Bonjour chers lecteurs !

Je vous remercie pour l'attente, assez longue, pour ce nouveau chapitre. Mon travail de traduction a beaucoup ralenti ces derniers temps, je peux moins m'y consacrer... Je ne l'abandonne cependant pas !

Et voici ce nouveau chapitre justement. Hermione a retrouvé un visage familier à Narnia : quel sera l'impact de la présence du professeur Trelawney à Cair Paravel, et dans la vie de nos personnages ?

Je vous laisse le découvrir ;)

Bonne lecture !

Equipe :

Auteure originale : WickedlyAwesomeMe

Traductrice : PetiteSphereAilee

Relectrice : Snow


« Bonjour, » dit la professeure de Divination comme salutations matinales dès qu'Hermione ouvrit les yeux.

La brune se sentit d'abord confuse, se demandant ce que Sybille Trelawney faisait dans sa chambre. 'Attends, je suis bien toujours à Narnia n'est-ce pas ?' se demanda-t-elle en s'asseyant doucement sur son lit. Les événements de la veille lui revinrent en mémoire, et elle regarda son enseignante avec soulagement et avec un sourire amusé.

« Professeur Trelawney, » salua-t-elle en retour. « Vous êtes réveillée tôt. » Lorsqu'Hermione regarda à travers la fenêtre, le soleil continuait de se lever.

« Oh, ma pauvre enfant, nous ne sommes plus à Poudlard à présent, » dit l'ainée des sorcières. « Tu peux m'appeler Sybille, cela suffira. Et je n'ai pas réussi à dormir la nuit dernière. Je suis encore en train de m'habituer à ce magnifique château. »

Hermione acquiesça et remit une mèche de cheveux errante derrière son oreille. « Il vous rappelle Poudlard d'une certaine façon, n'est-ce pas ? » Demanda-t-elle doucement tout en parcourant sa chambre du regard. « Les mêmes murs de pierre et le sol... la même ambiance avant que Voldemort et les Mangemorts ne prennent possession du Monde des Sorciers. Vous vous habituerez parfaitement à cet endroit, Sybille. Il faut juste penser que c'est notre maison, notre Poudlard. »

Sybille acquiesça et sourit : « Narnia t'a apporté de bonnes choses, Hermione, » dit-elle en posant une main sur son bras.

« A vous aussi, » répondit-elle en observant son professeur de la tête aux pieds. Trelawney était habillée normalement à présent. Il n'y avait pas d'écharpes, pas de babioles colorées ni de bijoux autour de son cou. Son odeur habituellement étourdissante était remplacée par une simple odeur de savon. Maintenant qu'elle ne portait plus de lunettes, ses yeux avaient une forme normale. Son excentricité semblait avoir disparue et Hermione en conclut que Narnia avait adouci son étrange professeur.

« Il faut que j'aille dans la chambre de la Reine Lucy pour plusieurs minutes, » dit-elle. « Je dois la réveiller. »

Trelawney acquiesça. « Je vais prendre mon temps pour observer Cair Paravel de mon côté, » dit-elle.

Elles quittèrent toutes les deux la chambre d'Hermione, mais se dirigèrent dans deux directions différentes.

Maintenant qu'Hermione marchait seule, elle était capable de réfléchir à tout ce qui s'était passé. La nuit dernière fut quasiment irréelle pour elle. Elle avait pensé rêver, même si Sybille avait dormi dans la même chambre qu'elle. Elle avait insisté pour que son ancienne professeure reste avec elle dans sa chambre, tout en sachant que son lit pouvait accueillir deux personnes. C'était un nouveau moment impulsif, et Hermione reconnu que c'était probablement lié au fait qu'elle avait été surexcitée et soulagée de reconnaître un visage familier ici, à Narnia.

C'était drôle de voir comment son avis concernant Sybille Trelawney avait changé. Elle se rappelait à présent avec honte comment elle avait délaissé sa classe en troisième année parce qu'elle pensait qu'elle était un charlatan. Son étrangeté était insoutenable mais maintenant qu'elle savait que Sybille était celle qui avait prédit la Grande Guerre à Poudlard et la Grande Guerre à Narnia, elle la trouvait incroyable.

En parlant de la grande guerre, le cœur d'Hermione s'emballa dans sa poitrine alors qu'elle y pensait. La prophétesse elle-même avait confirmé qu'elle était celle dont parlait la prophétie, qu'elle était la seule à pouvoir vaincre la Sorcière Blanche lors de leur confrontation.

