Bonjour chers lecteurs et lectrices !

Je vous remercie pour votre patience, les chapitres étant publiés plusieurs semaines après le précédent.

Et voici un nouveau chapitre ! Petit retour en arrière : Hermione avait enfin prit conscience de ses sentiments envers Edmund, et un baiser avait eu lieu. Quel sera l'impact de cet événement sur la vie de nos héros ?

Je vous laisse le découvrir ;)

Bonne lecture !

Equipe :

Auteure originale : WickedlyAwesomeMe

Traductrice : PetiteSphereAilee

Relectrice : Snow


Lucy, soupçonneuse, fixait sa dame de compagnie.

Au moment où Hermione était entrée dans sa chambre pour la réveiller, la reine avait deviné que quelque chose s'était passé. Et Lucy savait que c'était quelque chose d'agréable, puisque les pas de la brune étaient légers et sautillants, et qu'elle affichait un large sourire ridicule sur son visage. Seulement, elle ne comprenait pas pourquoi.

Lucy pensa que c'était une bonne chose. Avec tous les événements stressants de ces dernières semaines, l'ignorance d'Edmund et la demande en mariage de Peter, la reine accueillait ce changement. Elle observa Hermione alors qu'elles s'approchaient de la Salle à Manger et la brune semblait... en meilleure santé aujourd'hui.

Une idée vint à l'esprit de Lucy, et ses yeux s'agrandirent. 'Serait-ce possible ?' Se demanda-t-elle en pensant à un de ses frères. Elle fronça les sourcils, réfléchissant sérieusement à cette possibilité : 'A-t-elle compris finalement ?'

Sa bouche s'étira pour former un large sourire, accompagnant celui d'Hermione qui souriait sans raison apparente. Si elle avait raison, elle pourrait être la sœur la plus heureuse au monde. Elle avait besoin de preuves bien évidemment, si elle voulait lancer une conversation sur ce sujet avec Hermione. Il y avait aussi la possibilité qu'elle se trompe et si elle lui demandait soudainement, elle pourrait ruiner cette ambiance joyeuse qui enveloppait sa dame de compagnie.

« C'est une super journée, n'est-ce pas ? » Demanda Hermione d'un seul coup.

Lucy sourit et mit son bras autour de celui de la brune. « Elle l'est, en effet, » dit-elle avec sincérité. La joie d'Hermione était contagieuse et rapidement, Lucy se sentit heureuse également.

« Mince, attends ! » S'exclama soudainement Hermione. Elle s'arrêta, ainsi que Lucy, et continua : « J'ai oublié quelque chose dans ma chambre. »

« Nous pouvons y retourner, » proposa Lucy, mais Hermione secoua vigoureusement la tête.

« Pas besoin, j'irai seule, » dit Hermione avec un sourire aimable. « Tu peux dire à tout le monde que je fais au plus vite. »

Lucy fronça les sourcils avec suspicion, mais elle acquiesça : « Très bien, mais fais vite car je meurs de faim. »

Hermione sourit en entendant le ventre de Lucy grogner : « J'ai compris, » dit-elle en se retournant, « je fais vite ! »

La reine vit Hermione disparaître derrière un coin. Elle se demandait si elle devait la suivre ou non, mais les grognements de son estomac décidèrent pour elle avant même qu'elle n'y réfléchisse. Alors qu'elle se retournait et qu'elle s'approchait de la porte de la Salle à Manger, Lucy prit fermement la décision qu'elle trouverait l'origine de la joie d'Hermione avant la fin de la semaine.

Mais pour l'instant, elle voulait satisfaire son appétit dévorant.


Hermione expira finalement un soupir de soulagement lorsque Lucy disparu dans la Salle à Manger. Son cœur battait rapidement, et elle se décala du mur contre lequel elle s'était posée, et retourna rapidement près des escaliers pour attendre patiemment Edmund.

Son cœur manqua un battement rien qu'en pensant à lui. Un sourire idiot s'étira sur son visage et elle rougit timidement en se souvenant des événements survenus la veille. Cela semblait légèrement irréel pour elle : elle était presque convaincue qu'il s'agissait d'un beau rêve. Mais le baiser qu'ils avaient partagé, les contacts, les regards significatifs entre eux… ils étaient tellement nets qu'ils ne pouvaient être inventés.

La veille, avant de se retirer dans leurs chambres respectives, ils avaient partagé quelques baisers. Hermione laissa couler quelques larmes, et Edmund lui demanda de l'attendre devant les escaliers avant d'aller prendre leur petit-déjeuner. Hermione ne posa pas de questions, mais elle avait écouté sa demande.

Elle s'assit sur la dernière marche de l'escalier et soupira, puis elle posa son menton dans ses mains. Elle n'arrivait toujours pas à croire qu'elle s'était confessée à Edmund Pevensie. Lorsqu'elle pensa aux réprimandes qu'elle avait formulées envers le roi, pensant que ses sentiments étaient bêtes, elle devint honteuse. Mais la nuit dernière, lorsqu'il lui avait dit ces mots de dévotion et de protection, Hermione réalisa que ses sentiments à son égard étaient tout sauf insignifiants. Ils étaient sincères, et toute personne saine d'esprit l'aurait vu.

Sauf quelqu'un de fou, comme elle. Elle ne pouvait toujours pas croire à quel point elle avait été aveugle face à ce qu'il ressentait vraiment. Hermione avait mis ça sur son expérience durant la Seconde Guerre à Poudlard. Elle avait été encerclée par de la méchanceté, de la négativité, et une telle pureté lui semblait étrangère. Elle reconnaissait qu'elle n'était pas habituée à voir et à ressentir de la sincérité avant ça, et s'en était triste.

Les choses importaient peu à présent : ils étaient ensemble, c'est du moins ce que pensait Hermione car leurs sentiments étaient réciproques. Ils s'étaient embrassés plusieurs fois également. Même si la nature de leur relation était encore confuse, la brune était sûre d'une chose : elle l'aimait. Peut-être, même si c'était trop tôt pour le savoir, qu'elle était tombée amoureuse de lui. Ses sentiments n'étaient pas enfantins, et ils ne pouvaient pas être considérés comme ceux d'un béguin de lycée. Ils étaient de loin significatifs et sincères : elle y avait succombé malgré son grand rôle dans la prophétie de Narnia.

Des bruits de pas se firent entendre, et elle sortit de sa rêverie. Elle se leva et se retourna, seulement pour voir Edmund en haut des escaliers. Il s'était arrêté en la voyant, ses yeux se connectant aux siens.

Les joues d'Hermione s'embrasèrent furieusement alors qu'elle se remémorait comment il l'avait gardée près de lui, gentiment et protecteur. Elle fut amusée également quand ses joues s'enflammèrent alors qu'il la regardait silencieusement.

