Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
Voici un nouveau chapitre en ce mercredi soir !
Peter a découvert la liaison secrète d'Hermione et d'Edmund lors de son anniversaire. Comment va-t-il réagir ? Quelle conséquence cela va engendrer ?
Je vous laisse le découvrir.
Bonne lecture !
Equipe :
Auteure originale : WickedlyAwesomeMe
Traductrice : PetiteSphereAilee
Relectrice : Snow
« Cela fait trois jours maintenant. »
Les mots prononcés par Lucy durant le petit-déjeuner étaient graves, et vrais. Il déclencha un serrement douloureux dans le cœur d'Hermione alors qu'elle regardait son assiette sans appétit.
Cela faisait trois jours qu'ils avaient fêté l'anniversaire de Peter.
Cela faisait trois jours que le Grand Roi avait disparu.
La nuit où il avait surpris Hermione et Edmund, lèvres collées, il s'était immédiatement fait la malle pour aller ils-ne-savaient-où. Ils pensaient tous que Peter rentrerait le lendemain.
Il ne l'a pas fait.
Durant le petit-déjeuner du jour suivant, ils s'en alarmèrent (notamment Susan et Caspian). Ce fut ce jour-là également qu'Hermione éclata en sanglots discrets, et qu'Edmund se précipita vers elle pour la prendre dans ses bras. Ils révélèrent enfin à tout le monde leur relation secrète. Lucy prit la main d'Hermione pour la réconforter. Sybille lui offrit un petit et triste sourire. Susan était bien trop stupéfaite pour parler, et Caspian soupira tout simplement.
« Et Peter l'a découvert, » déclara le roi telmarin, sans que cela soit une question. L'acquiescement silencieux d'Edmund fut une réponse suffisante.
Ils avaient cherché Peter dans tout le pays, dans la forêt, dans Douces Prairies, et dans d'autres lieux proches de Cair Paravel. Mais le Grand Roi restait introuvable. Ils avaient organisé une battue comprenant les meilleurs soldats de Narnia, mais ils étaient tous rentrés sans Peter.
« Nous devons poursuivre les recherches aujourd'hui, » dit Edmund. Sa voix était déterminée et grave, il fronçait les sourcils, et son visage reflétait de l'inquiétude. « Nous devons trouver Peter. »
Hermione leva la tête et le regarda, lui offrant un léger sourire. Edmund essaya de lui renvoyer ce même sourire, mais il réussit seulement à la regarder, ses yeux reflétant un désespoir silencieux.
Depuis la disparition de son grand-frère, Edmund avait été celui qui s'inquiétait le plus. Par rapport aux autres, il était celui qui le chercha le plus, alla le plus loin et resta le plus longtemps. La veille, Caspian dut l'arrêter lorsque la pénombre arriva car il savait que s'ils continuaient, leurs vies pourraient être en danger. Edmund se flagellait assez fortement de savoir son frère dehors, errant, sa vie probablement en danger.
Il ne l'exprimait pas à voix haute, mais Hermione savait qu'il se sentait le plus coupable. Elle savait qu'il s'incriminait, et non pas elle, de ce qui arrivait. Bien évidemment, elle avait prévu que Peter allait être furieux. Mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il fuit et disparaisse durant trois jours.
« J'ai déjà fait appel à plusieurs soldats, » dit Caspian en regardant gravement Edmund. « Le Général Suprême Ardon sera à la tête d'une équipe qui partira vers l'Est, et Ripitchip ira vers l'Ouest. J'ai demandé à Trompillon de mener une équipe vers le Nord, et Orelus ira au Sud. »
« Je vais accompagner Ardon- »
« Non, tu restes là Edmund, et Aslan sait ce que je ferais tout pour te retenir ici, » l'interrompit Caspian d'un ton catégorique.
Un regard triste apparut sur le visage du jeune roi, tandis qu'il serra le poing et regarda froidement Caspian. « C'est ma faute, c'est ma faute si Peter a disparu, » dit-il les dents serrées.