Rien que l'idée qu'elle avait un rôle essentiel à Narnia la rendit nauséeuse. Bien évidemment qu'elle avait déjà eu des responsabilités. En tant que sorcière la plus brillante de son âge, ses professeurs croyaient suffisamment en elle pour qu'elle excelle dans tous les examens et projets. Mais cette responsabilité... était différente. Rester en vie était un enjeu et faire le moindre faux pas pouvait affecter beaucoup de monde.

« C'est ainsi que tu te sentais Harry, n'est-ce pas ? » Demanda doucement Hermione avec un sourire mélancolique. Elle comprenait à présent les moments d'angoisse de son meilleur ami. En tant qu'Élue, beaucoup avaient des attentes envers elle, même si elle ne le voulait pas vraiment.

Hermione serra ses poings avec le plus grand sérieux et soupira. 'Aide-moi, Harry,' pria-t-elle en silence son meilleur ami, où qu'il soit. 'Aide-moi à sauver ce magnifique royaume.'

Ses pensées s'arrêtèrent lorsqu'elle arriva devant la chambre de Lucy. Elle tourna la poignée et entra. Un rayon de lumière se posait au milieu du vaste lit, et Hermione sourit. Elle s'approcha de la table de chevet et alluma la lampe.

« Lucy, » murmura-t-elle en secouant la reine pour la réveiller. « Lucy, il est l'heure de se réveiller. »

Son corps se retourna dans le lit, la tête de la reine apparaissant finalement de sous la couette. Ses cheveux étaient en bataille et alors qu'elle s'étirait, quelques articulations craquèrent. Elle ouvrit ses yeux encore embrouillés, et fixa sa dame de compagnie. « Bonjour Hermione, » dit-elle avec un sourire fatigué.

Hermione lui rendit son sourire et marcha vers sa salle de bain. Elle prépara une bassine d'eau et une serviette pour que la reine puisse se rafraîchir. Lucy nettoya immédiatement son visage puis se leva de son lit. Elle s'approcha de son boudoir et fronça les sourcils en voyant l'état de ses cheveux.

« J'envie ces personnes qui n'ont pas besoin de se préoccuper de leurs cheveux, » grommela Lucy en regardant son reflet. Elle se retourna et envoya un regard noir à Hermione. « Comme toi, » dit-elle en regardant sa crinière sauvage brune.

La brune haussa simplement les épaules et prépara la tenue de Lucy.

Une fois ses habits de nuit changée avec sa tenue du jour, la reine, accompagnée de sa dame de compagnie, marchèrent jusqu'à la Salle à Manger.

Lorsqu'elles arrivèrent, tout le monde était déjà là, même Sybille. Elle était actuellement assise à côté de Susan qui avait petit Caspie sur ses genoux, et lorsque Hermione s'assit en face d'elle, cette dernière sourit.

« À présent que nous sommes tous au complet, nous pouvons commencer, » dit Peter en présentant le somptueux repas devant lui.

Hermione confectionna immédiatement un sandwich au beurre de cacahuètes et à la confiture de fraises, puis se servit un jus d'orange.

Ils parlaient de tout et de rien depuis quelques minutes. Cependant, et c'était inévitable, leur conversation dériva sur la prophétie et devint plus grave.

« Est-ce que tu es bien préparée, Hermione ? » Demanda Sybille dont les yeux s'assombrissaient d'inquiétude. « J'ai le... pressentiment que cette guerre sera bien plus grande que les autres guerres de Narnia. »

« Nous l'entraînons, » répondit Peter. « Je lui enseigne l'équitation, Edmund lui enseigne l'escrime, Susan et Caspian lui enseigne le tir à l'arc, et Lucy l'aide quelques fois dans ses recherches à la bibliothèque. Elles concoctent des remèdes pendant leurs cours. »

Sybille hocha la tête. « Bien, très bien, » gazouilla-t-elle distraitement. « Ne pas être préparée ne te sera pas favorable, ma chère. Je pense que tu as encore le Choixpeau avec toi ? »

Hermione acquiesça. « Oui, il est dans mon armoire, » répondit-elle.

Sa professeure sourit de soulagement. « Souviens-toi de ce que je t'ai dit à son propos, Hermione, » dit-elle. « Souviens-toi parce que c'est essentiel. »

« Attendez, je- »

Ses mots furent interrompus par Sybille qui leva soudainement sa main. « Je suis sûre que tu le comprendras rapidement, » dit-elle. « Avec ton esprit brillant. »

La brunette rougit par timidité, et baissa les yeux sur son assiette.

