Chapitre 11 : Rencontre du 3ème type

En voyant son supérieur se diriger vers lui, Carl Spender tira une dernière fois sur sa cigarette, avant de la laisser tomber au sol et de l'écraser sous son talon. Ils se saluèrent et avancèrent ensemble dans le large couloir.

« Alors, Spender, tout est prêt pour la réunion ? »

« Oui, monsieur, tout le monde est très impatient de connaître la prochaine phase des opérations. »

« Parfait. J'ai de bonnes nouvelles, mais vous verrez ça tout à l'heure... » L'homme arrêta son adjoint par le bras. « … Au sujet de notre affaire en cours, vous avez du nouveau ? »

« Nous avons perdu la trace d'Alice Avril » annonça à contrecœur l'homme à la cigarette.

« Comment ça ? Vous n'avez pas réussi à la trouver ? »

« Elle s'est montrée singulièrement ingénieuse et est parvenue à nous semer. Elle n'est pas ce qu'elle semble être. »

« Vous l'avez sous-estimée. »

Spender regarda son chef droit dans les yeux.

« Je ne referai plus cette erreur, monsieur. »

« Enfin, cette femme ne connaît personne ici ! Comment voulez-vous qu'elle disparaisse dans la nature ? Quelqu'un l'a forcément aidé ! »

« Elle n'a pu que bénéficier d'une complicité, probablement celle de Laurence, à qui elle a sauvé la vie il y a quelques jours. »

« Encore lui ! Quel est leur lien ? »

« Amis, amants ? Je n'arrive pas à déterminer exactement la nature de leur relation. »

« Ce type a des contacts ? Des amis ? Il n'est ici que depuis quelques mois. »

Spender secoua la tête.

« Nous cherchons dans son passé. Il ne lui a fallu que quelques semaines pour mettre dans sa poche la vieille Kingsbury ! La veuve la plus riche de toute la Côte Est est tombée sous son charme et lui a ouvert son carnet d'adresses. C'est grâce à elle qu'il a rencontré la fille du Sénateur Summertime, sa fiancée à présent, et sans doute d'autres personnes avec lesquelles il a tissé des relations. »

« Faites-le suivre, alors ! Je veux tout savoir sur lui ! Ce qu'il prend au petit déjeuner, si c'est un bon chrétien, la marque de ses caleçons... Tout ! Vous m'entendez ? »

« Monsieur, justement... »

« Quoi ? »

« Il n'est pas qu'un simple flic. C'est un ancien agent des services secrets français, un élément brillant, aussi bien à l'aise derrière un bureau que sur le terrain. Il est réputé intelligent, incorruptible et il ne lâche rien. »

« Un coriace qui connaît la musique, alors... Mais personne n'est à l'abri de faire une erreur. Il finira bien par nous mener à cette journaliste ! Si elle divulgue dans la presse ce qu'elle a vu, c'en est fini de notre clandestinité ! Nous devons rester une simple légende urbaine, d'accord ? »

« Nous surveillons Laurence, monsieur, mais ce n'est pas aussi simple. Son enquête sur Simmons l'a envoyé à la Bradford. »

« Et ? »

« Les installations sont compromises. »

L'inconnu soupira.

« Seulement les installations ? »

« C'est ce que mes hommes tentent de déterminer. »

« Il faut tout faire disparaître, Spender. »

« La procédure est en cours. »

« Quand ? »

« Cette nuit.

« Et Simmons ? »

« Il ne sera bientôt plus un problème. »

« Bien... Quelque part, son intervention était prévisible. Quand vous aurez la fille, vous attirerez Laurence et vous les interrogerez tous les deux sur ce qu'ils ont vu à la Ferme. S'ils en savent trop, il vous suffira de les exposer au virus pour nous en débarrasser, c'est bien compris, Spender ? »

« Parfaitement, monsieur. »

« Venez... » Ils reprirent leur marche. « Nos associés vont se réjouir des annonces que je vais leur faire. »

oooOOOooo

« Laurence ? Enfin, vous daignez appeler ! »

L'intéressé ne put s'empêcher de sourire en entendant la voix familière et sincèrement soulagée de la rousse au téléphone. Il l'appelait depuis la cabine fermée d'un restaurant, en étant sûr que cette ligne n'était pas surveillée.