« Edmund, ne dit pas ça, » dit Susan qui tenait son bébé contre sa poitrine.
« Jeune homme, je ne pense pas que la faute revienne à quelqu'un ici, » ajouta Sybille.
Le roi dit 'le Juste' ne dit plus rien, mais Hermione savait au fond d'elle qu'il continuait de se culpabiliser. Elle dit alors : « Edmund, ne sois pas trop dur avec toi-même. » En entendant sa voix, les yeux du roi se posèrent immédiatement sur elle.
Ses yeux se radoucirent, mais la culpabilité perdura. Sans un mot, Lucy posa sa main sur le bras de son frère, puis elle le pressa.
Les yeux larmoyants, la jeune reine dit : « Elle a raison, ne prends pas tout pour toi Ed'. Ce n'est pas ta faute. Ce n'est la faute de personne. »
« Peter est simplement… énervé, » dit Caspian en essayant de trouver les bons mots. Son beau visage affichait désormais un froncement. « Donnons-lui un peu de temps, je sais qu'il reviendra. »
Edmund soupira de fatigue et s'affala sur son siège. Il leva sa main gauche, et se frotta l'arête du nez. « Des jours sombres approchent, et je ne pense pas que nous devons prendre ça à la légère. Pour ce que nous savons, Peter est peut-être en danger, » dit-il de façon inquiétante.
Susan mordit ses lèvres avant de dire : « Prions pour le meilleur, Ed. Prions pour la sécurité de Peter. »
Il courait, rapide et inarrêtable. Peter était déjà en train d'haleter afin de récupérer beaucoup d'air, mais il ne s'en souciait guère. À cause de cette longue course, son corps lui faisait mal. Mais il voulait simplement courir, encore et encore. Sa douleur physique était incomparable à celle de son cœur.
De petits hématomes, et de petites égratignures, étaient visibles sur son corps. Quelques branches lui avaient blessé le visage et les bras durant sa course. Il avait trébuché plusieurs fois déjà, mais il s'était toujours relevé, fuyant ceux qui lui avaient brisé le cœur.
Cela faisait plusieurs jours déjà qu'il était parti, mais il ne pouvait pas dire combien. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il avait faim, qu'il était en colère et blessé. Il n'avait aucune idée d'où il était, ni le jour.
L'image d'Hermione et d'Edmund dans le kiosque, s'embrassant, réapparu dans son esprit, et il ferma les yeux. Il tomba de nouveau, et Peter resta sur le sol, haletant rapidement et en prenant de grandes bouffées d'air.
'Comment osent-ils ! Comment osent-ils,' pensa-t-il avec colère.
Peter ne pouvait pas croire que son frère avait pu lui faire ça. Edmund, parmi tous, savait pour l'amour évident qu'il portait à Hermione Granger. Elle lui avait plu dès son premier jour à Cair Paravel. Elle l'avait fortement attiré avec sa beauté et son incroyable intelligence, et se retirer était trop difficile pour lui à présent. Ces derniers mois, ses pensées étaient toujours tournées vers elle, le détournant de ses devoirs de Grand Roi. Mais il ne la considérait pas comme une distraction, car chaque minute à penser à elle en valait la peine.
Il s'avachit sur le sol, ressentant la peine de leur trahison dans son cœur. Il ne pouvait pas croire qu'il était comme ça, ça ne lui ressemblait pas. Et tout ça à cause d'une fille qui a volé son cœur. « Je lui ai fait ma demande, » pensa-t-il amèrement alors que les mots lui laissèrent un goût amer. Il avait fait ça avec impulsivité, sans y avoir mûrement réfléchit. Il n'agissait jamais ainsi : tout était organisé avec lui. Les choses étaient faites selon ses plans. Et puis Hermione Granger est arrivée, et tous ses plans tombèrent à l'eau rien qu'avec un simple sourire d'elle.
