Bonjour à tous, me voilà de retour avec un nouveau chapitre.
Bonne lecture !
Chapitre 25 - "Ce concept qu'est le pardon"
PDV Magnus
Trois quarts d'heure que j'essayais de trouver le sommeil sans succès, alors que j'avais la sensation qu'un rouleau compresseur m'était passé sur le corps, entre ma rude nuit à Raziel et la découverte du vilain petit secret d'Alexander. Un milliard de pensées me traversaient l'esprit, c'était le bordel absolu dans mes idées. L'unique chose qui était claire pour le moment était que je lui en voulais et que lui pardonner n'allait pas être évident. Je ne voyais même pas comment j'allais pouvoir lui faire confiance de nouveau, ou même le regarder sans ressentir cette déception et ce sentiment de trahison. Il m'avait menti pendant des semaines, à moi, son compagnon, son époux, son soi-disant âme-sœur. Il avait gardé ce secret avec une facilité déconcertante pendant des jours et des nuits. Comment avait-il pu ? Comment avait-il pu me regarder dans les yeux, me dire qu'il m'aimait, partager autant de moment d'intimité et de passion avec moi en sachant qu'il avait bafoué nos vœux de mariage.
Le mensonge...le putain de mensonge ! Voilà ce qui me rendait fou plus que le baiser en lui-même. Je le croyais quand il me disait ne pas avoir ressenti de désir, il aurait couché avec lui et m'aurait assuré la même chose, là encore je l'aurai cru. J'étais prêt à tout lui pardonner, même l'impensable à l'unique condition qu'il soit honnête envers moi. Mais non, il avait préféré se taire et donner du pouvoir à l'autre taré. Ça me rendait dingue.
La déception que je ressentais envers Alec en ce moment était déstabilisante car jamais je n'aurai imaginé ressentir un tel sentiment à son égard. J'aurai bravé les flammes de l'enfer pour prouver à qui voudrait me contredire que jamais mon homme ne me décevrait de la sorte. Il me connaissait trop bien, j'étais un livre ouvert pour lui. Il savait à quelles conséquences s'attendre en faisant les choix qu'il avait fait, cependant, je m'en voulais tout de même car je n'avais pas été particulièrement bienveillant avec lui lors de notre conversation de ce matin, j'avais même été plutôt méchant et mesquin, employant des mots crus volontairement pour le faire se sentir misérable...ça ne me ressemblait pas d'agir ainsi avec lui. À la seconde où j'avais vu les larmes naître dans ses magnifiques yeux bleu océan et que j'avais réalisé que ça ne me touchait pas...j'ai su que quelque chose était mort en moi. Ce constat...cette réalité, était difficile à accepter.
M'étais-je fourvoyer pendant toutes ces années sur la force de mes sentiments pour lui ? Étaient-ils si faibles face à une première trahison ? Une seule et unique ?
Je ne comprenais pas moi-même ma réaction.
L'amour était censé être le moteur pour tout surmonter. J'avais toujours pensé que tant qu'il y avait de l'amour entre deux personnes, rien ne leur serait insurmontable alors pourquoi aujourd'hui j'avais le sentiment que l'amour ne suffisait pas toujours finalement ?
Épuisé par toutes ces ruminations mentales, j'étouffai un bâillement puis fermant les yeux, je laissai enfin le sommeil m'emporter.
Il était déjà tard dans la journée quand je quittai les bras de Morphée, du moins je le supposai car il faisait sombre dans la chambre en dépit des stores californiens qui habillaient les fenêtres, que j'avais laissé entre-ouverts. Attrapant mon téléphone, je consultai l'heure et vis qu'il était 16h15. Je me redressai d'un bond.
La vache, j'avais dormi 7 heures d'affilées !
Je détestais vraiment passer mes journées à dormir ainsi même en ayant été de garde. Il était important pour moi de passer du temps en famille mais j'imagine que je n'ai pas perdu grand-chose en récupérant un peu plus aujourd'hui compte tenu de la situation avec Alec et les enfants qui étaient absents.
