Moi : Salut tout le monde ! J'espère que vous allez bien, moi en tout cas ça va super bien ! ^^
Ryuga : Ça va la YouTubeuse là ?
Moi : On peut pas s'amuser avec vous hein -_-
Chris : Bon alors, ce chapitre ?
Ryuga : Je l'ai lu. C'est... Comment dire ? Beaucoup de dialogues et de psychologie, saupoudrés d'amorce d'emmerdes !
Moi : C'est plutôt bien résumé ! C'est un chapitre très doux-amer, c'est triste et touchant, et parfois mignon ! Bref, c'est les montagnes russes émotionnelles ! X)
Kyoya : Et elle est contente hein.
Moi : Toujours oui, huhu u_u
Ryuga : Ça t'étonne sérieux Kyo ?
Moi : Bref, on va pas s'attarder ! Disclaimer ?
Chris : Wonderinn ne possède pas MFB !
Moi : Merci Chris ! Bon chapitre tout le monde, et oui pas de TW cette fois ! On est safe ! XD
Réponse aux reviews :
Komachu : La vie de Kyoya c'est un gigantesque bordel mais celle de Ryuga aussi ! Les deux en PLS ! XD
Moi j'ai jamais eu de profs qui se sont barrés en plein milieu d'une journée parce que leur gosse était malade, pas au lycée en tout cas ! XD
Marius : Ça va aller, Kyoya s'accroche !
Sakyo est trop pipou, mais il est aussi innocent et naïf et il a pas de filtres... ^^'
Fairy Selene : Ouais, la pilule du lendemain c'est une belle invention mais c'est PAS un moyen de contraception ! Mais bon, les pauvres omégas mâles hein, jamais respectés -_-
Un adulte qui traine dans une école en plein jour c'est soit un pédo particulièrement gonflé, soit un mec qui cherche un truc mais qui est perdu XD
*fuit pour ne pas être arrêtée à cause du cliffhanger*
Coolio : Kyoya don't want to talk because he feels like nobody could understand him and also because he thinks he will be bothering for some reason...
My dad was allergic to oats before, it wasn't very funny yeah XD
Maybe Sakyo feels something between Ryuga and Kyoya, who knows ! Children are like sponges with emotions, they absorb emotions without even noticing it X)
Kyoya avait froid d'un seul coup, si froid. C'était possible d'avoir aussi froid en plein été, dans un salon dans lequel il faisait quelque chose comme vingt-cinq degrés ? Son sang avait-il gelé dans ses veines ? Il en avait bien l'impression en tout cas. Sakyo ne pouvait pas avoir dit ÇA, hein… ? C'était impossible… Non, il avait forcément rêvé hein ? Oui, c'était ça, il devait avoir rêvé…
-Il ne peut pas avoir dit ça, il ne peut pas avoir dit ça, il ne peut pas avoir dit ça, répétait inlassablement une voix dans la tête de l'oméga.
Le jeune homme n'arrivait quasiment plus à respirer ou déglutir il avait la sensation que sa salive restait bloquée dans sa gorge, formant une sorte de boule impossible à avaler et douloureuse. Son cœur battait à toute vitesse et à pleine puissance dans sa poitrine, faisant pulser son sang dans ses veines. Ça aurait dû lui donner chaud en toute logique, et pourtant il était gelé de la tête aux pieds… Kyoya sentait des sueurs froides dévaler son dos dans une course effrénée, provoquant sur leur route les frissons les plus désagréables qu'il n'ait jamais ressenti. Il avait envie de disparaître de cette réalité sur le champ.