Il ne pouvait toujours pas comprendre comment elle et son frère pouvaient être dans une relation. Il y avait toujours eu quelque chose entre eux, semblable à de l'aversion, et l'idée d'une romance n'avait jamais traversé son esprit. Par ailleurs, son frère n'avait pas de temps pour une romance. Tout ce qu'il avait en tête était les champs de bataille et rien d'autre. Il passait le plus clair de son temps dans la Salle des Armes pour s'entraîner malgré les protestations de Peter, ou à s'enfermer dans sa bibliothèque pour réfléchir à encore plus de plans de bataille pour la guerre approchantes ou faisant des recherches de tactiques et de techniques qui pourraient grandement les aider.
Edmund n'avait jamais montré des sentiments évidents pour Hermione, et inversement. 'Rien,' pensa-t-il avec fermeté. Il n'y avait rien eu.
Cependant, il pensait au fond de lui ne pas avoir suffisamment observé. Peut-être aurait-il vu les regards dérobés ou les sourires secrets. Peut-être aurait-il vu leurs regards quand l'un voyait l'autre. S'il avait suffisamment observé, peut-être aurait-il remarqué qu'il y avait quelque chose en plus entre Edmund Pevensie et Hermione Granger.
Amèrement, il se dit qu'il n'était pas Lucy, qui remarquait toujours les plus petits détails. 'Il n'y a qu'un pas entre la haine et l'amour,' pensa-t-il avec un léger froncement. À présent, il se demandait depuis quand leur hostilité mutuelle s'était amoindrie, remplacée par quelque chose de plus fort et sincère.
Il n'avait jamais imaginé Edmund comme étant une menace concernant les sentiments envers Hermione. Après avoir tout compris, il regretta de ne pas avoir gardé un œil sur son frère.
Le Grand Roi Peter se leva lentement. Ses muscles étaient fatigués, mais il savait que s'il ne continuait pas, la douleur de cette trahison prendrait le dessus sur lui. Son estomac grogna, réclamant de la nourriture.
Il s'arrêta un moment, alors qu'il était pris de vertiges. Il ferma ses yeux, et prit une profonde respiration, puis reprit son trajet.
Cette fois-ci, Peter marcha. Il était dans une forêt, et il doutait qu'elle soit près de Cair Paravel. Narnia était un grand pays, avec de vastes champs et beaucoup de végétation. Cette forêt l'avait probablement emmené à un endroit loin de son château. Bien qu'en vérité, il ne s'en souciait guère.
Sans but, il continua son chemin. Il trébucha une ou deux fois, ce qui lui fit d'autres entailles sur le visage, les bras et les mains. À chaque fois, il se relevait et hésitait, mais son cœur brisé le poussait à s'éloigner de plus en plus loin de Cair Paravel.
Sa faim amplifia sa mauvaise humeur. Peter se maudit intérieurement pour être parti immédiatement, et avoir fui Cair Paravel, après avoir découvert la relation entre Hermione et Edmund. Même s'il se refusait à y retourner, il regretta de ne pas avoir pris de quoi manger. Il y avait quelques arbres fruitiers, heureusement, et il fut capable d'en manger quelques-uns.
Plusieurs heures passèrent, et il s'aperçut que le chemin qu'il prenait l'emmenait à l'orée de la forêt. Il se mit à trottiner, et sorti finalement de la forêt. Il y avait, devant lui, une vaste plaine, bien plus grande que Douces Prairies.
Le roi fronça les sourcils, car il lui semblait déjà être venu ici auparavant. Des ruines familières se dressaient au milieu du champ, et puis cela le percuta : il s'agissait du même champ où Miraz et lui avaient combattu pour la liberté de Narnia.
Lentement, le Grand Roi s'approcha de l'endroit où Caspian avait presque tué Miraz. Il s'assit un moment, la fatigue l'emportant.
Rapidement, il s'endormit.