« Sur mon honneur, je ferais tout, et vraiment tout, pour te garder en sécurité à partir de maintenant, et ce jusqu'à la bataille finale avec la Sorcière Blanche. »

Elle se remémora ses mots, et lui adressa un léger sourire. Cette simple expression le fit sortir de sa stupeur, et en trois enjambées, il descendit les marches qu'il restait. Aussitôt face à elle, il posa une main contre sa joue et il fondit sur elle pour lui déposer un léger baiser sur ses lèvres.

« Bonjour, » lui murmura-t-il après s'être reculé. Ses yeux étaient illuminés par une joie visible, et Hermione se retrouva à afficher un large sourire à cette simple et honnête salutation.

Elle se mit sur la pointe des pieds pour lui déposer un autre baiser, et sourit encore plus lorsqu'elle sentit la chaleur de son corps contre elle. « Bonjour, » dit-elle en retour et en retombant sur ses talons.

Alors qu'elle le voyait sourire à son bonjour, Hermione devina que les prochaines matinées allaient être agréables.


Hermione se dirigea vers le château en portant un panier d'herbes et d'épices ramassées dans la forêt un peu plus tôt pour Babbitty, qui en avait besoin pour une recette.

C'était une belle journée, et Hermione jugea que c'était du gâchis de la passer à l'intérieur du château à ne rien faire. Babbitty refusa catégoriquement, lui rappelant que beaucoup de choses lui étaient arrivées durant les moments où elle était seule en forêt. Son amie la Lapine avait surtout peur qu'elle revienne blessée et ensanglantée, ou pire encore : qu'elle ne revienne pas, qu'elle meure dans la forêt et qu'elle se décompose.

Ce qui était ridicule.

La brunette ne comprenait pas pourquoi, mais elle avait cette sensation que Jadis et ses sbires allaient arrêter de l'embêter, maintenant qu'ils savaient qu'elle était l'Élue de la grande prophétie. Mais Hermione n'était pas en paix, car elle savait que ce long moment de silence annonçait une grande explosion pour eux.

Après plusieurs minutes de persévérance à essayer de raisonner la Lapine, celle-ci accepta de la laisser seule. Hermione quitta immédiatement la cuisine sans un regard en arrière, effrayé par l'idée que son amie ne change d'avis.

Alors qu'elle marchait à grands pas dans la forêt à la recherche des herbes et des épices, elle fut soulagée intérieurement qu'aucune activité suspecte ne lui soit arrivée. Même si les inquiétudes de Babbitty étaient ridicules, elles étaient compréhensibles. Hermione se sentait encore un peu angoissée par la forêt, sachant qu'elle avait failli y mourir. Mais cela ne l'empêchait pas d'y vagabonder.

À présent qu'elle était de retour au château, elle était soulagée que rien ne lui soit arrivée. Elle pouvait déjà imaginer le monumental soupir de soulagement que Babbitty ferait aussitôt qu'Hermione entrera dans la cuisine.

« OOMPH ! » s'exclama soudainement Hermione alors qu'elle était repoussée violemment. Son bas du dos rencontra douloureusement le sol herbeux, et elle fut reconnaissante que ce ne soit pas le sol en pierre. Dans tous les cas, elle prévoyait déjà un autre hématome.

Elle grogna en remarquant que le contenu de son panier était éparpillé sur le sol. Il s'était retourné à côté d'elle, et elle fronça les sourcils.

« Je suis vraiment désolé, » dit une voix masculine au-dessus d'elle.

Hermione plissa des yeux et regarda l'homme qui se baissait et qui ramassait les épices et les herbes. Hermione l'observait tandis qu'il les déposait rapidement dans le panier. Il portait une armure narnienne, et ses cheveux noirs lui rappelèrent ceux de son meilleur ami, Harry Potter. Ses yeux étaient agrandis par l'inquiétude et la frustration, et Hermione remarqua qu'ils avaient une étonnante nuance de gris.

Elle nota qu'ils étaient très beau également.

« Excusez-moi mais… est-ce que je vous connais ? » Demanda-t-elle en l'examinant.

Le soldat regarda finalement Hermione, et ses yeux gris s'agrandirent : il l'avait reconnu. « Vous êtes la femme en pleurs ! » S'exclama-t-il en pointant du doigt Hermione. « Celle dans le kiosque de jardin, durant l'anniversaire de Caspian le Onzième. »

Les joues d'Hermione se colorèrent. « Erm… oui, » dit-elle en commençant à comprendre. Elle se rappela de Lucy et lui lorsqu'ils la trouvèrent dans le kiosque de jardin après que Peter lui a fait sa demande. Cependant, elle ne savait pas pourquoi il était ici. Lorsque ses yeux se posèrent de nouveau sur ceux aux nuances de gris, elle se remémora quelque chose.

« Et il… il a les plus beaux yeux que j'ai vus de toute ma vie. »

« Ardon ? » Demanda-t-elle d'une voix surprise.

Le soldat s'arrêta et la fixa, les sourcils froncés. « C'est moi, » en acquiesçant. « Comment connaissez-vous mon nom ? »

Hermione fit un grand sourire et répondit simplement : « Lucy. »

Ardon réagit instantanément au prénom de la reine. Ses joues se colorèrent et ses yeux s'agrandirent, la panique refit surface également. Hermione admira le fait qu'en un instant, il toussota pour cacher sa nervosité et qu'il détourna nonchalamment le regard d'Hermione. « Oui, » dit-il. « Comme vous pouvez le voir, je suis un soldat. Et vous avez probablement entendu mon nom de Lu- la reine Lucy. »

La brune gloussa à son léger lapsus. Elle chassa son embarras d'un geste de la main, et se pencha vers lui pour lui dire à voix basse : « Je suis au courant. Je le sais, donc pas besoin de me le cacher. »

Il se recula et se leva, dix fois plus paniqué. Hermione rit devant son inconfort flagrant et se leva également, le panier de nouveau sur son bras droit. « Ne vous inquiétez pas, j'ai juré à Lucy que je ne le dirai à personne, » dit-elle. « Votre secret est en sécurité avec moi. »

Elle sourit tandis qu'il examinait ses mots et son visage. Rapidement, il relâcha un soupir de soulagement et lui rendit son sourire. « Merci beaucoup, » dit-il. « Je suis soulagé. »

« Au fait, je m'appelle Hermione, » dit-elle en lui tendant sa main. « Je suis la dame de compagnie de Lucy. »

Hermione sourit et le salua de la tête. « Je voulais vous rencontrer, mais certains événements durant l'anniversaire de Caspian XI m'en ont empêchée donc… c'est un réel plaisir de vous rencontrer enfin, Ardon, » dit-elle.

Ils entrèrent ensemble dans la cuisine et commencèrent à discuter.

« Donc, Lucy et vous n'est-ce pas ? » Demanda-t-elle en regardant ce bel homme.