« Je viens de me rappeler que vous existez, Avril, et qu'il faut s'acquitter d'obligations sociales pénibles, comme prendre de vos nouvelles... »

« Vous êtes d'une humeur exceptionnellement joviale, on dirait ! Quelqu'un est mort ? »

Laurence eut un petit rire et demanda suavement :

« Comment va votre dos ? Vous continuez à marcher comme une petite vieille pliée en accordéon ? »

« Ne m'en parlez pas ! Une fois rentrée en France, je vais louer les services d'un masseur pour le restant de mes jours ! »

« Prenez plutôt un époux ! Il remplit les mêmes fonctions, l'esclavage en plus ! »

Sa remarque sarcastique eut l'effet escompté : Avril se mit à rire à l'autre bout du fil.

« Voilà ce qui vous pend au nez ! » ricana t-elle. « Quoique, dans votre cas, je me demande qui, de votre future moitié ou de vous, sera le plus à plaindre ! »

« Ne vous inquiétez pas. Je dresse les plus récalcitrantes ! »

« Mouais... Vous connaissez le dicton ? Ce que femme veut... »

« … le Diable le lui inspire ? »

« Vous êtes irrécupérable... » soupira la jeune femme, désabusée. « Un petit conseil matrimonial, tout de même ? »

« Venant d'une divorcée, incapable de garder un Jules ? Quelle blague ! »

« Justement. Ne vous moquez jamais des choix de votre femme. N'oubliez pas que vous en êtes un. »

Laurence se mit à rire, un brin provocateur, et elle reprit :

« Trêve de plaisanterie, je vous vois quand ? »

« Je vous manque ? »

« C'est calme, ici... C'est très calme. »

Laurence ricana en entendant son ton dépité.

« Trop, visiblement. Ça ne vous fait pas de mal ! Voyez votre exil comme une opportunité de travailler la patience, une qualité qui vous est complètement étrangère ! »

« Écoutez, j'en peux plus, Laurence ! Je vais péter un câble si je ne sors pas d'ici rapidement ! Où en êtes-vous dans votre enquête ! »

« J'avance. Pas nécessairement dans la direction que je souhaiterais, mais je tiens quelque chose. »

« Quoi ? »

« Pas au téléphone. »

« Alors, je vous vois bientôt ? »

Laurence fit une pause en appréciant la note d'espoir à nouveau présente dans la voix de la jeune femme. Il ne résista pas à l'envie de la titiller encore :

« Puisque nous parlons d'épousailles, Meredith vous passe le bonjour. »

Un grognement fut la seule réponse qu'il reçut et il se mit à rire doucement.

« Elle envisage la possibilité de vous prendre comme demoiselle d'honneur. »

« Pardon ? »

Laurence se mit rire de bon cœur devant la voix étranglée de la rousse.

« Je lui ai dit que le rose bonbon ne vous irait pas... Et puis, franchement, que viendriez-vous faire à mon mariage ?... À part piller le buffet, boire comme un trou et mettre mon témoin dans votre lit, bien sûr ? »

« Mais, n'importe quoi ! Et vous ? Vous n'auriez pas l'intention de passer votre nuit de noces ailleurs que dans les bras de votre femme ? »

« Ouh ! Ça, c'est un coup bas... »

« Alors, arrêtez de présumer de ce que je fais ! »

« C'est fou votre réaction épidermique à l'évocation de Meredith, comme si elle vous donnait de l'urticaire ? »

« Je ne l'aime pas ! »

« Pourquoi ? »

« Je ne l'aime pas, c'est tout ! Et vous, non plus d'ailleurs ! Et ne me dites pas le contraire ! »

« C'est vous qui présumez maintenant. »

« M'enfin, Laurence, vous êtes aveugle ou quoi ?! »

Laurence retint un commentaire. Ce n'était pourtant pas l'envie qui lui manquait de dire à Avril qu'il abhorrait cette bonne femme, mais bon, il n'allait surtout pas l'admettre devant la rousse, alors qu'elle continuait :

« … Je sais que vous n'allez pas m'écouter, mais vous ne vous mariez pas pour les bonnes raisons. »

« Parce qu'il en faut pour épouser une femme riche ? » ricana t-il.

« Vous êtes vraiment le mec le plus cynique de la Terre... » grommela t-elle, blessée qu'il soit aussi léger.

