Hurla de manière stridente la reine dit ''la vaillante'' en prenant les deux mains d'Hermione.
Hermione serra faiblement les mains de Lucy et répéta : « Peter m'a fait sa demande. »
Lucy déglutit, elle savait enfin pourquoi elle avait trouvé Hermione dans une telle détresse. « Et tu l'as rejeté ? » Demanda-t-elle doucement. Les mots dans sa bouche semblaient aigres et elle balaya ce sentiment horrible.
Hermione secoua sa tête, ce qui surprit totalement Lucy. « J-je ne lui ai pas donné de réponse, pas encore. I-il a dit qu'il me laissait du temps. Tout est si soudain et, par M-Merlin, je ne sais plus quoi faire à présent. » Hermione sanglota contre son mouchoir, ses larmes continuant de couler. Elle prit une profonde respiration et ajouta : « Qu-que dois-je faire Lucy ? Je ne sais plus quoi faire. J-je ne peux pas… »
« Shhhh, » dit la reine en se levant de sa chaise pour prendre la dame de compagnie dans ses bras. Hermione la serra plus fort et pleura dans son cou. « Shhhh… tout va bien. »
Il fallut presque une demi-heure à Lucy pour calmer Hermione. La brune commença à être fatiguée de pleurer et lorsqu'elle se posa lourdement contre la reine, Lucy su qu'elle s'était endormie.
Elle poussa doucement Hermione pour l'allonger sur son lit, lui enleva ses chaussures et les posa sur le sol. Avec consternation, elle regarda sa robe et soupira. Elle se dit que c'était un tel gâchis car elle pensait qu'elle était, de loin, la plus belle robe qu'Hermione avait porté depuis son arrivée au château.
Lucy recouvrit son corps avec sa couette. Elle prit le mouchoir qui avait été jeté et retira les restes de larmes qui avaient ruiné le maquillage sur le visage d'Hermione.
Un léger gémissement s'échappa des lèvres de la brune, et fut suivi d'un silence. Lucy resta quelques minutes de plus avant de se retourner et de quitter la chambre.
Ardon la rejoignit lorsqu'elle retourna de nouveau dans le jardin. L'anniversaire de Caspian XI battait son plein, et tout le monde parlait et rigolait avec effervescence. Les Créatures Magiques continuaient de danser et la nourriture continuait d'être servie. Étrangement, Lucy n'avait plus envie de retourner faire la fête.
« Est-ce que tout va bien ? » Demanda le telmarin en attrapant la main de Lucy pour attirer son attention.
La reine le regarda tristement et secoua sa tête.
« Que s'est-il passé ? » Demanda-t-il, ce qui fit soupirer Lucy.
« Je pense que ma dame de compagnie préférerait garder cela entre elle et moi, » dit-elle en fronçant les sourcils. Lucy lui rendit son regard, un air déçu sur son visage. « Je suis désolée, je… j'ai soudainement envie de me retirer dans ma chambre, Ardon. Et j'étais tellement impatiente de te voir. »
Le telmarin sourit tendrement et tapota son nez. « Il n'y a pas besoin d'être désolée, » dit-il. « Je comprends. »
Lucy le regarda avec reconnaissance et le serra fort contre elle. Elle embrassa son menton et soupira contre son cou. « Je te revaudrai ça un jour, » murmura-t-elle.
Ardon acquiesça et lui donna un baiser d'au revoir. Lucy le regarda tandis qu'il rentrait dans le château, et le perdit finalement de vue alors qu'il se fondait dans la foule.
La reine se rendit dans sa chambre d'un pas lourd et se laissa tomber sur son lit, trop fatiguée pour se changer avant. Sa conversation avec Hermione lui avait pris plus d'énergie qu'elle ne l'avait imaginé. Un léger froncement apparu sur son visage alors qu'elle se tournait dans son lit, sans prêter attention à ses cheveux décoiffés.