Ardon rougit et acquiesça : « Eh bien, oui, » dit-il, « depuis quelques mois déjà. »

« Je ne comprends pas très bien pourquoi vous gardez cette relation secrète, » dit-elle. « C'est vrai, ses frères peuvent faire d'énormes crises s'ils le veulent, mais ils savent pertinemment que les nobles et non-nobles sont égaux. »

Hermione fut surprise car le telmarin affichait à présent un sourire : « Lucy m'a dit exactement la même chose, » dit-il avec de la tendresse dans la voix. « C'est un peu compliqué, », confessa-t-il, « vous êtes une fille et je ne suis pas sûre que vous puissiez comprendre. »

Amusée, Hermione leva un sourcil : « Laissez-moi deviner : ça a un rapport avec les hommes et leur ''fierté'' ridicule n'est-ce pas ? »

Le telmarin éclata de rire en regardant Hermione avec amusement, et dit : « Mademoiselle Hermione, j'ai l'impression que vous êtes beaucoup plus perspicace que vous ne le prétendez. »

Hermione haussa les épaules, afficha un large sourire, puis dit : « On me l'a déjà dit. Ce n'est pas nouveau pour moi. »

« Eh bien, si vous voulez tout savoir, je suis un soldat narnien et je m'entraîne pour devenir un Commandant Suprême, » expliqua-t-il. « Oui, j'ai cette fameuse ''fierté masculine ridicule'' et je crois que lorsque j'atteindrai cet objectif, je serai assez digne pour Lucy. »

La conviction s'entendait dans sa voix. Ses yeux brillaient avec de la détermination, et ils contenaient la promesse d'atteindre ce but.

Pour Lucy Pevensie.

Hermione sourit largement et dit : « Je crois mieux comprendre pourquoi Lucy vous aime Ardon. Bonne chance pour réussir votre objectif, et j'espère de tout cœur que vous et Lucy aurez une fin heureuse. »

Son discours fit rougir le soldat. Il toussota dans sa main et offrit à la brune un sourire nerveux : « Merci beaucoup. »

« ARDON ! »

Le soldat et la brune sursautèrent en même temps : Ardon parce qu'il avait entendu la voix reconnaissable de son roi, Hermione parce qu'elle avait entendu la voix reconnaissable d'Edmund Pevensie.

Hermione et Ardon regardèrent avec curiosité, amusement, et peur – c'est ce qui apparaissait sur le visage d'Ardon – le roi dit ''le juste'' qui marchait en direction d'eux, réduisant la longueur qui les séparait. Rapidement, Edmund se retrouva devant eux, avec des petits yeux.

« Que faites-vous ici ? » Aboya Edmund dont le regard s'éloigna du soldat pour se poser sur la brune. « Ne vous avais-je pas demandé de vous entraîner dans la Salle des Armes ? »

Hermione leva un sourcil, car elle avait cette sensation que la réaction d'Edmund à ce moment précis avait quelque chose à voir avec elle. La brune étudia son visage, ses mouvements, remarqua ses poings fermés, son froncement de sourcils, et elle réalisa avec sourire qu'il était jaloux.

« J-je prenez simplement une pause, sire, » expliqua Ardon, embrouillé par le regard furieux du roi. Il savait, bien évidemment, qu'Edmund était celui avec le caractère le plus explosif des membres de la royauté. Mais il ne savait pas pourquoi le roi le regardait comme s'il voulait le tuer prochainement. « Je-j'y retourne maintenant. » Puis il se retourna et sourit à Hermione : « Ce fut un plaisir de vous rencontrer, Hermione. »

La brune arracha son regard d'Edmund et sourit à Ardon : « Pareillement. » Du coin de l'œil, elle remarqua Edmund qui serrait les dents pour contrôler sa soudaine montée de colère.

Le soldat inclina sa tête de respect envers Edmund, avant de rentrer de nouveau au château en passant par la porte de la cuisine. Dès que la porte s'enclencha, Hermione reprit sa marche.

Edmund se retrouva rapidement à marcher à côté d'elle, le regard sombre et menaçant. « Tu peux m'expliquer ? » Demanda-t-il en accentuant son froncement de sourcils.

Hermione tourna sa tête pour le regarder : « Et que dois-je expliquer ? » Demanda-t-elle en mémorisant secrètement l'expression de jalousie sur le visage d'Edmund.

Il fit un bruit de colère et montra l'emplacement où se trouvait Ardon quelques minutes auparavant. « Pourquoi étais-tu avec lui ? » Demanda-t-il. « Avec Ardon, entre tous mes hommes. Si tu veux tout savoir, des créatures se pâment dans tout le royaume devant ce soldat ridicule. »

Elle afficha un large sourire : elle ne pouvait pas s'en empêcher. Elle s'arrêta totalement et se tourna vers lui en levant des yeux amusés.

« Tu es en train de me sourire ? » Crâcha-t-il, ses joues devenant rouges à son insu.

« Es-tu jaloux de lui ? » Demanda-t-elle.

« Bien évidemment que non ! » Hurla-t-il, indigné. « Je suis bien meilleur que lui. »

Hermione secoua sa tête : « Non, non, tu as mal compris. Es-tu jaloux de lui à cause de… moi ? » Dit-elle.

Il ouvrit la bouche, offensé et prêt à répondre. Puis, avec un froncement de sourcils atterré, il s'aperçut qu'il n'avait rien à répliquer et ferma la bouche. Quelques minutes après, il dit avec difficultés : « Oui. »

La brune afficha un large sourire. « Ridicule, » dit-elle amusée. Elle se retourna et commença à marcher.

Edmund la rattrapa de nouveau rapidement, grâce à ses longues jambes. « Eh bien, pardon de me sentir soudainement jaloux, Mademoiselle Granger, » dit-il à travers ses dents serrées.

Hermione rit à gorge déployée : « Edmund, » dit-elle en insistant sur son prénom, « tu es ridicule. Je l'ai rencontré seulement aujourd'hui. On s'est rentré dedans pendant que je me dirigeais vers la cuisine tandis que lui se dirigeait vers la forêt. Il n'y avait pas nécessité de hurler sur ton soldat comme tu l'as fait. Et en plus, tu n'as pas besoin de penser à ces choses aussi absurdes : à savoir, ses yeux se sont déjà posés sur une jeune femme, et ce n'est pas moi. »

Elle sourit secrètement en pensant à Lucy, et à la chance qu'elle a d'avoir Ardon à ses côtés. Elle souhaitait les voir heureux ensemble dans le futur.

À côté d'elle, Edmund rougit d'embarras et s'éclaircit la gorge pour dire d'une manière étrange : "Très bien, je suis ridicule."

Hermione mordit sa lèvre inférieure en se disant qu'il était étrangement attirant. Avec précaution, elle rapprocha sa main de celle d'Edmund qui se balançait, et la saisit. Sa prise était molle au début, et Hermione se dit que ce geste avait surpris le roi, et puis leurs doigts s'entremêlèrent.

"Que faisais-tu dans la forêt ?" Demanda-t-il tandis que son front se plissait d'inquiétude.