« Aucune nouvelle de lui ? »
Ardon secoua tristement sa tête et répondit : « Nous avons parcouru toute la partie est, votre majesté, mais il n'y avait aucune trace du Roi Peter. »
Edmund s'avachit sur son trône, et fit glisser une main frustrée dans ses cheveux. Il murmura tout en balayant sa main nonchalamment: « Tu peux disposer. »
Le Général Suprême fit une révérence et se retourna, connectant furtivement son regard à celui de Lucy qui était assise sur le trône attenant.
Susan, son mari et leur bébé étaient absents. Le roi devina que la petite famille était dans la bibliothèque du telmarin, à discuter des événements récents arrivés à Narnia.
« Ripitchip est bientôt de retour, » souffla Lucy qui posa sa main sur celle de son frère, avant de la presser pour le réconforter. Mais cette envie ne l'atteint pas. Au contraire, ce geste pressa davantage son cœur. Sa mâchoire se serra, essayant de retenir les émotions qu'il ressentait à présent. Lucy remarqua sa tension soudaine, mais ne dit rien.
Il avait déjà prédit que Peter serait furieux s'il découvrait qu'Hermione et lui étaient en relation. Mais il n'avait pas envisagé qu'il s'enfuirait, jouant à cache-cache avec les soldats narniens, sans laisser un mot disant où il allait. Edmund s'était préparé à la rage de Peter, mais il ne s'était pas préparé à l'assaut de culpabilité et de désespoir lorsque Peter avait fui Cair Paravel.
Dans un sens, c'était insensé que Peter fasse une chose aussi infantile. Il avait vingt-trois ans, bon sang ! Il pouvait leur parler froidement, il s'en fichait. Bannir Hermione de Cair Paravel pour toujours s'il le voulait. Mais s'enfuir, en les rendant incroyablement inquiet, était quelque chose que le mature Grand Roi ne ferait jamais.
Les portes de la Salle des Trônes s'ouvrirent et entrèrent Hermione et Sybille. Cette dernière affichait un visage inquiet, et Edmund ne semblait pas le comprendre. Cependant, Hermione avait posé son regard sur lui lorsqu'elle entra. Le roi ne pouvait rencontrer son regard.
Il ne lui avait pas parlé correctement depuis l'anniversaire de Peter, et Edmund en était étrangement inquiet. Il se blâmait pour tout ce qui était arrivé, pas elle. Il ne pouvait se résoudre à rejeter la faute sur elle, et depuis, il n'avait pas le cœur pour parler de la soudaine absence de Peter.
« Avez-vous des nouvelles ? » Demanda Sybille dont la voix résonnait dans toute la pièce.
Lucy secoua tristement la tête, et le visage d'Edmund se durcit.
Un silence s'installa. Hermione fixait toujours intensément Edmund, qui faisait de son mieux pour éviter son regard. Rapidement, la jeune femme commença à marcher vers lui, et le roi se raidit. Les yeux de la brune étaient indéchiffrables, et étrangement déterminés. Puis, à sa grande surprise, elle se baissa pour lui embrasser le front.
Ce simple geste fit battre son cœur. Il ferma les yeux fermement, et l'autorisa à le rapprocher d'elle, son front tomba lourdement contre son ventre. La respiration d'Edmund devint irrégulière et il se mordit les lèvres, effrayé par les bruits qu'il pourrait faire s'il ne le faisait pas.
« Pouvez-vous nous laisser toutes les deux ? » Demanda-t-elle doucement. Edmund ne put voir l'acquiescement de Lucy et Sybille. Il entendit seulement les bruits de pas des deux femmes, et une fois que les portes se refermèrent derrière elles, le roi dit 'le Juste' prit une douloureuse et tranchante respiration.
« C'est ma faute, » grommela-t-il en agrippant Hermione avec désespoir.
« C'est de notre faute à tous les deux, » dit-elle en le corrigeant.