Peter avait demandé Hermione en mariage, ça elle l'avait compris. Et ça l'avait énormément surprise. Les sentiments de Peter envers Hermione étaient douloureusement évidents, mais Lucy ne s'attendait pas à ce qu'ils soient sérieux. Edmund était comme un livre ouvert : elle avait toujours réussi à lire en lui. Mais c'était différent pour Peter. Son ainé avait toujours tendance à être impulsif, à faire des choses qu'il n'avait jamais réellement prévu de faire. Lucy ne s'était pas imaginée qu'il avait prévu de faire sa demande en mariage aujourd'hui. C'était arrivé comme ça, et c'était peut-être lié à la magie de la nuit et à la beauté ensorcelante de Hermione à ce moment-là.
Son cœur pensa à Hermione, et elle se rappela combien le bruit de ses larmes avait résonné dans sa chambre. Elle pouvait imaginer le pur étonnement qu'elle avait ressenti lorsque Peter lui avait demandé sa main.
Son cœur se brisa également pour Peter, car elle savait qu'il finirait par se faire rejeter.
« Faites attention ! » Prévint Peter en posant une main sur le bras d'Hermione qui chancelait dangereusement sur son cheval noir. Harry hennit par inquiétude, car il avait senti que son propriétaire avait failli se blesser.
Avec un sursaut, Hermione retira son bras de la main de Peter et s'éclaircit la gorge. Les joues de Peter rosirent légèrement et il détourna le regarde de la jeune brune.
« Et ceci conclu notre leçon du jour, » dit-il après s'être calmé. « Vous devenez meilleure au fil des jours. Je suis sûr qu'en un rien de temps, vous deviendrez une fantastique cavalière. »
Hermione acquiesça et descendit du dos d'Harry. Elle frotta son nez pour lui assurer qu'elle allait bien, et le cheval hennit de nouveau. « Je… Vous pouvez y aller, majesté. J'aimerai m'entraîner encore un peu. »
Le Grand Roi sourit et acquiesça. « Faites seulement attention, » prévint-il en massant nerveusement l'arrière de son cou. « Et Hermione… » Il fit une pause, prit une profonde respiration et secoua sa tête. « Ce n'est pas grave, j'ai juste… » Il gloussa nerveusement et la regarda intensément. « La nuit dernière… tout ce que j'ai dit était sincère. »
Le cœur d'Hermione se serra et elle regarda le sol, ne sachant pas quoi faire. Durant une minute étrange, Peter se tenait devant elle, ses yeux la fixant intensément alors qu'Hermione évitait son regard. Puis le Grand Roi s'éclaircit la gorge et recula d'un pas.
« Faites attention, » prévint-il de nouveau, puis il lui fit une révérence. Il se retourna, monta sur Stardust et rapidement, il se mit au galop et s'éloigna de Douces Prairies. Aussitôt qu'il était parti, Hermione relâcha un soupir mécontent et monta de nouveau sur Harry.
Elle ne savait pas depuis combien de temps elle chevauchait sans but dans Douces Prairies. Son esprit flottait avec les nuages, et elle faillit tomber de son cheval et par conséquent, de se blesser.
« Désolée, Harry, » marmonna-t-elle à son cheval tout en tapotant sa tête. « Je pense que le mieux pour nous est de rentrer à la maison. »
Hermione s'arrêta, et ses sourcils se froncèrent. C'était drôle comment elle considérait Cair Paravel comme sa maison maintenant. C'était tout d'abord sa maison à Londres, avec ses parents dentistes et la vie convenable qu'ils avaient. Même si elle était fille de Moldue, cela ne voulait pas dire qu'ils ne pouvaient pas s'acheter de choses chères. En fait, ils étaient même une des familles les plus riches du quartier. Mais ensuite, cette maison en particulier lui fut retirée par les Mangemorts lorsqu'ils lui mirent le feu, avec ses deux parents à l'intérieur sans possibilité de s'échapper.