« Dois-je vous rappeler que personne ne m'y oblige, que c'est un choix délibéré ? Ça s'appelle le libre-arbitre. »

« Vous ne voulez pas que je vous réserve une belle chambre tranquille, dans une clinique, au bord du Lac Léman ? C'est reposant, la Suisse, vous savez ? Parce que je m'inquiète légitimement pour votre santé mentale. »

« Avril, si Marlène n'avait pas plaidé votre cause à chaque fois que vous êtes partie en vrille, vous auriez fini enfermée à Sainte Anne depuis longtemps ! »

« C'est vous, le grand malade ! Oh, et puis merde ! Faites bien comme ça vous chante ! Puisque vous le prenez comme ça, je n'insiste plus ! »

« Vraiment ? Et vous pensez que je vais vous croire ? »

« Alors, là, je n'en ai rien à secouer de ce que vous pensez ! »

Quelque chose dans le ton de la journaliste le fit tiquer et indiquait, au contraire, qu'elle était extrêmement préoccupée. De plus, renoncer n'était pas son caractère de pitbull... Il soupira, blasé.

« Vous savez quelque chose que j'ignore, Avril ? »

Il y eut un long silence.

« Avril ? »

« Ce sujet ne s'évoque pas non plus au téléphone, mais de vive voix, en tête-à-tête. »

Laurence eut un petit rire.

« C'est ça, votre argument à la noix ? Instiller le doute pour je m'interroge et que je vienne vous retrouver ? »

« Vous avez des informations qui m'intéressent, et j'en ai qui vont vous intéresser. Alors, vous en dites quoi ? »

« Vous bluffez ! »

« Donnant-donnant ! A vous de voir. »

« Qu'avez-vous pu découvrir, perdue dans votre ermitage loin de tout ? »

« Vous ne le saurez que si vous me rejoignez. »

« Vous y tenez à ce point ? »

« Vous êtes un homme tellement insaisissable ! » Le sarcasme n'échappa pas à Laurence. « Venez quand vous le pouvez, le plus tôt sera le mieux. »

« Je vais y réfléchir. »

« C'est vraiment important, je vous assure. »

Il soupira cette fois, balancé entre l'envie de ne pas céder au chantage de la jeune femme et celle de revoir son visage espiègle avec ses yeux brillants et son sourire chaleureux.

« D'accord, Avril, on s'en tient aux instructions. »

« Yes ! Génial ! Vous serez prudent ? D'accord ? »

Il raccrocha sans un mot et resta quelques secondes amusé par la tournure des événements. Avril lui manquait presque... presque, parce que son opinion bien établie n'avait absolument pas changé vis-à-vis de la journaliste... et ne changerait jamais !

La voix rauque de Meredith qui l'avait rejoint près de la cabine, le ramena au présent, et chassa immédiatement la douce nostalgie que venait de faire naître sa petite joute verbale complice avec la rousse.

oooOOOooo

Quel monstre d'orgueil ! Le mec est malheureux comme les pierres, seulement il veut pas le reconnaître !

Alice connaissait son Laurence par cœur : il noyait le poisson avec ses sarcasmes et ses provocations, mais elle n'était pas dupe. Quelque chose ne tournait pas rond chez lui, elle en était sûre.

Elle pouvait trouver tous les défauts de la Terre à Laurence, mais elle lui reconnaissait tout de même quelques qualités, comme celle d'avoir des principes moraux, fruits de son éducation bourgeoise, et d'être un homme de parole. Dans des moments d'énervements, elle pouvait parfois lui souhaiter qu'il lui arrive les pires choses au monde, mais elle ne le pensait jamais, et son affection pour lui au fond était bien réelle. Sa volonté de le protéger aussi, même s'il ne lui laissait guère le loisir de l'exercer.

Elle aussi, elle avait des principes, comme aider un ami quand elle sentait intuitivement qu'il avait des problèmes et qu'il ne voulait pas en parler par fierté, ou tout simplement par peur de passer pour un idiot... Ce qui était vraisemblablement le cas avec cette garce de Meredith !

Quand toute cette histoire sera terminée, elle va devoir s'expliquer. Que vous le vouliez ou non, Laurence, je vais vous aider à sortir du guêpier dans lequel vous vous êtes fourré ! Et tant pis pour votre ego froissé !

oooOOOooo

Quelques heures plus tard...

