Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,

Voici un nouveau chapitre en ce dimanche de Pentecôte !

Hermione et Edmund continuent de vivre leur histoire d'amour secrète. Mais est-ce sans risque ?

Je vous laisse le découvrir ;)

Bonne lecture !

Equipe :

Auteure originale : WickedlyAwesomeMe

Traductrice : PetiteSphereAilee

Relectrice : Snow


« Peter m'a demandé en mariage. »

Ses mots furent murmurés tellement doucement qu'Edmund dû tendre l'oreille pour l'entendre correctement. Mais Hermione comprit qu'il l'avait entendu lorsqu'elle le vit se pétrifier sur place.

Elle l'observa silencieusement, son visage avait perdu son entrain et reflétait l'inquiétude. Après que Lucy lui eût rappelé sa situation embarrassante avec Peter, Hermione se sentit harcelée. Edmund avait déjà remarqué son comportement étrange de ces derniers jours, et alors qu'ils se retrouvaient dans le kiosque cette nuit-là, elle savait qu'elle devait lui dire pour la demande de son frère.

« Quoi ? » Demanda-t-il dans un souffle. Ses yeux s'écarquillaient de plus en plus au fil des secondes. Hermione fut surprise car il se leva de sa chaise, qui crissa épouvantablement. Il commença à faire les cent pas, et Hermione le regarda patiemment. Elle savait qu'il avait besoin de temps pour assimiler cette révélation, et elle craignait qu'il explose si elle l'interrompait.

Les joues d'Edmund devenaient rouges, et il commença à mordre sa lèvre inférieure. Ses sourcils étaient froncés, et sa marche devenait brusque et tendue. « J-je... » bégaya-t-il, ne sachant pas quoi dire. Finalement, il s'arrêta devant Hermione et passa une main frustrée dans ses cheveux : « Pourquoi tu ne m'as rien dit ? »

La jeune brune regarda, coupable, ses genoux et confessa : « J'ai... oublié. »

Il la fixa, et lui demanda avec déception : « Tu as oublié ? »

Elle le regarda avec un regard noir. Pour se défendre, elle lui répondit : « Eh bien, grande nouvelle, j'avais d'autres choses à penser plutôt qu'à Peter et sa demande en mariage. Et puis, ça nous est arrivé et tout ce que j'avais en tête était à quel point j'étais merveilleusement heureuse, et toutes mes autres inquiétudes semblaient s'être cachées dans un coin de ma tête. »

Le regard d'Edmund sembla s'adoucir face à son explication. Pendant un moment, il la regarda et expulsa un long soupir de soulagement. Puis il demanda : « Quand ? Quand a-t-il fait sa demande ? »

« Pendant l'anniversaire du petit Caspian, » répondit-elle dont sa colère se dissipait.

Il fronça les sourcils et s'assit sur sa chaise. « Depuis si longtemps ? » Dit-il avant de faire une pause, un regard indéchiffrable sur son visage. Puis il demanda avec beaucoup de difficultés : « Que lui as-tu répondu ? »

Hermione fut frappée par l'insécurité dans sa voix. Sa mâchoire était fortement serrée tandis qu'il la regardait d'une manière significative. Elle sourit presque, incrédule face à son inquiétude sur la réponse qu'elle allait lui donner. « Eh bien, je suis avec toi maintenant, non ? » Demanda-t-elle en posant une main sur la sienne. « Peter… m'a dit qu'il pouvait attendre pour la réponse, que je n'avais pas besoin de me presser. »

Edmund lâcha un soupir qu'il ne pensait pas avoir retenu. Fatigué, le roi posa son front sur la table. Il posa sa main sur celle d'Hermione, et la pressa fermement.

Elle le fixa, inquiète, alors qu'il relevait la tête. « Qu'allons-nous faire ? » Demanda-t-il doucement, sa voix paraissant faible contrairement à sa voix habituelle qui était forte et autoritaire.

Avec mélancolie, Hermione lui sourit et dit : « Je me pose la même question depuis des jours, Edmund. » Lentement, elle se leva de son siège et s'approcha de lui. Elle posa sa main derrière son cou, et posa la tête d'Edmund sur son ventre. Elle le sentit se détendre au contact de son corps, tandis qu'il entourait sa taille de ses bras.

« Peter va entrer dans une rage folle, » marmonna-t-il contre son ventre.