Et puis, il y a eu Poudlard – la grande, belle, majestueuse et merveilleuse école de Poudlard. Après avoir découvert qu'elle était une sorcière, la magie était devenue tout pour elle. Dans cette école, elle avait été capable de se faire de nouveaux amis, et d'acquérir une connaissance bien plus grande que tout le reste. Elle sentait qu'elle appartenait à cet endroit, malgré la discrimination évidente liée à sa parenté. Mais cette fois encore, cela lui avait été retiré lorsque la Seconde Guerre arriva à Poudlard, détruisant le second foyer qu'elle en était venue à aimer.
Et maintenant, Narnia – elle se demandait encore comment elle avait pu aimer instantanément cet endroit. Au fil des jours, elle s'était faite à l'idée qu'elle ne pourrait pas retourner à Poudlard, dans son monde, là où était sa place. Cependant, elle trouva à Narnia ce sentiment de joie qu'elle n'avait cessé de chercher, et qu'elle n'avait jamais trouvé à Poudlard. Son cœur se serrait de douleur à chaque fois qu'elle pensait que ce nouvel endroit qu'elle appelait « maison » pourrait lui être retiré aussi.
'Par Merlin, s'il-vous-plaît, non,' pria-t-elle les cieux en silence mais avec ferveur. Seul Dieu savait oh combien son monde s'effondrerait si Narnia lui était enlevé.
Hermione se remémora de nouveau les événements de la nuit dernière et soupira. Cela avait été une longue soirée et elle fut ravie d'y avoir survécu. Il y avait eu ce fiasco avec Thalia, ce qui avait embarrassé aussi bien Edmund qu'elle. Ses joues chauffèrent furieusement alors qu'elle pensait au roi dit « le juste. »
Et puis il y avait eu la demande en mariage de Peter. Toutes les couleurs de son visage disparurent et elle déglutit. Elle n'en revenait toujours pas que Peter ait choisi ce moment pour lui demander sa main. Et assez brusquement en plus ! Malgré tout, Hermione comprenait, d'une certaine façon, la logique de Peter derrière son action qui pouvait sembler illogique. Selon la grande prophétie, une guerre approchait et Hermione avait fait personnellement l'expérience que tout pouvait arriver durant une guerre. Sous la demande en mariage sincère de Peter, il y avait un soupçon de désespoir.
La jeune brune se demanda pourquoi elle était plus embêtée par la confession de Peter que celle d'Edmund. Peter avait été le premier à montrer des signes d'affection envers elle. Pour Edmund, cela avait été une surprise. Et même si dans son cœur et dans son esprit elle avait rejeté les sentiments des deux hommes, la culpabilité écrasante de rejeter Peter semblait être la plus douloureuse.
Harry et elle arrivèrent enfin aux écuries du château. Normel, le garçon d'écurie, avait accueilli Hermione avec ravissement. « Comment allez-vous ? » Demanda-t-elle poliment.
« Très bien, mademoiselle, merci beaucoup, » répondit-il avec son accent dont elle n'avait pas l'habitude d'entendre. Hermione avait, d'une certaine façon, déjà entendu cet accent avec Caspian, bien que celui de Caspian était moins prononcé depuis qu'il parlait avec les narniens.
Hermione dit au revoir à Normel et rejoignit sa chambre, avec l'attention de faire une sieste avant de commencer une nouvelle leçon.
Sa flèche avait manqué de peu le pauvre Nain, qui avait baissé la tête juste à temps.
« Oh, par Merlin, je suis vraiment désolée ! » Hurla Hermione avec horreur alors qu'elle courait sur toute la longueur du terrain de tir à l'arc pour approcher le Nain.
Esko le Nain balaya d'une main méprisante ses excuses muettes. Hermione eut le sentiment qu'il avait été utilisé pour ce genre de choses, qu'il avait été choisi par Caspian et Susan pour assister la brune lors de sa première leçon de tir à l'arc.