Laurence consulta discrètement sa montre à la lueur de la torche. Il était presque minuit. Comme la nuit précédente, il planquait dans le sous-bois à proximité de l'entrée de la Bradford et observait depuis deux heures le ballet incessant des camions qui sortaient du site. Comme Vosak l'avait prédit lors de l'inspection, ils évacuaient les produits dangereux de la zone interdite.

Ils... Laurence ne savait réellement pas de qui il s'agissait. Était-ce simplement une poignée d'individus au sommet de ChemicalTech, complices de ce groupe mystérieux, ou bien le groupe lui-même ? Sa seule certitude, c'était que Simmons avait remarqué des irrégularités dans les produits livrés à l'armée, et qu'on l'avait fait disparaître pour éviter qu'il parle. Avait-il découvert un trafic ? En faisait-il potentiellement partie ? Ou bien l'armée se faisait-elle livrer des produits non référencés officiellement ? En creusant le passé du fonctionnaire, Laurence avait appris que ce dernier avait été laborantin. Cet homme avait donc manipulé des substances chimiques. La piste s'arrêtait là pour Simmons, mais pour ChemicalTech, elle était ouverte. Pour en savoir davantage, il lui fallait observer et si possible, s'infiltrer.

La cadence de sortie des camions se ralentit. Sans allumer les phares de la Corvette, il sortit du chemin et roula derrière le dernier semi-remorque de la file, dont il apercevait les feux rouges à une centaine de mètres devant lui.

Sans surprise, le convoi s'éloignait de la ville. Laurence avait observé la carte routière avant de partir et n'était pas étonné de la direction prise. Il roula ainsi pendant une quinzaine de minutes avant d'atteindre la ville suivante. Les routiers poursuivirent leur chemin. Quand il estima le bon moment, au détour d'un virage, il alluma les phares de la voiture et resta à bonne distance du dernier camion.

Les heures défilèrent, alors qu'il roulait vers une destination inconnue. Le convoi quitta le Maryland pour entrer en Pennsylvanie. Laurence était prudent et éteignait parfois ses phares pour ne pas être repéré.

Les camions atteignirent finalement Gettysburg. Laurence savait qu'il y avait une usine appartenant à ChemicalTech dans la zone industrielle de la ville. Le panneau indiquant le nom de la société apparut au détour d'une route. C'était bien là qu'ils se rendaient.

Il arrêta la voiture en retrait et observa les camions qui entraient un par un sur le site. C'était le moment de profiter de l'effervescence. De manière préventive, il avait emmené avec lui une grosse pince coupe boulons. En moins d'une minute, il se faufila par le grillage béant et se dirigea discrètement à pied vers les entrepôts. Des hommes en combinaisons blanches munis de masques à gaz allaient et venaient, en orchestrant le déchargement des palettes de containers. Des militaires en armes surveillaient l'endroit.

Le jour n'allait pas tarder à se lever. Il ne pouvait pas rester là bien longtemps ou il risquait d'être découvert. Au moment où il s'apprêtait à tourner les talons, le mouvement d'un homme à la périphérie de sa vision attira son attention.

Laurence n'avait pas vu d'où était sorti cet individu. Il semblait cependant s'éloigner du hangar en titubant et en se tenant le ventre, comme s'il souffrait. Laurence se résolut à le suivre, lorsque l'homme mystérieux trouva refuge dans un autre entrepôt. C'était l'occasion rêvée d'interroger discrètement une personne isolée.

Avec mille précautions, Laurence entra à l'intérieur du bâtiment en refermant sans faire de bruits derrière lui. Le noir complet régnait et il alluma sa torche. Il se trouvait dans un couloir qui donnaient sur une série de bureaux plongés dans l'obscurité.

Un gémissement de douleur s'éleva soudain, et ce fut le début d'une longue litanie qui alla crescendo. L'homme devait être blessé et souffrait horriblement. Laurence se décida à lui porter secours, même s'il devrait par la suite expliquer sa présence sur les lieux.

Il se laissa guider par les cris de plus en plus intolérables... jusqu'à ce que le silence se fasse d'un coup. Il ne restait plus qu'un espace inexploré. L'homme ne pouvait que se trouver là. Il poussa une porte, chercha l'interrupteur en vain et avança dans la pièce plongée dans le noir.

« Monsieur ? Monsieur, où êtes-vous ? Je viens vous porter secours. »

La voix de Laurence résonna singulièrement dans la grande salle peu meublée. Laurence balaya l'espace de sa torche et l'aperçut enfin, masse informe allongée sur le sol. Il se précipita vers le corps inerte et embrassa d'un coup la vision d'horreur devant lui, en réprimant une nausée.