« Je sais, » lui répondit-elle sans un murmure.

« Il pourrait arrêter de nous parler, Hermione, » ajouta-t-il.

Elle acquiesça avec précaution : « Je l'avais déjà prévu. »

« Il a craqué pour toi, » dit Edmund. « Par Aslan, il t'aime tellement. »

Hermione passa une main dans ses cheveux, et soupira avant de dire : « Je sais. » Elle se baissa ensuite pour déposer un baiser sur la tête. Les yeux du roi se fermèrent, et il renforça sa prise autour de sa taille. « Mais, nous allons y faire face, » lui promit-elle avec détermination.

Tous les deux restèrent silencieux, sachant que les jours prochains allaient être difficiles pour eux.


L'anniversaire de Peter arrivait, et la tradition voulait qu'un bal lui soit organisé. Après tout, il s'agissait de l'anniversaire du Grand Roi de Narnia, et une célébration était de rigueur. Tout le château était en effervescence, à préparer tout ce qui était nécessaire. Des préparations étaient faites également en dehors de Cair Paravel, à l'occasion de l'anniversaire du Grand Roi Peter le Magnifique.

« Hermione, chérie, tu ne vas pas te préparer ? » Demanda Susan en jetant un coup de la salle de bain. Hermione remarqua avec amusement que la reine était seulement habillée avec une serviette de bain, mais que son visage et sa coiffure étaient déjà prêts pour l'événement du soir.

« Elle se prépare toujours à la dernière minute, tu n'as pas à t'en faire pour ça, » dit Lucy de sa chambre, en gigotant une main dédaigneuse. La plus jeune des Pevensie était déjà habillée pour l'anniversaire de Peter avec une robe rouge ornant son corps mince. Ses cheveux étaient attachés en un chignon bas, et son maquillage était parfait, comme à son habitude. Hermione pouvait déjà imaginer le visage d'Ardon lorsqu'il allait voir la délicieuse reine.

Dans les bras d'Hermione, le bébé gazouilla joyeusement, ses yeux parcourant la chambre de Lucy. Il était habillé d'une simple robe avec quelques ornements en or. La jeune femme se souvint avec tendresse de sa maison Gryffondor alors qu'elle regardait le bambin. Il battit joyeusement des mains lorsqu'il vit sa mère, et Susan lui tira la langue, ce qui le fit rire davantage.

Susan enfila rapidement une robe verte, et soulagea Hermione en prenant Caspian XI dans ses bras. Hermione put ensuite mettre une adorable robe jaune, accompagnée par Lucy qui ne cessait de papillonner autour d'elle, et par Susan qui l'abreuvait constamment de conseils et de serre-tête jaune maintenait ses cheveux en place, car elle avait préféré les laisser détachés. Heureusement, Lucy l'avait autorisé seulement à porter de l'eyeliner et un rouge à lèvres, conservant un visage aussi naturel que possible.

« Oh, Edmund va être bouche bée, » lui murmura Lucy, ce qui fit rougir la dame de compagnie. La jeune reine gloussa face à la réaction immédiate de la jeune brune, qui remit distraitement en place une mèche de cheveux. « Tu es magnifique, Hermione. »

Elle sourit et fit une révérence, amusée. Puis elle répondit : « Toi aussi, majesté. Je pense que tu vas le rendre muet par ta simple présence. »

Lucy, rougissante, ne pouvait pas contenir le sourire grandissant sur son visage.

« Que murmurez-vous toutes les deux ? » Demanda Susan.

Lucy et Hermione regardèrent simultanément la reine dite 'la Douce' et sourient innocemment. Elles dirent à l'unisson : « Rien. »

Susan les regarda avec amusement, secoua sa tête et dit : « Très bien, très bien, puisque vous le dites. » Puis elle déplaça son bébé dans ses bras et ajouta : « Nous devons y aller. Je pense que Peter doit se demander où nous sommes. »

« D'ailleurs, est-ce que quelqu'un a vu Sybille ? » Demanda Hermione en parcourant du regard la chambre de Lucy.

« Oh, elle m'a dit qu'elle devait retourner dans ta chambre pendant un moment. Je pense qu'elle nous rejoindra, » dit Susan en haussant les épaules.

Lucy sourit et prit le bras d'Hermione. Elle s'exclama : « Allons-y ! Étrangement, je me sens surexcitée. »

Hermione sourit, concurrençant Lucy. Elle sentait que rien de grave n'arriverait durant ce bal.