« Calme-toi, Hermione, » conseilla Caspian alors qu'Hermione revenait en courant. Il affichait un sourire amusé et la brune ne put s'empêcher de lui envoyer un regard noir. « Souviens-toi, tu dois te concentrer sur le centre de la cible, et non sur la flèche et l'arc. La force viendra… naturellement. C'est le bon terme, Susan ? Je ne suis pas l'expert ici. »
Susan soupira et secoua sa tête, Caspian XI attaché à ses hanches. Son petit garçon faisait des bruits de babillage, et tirait adorablement les beaux cheveux de Susan. « Ne stresse pas sur le fait d'atteindre le centre de la cible, Hermione, » dit-elle en envoyant un regard appuyé à son mari. « Cela n'a pas d'importance pour l'instant, du moment que tu maîtrises ton arc et ta flèche. Tu es brillante, je suis certaine que tu seras apte rapidement. »
Hermione fronça les sourcils et s'agenouilla pour prendre une autre flèche dans son carquois. Avec un bruit de désarroi, elle regarda Susan qui se recula et qui protégea son fils de ses bras. Pourquoi ne le ferait-elle pas alors qu'Hermione tirait ses flèches de façon presque imprévisible ?
'Très bien, concentre-toi sur la manipulation de l'arc et de la flèche,' se dit-elle intérieurement alors qu'elle mettait une flèche en place. 'Calme-toi,' se dit-elle. 'Ne te focalise pas sur atteindre le centre de la cible.'
Et puis, elle relâcha rapidement la corde de son arc, et la flèche partit vers l'avant. Esko s'éloigna rapidement de la cible ronde avant même que la flèche arrive à côté de lui.
Hermione regarda avec triomphe la façon dont la flèche avait atteint la cible. Même si elle n'avait pas heurté son centre, ce fut la première fois qu'elle était capable de le faire correctement.
Susan s'exclama pour la féliciter, et Caspian applaudit. « Très bien, » dit le roi telmarin. « Tu t'améliores, mademoiselle Granger. »
Elle afficha un large sourire, et offrit même à Caspian une embrassade surexcitée. Le roi rit et tapota son dos tout en faisant un clin d'œil à sa femme. Susan secoua sa tête, mais afficha un large sourire néanmoins en faisant sauter de joie Caspie.
« Bien, à présent, je pense que le mieux est que nous allions tous dans le jardin pour le thé de l'après-midi, » proposa Susan remontant Caspie un peu plus haut dans ses bras. « Ce fut une journée fatigante pour nous, et surtout pour toi, Hermione, et ce n'est pas bon pour toi si tu te stresses pour tes leçons. »
Hermione acquiesça, et après avoir arrangé son équipement d'archerie, elle se dirigea vers le jardin avec Susan, Caspian et leur fils.
« J'ai entendu de la part d'Edmund que tu étais douée avec une épée, » dit Caspian.
La brune sourit en rougissant. « Hum… il a dit ça ? » Demanda-t-elle en posant son regard au loin.
« Edmund dit de bonnes choses sur toi, Hermione, » ajouta Susan en attrapant inconsciemment la main de Caspian. Son mari lui adressa un sourire alors qu'il entremêlait ses doigts avec ceux de Susan. « Ce qui est un peu surprenant, cela dit, car il n'aimait pas l'idée de te voir fouler le sol de Cair Paravel. »
Hermione soupira. 'Oh, tu n'as même pas idée,' murmura-t-elle intérieurement, et sourit silencieusement.
« Comment ne peut-il pas, alors qu'elle a prouvé qu'elle était une brillante jeune femme ? » Demanda Caspian en secouant sa tête. « Par Aslan, je n'ai jamais vu une telle femme auparavant. »
La brune haussa les épaules et sourit. « J'accorde de l'importance à la connaissance, » statua-t-elle d'un ton neutre, comme si cela était la chose la plus évidente au monde. « C'est le plus grand trésor que je veux acquérir en grandissant. »
« C'est étrange comme tu parles comme Susan, » dit-il avec un sourire affectueux pour sa femme.