Tout ça ne pouvait pas être réel… Comment ça pourrait l'être ?! Bordel, Sakyo venait de lui dire qu'il voudrait que lui, le voisin qu'il connaissait depuis à peine deux mois, soit sa mère ! Ça n'avait aucun sens ! Le vert savait que les enfants étaient capables d'énormément d'empathie et de s'attacher très rapidement aux gens, surtout à un âge aussi bas que celui du petit garçon aux yeux grenat, mais pas à ce point ! Comment un enfant pouvait-il dire à quelqu'un qu'il connaissait depuis si peu de temps qu'il le voudrait pour mère, surtout quand il avait déjà une mère ? À quatre ans un enfant était censé être encore extrêmement attaché à sa mère… Et puis sa manière de le formuler… Sakyo n'avait pas dit « J'aurais voulu que tu sois ma mère » mais « je VOUDRAIS que tu sois ma mère ». Qu'est-ce qui lui passait dans la tête enfin… ?
-Qu'est-ce que tu racontes enfin Sakyo ? Finit par demander le vert en riant, nerveusement évidemment.
-Bah… Je voudrais que tu sois ma maman, répéta le petit garçon d'un ton fatigué mais empli d'une innocence sincère, comme s'il ne voyait pas le problème dans sa phrase.
Cette fois Kyoya en était sûr : Sakyo ne se rendait absolument pas compte de ce qu'il disait. C'était sa crise d'allergie qui le faisait délirer ? Il avait pourtant l'air juste un peu fatigué mais parfaitement lucide… Non non, l'oméga ne pouvait pas croire que le fils de Ryuga pensait ce qu'il disait à cet instant. Il ne comprenait pas la portée de ses paroles, il ne pouvait pas en être autrement. Il fallait qu'il lui explique le problème.
-Oh, Sakyo… soupira le jeune homme en passant une main dans ses cheveux verts en piques, nerveux et cherchant ses mots. C'est…gentil de me dire ça, mais ce n'est pas quelque chose à dire… Tu as déjà une maman et elle t'aime, moi je suis juste un ami de ton papa. Tu imagines si elle t'entendait dire ça ? Tu lui ferais beaucoup de peine…
-Je sais… répondit Sakyo en baissant les yeux. Son expression semblait plus déçue que coupable, Kyoya n'aimait vraiment pas ça. C'est juste que… Je t'aime beaucoup Kyoya, vraiment beaucoup…
-Moi aussi je t'aime beaucoup Sakyo, mais pas comme tes parents t'aiment. Je t'aime comme un membre de ma famille, comme si…comme si tu étais mon neveu tu vois, tenta de lui expliquer le vert en souriant légèrement pour le réconforter. C'est comme ça que tu dois me voir, un peu comme un oncle, tu comprends ?
-J'veux bien mais ça va être difficile, t'es très différent de mon tonton, gloussa le petit garçon en retrouvant un petit sourire.
-Haha, c'est vrai que je n'ai pas grand-chose à voir avec Ryuto.
-Tu connais mon tonton Ryuto ?
-Bien sûr, je l'ai rencontré à l'époque où j'ai connu ton père. On s'entendait très bien, il ressemble beaucoup à mon petit frère.
-T'as un petit frère ?
-Oui, il s'appelle Kakeru. Il vit très loin, aux États-Unis.
-Il te manque ?
-Un petit peu oui, forcément, mais on s'appelle régulièrement et je sais qu'il est heureux. Il faut bien laisser son petit frère vivre sa propre vie, même si parfois c'est difficile. Ryuto il manque aussi à ton père j'imagine ?
-Oui, mais papa dit comme toi.
Ça n'étonnait pas Kyoya, son ancien petit-ami et lui avez toujours eu des visions similaires du monde, de la vie et du fait de grandir. Tous deux adoraient leurs cadets, et les voir partir pour faire leur vie à l'étranger avait été douloureux, mais il fallait forcément en passer par-là. La vie était ainsi.
-Kyoya… Pourquoi t'as pas d'enfants ? Demanda soudainement Sakyo alors que le vert commençait à se perdre dans ses pensées.
L'oméga ne s'attendait tellement pas à cette question qu'il manqua de s'étouffer avec sa propre salive et sentit son cœur rater plusieurs battements à la suite. Il ne supportait pas qu'on évoque ce sujet, mais alors si c'était le fils de Ryuga qui lui demandait… C'était encore pire. Mentir, mentir, encore mentir… Il n'avait pas d'autre choix.