Elle lui montra le panier d'épices et d'herbes. "Je me suis portée volontaire pour aller les récupérer," commença-t-elle. "Babbitty était occupée, et je n'avais rien à faire."

Il fronça les sourcils. "Eh bien, j'ai entendu de ton amie Lapine qu'elle avait refusé que tu y ailles, mais que tu avais insisté," fit-il remarquer, et la brune sourit d'un air gêné. "Je pense que nous nous souvenons très bien, n'est-ce pas, de ce qu'il s'est passé la dernière fois que tu t'es perdue en forêt."

Hermione soupira, leva les yeux au ciel et dit : "Je suis revenue en un seul morceau. Ce n'est pas suffisant ? Et ne soit pas condescendant avec moi : je sais me défendre."

"A l'aide d'une baguette inutile, je sais," dit-il en souriant alors qu'elle lui jetait un regard noir.

"Eh bien, je suis vraiment désolée de ne pas être capable de produire de la magie en ce moment," dit-elle. "Mais je te préviens, Edmund Pevensie, qu'à partir du moment où je pourrai de nouveau faire de la magie, tu seras le premier à être ensorcelé par ma baguette. Je ne suis pas la plus brillante sorcière de ma génération pour rien."

Il leva un sourcil, la mettant au défi : "J'aimerais bien te voir essayer."

Ils étaient proches de la porte d'entrée des cuisines à présent, et Hermione se sentit légèrement déçue. Ils s'étaient mis d'accord tous les deux afin de garder leur relation secrète pour le moment. Narnia avait beaucoup trop de problèmes déjà, et ils ne voulaient pas que leur relation s'ajoute à la liste. Cependant, ce n'était pas une idée qui plaisait à eux deux.

Aussitôt arrivés devant la porte, Edmund retira sa main de la sienne. Elle fronça les sourcils, se sentant soudainement vide.

Et à ce moment-là, à la plus grande surprise d'Hermione, le roi la prit par la taille et l'attira, rougissante, contre son torse. Il s'abaissa et déposa un baiser avant même qu'elle ne puisse réagir. Lorsqu'il se recula, il remarqua, victorieux, que les joues de la jeune femme avaient pris une jolie teinte de rouge.

Il se pencha, posa ses lèvres contre son oreille et murmura : « Je te vois dans le kiosque plus tard. » Son souffle lui envoya des frissons sur tout le corps, et la chair de poule apparu sur chaque parcelle de sa peau. Et pour la surprendre davantage, il commença à mordiller son oreille. Puis il regarda avec la plus grande satisfaction ses oreilles devenir rouges, puis son cou, et même la partie visible de ses clavicules.

Hermione cligna simplement des yeux lorsqu'il s'éloigna d'elle, son sourire en coin suffisamment grand à présent pour qu'elle puisse le remarquer. Il s'approcha une nouvelle fois pour embrasser ses lèvres froides, et la seule chose dont elle se souvint ensuite est qu'il était rentré dans le château.

Elle lâcha un soupir qu'elle ne savait pas retenu. Embêtée, elle fixa longtemps l'intérieur du château, et espéra que la nuit arrive vite.


« Hermione et moi allons faire un tour dans la forêt aujourd'hui, » annonça Lucy alors qu'elle s'asseyait sur son siège habituel autour de la table du petit-déjeuner. « Je lui ai demandé de m'accompagner pendant que j'irai cueillir des plantes et des herbes pour les nouvelles potions de guérison dont nous avons la recette l'autre jour. Donc il faut annuler les leçons que vous avez avec elle aujourd'hui. »

Sans même hésiter, Edmund dit : « Je viens avec vous. »

Les yeux de Lucy se posèrent immédiatement sur lui, et le roi s'éclaircit la voix. Il essaya de rester le plus impassible après avoir vu le regard paniqué d'Hermione.

« Pourquoi ? » Demanda sa petite sœur tout en plissant les yeux.

Edmund leva un sourcil, la regarda nonchalamment avant de dire : « Si je me souviens bien, vous avez toutes les deux failli mourir dans cette forêt. Et je suppose que les seules armes que vous avez sont une dague et une baguette magique inutilisable. Par conséquent, vous accompagner est la meilleure option. Et, d'ailleurs, je n'ai rien d'autres à faire. »

Lucy fronça les sourcils et fixa Peter avant de dire : « Peter, peux-tu dire à Edmund que nous n'avons pas besoin de lui pour nous accompagner. »

Le Grand Roi regarda son frère, puis sa petite sœur implorante. Il secoua sa tête et dit : « Je suis désolé Lu', Edmund a raison : vous avez manqué toutes les deux de vous faire tuer dans la forêt. C'est le meilleur choix s'il vous accompagne. Je me serais bien proposé, mais j'ai un rendez-vous avec le roi d'Archenland aujourd'hui. »

La reine dite 'la Vaillante' regarda de mauvaise humeur son petit-déjeuner et soupira. « Très bien, » dit-elle, et Edmund sourit de triomphe.

Il regarda discrètement par-dessus la tête de Lucy, et vit le petit sourire qui apparut sur le visage d'Hermione. Il en sourit davantage.

Il regarda de nouveau les occupants de la table, et ses yeux se posèrent sur Sybille. Elle le fixait, amusée, affichant un sourire reconnaissable. Et puis elle secoua sa tête et retourna à son assiette.

« Soyez patient, et peut-être que votre souhait le plus cher se réalisera. »

Il se remémora ses derniers mots et sourit, regardant de nouveau la brune derrière sa sœur.

Edmund fit la promesse que, dès maintenant, il instillera de la patience en lui.


Lucy soupira avec son nez tandis qu'Edmund descendait les marches de l'escalier pour rejoindre Hermione et elle. Elle lui jeta un regard noir lorsque son frère lui tapota la tête en salutation.

« Hermione, » dit-il en inclinant sa tête.

La dame de compagnie sourit poliment, fit une révérence, et dit : « Votre Majesté. »

La jeune reine fronça les sourcils et accrocha un de ses bras à celui d'Hermione. Il y avait quelque chose de vraiment changé entre eux. Premièrement, ils se parlaient de nouveau, ce qui était vraiment une bonne chose bien évidemment. Deuxièmement, ils semblaient très polis l'un envers l'autre, comme s'ils essayaient de cacher quelque chose…

« Eh bien, allons-y, » suggéra Edmund. « Le crépuscule est proche, et Peter m'a prévenu que nous devions être rentrés avant le coucher du soleil. »

Lucy fixa son frère et poussa sans un mot Hermione. Edmund les suivit de près, et la reine en fut reconnaissante. Elle était soulagée que le message qu'elle essayait de lui faire passer, qu'elle voulait rester seule avec sa dame de compagnie, avait été compris.

« Donc, que cherchons-nous aujourd'hui ? » Demanda Hermione en regardant le morceau de papier dans la main de Lucy.