Susan adressa un sourire à Hermione, totalement d'accord avec les paroles de Caspian.
Leur conversation s'arrêta lorsqu'ils pénétrèrent dans le jardin où Lucy, Edmund et Peter étaient déjà assis sur leurs sièges respectifs.
« Quelle bonne journée ! » S'exclama Lucy tout en étendant ses bras devant elle. Un panier avec des choses à grignoter pendait sur son bras gauche. Son bras droit s'enroula immédiatement autour de celui d'Hermione, et elle adressa à sa dame de compagnie un large sourire. « Je suis certaine que nous allons avoir un pique-nique sympathique à Douces Prairies aujourd'hui. »
Hermione, Susan, bébé Caspian et Lucy avaient décidé d'organiser un pique-nique aujourd'hui. Les rois s'étaient faits rares car ils se retiraient dans la bibliothèque de Peter pour discuter une nouvelle fois du problème à Ettinsmoor et du taux de rebelles telmarins contre la monarchie qui ne cessait d'augmenter. Les deux reines, ainsi que la dame de compagnie, avaient pensé que la journée était bonne, et qu'elles pouvaient aller se distraire à Douces Prairies ety faire un pique-nique.
Ils arrivèrent rapidement et Hermione déposa une couverture sur l'herbe. Lucy enleva tous les aliments du panier et elles commencèrent toutes à manger.
Hermione pensa que cela faisait une bonne pause par rapport à tous les problèmes auxquels elle faisait face actuellement. Elle avait oublié depuis quelques temps les sentiments d'Edmund. Momentanément, la demande en mariage de Peter fut totalement oubliée. C'était comme si elle était au pays des merveilles, là où tous ses problèmes n'existaient pas.
Caspian XI fut une bonne distraction pour les jeunes femmes, qui s'amusaient avec le bébé. Il émettait encore des bruits incohérents, et il était encore un marcheur chancelant. Il ne manquait jamais de se faire complimenter par les jeunes femmes. Caspian X, son père, était toujours étonné de voir combien les femmes se transformaient avec lui, observant qu'elles agissaient comme des mères dévouées aux yeux brillants, roucoulant des mots doux pour rendre le bébé heureux.
« Lu', peux-tu me passer le beurre ? » Demanda Susan, et sa petite sœur lui donna rapidement ce qu'elle voulait.
Une demi-heure plus tard, Susan et Caspie allèrent se rafraîchir près du ruisseau. Maintenant que Lucy et Hermione étaient seules, la jeune reine fixa avec inquiétude sa dame de compagnie, et lui prit sa main. "Est-ce que tout va bien ?" Demanda-t-elle.
Hermione sourit simplement et acquiesça. « Pour l'instant, oui, » dit-elle en expirant un soupir songeur. « Je pense que ce dont j'avais besoin était une pause de... tout. »
Lucy serra sa main et lui adressa un sourire. « Je suis soulagée, » dit la reine. « Juste, n'aie pas peur de venir me voir si tu as besoin de quelque chose. »
« Je vais garder ça en mémoire, » répondit la brune.
Lorsque Susan et le petit Caspian furent revenus, Hermione et Lucy avaient déjà tout remballé. Elles se mirent en route pour retourner à Cair Paravel.
Alors qu'elles voyageaient vers le château, elles s'amusaient en jouant avec le bébé. Caspie avait un rire communicatif qui faisait toujours glousser de joie les femmes. Susan l'avait passé à Lucy puis à Hermione puis l'avait repris, et toutes faisaient rebondir le bébé plein de vie.
« Attendez... » dit Lucy en plissant des yeux. Elles étaient proches des portes de Cair Paravel lorsque la reine dit la vaillante les arrêta d'un mouvement de main.
« Qu'est-ce c'est ? » Demanda Susan.