Trelawney déplaça ensuite son regard d'Hermione pour le poser sur le Grand Roi : « la guerre est proche, » dit-elle. « Je le sais. Je le sens. Je pense qu'il est temps que nous commencions à faire de notre mieux. »

Peter acquiesça. « Je dois préparer mes soldats également, » dit-il. « Nous devons commencer à fabriquer plus d'armes, réfléchir à des stratégies - Ed, je te confie cette tâche - et renforcer mon pouvoir. »

« Et augmenter mes séances d'entraînement, » ajouta Hermione avec un regard déterminé et acharné.

« Hermione, ne soit pas trop dure avec toi-même, » dit Lucy en prenant son bras, mais la brunette secoua sa tête.

« Tu as entendu Sybille ? La guerre est proche, » dit-elle. « Parmi toutes les personnes dans cette pièce, je suis celle qui dois faire de son mieux. »

Ses mots avaient alourdi le cœur de tous les occupants de la Salle à Manger. Personne ne pouvait nier leur vérité.


Par conséquent, depuis ce jour, l'entraînement d'Hermione s'intensifia. Peter lui montra comment faire de simples cascades tout en étant assise sur son cheval, ce qu'il jugeait utile à savoir une fois qu'ils seront sur le champ de bataille. La leçon du jours valu à Hermione quelques égratignures, des hématomes assez moches, et la promesse de renforcer ses entraînements avec Harry à Douces Prairies durant son temps libre.

Les cours de tir à l'arc étaient futiles cependant. Il était douloureusement évident pour Hermione, Susan et Caspian que ce n'était pas un domaine dans lequel Hermione excellait. Ils étaient tous d'accord pour dire qu'Hermione ne devait pas utiliser un arc et une flèche durant la bataille si elle voulait survivre. Néanmoins, ils lui enseignèrent les bases au cas où elle en aurait besoin.

Lucy et Hermione jugèrent que leurs recherches n'étaient pas ce qui était le plus utile dorénavant. Hermione les avait commencées parce qu'elle cherchait un moyen de rentrer à Poudlard. Ces derniers temps, elles cherchaient surtout un moyen pour qu'Hermione puisse faire de la magie de nouveau, mais ils avaient découvert, grâce à Trelawney, que seul Aslan pouvait le lui apporter de nouveau. Tout ce qu'ils avaient à faire était d'attendre. Elles confectionnaient quelques fois des remèdes et des baumes d'herbes et d'épices qu'elles avaient récoltées dans la forêt pour une utilisation future.

Ses leçons d'escrime avec Edmund semblaient les plus utiles. Ses compétences en maniement de l'épée étaient au-dessus de la moyenne, et ils étaient tous d'accord pour dire que cette arme était essentielle pour Hermione durant la bataille. Elle était impatiente de faire quelque chose pour laquelle elle excellait.

Cependant, il y avait un problème : son professeur.

« Ne vous préoccupez pas de moi, » dit Sybille alors qu'elle s'asseyait sur un des rebords de fenêtre de la Place des Armes. « Je vais juste lire ici, vous pouvez continuer à vous entraîner. » Puis elle cacha son visage derrière un livre épais et se perdit rapidement dans les mots et les images de l'histoire.

Hermione fixa étrangement Edmund et inclina sa tête. Les choses n'avaient pas changé entre eux : Edmund faisait toujours de son mieux pour l'ignorer, sauf pour quelques conversations quand cela était nécessaire. Hermione lui envoyait toujours des regards désolés, en sachant qu'à la fin, ils seraient vains.

L'ambiance durant leurs cours d'escrime s'était un peu améliorée cependant, même s'il y avait ce vœu mutuel de ne pas se parler. Après le petit incident qui faillit blesser Hermione, ils avaient convenu qu'ils pouvaient se parler durant leurs leçons. La seule condition qu'avait imposé Edmund était que tout ce qui se disait concernait seulement les leçons, rien d'autre. Hermione trouva cela juste, mais malgré elle, elle se sentait un peu triste. La formidable amitié qu'elle avait eue avec Edmund était sous tension, tout cela à cause des sentiments ardents d'Edmund et du rejet d'Hermione.

