Jour 18 : Soie

Personnages : Agatha Danbury x La reine Charlotte (Bridgerton)

joyeux anniversaire à Adjoa Andoh !


Charlotte est magnifique.

Certes, Charlotte est magnifique en toutes circonstances. Toutefois, Agatha doit bien admettre que à cet instant-ci, elle l'est particulièrement. Il faut dire qu'elle porte une merveilleuse robe dont le blanc flatte son teint. Le tissu est aussi somptueux, la soie lui fait comme une auréole qui soulignerait sa beauté.

Dans un autre contexte, Agatha aurait adoré cette robe.

Mais aujourd'hui, elle l'a haït. Elle a envie de l'arracher de Charlotte, et pas pour se repaître du corps qu'elle cache comme elles l'ont fait cent fois. Non, à cet instant, elle voudrait la lui prendre, la brûler en place publique, pour pouvoir réduire en cendres cette mascarade en même temps que le tissu.

Pourtant, elle n'en fait rien. Elle sait qu'elle ne peut imposer une telle scène à Charlotte. Pas quand elle souffre elle-même de cette situation, bien plus que ce qu'elle peut vraiment imaginer. Après tout, c'est Charlotte qui va se marier, pas elle. Elle, elle n'aura pas à supporter un époux dont elle ne veut pas ni assumer la responsabilité d'embrasser la couronne. Au fond, des deux, c'est peut-être elle qui s'en sort le mieux.

Alors Agatha fait ce qu'elle a de mieux à faire : elle ravale ses larmes, sourit et embrasse une dernière fois Charlotte.

- Si un jour tu as besoin de moi... je serai là.

La très prochaine reine sourit à son tour, lui caresse la joue.

- Moi de même.

Elles se lancent une dernière fois ce regard qui les as mené plus d'une fois à s'éclipser des bals ennuyants. Puis, Charlotte la congédie – des domestiques ne vont pas tarder à arriver pour finaliser les derniers détails, elle ne doit pas être vue avec elle. Agatha le comprend bien évidemment – mais cela n'empêche pas son cœur de se briser un peu plus.

Elle fait alors une révérence, la toute première de leur nouvelle vie, une vie morne et sans amour mais qui est désormais la leur. Autant s'habituer à cette sensation de solitude, n'est-ce pas ?