-Hum… Je ne me sens pas encore prêt pour ça, c'est tout, dit-il en essayant de ne pas avoir l'air mal à l'aise alors que putain, il l'était.
-Mais ça fait longtemps que t'es avec ton amoureux, non ? Insista le petit garçon, son regard plus vif.
-O-Oui, ça fait sept ans, m-mais ça n'a rien à voir… bredouilla Kyoya, sentant son cœur se briser un peu plus alors qu'il s'enfonçait dans ses mensonges. Ce n'est pas parce qu'on est avec quelqu'un depuis longtemps qu'on a forcément envie d'avoir des enfants… C'est beaucoup plus compliqué que ça, mais je pense que même si je t'explique tu ne comprendras pas… C'est des histoires de grands.
-Pff, vous êtes fatigants vous les adultes… bougonna le fils de Ryuga.
-Je sais. Peut-être qu'un jour tu t'y habitueras, mais pas avant longtemps je pense. Les adultes sont comme ça.
-C'est nul, j'veux pas être comme ça moi…
-Alors pense à garder ton âme d'enfant, d'accord ? Et reste aussi gentil et altruiste que tu l'es déjà.
Sakyo hocha la tête en souriant même s'il ne comprenait pas complètement ce que son voisin voulait dire et passa à autre chose aussi vite qu'il avait lancé le sujet, se reconcentrant sur le dessin animé qui passait à la télévision. Le vert poussa un discret soupir de soulagement, mais au fond de lui rien n'allait. Il s'était encore retrouvé face à ses mensonges, ses trop nombreux mensonges qui le faisaient souffrir et faisaient souffrir les autres sans qu'ils ne s'en rendent compte, et en plus il faisait maintenant face à des questions et des inquiétudes qu'il n'aurait jamais pensé avoir. Quelque chose n'allait pas avec Sakyo… Il ne savait pas exactement quoi, mais il s'inquiétait énormément pour le petit garçon.
-Il faut que j'en parle à Ryuga quand il viendra récupérer Sakyo, pensa Kyoya. C'est pas normal ce que Sakyo m'a dit, c'est pas normal qu'il s'accroche autant à moi… J'espère que je vais pas lui recréer des problèmes avec Rika, mais je ne peux pas garder ça pour moi…
L'oméga n'avait aucune idée de comment aborder le sujet avec Ryuga, mais il le fallait. C'était trop grave pour qu'il se dégonfle, trop grave pour qu'il laisse ses peurs de créer des problèmes interférer. Cette fois il fallait qu'il arrête d'être lâche pour le bien du fils de son ancien petit-ami. Il avait menti, ce gamin il l'aimait bien plus que comme un neveu mais il ne pouvait pas lui dire, il ne pouvait pas l'encourager dans ses « délires », ce n'était pas moral. Kyoya ne pouvait rien dire, mais il pouvait agir pour le bien du petit garçon.
XXXXXX
Sakyo s'était endormi sur le canapé depuis quelques minutes quand Ryuga arriva, sa journée de travail enfin terminée. Il n'avait qu'une hâte, retrouver son petit garçon, s'assurer qu'il allait bien et remercier Kyoya pour avoir joué les baby-sitters…encore une fois. Ça commençait à devenir une fâcheuse habitude… Enfin bon, il penserait à ça plus tard. L'alpha retira la clé du contact de sa voiture, en sortit et trottina jusqu'au perron de la maison de ses voisins avant de sonner, le cœur légèrement palpitant dans sa poitrine. Il savait pertinemment que son fils n'avait rien de grave, sinon le vert l'aurait prévenu, mais il était incapable de s'empêcher de s'inquiéter. Il était vraiment trop papa poule quand il s'y mettait…
Il n'eut à attendre que quelques secondes avant que Kyoya ne vienne lui ouvrir. Le jeune homme lui sourit quand leurs regards se croisèrent, mais le blanc sentit immédiatement que quelque chose le préoccupait. C'était pas bon pour son cardio ça…
-Sakyo va bien ? Demanda Ryuga avec un ton peu serein.