Edmund soupira, assis sur son trône, visiblement ennuyé du bal qui se profilait. Peter se déplaçait d'un endroit à un autre, tel un papillon social, au dépit du roi dit 'le juste'.

Bien qu'il se souciât de son frère, il continuait de penser qu'organiser un bal d'anniversaire n'était pas nécessaire. Tout en affichant un sourire amusé, il pensa que c'était bien la énième fois qu'il se disait ça durant les fêtes. Eh bien, que pouvait-il y faire ? Il se croyait génétiquement programmé pour s'ennuyer lors de célébrations ridicules.

La différence, ce soir, c'était qu'il était impatient de voir Hermione. Par Aslan, la jeune femme était introuvable, et l'attente rongeait silencieusement Edmund. Les derniers souvenirs des fêtes à Cair Paravel étaient encore vifs dans son esprit, et il était impatient de voir à quoi elle ressemblerait ce soir, et apprécierait de la regarder, ou de façon plus réaliste, de la dévorer des yeux.

Sybille Trelawney pénétra dans le Grand Hall, et Edmund ne put s'empêcher de l'admirer au loin. À dire vrai, elle lui avait donné des frissons, surtout quand elle était passé d'une vieille femme à son apparence actuelle. Après tout, il n'avait jamais eu d'expérience agréable quand il s'agissait de sorcière. Sybille semblait assez incroyable aujourd'hui, et il lui souhaitait honnêtement de passer un agréable moment ce soir.

« Joyeux Anniversaire, votre majesté. »

La voix familière de Thalia attira son attention. Edmund se retourna et chercha son visage, et il la trouva finalement parmi la foule. Ce qui le surprit était l'indéniable boule qui s'était formée dans son estomac. Elle était toujours aussi belle, même avec les kilos de grossesse qu'elle avait pris. Le Duc de Galam se tenait fièrement à côté d'elle, un bras autour des épaules de sa femme. Edmund pouvait voir, avec ce simple geste, combien le Duc se souciait de la princesse calormène. Même s'ils n'avaient pas un passé très joyeux, le roi était sincèrement heureux pour cette princesse qui s'était entichée de lui.

Ses yeux se posèrent ensuite sur Peter, et toute sa joie s'évapora alors qu'il se remémorait la révélation d'Hermione quelques nuits auparavant. Son grand-frère avait demandé en mariage l'objet de son affection. Il ne pouvait pas renier le sentiment alarmant qu'il avait ressenti quand il avait demandé à Hermione ce qu'elle avait répondu. Son soulagement avait été monumental lorsqu'elle lui avait confié ne pas encore avoir apporté de réponse.

Cela l'avait surpris que Peter fasse une demande en mariage alors même qu'ils n'étaient pas engagés dans une relation plus qu'amical. Même s'il n'était pas totalement surpris. Il était conscient de la profonde dévotion de Peter envers Hermione. Il avait déduit que la dame de compagnie avait été surprise, car elle n'avait jamais entendu les ardents compliments de Peter à son égard, lorsqu'elle n'était pas là.

Cette nouvelle découverte lui procura plusieurs émotions. Il se sentait coupable d'avoir eu Hermione. Il se sentait effrayé par la future réaction de Peter quand il apprendra qu'ils sortaient ensemble (ou quelque chose comme ça), car le Grand Roi ne le prendrait pas à la légère. Il se sentait, d'une certaine façon, très protecteur envers Hermione, réflexe naturel qui s'est déclenché lorsqu'il apprit qu'une autre personne désirait sa femme.

Mais, par-dessus tout, il se sentait ridiculement triomphant. C'était idiot, et il le savait, mais il ne pouvait pas réprimer ce sentiment qui avait déjà émergé. Il y avait toujours cette rivalité silencieuse entre Peter et lui, avant même d'arriver à Narnia. Peut-être parce que Peter était plus âgé, parce qu'il était toujours celui qui était remarqué, le ''Magnifique", alors que lui n'était simplement que son jeune frère, le frère de Peter. Ils avaient désiré la même chose à plusieurs reprises, et sans surprise, c'était toujours le bon vieux Peter qui gagnait.