Quelque chose bougea tout à coup à mes côtés, me procurant au passage une petite frayeur. Pivotant la tête, je vis qu'Alec était endormi à mes côtés.
Depuis quand était-il là ? me questionnai-je surpris tout en allumant ma lampe de chevet.
Allongé sur le flan, son corps était orienté vers moi mais il était resté à l'autre extrémité du lit, laissant ainsi une distance inhabituelle entre nous. Les traits de son visage étaient tirés, il était évident qu'il ne dormait pas d'un sommeil apaisant. Il bougea nerveusement une seconde fois, puis pivota sur le dos, ses poings se serrèrent brusquement, sa tête commença à faire des mouvements incontrôlés de gauche à droite.
— Non, je t'en supplie...non ! gémit-il dans son sommeil.
Je me rapprochai de lui puis pris sa main dans la mienne afin de l'apaiser.
Merde, depuis quand avait-il recommencé à faire des cauchemars ? pensai-je inquiet.
— Je suis désolé...je suis désolé, reste...continuât-il à gémir.
Une larme coula sur sa joue.
— Alec, réveille-toi, tu fais un cauchemar, lui dis-je doucement.
Ses larmes continuaient de couler, il n'avait toujours pas ouvert les yeux.
— Alec, insistai-je.
NON ! cria-t-il tout en essayant de se débattre.
J'attrapai ses poignets afin de le maîtriser puis mettant un peu plus de force, je le redressai et le serrai contre moi.
— Shhhh, ça va aller, je suis là, ouvre les yeux, ça va aller, lui répétai-je tout en lui caressant les cheveux.
J'attendis patiemment qu'il émerge. Progressivement je sentis qu'il se détendait.
— Ma-Magnus ?
Je le relâchai afin de le regarder dans les yeux. Il semblait toujours inquiet et quelque peu apeuré.
— Ça va ? Quand as-tu recommencé à faire des cauchemars ? lui demandai-je tout en lui caressant doucement la joue de mon pouce.
Ces petits gestes d'affection étaient totalement naturels et incontrôlés. J'avais l'habitude de lui témoigner mon amour au quotidien, quelque part, ça me soulagea de voir que je le faisais toujours aussi spontanément.
Il prit une minute avant de me répondre, il me regardait comme s'il ne réalisait pas vraiment que j'étais bien là, devant lui. Il posa sa main par dessus la mienne qui lui caressait la joue puis ferma les yeux un instant.
— Tu es là, dit-il.
— Biensur...lui répondis-je un peu confus.
Se pourrait-il que son cauchemar ait un rapport avec moi ?
— Je...commença-t-il. Je suis désolé, dit-il en laissant retomber sa main.
Tout à coup, il recula jusqu'à ce qu'une certaine distance nous sépare de nouveau. Je l'observai faire de plus en plus dérouté par son attitude.
— J'ai recommencé à faire des cauchemars il y a quelques semaines déjà mais tu n'as pas à t'inquiéter pour ça, m'assura-t-il.
— Et pourquoi cela ? m'enquis-je aussitôt.
— C'est juste que...je...c'est tout ce que je mérite, bafouilla-t-il.
Mes yeux le détaillaient toujours, je cherchais désespérément le message caché derrière ses propos incohérents.
— Tes cauchemars auraient-ils un rapport avec moi à tout hasard ?
— Non ! s'exclama-t-il rapidement.
Trop rapidement.
Je soupirai d'exaspération.
— Alec, écoute attentivement ce que je vais dire. Si tu continues à me mentir, je te jure que je passe cette porte et qu'aucune communication ne sera possible entre nous après.
Il écarquilla les yeux puis ouvrit la bouche, prêt à protester. Je levai la main.
— Suis-je oui ou non l'objet de tes cauchemars ? lui demandai-je de nouveau.
— O-oui...mais je t'en prie, ne me demande pas de te les raconter, j'ai peur qu'ils ne se réalisent, me dit-il.