-Oui, ne t'en fais pas, le rassura Kyoya en souriant et en se poussant pour que son ami puisse entrer. Là il dort sur le canapé. Il a rien de grave, à priori il a juste fait une réaction allergique à un arbre qui a été planté dans la cour de son école, un genre de pin. Tu devrais l'emmener chez un allergologue pour être sûr.
-Oh, oui je vois de quel arbre tu parles, répondit le blanc avec un soupir soulagé. Ils l'ont planté pendant les grandes vacances, c'est un pin français je crois. Ce ne serait pas tellement étonnant qu'il soit allergique au pollen de ce pin, mon père a des allergies au pollen aussi. Je suis rassuré que ce ne soit que ça, mais en même temps ça me paraissait étonnant qu'il ait pu attraper une grippe au moins de juin…
-C'est sûr que ça aurait été très étrange, ricana légèrement l'oméga. Mais ton fils n'a rien de grave, c'est ça qui compte.
-Et pourtant, tu sembles toujours préoccupé…
-Tss, décidément je cache toujours aussi mal mes émotions sur mon visage… C'est à propos de Sakyo, mais ça n'a rien à voir avec sa santé. Il m'a…dit quelque chose de trop étrange pour que je garde ça pour moi.
-Tu m'fais peur Kyoya.
Kyoya ne pouvait pas blâmer l'alpha pour ça. Il avait du mal à choisir correctement ses mots pour ne pas que sa révélation soit trop…brusque, mais c'était sérieusement compliqué. Quand il fallait y aller…
-Je ne sais pas comment dire ça de manière « douce », alors j'imagine que je vais devoir être cash, soupira le vert en se pinçant l'arête du nez. Il m'a dit qu'il voudrait que je sois sa mère…
Le moins que l'on puisse dire c'était que Ryuga ne s'attendait pas à ça le moins du monde. Il regarda Kyoya avec une expression interdite pendant plusieurs secondes avant de détourner les yeux et de déglutir tellement difficilement qu'il eut l'impression d'avaler des épingles et non sa salive. Pourquoi fallait-il que Kyoya se retrouve mêlé à ce genre de choses, lui qui ne demandait que la paix… ? Le blanc se sentait coupable. De quoi précisément, ça il l'ignorait, mais ce sentiment de culpabilité qu'il connaissait trop bien lui enserrait le cœur.
-J'aurais vraiment préféré ne rien te dire, mais c'est trop sérieux pour que je me taise, reprit Kyoya en constatant le silence de son ami. J'y connais pas grand-chose aux enfants, mais je sais parfaitement qu'à quatre ans ils sont censés être encore très accrochés à leur mère… C'est tout sauf normal de dire à quelqu'un qu'on ne connait que depuis deux mois qu'on voudrait l'avoir comme mère quand on en a déjà une…
-Qu'est-ce qu'il t'a dit précisément ? Finit par demander l'alpha aux yeux dorés d'une voix tremblotante. On aurait dit qu'il était en train de remettre toute sa vie en question.
-« Je voudrais que tu sois ma maman. », répéta le vert en soupirant, mal à l'aise de devoir redire cette phrase. Pas « j'aurais voulu » mais bien « je voudrais »…
Cette fois c'en fut trop pour Ryuga. Toutes les couleurs de son visage s'en étaient allées et il dut s'assoir sur les marches de l'escalier menant à l'étage pour éviter de tomber. Il avait les jambes toutes flageolantes et la sensation que le ciel venait de lui tomber sur le coin du crâne.