Et puis... Hermione. Elle aurait été furieuse si elle avait découvert qu'il la considérait comme un trophée. 'Non, pas quelque chose comme ça,' pensa-t-il tendrement en imaginant son visage adorable et furieux. 'C'est quelque chose entre hommes Hermione. Tu ne peux pas comprendre.'

Elle était, sans aucun doute, la plus belle chose qu'il avait ardemment désiré de toute sa vie. Se battre pour l'obtenir n'avait pas été évident, mais l'épanouissement qu'il ressentait pour l'avoir obtenu était immense.

Cependant, Edmund ne pouvait se départir de ce sentiment d'effroi lorsque Peter découvrira qu'Hermione et lui était dans une relation. Lui était connu pour avoir le tempérament le moins facile de la fratrie, et Peter le suivait de peu. Il savait que son frère ne laisserait pas la situation ainsi.

Tout au fond de lui, il s'inquiétait pour Hermione. Après tout, elle ne se sentirait jamais en paix si elle savait que quelqu'un qu'elle apprécie l'ignorait. Il suffit de voir son état quand il l'avait ignoré après son rejet.

Les portes du Grand Hall s'ouvrirent de nouveau, et entra Susan et son bébé. Lucy la suivait et, comme à leur habitude, les sœurs étaient époustouflantes. Et puis apparu Hermione et, inconsciemment, il se leva lentement de son trône, de l'émerveillement clairement visible sur son visage.

Elle était, tout simplement, magnifique. Peut-être même que ''magnifique" était un mot trop commun pour la qualifier, mais Edmund était trop occupé à l'admirer pour corriger son apparemment cerveau vide. Sa gorge devint sèche tandis que ses yeux couraient tout le long de son corps en s'émerveillant de chaque courbe. Le visage de la jeune femme était exquis, et le cœur d'Edmund manqua un battement, sachant qu'elle était à lui.

Les yeux d'Hermione parcoururent toute la salle avant de tomber sur lui. Le roi sentit ses joues rougirent lorsqu'elle lui offrit un léger et secret sourire. Il lui sourit en retour, et la couleur rouge des joues de la jeune femme lui donna des papillons voletant sauvagement dans son ventre.

Trop occupé à l'admirer, il n'avait pas vu que Peter la regardait également. Trop occupé à l'admirer, il n'avait pas vu que Peter s'était posé près des trônes. Ce fut seulement lorsque son frère tapa dans ses mains pour obtenir l'attention de tout le monde qu'il percuta que son frère était à côté de lui.

« Citoyens de Narnia, » commença le Grand Roi en faisant de grands gestes. « Mes chers amis et sœurs, mon frère, » continua Peter en lui jetant un rapide regard, « j'aimerais profiter de cette opportunité pour toutes et tous vous remercier de votre présence à ma fête d'anniversaire. Maintenant que j'ai vingt-trois ans à nouveau – il y eut des rires dans la salle – je suis heureux de pouvoir fêter cet anniversaire dans un pays que j'aime le plus, avec un peuple dont je me soucie le plus. »

Peter se dirigea doucement vers le centre de la pièce, à quelques mètres d'Edmund, et dit : « Cette dernière année a été assez stressante pour nous tous et, parce que je suis votre Grand Roi, je vous remercie pour le soutien que vous avez apporté à ma fratrie et à moi-même grâce à votre inébranlable foi. » Son petit discours fut interrompu alors que tous les invités applaudissaient. Peter leva sa main droite pour faire les faire s'arrêter, et attendit la fin du tout dernier.

Son visage devint grave, un froncement de sourcils apparu et il continua : « Narnia va devoir faire face à un sombre futur, et je suis désolé de ne pas pouvoir vous en dire davantage. »

Les yeux d'Edmund s'agrandirent lentement, surpris que Peter aborde avec tout le monde un aperçu de ce qui se préparait. Il observa comment le public commença à murmurer tout en affichant un air confus. Il nota, avec envie, comment Peter regardait simplement la foule, et attendait qu'elle finisse de parler. Ils se turent rapidement et regardèrent le visage patient du Grand Roi.

« Mais qu'importe, » dit Peter dont la voix s'amplifia. Edmund remarqua son regard fixe parmi la foule. Il remarqua ses yeux qui brillaient, son sourire grandissant, et ses joues qui se colorèrent. Le cœur lourd, il devina qui était la personne que Peter regardait. « Narnia est bénie par une lueur d'espoir, un rayon de soleil, l'Élue, et je ne peux nier à quel point elle est devenue importante pour moi. »

Le roi dit ''le Juste" déglutit une boule qui s'était formée dans sa gorge. Il chercha Hermione dans la foule et vit son regard.