« Ce que je vais t'enseigner est un peu... difficile, » dit-il. Les yeux de la jeune fille s'illuminèrent malgré l'avertissement, car elle savait que c'était un défi. Hermione, après tout, avait toujours aimé les défis. « Je te dis ça car je ne peux pas te promettre que tu n'auras pas d'hématomes ou de petites blessures à la fin de la session. »

Hermione balança sa main comme pour rejeter cette idée : « j'ai connu de plus grandes blessures auparavant, » dit-elle. « Avoir des hématomes me semble futile à présent. »

Edmund la fixa, déconcerté. Au fond de lui, il était impressionné car elle était la première fille qui ne se préoccupait pas que son corps soit blessé.

Il s'éclaircit la gorge car il savait pertinemment où ses pensées le mèneraient inévitablement, puis il sortit son épée. « Sors ton épée, » ordonna-t-il à Hermione qui fit ce qu'il lui demanda. « La première chose que tu dois apprendre est comment taper la garde de ton épée contre la main de ton ennemi. » Il lui montra en cognant la garde de son épée contre la main de la brune, celle qui tenait l'épée. « L'objectif est de faire tomber l'épée de la main de l'ennemi. Tu dois taper fort, sinon cette technique est inutile. »

« Maintenant, lâche ton épée, » dit-il. Hermione leva un sourcil. « Essaye. Nous allons prétendre que j'ai réussi à faire tomber ton épée de ta main. »

Un peu sceptique, Hermione s'agenouilla et déposa doucement l'épée sur le sol. Lorsqu'elle se releva, elle fut réduite au silence car Edmund avait soudainement attrapé la main qui tenait l'épée, et il l'avait attiré vers lui. Alors qu'elle pensait se cogner contre son torse, il tordit son bras et le bloqua dans son dos. Il colla son épée contre son cou pour la maintenir en place. Hermione lâcha un cri de douleur, et Edmund la relâcha aussitôt.

Il recula de quelques pas et se mordit les lèvres. « Je t'avais dit que cela ferait mal, » dit-il en la regardant se masser son bras endolori.

« Est-ce que tout va bien ? » Demanda Sybille qui s'approchait du duo. Sa baguette était brandie et, d'un mouvement de baguette, elle calma la douleur peu intense du bras d'Hermione.

Elle fixa son bras, fronçant les sourcils d'envie. Oh, comment elle aimerait être celle qui avait produit cette magie. Elle adressa à Sybille un hochement de tête de remerciement avant de regarder de nouveau Edmund. « On réessaye, » dit-elle avec détermination.

Il la regarda avec précaution avant d'acquiescer de la tête : « très bien. Maintenant, reprends ton épée et essaye de faire la même chose avec moi. »

Hermione fit ce qu'il lui avait demandé de faire et attrapa son épée. Edmund se mit en position d'attaque et Hermione le copia.

« Premièrement, tu dois me combattre, » dit-il. « Tu dois piéger l'ennemi en le fatiguant. En faisant comme ça, il lâchera plus facilement son épée quand tu taperas sa main. »

Leurs épées produisirent un bruit de métal lorsqu'elles se rencontrèrent. Tous deux se baissaient et esquivaient les coups de l'autre. Les minutes passaient, et Hermione observait avec désarroi qu'elle fatiguait alors qu'Edmund était encore en forme pour lui rendre ses coups. Elle leva sa main pour l'arrêter et s'agenouilla, haletant pour reprendre son souffle.

« Arrêtons pour aujourd'hui, » dit-il en remarquant la difficulté qu'avait Hermione à rester debout, mais la brune secoua la tête, obstinée. Edmund leva un sourcil face à son irritabilité. « Eh bien, il faudra te trouver un autre partenaire si tu veux continuer à t'entraîner, car je veux arrêter cette leçon. »

Hermione leva son menton de défiance et regarda son ancien professeur qui était sur le rebord de la fenêtre. « Sybille, » appela-t-elle, « savez-vous comment créer un clone ? Un qui pourrait se battre contre moi ? »

« Eh bien oui, bien évidemment, ma chère, » dit-elle. Ses yeux regardèrent par-dessus l'épaule d'Hermione, et elle vit le visage furieux d'Edmund dont le silence l'implorait de ne pas se ranger du côté d'Hermione. Trelawney leva un sourcil d'amusement et regarda de nouveau Hermione. « Mais je crains d'avoir quelques difficultés à le faire. Si j'arrive à en créer un maintenant, j'ai ce pressentiment qu'il te blessera plus qu'il ne t'aidera. »

Le soulagement sur le visage d'Edmund fut immense, et il fit sourire Trelawney. Hermione, en fronçant les sourcils, regarda derrière elle. Le roi s'efforça de rester impassible tandis qu'il regardait froidement son élève tout en levant un sourcil interrogateur.