« Non, » dit-il en l'interrompant, « tu ne dois pas te rejeter la faute. »
Il fut surpris, car Hermione relâcha un gloussement doux et triste, et l'écarta lentement. Edmund leva des yeux brillants pour la regarder. « Est-ce que tu t'entends, Edmund ? » Demanda-t-elle avec une incrédulité dans la voix. « Tu me demandes de ne pas me blâmer. »
« Et ? »
Hermione soupira et se baissa face à lui afin que ses yeux soient au même niveau que les siens. Avec précaution, elle posa une main contre sa joue et, involontairement, il se blottit contre sa paume. « Ne te rejette pas la faute, » lui dit-elle doucement. « Par Merlin, ou Aslan, ou qu'importe qui peut m'entendre là maintenant, ne te rejette pas la faute Edmund. Ce n'est pas de ton fait… j-j- » Elle fit une pause pour prendre une profonde respiration, également tremblante, et ses yeux devinrent humides. « Nous n'aimons pas ce qu'a donné notre relation secrète, mais nous devons arrêter de nous apitoyer sur notre propre sort et trouver Peter à la place, non ? »
Edmund soupira et posa son front contre celui de la jeune femme. Il ferma les yeux, et resta silencieux pendant un temps avant de s'approcher d'elle et de lui donner un baiser sur ses lèvres. Puis il dit avec détermination tout en la fixant : « Nous allons trouver Peter, et puis nous accepterons cette explosion de colère contre nous sans rien dire. »
Hermione sourit tristement, et passe avec tendresse une main dans ses cheveux avant de dire : « Oui, c'est ce que nous allons faire. » Puis elle se leva doucement et prit la main d'Edmund, ce qui le força à se lever. « Viens, allons dans le jardin. C'est l'heure du thé de l'après-midi, et je suis sûre que les autres sont déjà inquiets. »
Le roi dit 'le Juste' acquiesça et entrelaça ses doigts dans les siens, pensant que malgré la disparition soudaine de Peter, il était soulagé que Hermione soit à ses côtés.
Il fut réveillé par une étrange voix qui frôlait ses oreilles.
« Peter, » murmura la voix qui, au regard du ton de la voix, était féminine. « Peter. »
Soudainement, un frisson le parcourut, et il se frotta les bras car il se sentait frigorifié. Il fronça les sourcils, confus, et réalisa que l'air autour de lui était d'un froid mordant.
Peter se leva, et grimaça lorsqu'il ressentit une douleur dans tout le corps. Il trembla soudainement et regarda autour de lui, à la recherche d'un abri qui le protégerait de ce froid étrange.
Ses yeux atterrirent sur une petite entrée, celle d'une grotte, et il s'y engouffra sans même y réfléchir à deux fois. À son grand désarroi, l'intérieur était plus froid. Mais il préféra rester à l'intérieur.
« Peter. »
« Qui est là ? » Cria-t-il en secouant sa tête pour regarder tout autour de lui. Une torche allumée était contre le mur. Il l'attrapa et tourna tout autour, essayant de localiser la provenance de cette inquiétante voix qui ne cessait d'appeler son nom.
Lentement, le Grand Roi s'enfonça dans la grotte, frottant le mur de sa main gauche. Plus il marchait vers l'intérieur de la grotte, plus il sentait que ses doigts devenaient de plus en plus froids. Peter déplaça la torche autour de lui, et vit des choses dessinées sur le mur. En l'inspectant d'un peu plus près, il reconnut les étranges formes : il s'agissait de dessins de lui et de sa fratrie, combattant la Sorcière Blanche durant la Bataille de Beruna. Étonné, il comprit que la prophétie les concernant se déroulait sur ce mur.
La torche fut soudainement éteinte par un souffle froid qui le frôla, ce qui le plongea instantanément dans les ténèbres.
« Peter. »
Il l'entendit de nouveau, et une peur indésirable s'empara du cœur de Peter. Il regarda derrière lui, et découvrit avec frustration qu'il faisait trop noir pour voir la sortie. Devant lui, une petite lumière l'attendait.
Peter se força à s'avancer dans la grotte, les deux mains à présent sur le mur afin de lui éviter de trébucher. Son gros orteil droit cogna contre une grosse pierre, et il dut se mordre la langue afin de ne pas émettre un bruit de douleur. Seul Dieu savait qui l'appelait depuis un moment, et après des années sur le champ de bataille, être discret était la meilleure arme.