-Je suis désolé Ryuga, ne put s'empêcher de dire Kyoya en voyant l'état dans lequel se retrouvait son ancien petit-ami, peiné. Je veux pas t'attirer d'ennuis, je t'ai déjà causé des problèmes avec ta femme et j'ai tout sauf envie de recommencer…
-T'excuses pas Kyoya, t'as rien fait de mal, lui répondit le blanc avant de se prendre le visage dans ses mains. Je pense que c'est de ma faute tout ça…
-Qu'est-ce que tu racontes ? S'étonna l'oméga.
-Je crois que… Je crois que j'ai une relation trop fusionnelle avec mon fils… confessa le journaliste avec un air si coupable qu'on aurait pu croire qu'il venait d'avouer un meurtre.
Kyoya ne comprenait plus rien. Oui, il était vrai qu'il était très proche de Sakyo et qu'il s'investissait énormément dans toute sa vie, mais c'était normal non ? Sakyo n'avait que quatre ans, il dépendait entièrement de ses parents. Aux yeux du vert, Ryuga n'était qu'un père aimant et protecteur comme il devrait y en avoir plus dans ce monde.
-Tu ne crois pas que tu exagères un peu ? Tenta le vert, hésitant. Je veux bien que parfois tu es peut-être un peu papa poule, mais de là à dire que tu as une relation trop fusionnelle avec ton fils…
-Je ne veux pas sonner méprisant mais tu ne sais rien Kyoya, répondit Ryuga en fronçant légèrement les sourcils. Tu ne sais pas ce qu'il s'est passé avant la naissance de Sakyo.
-Bah explique-moi alors, lui répliqua l'oméga en s'asseyant près de lui. Je ne suis pas dans ta tête et je ne suis pas télépathe non plus, si tu ne m'expliques pas je ne risque pas de comprendre.
Ryuga parut surpris et regarda le vert l'air de dire « Tu es sûr ? ». L'assurance qu'il lut dans les orbes bleues du jeune homme lui donna la réponse sans même qu'il ait à ouvrir la bouche.
-Bon, si tu y tiens… soupira le blanc. Quand Rika m'a annoncé qu'elle était enceinte, ça faisait un peu plus d'un an qu'on était mariés. Je vais être honnête, ça ne m'a pas du tout fait plaisir. Je vois pas comment ça aurait pu, je ne l'aimais pas, j'étais dans une mauvaise humeur quasiment constante et en plus j'avais pas encore terminé mes études, on avait que 22 ans… Je me voyais pas élever un bébé, je m'en sentais pas capable, mais j'étais tellement…tellement amorphe émotionnellement à cette époque que j'ai rien dit, je me suis juste préparé mentalement à avoir un être qui dépendrait entièrement de moi dans ma vie alors que je n'arrivais même pas à m'occuper correctement de moi-même.
Kyoya écoutait le récit de Ryuga d'une oreille attentive, mais plus ça allait, plus il se sentait mal pour lui. C'était horrible… La vie que Ryuga avait mené après son déménagement et leur séparation paraissait n'être qu'un enchaînement de problèmes et de souffrances psychologiques, et ça faisait si mal à imaginer… L'oméga comprenait parfaitement que l'annonce de l'arrivée d'un bébé n'ait pas rendu l'alpha heureux puisque c'était avec une femme qu'il n'aimait pas qu'il attendait ce que l'on nommait pourtant un heureux évènement, il le comprenait trop bien même.
-Mais tu vois, il s'est passé quelque chose, reprit le plus âgé en se redressant légèrement. J'ai accompagné Rika à sa première échographie. J'en avais pas spécialement envie mais elle avait insisté, et puis je n'avais rien d'autre à faire alors je suis venu. On… On ne se rend pas vraiment compte qu'on attend un bébé au début, ça parait totalement abstrait…et d'un coup on voit sur un écran cette petite forme qui bouge et là, là on a un déclic. Moi j'en ai eu un en tout cas. À ce moment-là j'ai pris pleinement conscience de ce qui allait arriver, j'ai réalisé que j'allais devenir papa et que j'allais avoir des tonnes de responsabilités, mais surtout que j'allais avoir concrètement une vie entre mes mains. C'est à partir de ce jour-là que j'ai commencé à me reprendre en main. Je ne pensais qu'à une seule chose, je me répétais tout le temps : « Tu vas avoir un gosse, et ce gosse aura besoin de toi et te prendra pour modèle que tu le veuilles ou non, alors fais en sorte qu'il puisse compter sur toi tous les jours de sa vie. Fais en sorte de lui donner ce que toi tu aurais voulu qu'on te donne. ».