Il était effrayé par la possibilité d'afficher le même regard qu'elle.

Intensifiant son regard sur Hermione, il continua : « Et je me tiens ici, âgé de vingt-trois ans, n'étant plus aujourd'hui le Grand Roi Peter le Magnifique, Empereur des Iles Solitaires, Empereur de Cair Paravel et Chevalier de la Noble Table d'Aslan. Aujourd'hui, je me rends humble et redeviens Peter Pevensie, simple Fils d'Adam, demandant à cette femme spéciale une danse avec moi. »

Peter descendit les marches et marcha parmi la foule. Tout le monde se décala telle la Mer Rouge tandis que le Grand Roi s'avança vers Hermione Granger, déconcertée. Tous les invités furent en effervescence alors qu'il lui offrit sa main droite avant de lui faire une révérence, souriant patiemment.

La jalousie s'empara du cœur d'Edmund, et il regarda, démuni, Hermione accepter lentement la main de Peter.

Instantanément, Edmund détourna le regard.


Hermione fixa la main qu'on lui offrait, abasourdi par la situation. Ses mains commencèrent à trembler, son corps commençant à paniquer. Elle regarda la main de Peter, impuissante, et ne sut quoi faire. Le regard du Grand Roi était rempli d'espoir, le cœur de la jeune femme se serra.

Du coin de l'œil, elle pouvait voir le regard inquiet de Lucy. Les autres invités affichaient un regard surpris tandis qu'ils attendaient sa réponse.

'Que dois-je faire ? Que dois-je faire ?' Se demanda-t-elle, anxieuse et tiraillée. Pendant une fraction de seconde, elle leva les yeux et vit Edmund à l'autre bout de la Grande Salle. Même s'il était loin, elle pouvait voir son visage crispé.

'Dois-je accepter ou non ?' Se demanda-t-elle en mordant la lèvre inférieure. Elle regarda de nouveau la main de Peter, et savait qu'elle devait choisir l'option la moins douloureuse. Après tout, c'était l'anniversaire de Peter. Elle était sans cœur si elle refusait sa demande.

Et c'était pour cela que sa main s'était lentement levée et posée sur celle qu'il lui offrait. Rapidement, elle regarda en direction d'Edmund, qui avait détourné le regard d'eux.

De l'appréhension grandit en elle tandis que Peter la mena vers le milieu de la piste de danse. Il plaça sa main gauche en bas de son dos, et sa main droite dans la main gauche d'Hermione. Elle posa aveuglément sa main droite sur son épaule et rapidement, ils dansèrent au rythme de la musique.

D'autres couples les rejoignirent, tous dansant élégamment. Elle reconnut Susan et Caspian, qui se tenaient serrés l'un contre l'autre tout en dansant lentement. Elle remarqua aussi Sybille, dans les bras d'un noble qu'Hermione ne reconnaissait pas, et dont leurs visages affichaient de la joie et de la satisfaction. La jeune femme remarqua encore deux ou trois choses, tandis qu'elle continuait de danser avec Peter, déterminée à garder le silence dû à son malaise.

« Est-ce que je vous ai surpris ? » Demanda Peter avec un léger ton honteux.

Hermione le regarda pendant un moment, et nota leur proximité. Elle déglutit et détourna immédiatement le regard. Elle lui répondit avec un craquement dans sa voix : « Honnêtement, oui. »

Peter gloussa nerveusement avant de dire : « Oui... Je suis désolé pour ça. Je... Je n'ai pas pu résister. » Il fit une pause et sonda son visage. À contrecœur, elle rougit face à son regard. « Vous êtes magnifique, Hermione. »

Elle se mordit la lèvre inférieure avant dire en bégayant : « M-merci. » Ses yeux dévièrent momentanément vers l'autre côté de la Grande Salle, Edmund était parti. Étrangement, un sentiment de culpabilité se forma en elle, et elle ressentit soudainement une urgence de s'éloigner de Peter et de partir à la recherche d'Edmund.

Dire qu'elle avait été surprise lorsque Peter s'était soudainement approché d'elle, devant une large foule, était largement compréhensible. Tout avait été inattendu et lorsque tout le monde s'était tourné vers elle, curieux et hautement intrigué, elle avait espéré qu'un trou se forme sous elle et qu'elle y soit engloutie.