« Peter. »
Étrangement, il remarqua que la voix devenait de plus en plus forte, peut-être qu'elle était plus proche. Malgré la peur au fond de lui, la curiosité était plus forte. Il y avait quelque chose de familier avec cette voix, quelque chose de tentant et, malgré lui, il la suivit.
Il atteint finalement la lumière, et la froideur l'envahit instantanément. Tout était gelé, du plafond au sol. Ce qui attira surtout son attention était le gros bloc de glace au milieu de la pièce.
Et la créature à l'intérieur.
Ses yeux s'agrandirent, et il recula devant le visage reconnaissable de la Sorcière Blanche qui le fixait. Elle était coincée dans le bloc de glace… emprisonnée était un meilleur terme selon Peter. Jadis était immobile, exceptée ses yeux : elle pouvait les cligner.
« Peter. »
Il cria de surprise en réalisant que la voix était la sienne. Ses lèvres avaient bougé, ainsi que ses yeux. Cela n'était donc pas surprenant que la voix lui était familière, puisqu'elle le hantait depuis le premier jour où il était entré dans Narnia.
Soudainement, deux créatures apparurent derrière le bloc de glace : un Minotaure, et un Loup. Peter avait deviné, grâce à leur posture et leur visage, qu'ils étaient des Animaux Parlants.
« Une goutte de ton sang, fils d'Adam, » siffla-t-elle en accentuant son regard, « et je serai libre. »
Peter afficha une expression de dégoût. « Jamais, » Hurla-t-il. Les disciples de la Sorcière Blanche lui lancèrent un regard noir, et il recula d'un pas, son cœur battant fortement dans sa poitrine. Il remarqua également avec effroi qu'il n'avait pas son épée avec lui.
Le Loup sortit de son manteau un bâton : la baguette de Jadis. Ne quittant pas Peter du regard, il traça un cercle. Il montra ses crocs, forçant Peter à avancer au centre du cercle. Le Minotaure, de son côté, brandit une dague.
« Libère-moi, et je te donnerai la fille, » continua Jadis. Peter se figea lorsqu'elle prononça ces mots, ces derniers étant intégrés lentement par le jeune roi. « Libère-moi, et je punirai ton jeune frère pour avoir volé la femme que tu aimes. Libère-moi et, Peter Pevensie, je ferai d'Hermione Granger ta reine. »
Elle fit un gloussement sinistre de sa prison.« Trahi par ton propre frère, quelle douleur ce doit être, Fils d'Adam, » continua-t-elle. Le Minotaure avança de quelques pas vers Peter, et le Loup se mit à ses côtés. Peter recula de quelques pas, les yeux plissés face aux créatures.
Contre son gré, ses mots avaient atteint son cœur fraîchement brisé. L'image d'eux deux s'embrassant dans le kiosque de jardin lui revint en mémoire, et il serra son poing de colère.
« Cette jeune femme qui possède une telle beauté, » ajouta la Sorcière Blanche. « Son intelligence est incommensurable, et elle est, sans aucun doute, unique en son genre Grand Roi Peter. Libère-moi, et je t'aiderais à la conquérir. »
Avec beaucoup de difficultés, Jadis leva son bras droit pour le tendre vers Peter. « Une goutte de sang, » hurla-t-elle avec une voix qui devenait de plus en plus désespérée. « Une goutte de sang, Fils d'Adam, et je pourrai te soulager de la douleur de la trahison de ton frère. »
Aveuglément, Peter avança de quelques pas. Se mélangeaient dans son esprit les émotions négatives qu'il ressentait, l'image de la trahison d'Edmund, et le possible et merveilleux avenir avec Hermione, sa reine.