La reine ouvrit le morceau de papier avec précaution, et lu la liste. « Eh bien, des herbes et des épices, comme d'habitude. Il y a de la belladone, si tu veux savoir. »

« Soyez vigilante, il s'agit d'une des herbes les plus toxiques pour votre information, » dit Edmund à l'arrière.

Sa petite sœur fronça les sourcils, regarda derrière elle, et le réprima avec un regard assassin. Elle dit d'un ton brusque : « Je le sais bien, Ed. »

Il leva un sourcil, amusé par sa soudaine hostilité. « C'était simplement un rappel, » dit-il.

Lucy soupira et lui demanda : « Pourquoi ne rentres-tu pas, Edmund ? Rien ne va nous attaquer soudainement. »

« J'en aurais été convaincu si, les fois précédentes, vous aviez pu vous défendre seules lorsque quelque chose vous a attaqué soudainement, » fit-il remarquer, et Lucy lui jeta un regard de défiance. « Qu'importe ce que tu me dis, je ne rentre pas Lu'. Tu peux te lancer dans ta cueillette avec Hermione, je ne vous embêterais pas. Je le promets. »

Sans un mot, Lucy regarda Hermione, et la fixa d'un air suppliant.

« Quoi ? » Demanda la brune dans un murmure que seule Lucy pouvait entendre.

« Edmund est insupportable, demande-lui de partir, » murmura-t-elle en retour.

Hermione relâcha un léger gloussement, et dit : « Je ne vois pas pourquoi tu ne veux pas qu'il nous accompagne aujourd'hui. Il a proposé de nous protéger, Lucy. Je crois que ton frère veut bien faire. »

La jeune reine ravala un bruit de frustration. Quand elle le regarda de nouveau, elle vit un regard curieux sur le visage de son frère. « Je voulais parler de… choses de filles, » dit-elle dans un souffle. « Mais mon angoissé de frère m'a soudainement interrompu, et m'empêche de le faire. »

La dame de compagnie rit et dit : « Nous pourrons parler dans ta chambre plus tard, je te le promets. »

« Toujours est-il, » répondit Lucy, « que je n'arrive pas à me défaire de ce sentiment qu'Ed agit... bizarrement. Par exemple, il te parle maintenant comme s'il avait oublié que tu l'avais rejeté. Qu'est-ce qui a bien pu lui faire changer de comportement, Hermione ? »

À sa plus grande surprise, Hermione évita ses yeux inquisiteurs et haussa les épaules. « Peut-être s'est-il rendu compte à quel point son comportement était ridicule ? » Suggéra-t-elle, un léger sourire bataillant pour apparaître sur ses lèvres. « Je n'en sais pas plus, mais tu ne penses pas que cela soit une bonne chose ? »

Lucy regarda la brune avec suspicion, essayant de discerner toutes les petites expressions faciales sur son visage. Elle remarqua que sa dame de compagnie pouvait cacher des choses avec une extrême efficacité, car elle n'arrivait pas à la lire complètement. Finalement, elle abandonna et se concentra sur sa tâche actuelle.

Rapidement, tous les trois se retrouvèrent à quatre pattes, à chercher cette herbe spécifique qui était difficile à trouver. Lucy regardait le sol depuis plusieurs minutes déjà, mécontente de ne rien trouver. « Est-ce que vous cherchez de votre côté ? » Demanda-t-elle en regardant par-dessus son épaule. À sa plus grande surprise, les joues d'Hermione avaient pris une jolie couleur rouge, et Edmund ne pouvait réprimer le sourire en coin de son visage.

Elle plissa ses yeux.

« Je l'ai vue quelque part, mais j'ai été en quelque sorte distraite par un champignon irritant, » dit Hermione entre ses dents serrées, fixant rapidement la direction d'Edmund. « As-tu plus de chance, Lucy ? »

La reine secoua négativement sa tête avec lenteur, en les regardant avec curiosité. Elle dit : « Non, je suppose qu'il faut chercher davantage. »

Hermione acquiesça et regarda de nouveau l'herbe, ses doigts caressant les brins.

Lucy jeta un coup d'œil suspicieux à son grand-frère, qui leva simplement ses sourcils.

Sérieusement, il se passait quelque chose entre eux.

Mais quoi ?

« Un champignon irritant, » Demanda Edmund dans un murmure aussitôt après que Lucy ait détourné le regard d'eux. « Adorable métaphore, Mademoiselle Granger. Je ne savais pas que je pouvais être comparé à ça. »

Malgré elle, la brune sourit et dit : « Il faudra t'y habituer, mon vocabulaire est large. Je peux faire de nombreuses métaphores dans le futur. Tout dépendra de mon humeur et de ton comportement. »

Il ricana doucement et jeta un coup d'œil en direction de Lucy. Hermione était trop préoccupée pour remarquer la façon dont la main du roi fit une pichenette sur son nez. Elle lâcha un cri de surprise, faisant se retourner Lucy vers eux.

« Tout va bien ? » Demanda la jeune sœur. Son frère la fixa avec un regard innocent, et haussa les épaules. Contrairement à Hermione qui fronça les sourcils vers l'herbe.

« Je pensai l'avoir vue, mais il s'agissait au final d'un insecte écœurant, » dit la jeune femme. « Je suis désolée de t'avoir surpris Lucy. »

La jeune reine envoya un regard long et dur à Edmund, avant de retourner à ses recherches du dernier ingrédient qu'il se fichait de trouver.

« Un insecte écœurant, » murmura-t-il. « Intéressant. »

« S'il-te-plaît, ignore-moi un peu, » déclara doucement Hermione dont les yeux s'agrandirent de désespoir. « Lucy va se rendre compte de quelque chose. Tu devrais pourtant le savoir, elle est très observatrice quand c'est pour son propre bien. »

Edmund afficha un sourire en coin. Il adorait l'agacer. La façon dont ses joues rougissaient, dont ses yeux brillaient et ses cheveux frisottaient la rendait très attirante pour lui. « Très bien, très bien, » dit-il finalement après un léger soupir. « Mais soit sûre de me rejoindre au kiosque ce soir. »

Elle afficha un joli sourire. « Bien évidemment, je serais là, » répondit-elle.

Le roi regarda en direction de sa sœur, puis Hermione. « Je te promets que c'est la dernière fois, » dit-il en prenant sa main, en se rapprochant d'elle, et en lui déposant un baiser sur ses lèvres.

« JE L'AI TROUVÉE ! » Hurla Lucy, et le couple s'éloigna d'un seul coup.


« JE L'AI TROUVÉE ! » Hurla joyeusement Lucy en pointant du doigt un certain endroit sur l'herbe. Elle se retourna pour regarder ses compagnons, mais seulement pour sentir une étrange ambiance entre eux. Et a-t-elle rêvé, ou est-ce qu'ils se sont bien éloignés d'un seul coup ? Et est-ce qu'ils n'étaient pas un peu trop proche ? Et est-ce que c'était bien la main d'Edmund qui tenait celle d'Hermione ?