Et elle repensa à Peter qui avait annoncé à tout le monde, et de façon flagrante, qu'il se rendait humble pour lui demander une danse à elle en tant que Peter Pevensie et non en tant que Grand Roi de Narnia. Bien évidemment, elle se sentait honorée. Mais elle aurait espéré que cette demande vienne d'Edmund. Malheureusement, leur relation devait rester secrète.

Du coin de l'œil, elle vit Peter. Il affichait un large et joyeux sourire, malgré la présence d'une pointe de nervosité également. Avec un sentiment lourd, elle se demandait comment ce sourire pourrait être rapidement effacé une fois qu'il aura découvert la relation entre son frère et la dame de compagnie de Lucy.

« Cela fait plusieurs semaines depuis que j'ai... » le Grand Roi s'éclaircit la gorge, et ses joues s'enflammèrent. « Avez-vous vous réfléchi... »

Ses mots moururent, et ses yeux l'implorèrent. Qu'était-elle censée dire quand il la regardait avec espoir le jour le plus important pour lui. « J-je... je... hum... j'y ai réfléchi votre majesté. J'y ai vraiment réfléchi, mais je n'ai toujours pas... »

Elle s'arrêta, pensant à ce qu'elle allait dire, et si c'était la bonne chose à dire. 'Dis-lui non,' entendit-elle dans sa tête, cette voix qui était toujours du côté d'Edmund et qui lui hurlait intérieurement. 'Dis-lui non, tout ira bien.'

Sauf que ça pourrait ne pas aller, il y avait une forte chance pour que Peter décide de ne plus lui parler.

« Ça va aller, » dit immédiatement Peter. « Je peux encore attendre. » Il pressa sa main droite, et afficha un regard déterminé avant d'ajouter : « Je vous attendrais toujours. »

Ses mots sincères transpercèrent son cœur. Elle mordit sa lèvre et essaya de tout son être de ne pas pleurer. La chanson s'arrêta, et elle en fut soulagée. Puis Peter s'écarta d'elle.

« J'ai passé un très bon moment, Mademoiselle Granger, » dit-il avec honnêteté en affichant un léger sourire sur le visage. Il fit un révérence, lui souhaite une bonne nuit, puis s'éloigna d'elle.

Sans même y réfléchir à deux fois, Hermione se retourna et fuit la Grande Salle, désirant s'éloigner de cette pièce suffocante.

Une fois dehors, elle prit une profonde respiration et ferma les yeux, essayant d'éloigner son angoisse. Ses pieds la menèrent au kiosque de jardin vide, et elle se laissa tomber sur son siège, se sentant soudainement exténuée.

Hermione pensa qu'il était ridicule de faire patienter Peter avec sa réponse, que c'était injuste pour Edmund, avec qui elle avait une relation. Mais, étrangement, elle n'arrivait pas à le dire à Peter : une force inimaginable l'arrêtait à chaque fois.

'Plus tu attends, plus les conséquences seront désastreuses,' lui dit sa logique tandis qu'elle poussa un soupir tout en s'affalant sur son siège, fronçant les sourcils face à la complexité de sa situation.

Elle entendit des bruits de pas et se redressa. Edmund s'arrêta à l'entrée du kiosque, le visage sans émotions. Il la fixa, et Hermione relâcha un petit soupir. Elle pouvait détecter que sous ses couches de prétention, il n'était pas enthousiaste.

Lentement, elle se leva et s'approcha de lui. Avec précaution, elle attrapa ses deux mains pour les serrer et le mener au centre du kiosque. Puis elle s'arrêta, prit une des mains du roi qu'elle posa sur sa taille, et attrapa l'autre. Puis elle se rapprocha de lui afin d'en être plus proche qu'avec Peter quelques minutes auparavant, et posa sa main sur son épaule.

Puis elle le fit danser, remarquant tristement sa raideur et son corps tendu. Les minutes passaient, et il commença à se détendre dans les bras d'Hermione. Elle était plus proche de lui à présent, son front posé à présent sur son épaule. La main sur sa taille l'encerclait à présent, la pressant contre son corps.

« Es-tu en colère ? » Lui demanda-t-elle sans lever les yeux.