« Hermione, » murmura-t-il avec une voix profonde, pleine d'envie. « Hermione. »
« Oui, Fils d'Adam, » roucoula-t-elle de sa voix douce et tentatrice. « Libère-moi, et elle sera à toi. »
Peter avança de nouveau de quelques pas jusqu'à ce que sa main touche la prison de glace. Ses yeux se connectèrent à ceux de la Sorcière, son esprit embrumé par son désir de faire Hermione sienne. Il commença à délirer à cause de la faim, de l'épuisement, de la douleur, et du magnifique sourire d'Hermione dans son esprit.
« Hermione, » dit-il une nouvelle fois, ne s'apercevant pas que le Minotaure pointait désormais la dague contre la main de Peter. Le Grand Roi serra sa main en fixant la Sorcière Blanche, implorant. « La faire mienne. Seulement mienne, qu'elle n'appartienne à personne d'autres. »
La Sorcière Blanche acquiesça vigoureusement, les yeux assombris par anticipation tandis que le Minotaure appuyait la lame froide contre la peau de Peter. Celui-ci regarda la créature, envoûté par la magie du moment, et il le vit lui faire une légère coupure. Une goutte de sang s'échappa et, d'une lenteur agonisante, toucha la prison de glace, sous le regard de tous les spectateurs.
L'effet fut immédiat. La prison rayonna soudainement, le bruit de la glace se fissurant envahit la grotte entière. Peter recula, abasourdi par ce qu'il se passait. Il sortit de sa stupeur lorsqu'il remarqua avec horreur que la Sorcière Blanche se tenait devant lui, libre et inarrêtable.
Jadis afficha un sourire maléfique alors qu'elle regardait affectueusement Peter. « Une trahison par le plus improbable, » émit-elle tandis qu'elle posa une de ses mains contre la joue de Peter. Le Grand Roi tressaillit au contact de sa main froide, et du poids de ses mots. « Causée par un désir égoïste. »
Elle gloussa froidement, et Peter sentit un frisson le parcourir. Jadis, à présent libre, avança nonchalamment vers le Loup et lui prit des mains sa baguette bien-aimée qu'elle pointa en direction de Peter, sans défense. « Ton travail est terminé, Fils d'Adam, et je te remercie pour ta coopération. Grâce à cela, j'épargne ta vie. Dors maintenant. »
Elle fit un mouvement avec sa baguette, et Peter se sentit soudainement fatigué. Il essaya de combattre sa perte de connaissance, mais la Sorcière Blanche le poussa jusqu'à ce qu'il s'effondre sur le sol. Le Grand Roi essaya de se relever, mais il n'y arriva pas.
La Sorcière Blanche siffla : « Dors, cher Peter, et peut-être rêveras-tu d'Hermione Granger. »
Il succomba finalement aux ténèbres, la gravité de ce qu'il avait fait lui traversant l'esprit.
Le thé de l'après-midi semblait solennel. Les membres de la royauté, accompagnés de Sybille et d'Hermione, étaient rassemblés autour d'une petite table pour boire le thé et manger quelques biscuits. Il était marrant de voir que même dans un moment de détresse, ils étaient capables de faire quelque chose ordinaire comme suivre une tradition anglaise.
Hermione sirota son thé et soupira, se calmant immédiatement. Elle jeta rapidement un coup d'œil à Edmund assis juste à côté d'elle, soulagée de le voir boire et manger.
Lorsqu'elle était entrée dans la Salle des Trônes quelques jours auparavant, elle avait su qu'il avait besoin de solitude. Même s'il ne l'exprimait pas à voix haute, il voulait qu'on le laisse seul, ce qui lui permettait peut-être de relâcher les émotions qu'il ressentait. Les cernes sous ses yeux étaient sombres, et ses yeux devenaient épuisé craignait que si le roi ne se sortait pas de ce sentiment de culpabilité, il commencerait à négliger sa santé.
Une main chaleureuse attrapa celle d'Hermione en dessous de la table, et elle sourit derrière sa tasse de thé. Edmund avait dû sentir son regard pour qu'il décide de prendre la sienne et de la serrer afin de la rassurer. Du coin de l'œil, Hermione vit qu'il affichait un léger sourire. La jeune femme ne put s'empêcher de presser sa main en retour.