Les yeux de Lucy s'agrandirent alors qu'elle fixait sa sœur. « C'est elle, » murmura-t-elle, horrifiée. « C'est la vieille dame. »
Le visage de Susan refléta celui de sa sœur. « Celle de la prophétie ? » Demanda-t-elle. Le hochement de tête que Lucy lui adressa lui suffit.
Hermione, confuse, regarda droit devant elle. Elle pouvait distinguer une silhouette en dehors des portes de Cair Paravel, qui se tenait fermement aux barres des portes.
Avec précaution, elles approchèrent et Hermione lâcha un cri de surprise. Il s'agissait de la même vieille dame qui s'était présentée comme une diseuse de bonne aventure à la fête foraine de Narnia, la même vieille dame qui avait disparu et la même vieille dame qui lui avait dit qu'elle ne pourrait plus retourner dans son monde à présent.
Son cri de surprise attira l'attention de la vieille dame. Son visage afficha une pure panique mais, impulsivement, Hermione couru vers elle. Avant même qu'elle ne s'enfuit, Hermione avait attrapé ses poignets et la fixait désespérément.
« PETER ! » Lucy hurla avec hystérie dans le château. Quelques gardes narniens s'alarmèrent avec les cris de Lucy. Avec un seul regard pour la scène qui se déroulait devant les portes, ils les ouvrirent et se précipitèrent à l'extérieur, encerclant Hermione et la vieille dame.
Peter, suivit d'Edmund et de Caspian X, surgirent du château. Une expression de panique s'était posée sur le visage du Grand Roi et lorsqu'ils arrivèrent à l'extérieur, on pouvait voir sur leur visage qu'ils l'avaient reconnue.
La vieille dame commençait à devenir désespérée, désirant s'enfuir. Mais la prise d'Hermione était ferme : elle était déterminée à ne pas la laisser partir. Pas quand elle avait encore tellement de questions sans réponses, et qu'elle avait cette intuition que seule cette femme pouvait les lui fournir.
Edmund prit son épée et la pointa vers la vieille dame. Celle-ci, d'un autre côté, gémit en voyant le bord coupant de l'arme.
« Nous n'allons pas vous faire de mal, » dit doucement Peter, « à condition que coopériez avec nous. »
Peter ordonna à ses soldats de saisir la vieille dame et de l'emmener à l'intérieur. Les autres membres de la royauté, avec Hermione, se ruèrent ensuite à l'intérieur du château. Les soldats emmenèrent la vieille dame dans la Salle des Trônes et rapidement, Peter ordonna à ses soldats de les laisser seuls.
Un silence pesant s'installa tandis que les membres de la royauté narnienne fixaient la prophétesse avec grand intérêt. Hermione la regardait assez suspicieuse, déduisant à présent que tous les autres l'avaient déjà rencontrée. Elle avait cette sensation que cette rencontre fortuite avec la vieille dame n'était pas fortuite du tout.
« Essayez de fuir et je le jure sur Aslan, nous vous traquerons, » menaça Peter.
Le sang d'Hermione se glaça en entendant le ton menaçant du Grand Roi Peter. C'était la première fois qu'elle entendait une telle intonation sortir de sa bouche. Apparemment, ses mots firent peur à la vieille dame qui se tenait immobile au centre de la pièce.
Personne ne bougea pendant quelques minutes. Ce fut Hermione qui brisa le silence, car elle devait satisfaire la curiosité en elle qui était à son paroxysme. Elle approcha avec précaution de la vieille dame. Derrière elle, elle pouvait entendre les autres rois sortir leur épée et en diriger la pointe vers la vieille dame au cas où elle ferait quelque chose à Hermione.
« Qui... qui êtes-vous exactement ? » Demanda-t-elle en ravalant sa peur.
La vieille dame la fixa intensément pendant une bonne minute avant de secouer sa tête et de soupirer de résignation. « Je savais que ce jour viendrait, » dit-elle avec gravité.