Je me mis à réfléchir une minute. La façon qu'il me regardait à son réveil, comme s'il ne réalisait pas que j'étais vraiment là, la peur dans son regard, l'inquiétude. Le fait qu'il l'est formulé après à voix haute, « tu es là », avait-il dit puis pendant qu'il était encore coincé dans son cauchemar, « je suis désolé...je suis désolé, reste ».
Reste...
— Tu as rêvé que je te quittais n'est-ce pas ? compris-je.
C'était tellement évident, ça ne pouvait être que ça. Il finit par hocher la tête.
— Raconte-moi.
Il secoua la tête de négation.
— Alec, tu as déjà admis de quoi il s'agissait alors faire des mystères maintenant ne rime à rien, de plus, ça te fera du bien d'en parler d'une part et de l'autre, tu t'es toujours confié à moi sans te soucier de si oui ou non, tes rêves risqueraient de prendre vie alors je t'écoute.
Il soupira.
— D'accord. Ça a commencé il y a quelques semaines. Dans mon rêve, tu découvrais la vérité avant que je n'aie eu le temps de te la révéler moi-même. À chaque fois, c'était le même rêve. Je te cherchais partout, je te cherchais inlassablement, puis finalement je finissais par te trouver, tu étais là à quelques centimètres de moi avec une boîte à la main, mais je ne parvenais pas à t'atteindre pour autant. Ma conscience me pesait, ma culpabilité me rongeait. C'était comme avoir des boulets de força reliés à une chaine à chacune de mes chevilles, ils m'empêchaient d'avancer vers toi. Tu étais si proche et en même temps si loin. Le rêve se terminait toujours de la même façon, tu ouvrais la boîte puis disparaissais.
Ce ne fut donc pas si facile pour lui de garder ce secret comme je l'avais pensé, compris-je. La journée il semblait tout à fait normal mais à la nuit tombée, il devait faire face à sa conscience. Le subconscient ne mentait pas, le fait qu'il faisait des cauchemars à ce sujet depuis des semaines prouvait indéniablement sa culpabilité, ce qui rendait son silence encore plus incompréhensible pour moi.
— Pourquoi ne pas avoir été honnête dans ce cas ? Pourquoi avoir laissé la situation prendre cette ampleur ? Pourquoi m'avoir laissé apprendre les choses de cette façon alors que tu avais eu milles occasions de passer aux aveux ? Ne savais-tu donc pas que ça allait forcément être pire après ?
— Je le savais je t'assure ! J'en avais conscience mais...mais...quand tu m'as avoué avoir perdu la confiance que tu avais en moi, j'ai eu peur. Je savais que si je te disais la vérité sur ce qu'il s'était passé à ce moment-là, je risquais définitivement de te perdre.
— Et ce n'est pas le cas maintenant ? m'agaçai-je.
Alec me regarda comme si je l'avais giflé ou un truc du genre. Je n'avais pas prévu de lui dire ça en réalité, les mots étaient sortis avant que je ne le réalise mais en même temps, c'était juste. Qu'est ce qui pouvait bien lui faire penser que je ne le quitterai pas aujourd'hui même si je n'y avais pas pensé jusque-là.
— Tu...tu veux me quitter. Je le savais, conclu-t-il.
— Je n'ai pas dit ça.
— Tu l'as pensé au mieux.
Je soupirai à mon tour.
— Alec, je n'y ai pas pensé. C'est vrai que je t'en veux beaucoup en ce moment et que niveau confiance, nous sommes à moins zéro. Une relation sans confiance n'est pas viable. Je ne veux pas passer mon temps à m'inquiéter dès que tu sortiras ou que tu rentreras tard, dès que tu recevras un appel ou un message. Je ne veux pas avoir à me poser des questions sur ce que tu fais quand nous ne sommes pas ensemble. Je suis souvent à l'hôpital, nous passons peu de temps ensemble, ce qui signifie que je passerai la plus-part de mon temps à psychoter et me monter le cerveau. Je ne veux pas être comme ça, je ne veux pas vivre ça. Ce ne sera pas sain pour toi non plus de sentir que je te flic au quotidien, que je te questionne sans arrêt.