Avec les parents qu'il avait eu c'était tout sauf étonnant. En tout cas, Kyoya fut rassuré de voir un sourire se dessiner sur le visage de l'alpha.
-Le jour où Sakyo est né, à l'instant même où je l'ai pris dans mes bras pour la première fois, j'ai eu le plus grand coup de foudre de toute ma vie, continua Ryuga avec un petit sourire attendri. Neuf mois plus tôt je me disais que je ne serais peut-être pas à la hauteur pour élever un bébé, et là je me sentais prêt à littéralement donner ma vie pour mon fils. Le problème, c'est que je crois que je me suis un peu trop emballé… Pour la première fois depuis longtemps je me sentais bien, heureux et j'aimais quelqu'un de toutes mes forces, du coup je me suis focalisé sur la source de mon bonheur. Je venais tout juste de terminer mes études, j'aurais dû commencer à travailler mais j'ai préféré m'occuper de Sakyo. Pfff… Sans trop m'en rendre compte, je crois que j'ai pas vraiment laissé Rika prendre sa place de mère. C'est moi qui me levais la nuit quand il pleurait, je l'avais tout le temps dans les bras… Son premier mot ça a été « papa » alors que pour la plupart des enfants c'est « maman ». T'as bien vu encore aujourd'hui que la plupart du temps c'est à moi qu'il se colle, pas à Rika. J'ai tellement voulu être là pour lui, j'ai fait n'importe quoi sans le vouloir…
Kyoya fronça les sourcils en entendant Ryuga dire ça. Était-il en train de culpabiliser d'avoir simplement été un père présent pour son fils ? D'accord, peut-être un peu trop présent parfois, mais c'était toujours mieux que d'être un père absent ou bien pas assez démonstratif dans son amour paternel. Ce n'était pas lui le problème, Kyoya ne pouvait pas le laisser croire une connerie pareille.
-Je te jure que je veux vraiment pas foutre la merde entre toi et Rika, mais c'est elle le problème Ryu, affirma le vert avec toute son assurance. Elle t'a déjà fait une réflexion une seule fois sur le fait que peut-être tu étais trop collé à votre fils ? Elle s'est déjà plaint que tu ne lui laissais pas assez de place dans son rôle de mère ?
-Euh, non… répondit Ryuga d'un air surpris. Il avait un peu l'impression de se faire gronder.
-Alors tu ne l'as pas empêché de prendre pleinement son rôle de mère Ryuga, elle s'en est empêché toute seule, rétorqua l'oméga. Je n'suis pas elle donc je ne peux pas te dire pourquoi elle a fait ça, peut-être qu'en te voyant elle s'est dit qu'elle n'avait pas à trop s'impliquer puisque tu faisais déjà tout très bien ou peut-être qu'elle avait peur de mal faire, mais le résultat est le même. Il faut que tu en parles avec elle, même si je me doute que t'as pas franchement envie. Sakyo n'a que quatre ans, c'est encore possible de rattraper les choses.
-Et donc tu oses me dire que tu n'y connais pas grand-chose aux enfants ? Ricana le blanc en réponse, camouflant ainsi toutes les réflexions qui l'assaillaient.
-Tss, t'es con. Estime-toi déjà heureux que je te fasse rien payer alors que je suis en train de jouer au psy et qu'en plus j'ai fait le baby-sitter tout l'après-midi.
-C'est petit ça, t'avais dit que t'attendais rien en retour.