Elle regarda alors la table, entrelaçant distraitement ses doigts avec ceux d'Edmund, et vit l'inquiétude sur le visage de tout le monde. Caspian semblait être le plus stressé, devant assumer le rôle de Grand Roi de Narnia car Edmund étant incapable de porter ce rôle pour le moment. Susan jouait avec son fils, ce qui fit sourire Hermione qui pensait que, malgré cette période dangereuse, le bébé pouvait faire sourire sa mère. Lucy fronçait les sourcils, une expression étrange sur son visage. Et puis il y avait Sybille, assise à ses côtés, sirotant son thé, vide d'émotions.
Son cœur se réchauffa, juste en les regardant, sachant que personne ne les blâmait alors que c'était, techniquement, la faute d'Edmund et elle. Peut-être est-ce dû à toutes ces choses qui se passaient à Narnia, et commencer à se battre les uns contre les autres n'allait pas aider ce beau pays.
Hermione caressa distraitement la main d'Edmund avec son pouce, ne sachant pas que ce simple geste pouvait le calmer. Elle était heureuse de savoir qu'il était entouré de personnes comme eux. Elle n'avait pas à se demander pourquoi Narnia restait prospère malgré la fin récente de la guerre contre les telmarins.
Les pensées d'Hermione dévièrent vers Peter, et elle soupira doucement. Elle prit une autre gorgée de son thé, et se demandait ce qu'il faisait en ce moment même. 'Peut-être trouver des moyens imaginatifs de tuer son frère ?' Pensa-t-elle avec un sourire désabusé. Peter était toujours gentil, sympathique et charmant envers elle, mais elle savait qu'il pouvait être vengeur même s'il ne lui avait jamais montré ce côté-là. Edmund semblait avoir ce trait de caractère également, et Hermione craignait que cela soit de famille.
Elle espérait que Peter était sain et sauf, qu'importe où il était. La jeune femme imaginait la douleur qu'il pouvait ressentir à présent, après avoir découvert sa relation avec son frère. Elle souhaitait avec ferveur son pardon lors de son retour à Cair Paravel. Et celui d'Edmund également. Elle détestait l'idée d'être la raison pour laquelle les deux frères s'éloigneraient.
Hermione tressaillit légèrement alors qu'elle sentit quelque chose de froid et d'humide sur son nez. Curieuse, elle essuya son nez et regarda sa main. Elle vit alors un flocon de neige fondre lentement dans sa main.
'Qu'est-ce-' pensa-t-elle en fronçant les sourcils. 'De la neige ?'
La jeune femme leva doucement la tête pour regarder le ciel qui se noircissait. Des nuages menaçants couvraient Cair Paravel et Narnia, et de la neige blanche et duveteuse tomba pour recouvrir de blanc tout le pays.
Hermione regarda de nouveau ses compagnons et elle vit l'horreur sur leur visage. La main d'Edmund se desserra de celle d'Hermione alors qu'il regardait sa famille, sidéré.
Soudain, Sybille émit un hurlement strident, ce qui attira l'attention de tout le monde. Les yeux de la professeure étaient devenus blanc laiteux et son visage affichait une pure peur.
« C'est l'heure ! C'est l'heure ! Une trahison par le plus improbable ! Le tourment va régner. L'Obscurité va recouvrir la Lumière. C'est l'heure ! C'est l'heure ! Prenez garde ! » Hurla Sybille d'une voix grave qui tressaillait, s'opposant à sa voix habituelle. Elle répéta encore et encore sa mise en garde, jusqu'à ce qu'elle s'évanouisse sur sa chaise.
Personne ne bougea pendant un moment, ils regardaient tous la prophétesse inconsciente. Puis, lentement, ils se regardèrent. On pouvait voir sur leurs visages qu'ils venaient de réaliser ce qu'il se passait.
La Sorcière Blanche était de retour.