Puis elle fouilla dans sa manche et en sortit, à la surprise totale d'Hermione, un bâton - plutôt une baguette magique. Abasourdie, elle regarda la dame faire des mouvements de vague avec sa baguette et se métamorphoser devant ses yeux. Elle grandit de quelques centimètres, son dos se raidit, s'opposant ainsi à celui bossu de la vieille dame. Ses cheveux gris devinrent bruns, et ses yeux prirent une couleur vert foncé.
Dans un sanglot choqué, Hermione pressa sa main contre sa bouche, sans voix.
Même si elle n'avait plus son côté tape-à-l'œil ni ses lunettes tristement célèbres posées sur son nez, Hermione pu reconnaître son ancienne professeure de Divination.
« Hermione ? » Demanda une voix derrière elle. Elle était trop désorientée pour reconnaître celle d'Edmund. Tous les membres de la royauté étaient encore abasourdis par la magie qui venait de se produire devant eux, mais leur confusion augmenta lorsqu'ils virent la dame de compagnie de Lucy sangloter doucement.
Sur un coup de tête, probablement amplifié par des sentiments la submergeant, Hermione se lança dans les bras de Sybille Trelawney. Le soulagement de voir un visage familier submergea la brune alors qu'elle resserrait ses bras autour de la vieille sorcière qui se tenait devant elle.
« Pr-professeur, » dit-elle en sanglotant. « Oh, par Godric, professeur. »
Les yeux de Trelawney s'humidifièrent tandis qu'elle enlaçait en retour une de ses anciennes élèves, un léger sourire apparaissant sur son visage. « Hermione Granger, » commença-t-elle, « la plus brillante sorcière de sa génération. »
Avec un regard confus sur son visage, Peter descendit les marches de son trône et s'approcha d'elles. « Hermione ? » Dit-il avec une voix pleine d'étonnement. « Je ne comprends pas. »
« Permettez-moi de vous expliquer, votre majesté, » proposa Trelawney tandis qu'Hermione s'éloignait de son professeur. Lucy courut instantanément vers sa dame de compagnie et entoura sa taille avec son bras, en lançant des regards suspicieux à la femme mystérieuse.
« Tout va bien, » murmura Hermione. « Je la connais. »
« C'est vrai ? » Demanda Peter dont la confusion ne cessait d'augmenter.
« Avant toute chose, permettez-moi de me présenter, » dit la vieille professeure de Divination. Elle fit une révérence courtoise et proclama : « Mon nom est Sybille Trelawney. Je viens également de l'école de Magie et de Sorcellerie Poudlard, et mademoiselle Granger ici présente fut une de mes anciennes élèves. »
Des pas résonnèrent dans la pièce alors qu'Edmund s'approchait d'eux. « De Poudlard ? » Demanda le roi dit "le juste" avec de la surprise dans la voix. « Mais pourquoi- ? »
Trelawney recula de quelques pas et regarda Hermione d'un air mélancolique. « La Deuxième Guerre du monde magique approchait. Je le sais parce que je l'avais prédit, » commença-t-elle à dire. Un regard de douleur apparu sur le visage d'Hermione alors qu'elle regardait son professeur en retour. « Deux semaines avant le début de la guerre, tout changea. »
« Vous avez été emmenée à Narnia, » dit lentement Hermione dont les yeux s'agrandirent lorsqu'elle réalisa. « Vous aviez disparu, et nous avons tous pensé que vous aviez été tuée par les Mangemorts. »
« Mais je ne l'étais pas, » dit Trelawney en secouant sa tête. Elle regarda de nouveau les membres de la Royauté. « Deux semaines avant le début de la guerre, » répéta-t-elle, « Aslan est venu à Poudlard et m'a emmené ici, à Narnia. »
Les membres de la Royauté s'exclamèrent collectivement. « Aslan ? » Demanda Lucy dont les yeux s'illuminèrent d'excitation. « Vous avez vu Aslan ? »
Trelawney sourit et acquiesça. « Le Grand Lion de Narnia apparu dans ma chambre et m'a dit que je devais quitter mon monde pour aller dans un autre parce que j'avais un objectif à remplir, » dit-elle. « Et celui-ci était de vous transmettre à tous la prophétie de la Glace et du Feu, de la Vieille Sorcière Blanche et de la Princesse des Lions. » Ses yeux se portèrent de nouveau sur Hermione et elle sourit en voyant le regard incrédule sur son visage.