— Je suis prêt à le supporter ! Par pitié, écoute-moi, je ferai tout ce qu'il faut pour regagner ta confiance, jour après jour, nuit après nuit. Je sais que je peux y arriver. On s'aime toujours n'est-ce pas ? Tant qu'il y a de l'amour entre nous, tant que tu m'aimes, il y a de l'espoir. Nous l'avons toujours dit que la force de notre amour nous aidera à tout surmonter.
— Je ne suis plus certain de penser ainsi...
Les yeux d'Alec s'embrumèrent de larmes
— Je savais que je n'aurai pas dû te raconter mon rêve...dit-il la voix brisé par les larmes.
— Ça n'a rien à voir.
— Si ! Mon cauchemar va se réaliser ! Tu vas me quitter ! cria-t-il en partant s'enfermer dans la salle de bain sans crier garde.
Je soupirai de nouveau en me passant une main frustrée dans les cheveux. À 27 ans, Alec réagissait toujours comme un gosse par moment. Pensait-il que partir s'enfermer dans la salle de bain alors que nous étions en pleine discussion était une façon saine de résoudre un conflit ? Même Aria et Côme n'agissaient pas ainsi. En parlant des enfants, je me demandais à quelle heure Victor et Mia les ramèneraient à la maison. Compte tenu de la situation, je serai tenté de leur demander de les garder encore une nuit...oui ce serait une bonne idée.
J'attrapai mon téléphone puis rédigeai un SMS à Victor en ce sens, il accepta immédiatement sans me poser de question. Je le reconnaissais bien là, jamais intrusif même si je devrai évidemment lui fournir une explication plus tard concernant ma demande. Je rédigeai un second SMS à destination de Côme cette fois, afin de l'informer que lui et Aria passeront une nuit de plus chez Mia et Victor. Il en fut ravi mais me demanda tout de même si tout allait bien.
Honnêtement, même si Alec m'avait blessé et que je n'avais plus confiance en lui actuellement, ce n'était clairement pas le moment d'agir sur un coup de tête. Nous avions lancé la procédure d'adoption de Côme, la demande d'agrément était en cours, nous avions déjà eu la visite des services sociaux mais d'autres étaient à prévoir. Le timing était très mauvais c'était certain, pourtant, ce que j'avais dit à Alec plus tôt était tout aussi vrai, une relation sans confiance était impossible. Je me retrouvais dans une impasse. Était-il vraiment possible de retrouver ce que nous avions perdu ? En étais-je capable ? En même temps allais-je juste battre en retraite et laisser ce David foutre la merde ainsi dans nos vies ? Il n'était qu'un étudiant, certainement dans quelques années, en se rappelant de son béguin pour son professeur de lettres, il en rigolera, qualifiant ça d'erreur de jeunesse sauf que pour nous, il en était tout autre, cette erreur d'Alec pourrait nous couter bien plus.
Je me levai puis allai frapper à la porte de la salle de bain.
— Vraiment Alexander, c'est très mature de ta part, pestai-je.
Aucune réponse.
— Très bien, agis comme bon te semblera. Je n'ai clairement pas le temps pour ça, je dois me préparer pour l'hôpital mais si tu penses que c'est ainsi que tu regagneras ma confiance, sache que tu commences très mal ! le prévins-je.
Je récupérai mon téléphone sur la table de chevet puis m'apprêtais à quitter la chambre quand j'entendis la porte de la salle de bain se déverrouiller, quelques secondes plus tard, mon époux en sortit précipitamment puis vint se jeter dans mes bras. Surpris, mon téléphone me glissa des mains puis alla se fracasser sur la table de chevet avant de terminer sa chute sur le parquet. Alerté par le bruit, Alec me relâcha vivement.