Hermione relâcha un soupir de défaite et regarda de nouveau Sybille. « Très bien. Merci quand même, » dit-elle. La brune regarda Edmund une nouvelle fois et dit : « nous avons une nouvelle leçon demain, majesté. Et j'apprécierais que tu ne fasses pas de mon ancien professeure ta complice. »

Elle lui lança un regard noir et se retourna pour déposer son épée sur le porte-armes. Ce fut seulement quand elle sortit de la Salle des Armes qu'Edmund afficha un large sourire qu'il ne pouvait réprimer.

Sybille Trelawney le regarda avec amusement : « Mon garçon, je pense que vous devriez être plus discret à l'avenir avec vos sentiments. »

Il rougit et la regarda avec des yeux grands ouverts : « comment avez-vous- »

« Je ne suis pas une voyante pour rien, Roi Edmund le Juste, » dit-elle en se levant lentement. Alors qu'elle s'approchait de lui avec un mystérieux regard sur son visage, elle ajouta : « les bonnes choses arrivent à ceux qui patientent, Votre Majesté. Soyez patient, et peut-être que votre souhait le plus cher se réalisera. »

Puis elle quitta la Salle des Armes, ainsi qu'Edmund qui réfléchissait à ses mots.


Hermione respira l'air du soir aussitôt sortie du château. Une fois encore, c'était une bonne nuit et elle ne put s'empêcher de quitter sa chambre et de sortir se balader.

Elle remarqua qu'il était presque minuit. Sybille s'était déjà mise au lit, et Lucy aussi. D'où sa décision de faire une sortie dans le jardin puisqu'elle n'arrivait pas à dormir.

Elle descendit les escaliers et ses pieds rencontrèrent rapidement l'herbe humidifiée par la rosée. Le bruit des animaux nocturnes arriva à ses oreilles alors qu'elle avançait plus profondément dans le jardin dans l'idée de rejoindre le kiosque de jardin. Cela faisait un moment qu'elle n'y était pas allée, soit parce qu'elle était trop fatiguée, soit parce qu'elle était trop occupée avec ses entraînements.

En parlant d'entraînement, sa leçon d'escrime du jour l'avait déçue. Elle ne maîtrisait toujours pas la technique que lui enseignait son professeur. En fait, tout ce qu'elle avait réussi à avoir était une main blessée.

Hermione contracta sa main droite et eu un sursaut de douleur. Un hématome violet et moche décorait sa main, et faire ses tâches journalières fut une épreuve pour elle. Et étant donné que Sybille avait été occupée aujourd'hui, elle n'avait pas pris le temps de soigner sa blessure.

'Cela m'aidera à me rappeler de faire mieux à l'avenir,' se dit-elle en se massant la main. Avec une inébranlable détermination, Hermione décida que même si son bras entier était couvert d'hématomes, elle n'abandonnerait pas tant qu'elle ne maîtriserait pas cette technique.

Elle arriva enfin au kiosque et, avec un cri de surprise, elle s'aperçu que quelqu'un y était déjà. Ses yeux s'agrandirent lorsqu'ils se connectèrent avec ceux d'Edmund, qui affichait une expression indéchiffrable.

« Je… » commença-t-elle en déglutissant. « Je ferais mieux... de partir. »

Soudainement, Edmund se leva et Hermione recula. Des émotions contradictoires apparaissaient sur le visage du roi et, avec un épuisement flagrant, il soupira : « Non, reste, s'en est devenu ridicule, » murmura-t-il avec un froncement de sourcils. « C'est épuisant, tu ne penses pas ? »

Elle le regarda bouche-bée. Est-ce qu'elle avait bien entendu ? Par tous les saints, est-ce qu'il avait enfin admit que ce qu'il se passait entre eux était, par manque de meilleurs mots, ridicule ?

« Eh bien ? » Demanda-t-il en s'éclaircissant la voix, nerveux.

Hermione était sur le point de pleurer : des larmes authentiques menaçaient de couler. Mais à la place, elle fut seulement capable d'afficher le plus large sourire qu'elle put. Elle avait des fourmillements dans les bras, ceux-ci désirant se lancer et atterrir dans les bras d'Edmund pour le serrer fermement en remerciement. Mais elle décida de ne pas le faire au final. Elle voulait agir normalement même si elle était joyeuse, au lieu d'agir comme une hystérique ou une maniaque, et de pleurer comme une idiote.