L'individu gisait dans une mare de sang, en une position grotesque, largement éviscéré. Des amas sanguinolents de chair noire jonchaient le sol autour de l'homme qui s'était débattu contre ce qui l'avait attaqué, car il ne faisait aucun doute pour le policier qu'un animal s'en était pris sauvagement au malheureux.

Seigneur... C'est un carnage ! Malgré le visage convulsé et profondément lacérés par des griffes, malgré les yeux exorbités dans la mort, Laurence le reconnut. C'était Simmons, l'homme qu'il recherchait, le fonctionnaire du Ministère des Armées.

Choqué, il sortit immédiatement son arme et enleva le cran de sûreté, conscient que l'animal se trouvait probablement toujours là. Encore une fois, la sensation d'être observé revint le hanter. Il passa outre le frisson désagréable et tenta de percer les ténèbres avec la torche en reculant lentement vers la porte, tous les sens aux aguets.

Le frottement étrange se fit entendre, et la même peur viscérale qu'il avait déjà connue dans le hangar interdit de la Bradford, s'empara de lui. Il n'eut pas trop de son contrôle à cet instant pour maîtriser son irrésistible envie de prendre ses jambes à son cou. Laurence n'était pas fait de ce bois : quelles que soient les circonstances, il affrontait le danger et la mort en face.

Un léger bruit attira son attention. Aussitôt, le faisceau de la torche éclaira l'espace d'une micro seconde une petite créature qui ne ressemblait à rien de ce qu'il connaissait. De forme humanoïde, elle avait une tête de batracien avec de grands yeux noirs qui clignaient rapidement et de longs doigts, munis de griffes impressionnantes... Vive comme l'éclair, la chose disparut dans les ténèbres en émettant une sorte de feulement de colère.

Un bruit de verre brisé. Médusé, Laurence ne put que constater trop tard la défenestration du monstre. Il se précipita à la fenêtre pour n'apercevoir qu'une silhouette étrange qui disparaissait derrière des engins de chantier.

Qu'est-ce que c'est que cette chose ? Je n'ai jamais rien vu de semblable !

Il n'eut pas le temps de s'interroger davantage. Le bruit caractéristique d'un appel d'air déflagra dans son dos et le fit sursauter. Il se retourna immédiatement, saisi d'un nouvel effroi, aveuglé par la lumière soudaine.

Le cadavre de Simmons venait de prendre feu, sans que Laurence puisse l'expliquer. Comme si on avait jeté de l'essence sur le corps, des flammes s'élevaient et léchaient le plafond. Avec un juron, l'agent du F.B.I. se précipita dans le couloir, trouva un extincteur et accourut vers le cadavre qui brûlait en dégageant une chaleur intense et d'épaisses fumées. Une horrible odeur de chair brûlée supplanta l'odeur de fumée.

Après de multiples tentatives, Laurence parvint enfin à maîtriser l'incendie. Complètement sidéré, il contemplait sans comprendre ce qui restait du cadavre noirci, encore fumant. Tenter désormais d'identifier Simmons en observant ses restes calcinés allait être un sacré challenge pour n'importe quel légiste...

A suivre...

Je ne suis pas une fan absolue de « X-Files », je l'avoue (Non, svp, pas le bûcher !). Pardonnez-moi mes inexactitudes fondées sur de lointains souvenirs de la série (il y a 30 ans tout de même !). J'utilise juste sa mythologie (et le fameux Homme à la Cigarette) à ses origines, comme cadre à cette histoire, afin de faire le lien entre plusieurs événements marquants des années 60 aux USA. Je prends donc certaines libertés : la combustion spontanée d'un corps après une « possession » extra-terrestre, par exemple, est une pure invention de ma part.

Imaginer le si rationnel Laurence propulsé dans un environnement SciFi est assez jubilatoire. Il n'est pas au bout de ses peines, le pauvre, vu ce que je lui réserve ! Alice aura le beau rôle, promis !

Je préfère vous prévenir, mes parutions seront plus espacées. Concilier écriture et travail n'est pas toujours évident, mais j'irai au bout. Comme d'habitude.

Merci pour vos commentaires et vos retours ! C'est toujours encourageant de voir qu'il reste des fidèles à la saison 2. Portez vous bien !