Hermione avait encore des doutes sur le fait qu'elle était l'Elue de la prophétie. Maintenant que Trelawney l'avait confirmé, tout semblait irréel.
« Au plus fort de la guerre, Aslan me révéla qu'il allait t'amener à Narnia, » continua Trelawney. « Nos rencontres n'étaient pas accidentelles. Pendant la fête foraine à Narnia, je voulais vraiment te faire venir dans ma tente et te révéler quelques éléments de la prophétie. Nous nous sommes rencontrées de nouveau et je t'ai donné le Choixpeau Magique après t'avoir dit que tu ne pouvais plus retourner à Poudlard. »
La brune acquiesça avec précaution. « Oui, je me souviens, » dit-elle en essuyant ses larmes n'importe comment.
« Je me suis déguisée parce qu'Aslan m'a ordonné de le faire, » continua la vieille sorcière en faisant bouger sa baguette pour que tout le monde la voit. « Il disait que le temps viendrait lorsque je devrais me révéler à vous tous. Et je pense que c'est le bon moment. »
« Et vous pouvez faire de la magie, » remarqua la dame de compagnie de Lucy. Elle sortit également sa baguette inutile et fronça les sourcils. « Mais ma magie est... étouffée, » expliqua-t-elle. « Comment pouvez-vous faire de la magie quand moi je ne peux pas ? »
« La première fois que je suis venue à Narnia, » commença Trelawney, « ma magie l'était également, mademoiselle Granger. C'est seulement lorsqu'Aslan a béni ma baguette que j'ai pu faire de nouveau de la magie. »
Les yeux de la brune s'agrandirent lorsqu'elle comprit. « Mais son arme faiblira, jusqu'à ce que le Roi des Lions la bénisse de ses mains, » récita-t-elle. « Aslan doit bénir ma baguette avant que je puisse utiliser de nouveau ma magie »
« Oui, mais ce n'est, pour l'instant, pas le bon moment, » dit son professeur. « Le bon moment viendra, mademoiselle Granger, il vous suffit d'attendre. »
Trelawney regarda ensuite les rois et reines de Narnia. Elle sourit presque à l'expression similaire sur leurs visages. « Je crois que je me suis correctement justifié, vos majestés, » dit-elle. « Je ne cherche pas à faire de mal à votre royaume, bien que cela soit normal que vous me suspectiez alors qu'une nouvelle guerre approche. »
Peter inclina sa tête. « Nous vous remercions pour ces informations, » dit-il. « Je... je vous suis reconnaissant de nous avoir permis d'entendre de tels mots de votre part. »
Hermione acquiesça vigoureusement, le rejoignant.
« En tant que chefs de ce pays, le mieux est qu'aucune information ne vous soit cachée, » dit-elle en secouant sa tête. « À présent, si vous voulez bien m'excuser, je dois- »
« Vous ne pouvez pas rester ? » Hermione laissa s'échapper cette question sans réfléchir. Ses joues se colorèrent lorsqu'elle regarda Peter et les autres. « Eh bien, s'ils le permettent. »
« Bien évidemment, » dit Peter en affichant un sourire charmant.
Trelawney sourit, regarda toutes les personnes présentent dans la Salle des Trônes et dit : « D'accord. »
Cette nuit-là, la prophétesse s'absenta un moment pour retrouver les siens. Lorsqu'elle revint à Cair Paravel, Hermione la supplia de rester avec elle dans sa chambre. Trelawney accepta volontiers et à présent, elles partageaient un lit.
Alors qu'elles s'endormaient, Hermione se dit que cela faisait un moment qu'elle n'avait pas ressenti une telle paix.