Sans un mot, elle pénétra dans le kiosque de jardin et s'assit sur sa chaise habituelle. Elle vit le roi expirer un léger soupir, et il se laissa tomber sur sa chaise.

« J'ai… j'ai réfléchi, et j'ai réalisé que j'avais été injuste en étant en colère contre toi, » confessa-t-il en fixant nerveusement le plateau de la table. « Une guerre approche, la prophétesse l'a dit, et je pense que tu as assez d'inquiétudes en tête, et c'était injuste de ma part de t'ajouter de l'inquiétude concernant… eh bien nous. »

Il relâcha un nerveux mais léger gloussement, tout en secouant sa tête. « A dire vrai, nos chamailleries me manquent énormément, » dit-il avec un léger sourire en coin. « Et tes tons condescendants avec moi me rappellent que je dois être juste, pour faire honneur au titre qu'Aslan m'a donné. »

Ses mots firent sourire la brune.

« Je suis désolé, » continua-t-il. Il fit glisser une main sur son visage fatigué et soupira. « T'ignorer est fatiguant lorsque, partout où je regarde, je te vois. »

Hermione rougit furieusement et toussa dans sa main, et Edmund réalisa ce qu'il avait dit.

« Je le jure sur Aslan que je ne te forcerai plus avec mes sentiments, » dit-il avec un regard déterminé.

Elle se pétrifia sur place, confuse par les sentiments mitigés qu'elle ressentait.

Les yeux du roi s'attardèrent sur sa main droite, et Hermione réalisa que son hématome était exposé à son regard. Avant même qu'elle ne puisse le cacher sous la table, Edmund attrapa sa main et la serra. Puis il la massa tout en grimaçant, et fronça même les sourcils lorsqu'il la sentit tressaillir. « Pourquoi ne m'as-tu pas dit que c'était pire à présent ? » Demanda-t-il ennuyé.

Hermione leva un sourcil à son soudain changement d'humeur. Elle cacha un sourire : c'était vraiment Edmund Pevensie. « Avec tout mon respect, cela ne te concerne pas, » fit-elle remarquer.

Edmund la fixa des yeux : « Eh bien si, cela me concerne étant donné que je suis celui qui t'a infligé ça, » dit-il les dents serrées.

« Quel angoissé, » dit-elle sans réfléchir. Et c'est seulement après avoir vu l'air offensé d'Edmund qu'Hermione réalisa ce qu'elle venait de dire. Tout en gloussant, elle récupéra sa main et l'agita d'un air dédaigneux. « Par Merlin, je vais bien. La blessure est loin d'un point vital. Et en plus, Sybille est capable de la soigner. Elle n'a juste eu pas le temps aujourd'hui. »

Il plissa les yeux, intégrant ce qu'elle venait de dire, avant d'acquiescer. « D'accord, d'accord, » dit-il. « Lors de notre prochaine leçon d'escrime, dis-moi quand arrêter. »

Face à sa demande, Hermione leva simplement un sourcil : « Un vrai angoissé, » dit-elle de nouveau. « Par Merlin… »

« Arrête de dire ça, » dit-il, « c'est énervant. » Il soupira, et quelques mèches volèrent sur son front, ce qui fit sourire Hermione. « Et ce ''Merlin'' que tu appelles toujours, ce n'est pas ton chien n'est-ce pas ? »

Hermione gloussa, amusée qu'il remarque ce genre de choses : « Tu es familier avec l'histoire du Roi Arthur non ? » Demanda-t-elle.

Edmund acquiesça : « Oui, ce sont des personnages de roman, » dit-il.

« Sauf que ça ne l'est pas, » corrigea-t-elle en souriant. « Le Roi Arthur avait son propre sorcier en qui il avait confiance- »

« Merlin, » ajouta Edmund qui comprenait à présent.

Hermione acquiesça. « Oui. Dans notre monde, nous considérons Merlin comme le plus grand sorcier sur Terre, » dit-elle. « Il a étudié à Poudlard, a été placé dans la maison Serpentard, et nous utilisons à présent son nom quand on s'exclame. »

Il acquiesça, afficha un sourire amusé, et dit : « Très bien. »

Ils commencèrent à parler d'autres choses : la prophétie, la vie d'Hermione à Poudlard, la guerre imminente… Hermione fut soulagée et amusée de voir qu'ils pouvaient parler de tout et de rien comme ça alors qu'ils s'étaient évités pendant plusieurs semaines, peut-être même un mois. Mais cela ne comptait pas, car elle venait de réaliser à quel point parler avec Edmund Pevensie lui avait manqué.