Ses yeux s'agrandirent, et ses lèvres formèrent un « o. » Avant même qu'elle ne puisse réfléchir plus profondément à ses « hallucinations, » Edmund, tombé au sol, se releva et frotta l'arrière de son pantalon.

« Eh bien, nous avons plus qu'à rentrer, » dit-il en regardant le ciel. Celui-ci s'était paré de jolies teintes de jaune, d'orange et de rouge, ce qui signifiait que la pénombre tombait.

« Oui, oui, » bafouilla Hermione dont les joues s'étaient de nouveau enflammées. En deux grandes enjambées, elle se trouvait près de Lucy, et s'agenouilla afin de cueillir quelques brins de cette herbe. « Nous pouvons y aller à présent Lucy. Nous devons encore faire mijoter cette potion de guérison. »

La jeune reine regarda sa dame de compagnie, puis son grand-frère. Elle pinça ses lèvres et plissa ses yeux. « Très bien, allons-y, » dit-elle en enlaçant son bras autour de celui d'Hermione.

Elles passèrent devant Edmund, et Lucy le fixa de façon éhontée. Il lui fit un large sourire, et ses yeux scintillaient malicieusement.

'Par Aslan, qu'est-ce qui se passe ?' Se demanda Lucy tout en regardant la sorcière à ses côtés qui ne pouvait réprimer un sourire grandissant.


« Je viens de réaliser quelque chose, » Annonça Hermione alors qu'ils prenaient le petit-déjeuner dans la Grande Salle. « Je vais battre la Sorcière Blanche, n'est-ce pas ? Ou, au moins, l'affronter si on en croit la prophétie de Sybille. Mais je viens de réaliser que je ne sais pas du tout qui elle est, de ce qu'elle fait, d'où est-ce qu'elle vient… je pense que je vais commencer à faire des recherches sur elle. »

Elle regarda Peter, Caspian et Susan avec un sourire d'excuse, puis dit : « Je suis désolée, pouvons-nous annuler les entraînements d'aujourd'hui ? J'ai besoin de me concentrer sur ça aujourd'hui. »

« Tout va bien Hermione. Nous comprenons, » dit Susan en acquiesçant. Elle changea la position du petit Caspian, et poursuivit : « Je t'aurai bien proposé ma bibliothèque, mais j'ai peur qu'il y ait plus de livres de fiction que de livres t'apportant des informations. »

Hermione cligna des yeux : Susan avait raison. Elle déplaça son regard vers Edmund. Il leva un sourcil, et la jeune femme, sans vraiment en avoir conscience, lui adressa un sourire embarrassé. Elle lui demanda : « Puis-je utiliser ta bibliothèque, Roi Edmund ? »

« Non, » répondit-il sans hésitation. « J'ai beaucoup de travail à faire dans ma bibliothèque. »

Hermione fronça les sourcils, énervée qu'une fois de plus, il s'amusait avec elle. 'Pourquoi dois-tu être aussi impossible ?' Se demanda-t-elle en remarquant avec quelle difficulté il s'amusait à réprimer un sourire.

« Edmund, » avertit Peter.

Le plus jeune frère eut l'audace de rouler des yeux, comme s'il était contre cette idée. 'Idiot,' pensa la jeune femme en secouant sa tête. Lorsqu'elle lui avait dit d'agir normalement, elle ne s'attendait pas à ce qu'il se comporte d'une manière insupportable. Mais, une fois encore, il s'agit de son comportement normal.

« Très bien, » dit Edmund en relâchant un soupir afin de rendre son comportement plus vrai. « Garde bien en tête de ne pas me déranger pendant que je travaille. »

Elle leva un sourcil, et un silence de défi passa par leurs regards.

« Je peux t'aider dans tes recherches si tu veux, » proposa Lucy.

« Non, » répondit Edmund.

Sa petite sœur le fixa, offensée, mais il secoua simplement sa tête et dit : « J'ai dit que j'étais occupé. J'ai cette impression que tu pourrais être une nuisance si tu accompagnais Hermione dans ma bibliothèque. »

« Tout va bien, » dit Hermione en posant une main sur le bras de Lucy pour la calmer. « Je vais pouvoir y arriver seule, majesté. »

Des émotions conflictuelles apparurent sur le visage de Lucy et, finalement, elle soupira avant de dire : « Très bien, mais n'hésite pas à me dire si tu as besoin d'aide ou autre Hermione : je suis disposée à t'aider. »

La jeune femme acquiesça. Et puis ils terminèrent leur repas.


« Je serai dans la bibliothèque du Roi Edmund si tu me cherches Sybille, » dit Hermione en souriant à son ancien professeur de Divination.

La vieille sorcière lui sourit, amusée. Puis elle dit : « Hum… amuse-toi bien ma chère. Et j'espère que tu ne laisseras pas l'autre chose te distraire si tu as des recherches à faire. »

Hermione cligna des yeux, incertaine de ce qu'elle voulait dire : « Je vais garder ça en mémoire. »

Sybille inclina sa tête tandis qu'Hermione se retournait et ouvrait la porte de la chambre. Puis elle s'approcha des escaliers et monta les marches.

Alors qu'elle s'approchait de la bibliothèque d'Edmund, elle se rappela la première fois qu'elle y était entrée. Y pénétrer n'avait jamais été son intention, et elle aimait penser que sa décision de prendre un autre escalier vers le troisième étage était un pur accident. Mais maintenant qu'elle montait les mêmes marches qui la dirigeaient vers la bibliothèque d'Edmund, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'une force extérieure l'avait poussée à aller au troisième étage après tout.

Elle s'approcha de la deuxième porte à droite et tourna la poignée. Elle pénétra dans la pièce, et sourit lorsqu'elle vit qu'Edmund était assis derrière son énorme bureau, un énorme parchemin ouvert devant lui.

Il leva la tête quand il entendit la porte grincer en s'ouvrant. Lorsque le visage d'Hermione apparu, il sourit.

« Je peux entrer ? » Demanda-t-elle avec précaution. Il leva un sourcil face à sa politesse, et Hermione rit simplement.

« Je suppose que c'est un oui, » dit-elle en entrant et en refermant la porte derrière elle. « Je ne serais pas embêtante, je le promets. Tu peux continuer à travailler pendant que je ferais des recherches plus loin. »

Elle fit une révérence et se perdit immédiatement dans les rayonnages de livres.

Une demi-heure plus tard exactement, après avoir parcouru cinq grandes étagères et récupéré dix livres épais, Hermione était prête à débuter ses recherches. Elle avait emporté dans une sacoche des parchemins neufs et des plumes pour écrire les faits importants qu'elle trouvait dans les livres.

Elle porta avec précaution la pile de livres dans ses bras qui tangua dangereusement, et Hermione dû trouver un équilibre. Elle avait l'habitude, dans tous les cas, de gérer des piles de livres en même temps. Après des années et des années d'expérience à Poudlard, elle était devenue une experte.