— Excuse-moi...fit-il tout penaud en ramassant la victime au sol.
Il écarquilla les yeux d'horreur au moment où je le réalisais également. L'écran s'était fissuré.
— Le sort continue de s'acharner contre moi...se lamenta-t-il.
Confus, je fronçai les sourcils. Ça ne devrait pas être à moi de dire ça ? Je lui pris le téléphone des mains.
— Bon au moins, il s'allume toujours, commentai-je, pas plus perturbé que ça.
Alec fixait toujours l'écran avec tristesse et désolation.
— Ce n'est pas grave, le rassurai-je.
— Si ça l'est. Le téléphone...c'est comme s'il te représentait et l'écran, ta confiance en moi et probablement ton cœur aussi en ce moment, tous les deux brisés à cause de mes actions...de ma trahison.
J'observai Alec une minute en silence. Venait-il vraiment de faire une association entre ce petit incident de rien du tout et le fait qu'il avait embrassé un autre homme ? Je me mis ensuite à observer l'écran de mon téléphone. Étais-je réellement dans cet état ? Il est vrai qu'Alec m'avait déçu mais je ne me sentais pas au 36ème dessous. Avais-je le cœur brisé ? Peut-être un peu...éraflé au mieux.
Je soupirai.
— Ce qui vient de se produire est un simple accident, n'y voit rien de plus, lui dis-je.
— Pourtant, ça correspond bien à la situation, insista-t-il.
— Dans ce cas, c'est une simple coïncidence. Bébé, cesse de te torturer.
Alec écarquilla les yeux.
— Que se passe-t-il ? m'enquis-je devant son expression.
— Tu...tu viens de m'appeler Bébé. Depuis ce matin, tu ne m'avais appelé que par Alec ou Alexander. Je suis heureux de t'entendre m'appeler ainsi.
Je le regardai une minute sans réagir puis finis par le serrer dans mes bras. Il accepta mon étreinte avec avidité, serrant son corps autant que possible contre mien.
— Je t'aime, me dit-il.
— Je sais...
Il recula légèrement puis plongea son regard dans le mien. Mes yeux dévièrent sur ses lèvres.
Un autre homme que moi y avait gouté, un autre homme que moi avait touché à ce corps, avait caressé ces cheveux. Jusqu'à maintenant il n'y avait eu que moi.
Je détestais vraiment ce que je ressentais là tout de suite. Un besoin intense de supprimer ces pensées de mon esprit, l'obsession folle de réduire ce baiser qu'ils avaient échangé à néant, de le faire disparaître. Je me jetai sur les lèvres d'Alec puis commençai l'embrasser sauvagement, nos dents s'entrechoquèrent dans le processus, ce n'était pas un baiser doux, c'était un baiser rempli de colère et de possessivité. Ses lèvres m'appartenaient, ce corps m'appartenait, aucune autre personne n'avait le droit de les posséder. J'attrapai sa nuque puis glissai ma langue dans sa bouche tout en continuant à mouver mes lèvres sur les siennes avec urgence et force. Alec fut surpris par mon assaut au début mais maintenant il me rendait mon baiser avec la même intensité. Je reculais jusqu'au premier pan de mur que je trouvais puis le plaquai contre lui sans rompre notre baiser. J'attrapai ses jambes puis les soulevèrent afin de le porter tout en continuant à presser son corps contre le mur avec le mien. Alec s'accrochait fermement à mon cou, pressant son corps autant que possible contre le mien, haletant, gémissant, cherchant désespérément la friction entre nos sexes, au bout d'une minute, je sentis un renflement frotter sur le bas de mon ventre.
— J'ai envie de toi, s'il te plaît, fais-moi l'amour, me supplia-t-il en rompant notre baiser.
— Ce n'est pas de ce dont j'ai envie, l'avertis-je.
— Alors baise-moi, ça me va.
Je fis un petit sourire.
— Tu comprends vite Bébé.