Tous les deux avaient l'accord tacite de ne pas parler de leurs sentiments et du rejet de la brune. Ils savaient tous les deux que c'était un sujet sensible, et ils étaient heureux de comment les choses étaient entre eux.

Edmund racontait quelques-unes de ses entrevues avec Peter et Caspian, pour discuter de la rébellion à Ettinsmoor, et Hermione ne put s'empêcher de le regarder, juste le regarder, et penser que maintenant qu'il lui parlait de nouveau, elle ressentait de la paix.

Il s'arrêta de parler lorsqu'il remarqua que les yeux d'Hermione commençaient à se fermer, et dit : « Je pense que le mieux est que nous rejoignons nos chambres. »

Hermione acquiesça tandis qu'elle relâcha un énorme bâillement. Edmund la regarda avec amusement, et la brune lui adressa un simple sourire endormi.

Son sourire se figea, puis disparut alors que, sortit de nulle part, Edmund plaça une main sur la sienne blessée. « Je… » commença-t-il avec les joues rouges. « Mes sentiments pour toi ne se sont pas… atténués, mais je sais que tu n'en veux pas donc je te forcerai plus à présent. »

Ses mots étaient rapides, et presque hésitants, mais Hermione réussit à les comprendre.

« Mais sache que tu es une des personnes les plus importantes dans ma vie. » Il s'arrêta et gloussa en secouant sa tête. « Peut-être même la plus importante. Je ne sais pas honnêtement. » Il leva sa main, se rapprocha et embrassa sa blessure. Rien que ça donna des papillons dans le ventre d'Hermione. « Sur mon honneur, je ferais tout, et vraiment tout, pour te garder en sécurité à partir de maintenant, et ce jusqu'à la bataille finale avec la Sorcière Blanche. Pour toi, cela voudra dire autre chose, mais qu'importe. » Un sourire triste apparu sur son visage tandis qu'il caressa sa main blessée. « Tu peux considérer cela comme une protection venant d'un ami ou d'un frère. »

Après avoir déclamée son dévouement sincère, les yeux d'Edmund rencontrèrent ceux d'Hermione. Le cœur de la brune manqua un battement, ne sachant pas quoi ressentir.

Et puis, alors qu'elle le regardait, et sans le vouloir, elle comprit finalement. Le brouillard dans son esprit se dissipa, et elle fut capable de comprendre la vérité dans ses sentiments.

Il y avait peut-être une protection au fond d'elle, un bouclier qu'elle savait être du déni. Elle savait que cette chose s'était installée après que la Seconde Guerre du Monde Magique avait commencé, et la seule chose qu'elle savait était qu'elle devait se fermer du monde, et aimer seulement celles et ceux qui le méritaient, de peur d'avoir le cœur brisé à la fin. Elle comprenait maintenant pourquoi elle avait refusé d'avouer ses sentiments à Ron, même s'ils étaient au cœur de cette guerre. Ainsi, s'il… mourrait et qu'il l'abandonnait, la douleur serait atténuée.

Et puis, Edmund Pevensie arriva alors qu'elle avait été emmenée à Narnia par, peut-être, Dame Destinée elle-même. Chaque jour, cette protection continuait de s'étirer et de s'étirer, jusqu'à atteindre sa limite. A présent qu'elle était ici, dans ce kiosque de jardin, seule avec Edmund Pevensie, et elle savait que cette protection s'était rompue.

Elle ne pouvait plus le nier à présent.

Hermione retira doucement sa main de la prise du roi, et se leva. Il la fixa, étonné.

Et puis, elle l'embrassa. Le baiser était rapide et long à la fois, comme s'il avait été accordé durant une seconde mais qu'il avait duré une éternité. Il était gentil et désespéré, doux et douloureux à la fois.

Il n'eut pas la possibilité de lui rendre son baiser car Hermione recula lentement. Le visage du roi était figé par le choc et Hermione sourit en reculant de quelques pas. Sans un mot, elle fit une révérence et enregistra dans sa mémoire son visage. Puis elle se retourna et quitta le kiosque de jardin.

Un bruit fort résonna dans la nuit et Hermione sentit que son poignet était entouré fermement par la main du roi. Il la força à se retourner, le regard fou. De ce qu'elle voyait, un sourire victorieux s'affichait sur le visage d'Edmund.

C'est comme s'il avait gagné une guerre.