Avec précaution, elle s'approcha d'une table. Si elle avait été capable de regarder en direction du bureau d'Edmund, elle aurait pu voir le regard amusé du roi face à sa pile de livres.

Hermione posa bruyamment celle-ci sur la table. Il y eut un écho qui résonna dans la bibliothèque silencieuse, et elle tressaillit. Elle adressa un regard d'excuse à Edmund, et lorsqu'elle vit qu'il était concentré sur ses documents, elle sourit de soulagement.

Puis elle s'assit et commença ses recherches.

Jadis, la Sorcière Blanche, était un des personnages les plus déroutant de son histoire favorite du soir. Elle ne comprenait pas sa complexité, ses objectifs, et sa façon de penser. Hermione pensa qu'il s'agissait du personnage le plus compliqué du livre, et savait que faire des recherches sur elle serait un défi.

Et s'en était véritablement un. Après une heure de recherche intense, elle avait été seulement capable de trouver des éléments qui n'étaient pas vraiment essentiels pour la guerre imminente. Elle avait déjà parcouru la moitié de sa pile de livres, et toujours rien.

Hermione relâcha un soupir de mécontentement, et mit les cinq et inutiles livres dans ses bras. Elle se dirigea vers ses étagères respectives pour les ranger à leurs places. Ses yeux scrutèrent de nouveau les dos des livres, et un titre en particulier l'interpella. Il avait cependant un défaut : il était posé à une hauteur qu'elle ne pouvait atteindre.

Elle se mit sur la pointe des pieds, et sautilla même, mais elle ne pouvait toujours pas l'atteindre.

« Tu aurais dû me demander de l'aide, » soupira Edmund tandis qu'il étirait son bras pour récupérer, sans effort particulier, le livre qu'elle désirait consulter.

Hermione se retourna et fut un peu surprise par leur proximité proche. « Eh bien, tu étais occupé donc je ne voulais pas t'ennuyer, » fit-elle remarquer.

Edmund rit et secoua sa tête. Puis il donna le livre à Hermione, qui le prit avec plaisir. « Je trouve ça marrant que tu n'as pas compris que c'était juste une excuse pour que Lucy ne t'accompagne pas dans ma bibliothèque, » dit-il en lui adressant un large sourire lorsque sa mâchoire s'ouvrit légèrement au moment où elle réalisa.

Elle se ressaisit, afficha un large sourire et fit remarquer : « Ton jeu d'acteur s'améliore un petit peu. C'est bien. »

« Hum... » dit-il en devenant un peu distrait tandis qu'il la fixait intensément, et plus particulièrement ses lèvres. « As-tu trouvé quelque chose d'utile ? »

Elle fronça les sourcils. « Non, » dit-elle en sachant qu'il ne l'écoutait pas totalement. « Rien d'extraordinaire qui pourrait m'aider à causer la chute de la Sorcière Blanche. »

Edmund mit lentement un bras autour de sa taille. Puis il murmura d'une voix rauque : « Un peu décevant, non ?

Hermione ferma doucement les yeux, et murmura en retour : « Je ne te le fais pas dire. » Son souffle caressait les joues du roi, qui frotta son nez contre celui de la brune qui gloussa : « Qu'est-ce que c'est ? Une moquerie ? C'est nouveau. »

Il rit et la rapprocha. Un léger bruit se fit entendre lorsque le livre tomba de ses bras. Les bras d'Hermione s'enroulèrent autour du cou d'Edmund, et elle se mit doucement sur la pointe des pieds. « Je ne vis que pour surprendre la seule et l'unique Hermione Granger, » dit-il.

Finalement, il se baissa et captura ses lèvres.


« Lucy, peux-tu aller chercher Hermione et Edmund pour le thé de l'après-midi s'il-te-plaît ? » Demanda Peter sans lever les yeux des papiers qu'il lisait.

La jeune reine fronça les sourcils, se sentant un peu paresseuse à l'idée de se lever de son trône. Elle regarda Caspian et Susan dans l'espoir de leur demander mais, comme à leur habitude, ils s'occupaient de leur bébé. Sybille Trelawney était assise sur un des rebords de fenêtre, un livre en main, et Lucy n'eut pas le cœur de demander au nouveau résident de Cair Paravel. Et surtout, la sorcière lui faisait peur d'une certaine façon.

« Très bien, » dit-elle dans un soupir en se levant doucement de son trône. La jeune reine étira ses bras au-dessus de sa tête, et bailla tout en descendant les marches et en s'éloignant de la Salle des Trônes.

Lucy se sentait particulièrement paresseuse aujourd'hui, tout en sachant qu'elle n'avait rien à faire. Elle avait essayé de s'amuser avec plusieurs choses, comme lire ou même coudre, mais elle avait été immédiatement ennuyée par ces activités. Rapidement, elle avait rejoint sa fratrie dans la Salle des Trônes, traînant et s'assoupissant quelques fois sur son trône.

Depuis plusieurs heures, Hermione faisait ses recherches dans la bibliothèque d'Edmund, et la jeune reine se demandait si sa dame de compagnie avait réussi à trouver quelque chose d'utile. Lucy devenait de plus en plus inquiète pour elle, cette dernière commençant à angoisser face à la guerre imminente à Narnia.

Lucy arriva enfin au troisième étage et s'approcha inconsciemment de la deuxième porte à droite. Elle tourna la poignée et pénétra à l'intérieur sans même toquer auparavant.

Tandis qu'elle entrait, ses yeux s'agrandirent et sa mâchoire tomba face au spectacle qu'elle regardait.

De son point de vue, elle pouvait voir Hermione appuyée contre une bibliothèque, et dont les lèvres touchaient celles de son frère.

Lucy se stoppa pendant une minute entière, le temps d'assimiler la scène qui se déroulait devant ses yeux. Elle se ressaisit et fit rapidement marche arrière. Elle ferma silencieusement la porte et relâcha un soupir de soulagement tout en posant sa main sur son cœur.

Un grand et lent sourire apparu sur son visage alors qu'elle était témoin de la source de l'étrange comportement d'Hermione et Edmund. Elle avait deviné correctement, au final. Elle avait juste besoin de preuve avant de sauter sur des conclusions.

'Je n'arrive pas à y croire,' se dit-elle en levant le poing et en cognant vigoureusement contre la porte. Après avoir toqué pendant quelques minutes, elle entendit un étrange bruit venant de l'intérieur. La porte s'ouvrit soudainement, et un Edmund mécontent l'accueillit.

« Quoi ? » Aboya-t-il un peu trop méchamment.

Lucy leva un sourcil. « Peter vous fait appeler pour le thé de l'après-midi, » dit-elle. La reine jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule d'Edmund, et vit Hermione assise sur une des chaises de la bibliothèque, un livre grand ouvert devant elle. Elle rit presque à l'évidente mascarade, parce que la jeune brune avait encore les joues teintées d'une adorable teinte rouge.