Edmund secoua sa tête et répondit : « Non. » Hermione perçut une vérité dans ses mots, et elle sourit.

« Jaloux ? » Demanda-t-elle en le regardant, cette fois-ci, dans les yeux.

Il fronça légèrement les sourcils, évitant son regard. Il murmura quelque chose d'incohérent qu'Hermione ne comprit pas. Cependant, elle était sûre que ce n'était pas quelque chose d'agréable.

Elle rit doucement et embrassa sa mâchoire, affichant un large sourire contre sa peau. Puis elle dit : « Tu sais, tu es ridiculement adorable quand tu es jaloux. »

Ses joues devinrent rouge vif. « Je ne suis pas ridiculement adorable, » répondit-il en accentuant son froncement de sourcils. « Ne me dis plus ça à l'avenir. »

Hermione le regarda tendrement et posa une main contre sa joue, le forçant ainsi à la regarder. « Je suis désolée, je pensais que c'était correct, » dit-elle doucement une fois que ses yeux onyx rencontrèrent les siens.

Un léger sourire en coin apparu sur son visage. Il tourna la tête pour déposer un baiser dans la paume de sa main, et murmura : « Je sais. Toi et ta justesse. » Edmund soupira et arrêta leur danse. Puis il enlaça Hermione, enfouissant son visage dans ses cheveux. « J'ai juste été... jaloux. »

« Je l'avais remarqué, » dit-elle doucement et en gloussant. « Bien que ce qu'a fait Peter était très surprenant. Je ne pourrai même pas exprimer combien j'étais stupéfaite. »

Edmund s'écarta et la regarda. « Je ne suis pas complétement surpris qu'il ait fait ça. Tu es... époustouflante, » dit-il avec émerveillement.

Elle rougit joliment, sourit timidement, et elle dit en bégayant, ce qui fit sourire Edmund : « M-merci. Tu... Tu n'es pas mal du tout non plus. »

Le jeune roi rit et dit : « Je crois que tu t'attendais à autre chose concernant ma tenue de ce soir, ma chère Hermione. Peut-être avais-tu autre chose en tête. »

Hermione leva les yeux au ciel, même si elle n'arrivait pas à supprimer le sourire sur ses lèvres. « Ne sois pas trop prétentieux, » dit-elle en le réprimandant.

Il afficha un large sourire, et fondit sur elle afin de déposer un baiser sur ses lèvres. Puis il dit : « Hum... c'est une tâche difficile, Mademoiselle Granger, au regard du fait que la plus belle créature est coincée dans mes bras. »

Les joues de la jeune femme se colorèrent. « Arrête-ça, » dit-elle.

Il leva un sourcil et répondit : « Il faudra t'y habiter, te complimenter chaque jour va devenir un de mes objectifs. »

Elle soupira et lui pinça le nez, ce qui l'amusa. « Je te préviens, tes compliments ne suffiront pas à ce que je te pardonne tes futures erreurs, » affirma-t-elle avec sévérité. « Dois-je te rappeler que je peux être très entêtée, Majesté ? »

« Hum hum, » dit-il en posant une main sa joue. « La personne la plus entêtée que je connaisse. » Edmund sourit tendrement et se baissa pour lui déposer un baiser sur le front. « Je suis vraiment content d'être avec toi, » dit-il avec honnêteté tout en plongeant son regard dans ses yeux.

Hermione sourit et dit en murmurant : « Moi aussi Edmund, moi aussi. » Puis elle se mit sur la pointe des pieds afin d'atteindre ses lèvres pour déposer un baiser.

À ce moment-là, un fort bruit d'éclat se fit entendre, et ils se séparèrent. Ils regardèrent simultanément à l'entrée du kiosque. Hermione lâcha une exclamation de surprise, et Edmund pâlit. Peter se tenait debout, silencieusement furieux et stupéfait. À ses pieds, il y avait des morceaux de verre appartenant précédemment à un verre de vin.

« Je... je n'y crois pas, » bégaya le roi, tellement furieux qu'il ne pouvait pas construire une phrase cohérente.

La brunette s'éloigna d'Edmund, et afficha une expression désespérée. « Peter, nous pouvons expli- »

Le roi dit 'le Magnifique' lui lança un regard noir, secoua sa tête, incrédule, avant de se retourner et de partir d'un pas lourd, ignorant les supplications d'Hermione et d'Edmund.