« Explique-moi, » dit-il simplement, bien que sa voix reflétait le désespoir de comprendre pourquoi elle l'avait embrassé. « Par tous les Saints, explique-moi. »

Elle soupira et retira doucement son poignet. Fort heureusement, Edmund la laissa faire. Hermione recula de quelques pas, et son visage était froissé par de la pure frustration. « Ce n'est pas censé arriver, » laissa-t-elle échapper. « Je… je suis censée me concentrer sur la prophétie. Je suis l'Élue bon sang ! Tout ce qui est frivole, illogique et irréalisable ne fait pas parti du plan. Je… je suis heureuse de comment les choses sont actuellement, de comment les choses vont probablement se terminer après la guerre, mais je ne peux pas... »

Hermione s'arrêta et fit passer une main frustrée sur son visage. « J-je ne peux juste, je pense que je ne plus faire ça dorénavant. Tu sais, me mentir. C'est fatiguant, Edmund, de toujours laisser ce bouclier s'étirer sans le laisser lâcher. » Son visage reflétait un mélange de consternation et de frustration tandis qu'elle le fixait. « M-mais à présent, te voilà. Edmund Pevensie. Le même homme qui pensait que j'allais blesser sa sœur et causer la ruine du monde qu'il aime le plus. Le même homme qui entortilla, étira et qui malmena ma patience jusqu'à des limites inimaginables. Ce même homme qui, avec une telle aisance, ruina à lui tout seul mon plan parfait. »

Elle s'arrêta et humidifia ses lèvres, ses yeux brillaient à présent à cause des larmes qu'elle ne pouvait retenir. « P-par Merlin, je ne sais plus quoi faire à présent, » murmura-t-elle tandis qu'une larme coulait de son œil droit. « Mais, Edmund Pevensie, je crois que je suis tombée am- » Elle s'arrêta et relâcha une lourde expiration. Tout son corps se tendit alors qu'elle le regardait : « Je pense que je suis tombée- »

Il l'interrompit avec un gloussement, ce qui amplifia son sentiment de mortification.

« Est-ce que tu ris de moi ? » Hurla-t-elle en l'accusant.

« Non, non, » dit-il en attrapant ses mains et en les pressant fortement. « Je comprends. » Il maintint son regard. « Je te crois. »

Les yeux de la brune s'élevèrent avec espoir. « Tu me crois ? » Demanda-t-elle avec une voix douce et vulnérable.

Il leva une main et replaça une mèche de cheveux derrière son oreille : « Oui, » murmura-t-il avec un large sourire. « Parce que tu as bégayé. »

Edmund ne la laissa pas réagir à sa phrase. Il l'attira fortement pour que la jeune femme se retrouve dans ses bras. Sans aucun doute, sans aucun sentiment d'insécurité, sans aucune inquiétude dans tout cet univers, Edmund Pevensie embrassa Hermione Granger.

Une promesse fut faite à travers leurs caresses et leurs mordillements. Leur croyance en l'autre fut renforcée grâce à tous les contacts de leurs mains et leurs bras serrés. Le désir se créa avec tous les bruits qu'ils firent et les halètements qu'ils laissaient échapper.

Il l'embrassa passionnément, sincèrement, désespérément, pour lui faire comprendre qu'il la protégerait de tous les dangers.

Elle l'embrassa passionnément, sincèrement et désespérément, pour lui faire comprendre que tout son être était à lui, et seulement à lui.

Alors qu'Edmund reculait lentement, sa respiration lourde du manque d'air, il réalisa qu'Hermione avait commencé à pleurer. Ses yeux étaient encore fermés, et elle se délectait encore du baiser qu'ils venaient d'échanger. Avec précaution, le roi posa ses pouces sur ses joues et essuya ses larmes.

Hermione ouvrit lentement ses yeux, effrayée de voir la magie du moment disparaître. Ses yeux fixèrent ceux du roi, désespérée de trouver quelque chose qu'elle espérait voir dans ses yeux.

Et c'était là.

Elle sanglota de soulagement, de joie, de tous les sentiments positifs qu'elle pouvait imaginer. Edmund la tira vers lui, et entoura sa taille de son bras ferme et protecteur.

Le large sourire sur son visage exprimait tellement plus. Il s'étira pour déposer un léger bisous sur le front de la brune : « Hermione Granger, » murmura-t-il en déposant son front sur le sien, « moi aussi, je suis tombé… » Il s'arrêta, hésitant. Il frotta son nez contre celui de la jeune femme et sourit largement : « Je pense que… moi aussi. »