Les deux jeunes hommes ricanèrent ensemble, appréciant toujours autant de se taquiner, de se chercher. Ça leur faisait du bien, beaucoup de bien. Ryuga préférait rire avec son ancien petit-ami plutôt que penser à la conversation qu'il allait devoir avoir avec sa femme… Il sentait arriver le drame, la grosse dispute qui allait ruiner la stabilité qu'avait trouvé leur mariage dernièrement. Tant pis, il n'avait pas le choix. Kyoya avait raison, tout ça c'était trop grave pour garder le silence…
-Bon, c'est pas tout ça mais je vais rentrer moi, finit par dire l'alpha en se relevant. Sakyo sera mieux dans son lit que sur ton canapé, même si je ne doute pas du confort de ton canapé.
-Je pense qu'il ne va pas dormir trop longtemps, maintenant que le pollen est loin de lui et qu'il est resté en intérieur sa réaction est terminée, lui précisa le vert, se relevant lui aussi. Faudra peut-être encore lui nettoyer un peu les yeux pour éviter que ça pique, mais sinon ça va aller.
-Merci docteur pour ces recommandations, je m'y tiendrai, répondit Ryuga en ricanant.
Kyoya leva les yeux en soupirant, feignant d'être exaspéré, mais son sourire trahit son amusement. Ryuga aimait tellement ce sourire, cette assurance, ce côté faussement blasé de tout… Tout ça lui manquait tant au quotidien, Kyoya lui manquait tant… Il ne pouvait pas lui résister, c'était si dangereux. S'il réussit à contrer son envie de l'embrasser, il céda tout de même à une étreinte. Juste une, juste tant qu'ils étaient seuls. Le plus jeune le laissa faire, il la lui rendit même. Il savait que ce n'était pas bien, mais ça n'était jamais qu'un câlin innocent et personne ne les voyait, hein ?
Personne, c'était ce qu'ils croyaient tous les deux. En réalité, Sakyo s'était réveillé de sa sieste dès que Ryuga avait sonné à la porte et, trouvant que son père mettait du temps à venir le récupérer, il avait fini par se lever discrètement pour aller espionner les deux adultes. Caché derrière l'encadrement de porte reliant le salon à l'entrée, le petit garçon était donc en train d'observer d'un œil son père en train de faire un câlin à Kyoya. Son cœur battait fort dans sa poitrine tandis qu'il regardait cette scène, et du haut de ses quatre ans il parvenait à ressentir la tendresse de cette étreinte. Ce n'était pas une simple étreinte d'amis, comme par exemple celles que se donnaient son père et son meilleur ami Chris, c'était plus que ça… Sakyo le sentait, il en était persuadé : son papa et son voisin étaient amoureux. S'ils se mettaient ensemble, alors son souhait deviendrait réalité ! Il voulait y croire.
À suivre...
Moi : Fin du chapitre ! Hein quoi, qui a dit "problèmes" ? XD
Ryuga : Ça va tellement déraper, je le sens...
Kyoya : Bah super, c'était bien la peine de mentir à Sakyo...
Chris : Je sens que Rika elle va vriller, je sais pas pourquoi XD
Moi : Vous verrez bien ! Moi j'ai beaucoup aimé écrire ce chapitre, surtout le petit monologue de Ryuga sur ce qu'il s'est passé juste avant et juste après la naissance de Sakyo X)
Ryuga : Ouais youpi, vive la déprime.
Moi : Laissez les reviews de l'amour, et je vous dis à la semaine prochaine ! ^^
Ryuga : Attends, c'est pas bientôt l'anniversaire de ta meilleure pote ?
Moi : Alors si, c'est samedi prochain, mais pas d'OS RyuGin cette année, j'ai pas le temps avec la Fac... Désolée katatsu, promis je me rattraperai TT_TT
Ryuga : SAUVÉÉÉÉÉ !
Kyoya : Saleté de chanceux -_-