Les yeux de la reine s'arrêtèrent de nouveau sur son frère, et elle sourit avant de dire : « Vous étiez occupés ? »

Edmund lui jeta un regard noir : « Très. » Puis il soupira et regarda derrière lui : « Nous sommes demandés pour le thé de l'après-midi. »

Hermione leva les yeux. Son regard se posa sur Lucy qui la salua des mains. « Très bien, » dit-elle en se levant doucement.

Les trois se dirigèrent ensuite dans le jardin, sans que le couple ne sache que la reine connaissait leur secret.

Lucy, seulement dans le but de les tourmenter, décida de se mettre entre eux. Par conséquent, ils ne pouvaient faire de contacts ou de regards secrets derrière son dos.


Hermione referma sans un bruit la porte de sa chambre derrière elle, afin de ne pas réveiller une Sybille endormie. Puis elle se dirigea vers la chambre de Lucy en étirant ses bras au-dessus de sa tête sur le trajet.

Cette journée avait été fatigante, bien que très peu productive. Elle avait été chagrinée en pensant que, pour la première fois de sa vie, une bibliothèque l'avait déçue. Elle avait été surprise de trouver une livre qui l'avait renseigné sur les voyages dans le temps avant même de trouver des livres sur la Sorcière Blanche. De plus, même la royauté narnienne était déroutée par la Sorcière Blanche et ses étranges pouvoirs.

Le temps passé avec Edmund avait été une bonne chose, car cela avait amélioré sa mauvaise journée. Tout en rougissant timidement, elle sourit en se remémorant ce petit secret dans la bibliothèque. Cela avait été frustrant qu'une tradition britannique mis fin à ce qu'ils faisaient.

La dame de compagnie arriva devant la chambre de Lucy et toqua. Un léger « Entrez » se fit entendre, et elle tourna la poignée pour entrer.

La reine était assise sur son lit, un regard étrange et plein d'espoir sur son visage. Hermione, suspicieuse, referma la porte derrière elle et avança de quelques pas. Elle resta debout devant la reine dite "la Vaillante,'' embarrassée.

« Eh bien ? » Demanda cette dernière.

Lucy montra, sans un mot, la chaise en face d'elle. Hermione s'y assit, son regard toujours fixé sur celui de la plus jeune Pevensie. Le sourire de Lucy la perturbait légèrement, ses yeux brillaient plus qu'à l'habitude, et son regard... Hermione frissonna, paniquant un peu.

« Donc, Edmund et toi, » dit Lucy avec douceur sans jamais quitter des yeux Hermione.

Immédiatement, sa dame de compagnie se raidit. Hermione se pétrifia sous le choc, ses yeux s'agrandirent et sa mâchoire se desserra. « J-je… pardon ? » Bégaya-t-elle en toussant pour cacher sa nervosité.

La reine leva les yeux au ciel et secoua sa tête avant de répondre : « Je le savais. Le fait qu'il commençait à accepter ta présence de nouveau était une preuve flagrante. Mon frère peut être horriblement insupportable quelques fois, il peut aussi garder une forte rancœur s'il le veut bien. À partir du moment où tu m'as dit que tu l'avais rejeté, ses sentiments et lui, je savais qu'il ne te parlerait plus pendant longtemps. Mais à présent… » Lucy gloussa et secoua sa tête : « J'aurai dû le savoir. »

Hermione cligna des yeux et déglutit. « Je ne comprends toujours pas, » mentit-elle les dents serrées.

Lucy leva un sourcil et dit : « Qu'est-ce que cela ? Du déni ? Je t'ai dit pour Ardon et moi Hermione, je pense que c'est équitable si tu me dis, clairement, que tu fréquentes mon frère. »

Hermione rougit en entendant le mot ''fréquenter'' exprimé par Lucy. Est-ce qu'ils sortaient ensemble ? Edmund et elle ? Ils venaient tout juste d'avouer leurs sentiments l'un pour l'autre. Et par ailleurs, se fréquenter semblait immature, surtout quand il s'agit du roi d'un pays.

Puis elle tomba sur le regard plein d'espoir de Lucy et soupira : il n'y avait plus de raison de garder cela secret à présent. « Eh bien… » commença-t-elle avec les joues en feu, « nous ne sortons pas exactement ensemble mais je… je me suis confessée. »

La jeune reine poussa un doux cri perçant et enveloppa Hermione de ses bras. Elle s'exclama : « Je le savais ! Grands Dieux Hermione, je ne peux pas croire que tu as pris si longtemps à comprendre que tu reniais simplement tes sentiments. »

La dame de compagnie ne comprenait pas. Dans un souffle, elle demanda : « Quoi ? »

Lucy recula et la regarda, un sourire incrédule sur son visage : « Tu as craqué pour mon frère. Ou bien c'est trop enfantin de qualifier ainsi tes sentiments ? Dans tous les cas, je t'ai observée depuis le premier jour où tu as mis les pieds à Cair Paravel. Je pensais que c'était de la simple hostilité mais, Hermione, souviens-toi qu'il n'y a qu'un pas entre la haine et l'amour. C'était un peu frustrant de vous voir badiner ainsi, avec toute cette tension sexuelle trop évidente pour que je ne le remarque pas. »

« Err… » dit Hermione en secouant sa tête. Incrédule, un léger sourire apparu sur son visage tandis qu'elle regardait sa maîtresse. « Bien évidemment que Lucy Pevensie savait, elle devine toujours tout. »

La reine dite ''la Vaillante'' gloussa et enlaça de nouveau Hermione. Avec honnêteté, elle lui dit : « Je suis soulagée, pour tous les deux. Edmund est chanceux de t'avoir Hermione, et je suis contente que tu te sois ouverte à lui. »

« J'ai eu du mal à le réaliser, » murmura-t-elle en tapotant le dos de Lucy. « Mais j'y suis parvenue au final. Et j-je suis heureuse avec lui Lucy. Cela faisait très longtemps que je n'avais pas ressenti cela. »

Lucy recula et s'assit sur son lit, l'air grave. « Et par rapport à Peter ? » Demanda-t-elle. Hermione s'alarma, elle n'y avait pas pensé avant. Lucy ajouta : « Que vas-tu faire avec lui ? »

« Je… honnêtement, je ne sais pas, » gémit-elle en passant une main frustrée sur son visage. « Je nageais tellement dans le bonheur avec tout ce qui s'est passé avec Edmund que j'en ai oublié la demande en mariage de Peter. » Son sang se glaça à l'idée ce que pourrait faire Peter lorsqu'il découvrira qu'Hermione avait choisi son frère plutôt que lui. « Que dois-je faire Lucy ? Oh, par Godric, que dois-je faire ? »

La jeune reine la regarda simplement avec tristesse, et prit ses mains. Elle-même ne savait pas.

Hermione, qui essayait de ravaler la boule qui s'était formée dans sa gorge, savait que d'une manière ou d'une autre, Peter devait être mis au courant.

Et elle prévoyait déjà que le résultat ne serait pas bon du tout.