Je le redéposai au sol puis commençai à me délester de mon bas de survêt' puis de mon tee-shirt. Alec en profita pour se dévêtir également, à peine avait-il terminé que je le remettais à califourchon sur moi puis le plaquai de nouveau contre le mur. Dans cette position ses fesses étaient parfaitement écartées, ce qui me donnait un accès parfait à son anus.
— Serre moi la taille de tes jambes, lui ordonnai-je.
Il s'exécuta. J'en profitai pour libérer une de mes mains qui le soutenait puis porta mes doigts à ses lèvres.
— Suce, lui ordonnai-je de nouveau.
Alec ouvrit la bouche, je glissai mes doigts à l'intérieur, il commença à les sucer, à les lubrifier de sa salive goulument.
— Bon garçon, le félicitai-je.
Une fois satisfait, je l'arrêtai puis partis vers son entrée. Quelques secondes plus tard j'insérai un doigt en lui, puis deux, puis très rapidement un troisième. Je commençais à les faire aller en venir en lui à un rythme régulier.
— C'est...trop bon, gémit Alec de plaisir.
— Hmmm, veux-tu que je te baise uniquement avec mes doigts ?
— Non, je veux te sentir en moi, dit-il rapidement.
— Très bien, dis-je en attrapant mon sexe.
La seconde d'après, j'entrai en lui d'un coup.
— Oh mon Dieu ! cria-t-il.
Je passai mes mains sous ses cuisses puis commençai à bouger en lui dans le même élan. Je le pénétrai avec force, poussai en lui de plus en plus loin, de plus en plus fort, je l'assenais de mes coups de reins inlassablement. J'adorai cette position de lui contre le mur, ses mains me tenant fermement les épaules, s'accrochant à moi comme à une bouée de secours. J'étais en sueur à cause de cette position très physique mais m'en moquais, les gémissements d'Alec me procuraient pleine satisfaction. Mon égo était heureux car j'étais le seul à pouvoir lui procurer un tel plaisir, à savoir comment lui faire l'amour ou le baiser, à savoir comment atteindre sa prostate afin de le faire venir.
— P-proche, m'informa Alec tandis que je continuais à aller et venir en lui.
Au bout d'un ultime effort il cria sa jouissance, un liquide chaud gicla entre nous. Je le redéposai au sol à bout de force puis le retournai contre le mur.
— Je vais te prendre comme ça, le prévins-je avant de le pénétrer de nouveau.
Plus libre de ses mouvements désormais, Alec poussait dans ma direction à chacune de mes pénétrations. Il me rendait coup pour coup, pivotant de temps en temps à la recherche de mes lèvres pour me voler un baiser. Il était complètement sensuel et sexy dans sa façon de me regarder et de faire onduler ses hanches. Il m'excitait, j'avais envie de lui mais pourtant, je ne sentais pas monter en moi la pression, je ne parvenais pas à jouir. Je me retirai de lui au bout d'un moment puis le retournai afin qu'il me fasse face.
Il me regarda avec confusion.
— Et si on faisait une pause, lui proposai-je.
— Une...une pause ? répéta-t-il surpris.
— Oui, je me sens...je ne sais pas, je suis épuisé, conclus-je.
Alec continuait de me regarder avec perplexité comme s'il n'y croyait pas un mot. Comment lui en vouloir, une telle phrase ne m'étais jamais sortie de la bouche en dix ans. Je déposai un baiser sur ses lèvres.
— Je vais prendre une douche, l'informai-je avant de partir dans la salle de bain.
Je réglai la température de l'eau puis entrai sous le jet, légèrement perturbé par ce qu'il venait de produire. Je ne voulais pas trop m'inquiéter, j'étais peut-être juste épuisé, ces choses-là pouvais se produire... ou alors le contre coup de tout le stress subit ces dernières 24 heures...oui ça ne pouvait être que ça...rien d'autre. Je refusais de penser une seconde que mon anorgasmie était lié d'une façon ou d'une autre à Alec.
Fin du chapitre
